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Déjà … le gouvernement mondial

Déjà … le gouvernement mondial.

Le « gouvernement mondial » est une formule qui recouvre aussi (1) une nouvelle « forme » (v. Platon) de gouvernement.

Dont on trouve les caractéristiques essentielles dans les propos clairs et précis d’un penseur américain, David Rockefeller : « … Mais le monde est aujourd’hui plus sophistiqué et préparé à l’entrée dans un gouvernement mondial . La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et de banquiers mondiaux est assurément préférable à l’autodétermination nationale des siècles passés ». (Commission Trilatérale, 1991).

Lequel auteur nous enseigne que le projet a pris corps ; ce qui n’a pu se faire (on s’en doute à la lecture de ce qui vient d’être rapporté) que parce que les citoyens ont été maintenus dans l’ignorance : ”Nous sommes reconnaissants au Washington Post, au New York Times, au magazine Time, et aux autres grandes publications dont les directeurs ont assisté à nos réunions et respecté leurs promesses de discrétion depuis presque quarante ans. Il aurait été pour nous impossible de développer notre projet pour le monde si nous avions été exposés aux lumières de la publicité durant ces années » (mêmes références) .

En réalité cette nouvelle forme (*) de gouvernement a d’ores et déjà pris pied sur une partie du globe.

1. Les banquiers (*) ont été installés par l’effet de règles sur l’émission de la monnaie (2). Les pouvoirs publics utilisent la monnaie créée par les banquiers sous forme de prêts, donc aux conditions fixées par système de la réserve fédérale américaine ; ou le système de prêts de l’article 104 du traité de Maastricht (3) ; ou le système de prêts aux pays en voie de développement, assortis des plans d’ajustement structurel.

2. Un mécanisme s’est mis en place pour le recrutement de l’élite. Les personnes membres de divers clubs de pensée, repèrent, et testent en les invitant dans leurs réunions, leur délivrent même parfois des brevets (par ex. de « jung leader ») les individus qui, avec leur aide financière iront à la conquête des postes de l’Etat. En bénéficiant pour la course au pouvoir et, ensuite pour l’exercice du pouvoir, d’une couverture médiatique (fournie gratuitement). Laquelle vise à orienter le vote des électeurs qui se déplacent encore, puis s’attache à persuader les citoyens que la politique menée est bonne, et qu’elle est la seule possible (4) . Ainsi, pour ne prendre que l’exemple le plus récent et le plus « idéal typique », on peut se référer au processus de « fabrication » du candidat Macron en 2017 (5) et à l’accompagnement médiatique de son action depuis.

3. Après que cette forme de gouvernement a été mise en place ( aux Etats-Unis d’Amérique à la fin de la première guerre mondiale, et en Europe en 1992 -opération commencée dès fin de la seconde guerre mondiale-) les gestionnaires se sont (nécessairement) trouvés confrontés à des résistances. Eu égard à nature des intérêts que cette forme de gouvernement a pour objet de pouvoir satisfaire. Les divergences d’intérêts avec les Etats (dont les dirigeants ne sont pas acquis par définition à cette forme (*) de gouvernement) ont été réglés par l’utilisation de la force, y compris par la guerre (6) ..

L’avenir ?

On voit que selon le discours tenu par des personnes comme Rockefeller (comme les présidents de la République cités ou comme J. Attali, et d’autres à la fois penseurs et conseillers -v. sur internet-, aux Etats-Unis ou en Europe) cette forme de gouvernement n’a pas encore atteint son aboutissement. Puisque ces personnages nous disent que le gouvernement mondial sera (futur) installé.

Ce qui pose diverses questions relatives à cette … installation

a) Un penseur du gouvernement mondial, J. Attali ( qui pousse l’idéologie jusqu’à souhaiter que le cœur du système s’installe à Jérusalem) prédit que le système, pour devenir planétaire, s’installera par la guerre ou à la suite d’une guerre. Il y a donc à craindre que le passage généralisé à cette forme de gouvernement soit, par ceux qui en sont les adeptes, envisagé d’une manière qui s’annonce inquiétante. Dès lors que le recours à la guerre est ( v. ci-dessus) une caractéristique de cette forme de gouvernement (*).

