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Accueil du site > Tribune Libre > De l’utilité du désordre et du danger de trop d’ordre
#73 des Tendances

De l’utilité du désordre et du danger de trop d’ordre

L'ordre peut désespérer autant que le désordre. L'ordre peut être destructeur à force de vouloir régenter la vie et son désordre naturel et de vouloir tout contrôler. Paradoxalement, le désordre se révèle souvent utile. Je dis "paradoxalement" parce que cette idée heurte l'esprit qui, lui, aime avant tout l'ordre. J'ai choisi, pour illustrer mon propos, deux grandes oeuvres littéraires britanniques : Chesterton et Shakespeare (son Jules César). L'ordre meut, le désordre émeut est la formule que j'ai trouvée pour résumer mon idée. Elle me semble s'appliquer autant à l'art qu'un politique, ainsi qu'à la vie courante. Mais sa simplicité ne va pas de soi.

Ordre et désordre dans l'art : l'exemple de Chesterton

L'échange très vif des deux poètes opposés dans un roman de Chesterton est éclairant. Il s'agit du début du roman "Un nommé Jeudi" (à lire sur Wikisource : partie I).

Je plante le décor : Londres. Dans une lumière crépusculaire belle et rougeoyante, deux poètes aux conceptions opposées se disputent dans le jardin de Saffron Park. Le premier, Lucien Gregory, défend une poésie du mouvement et de l'imprévu en affirmant les liens entre art et anarchie : « L’artiste nie tous les gouvernements, abolit toutes les conventions. Le désordre, voilà l’atmosphère nécessaire du poète » ; le deuxième, Gabriel Syme, défend la beauté des choses qui se déroulent sans heurt jusqu'à leur but.

"— Artiste, anarchiste ; personnages identiques, termes interchangeables. L’homme qui jette une bombe est un artiste, parce qu’il préfère à toutes choses la beauté d’un grand instant. Il sait qu’un jet éblouissant de lumière, un coup de tonnerre harmonieux ont plus de prix que les corps vulgaires de quelques informes policemen. L’artiste nie tous les gouvernements, abolit toutes les conventions. Le désordre, voilà l’atmosphère nécessaire du poète. Si je me trompais, il faudrait donc dire que le métropolitain de Londres est la chose la plus poétique du monde ! "

Qu'est-ce que l'ordre ? Selon notre poète : toute force qui aspire à régenter, toute convention. Le désordre seul favorise la création et donc la liberté de l'art.

Son contradicteur défend l'idée que le merveilleux est dans l'ordre que l'humain instaure : "Le rare, le merveilleux, c’est d’atteindre le but ; le vulgaire, le normal, c’est de le manquer." (...) "Le chaos est stupide, et, que le train aille à Baker Street ou à Bagdad ou n’importe où quand c’est à Victoria qu’il devrait aller, c’est le chaos."

Divergence radicale de points de vue donc. On ne tranchera pas. On dira simplement que trop d'ordre tue la spontanéité, le naturel, la vie. C'était aussi l'idée des peintres du XIXème siècle quand ils ont rompu avec l'académisme où l'art était trop convenu, trop réglementé, bref ennuyeux ! Courbet puis les impressionnistes ont introduit du désordre là-dedans et nous les en remercions.

Mais une question reste sans réponse : trop de désordre peut-il nuire à l'ordre ? Une forme de bien pensance actuelle semble dire que oui, que l'art qui porterait la moindre atteinte à la "bonne pensée" doit être censuré. Je parle ici des défenseurs acharnés des droits (de la femme, des minorités...) ou des apôtres de la repentance (aucune tâche liée à l'esclavage passé ne doit flétrir l'artiste ou écrivain). Et même, Alain Delon n'aurait pas le droit de recevoir la palme d'or à Cannes ! En ces conditions, je préfère trop de désordre à trop d'ordre. En effet, la tolérance nous oblige à supporter l'expression des points de vue des autres sans céder à l'envie de les faire taire.

Pour conclure ce premier point avec Chesterton, je le cite : “Le pire tyran n'est pas l'homme qui gouverne par la terreur. Le pire est celui qui gouverne par l'amour et en joue comme d'une harpe.” Animé des plus belles intentions, on peut faire régner sur les esprits une terreur intolérable...

