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Accueil du site > Tribune Libre > Dasein ; un monde en voie de rétrécissement ?

Dasein ; un monde en voie de rétrécissement ?

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 Ce texte pourrait être inséré dans mon livre philosophique sur la fracture du Covid. J’attends les éditeurs.

 

 1) Il se dit que l’épidémie sera bientôt derrière nous. Admettons que cela se « vérifie », nous n’en serons pas moins dispensés de questionner le passé en nous demandant pourquoi pendant plus d’une année, la société a accepté l’état d’exception sanitaire, le couvre-feu pendant des mois, le masque imposé en plein air ; pourquoi une épidémie fut freinée en rendant malades des millions de gens, en instaurant une sorte de douce barbarie sanitaire, en faisant fi des libertés, en abandonnant les Lumières, comme au siècle dernier pendant l’Occupation. Pourquoi tout ça ?

 Jean Viard, devenu à son corps défendant sociologue du régime macronien, prédit un bouillonnement social conséquent une fois l’épidémie solutionnée, une sorte de remake des années folles succédant à l’Armistice, comme si nous sortions d’une grande guerre menée en mobilisant toutes les forces de la patrie. Je verrais plutôt une récréation, la fin des contraintes, les gens retrouvant peu à peu leurs habitudes, libérés de leurs chaînes mais pas pour autant déchaînés. Drôle d’années folles que ces gens bien assagis, prenant un verre au bord d’une terrasse ou se pliant au protocole sanitaire en arpentant les musées ou en fréquentant les salles obscures sans oublier le pass sanitaire.

 Emmanuel Macron, visionnaire autoproclamé, envoyé en mission par les forces transcendantales, nous promet pour les années à venir une Renaissance française après le Moyen Age pandémique. La peste noire qui ravagea l’Europe fut suivie d’une guerre de 100 ans. Quant à la Renaissance, elle fut radieuse lorsqu’elle se jauge à l’aune des peintres du quattrocento, de quelques écrivains, Rabelais, Erasme, Montaigne, quelques figures d’Etat, François premier, Henri IV ; mais elle a sa part d’ombre, lorsqu’elle fut traversée par les guerres de religion et qu’elle instaura la chasse aux sorcières à la fin du XVIe siècle. Emmanuel Macron se raconte des histoires. Le storytelling prophétique avait quand même plus d’envergure dans l’Isaïe ou les Evangiles. La Renaissance fut propulsée par des forces en mouvement, par la superposition de la vie active supplantant la vie contemplative. En 2021, nous sortons plutôt d’une vie végétative. Une Renaissance ? Non, soyons lucide, c’est plutôt une convalescence, à l’image d’un sportif plâtré pendant deux mois, devant enchaîner les séances de rééducation chez le kiné. Une partie des Français risque de végéter ; on en voit rivé à leur domicile, apeurés par le monde, agoraphobes post-épidémiques.

 Lire à travers les âmes et accéder à une révélation du monde est un art spirituel dont on trouve les traces dans quelques écrits remarquables. Je ne lis plus les intellectuels français. J’ai pris mes distances avec Bourdieu, Deleuze, Derrida, Ricoeur, Badiou, Finkielkraut, Ferry et tant d’autres. La philosophie française m’ennuie, elle oscille entre l’académisme universitaire, l’intellectualisme littéraire et le maniérisme méthodique. Bien plus profonds sont les anciens. Eliade, Scholem, Corbin, Strauss, Heidegger, Jünger et même Spengler sans oublier Nieztsche. Ces auteurs avaient un don de vision avéré. La plupart sont classés à droite dans l’échiquier politique, ce qui n’a pas de sens. En revanche, les gens de droite apprécient ces auteurs, alors que les gens de gauche les décrient. Je ne sais plus qui a dit que le socialisme est la revanche des médiocres.

