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Cuba France gagnant gagnant

Les échanges ont toujours existé entre la France et Cuba, de la révolution cubaine à aujourd'hui, malgré les vicissitudes liées à l'actualité politique. Ils gagnent depuis quelques années en intensité avec l'évolution de l'économie cubaine impulsée par le président Raul Castro et son successeur Miguel Diaz Canel. Un cabinet d'avocats parisien spécialisé dans le conseil juridique à l'international, « NC Avocats » (Nunez Chaufour Avocats) se lance dans un vaste projet de développement touristique en y incluant un important volet d'infrastructures.

Judith Nunez

Judith Nunez avocate cubaine a été formée à l'université de Camaguey, puis à La Havane. Elle a poursuivi ses études à La Sorbonne et par un Master 2 en droit international des affaires à Madrid. A Paris un cabinet d'avocats lui a ouvert ses portes. Par la suite elle a créé sa propre société : le cabinet Nunez et Torres qui lui a permis de montrer son savoir-faire en utilisant ses différentes expériences acquises à Cuba, en Espagne, en France.

Elle se rappelle aujourd'hui : « je devais me surpasser en tant que jeune avocate étrangère en France avec des clients très exigeants, des entrepreneurs, des chefs de projets, des développeurs qui exigeaient que les résultats soient d'une extrême qualité. Le milieu des affaires forme l'être humain en tant que professionnel ; en tant que femme le milieu des investissements à l'étranger a été une expérience professionnelle, personnelle qui m'a construite »

Pierre Chaufour

Pierre Chaufour, après des études de droit avec un master 2 de droit des affaires à Paris 1 a prêté serment en 1987 au barreau de Paris ; il exerce une activité classique d'avocat plaidant en droit des affaires mais avec une activité internationale importante. Avec Bernard Cahen, associé depuis 1993, il développe un réseau international d'avocats (Libralex).Il a été membre du Conseil de l'Ordre des Avocats de Paris. Il est consultant pour des projets internationaux financés par la Banque Mondiale en direction des pays d'Afrique francophone (cadre réglementaire des télécoms au Cameroun, loi électricité en Mauritanie...). Il traite des négociations avec des entreprises, des entrepreneurs, des particuliers qui lui ont confié leurs intérêts avec des objectifs à atteindre.

NC Avocats

En collaboration avec Judith Nunez, il traite dans un premier temps de questions juridiques pour des ambassades d' Amérique latine, ce qui permet aux 2 avocats de s'intéresser à l'investissement d'entreprises françaises, mais pas seulement françaises, vers des pays d'Amérique latine et des Caraïbes, avec l'idée d'aider ces pays, dont Cuba. Ils vont développer une convention organique NC Avocats qui doit permettre à une avocate étrangère et à un avocat français d'avoir les moyens de travailler ensemble dans un cadre clair pour leurs clients.

« Notre mission, nous dit Pierre Chaufour, n'est pas de faire de l'argent, mais d'aider tout le monde, les cubains d'une part, les investisseurs étrangers d'autre part, qui doivent gagner chacun dans un projet commun. Nous mettons en contact des investisseurs d'un côté et des systèmes gouvernementaux de l'autre, afin d'investir de l'argent, de développer les marchés, les affaires pour le plus grand profit de chacun. Cuba a besoin d'investissements, d'infrastructures nécessaires. Les cubains veulent avoir des investissements mais pas n'importe lesquels. Nous jouons le rôle de filtre et d'aide à l'investissement. Les entreprises cubaines nous font confiance. Pour elles le cabinet « NC Avocats » est capable de sélectionner des investisseurs, de les présenter, de les accompagner. Nous sommes donc clé et facilitateur »

De Raul Castro à Miguel Diaz Canel

Judith Nunez brosse un tableau de la situation de Cuba de Raul Castro à Miguel Diaz Canel : « Raul Castro a été le président de Cuba de 2008 à 2018. Raul Castro a été un président pragmatique et visionnaire. Il a été et est toujours en faveur de réformes structurelles. Il a réussi à établir des réformes importantes dans le pays, une ouverture économique nécessaire pour Cuba. Miguel Diaz Canel a été élu par les députés de l'Assemblée Nationale Cubaine. En tant que successeur à la présidence Miguel Diaz Canel est un homme formé dans la révolution cubaine qui continue la politique de développement de l'économie de notre pays. Il facilite l'ouverture du marché cubain. Aujourd'hui grâce aux modifications de la loi des investissements promulguée en 2014, nous pouvons activer depuis la France notre clientèle, nos contacts pour aider nos dirigeants, nos entreprises cubaines à collaborer, à développer les investissements étrangers ».

Le contexte international et l'économie cubaine

Pour Judith Nunez « le contexte est sensible. Nous vivons une période d'instabilité économique mondiale, pas seulement à Cuba. La situation avec les USA ne facilite pas l'économie de l'Amérique latine. Une entente politique est indispensable. La politique américaine dans le passé nous a amené à débloquer la situation lors de la présidence de M. Obama. Aujourd'hui nous sommes dans un autre contexte, un peu plus brutal, un peu plus rude. Nous essayons en tant que cubains de surmonter cette période délicate. En tant qu'avocate cubaine, ayant travaillé à Cuba, maintenant en France, je peux vous dire que Miguel Diaz Canel donne la possibilité de l'ouverture économique. Et nous avons des possibilités d'entente plus rapide avec notre interlocuteur principal, les entreprises cubaines, interlocuteurs crédibles, stables, fiables.