Ordre et désordre en politique : le Jules César de Shakespeare

Dans cette pièce célèbre, Shakespeare montre l'intérêt de vivre à la fois d'ordre et de désordre. La conclusion ne donne-t-elle pas raison à Brutus : "le plus noble des Romains" ? Des siècles de christianisme ont entaché cet homme en superposant quasiment son image à celle de Judas. Or, César n'était pas Jésus-Christ, soulignons-le, et Plutarque aurait trop embelli l'image de César au détriment de celle de Brutus. Shakespeare rétablit un certain équilibre, cherchant en quelque sorte à établir une vérité qui s'appuierait sur les "point et contrepoint" des choses.

L'ordre meut et César l'a compris. C'est pour cela qu'il se compare à l'étoile polaire fixe autour de laquelle se fait l'harmonie. Les astres se meuvent autour de lui et lui, astre suprême, meut l'ensemble de l'univers. Oui mais voilà, en l'occurrence, les actes de César introduisent le désordre tant politique (dictature - au sens initial - dévoyée) que civile (par exemple, les artisans chôment un jour ouvré (acte I, scène 1). Ils ne portent pas le signe de leur profession, les lois somptuaires sont bafouées...). Loin d'être un pacificateur et un bâtisseur, Jules César détruit l'ordre politique et civil.

Le désordre émeut. En effet ! Que d'émotion suscitée par l'acte de rébellion de Brutus. L'Histoire en marque la trace à tout jamais et nous en sommes encore effrayés. Et pourtant, Brutus agissait en républicain aux idées pures et simples, luttant contre l'autoritarisme le plus intéressé. Le désordre causé par l'acte violent de Brutus n'a-t'il pas conduit à l'arrivée au pouvoir d'Octave et à la paix d'Auguste (la clémence d'Auguste, la Pax romana) ? Que ce serait-il produit si le conquérant autoritaire qu'était César avait poursuivi son ambition personnelle ? Trop d'ordre peut-être...Nul ne peut le dire mais la question mérité d'être posée.

Le qualificatif de "traître" reste collé au nom de Brutus qui n'est pourtant pas Judas. Il n'a pas trahi un saint mais un homme plein de défauts et dangereux. En quoi peut-on affirmer qu'il a trahi sinon par seule référence aux normes imposées par l'Ordre postérieurement établi ? On a fait l'apologie du grand conquérant César et, pour condamner définitivement Brutus, on a fait intervenir la morale chrétienne. Celle-ci rejette la violence et cela est bien, mais à l'époque romaine et même avant (grecque...), le meurtre était un acte très ordinaire pour parvenir au pouvoir. A noter qu'en plus, Brutus ne cherchait pas le pouvoir pour lui-même.

La chrétienté défend la famille ? Très bien également, mais il faut se situer dans le contexte antique là encore au lieu de brandir avec indignation ce trop fameux et trop facile "toi aussi mon fils ?" Cette phrase inventée pour un Brutus qui n'était d'ailleurs pas le fils de César. L'empire romain a montré par la suite que les fils n'étaient pas forcément bien traités, les empereurs préférant adopter pour assurer leur succession. A une épouqe où la morale et la politique se mêlaient de tout, il n'a pas manqué de peintres pour mettre en scène et accentuer dans toute sa sauvagerie et son caractère ignoble l'acte de Brutus (il suffit de taper sur un moteur de recherche "César, Brutus" pour s'en apercevoir).

Ignoble ai-je dit ? Brutus, chez Shakespeare, est au contraire dit "noble" par Octave (futur Auguste) et Marc Antoine, noble en ce sens qu'il était totalement désintéressé et agissait pour la cause supérieure de la liberté et de la république idéalisée. On notera aussi que Brutus a accompli son geste, non pas dans l'ombre comme il aurait pu le faire, mais en plein sénat, au vu et au su de tous les citoyens.

La pièce de Shakespeare se conclut ainsi :

Acte V / Scène 5 : Brutus se donne la mort. Antoine et Octave lui rendent hommage.

- Antoine : De tous ces Romains ce fut le plus noble. Tout le conspirateur, excepté lui, agirent par jalousie du grand César. Lui ne se fit l’un d’eux que par vertu civique et par souci loyal du bien de tous. Sa vie fut haute. Et les éléments s’étaient unis en lui avec tant de bonheur que la Nature pourrait paraître et dire à l’Univers : « Ce fut un homme !  »

- Octave : Rendons-lui, avec tout le respect que mérite sa vertu, les devoirs funèbres. Ses os seront déposés cette nuit sous ma tente, dans l’honorable appareil qui sied à un soldat. Sur ce, appelez les combattants au repos ; et nous, retirons-nous, pour partager les gloires de cette heureuse journée.

