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Accueil du site > Tribune Libre > Deux roboratifs : la Vie & la Mort

Deux roboratifs : la Vie & la Mort

Parlons peu parlons bien. À votre santé, surtout : la Vie & la Mort, par-delà la « science » (je mets le mot entre guillemets car on en fait clairement un mésusage). Pour ainsi dire, l'intelligence a enrobé d'une croûte la connaissance pure, et de là (mon Dieu) tout arrive : on se règle selon une coutume routinière, on prend son café et on lit soit Le Figaro soit Le Monde, voire L'Humanité (si vous êtes en retard de cinquante ans) ou bien le Courrier international (si vous avez un QI 150+). En vérité, ça reste une bonne base. Les fusées décollent du sol et non de la Lune.

Je pense qu'on commet la Vie dans les inconvenances de la Réalité.

Je veux dire par là que, regard-on la Mort un seul instant, il n'y a rien de pire que de la penser simple, car, au fond, ça se répercute contre la vie qui elle-même devient simple en l'occurrence (comme on la simplifie par contrecoup de la simplification principielle qu'on a faite avec la mort). Ainsi, pour que la Vie soit puissante et pleine, il faut que la Mort le soit aussi « en soi » par réflexion vis-à-vis de la Vie. Ne voit-on pas le mélange ? La Vie est pleine de Mort et la Mort pleine de Vie, et dans leurs propres royaumes il y a lieu de concevoir un mélange tel. 

Voilà pourquoi je parle de la Mort et non de la mort, sous-équivalent au fond de l'idée qu'on se fait d'une chose aussi fluctuante et décisive que la Mort et devant coûte que coûte être rétablie auréolée de sa nimbe délicate, pure, ondulante et éthérée. De là, on rétablit les choses dans leur écrin, savoir l'écrin d'une complexité inouïe dont aucun concept figé ne peut se targuer de répandre à sa lecture. 

Cela fait, aussitôt, on ne peut plus dire que la Mort apparaît rassurante, par rapport à la Vie.

Au contraire, n'apparaît-il pas plutôt que la Vie et la Mort charrient des choses merveilleuses et terrifiantes, l'une comme l'autre, dont on ne saurait se soustraire ? Car voilà, ces choses « merveilleuses » et « terrifiantes » ne valent rien sans les autres, sans le mélange opéré par ce gros vortex qu'est la connaissance pure en général libérée de la chape d'une intelligence excessive, quasi nuisible. Alors la Vie ne saurait être quelque chose en substance une fois dégrevée d'une Mort subtile. Je veux dire qu'il faut garder à l'esprit que la Vie prend de la valeur du moment qu'on l'indexe sur la finesse de la Mort. Or, ni la Mort ni la Vie ne sauraient signifier quoi que ce soit dans le champ de la philosophie si, bêtement, on ne secoue pas quelque préjugé instinctuel. 

La Mort et la Vie ne sont pas les seules choses soumises aux réflexes de la simplification (d'ailleurs, me ferais-je à moi-même rétorsion : n'est-ce pas que de les simplifier de les qualifier par ces vocables, y compris pourvus de majuscules ?).

Il y a aussi tout ce qui rentre dans la besace du politique.

C'est la « Réalité » par opposition au « Réel »... Soit les manigances du fantasme encontre l'indicible. J'en profite de l'occasion pour signaler ici qu'il ne s'agit d'imputer la Faute à personne, ce serait trop facile, quand bien même j'aurais tendance à nous croire coupables en effet, et coupables en outre d'être autrement coupables en ignorant la culpabilité due à la Faute. Après tout, la Faute n'est-elle pas l'acte constitutif, le geste politique par excellence, tournant le dos au Réel (= Dieu) au profit d'une manière de thésaurisation opportune (ce qui est un pléonasme) ?

J'assume ce fait, quoique je le déplore parfois (pour l'incendie de Notre-Dame par exemple, n'eût-il pas mieux valu en rester au stade primitif du Vivant ?). 

Voilà du sens : qu'on opère la bascule d'une ère simplificatrice vers une époque toujours davantage complexifiante, accomplissant le procès de l'Union Personnifiante dont nous avons tant besoin. On ne saurait concevoir d'Union des Personnes dès lors qu'on ne peut se résoudre à admettre (et je sais qu'il y a encore loin avant la réussite totale) les assertions de la philosophie, qui disent ceci et cela, jamais simplement, jamais faussement, jamais véritablement. Reste néanmoins à craindre que l'avènement d'une époque ainsi qu'elle se démontre en partie ne serait pas un progrès.

