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Accueil du site > Tribune Libre > Des décrets lents et des virus rapides

Des décrets lents et des virus rapides

 

Les lignes qui suivent reposent sur deux hypothèses qui sont formulées à partir de l’observation de faits. La deuxième découlant de la première.

Première hypothèse : le gouvernement n’aurait pas pris à temps des mesures propres à enrayer la propagation du coronavirus (et propres à en limiter les conséquences mortelles).

Deuxième hypothèse : il est / serait possible de considérer que l’absence, avant une certaine date, de mesures, ( des « décrets »), entrent dans le champ de la loi pénale.

La première hypothèse implique la recherche de la nature et des causes du retard.

La deuxième hypothèse invite à se pencher sur diverses questions liées au traitement (juridique) du retard.

 

I.

L’analyse de la matérialité et celle des causes possibles du retard.

A. La recherche des faits.

a)

Tout le monde (avec les médias) a su en France, vers le 18 janvier, qu’un virus commençait à se développer en Chine, quelques jours après qu’il avait gagné la Corée et le Japon, l’Asie se trouvant alors en « état d’alerte maximale ». Tout le monde a su tout de suite comment le virus se transmettait.

Une ancienne ministre de la santé a, s’il en était besoin, a rappelé dans une interview au journal le monde, qu’elle avait - comme ministre et comme médecin - alerté, et quand elle l’avait fait, les plus hautes autorités de l’Etat.

b)

Et ce n’est qu’à la mi mars, que les autorités détentrices du pouvoir de décision prennent une mesure significative destinée à freiner, autant que faire se pouvait à ce moment du processus de diffusion, la vitesse de propagation du virus. 

Après qu’elles ont fini par prendre conscience que si les personnes qui avaient importé le virus sans qu’on les contrôle avaient contaminé trop de malades au regard des capacités hôpitaux (dans l’état dans lequel la politique de leurs prédécesseurs et la leur les avaient mis) ces derniers ne pourraient pas répondre aux besoins. Lesquels hôpitaux organisent dans le même temps le tri des malades.

Autorités qui se mettent à penser qu’il fallait créer des lits (comme avec l’installation d’un hôpital de campagne … d’une trentaine de lits), se procurer des matériels, trouver des masques de protection (dont on constate que le nombre disponible ne permet même pas de protéger les personnes professionnellement au contact des personnes potentiellement porteuses du virus).

c)

Durant cette période s’écoulant entre d’une part, la connaissance de l’existence du virus et celle de sa propagation, notamment sur les territoires chinois et coréen, et, d’autre part la décision de confinement de la population française (pour ne parler que de ça), on observe un simple recours, non à l’article 37 de la constitution, (qui donne le pouvoir réglementaire au Premier Ministre et qui ne lie pas l’exercice de ce dernier, aux propositions ou aux recommandations de tels professionnels de santé – dont la compétence se borne d’ailleurs à étudier le virus et à éviter la mort aux malades en attendant de trouver l’antidote- ), mais à la rhétorique.

Communication que certains résument de manière imagée, en disant que chaque membre du gouvernement, n’a fait au total, qu’expliquer « qu’en ne faisant rien d’intelligent (1) en temps utile, les autorités ont fait quelque chose ».

Et ce toujours et encore, … « en toute transparence ». Formule qui incite les mêmes esprits critiques à ajouter qu’en regardant « en transparence » ce qu’il y avait derrière le discours transparent, ils ont vu … qu’il n’y avait pas grand’chose à voir.

Et d’autres de s’essayer à formules à la Pierre Dac ou à la Coluche : « Logorrhée, ça rime avec gouverner, mais ce n’est pas synonyme ».