Ordre et désordre sont tous deux nécessaires. Bien sûr quand le désordre prend la forme d'une maladie nuisible, il doit être combattu par des remèdes. Mais trop vouloir contrôler et corriger les esprits voire les faits eux-mêmes (la vérité historique que l'on accommode à la sauce du moment, les fake news fabriquées ou entretenues par la société ou le pouvoir) est une attitude dangereuse et contraire à l'humanité même dans ce que celle-ci a de noble et de grand.

Le Droit est utile parce qu'il est une forme d'ordre nécessaire. Mais, il doit être juste et adapté. Il ne peut s'appliquer sans l'art de la jurisprudence, de l'équité, que nécessite l'examen au cas par cas. Cet apparent désordre est nécessaire et, s'il est méprisé ou négligé, c'est dans la rue que le désordre se déplace alors. Le Droit ne doit pas être top éloigné des citoyens (ici, je veux parler de l'Europe et de ses technocrates, de ses règles intangibles) sans quoi, le désordre se transposera au niveau des nations qui se rebelleront.


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23 réactions à cet article    


  • Laconique Laconique 15 mai 16:21

    La vie de Brutus par Plutarque est incroyable. C’est la principale source d’inspiration de Shakespeare dans Jules César.


    • Laconique Laconique 15 mai 16:42

      Brutus était un héros pour Sénèque, pour Montesquieu, pour Rousseau, pour Robespierre, bref pour tous ceux qui puisaient aux sources. Mais maintenant on juge l’Antiquité à partir d’Astérix.


    • Laconique Laconique 15 mai 16:45

      Et par ailleurs Servilia, mère de Brutus, avait été la maîtresse de Jules César, qui en avait été très épris à une époque. Plutarque raconte une anecdote à ce sujet. Il n’est donc pas exclu que Brutus ait été le fils naturel de César, qui avait perdu sa fille unique, et qui avait pardonné à Brutus après la bataille de Pharsale.


    • Taverne Taverne 15 mai 17:15

      @Laconique

      C’est vrai, la mère de Brutus a joué un rôle politiquement.

      Faire de Brutus un modèle serait tout de même excessif, surtout si cela fait naître de nouveaux Robespierre. Je l’ai pris juste pour exemple pour exposer ma thèse de l’ordre et du désordre. L’ordre non créateur et figé est mauvais, le désordre utile est bon. En quelque chose Brutus a été utile.


    • Taverne Taverne 15 mai 17:21

      Et puis, tout cela renvoie aussi à la notion antique de « vertu ». Ce n’est sans doute pas un hasard si Robespierre a fait sienne cette notion...


    • Jean De Songy Jean De Songy 15 mai 21:23

      Faut saluer l’effort... moins crétin que d’habitude... 8/20... personnel ? smiley

      Mais vous ratez le principal, l’Ordre et le Désordre dans Shakespeare, « Apollon et Dionysos », doivent en réalité encenser le règne d’Elizabeth instaurant la vertu « chevaleresque » « éclairée » de sa royauté en démolissant Pape et anciens souverains (sinon S aurait fini écartelé à critiquer comme ça les rois et les empereurs... smiley) ) genre idéologique de Tristan et Iseult (Roi Lear / Kent = Roi Marc / Tristan) 

      En plus hégélien : la vie en soi féodale-bourgeoise est extradramatique (rationnelle), aussi la richesse exubérante d’un Shakespeare, cette dualité du style et de l’essence dans la tragédie moderne.

      i.e que l’histoire antique est prétexte, comme histoires populaires, a ajouter humour et métaphores. Les personnages ne sont pas dans le transcendantale religieux, mais indépendants, (bourgeois) opiniâtres et non moraux, pervers. Individualistes forçant un destin. Et crimes amenant démence des torturés par leur volonté, malheur, cata. (Macbeth le + emblématique)

      Mais S fait intervenir un deus ex machina pour le dénouement, on est pas ds la tragédie antique et sa morale de l’hybris. S = imagination libre pas amor fati. Pas de condamnation, où justification, chez S.

      Mais Homère, Sophoclocle, Shakespeare sont formes épuisées avec leur époques, vive Booba du Boobaland multiethniqué !


      • Taverne Taverne 16 mai 09:17

        @Jean De Songy

        Quo vadis ?