 En tout cas, qu'on arrête de parler de la fin à propos de la Mort, ou de début. Chacun sait désormais qu'elle n'est ni une fin, ni un début, mais le début de la fin et la fin du début. Parlerai-je du Tao ? 

Non que la vie ou la mort n'existent pas, mais qu'elles soient plutôt dépourvues de réelle valeur. Mais laissons ça au domaine de la « science », vulgairement parlant. À la longue, apprenons à renouer avec la connaissance pure : le langage est devenue une pellicule qui s'est insérée, comme un écran de brouillard, tel un petit frimas, entre notre perception et le Réel. À proprement parler, on appelle ça un Discours (cette pellicule). Les Discours sont tous faux, sauf le Discours du Discours, qui fait souvent mouche au grand dam du monde entier.

Parle-t-on ensuite de ceux qui mal font avec la Mort ? 

On le voit aujourd'hui avec certains rabat-joie, qui s'esquintant à user de l'argument de l'ondulation du Réel pour en faire du Discours, qui appelant (ouvertement) à s'abêtir de sorte à marivauder en tournant autour du pot. D'ailleurs, soit dit en passant, les discoureurs qui nous soutiennent l'idée que tout est discours peuvent être piégés facilement, car leur affirmation laisse entendre qu'une seule chose ne l'est pas (discours), entendre cette affirmation même. Ce qui, partant, nous soutient de surcroît – à affirmer ainsi cela sans savoir qu'ils l'affirment, ne prouvent-ils pas rien d'autre sinon qu'ils se sustentent d'une intuition, au sens strict ? 

Je fais donc la même chose, en espérant cette fois-ci le savoir un peu.


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26 réactions à cet article    


  • arthes arthes 2 mai 18:52

    La vie, la mort...C’est tout de même assez simple non ?

    Ne partez vous pas dans certains marécages ?

    Sérieux : A vous lire, j’ai du mal à discerner où vous voulez en venir, on dirait que vous empruntez des circonvolutions pour brasser de l’air.

    En quelques mots ; Y a t il une problématique dont vous souhaiteriez nous faire part ?

    Ou bien vous vous contentez de pontifier à longueur de posts en nous abreuvant de vos« brillantes » trouvailles philosophiques


    • Jeekes Jeekes 2 mai 19:03

      @arthes
       
      ’’Ou bien vous vous contentez de pontifier à longueur de posts en nous abreuvant de vos« brillantes » trouvailles philosophiques’’
       
       
      J’crois bien que vous avez mis le doigt dessus.
      Je suis convaincu que ce mec (?) qui se ’’vautre’’ dans ses élucubrations et son auto-suffisance est complètement allumé.
       
      Bref, chez moi ça s’appelle se faire reluire le chinois.
      En un mot comme en cent, il se branle !
       
      Bon, ceci dit il n’est pas le seul ici, à se croire ’’tellement intelligent’’ qu’il doive impérativement nous expliquer le cheminement de sa nébuleuse pensée...
       


    • picpic 2 mai 21:17

      @Jeekes
      "Bon, ceci dit il n’est pas le seul ici, à se croire ’’tellement intelligent’’ qu’il doive impérativement nous expliquer le cheminement de sa nébuleuse pensée...

      "

      Ha merde, je crois bien que vous avez résumé mon existence !


    • Laconique Laconique 2 mai 19:09

      « La Vie est pleine de Mort et la Mort pleine de Vie. »

      Non : « Le dernier ennemi qui sera anéanti, c’est la Mort, car il a tout mis sous ses pieds » (1 Cor, 15, 25).


      • Le Vautre Oméga Le Vautre Oméga 2 mai 19:35

        C’est ce qu’on appelle l’espérance. Dois-je vous rappeler que Jung disait que ça ne devait pas pour autant servir les filles de l’air ?


      • Jean De Songy 3 mai 01:20

        @Laconique
         
        « il » ?
         
        Kurzweil où Zukerberg ?
         
        Remarquez qu’à un moment on parle aussi de couper les mains et les pieds pour ne pas brûler en enfer, cyborg alors ?
         
         smiley


      • Laconique Laconique 3 mai 10:11

        @Jean De Songy

        J’ai lu votre texte sur Hegel en modération. Merci, mais Hegel je suis assez réfractaire. Moi c’est plutôt Platon, à la limite Kant, Schopenhauer et Nietzsche. Mais j’ai pris du recul par rapport à la discipline philosophique dans son ensemble, qui selon moi fourvoie l’homme hors de ses fins authentiques (j’ai écrit un texte là-dessus : https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-verite-sur-platon-212943). Je préfère le réalisme et la lucidité de la Bible.