b) Que la forme de gouvernement dite du « gouvernement mondial » paraisse idéale à ceux qui pensent que la société fonctionnerait mieux sous leur direction … se comprend. Mais que les populations soient heureuses et qu’elles se contentent du sort que les dirigeants du « gouvernement mondial » leur réserveront dans leur immense sagesse, est moins évident. On a vu en France dans l’hiver 2018-2019 quelles ont été les protestations et les manifestations dans les rues qu’une politique « soit dit en résumé) favorable … à l’oligarchie (*) , a déclenchées. Dans le contexte dans lequel la déclinaison de l’argument « nous avons été élus, donc … taisez vous ! » n’a pas été efficace. Et alors que diverses opérations de communication, qui « marchent » d’habitude, ont été identifiées, raillées et explicitement qualifiées d’opérations de manipulation.

Demain, les gestionnaires de cette forme de gouvernement risquent de ne plus pouvoir compter ni sur l’élection, ni sur les « equity stories » des élites formés dans les banques , ni sur l’usage des techniques de manipulation pour obtenir le consentement des citoyens . Ce qui risque de les conduire à recourir, également dans l’ordre interne, à la contrainte et à la répression, comme moyen de fonctionnement de cette autre forme de gouvernement (7) .

Marcel-M. MONIN

m. conf. hon. des universités

(1) V. sur AgoraVox nos « propositions » (à lire au degré qu’il convient) de rédaction d’un texte organisant le fonctionnement des pouvoirs publics constitutionnels adaptés à cet immense territoire : « Gouvernement mondial : éléments pour la rédaction d’une constitution »

(2) sur l’efficacité du mécanisme, on se rappelle la formule du banquier Mayer Anselm Rotschild « permettez moi d’émettre la monnaie, et peut m’importe qui fera la loi ».

(3) Installation auxquels les politiques peu au fait de ces mécanismes, et les peuples, encore moins, ne se sont pas opposés. Surtout que les arguments utilisés, qui n’ont rien à voir avec cette situation de fait, ont été calibrés (comme la promesse de la paix engendrée par le traité de Maastricht, la perspective de faire une europe des citoyens ou la meilleure gestion des deniers publics, etc…) pour déclencher l’adhésion. Sur ces questions, v. (entre autres) sur internet : - sur l’intérêt ( ou les « dangers » ) du traité de Maastricht : F. Mitterrand ; J .-L. Mélenchon ( et de l’autre côté : P. Seguin) ; - sur les vertus de l’emprunt : v. Giscard d’Estaing et G. Pompidou.

(4) On notera à ce sujet le large recours par les mêmes médias, à de constantes démonstrations de type économique, faites par des « spécialistes » dont l’examen des CV montre que parmi les plus connus et les plus écoutés, certains n’ont jamais fait la moindre étude d’économie, et, n’ont, encore moins, participé à aucun travail de recherche dans cette discipline. Sur ces questions, v. sur internet. (entre autres) les travaux et les interventions d’Alain Mauduit et de Thomas Porcher.

(5) pour le recrutement de l’élite sous les précédents quinquennats, croiser les nom des personnalités connues avec : « jung leader », « trilatérale », etc (autres thinks tank connus dont on peut trouver la liste sur internet, qui rassemblent des acteurs économiques et financiers et des personnes de la sphère politique et de celle du journalisme )

(6) Si l’on prend les divergences d’intérêt sur les questions de l’exploitation, la transformation, l’acheminement ou la vente du pétrole on observe : - l’utilisation de sanctions économiques ou financières (contre le pays ou contre les Etats ou les entreprises qui commercent avec lui) , - l’ingérence dans les affaires internes, par exemple en désignant le vainqueur des élections ; - le recrutement de combattants qui, sous couvert d’une guerre civile menée par des « démocrates » contre un « dictateur », vont éliminer l’obstacle ; - l’envoi ouvert de troupes dans le pays pour parfaire ou achever ce qui reste à faire, c’est à dire l’installation de gouvernements soumis. V. sur internet les pays auxquels nos développements font référence, ainsi que la liste des pays dans lesquels MM. N. Sarkozy, F. Hollande, E. Macron ont envoyé des troupes.