        A Rome, il y a trop de gens qui viennent !
        Mais, moi la garde prétorienne,
        Dernier carré de la légion,
        Je veille sur notre région.

        On ne vient pas dans mes pénates,
        Sans avoir montré blanche patte.
        On n’entre pas alcoolisé
        Dans l’enceinte du Colisée.

        Certains veulent faire des selfies
        Avec moi. Mais je leur refuse
        S’ils penchent comme la tour de Pise.
        Vraiment, il y en a qui abusent…

        Je suis le vigilant vigile.
        Je n’ouvre pas aux alcooliques.
        Je leur récite du Virgile
        Dont je connais Les Bucoliques.

        Alors, je vois dans leurs regards
        Qui me prenaient pour un pantin
        Un peu de respect qui s’égare
        Pour ma personne mais un peu tard.

        « Dehors ! » - et ce n’est pas latin -
        Hors des palais du Palatin,
        Tous ces barbares, au nom de Rome,
        Buveurs de bière ou bien de rhum !

        Vraiment, je suis trop harassé,
        Je n’offre aucun laissez-passer
        Sauf pour la Roche Tarpéienne.
        Rome à moi seul et « carpe diem ! »

        Taverne.


      • xiyih@bit-degree.com 15 mai 21:44

        le monde physique est un chaos et les constantes qui en régissent la physique, un leurre car limitées a l observable, ou plutôt apprehendable, l entropie, seule mesure raisonnable de ce dernier.

        alors pourquoi limiter le domaine du pensable, l imagination, car en final seule cette dernière pourrait s avérer réaliste


        • Taverne Taverne 16 mai 09:26

          @xiyih@bit-degree.com

          Je ne connais pas grand chose en physique, mais ce que je peux dire pour nuancer philosophiquement votre propos, c’est que le chaos n’est pas que de l’entropie. Il existe aussi un chaos libérateur et générateur. Si le désordre émeut, ce n’est pas seulement parce qu’il détruit, c’est aussi parce qu’il est créateur.


        • Taverne Taverne 16 mai 09:42

          Macron antique et Macron en toc

          Le Macron a existé à Rome : bras droit de Tibère, il aurait été à l’origine du meurtre (ou suicide forcé) de celui-ci. Cet homme opportuniste n’avait rien d’un Brutus.

          Voilà pour le Macron antique. Et le Macron en toc ? me direz-vous ? Ici  !


          • Taverne Taverne 16 mai 09:50

            Erratum :

            En fait, c’est Macron et sa femme qui furent contraints de se suicider. Quant à Tibère, je vais citer prudemment Wikipedia :

            « Si les contemporains (Sénèque l’Ancien, cité par Suétone, Philon d’Alexandrie) affirment qu’il (Tibère) est mort de maladie, un certain nombre de versions différentes existent : selon Tacite, il serait mort étouffé sur ordre de Macron, selon Dion Cassius, Caligula aurait accompli le geste. »

            Cela ne change rien à la conclusion : ce Macron n’avait pas la vertu d’un Brutus.


          • Gollum Gollum 16 mai 09:53

            Ordre et désordre sont tous deux nécessaires.


            Oui. Vous venez d’entrer là dans la pensée orientale. Ou encore dans celle du logicien Lupasco. Où l’ordre est ordre actualisé et désordre potentiel et inversement le désordre (actualisé, visible) est ordre potentiel.


            Vous venez d’entrer dans une logique quadripolaire à l’opposé de la logique occidentale, bi-polaire, où dans cette dernière le désordre n’est que désordre.


            N’étant que désordre, elle n’est pas digne de valeur, elle est à rejeter pour imposer son contraire : l’ordre. On entre dans le moralisme, domaine des valeurs, où il y a des choses à rejeter et d’autres non.


            C’est tout le drame de la pensée occidentale et de l’Occident en général.


            Mais on va en sortir. smiley


            • Taverne Taverne 16 mai 11:04

              @Gollum

              L’ordre actualisé ? Oui, c’est l’idée : l’ordre meut et mue. Il intègre des changements, incorpore des éléments au fil du temps (mais il les passe au crible).

              Le désordre émeut et donc le risque est de le fuir et de passer à côté de changements nécessaires voire vitaux. Les désordres de l’émotion nous rebutent.

