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Cruel 20ème anniversaire pour les médias officiels : la « révolution roumaine » et son « charnier de Timisoara »

Rien n’est plus cruel pour les médias officiels que de les relire ou revoir plusieurs années après. Le 20ème anniversaire de la prétendue « révolution roumaine », en décembre 1989 est pour eux à cet égard particulièrement douloureux : ils ont donné alors la mesure de leur talent et de leur connaissance de « la relation d’information  ».

M. Joffrin, directeur de Libération, vient de rappeler cette expertise fort opportunément pour vilipender Internet, vendredi 18 décembre 2009, sur France 2 dans l’émission de F.-O. Giesbert, « Vous aurez le dernier mot  » : « Il y a un effet pervers sur Internet, a-t-il déploré. On met sur le même plan des informations ou des éléments de savoir qui sont produits avec des règles, et d’autres qui sont produits de manière sauvage sans aucune règle (…) Un témoignage, une image qui a été volée comme ça par un téléphone portable, ça n’est pas la même chose qu’un reportage qui a été fait par quelqu’un de compétent, qui sait mettre en contexte et qui sait vérifier…  » Cet éloge des médias officiels ne peut pas mieux tomber en ce 20ème anniversaire de « la révolution roumaine » qui, en effet, illustre à l’envi leur expertise acquise après, tout de même, plus d’un siècle et demi de pratique.
 
La révolution de palais qui a chassé du pouvoir le dictateur Ceaucescu, a donné lieu à une campagne d’influence que les médias ont relayée les yeux fermés : elle était organisée par les « insurgés » pour justifier la chute du dictateur. Les médias ont mordu à pleines dents aux leurres qui leur étaient tendus avec une gourmandise qui fait encore plaisir à voir aujourd’hui. Deux événements ressortent particulièrement de cette campagne d’influence : « le direct permanent » de la télévision des « insurgés », Televiziunea Romana Libera  qui a montré le procès expéditif du couple Ceaucescu suivi de leur exécution immédiate, et le leurre du charnier de Timisoara.
 
Le leurre du « direct » 
 
Dans la foulée de la chute du mur de Berlin, annonciatrice de celle des régimes communistes de l’Est, les médias occidentaux, et en particulier français, se sont rués vers Bucarest, dès les premières manifestations des 17 et 18 décembre 1989 qui ont commencé à secouer le régime dictatorial roumain. Le 22 décembre, la chaîne des « insurgés », Televiziunea Romana Libera, a commencé à émettre grâce à sa jonction avec l’UER, la coopérative d’informations des télévisions européennes et Intervision, celle des pays de l’Est.
 
Les télévisions françaises n’ont rien trouvé de mieux que de se brancher « en direct » sur cette chaîne qui diffusait en continu une sorte de « happening » révolutionnaire où semblaient apparaître les prochains maîtres de la Roumanie. « La 5 », avec un Guillaume Durand tout émoustillé, s’est particulièrement distinguée en se faisant le relais pur et simple de cette source d’informations partiale. Les anciens de cette «  5  » disparue qui depuis se sont dispersés dans les autres chaînes, n’ont pas trouvé mieux, a-t-on appris, que de choisir ces jours anniversaires pour se réunir, fiers sans doute de leur travail passé.
 
Dans ces fameurs « directs  », aucun recul ne pouvait évidemment être pris : forcément, les journalistes découvraient les images «  en direct » en même temps que les téléspectateurs. « L’endroit du traitement de l’information  » qu’aiment tant mettre en avant les médias, à savoir la vérification et le recoupement des « faits », en a pris un sérieux coup. Puisqu’il s’agissait d’insurgés qui combattaient la dictature, toutes les informations qu’ils diffusaient, étaient d’emblée considérées comme fiables. Ce ne sera que bien plus tard que l’on apprendra que cette "révolution démocratique" n’en avait que le nom et n’était qu’une opération dirigée par un clan de dignitaires du régime contre celui qui avait été leur monarque adulé. Quand on parcourt Le Monde de l’époque, on reste sans voix : « À la télévision, LA RÉVOLUTION EN DIRECT » lit-on le 24/25 décembre 1989, ou encore « La couverture télévisée des événements, L’HISTOIRE EN DIRECT  », le 28 décembre 1989.
 