B. La recherche des causes.

La connaissance de la structure de la sphère dirigeante, que de nombreuses études ont permis de découvrir (2), incite à privilégier deux hypothèses. 

a)

Les dirigeants, depuis plusieurs dizaines d’années, (leur parti d’appartenance n’étant pas un facteur de distinction, ainsi que la migration d’UMP et de PS vers laREM le confirme s’il en était besoin), qui sortent des mêmes établissements d’enseignement supérieur, sont formatés à penser selon un véritable dogme. En résumé celui de Milton Friedman, dont les disciples enseignent l’économie politique et la manière de l’imposer aux masses. Dans tous les établissements huppés qu’ont fréquentés les élites. Et dans les médias ( 3) qui « éduquent » ceux qui ne sont pas destinés à faire partie de l'élite, mais qui sont quand même électeurs, dans … l’intérêt des gouvernants

Parmi ces « formatés », sont arrivés aux postes de commandement, soit de l’Etat, soit dans l’entourage des personnages occupant une charge mentionnée dans la constitution, des actifs qui vouent leur vie à vivre ce qu’ils ont dans la tête. Des radicalisés, en somme, qui osent faire subir aux autres la mise en œuvre de ces préceptes. Ce qui passe par la démolition de ce qui existe et de ce qui s’y oppose et / ou qui se rattache à des conceptions passées. Tout déréglementer dans l’Etat : d’un côté ce qui assurait la protection sociale, ou ce qui permettait aux individus pauvres d’avoir accès à des prestations nécessaire à la vie, d’un autre côté ce qui organisait l’encadrement des activités financières, industrielles et commerciales. Et nécessairement sans considération pour les effets secondaires possibles.

b) 

Beaucoup de dirigeants sont mus par l’appât du gain. Qui leur sert de carburant. La culture des réseaux leur servant par ailleurs de ligne morale. Ainsi que leurs mouvements pendulaires ( public-privé) et le montant des rémunérations, cumuls de rémunérations qu’ils obtiennent en sont la manifestation la plus apparente. Appât du gain qui s’oppose nécessairement à la prise de décisions favorables à l’intérêt général. (4)

c)

On comprend, qu’en dehors des réflexes de Pavlov induits par ce double formatage, les « responsables » politiques et l'élite qui les entoure, soient peu enclins à la souplesse intellectuelle. Dès lors qu’il ne s’agit pas de plafonner les indemnités de licenciements, signer des traités de libre échange, organiser la prise en charge du système des retraites par les fonds de pension, et plus généralement de permettre que les 10 % de la population, arrivent à capter les 90 % des richesses. En trouvant à chaque fois des argumentaires pour faire prendre … les vessies pour les lanternes. En transformant ainsi le fondement des rapports entre les gouvernants et les gouvernés.

Ce qui engendre parfois chez certains observateurs (5) la peu rassurante conclusion que l’élite n’est pas composée de gens aussi intelligents que les non initiés se l’imaginent. Et la question de savoir, qui ramène à ce qui a été évoqué plus haut, ce que les dirigeants font là où ils sont, puisque faute de prévoir, et d’avoir à le faire, ils gouvernent peu.

 

II. Quelles responsabilités ?

On ne s’intéressa pas ici à la responsabilité politique. Qui souvent ne sert pas à grand’chose. Et qui est traditionnellement moins pratiquée pour empêcher les nuisibles ou les incapables de continuer à sévir et à faire des dégâts, que pour faire tourner les portefeuilles ministériels. Ainsi que l’histoire le montre, s’agissant de beaucoup de crises ministérielles.

Cette logique se retrouve sous un certain rapport à la base de la logorrhée sur « la polémique » portant sur ce que le gouvernement pourrait se voir reprocher de ne pas avoir fait (6). Polémique ne pouvant avoir comme conséquence, non ce qu’il y a désormais à faire pour sauver les vies, mais le simple remplacement des titulaires des portefeuilles ministériels.

Dans les lignes qui suivent nous nous intéresserons donc à la responsabilité pénale et civile des membres de l’exécutif. Question qui intéresse d’ailleurs plus directement les citoyens que le jeu politique.

Et nous indiquerons à quelles innovations institutionnelles il serait souhaitable de penser.

