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Culture en danger !

Pendant que José Bové en appelait au président de la République pour que la France : « Accepte d'ouvrir ses frontières aux réfugiés » et qu'une association contre le racisme traquait les discriminations aux réservations dans les campings en Provence ; des habitants d'un quartier de Tarbes élevaient un mur de près de deux mètres de haut et de 18 de long afin d'interdire l'accès à un ancien hôtel Formule 1 en cours de transformation en centre d'accueil pour migrants. Ce nouveau dispositif d'hébergement dans des hôtels à bas coûts, à l'initiative du ministère de l'Intérieur, engagé sans concertation aucune avec les populations locales, suscite la réprobation dans les différentes communes concernées. La Préfecture de préciser : « Pour le moment, le trouble à l'ordre public n'est pas constitué puisque l'hôtel est vide » et que le mur a été érigé sur un terrain appartenant à un particulier situé « devant l'accès à l'établissement qui ne dispose pas de servitude de droit de passage sur cette parcelle » (AFP). Quelques jours plus tard, le collectif mettait fin à son action après avoir obtenu des garanties de la part des autorités.

L'augmentation des flux migratoires ne fait qu'exacerber le ressenti, certains d'envisager la nécessité d'une résistance culturelle afin d'endiguer des comportements qu'ils n'ont jamais demandé à subir. Ils opposent au droit à la différence et à l'indifférence, le droit d'être entendus et le droit à la libre expression, droits fondamentaux bâillonnés par des textes en inadéquation avec leur quotidien, entretenant le secret espoir de parvenir à un changement de paradigme. La culture prend ses racines dans l'éducation et la prime enfance, elle n'est pas innée. Les différences entre certaines cultures sont si grandes qu'elles ne peuvent être que sources de malentendus, voire de conflits.

La diversité culturelle existe depuis l'aube de l'humanité au point de se retrouver ancrée dans le sentiment national et l'histoire. L'ethnocentrisme reste une caractéristique partagée par les tous groupes ethniques à travers la planète, ce que tout un chacun peut aisément constater chaque jour au travers de ses déambulations en observant les variétés linguistiques et comportementales qui l'entourent jusqu'à venir former une cacophonie culturelle inadéquate, fusse le tourisme de masse. Que penser de l'achat d'une peinture mécanique représentant un poulbot montmartrois imprimée en Chine et adaptée pour séduire le touriste ? Ce dernier pense-t-il emporter dans ses bagages une œuvre picturale imprégnée de la culture parisienne ?

A l'heure des flux migratoires souhaités par les uns pour des raisons économiques, ce qui reste à vérifier, ou indésirés par d'autres, on ne peut qu'être frappé du manque de discernement culturel de nos « élites ». Ces dernières ont tendance à prendre les effets pour les causes, alors que ce qu'elles prennent pour les effets sont en réalité les conséquences des effets et non la cause première. Les gouvernements sous-estiment la capacité du réservoir à émotions et à ressentis qui nourrit la population autochtone renforcé par tous les partis politiques que l'on pourrait accuser de délit d'inaction, de dol culturel ou de forfaiture. La seule réticence culturelle qui vaille à leurs yeux est l'« exception culturelle française », protectionnisme qui concerne principalement le septième art tout en tolérant les crèches et la fête d'halloween..., ou lorsque la culture rencontre des intérêts politiques ou économiques. Sommes-nous donc tous des indigents culturels ?

Les hommes politiques forment une corporation à pouvoir monopolistique en établissant une hiérarchie dont les échelons sont franchis selon un modèle auquel se rattachent des privilèges et avantages. Inutile de nous appesantir sur les dysfonctionnements d'un tel système conflictuel par nature et du frein à toute chose qu'il représente dont les citoyens sont les victimes économiques, sociales, culturelles, etc. Les hommes politiques se satisfont d'accommoder et d'exploiter les critiques. Un exemple banal s'il en est besoin, celui de l'accomplissement de tâches peu ragoûtantes par une main d'œuvre d'origine étrangère dont la litanie repose sur l'instillation d'une réticence culturelle moderne, l'hygiène.