 

 2) Le Dasein, notion clé dans la pensée d’Heidegger, signifie la présence d’un étant. Autrement dit une ouverture qui perdure, une présence qui dure. L’essence du Dasein c’est d’exister comme présence. Le Dasein ne coïncide pas avec la conscience humaine. C’est la conscience qui est dans le Dasein, sorte de cosmos parvenue à la conscience à travers l’homme mais qui déborde par sa plénitude. Le caractère du Dasein est temporel, il se manifeste comme essence en devançant la mort au lieu de la nier ou de croire en un passage dans un autre monde. Le Dasein prend conscience de son authenticité en regardant la mort. Il n’est pas utile de développer cette appréhension de la mort qui au final, ne mène nulle part, sauf si cette mort est pensée comme un partage et prend un sens différent, historique si l’on veut, pour dire qu’un monde se meurt et qu’un autre arrive, ou pas. Ou pour indiquer qu’une nation résiste à la mort, au chaos, pour se régénérer avec son passé. La notion de France éternelle chère au général de Gaulle convient ici.

 Si le Dasein est une présence qu’il est possible de devancer ou d’anticiper, quelle est le sens de cette présence, est-ce l’Esprit du monde, pour autant que cet Esprit puisse se dessiner de manière univoque et cohérente. Cette présence est faite d’événements et de sens. Les événements sont produits par la puissance d’exister des âmes, le sens est donné par l’interprétation des événements. Nous observons les événements comme s’ils étaient les pulsations de ces milliards d’étoiles, lumineuses et ténébreuses, que sont les humains, sans oublier les autres spécimens du règne vivant, animaux et plantes. La crise sanitaire a plongé l’anthropocosme dans la pénombre. Le Dasein a perdu de sa lumière. Nous ne comprenons pas très bien ce qui est arrivé, ce qu’il nous faut devancer. L’anthropocosme ne peut être dissocié du technocosme et de la science. L’époque du Covid se caractérise comme une catastrophe industrielle que nous pouvions pressentir dès les années 2010, dans le sillage de la crise financière, avec l’avènement des réseaux sociaux, des agressions immunitaires émanant de communautés, mouvances, factions diverses, avec les peurs généralisées, islamisme, climat, et les prodromes d’un désastre politico-sanitaire lorsque la peur du H1N1 propulsa la première campagne de vaccination et les mesures formatées avec les règles d’un régime sanitaire.

 Les lumières du Dasein ont faibli, l’effet du trou noir cosmoquantique s’est accentué, les causes sont diffuses, disséminées par d’énigmatiques interférences entre les technologies, les médias, les décisions politiques et les âmes. Les sciences médicales et climatiques, accompagnées des technologies du numérique, des médias de masse, du consumérisme, ont propulsé des régimes sanitaires, autoritaires ; elles ont apporté une forme de désolation, une sorte de désert spirituel, une extinction de la vie spirituelle des âmes. Il est difficile de capter l’essence du Dasein à notre époque devenue non seulement fragmentée en factions sociétales mais aussi diffractée dans le prisme des chaînes d’info et des réseaux sociaux. Nous ne savons pas où en est la présence du monde. Nous voyons surtout une somme de faits divers parvenant à la une médiatique, sorte d’intermittences interrompant le cours lancinant d’une épidémie sans fin qui a donné la tonalité d’une époque.

 Trois voire quatre âges se sont télescopés. Le moment gaullien, de 1940 à 1974, marqué par une élan patriotique ambigu mais appuyé, la solidarité d’une nation fracassée par son histoire, et donc une certaine restauration, avec un romantisme modéré combiné à un élan industriel moins modéré. De 1974 à 1995, le moment des transformations sociales et la poursuite du progrès industriel, sous les mandats de Giscard et Mitterrand. De 1995 à 2007, Chirac a tenu la boutique France et ce fut l’âge de la préservation du modèle social et un long intermède de cohabitation suivi d’un traumatisme lorsque Jean-Marie le Pen parvint au second tour, signe d’une crise politique émergente. De 2007 à 2022, trois présidents gouvernant une France abîmée, s’effritant. L’épidémie de 2020 signe sans doute l’entrée de la France dans une longue maladie.