(7) - utilisation de nouvelles armes (flash ball et autres LBD) qui, juste avant de tuer, « estropient », et leur usage immodéré, (malgré les exhortations du Défenseur des droits), - mise en place(nouvelle) d’engins blindés face aux manifestants qui semblent s’inscrire dans cette logique. Et ce, à côté de la multiplication des procédures neutralisant les manifestants (autrement que par la peur d’être blessé) :- interpellations de masse et gardes à vues jusqu’à la fin des manifestations ; - très nombreux déférements. Le tout s’ajoutant à la préparation de textes préventifs et répressifs de l’expression par les citoyens de désaccords sur la mise en œuvre de la nouvelle philosophie de gouvernement. Comme de l’expression par eux de demandes dont il est prévu et annoncé qu’elles ne seront pas satisfaites.

(*) Si l’on reprend la typologie de Platon, la forme de gouvernement que nous prédisent les trois derniers présidents de la République, M. J. Attali ( et d’autres), serait une sorte de mélange d’ « oligarchie » et, ce qui est moins connu, de « timocratie ». Formes de gouvernement, qui déjà à l’époque de Platon, faisaient l’objet de critiques. Le nom « la République en marche/ LREM » rend quant à lui remarquablement compte ( intuition ou provocation de ses créateurs ?) de cette progression vers et dans cette forme de gouvernement nouveau. Et rappelle, s’il en était besoin, qu’à chaque nouveau pas, les « marcheurs » s’éloignent du point de départ … C’est à dire, s’agissant des citoyens ou de ceux qui l’étaient, de la République.


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7 réactions à cet article    


  • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 8 février 10:43

    Dites donc, ça serait pas un peu « complotiste » ça  ? ^^


    • Marcel MONIN Marcel MONIN 8 février 14:06

      @bouffon(s) du roi

      S’agissant de notre affaire qui porte sur l’instauration d’une nouvelle forme de gouvernement, on ne peut, de mon point de vue, pas plus parler de complot, qu’on n’a pu parler de complot quand les philosophes du 18 ° siècle avaient en tête d’éclairer l’humanité, ou quand que les bourgeois de la Révolution française ont manœuvré pour d’installer une forme de gouvernement qui leur sera profitable (et qui ne correspondaient pas, à y regarder de près -électorat fonction, etc…- tout à fait à la forme du gouvernement « démocratique »).

      Que des membres d’une profession ( des banquiers, des fabricants de désherbants ou de médicaments, des vendeurs de combustibles ou de produits alimentaires … entre autres ) cherchent à vendre leurs produits et qu’ils fassent de la publicité ( en direction des acheteurs potentiels) ou qu’ils fassent du lobbying (auprès des décideurs) sont des démarches « normales ». Rappel : y compris pour les banquiers.

      Que les politiques satisfassent les demandes quand le produit est nocif n’est pas « normal », la norme étant appréciée au moins au regard de l’intérêt général - santé, niveau de vie, etc…- , que les représentants sont chargés (en théorie du moins) de défendre.

      Ce n’est pas parce que l’entente se prépare et se scelle en secret ( on ne voit pas les compères aller en parler sur une chaine d’information en continu) qu’il est possible, au moins si les mots ont un sens, de parler de « complot ». Quand cela se produit, et que par exemple le professionnel rémunère le politique pour que ce dernier prenne la décision souhaitée, on n’utilise d’ailleurs pas le mot de complot. Le terme retenu est dans l’exemple choisi « concussion ». Pas complot : voir la définition de ce mot sur un dictionnaire et l’esprit dans lequel il est utilisé en droit pénal.

      Alors évidemment, quand les protagonistes se font prendre, et que les juges instruisent et que les policiers se livrent à des enquêtes, ils ont l’habitude de crier au complot. Ce qui est une bonne technique pour discréditer l’enquête ou ceux qui la mènent. Un peu comme avec la technique qui consiste à « créer une affaire dans l’affaire », qui permet de détourner les nez de ce qui ne sent pas bon.

      Quand, d’un autre point de vue, un juriste analyse des textes, les met en relation, pour en découvrir l’objet véritable ( qui n’est pas forcément celui qui a été inscrit dans l’exposé des motifs d’une loi) ; quand un sociologue rassemble des données et les met en relation, les croise, pour comprendre à quoi ou à qui sert une institution, … ils ne sont pas des « complotistes ».