A. La réforme de la responsabilité pénale et de la responsabilité civile du Premier Ministre (et des ministres)

a) . Les raisons d’une réforme

L’affaire Fabius montre qu’il faut supprimer la Cour de Justice de la République ( articles 68-1 et 68-2 formant le titre X dans sa rédaction de 1993). Composée, à part trois magistrats qui sont ultra minoritaires dans l’institution, de membre de la classe politique. On se rappelle en effet le traitement, piquant (7), par la « Cour de Justice de la République » de l’absence de mesure attendues du Premier Ministre pour mettre fin à la contamination des citoyens (par des transfusions avec du sang contaminé par le virus du sida).

Si, par exemple, constituait une infraction pénale le fait que le Premier Ministre en place depuis 2017, n’a pas / n’aurait pas, alors qu’il était informé de la dangerosité du virus, et de sa propagation, pris en temps utile tel décret qui était de nature à sauver des vies, on ne voit pas pourquoi ledit Premier Ministre ne serait pas jugé par un tribunal correctionnel ou par une cour d’assises.

Ou compte tenu de la décision Fabius précitée, … on voit surtout pourquoi il conviendrait absolument que le Premier Ministre soit jugé (en cas d’infraction de ce chef) par les juridictions ordinaires.

Et l’on imagine encore moins qu’il soit « jugé » le cas échéant par des personnes qui ont approuvé (voire qui ont demandé) qu’il ouvre des bureaux de vote au moment même où l’épidémie galopait. Et alors même que le confinement était nécessairement jugé urgent … puisqu’il est intervenu juste après la fermeture desdits bureaux de vote.

b). le contenu de la réforme

Selon des idées bien ancrées, les politiques qui, de par leur fait (décision prise ou pas prise) ont créé des dommages, engagent la responsabilité de l’Etat. C’est à dire le portefeuille des contribuables.

A la faveur de cette réforme, on pourrait imposer aux juges (par un texte) qu’ils transposent la jurisprudence (reprise par certains textes) concernant les fonctionnaires. Lesquels doivent indemniser les victimes, si le fait à l’origine du dommage, commis, même sur le lieu de leurs fonctions, même pendant l’exercice de leurs fonctions, s’analyse en une faute n’ayant pas de lien intellectuel avec la fonction. Cas du douanier qui tue son voisin qui l’embêtait avec son arme de service au cours d’une opération de contrôle. Ou s’analyse en une faute constituant un manquement à l’éthique des fonctions. Cas du chef de service hospitalier qui ordonne à ses subordonnés de cacher qu’une personne tombée malade et consultant d’autres médecins, avait fait l’objet dans son service d’une injection avec du matériel non stérile, ce qui était la cause des mystérieux troubles graves du patient.

Si les membres du gouvernement étaient frappés au porte-monnaie, leur éthique (indépendamment de leur placement sous les barreaux) serait de toute évidence renforcée. D’où l’idée d’expérimenter cette nouvelle règle.

Et le fait que l’on sache que « si l’on fait n’importe quoi on sera ruiné », n’a jamais tari le recrutement de la fonction publique, et n’a jamais fait fermer les facultés de médecine et les écoles d’infirmièr(e)s, faute de candidat(e)s.

B. L’organisation d’une responsabilité pénale et d’une responsabilité civile du président de la République.

Les rédacteurs de la constitution de 1958 pensaient à l’attitude de Pétain dans ses relations avec l’ennemi, en traitant de « haute trahison ». Ils avaient prévu que ce crime au contenu « évident », mais non défini exactement comme il est d’usage pour la loi pénale « ordinaire », mais illégitime et à forte connotation politique, serait jugé précisément par les détenteurs de la légitimité politique. D’où l’organisation d’une « Haute Cour » (titre IX de la constitution de 1958 à 2007), (8)

a) les règles actuelles.

Nicolas Sarkozy a modifié ces mécanismes ( titre IX depuis 2007). Astucieusement.

Tant que son mandat n’est pas expiré, le président de la République est … tranquille : la justice ne peut pas l’embêter. Sauf (art 67 al 1) la Cour pénale internationale (qui ne constitue pas un danger potentiel effrayant), et sauf (même disposition) en cas de destitution.

Quant à la « destitution » ( art 68 de la rédaction de 2007) , elle est organisée de manière à ne pas pouvoir être votée dans les faits. 