Les prodiges de la technologie permettent, c’est vrai, d’abolir temps et espace : ébloui, on peut finir par croire à une saisie « im-médiate » de la réalité, sans même passer par les prismes déformants des médias. Hélas, l’ivresse technologique rend les leurres encore plus dangereux puisqu’elle les fait mieux oublier. Les performances des médias électroniques permettent apparemment de livrer des représentations si confondantes de la réalité qu’on peut les confondre avec la réalité : on en vient à prendre « la carte » qui le représente pour « le terrain » lui-même. Or, « qui voit le ciel dans l’eau, voit des poissons dans les arbres  » : le ciel que reflète l’eau n’est pas le ciel mais seulement son image ; ne pas faire cette distinction expose aux hallucinations.
 
Une course folle à l’information la plus officielle
 
 Les événements de Roumanie ont donné lieu, en outre, à une consternante concurrence sauvage entre chaînes publiques et chaînes privées. Antenne 2 et FR3 (anciennes France 2 et France 3) ont acheminé une station satellite de télédiffusion avec la complicité du déjà célèbre Bernard Kouchner qui avait affrété un avion d’aide humanitaire, comme à son habitude. L’antenne parabolique a été installée dans l’ambassade de France à Bucarest, lieu institutionnel on ne peut plus indiqué pour diffuser l’information donnée correspondant fort légitimement aux intérêts du gouvernement français. Ces deux chaînes ne pouvaient mieux faire pour être confondues avec des télévisons officielles gouvernementales et être, selon le mot du président Pompidou, « la voix de la France ».
 
Le comique dans l’affaire est que, loin de dénoncer cette collusion dommageable pour le crédit de la profession journalistique, les télévisions privées comme La 5 et TF1 se sont plaintes amèrement d’avoir été écartées du voyage ministériel ! Un échange aigre-doux entre public et privé s’en est suivi qui aujourd’hui afflige : « Je constate que A2 et FR3 ont disposé en exclusivité du soutien de l’État Français », aurait protesté Gérard Carreyrou, directeur-adjoint de la rédaction de TF1. Pas du tout, aurait répliqué Antenne 2, « nous n’avons jamais négocié avec le cabinet de M. Kouchner mais avec la sécurité civile de Roissy (…) Il faut dans ce métier connaître les combines  » (sic !). On ignorait que la sécurité civile de Roissy avait le pouvoir d’ouvrir les portes d’une ambassade française à des équipes de télévision (1).
Des journalistes de La 5, selon Le Monde du 29 décembre 1989, ont même dénoncé « une véritable censure d’une information à caractère dramatique et universel qui n’est pas à l’honneur de celui qui a pris une telle décision. » Le PDG d’A2 et et FR3, de son côté, a répliqué qu’ « il était un peu fort que des adeptes forcenés de la loi du marché viennent maintenant se plaindre de la concurrence  » (2). C’est ainsi que les Français ont pu être gavés d’informations données et indifférentes diffusées sous le contrôle du gouvernement français.
 
Un leurre d’appel humanitaire grandiose : le charnier de Timisoara
 
 L’exemple emblématique de ces deux variétés d’informations si peu fiables reste et restera le leurre du charnier de Timisoara. Pour accréditer la sauvagerie de la dictature renversée, qui n’avait peut-être pas besoin qu’on rajoute à ses crimes, les « insurgés » ont appâté les médias par un leurre d’appel humanitaire dans les règles de l’art. Un prétendu charnier réunissant plus de 4.600 victimes de la Securitate, la police politique du régime déchu, a été présenté aux médias : quelques dizaines de cadavres seulement, souvent mutilés, avaient toutefois été exhumés pour la prise d’images qui ont fait le tour du monde.
 
