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De la différence entre arrêt et crise économiques

Tout arrêt de la production est-il une crise ? Les jours fériés ? Les week-ends ? Parce que dans la situation actuelle les salariés cherchent positivement le chômage pour éviter la contamination virale. Mais tout cela est encore un peu du luxe. Imaginons le pire. Que le confinement dure très très longtemps. Il faudra bien recommencer à produire non seulement les biens de consommation essentiels mais aussi dans les autres branches les salariés seront obligé d'aller travailler pour maintenir leur niveau de vie d'avant Covid-19.

Aucun gouvernement au monde ne peut continuer à assurer gratuitement à la majorité de la population active son niveau de vie d'avant covid-19 sur une longue période. Si le confinement dure trop longtemps ce sera la guerre civile assurée. Non pas pour renverser le capitalisme-salariat, mais pour le continuer normalement. Car le plus grand danger mortel est le chômage subi négativement par la majorité c'est à dire avec une chute du niveau de vie.

C'est un peu ce qui s'est passé en URSS. C'était le capitalisme-salariat de pénurie. L'offre de biens de consommation y était toujours inférieur à la demande à cause du développement plus rapide des biens de production. Lénine croyait que la croissance du capitalisme-salariat était infinie et dans un désespoir total, il a bricolé un système économique où les moyens de production sont étatisés et l'économie planifiée.

Sans le développement plus rapide des moyens de production, on tombe dans le modèle économique chinoise actuel c'est à dire une économie mixte obligée d'exporter en masse des biens de consommation et par là même ouvrir son marché intérieur aux capitalistes étrangers. La propriété privée des moyens de production ne peut être détruite. Ce qui ne fait pas l'affaire de Lenine et ses camarades, qui voulaient une économie nationalisée et planifiée. Or théoriquement, grâce aux schémas marxistes de reproduction élargie, et historiquement avec l'expérience soviétique un développement plus rapide des moyens de production dans une économie étatisée entraîne deux résultats importants : 1) une pénurie chronique de biens de biens de consommation, 2) sur la base de cette pénurie se constitue deux classes antagonistes : celle qui gouvernent et planifient tout en échappant à la pénurie et la grande majorité subissant la pénurie. 

À la fin des années 1980 lorsque la crise de pénurie entra dans sa phase terminale, cette majorité a été contraint de renverser le capitalisme-salariat par des révolutions non pas pour le véritable communisme de Marx-Engels mais pour capitalisme-salariat classique.

Je rappelle que dans le vrai communisme de Marx-Engels, la pénurie sera impossible car après l'étatisation des biens de production, l'économie est planifiée de sorte que les biens de consommation s'accroissent relativement plus vite, telle est la loi normale de tout système économique anti-pénurique.

Si Lénine et ses continuateurs (Staline,etc.) ont été incapable de développer plus rapidement les biens de consommation malgré la pénurie chronique ce n'est pas par cécité mais que nous étions en lutte de superclasses, en effet dans une économie planifiée où les biens de consommation s'accroît plus rapidement, dans le cadre du capitalisme-salariat, il se produit un effondrement et une transformation de l'ensemble des salariés en chômeurs. Ou bien ils font comme Deng Xiaoping en sauvant les apparences tout en glissant vers l'économie de marché ou bien ils ne font rien et on a eu la chute du mur de Berlin et la fin du soviétisme. Dans les deux cas le problème du chômage est reste indépassable du fait de l'antagonisme entre le capitalisme-salariat et le chômage. 

Cet antagonisme ne peut être dépassé historiquement que lorsque les chômeurs deviennent majoritaires dans la population active. À ce moment, le communisme véritablement positif devient populaire et dominant et la révolution communiste inévitable. 

Aujourd'hui si l'économie est à l'arrêt cela ne signifie pas une explosion du vrai chômage comme en 2009 ou 1929. Nous ne sommes donc pas rigoureusement en crise économique. C'est à dire un niveau de productivité tel que un petit nombre de salariés soit capable de produire une grande masse de biens et services rendant superflue une partie des salariés autrefois nécessaires. Là, avec la crise sanitaire, la productivité reste intacte et une fois la crise passée les salariés retrouveront leur poste de travail.

 


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5 réactions à cet article    


  • machin 2 avril 13:45

    En fait, le seul problème du régime « macron » c’est de savoir combien de semaines de confinement il faut pour tuer le mouvement des gilets jaune.

    Le reste, n’a absolument aucune importance.


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 2 avril 14:35

      @machin

      ce qui m’intrigue, c’est qu’il y a des Macron partout : aux Philippines, Dutertre a donné l’ordre de tuer par balle tout contrevent au confinement !


    • Cadoudal Cadoudal 2 avril 14:45

      @Séraphin Lampion
      Moi j’ai lu que les infirmières philippines pouvaient aller au boulot sans gardes du corps...

      Bizarre qu’elles n’aient pas peur de leur président...

      «  On est facilement abordé pour avoir de l’argent […] On ne se sent vraiment pas en sécurité  »

      https://www.ouest-france.fr/sante/virus/coronavirus/coronavirus-les-soignants-de-l-hopital-lariboisiere-peuvent-etre-escortes-par-des-gardes-du-corps-6797453


    • machin 2 avril 17:25

      @Séraphin Lampion

      Un choc, un crise grave, est une opportunité magnifique pour tous les régimes dictatoriaux réels ou en devenir.


    • François Vesin François Vesin 2 avril 14:29

      « Aucun gouvernement au monde ne peut continuer à assurer gratuitement à la majorité de la population active son niveau de vie d’avant covid-19 sur une longue période.  »

      .

      Ne pas confondre pouvoir et vouloir

      Les gouvernements, à commencer par celui de la France,

      ont été capables de renflouer les banques avec notre argent

      pour mieux leur permettre ensuite de nous éreinter avec la dette.

      .

      Cette fois ci, ils vont s’attaquer directement à notre épargne

      pendant que nous sommes terrés comme des rats apeurés

      puisqu’ils ont systématiquement détruit toute Politique de Santé Publique.

      .

      Tout ce que ces « mondialistes » savent faire s’articule sur la peur,

      peur du climat avec Greta, peur des « terroristes », peur des Russes,

      peur des virus...tout doit nous amener à nous soumettre à la peur !

      Il nous faut vouloir confondre ce pouvoir...ça devient urgent !!!

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M’bafo Pian


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