La saisine de la « Haute cour » est subordonnée à des majorités difficiles à réunir. Ce sont les parlementaires qui, constituant la Haute cour, s’habillent pour l’occasion en magistrats. Dont les votes ne sont acquis que si le même genre de majorité est atteinte. Majorité encore plus difficile à atteindre que dans le système de la motion de censure ( 2/3 -et non pas la majorité - des membres constituant (et non votants)…l’organisme ). (9)

Ce qui fait que tant que son mandat n’est pas expiré, le président de la République, peut, en fait, faire … pis que pendre.

Ce n’est qu’après l’exercice des fonctions que les procédures peuvent reprendre ( si elles ont été entreprises) ou être engagées. Ce qui n’est pas d’une grande utilité, puisque « le président de la République n’est pas responsable des actes accomplis en cette qualité » sauf ce qu’il a été dit ci dessus ( CPI et destitution).

b) les règles souhaitables. 

« Astucieuse » a-t-on dit de la réforme de 2007, mais inconvenante à certains égards.

On ne voit pas pourquoi, le président de la République (qui inspire plus que jamais -sauf cohabitation- la politique en général et les décisions du Premier Ministre en particulier, qui est le maître de sa mise en oeuvre, notamment en inscrivant ou pas à l’ordre du jour des conseil des ministres ce qu’il veut, qui peut signer ou ne pas signer beaucoup de textes), serait plus à l’abri que ses « subordonnés » et obligés, Premier Ministres et ministres.

Que le président de la République soit empêché d’assurer sa mission (veiller au bon fonctionnement des institutions, permettre à la France de se défendre et d’avoir une politique étrangère conforme à ses intérêts, comme prendre les mesures nécessaires lorsque le fonctionnement des institutions est interrompu) par des procédures dilatoires est, dans les faits, une vue de l’esprit.

Surtout que, au regard des traditions, on ne voit pas les magistrats professionnels devenir des « irresponsables ».

 

III. Suite de la révision constitutionnelle ?

Le 12 mars 2020 dans son allocution, le président de la République, qu’il ait été « sincère » … ou non (comme le redoutent des analystes biographes ou comme le suggèrent ses détracteurs) (10), a lu un discours dont la lettre interpelle.

Le texte rompt, si les mots ont un sens, avec le présent (11). Qu’il s’agisse des dogmes économico financiers, du fonctionnement de l’Etat, ou la conception de la finalité de la société. Ce qui implique que s’ouvrent, pour la mise en œuvre du « virage à 180 ° », d’autres réflexions. Lesquelles ne peuvent probablement que déboucher sur d’autres propositions de modifications de la constitution.

Ne serait-ce, si le virage du 12 mars s’était accompagné ou était suivi d’un autre, que pour en préparer un.

 

Marcel-M. MONIN

m. de conf. hon. des universités.

(1)   - Quand le gouvernement a appris qu’un virus était apparu à l’étranger, il n’a pris aucune mesure immédiate de contrôle des personnes venant de l’étranger, y compris des zones infectées. Au motif que dès lors que certaines personnes pouvaient ne pas être détectées, il était inutile d’effectuer quelque contrôle que ce soit.

- Avant d’interdire les réunions de plus de 5000 personnes, les autorités en ont laisse en venir autant d’une zone connue pour être infectée, et sans aucune espèce de précaution, pour assister à un match de football …

- Les autorités font déguerpir à grand renfort de publicité les commerçants d’un marché forain en plein air (au motif que les clients peuvent se toucher et que le virus peut s’attraper) ; mais laissent ouvert le supermarché du coin ( au motif que c’est le contraire dans un lieu clos).

- le 11 mars 2020 , on fait jouer un match de football à huis clos. Mais les autorités laissent de presser sur les parvis du stade de France 3 à 4000 supporters (chiffre donné par un animateur de « C News » le matin du 12/03), - donc très au delà du chiffre limite de 1000 fixé antérieurement-. Alors même que lesdites autorités disposent à Paris d’un préfet de police expert dans le traitement des rassemblements.