La culture façonne l'individu et parvient à lui faire accepter à son insu des comportements prédéfinis. La contrainte est inutile, l'apprentissage reposant sur le mimétisme. Zola a contribué à sa façon, à la désertification de l'industrialisation par une main d'œuvre locale. La culture est une façon de s'exprimer, de se comporter, de penser, d'agir et de réagir. On peut parler une langue parfaitement et être capable d'en identifier les mots, mais cela ne saurait pour autant signifier que l'autre en saisit la nuance de la pensée. Ce que nous percevons ou observons ne sont que les manifestations de la culture. Je peux suivre un rite vaudou ou pratiquer la capoïra sans pour autant y discerner les actions d'émotions refoulées. Pour être évalué, tout trait culturel doit être inséré dans son contexte, et celui-ci est bien plus vaste qu'il n'y parait de prime abord, pour cause, la culture est le ciment d'une société et en forme les fondations.

Les détails culturels concernent tous les aspects de la vie quotidienne : la langue, les comportements en société, l'hygiène, l'argent, le logement, la façon de dormir, de se vêtir, la décoration, les arts, etc. Les cultures sont très sélectives, si un Alsacien raffole de choucroute, il s'en trouvera des étrangers qui la trouveront infecte lui préférant un plat composé à base d'insectes, plat que l'Alsacien trouvera immangeable. Les Chinois se délectent de viande porc alors que le seul nom suffit à détourner un Musulman.

Nous ne pouvons comprendre les incidences des us et coutumes des autres ethnies sur la nôtre si nous n'y percevons pas les motivations sous-jacentes. Un aspect culturel propre à un pays ne saurait être transposé tel quel à un autre, quand bien même il s'appliquerait à un ressortissant du pays d'origine. Dans certains pays d'Afrique blanche ou noire, le policier qui interpelle un adolescent sans casque, peut se permettre de lui administrer une claque « éducative » ; imaginez le même scénario dans une banlieue sensible dirigé à l'encontre d'un membre de la même communauté, c'est tout simplement impensable ! Dans notre société, le choix des conduites reste plus permissif : choix de la profession, du partenaire, de la religion, de l'alimentation, des loisirs, du médecin, etc.

Les peuples civilisés appartiennent tous à des sous-cultures et à la culture d'un groupe : région, classe, religion, profession, etc. L'être humain accepte de vivre en société parce qu'il y trouve des intérêts multiples : économiques, sécurité, familiale, éducation, idéologique, etc. Quand ces besoins restent insatisfaits, l'individu part à la recherche d'un autre pays d'adoption. La culture n'est pas statique, et elle n'est jamais totalement la même d'une génération à l'autre. Tous les traits culturels ne changent pas au même rythme, la culture se voit parfois modifiée par l'apport de la technologie, alors que le champ de croyance ou celui des convictions oppose plus de résistance.

Les affects ne sont pas conditionnés biologiquement, mais bien culturellement, comme l'illustre l'exemple de l'esquimau qui partage sa femme avec d'autres hommes, sachant qu'il bénéficiera du même avantage. Dans les banlieues on y dit, « cousin », oui, mais beau-frère non ! Si les comportements acquis étaient uniquement conditionnés par la culture, cette dernière n'évoluerait jamais, mais il existe toujours des événements et des individus qui parviennent à influer sur la société. On a constaté que les différents groupes ethniques conservent leur particularismes culturels pendant environ trois générations ! Durant cette période d'adaptation, ils vivent regroupés, ce qui provoque au niveau local une surpopulation en terme densimétrique. L'expansion de leur « territoire » n'est possible que s'il y a assimilation culturelle ou si les populations différentes sont contraintes à vivre côte à côte, ou entassées les unes sur les autres. Les espaces verts vont à l'encontre du but escompté, ils concentrent l'ethnocentrisme. Les nationaux y perdent leurs repères culturels et n'ont qu'une hâte, quitter l'endroit au plus vite.

L'emprunt à une culture étrangère ne signifie pas pour autant que cet emprunt sera vecteur du même trait culturel d'origine. Prenons l'exemple d'un immeuble collectif disposant de balcons, certains le transformeront en « jardin » suspendu, d'autres en séchoir, d'autres en débarras, en cuisine, en chenil, en volière, etc. L'emprunt peut être transformé, adapté, ou bien être rejeté. Chaque groupe ethnique fait un choix. prenons un autre exemple, celui de la musculation. Si cette discipline fait de nombreux adeptes dans les banlieues et dans les quartiers moins défavorisés, la finalité en est très différente. Pour les jeunes banlieusards il s'agit d'une manière de s'affirmer physiquement, alors que les autres jeunes la considèrent comme esthétique et attachée à la séduction.