 Les dirigeants et autres élus placés aux commandes jusqu’en 1995 ont connu pour certains la Grande guerre et pour la plupart l’Occupation. A ces hommes façonnés à l’ancienne, lettrés pour la plupart, s’est superposée une nouvelle génération qui connut mai 68, l’opposition à la guerre du Viêt-Nam, la libération sexuelle, la culture pop, rebelle, la dissidence écologique. La génération Macron et ses lieutenants n’ont connu dans leur adolescence que les années 1990, celles du désenchantement marqué par le grunge et Nirvana, de la morosité post-communiste, de l’Europe mélancolique, des échappatoires, entre ectasy, techno et jeux vidéo. Et la folie des premières start-up du numérique avant le changement de siècle. Pas de quoi former spirituellement, à l’ancienne j’entends, une génération. Génération Macron, née dans les années 1980, biberonnée aux technologies du numérique, puis génération Y et maintenant une génération baptisée Z, caractérisée par une imprégnation massive par l’Internet fixe et surtout mobile, avec les réseaux sociaux.

 La compréhension entre générations ne se fait pas mieux actuellement qu’il y a 50 ou 60 ans, lorsque les yéyés, copains et autres soixante-huitards contestaient l’ordre établi, politique, moral, religieux et culturel. C’est ce que signifie au fond ce mystérieux concept d’historicité du Dasein, comme si à titre personnel et à titre générationnel, nous ne vivions pas dans le même cosmos, le même monde. Le langage est la demeure de l’être disait Heidegger. Alors en parlant la même langue, nous ne sommes pas dans la même maison, nous les anciens de la génération 68 et les nouvelles générations, Macron, Y, Z. Il suffit de capter avec attention les locutions, les tournures de langage, les thèmes, les réactivités sur les actualités, les sujets d’intérêt, pour voir ce gouffre sémantique séparant des générations qui ne se comprennent plus mais jouent quand même le jeu de connivence car nous sommes tous dans le même bateau. Néanmoins, dans quelques cités, dans quelques zones à défendre, à occuper, des jeunes gens ont cessé de jouer la comédie du vivre-ensemble. Ils font sécession. L’affaire de la gifle adressée à Macron le 8 juin 2021 est un symbole de cette division.

 Le sens de l’existence ou de l’être, peu importe, le sens compte. Le Dasein définit un monde, un cosmos dans lequel nous sommes partie prenante, imbriqués en quelque sorte. L’époque du Dasein diffère de la Modernité qui elle, fut l’époque des conceptions du monde pour reprendre l’intitulé d’une savante mise au point de Heidegger sur cette question. La conception du mode suppose que le monde soit produit intellectuellement par le sujet pensant, ou alors que le monde se produise, auquel cas le philosophe tente de comprendre et d’expliciter cette production qui chez Hegel correspond à l’Histoire générée par l’action des hommes sous la gouverne de la ruse de la Raison. La conception moderne du monde repose sur une attitude du philosophe qui se met en retrait, en quelque sorte hors-jeu. Cette position de hors-jeu fut refusée, autant par Nietzsche que Heidegger. Deux penseurs pour qui le Dasein devient un cosmos vécu avec plénitude. En revanche, le On, agitation quotidienne, est un brouillard qui s’oppose à l’éclaircie du sens. La platitude du On contraste avec la plénitude du Dasein vécu authentiquement. Le On n’est pas sur la même strate ontologique que le souci, l’authenticité.

 Selon Koyré, la Renaissance fut traversée par un engouement pour la vie active au détriment de la vie contemplative. Le président Macron nous prédit un sursaut national en forme de renaissance alors que la tendance est toute autre. La vie active et la puissance ont marqué la Modernité. La vie active n’a pas cessé d’être prisée, avec l’arrivée des séniors comme vieux actifs, parfois moqués pour leur jeunisme alors que le bougisme fut dénoncé par quelques intellectuels ayant analysé l’agitation du monde. La pandémie a mis un terme à cette frénésie. Il ne devrait pas y avoir de renaissance. Plutôt une vie domestiquée. Peut-être une transition inverse à celle de la Renaissance. De la vie active à une sorte de vie végétative. Pass sanitaire, vignette crit’air. Ne bougez plus, restez distants, les virus circulent, le climat se dérègle, restez chez vous.