L’exhibition du malheur d’autrui, ou de son simulacre capte, en effet, l’attention aussi puissamment que celle de son plaisir. Elle déclenche, on le sait, le réflexe inné de voyeurisme, bientôt suivi par le réflexe de compassion quand les victimes sont présentées comme innocentes. Et de fait, parmi les photos les plus diffusées, on voyait le petit cadavre d’un nouveau-né – le plus innocent des petits innocents - gisant sur le ventre gonflé d’une femme en putréfaction (voir photo ci-contre). L’usage de l’enfant martyr est un classique du leurre d’appel humanitaire (5).
Symétriquement, il s’ensuit un réflexe de révolte et de condamnation des bourreaux. « L’image du nazisme  » titre alors le Midi Libre du 26 décembre 1989 avant de citer une dirigeante du « comité démocratique  » qui a pris le pouvoir à Timisoara : « Ce sont des sadiques, s’emporte-t-elle, des fanatiques des unités spéciales de la Securitate, qui vivent dans un monde complètement en dehors de la réalité, qui ont commis ces mutilations insensées. » « On les compare aux nazis, poursuit « le journal d’information ». Une équipe de Médecins du Monde et de la Croix Rouge témoignait dimanche : « Nous constatons sur place que les hôpitaux sont systématiquement ciblés, que les réserves d’eaux sont empoisonnées en un certain nombre de points, que les populations sans armes ont été massacrées. » (3) « Dracula était communiste », trompette, de son côté, l’hebdomadaire L’Événement du jeudi du 28 décembre 1989.
 
Les médias ont bonne mine quand, à la fin de janvier 1990, trois médecins de Timisoara déclarent à la chaîne de télévision RTL Plus que les corps provenaient tous de l’institut médico-légal de la ville. Les cadavres étaient ceux de personnes mortes « naturellement ». Il ne s’agissait que d’une mise en scène pour apitoyer et révolter le monde. La femme qui portait sur le ventre un bébé dont elle n’était pas la mère, était, en fait, décédée d’une intoxication alcoolique. Quant aux cicatrices remarquées sur certains cadavres, elles provenaient des autopsies usuelles pratiquées après la mort des patients (4).
 
Quelles leçons tirées ?
 
Grande a été l’émotion dans les médias officiels, évidemment. Ce n’était plus seulement « l’envers du traitement de l’information  » qui était pris chez eux en défaut, c’est-à-dire les critères selon lesquels on décide de diffuser ou non une information vérifiée, mais aussi « l’endroit du traitement de l’information  » tant vanté par les journalistes comme étant le coeur de leur métier, soit la vérification et le recoupement de l’information. Preuve était apportée que les médias officiels, sidérés par une représentation fantasmée de la réalité correspondant à leur cadre de référence, comme celle qu’ils avaient eue de la Roumanie, pouvaient diffuser des leurres et tromper les citoyens.
 
Des journalistes ont essayé de faire acte de repentance pour recouvrer une crédibilité. M. Elkabach a confessé dans France-Soir, le 11 février 1990, que « la façon dont (ils s’étaient) fait manipuler, (devait) servir de leçon  ». C’était se disculper à bon compte, car « les manipulés » s’étaient prêtés tout de même avec beaucoup de complaisance ou de bêtise à la manipulation des grossiers manipulateurs. La leçon n’a d’ailleurs pas porté.
 
La fascination des médias officiels pour les leurres ?
 
- Quelques mois plus tard seulement, les médias ont repris en chœur, sans plus de précautions, la nouvelle de la mort atroce des prématurés arrachés à leurs couveuses par la soldatesque irakienne dans un l’hôpital de Koweït City : or, c’était une histoire fictive qui faisait partie d’une campagne d’influence organisée aux USA pour intéresser les Américains au sort du Koweït envahi par l’Irak (5).
 