Cuba offre des garanties juridiques. Les capitaux ne seront pas confisqués, ne seront pas saisis. Des bénéfices fiscaux sont là pendant les 8 premières années de l'investissement. Il y a la possibilité d'embaucher la main-d'oeuvre cubaine. Le plus courant ce sont les entreprises mixtes. Légalement il y a possibilité pour une entreprise d'être majoritaire dans le cadre d'un partenariat avec une entreprise cubaine. Avec les contrats de gestion moyennant une participation financière, les investisseurs étrangers peuvent présenter des projets à Cuba en assurant la gestion administrative et la construction et la rénovation".

"Il ne s'agit pas seulement d'arriver à Cuba et de déposer un projet ou une intention d'investissements et d'obtenir un marché. Il s'agit de prouver sa bonne foi, de collaborer avec l'économie cubaine, de développer un marché qui a besoin d'un capital étranger. Cuba n'est pas le seul pays qui a besoin de capitaux étrangers. Même des pays du « premier monde » en ont besoin. Nous pouvons encourager nos investisseurs dans les investissements hôteliers, les parcs thématiques, dans la construction et la rénovation de terrains de golf, dans l'éco- tourisme, dans la construction de marinas, dans la rénovation des ports ».

Le projet de développement de Marea del Portillo

Dans ce contexte favorable, dans le cadre de l'ouverture de l'économie cubaine, Pierre Chaufour présente « le projet Marea del Portillo, un projet global de développement touristique des resorts, 3 hôtels, 2 marinas, 1 golf, 1 aérodrome dans une région du sud-est de Cuba, c'est un peu un cliché, qui est une sorte de paradis sur terre coincé entre l'océan et la lagune dans des conditions absolument extraordinaires, un peu à l'écart des grands centres mais pas assez éloigné pour s'ennuyer. L'idée au départ de l'entreprise en charge pour ce développement , et que nous portons, consiste à faire une rénovation lourde des installations existantes pour arriver à un complexe hôtelier 5 étoiles. Nous souhaitons attirer les touristes étrangers de cette zone Caraïbes, d'Amérique centrale, des Etats-Unis, pour les faire venir dans un endroit où ils auront leurs loisirs préférés, la mer, les bateaux, le golf. On rénovera un aérodrome pour les accueillir dans les meilleures conditions".

"Nous avons actuellement des discussions avec des entrepreneurs qui nous disent « avec le président Trump nous n'allons pas investir à Cuba ». Le titre III de la loi Helms-Burton, entrée en vigueur le 2 mai, autorise les américains à présenter des procédures devant les tribunaux américains contre des étrangers pour trafic présumé de biens ayant fait l'objet de nationalisations en 1960 à Cuba. En réalité cela se résume à 4 poursuites concernant des entreprises qui ont été nationalisées à l'époque. En dehors de cela les investissements sont possibles sans difficulté. Notre rôle consiste d'ailleurs à envisager les risques à ce propos. Nous sommes ici les coordinateurs, le trait d'union entre l'état cubain et les investisseurs".

"On parle de Marea del Portillo, mais on a toute une série de projets possibles, dans le tourisme et dans d'autres secteurs d'activités, dans lesquels on est capable de proposer des projets à des investisseurs français ou italiens ou venant d'autres pays, auxquels je dis « venez saisir les opportunités d'investir dans un pays qui s'ouvre, dans un pays où l'on voit bien que le progrès existe". Il y a eu l'ouverture bloquée pendant longtemps à cause de l'embargo américain, mais actuellement il y a tout un ensemble de partenaires commerciaux qui vont dans des salons à Cuba, qui découvrent un pays, des opportunités. Certains investisseurs sont déjà sur place, les autres viendront".

"C'est un peu comme Jean-Paul II, en voyage officiel à Cuba, qui disait « ouvrez-vous au monde pour que le monde s'ouvre à vous ». C'est comme çà que Cuba voit les choses avec, au- delà du côté business, cette ouverture des peuples que nous connaissons en Europe depuis des années. S'ouvrir est un apport culturel, intelligent, pro business aussi, apport à Cuba qui en a été longtemps privé".

"Nous le cabinet d'avocats, on est juste là pour aider. C'est notre métier et on veut aider dans cet aspect gagnant-gagnant, les entreprises françaises et cubaines, le gouvernement cubain et au- delà du gouvernement cubain le peuple cubain qui aura la possibilité de continuer à se développer, d'avoir du travail,d'avoir plus d'emplois grâce à des investisseurs étrangers, de pouvoir consommer, de pouvoir accueillir des étrangers qui vont leur permettre de partager une culture, un art de vivre et réciproquement, car Cuba comme la France est un pays d'art de vivre ».


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