         

        Et toute votre pensée me semble d’ailleurs hantée par une sorte de holisme antique, pré-biblique. C’est l’erreur traditionnelle de ceux qui sont imprégnés de pensée philosophique, le singulier leur échappe, or seul le singulier est réel et porteur d’avenir (Abraham, etc.). Votre cité rationnelle, unifiée et virile ne verra jamais le jour, ce ne sont pas les tentatives qui ont manqué dans l’histoire, c’est un rêve parfaitement vain. Seule votre individualité est porteuse de fruits, ou pas. La liberté n’est pas un vain mot, et elle se situe au niveau de l’individu. Pour vous c’est être bobo. Mais c’est le fruit de la révolution biblique, qui s’oppose à toutes les sagesses et à toutes les traditions.


      • arthes arthes 3 mai 10:37

        @Laconique

        C’est curieux mais votre propos me semble en contradiction avec votre article fataliste sur la reproduction dans une société technicienne où jsutement les individualités sont uniformisées dans un comportement de troupeau (de masse) parfaitement formaté et où l’individualité en tant que porteuse de fruits, de créativité, de liberté ainsi que l’amour sont absents, ce qui en effet nous donne une perspective d’avenir pour l’humanité qui fonctionnerait sur un mode technique/utilitariste d’une grande tristesse ...Une cité unifiée, rationnelle virile ou pas virile..

        La liberté, la créativité et l’amour seraient ils donc impossibles dans nos sociétés modernes et une très mauvaise raison de faire des enfants ?


      • Jean De Songy 3 mai 10:49

        @Laconique
        La conscience de soi moteur de l’Histoire, le christianisme dernière religion de l’individu vers la Liberté, du Hegel... smiley
        Mais la liberté porte en elle la contradiction, la Mort. Toute l’Histoire humaine est de l’oublier cet « Être là immédiat » Et quand Dieu, la nation, la culture et finalement branlette seront morts, et que ne restera que la Technique, l’aliénation réapparaîtra et le rationnel avec, et ses ennemis. Alors l’individu ultime réveillera Sparte, il redescendra de son arbre à lotus et bananes.
         
        Critique de mon holisme romantique, enfant envié de l’Humanité disait Marx, un très beau texte de Lukacs Début théorie du roman (Reprend Hegel ! j’en ai plein ...) :
         
        Bienheureux les temps qui peuvent lire dans le ciel étoilé les cartes des voies qui leurs sont ouvertes et qu’ils ont à suivre ! Bienheureux les temps dont les voies sont éclairées par la lumière des étoiles ! Pour eux tout est neuf et pourtant familier ; tout signifie aventure et pourtant tout leur appartient. Le monde est vaste et pourtant ils s’y trouvent à l’aise, car le feu qui brûle dans leur âme est de même nature que les étoiles. Le monde et le moi, la lumière et le feu se distinguent nettement et jamais pourtant ils ne deviennent étrangers l’un à l’autre, car le feu est l’âme de toute lumière et tout feu se vêt de lumière. Ainsi il n’est aucun acte de l’âme qui ne prenne pleine signification et ne s’achève en cette dualité : parfait dans son sens et parfait pour les sens ; parfait parce que son agir se détache d’elle et que, devenu autonome, il trouve son propre sens et le trace comme un cercle autour de lui. « Philosophie, dit Novalis, signifie proprement nostalgie, aspiration à être partout chez soi.
        Dans de telles limites [la patrie des archétypes] le monde ne saurait être que clos et parfait. Même si au-delà du cercle que les constellations du sens présent tracent autour d’un cosmos immédiatement vécu et destiné à recevoir forme, on présent l’existence de puissances menaçantes et incompréhensibles, elles restent impuissantes à le priver de sens. Capables de détruire la vie, elles ne sauraient attenter à l’être ; elles peuvent jeter des ombres sinistres sur le monde qui a reçu forme, mais ces ombres elles-mêmes entrent dans le système des formes à titre de contraste qui les font mieux ressortir. Le cercle métaphysique à l’intérieur duquel vivent les grecs est plus étroit que le nôtre ; c’est pourquoi nous ne saurions jamais y trouver notre place ; où mieux, ce cercle dont la finitude constitue l’essence transcendantale de leur vie, nous l’avons brisé ; dans un monde clos nous ne pourrions plus respirer. Nous avons découvert que l’esprit est créateur ; et c’est pourquoi, pour nous, les archétypes ont définitivement perdu leur évidence objective, et notre pensée suit le chemin infini de l’approximation toujours inachevée.
         