- En janvier 1990, lors de la première guerre du Golfe, les correspondants de guerre ont été parqués dans des « pools » étroitement contrôlés par les services d’information des armées alliées qui les ont fourni généreusement en informations données et indifférentes pour égarer l’ennemi et protéger fort légitimement le secret de leur stratégie. L’armée irakienne était présentée comme une des plus puissantes du monde : or, son compte à été réglé en un mois.
 
- Le 16 décembre 1991, PPDA a travesti une conférence de presse publique de Fidel Castro en entretien exclusif.
 
- Devenu, lui-même, président de France Télévisions, M. Elkabach ne trouvera rien à redire à un projet d’émission intitulée bien imprudemment et en toute ignorance du leurre de l’image « La preuve par l’image  », en septembre 1995, avant un premier numéro calamiteux victime lui-même du leurre… de l’image qui conduira à sa suppression immédiate.
 
Comme dit Laurent Joffrin : mettre « sur le même plan des informations ou des éléments de savoir qui sont produits avec des règles et d’autres qui sont produits de manière sauvage sans aucune règle. Ça, c’est dangereux. Et c’est pas du tout la même chose. (…) Un témoignage, une image qui a été volée comme ça par un téléphone portable, ça n’est pas la même chose qu’un reportage qui a été fait par quelqu’un de compétent, qui sait mettre en contexte et qui sait vérifier. » On le vérifie, en effet, tous les jours, comme on l’a vérifié, il y a 20 ans devant le leurre du charnier de Timisoara. Et là, Internet n’y était pour rien ! Paul Villach
 
(1) Le Monde, « La couverture télévisée des événements ; L’HISTOIRE EN DIRECT  », 28 décembre, 1989.
(2) Le Monde, « La couverture télévisée des événements. Polémique entre la Cinq et les chaînes publiques », 29 décembre 1989.
(3) Le Midi Libre, « L’image du Nazisme  », 26 décembre 1989.
(4) Le Monde, « Le charnier de Timisoara n’en était pas un  », 27 janvier 1990.
L’Humanité, « Les charniers contestés de Timisoara. Confusion ou mise en scène ?  » 24 janvier 1990.
(5) Paul Villach, « Cette « pitié dangereuse » que savent si bien exploiter les cyniques ?  », AgoraVox, 14 décembre 2009.

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25 réactions à cet article    


  • populi 21 décembre 2009 12:24

    Bonjour Mr Villach,

    Article interessant, qui souleve de vrais problemes.

    Vivant en Roumanie, cet article a par ailleurs eveille en moi un interet certain.

    Je vous cite : « Pour accréditer la sauvagerie de la dictature renversée, qui n’avait peut-être pas besoin qu’on rajoute à ses crimes »

    Et comment ! Ce que je vais dire ne remets pas du tout en cause ce que vous avancez dans votre article (ce n’est d’ailleurs pas vraiment le sujet) mais en effet, les crimes perpetres par la securitate, s’ils n’etaient pas aussi « visibles » (photogeniques allais-je dire) n’en etaient pas moins terrible pour les populations.

    Ce qui m’amene a apporter une nuance a votre propos ci-dessous :
    Ce ne sera que bien plus tard que l’on apprendra que cette "révolution démocratique" n’en avait que le nom et n’était qu’une opération dirigée par un clan de dignitaires du régime contre celui qui avait été leur monarque adulé.

    Il est absolument vrai que les premiers instigateurs de cette revolution etaient des dignitaires du regime, neanmoins il n’en reste pas moins vrai que c’est le peuple qui s’est souleve, et pas suite a une manipulation.
    Les choses n’etaient pas noires ou blanches bien-entendu (quand on sait que 1 personnes sur 40 etaient « informateurs » pour la securitate, on comprend bien que beaucoup n’avaient pas interet a ce que la revolution reussisse) neanmoins c’est bien le peuple, opprime, surveille, pris en otage, qui s’est souleve. les fameux dignitaires du regimes ont en effet recupere les profits de ce changement d’executif, et les reseaux sont toujours existants meme si la situation a bien changee, en temoigne le second tour de la recente presidentielle ou un ancien communiste a ete a deux doigts de se faire elire...