Quant aux mesures prises localement (avant le 12 mars pour tout le territoire) (fermeture d’écoles, interdiction des rassemblements de tant de personnes, elles ne le sont qu’APRES que l’épidémie s’est déjà répandue dans l’endroit.

En bref, des mesures « préventives » sont prises … a posteriori, après que l’absence de mesures a nécessairement contribué à la diffusion du virus. Ce qui pourrait inciter certains théoriciens du droit, ou quelques esprits facétieux, à créer la catégorie des « mesures préventives à effet rétroactif ».

(2)   v. P. Bourdieu «  La noblesse d’Etat : grandes écoles et esprit de corps ; Editions de minuit ; jean-Michel Eymeri-Douzans «  La fabrique des énarques » ; Economica ; Laurent mauduit : « La caste. Enquête sur cette haute fonctioin publique qui a pris le pouvoir » La découverte.

On recommande la lecture du «  dictionnaire indocile des sciences sociales, pour savoirs résistants » Ed. La découverte. Qui offre aux lecteurs de nombreuses études synthétiques rédigées par des chercheurs ne se trouvant pas dans des situations de conflit d’intérêts. Chaque étude fait une dizaine de pages, et forme un « tout » du point de vue intellectuel. Ce qui permet de varier ses lectures sur les questions du fonctionnement de l’Etat et la pratique de la démocratie. Et donne l’envie d’en savoir plus et de compléter la lecture de ces développements très pédagogiques par celle d’autres ouvrages, grâce aux bibliographies figurant à la fin de chaque étude. Sur le thème que nous abordons dans ce paragraphe, on lira avec profit les pages 312 à 322 «  la noblesse managériale d’Etat ». (3) https://www.youtube.com/watch?v=sOweQKaOjyQ ; v. L Mauduit : https://www.youtube.com/watch?v=Y3SPMkwpcfQ ).

(4)   v. les exemples cités dans leurs ouvrages par Vincent Jauvert, Ph. Pascot, Juan Branco, et beaucoup d’autres ( v. les références sur internet) ; https://www.youtube.com/watch?v=hDkijHwCbH8

(5)   (https://www.youtube.com/watch?v=iftD8PvqraQ)

(6)   l’ancienne ministre de la santé A. Buzyn, ( le Monde du 17 mars) a mis en application la maxime de J.-P. Chevènement : «  Quand on est ministre, on ferme sa g… ou l’on démissionne ». Mme Buzyn a démissionné, « donc … elle l’ouvre ».

Certains membres de l’opposition ont découvert grâce à elle, mais avec retard par rapport à l’ensemble de la population, que le gouvernement n’avait pas agi au moins au moment où Mme Buzyn l’avait alerté. Les membres du gouvernement, relayés par quelques spécialistes médiatiques (pensant généralement bien, donc la même chose), ont indiqué que le « temps n’était pas à la polémique ». C’est à dire qu’il serait selon les incriminés, inconvenant de parler de ce qui serait leur incompétence ou leur faute, et d’en tirer les conséquences immédiates. Alors même que dans une démocratie, au moins lorsqu’elle fonctionne dans la logique de ses principes et de la « responsabilité politique », il est objectivement paradoxal de laisser leurs postes à des gens qui, le cas échéant, auraient fait la démonstration qu’ils n’avaient pas les qualités pour les occuper ou simplement qu’ils n’ont pas fait ce qu’ils auraient du.

(7)   Laurent Fabius, qui était Premier Ministre au moment des faits, Georgina Dufoix, qui était ministre des affaires sociales et de la solidarité nationale, Edmond Hervé qui était secrétaire d’État à la santé ont été mis en examen courant septembre 1994. Leur procès s’ouvrit le 9 février 1999 devant la « Cour de justice de la République » comprenant douze parlementaires sur ses quinze membres . La décision fut rendue le 9 mars 1999. Il fut jugé que Laurent Fabius ne pouvait pas être condamné en raison de ses initiatives de l’automne 1985, mais que Edmond Hervé, simple ministre, devait l’être, en raison de ce qu’il avait des pouvoirs propres (sic) dont il n’avait pas fait usage en temps opportun.