 Le Dasein se ralentit dans l’espace mais toujours autant agité par le consumérisme et les technologies numériques. Comme si le bougisme dans le monde étendu s’était déplacé dans le monde de la pensée. Beaucoup de gens ont un pressentiment d’une série de catastrophes à venir. Le Dasein devance non plus la mort mais la catastrophe ou alors la longue maladie dans les pays comme la France. Quelques observateurs lucides ont noté un rétrécissement du monde depuis le début de la pandémie. Ce constat semble assez évident, sauf si l’on tente de jauger ce rétrécissement comme phénomène global vécu authentiquement, avec un sens et une tonalité appuyée. Le Dasein est un cosmos anthropique pouvant être en expansion ou en contraction. La conjugaison de la distanciation sociale et de l’addiction aux écrans numériques a accentué la contraction du Dasein. Michel Houellebecq anticipe un suicide occidental lié au désert spirituel. Dasein, l’être vers la mort ? Pas certain, l’homme reste libre et peut choisir la vie.

 


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11 réactions à cet article    


  • Bendidon Bendidon 10 juin 10:15

    Bjr Bernard pus 5 étoiles

    J’attends les éditeurs. Hum avec les éditeurs c’est ramper à 4 pattes pour être édité à moins d’être people  !

    Je ne sais plus qui a dit que le socialisme est la revanche des médiocres.

    Waouh SUPER

    Merci pour l’éclairage sur le Dasein

     smiley


    • Laconique Laconique 10 juin 11:50

      Je pense souvent à vous, Bernard Dugué. J’espère qu’un jour vous trouverez la paix, en étant humble, et en adorant votre Seigneur.


      • Bernard Dugué Bernard Dugué 10 juin 12:03

        @Laconique La paix ? Impossible sur cette terre habitée par les technologies du kronos et les formes infinies de l’agitation humaine, trop humaine
        J’espère plutôt la liberté et la vérité en espérant que le Seigneur veuille y ajouter la grâce


      • Clocel Clocel 10 juin 14:28

        @Bernard Dugué

        La grâce et la liberté doivent être des conquêtes qui ne s’apprécient qu’en tant que tel, ce qui est reçu n’a pas de valeur.

        La vérité ?

        Laissez-la où elle est, nous ne la supporterions pas, nous n’en sommes pas là.


      • il faudrait il faudrait 10 juin 13:53

        je vous cite : « Alors en parlant la même langue, nous ne sommes pas dans la même maison, nous les anciens de la génération 68 et les nouvelles générations ». Êtes-vous sûr que c’est encore la même langue ? Les mots sont les mêmes, mais quand un Y ou un Z ou un Z+ vous dit :« je ne te calcule pas », le comprenez-vous ? Ancien prof de maths, ce n’était pas mon calcul à moi (!)


        • Bernard Dugué Bernard Dugué 10 juin 14:17

          @il faudrait
          Le problème c’est que vous me citez en troquant la suite, qui est très explicite. Les Anciens lisaient un texte dans son entier


        • il faudrait il faudrait 10 juin 17:56

          @Bernard Dugué
          toutes mes excuses, je suis bien d’accord avec vous, j’avais bien lu la suite, je voulais simplement insister sur le fait que les mots et les locutions étant les mêmes, les sens sont différents, d’où l’incompréhension mutuelle, car en retour, on a aussi le sentiment que nos mots à nous anciens et nos expressions ne sont plus comprises. Quant à la grammaire, n’en parlons pas, elle est tout autant malmenée. 


        • alinea alinea 10 juin 14:34

          Une apocalypse ? qui aurait dévoilé, comme son nom l’indique, la pleutrerie de la majorité de nos congénères, l’héroïsme d’une poignée et la révolte d’une autre ?

          Plus rien ne sera comme avant ; pour plein de raisons, mais déjà par cette révélation.

          Puis la crise économique reportée qui ne va pas tarder à nous tomber dessus.

          Le dasein semble être une vérité qui nous entoure, perçue par quelques-uns, ignorée par beaucoup qui, pourtant, en sont empreints. Il m’apparaît que dasein pourrait être l’être, compris et su par l’humanité dans son ensemble et dans ses époques, mais à peine appréhendé par les plus attentifs d’entre nous, à notre époque.