      Quand Bourdieu et Passeron ont démontré que l’école reproduisait les inégalités sociales sous une forme scolaire, ils n’étaient pas des « complotistes » au moment où ils ont eu cette intuition. Quand un économiste cherche à savoir si telle réforme fiscale ne profiterait d’aventure pas plutôt aux uns, alors même que les politiques ont juré qu’elle profiterait aux autres, il n’est pas un complotiste.

      Il ne faut pas confondre la démarche scientifique et l’esprit complotiste. A supposer d’ailleurs qu’il soit nécessaire de dire de quelqu’un qu’il serait un complotiste, quand dire de la personne en question qu’elle « raconte n’importe quoi », pourrait suffire . NB. Il est intéressant de constater que les « pseudo » économistes qui prospèrent dans certains médias, et qui racontent méthodiquement ce qui va dans le sens des intérêts de ce qu’on appelle « l’oligrachie », excellent à distribuer les étiquettes de « complotiste » … aux autres.

      Evidemment la mode du moment est à la chasse au « complotisme » et à l’étiquetage des personnes (v. ci-dessus) . Chasse parallèle aux fake news. Chasse moins ouverte, par exemple (faut-il croire aux hasards dans une démarche scientifique ?) aux différentes sortes de « mensonges » des politiques. Chasses en tous cas, qui ouvrent de manière générale un beau champ d’investigations aux chercheurs.

      Bref, il faut faire attention ! Dans ces domaines, l’accusation de « complotisme » vise souvent, un peu comme dans les cas ci-dessus, à éluder le débat ou à évacuer la question. Spécialement lorsque les personnes qui utilisent l’anathème n’ont pas d’argument. Et bien sûr, quand ils ne peuvent pas en avoir.

      Et est un peu, sous un certain rapport, un moyen (indirect) de neutraliser ceux qui disent, à défaut de censure, et en l’absence de dispositions pénales adéquates, ce que les gens ne doivent pas entendre.

      J’espère que dans les lignes qui précèdent, vous trouverez / en tous cas que les autres lecteurs potentiels qui liraient votre question au premier degré, / trouveront /, la réponse à la question.

      Cordialement.

      MMM


    • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 9 février 11:30

      @Marcel MONIN

      Effectivement mon précédent commentaire n’était pas à prendre au 1er degré, et je vous remercie pour votre réponse relativement complète, qui corrobore mon point de vue.
      On pourrait développer, mais est-ce bien nécessaire ; d’ailleurs je déplore le peu d’interventions sur ce sujet, particulièrement important, voire crucial, pour comprendre notre monde actuel, mais peut-être, semble-t-il, il est trop « loin » des préoccupations des gens, ou le sentiment d’impuissance (à tort ?) est trop prégnant.

      Cordialement.


    • Ruut Ruut 8 février 16:53

      Comment expliquer le cas du Vénézuela autrement ?


      • Marc Filterman Marc Filterman 9 février 12:34

        @Ruut
        Vénézuéla c’est simple, 4 motifs :
        1) C’est un pays riche qui a beaucoup de ressources naturelles dont les ricains aimeraient s’emparer, comme en mer de chine et u nor.
        2) Les usa n’ont pas digéré qu’ils achètes des missiles anti-aériens S-300
        3) Le Vénézuéla a mis à disposition des russes une base sur une île et des bombardiers russes se sont déjà posés dessus.
        4) Ensuite la russie devait exploiter l’or du Vénézuéla.
        Voilà rapidement les grandes lignes, sans parler du reste


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 9 février 17:05

        Merci à l’auteur Monin, pour cet article qui permettra de mieux comprendre à ceux qui peuvent comprendre, mais à qui il manquait des détails. Pour les autres, il n’y a rien à faire. Le fond du problème, comme je l’ai déjà dit, c’est que la moitié de la population a évidemment une intelligence inférieure à la moyenne et qu’on ne peut rien y changer. Le système politique en tient compte... ET Ç’EST POUR ÇA QU’IL FONCTIONNE

        PJCA


        • Xenozoid 9 février 17:25

          dans mon bouquin toutes les républiques tombent dans le totalitarisme,et/ou se sont tricotées dessus,ce niveau de caste se retrouve d’ailleurs chez beaucoup.qui sont donc certain d’être du bon côté de l’intelligence

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