On rapprochera cette motivation de celle de l’affaire Conseil d’Etat 9 avril 1993, sieur G. , dans laquelle le Conseil d’État avait jugé, au contraire, que le fait pour les services de l’État de n’avoir pris aucune mesure propre à éviter les contaminations, entre le 20 octobre 1985 (date de diffusion d’une circulaire interdisant l’utilisation des stocks de sangs dangereux) et le 22 novembre 1984 (date de remise d’un rapport consignant de manière non équivoque les sources de risques pour les patients) avait constitué une carence de nature à engager sa responsabilité envers les personnes contaminées entre ces deux dates.

(8)   « Haute Cour » que les rédacteurs de la constitution avaient chargée de juger les ministres auteurs de crimes et de délits dans l’exercice de leurs fonctions. Les assemblées parlementaires furent saisies de quelques propositions de parlementaires (le ministère public ne pouvant pas déclencher la procédure). Les propositions furent jugées irrecevables ou rejetées par l’assemblée concernée, et celles qui ne le furent pas, furent achevées par des lois d’amnistie. Le « scandale du sang contaminé » conduisit à la création de la « Cour de justice de la République » dont il est traité ci-dessus.

(9)   sur toutes ces questions, v. notamment M-M. MONIN, « textes et documents constitutionnels depuis 1958 , analyse et commentaires » ; Dalloz Armand-Colin.

(10)  surtout que les médias spécialisés dans le genre, se sont abstenus de paraphraser et de commenter ( favorablement) – contrairement à leur habitude –. Et à supposer que les mesures annoncées de déversement d’argent par le Président, en phase avec la présidente C. Lagarde (laquelle n’a pas indiqué qu’elle changeait de religion) de la Banque centrale européenne, n’aient pas comme objet ultime de … sauver le mode de fonctionnement de la société. Sans compter que les premières déclarations de G. Darmanin (le 18/3 à 8h30 sur BFM TV) ont été centrées sur le lien de la dette … avec les marchés financiers.

(11)   voir notre première analyse (de texte) sur AgoraVox : «  Macron le 12 mars … »


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8 réactions à cet article    


  • Leonard Leonard 19 mars 17:12

    La réaction est lente mais justement l’enchaînement des décrets est inquiétant...

    Un décret global, au lieu de 35 décrets/jour, aurait été bien plus utile et compréhensible pour tous.

    De toute façon nous sommes en retard..

    Et on sait très bien qu’ils seront responsables mais pas coupables...


    • Théophile Duplessis Jean Guillot 19 mars 17:28

      Pas besoin de faire de très hautes études que pour constater que le confinement est proportionnel à la progression de la pandémie (comparer ce qui se passe en Corée et en Italie, au Japon et en Espagne).

      Ce n’est semble-t-il pas une solution viable que de confiner, car l’immunité reste au point mort. Il est à craindre que le confinement sera responsable d’une hécatombe, du moins sociale.

      Ce qu’il fallait faire, c’est dépister systématiquement ( France en 20 eme position pour le dépistage) isoler les personnes à risques, soigner ceux qui sont malades, et par prévention distribuer massivement gels, masques de protection et gants, ne pas demander aux policiers d’enlever leur masque, ne pas inviter à aller dans l’isoloir, laisser les supporters italiens venir en France etc.. Bref, tout le contraire de l’action gouvernementale qui a déjà sacrifié tout le secteur de la Santé exsangue faute de moyens et de personnel.

      A cause du manque de prévoyance, d’intelligence et de responsabilité, nous en avons pour des années et l’Économie va probablement s’effondrer. Une fois que les policiers et les militaires seront tous malades, puisqu’ils sont en première ligne, ce sera l’anarchie et la guerre civile. smiley