Le principe de la résistance culturelle non violente repose sur le postulat : si l'autre peut m'atteindre dans mon quotidien, je peux l'atteindre à mon tour en retournant ses « armes » : manifestations, livre blanc, stigmatisation, victimisation, boycott, détournement de pub, de marque ou de logo, intrusion inopinée, choix de la rhétorique, du champ lexical, procès/tribune, alliance avec des sous-groupes, sans oublier toute la panoplie de la résistance passive véritable boîte à outils du contestataire. Les nouvelles technologies peuvent largement contribuer à ce mouvement et entraîner un « choc » dans la conscience publique en déversant du sable dans les rouages d'une société pluriethnique et communautariste.

Si aucune culture n'est supérieure à une autre, tout peuple est en droit de refuser la colonisation culturelle de son territoire. La résistance culturelle, à ne pas confondre avec la guérilla culturelle, ne saurait être une fin, il ne s'agit que d'un moyen destiné à lever la cécité politicienne qui contribue à une forme de « criminalisation » culturelle ou de « fascisme » culturel à l'encontre des populations historiques. Le fonctionnalisme postule que tout élément particulier appartenant à une culture doit être examiné dans ses rapports à tous les autres, la modification d'un élément quelconque peut suffire à entraîner une modification d'autres éléments. En France, les doléances sont nombreuses en métropole mais aussi dans les Antilles, en Guyane, à Mayotte, etc. Le problème dépasse largement l'hexagone pour représenter un champ d'action étendu susceptible de nouer des synergies que l'on aurait pu penser improbables.

 

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6 réactions à cet article    


  • nono le simplet nono le simplet 14 septembre 08:49

    en parodiant une expression d’un commentateur d’agora, que mon visage se couvre de pommes de terre si je comprends où tu veux en venir ...


    • sarcastelle sarcastelle 14 septembre 09:04

      @nono le simplet

      .
      Ces propos abscons sont le résultat de ce que l’auteur appelle : «  »fascisme« culturel à l’encontre des population historiques »

    • nono le simplet nono le simplet 14 septembre 09:17

      @sarcastelle
       smiley

      ouf, je vais pouvoir aller peler mes patates

    • Crab2 14 septembre 11:29

      Aimez-vous vraiment la culture ? -

      Mozart éternel

      J’aime le drame-joyeux marqueur de l’œuvre de Mozart car ce que je déteste le plus au monde est l’austérité et la pétrification du langage

      https://laicite-moderne.blogspot.fr/2017/09/mozart-eternel.html




      • Ruut Ruut 15 septembre 06:07

        Oui luttons contre l’envahissant anglicisme qui menace notre culture Française....


        • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 15 septembre 06:24

          Merci pour cette réflexion visiblement un peu trop abstraite pour certains qui n’ont pas compris qu’on ne peut plus parler qu’à mots couverts tant la police de la pensée veille à ce que nos cogitations soient bien alignées dans le sens du vent.

          Je vous suis bien globalement dans votre orientation, ô combien légitime, mais je reste avec le sentiment que vous ne vous dégagez pas suffisamment du piège qui nous est tendu et qui se présente comme le « choc des » cultures, civilisations, etc. comme vous voudrez.

          Sans vouloir délégitimer ce combat, je considère que c’est un piège car il nous amène à une confrontation horizontale avec les « autres » (cultures, civilisations, etc.) et ce faisant il nous détourne de la seule confrontation vraiment utile qui est, elle, verticale dans le mesure où il s’agirait de s’opposer à ceux qui sont à présent nos maîtres dès lors qu’ils tiennent tous les leviers de l’organisation socio-économico-financière du monde au sein de laquelle les politiciens ne sont plus que des marionnettes.

          Je ne sais plus qui appelait à transformer la guerre en révolution mais il semble que nous en soyons encore là. Avec malheureusement un air du temps tellement individualiste, moralisateur neu-neu et bien pensant qu’il va être difficile de faire se lever ceux qui ne savent même pas être les damnés du nouvel ordre mondial...

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