              Cela dit, à côté de cette dualité créatrice ordre-désordre, je vois des notions tout aussi essentielles comme : les conflits, le sens, le bonheur. Les deux dernières étant aussi des valeurs.

              Le travail n’est pas pour moi en lui-même une valeur, il n’est qu’un moyen d’accéder à ces valeurs. Développer ici serait trop long. Mais il me semble que le sens et le bonheur doivent être les arbitres des actions créatrices de l’ordre et du désordre (à condition de ne pas rechercher le bonheur très immédiat).


            • Taverne Taverne 16 mai 11:08

              Le conflit, lui, contrairement au sens et au bonheur, n’est pas une valeur : c’est une nécessité (cela dit : pas toujours...).


            • Taverne Taverne 16 mai 12:16

              La musique est une mise en ordre du désordre des émotions. Aussi, je dis avec Verlaine : « De la musique avant toute chose » ! La musique est mise en ordre et, aussi, mise en mouvement. Plutôt (selon moi) la musique comme mise en ordre que la musique comme mise en scène.

              De la musique avant toute chose,
              Et pour cela préfère l’Impair
              Plus vague et plus soluble dans l’air,
              Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.

              (...) Lien vers le poème entier.

              Par ce poème, Verlaine exprime aussi le danger de trop d’ordre en poésie (la suprématie de la rime et du rythme trop régulier). L’esthétique à outrance est une menace pour l’art.

              Quelques passages font l’apologie du désordre utile :

              « Rien de plus cher que la chanson grise
              Où l’Indécis au Précis se joint.
               »

              « Le bleu fouillis des claires étoiles ! »

              « Prends l’éloquence et tords-lui son cou ! »

              « Que ton vers soit la bonne aventure
              Eparse au vent crispé du matin
               »


              • Ruut Ruut 16 mai 13:14

                La musique c’est juste de l’harmonique.
                Rien à voir avec l’ordre ou le désordre.


                • Taverne Taverne 16 mai 14:01

                  @Ruut

                  Et l’harmonie, qu’est-ce donc d’après vous, sinon de l’ordre ? L’harmonie est une construction de sons autour d’un son pivot appelé « note fondamentale ». Outre la construction des accords, on crée un enchaînement ordonné des accords. Tout cela n’est-il pas une mise en ordre ? Ensuite, il y a la mise en mouvement, qui est encore de l’ordre. Ce mouvement est accompagné de la mélodie. C’est encore de l’ordre car elle doit suivre des règles et respecter la suite des accords.

                  Maintenant, essayez de taper n’importe comment sur un clavier et vous verrez ou plutôt entendrez que la musique est bien de l’ordre.


                • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 16 mai 14:09

                  @Taverne

                  La note fondamentale est la tierce ...mineure ou majeure en harmonie.



                • Taverne Taverne 16 mai 14:13

                  @Aita Pea Pea

                  On va pas entrer dans les détails techniques. Vous êtes peut-être plus calé que moi sur ce sujet... Donc je vous sors l’allégorie du chef d’orchestre. Un chef d’orchestre n’est-il pas une sorte de gardien de l’ordre ? (Le créateur étant le compositeur)


                • Taverne Taverne 16 mai 14:24

                  Et la gamme n’est-elle pas un ordonnancement très précis des sons par degrés : un ordre par excellence ! Pythagore avait même mis cela en formules...l’accord pythagoricien. S’il y a du calcul, c’est qu’il y a bien de l’ordre.


                • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 16 mai 14:35

                  @Taverne

                  Vous oubliez les modes ...lol


                • Taverne Taverne 16 mai 15:06

                  @Aita Pea Pea

                  Absolument, le mode majeur et le mode mineur relèvent aussi d’une mise en ordre. Et l’art d’en user aussi. En fait, en tant que juriste, j’aime assez l’image de mon exemple suivant :

                  le Droit positif est une forme de mise en ordre des règles permanentes. Un ordre solidifié.

                  la jurisprudence est une forme de mise en ordre plus souple par la pratique. C’est de l’art. L’art est une combinaison de maîtrise et de liberté, de combinaisons et d’ajustements. La pratique de l’art est aussi une source d’ordre.

                  Grosso modo, il y a l’ordre de la théorie et l’ordre de la pratique. Mais le désordre s’accommode mal avec la première catégorie alors qu’il peut être créateur dans le second cas.

                  Le désordre peut être créateur : d’intuition, d’idées, de sérendipité, d’agencements inédits et utiles ou beaux (pour l’art).

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