      • Théophile Duplessis Jean Guillot 19 mars 17:33

        @Jean Guillot
        Pour faire simple, il y a deux stratégies :
        - La stratégie du confinement dans les pays qui ont un système de santé et hospitalier totalement géré par l’Etat, et qui donc sera surchargé en cas de pic (France, Italie, Espagne, Chine...).
        - La stratégie du non confinement, mais des milliers de tests chaque jour et la mise en quarantaine des malades. C’est la voie choisi par les pays qui ont un système de santé libre et une grande capacité hospitalière comme la Corée du Sud, le Japon, l’Allemagne.
        Il faut savoir une chose : le confinement « étale » la crise, ce qui fait qu’au final il y aura + de malades et de morts par rapport à une gestion non-confinée et un pic « flash » !!!
        Le Confinement « sauve » le système étatique au prix de + de morts !!! 

         smiley


      • sls0 sls0 19 mars 18:33

        @Jean Guillot
        Le libéralisme à la Macron a foutu le système hospitalier français en l’air et vous proposez le modèle libéral pour s’en sortir.
        Vous n’êtes pas au courant que ça fait un an qu’il y a des protestations à ce sujet ?
        Le système de santé allemand date de 1880, 90% de la population y souscrit donc passe par le système de santé publique. 
        En corée on paie avant les soins, 91,5% c’est privé, pas de problème pour celui qui a une assurance d’état qui couvre la famille de l’assuré.
        Au Japon peut être le meilleur au niveau soins (il y a 1500 lits pour 100000 habitants) les hôpitaux c’est l’état. Si un médecin a acquis une certaine notoriété dans le public il peut ouvrir une « clinics » vu que les fonds privés sont interdit, 24 lits c’est beaucoup.
        30% reste à charge de l’assuré pour éviter les abus, au cas par cas il y a une aide.
        Pour la Corée vous avez raison, 91,5% c’est privé, pour le Japon et l’Allemagne vous avez tord.


      • sls0 sls0 19 mars 17:58

        Avant il y avait des hommes politiques maintenant ce sont des politiciens.

        Chez moi pas de décrets non plus mais quand du coté de Milan ça devenait sérieux, plus de vol en provenance de Milan. Quand en Europe ils ont perdu pied, plus de vol.

        Contrôle très stricte aux frontières, c’est l’essentiel des 34 contaminés ici. Tout les personnes « saines » venant de zone à covid 19 ayant passé la frontière sont recensées avec de grosses consignes qui sont contrôlées.

        Au 1 mars il y avait déjà 300 lits de prêt à coté de l’aéroport pour les quarantaines toujours sans décret.

        Depuis hier c’est l’état d’urgence, plus d’école mais les repas gratuits sont toujours distribués. Les magasins indispensables sont ouverts, aux entreprises il a été demandé d’éviter les concentrations.

        Le déplacement n’est pas interdit mais déconseillé.

        Ce matin sur 4h, j’ai entendu 3 fois une voiture qui donnait les conseils de prévention.

        Pour du paracétamol il y en a dans tout les petits magasin, dans un rayon de 100m il y en a 5.

        Au caisses des supermarchés on ne risque pas de rater du gel de désinfection.

        Les barres de caddy, le peu de poignées sont désinfectées. Les produits dans les rayons sont mis par du personnel masqué et ganté.

        Les dominicains sont très conviviaux et pas trop civiques. En cas d’épidémie je me posais des questions, aujourd’hui quel changement, ça fait plaisir.


        • jef88 jef88 20 mars 12:32

          @sls0
          Avant il y avait des hommes politiques maintenant ce sont des politiciens.
          ERREUR
          Avant il y avait des hommes politiques maintenant ce sont des politicards.


        • pallas 19 mars 18:17
          Marcel MONIN

          Bonsoir,

          Sa a peur d’un virus ? !!!

          Sa n’est que le l’ébauche des problèmes qui viennent.

          C’est cela la loi de la nature.

          Ce retour au monde réel.

          Les illusions sont détruites (mercantilisme, homme nouveau etc etc)

          Sa n’est que le générique, le film n’a pas encore commencé.

          Salut


          • rita rita 20 mars 15:54

            Première hypothèse : le gouvernement n’aurait pas pris à temps des mesures propres à enrayer la propagation du coronavirus ?

            Le gouvernement ne gouverne pas sans les ordres de Macron !

            L’unique responsable c’est lui, les autres sont des inféodés qui cirent les pompes du sultan !

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