    En tout etat de cause, je crois que ces images des « charniers factices », bien qu’etant une supercherie pour le moins voyante, ont ete benefiques car elles ont permis aux occidentaux de s’indigner et de prendre la mesure de ce qui se passait en Roumanie depuis plusieurs annees.
    Intellectuellement tres discutable j’en conviens, mais je pense que cela a ete benefique dans un sens pour les roumains.

    Encore une fois, cela ne remets absolument pas en cause les problemes souleves dans votre article, c’est juste un complement de reflexion.

    Bien cordialement

     


    • Paul Villach Paul Villach 21 décembre 2009 12:35

      @ Populi

      Merci de votre intéressant témoignage. Paul Villach


    • Phil279 27 décembre 2009 18:21

      Des sources pour les crimes de la securitate ?


    • Jojo 21 décembre 2009 12:43

      Excellent article qui prouve encore une fois si besoin était [*1*] un certain nombre de choses :

      ·  L’extrême perfidie des perfides,
      ·  La diabolique roublardise des roublards,
      ·  L’impérieuse nécessité de bannir le direct de la télé,
      ·  La collusion de Guillaume Durand avec les apparatchiks insurgés,
      ·  Que les anciens de la 5 se retrouvaient entre eux (a-t-on-appris-n’est-ce-pas) à chaque anniversaire de ce drame pour fêter des souvenirs de pseudo-charniers et d’exécutions sommaires,
      ·  Que Kouchner avait pour habitude d’affréter des avions,
      ·  Que la France avait une ambassade à Bucarest,
      ·  Que dans le métier de journaliste il fallait connaître les combines,
      ·  Que tout le monde manipule tout le monde et lui ment,
      ·  Qu’un leurre pouvait être mordu à pleines dents et enfin,
      ·  Qu’un leurre pouvait être grandiose.

      C’est scandaleux, je propose au choix :

      1.  D’exclure la Roumanie de l’Europe et de la remplacer par bisounoursland 

      2. D’élever une stèle à la mémoire des Ceausescu, 

      3. De boycotter la 5, Antenne 2 et Fr 3 maintenant ici de suite,

      4. D’interdire le journalisme en dehors d’AV.

      [*1*] Copyright Crumpet. Top chrono !


      • stephane 21 décembre 2009 12:48

        Bon article,

        pour lequel on pourrait aussi rajouter, comme exemple de manipulation, les armes de destruction massive irakiennes qui servirent de prétexte à l’invasion du pays. Elles faisaient aussi le « lien » si pratique entre Saddam Hussein et les attentats du 11 septembre.....

        Plus le mensonge est gros, plus il a de chances de passer : c’est ce qui ressort de ces différents exemples ; mais à force de nous affirmer qu’ils se sont fait manipuler, les médias n’ont plus aucune crédibilité.

        La recherche du sensationnel ne peut pas tout expliquer, pas plus qu’une crédulité digne d’enfants de 8 ans qui leur sert souvent à d’halibi. Leur mal à admettre leurs erreurs, leur mauvaise foi tant que le pot aux roses n’a pas été révélé nous imposent une vigilance -ou de la méfiance- qui leur fait défaut, quel que soit le sujet abordé, proportionnelle à l’importance de celui-ci.


        • jullien 21 décembre 2009 12:59

          Une remarque : nous savons que des journalistes ont raconté n’importe quoi sur un « charnier » à Timisoara parce que d’autres journalistes nous ont rapporté la vérité. Comme quoi, les hurlements contre les journalistes dans leur ensemble sont à la fois justifiés et injustes.


          • Paul Villach Paul Villach 21 décembre 2009 13:37

            @ Jullien

            Joli tour de passe-passe ! Dans le cas d’espèce, nulle enquête ! Ce sont des médecins qui sont venus découvrir le pot aux roses !!! Faut pas pousser pépé dans les orties, il ne sait pas nager !