          Je me plaisais à penser que l’humanité savait tout, et que ce tout pouvait être son dieu, mais qu’un ne savait pas grand-chose !! parce que personne ne peut comprendre l’autre de l’intérieur ( j’ai toujours rêvé que l’on puisse inventer cela : être l’autre quelques instants pour voir comme il voit, au lieu de cela nous « allons » sur mars ! ce qui prouve que c’est beaucoup plus facile !), mais en réalité, c’est le vivant qui sait tout, chacun avec son petit bout de conscience !

          Sinon, arrivée au bout de mon petit bout de conscience de ce petit bout d’histoire humaine, je me suis régalée à écouter Régis Debray ; j’ai toujours beaucoup aimé sa manière de penser qui m’est familière, donc rassurante, mais particulièrement en ces moments, l’écoutant parler de tout autre chose ( les vidéos datant !), il me rassérénait : Régis Debray sait, pense, mais agit, et cette part d’action, donc ce pragmatisme, m’est très confortable !

          Non, plus rien ne sera comme avant, non pas parce que l’oubli ou le déni aura quitté l’humain, mais parce que la donne a été transfigurée, et que chacun, dans son petit bout de conscience, l’a vécu.


          • eau-pression eau-pression 11 juin 07:31

            Bonjour @Dugué

            Je vous préfère dans ce registre (cela mérite-t-il un post ?)

            Le passe sanitaire est le négatif de l’obole qu’on versait pour traverser le Styx. On nous demande d’abandonner notre vie spirituelle pour sauver notre vie biologique. Après la vie laborieuse, la vie labotomisée.

            Avant de rejoindre Heidegger chez @Montagnais, une question : avez-vous des enfants ? Récemment, j’ai entendu Laure Saint-Raymond dire que s’en tenir au B.A-BA des manipulations symboliques, c’est comme si on vouliat dégoûter les jeunes des mathématiques (je sais que tous les dégoûtés vont me dire que je confonds vie des symboles et vie spirituelle).


            • Couvre feu largement usurpé, tel que décrit dans le blog qui suit...

              11/06/2021
               « Org.Nation », notre seul espoir et réponse réels, pour 2022 et ensuite

              https://wp.me/p4Im0Q-53t

              Le conseil d’état à jugé : le droit de nasse est devenu la liberté de nazes


              • Ecométa Ecométa 11 juin 12:08

                Science sans conscience n’est que ruine de l’âme : nous dit Rabelais ! 

                Il était médecin sous la Renaissance, et déjà, il appelait à un retour aux « Humanités gréco-latines »  ! Décidément on avance pas : on recule !

                Force est de constater, en référence à l’époque des « Humanité Gréco-latines », que ce sont, au bout du compte, les « sophistes et les cyniques » qui ont gagnés ; et grâce à une science et à une technoscience vouées aux « scientisme » et au « technoscientisme » ! A un positivisme du « comment sans le pourquoi », pourtant véritable aberration intellectuelle !

                Nous vivons en fait une véritable « modernité régressive » en ce qui concerne le « Principe d’Humanité » et aussi en matière de civilisation car nous abusons tout ; une civilisation paroxysmique !

                « Epiphénoménologique » dans ses approches (la chose pour la choses) et paroxysmique (les mots en isme sont des paroxysmes) dans ses applications : ce monde est savament et délibérément malade !

                Pour en revenir à Rabelais : je dirais que Savoir c’est voir avec conscience ! 

                Hélas la conscience humaine, l’âme humaine, son Humanité, l’Ontologie, la Déontologie, l’Éthique t l’Altérité ; tout ceci ne pèse pas pas lourd et même ne vaut plus rien devant ce « scientisme » et ce « technoscientisme » summum de la bêtise humaine qui domine cette civilisation des N.T. I. C. !

                Voici deux citation du facétieux Albert qui résument assez bien les choses :

                Il y a deux infinis, celui de l’univers et celui de la bêtise humaine ; encore que pour l’univers la chose ne soit pas certaine… 

                Il est hélas devenu évident aujourd’hui que notre technologie a dépassé notre humanité.

                Nous y sommes en plein !

                Un savoir qui est persuadé que ce savoir est uniquement devant nous à découvrir exclusivement technoscientifiquement, qui fait fi d’un passé riche d’enseignenemt en tout genre pouvant nous empêcher de répéter nos erreurs : ne peut être qu’un savoir de crétins ! 


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