            En revanche, dans le cas des « Couveuses du Koweït », c’est une équipe canadienne qui a mené l’enquête. Tous les journalistes ne sont pas à jeter aux orties. Paul Villach


          • oncle archibald 21 décembre 2009 13:54

            Article « in mémoriam » absolument nécessaire pour relativiser la crédibilité des médias officiels qui n’a rien de plus fiable, finalement, que celle des médias amateurs. Belle baffe bien méritée à Laurent Joffrin qui aurait du réfléchir avant de parler...

            Tout cela est nécessaire et très bien... mais après ? Comment doit-il faire, le citoyen lambda, pour savoir un peu ce qu’il se passe dans le vaste monde ? Il y a un parfum aigre qui flotte dans l’air et que rien ne semble pouvoir dissiper ... Désolé d’être aussi négatif mais je ne demande qu’à changer d’avis si on me prouve que j’ai tort ...

            • docdory docdory 21 décembre 2009 14:04

              @ Paul Villach


              Je me souviens d’avoir commis l’erreur d’écouter France-info pendant un certain temps le jour de cette révolution , et d’avoir à l’époque ébahi par des énumérations fantaisistes et extravagantes, par les « envoyés spéciaux » de cette radio, du nombre de victimes chez les émeutiers ( 20 000 , mais le chiffre réel pourrait monter à 60 000 etc ...), énumérations qui passaient en boucle sur les ondes .
               Il serait intéressant de retrouver les enregistrements des émissions de France-info de l’époque, pour vérifier si mes souvenirs sont justes, ou simplement imaginaires , mais malheureusement , ces enregistrements n’existent probablement plus ...
              Je voyais mal à l’époque comment la simple répression d’une émeute aurait pu faire un nombre de victimes comparable à celui de l’explosion d’Hiroshima !...

              • Serge Serge 21 décembre 2009 14:13

                « des éléments de savoir qui sont produits avec des règles... »

                 Mais quelles règles Mr Joffrin ? Celle de « courroie de transmission » de la pensée unique dominante «  ? Celles du » marché « afin d’augmenter les ventes ?
                Dans sa formulation quel sens donne t-il à » produit ? « celui de...faire connaître,livrer à l’examen ou celui de...rapporter,donner du profit ?

                Encore plus que Timisoara et son » produit fabriqué " la relecture des médias de l’automne 2002 à l’hiver 2003 ( y compris celui de Mr Joffrin ! ) sur les ADM de S.Hussein et les preuves irréfutables est une parfaite illustration de la formule de Mr Joffrin !!! Cette relecture est d’autant plus instructive depuis la dernière déclaration de T.Blair !!!


                • Paul Villach Paul Villach 21 décembre 2009 17:32

                  @ Trolleon

                  ça va mieux après la purge ! Retournez donc à votre bac à sable ! Paul Villach


                • french_car 21 décembre 2009 20:18

                  Je viens de découvrir que vous aviez un ancêtre commun : Saint Paul de Léon smiley Voilà qui rapproche les points de vue !


                • avox13 22 décembre 2009 15:35

                  un commentateur a envoyé ceci à Renève à la suite un article précédent :

                   Je suis outre par les propos de monsieur Reneve.

                  L’article raconte le calvaire d’une personne normale qui dédie sa vie à une œuvre à caractère éminemment sociale et salutaire. Vous n’éprouvez dans tout vos propos que dédain et colère. Vous êtes par la même d’une violence inouïe en regard de la compassion et de la compréhension demande pour la lecture de ce témoignage.

                  Je qualifie cela d’incompétence avère et d’un manque de discernement qui fait honte a l’adulte que vous êtes. Votre violence verbale ne réfute aucun argument, elle les interdit, vous ne construisez aucun argumentaire salutaire à une discussion progressive mais détruisez avec joie toute prise de position ou d’explication. Vos enfants doivent montre une violence extraordinaire pour souffrir d’une telle autorité sur la forme sans parler du fond.

                  Cette discussion que vous avez amené à être stérile, est pénible a lire, j’aurais aime que votre violence puisse donner forme a une argumentation forte et bien construite.

                  Ce professeur subit une vulgarité inexcusable, démission ou non, un enfant de 13ans ne peut sous entendre aucune menace, l’appareil administratif propose effectivement des mesures de répression et de condamnation beaucoup trop puissant pour traiter le cas de cet enfant, de fait l’enfant se sent tout puissant, le professeur mesurant sans doute, l’inaptitude de l’administration interne et l’inadéquation de l’administration externe. Je ne pardonnerais à aucun enfant et donc son tissu familial qu’il puisse en toute impunité laisser planer un doute sur des menaces externes. L’application de la loi dans sa toute sa puissance est ce qui repousse la barbarie et la violence.

                  Monsieur reneve vous qui essaye de faire passer sous silence ce cas TERRIBLE, vous n’avez vous aucune excuse.

                  « La loi existe pour protéger les faibles de la puissance des forts, elle permet l’établissement d’une société sans violence basée sur des liens moraux en laissant un espace de liberté à tous. L’individu soumit a une obligation morale prend sa liberté en se soumettant a la loi et non en la bravant, et, de fait, elle permet d’être délivré de la menace des autres.... » < ?xml :namespace prefix o ns « urn:schemas-microsoft-com:office:office » /><o :p></o :p></FONT></FONT></SPAN></P>
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                • ZEN ZEN 21 décembre 2009 16:07

                  Nécessaire rappel, Paul, et bonne recherche documentaire

                  Je me souviens parfaitement de ces soirées folles où l’on assistait, incrédules et transformés en voyeurs, « en direct » au « jugement »et à l’éxécution du couple Ceucescu...
                  Un mélange de curiosité malsaine, d’incrédulité, d’espoirs incertains, de doute déjà sur la vraie nature de ce qui se passait
                  Et puis, il y eu la Bosnie, le Ruanda...que Hatzfeld a essayé de comprendre autrement, sur place
                  Sur ce qui s’est vraiment passé en Bosnie, il faudrait un livre entier
                  On en parlait ce matin sur France-culture.. ;


                  • zelectron zelectron 21 décembre 2009 17:30

                    Oui, même dans les guerres de Yougoslavie, il y a eu des Timisoara mais tellement mieux mis en scène que plus personne ne comprend et sais la vérité, à part les aboyeurs de service de l’un ou l’autre camp !


                    • french_car 21 décembre 2009 18:46

                      Après le génie des Carpathes nous avons le génie des Intériconicités.
                      Merci au Danube de la pensée agoravoxienne de nous avoir ouvert les yeux :
                      - on nous a menti à l’insu de notre plein gré !
                      - les journalistes ont dit des choses qui n’étaient pas vrai !
                      Et on s’est fait mettre dans le leurre d’appel sexuel - oups humanitaire voulais-je dire, j’ai dérapé sur les tétons de Béa.
                      Cher Monsieur Villach je pense que vous auriez dû mentionner à la fin de votre article quelques oeuvres de l’un de vos homonymes qui s’attaque au démontage de la presse, de l’information tronquée ou extorquée.
                      Et je vous recommande l’écoute d’un podcast s’il existe, on y entend un excellent journaliste d’Agoravox mettre à genou l’ensemble de la rédaction d’Europe1 et Capa réunies.
                      Enfin sachez que bientôt ce journaliste se commettra sur une radio Suisse, tel Voltaire obligé de fuir son pays pour vivre en homme libre de penser - à moins que ce ne soit ce chanteur à barbiche qui ne paie pas ses impôts - ah non lui c’était en Patagonie smiley smiley
                      Je pense même que l’auteur aurait fait un excellent enseignant, article brillant, vraiment !


                      • anty 21 décembre 2009 21:13

                        La chute de du dictateur roumain était voulue par Moscou et son régime de l’époque dirigé par

                        Gorbatschev et les gouvernements occidentaux n’ont fait que coopérer et tout le reste n’est que

                        littérature.


                        • Reinette Reinette 21 décembre 2009 23:12


                          intéressant documentaire sur ARTE+7


                          les 3.22 premières sont importantes :
                          cette jeune femme malgré deux balles qui lui ont transpersé les poumons + un tabassage demande : « vous prenez le son et l’image ? »

                          étonnant !

                          http://plus7.arte.tv/fr/1697660,CmC=2988274,scheduleId=2960274.html



                          • Jean87 22 décembre 2009 00:02

                            La révolution roumaine, a bien promené les journalistes qui n’ont rien vu :
                            ni la conspiration de cadres du régime, ni la vraie révolution, 2 jours de combats sanglants, mais la récupération et la mise en scène de la passation de pouvoir télévisée avec le noyautage de cette révolution télévisée par les conspirateurs.
                            Au demeurant, il fallait être passablement courageux pour conspirer, et si peu assurés de survivre qu’il a été estimé nécessaire de mettre un point final à la résistance de l’ancien régime en fusillant publiquement les Ceausescu !
                            Radical, trivial mais tellement nécessaire pour se rassurer !
                            Si peu expliqué dans nos médias !


                            • Cher Paul VILLACH,
                              Oui vous avez tout à fair raison d’évoquer le souvenir de cette superbe manipulation à l’occasion de laquelle nos super journalistes ont bien montré leurs limites !!!


                              • Paul Villach Paul Villach 25 décembre 2009 20:21

                                @ Cher Jean-Michel

                                On peut être d’autant plus surpris par leur conduite, il y a vingt ans, que le traitement de l’information ne date pas d’hier. Un romain comme César la connaissait sur le bout des doigts : « Veni, vidi, vici » !
                                C’est dire ou l’inculture ou la complicité de ces gens dans ce type de manipulation !
                                Ceux qui se sont d’ailleurs distingués il y a vingt ans, se pavanent encore aujourd’hui sur les chaînes. Paul Villach


                                • Reinette Reinette 27 décembre 2009 13:57


                                  « La désenchantement, c’est je crois le mot qui, après 20 ans, peut définir ce qui s’est passé », résume Raico Cornea, journaliste qui se trouvait dans les rues de Timisoara lorsque la révolte a éclaté.

                                  « La Roumanie a réussi à rester un pays où les cliques ex-communistes semblent contrôler l’économie (...) cela entrave le développement de la Roumanie et rend (...) pénible la transition », dit le sociologue Bruno Stefan.



                                  Des observateurs politiques disent que ses trois mandats de président ont permis à des magnats soupçonnés d’être d’anciens agents de la Securitate de s’accaparer les avoirs publics sous prétexte de passage à la démocratie et au capitalisme.

                                  Ils en veulent pour exemple le démantèlement des grandes coopératives agricoles de l’époque communiste et l’attribution dans les années 1990 de millions d’hectares à des barons du régime.

                                   


                                  • Phil279 27 décembre 2009 18:33

                                    « Selon les sondages, 64 % des Roumains estiment qu’ils vivaient mieux en 1989, un tiers assurent que les dirigeants communistes étaient meilleurs que ceux d’aujourd’hui et réclament le retour du parti unique, et 22 % disent que Ceausescu est la personne qui a fait le plus de bien à la Roumanie, contre 22 % qui pensent le contraire. »

                                    C’est marrant si on fait un peu de recherches on s’apperçoit que presque tout les pays qui ont connus le socialisme le regrettent avec un ecrasante majorité

                                    Alors que nous qui ne l’avons pas connus savont que c’est mal (sans doute parce que les occidentaux savent mieux que les autres ce qui est bon pour eux)

                                    C’est marrant on a pas parlé de ce phenomene lors de la commemoration de la chute du mur

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