        H
        « Le développement indépendant de la particularité [individu] est le moment qui se manifeste dans les États anciens par l’introduction de la corruption des mœurs, et c’est pour eux la cause suprême de la décadence.
        Ces États qui en sont encore au principe patriarcal ou religieux ou aux principes d’une moralité plus spirituelle, mais pourtant plus simple et qui sont fondés en général sur l’intuition immédiate primitive, ne pouvaient supporter en eux ni la division de cette intuition, ni la réflexion infinie de la conscience de soi.
        Ils succombèrent à cette réflexion lorsqu’elle commença à apparaître dans la conscience puis dans la réalité [sophistique, scepticisme, modes d’apparition], parce que leur principe trop simple [collectivisme communautaire] ne possédait pas la force véritable et infinie qui ne se trouve que dans l’unité [état nation], qui laisse la contradiction de la raison se développer dans toute sa force, pour la dominer ensuite, qui se maintient dans cette contradiction en même temps qu’elle l’unifie en soi. » PPD Hegel


      • Laconique Laconique 3 mai 11:05

        @arthes

         

        Dans mon texte sur la reproduction j’étudie un phénomène précis, et j’observe ses modalités de fonctionnement, très uniformes à mon avis. Cela n’entrave en rien la liberté individuelle. On peut toujours s’abstraire d’un processus. Mais je ne suis pas un théoricien. J’ai un rapport poétique et prophétique au langage, c’est pourquoi j’aime bien les textes du Vautre Omega. Je peux écrire un texte très pessimiste et ensuite le contraire. Il n’y a pas de cohérence forcée entre mes textes. Ma seule fidélité est à la liberté de l’instant.

         

        @Jean De Songy

         

        Je vais méditer votre texte. Mais l’aile de la poésie ne vous a pas touché (pour l’instant). L’abstraction, voilà l’ennemi, voilà le ferment de la paralysie et de la décrépitude. Lisez Tite-Live. Lisez saint Paul. Apprenez la Charité. Sortez du monde clos des Grecs, effectivement.


      • arthes arthes 3 mai 13:50

        @Laconique

        Et pourtant...Je vous ai trouvé davantage dans une prophétie inspirée par la théorie et la sociologie mais pas  dans la poésie, laquelle ouvre la porte du « merveilleux »...Dans un monde mécanique matérialiste, si la pensée veut aspirer à la poésie il faut bien qu’elle en transgresse tous les codes et parte dans la fantaisie pour enfanter  un scandale qui saura mettre à mal le fatalisme, sinon, on reste dans une froide analyse rationnelle ., et c’est la que se situe le carcan.


      • arthes arthes 3 mai 13:53

        @arthes
        Ah oui, et le Vautre oméga qui n’a pas daigné répondre à ma sincère question, peut être ne suis je pas diplomée ? (lol)


      • arthes arthes 3 mai 15:05

        @Laconique

        En y repensant....Voudriez vous dire que la « pensée pure » est de la poésie ?

        J’y songe, je suis trés curieuse vous savez alors j’aime bien comprendre, car vous vous réclamez de Platon, et du coup je vous comprends mieux sous cet angle, ainsi que votre sensibilité qui vous porte vers Vautre.
        Tout colle.

        Bien évidemment, pour moi la poésie c’est autre chose , par exemple : Le maître et Marguerite , de Boulgakov, nous sommes aux antipodes de la pensée pure ; C’est la pensée vivante qui correspond, en tous les cas à mon sens, à l’esprit du temps et dont il a besoin.


      • Jean De Songy 3 mai 15:18

        @Laconique
         
        C’est le monde clos qui fait la poésie, « la mort de l’art » Hegel, chez bobo l’art c’est juste de la provoc masturbatoire, un plug anal géant vert de crétin snob financé par con tribuable GJ, un « tableau » monochromatique, de la merde en boite Manzoni, un bidet, un vélo.... Le vrai art moderne c’est la Ferrari où le Rafale, la vérité de l’efficience technique à Platon.
        Vous ne verrez jamais une statue d’Athéna comme la voyait un grec, vous la voyez comme votre (sou)chien. smiley
         
        Marx dans son Introduction à la Critique de l’Économie politique.
         
        « Jamais la mythologie égyptienne n’aurait pu fournir un terrain favorable à l’éclosion de l’art grec. Mais il faut en tout cas une mythologie. »


      • arthes arthes 3 mai 16:26

        @Jean De Songy

        Ah tiens, bien entendue, je ne pensais pas à un plug anal géant , pour ce qui est de la transgression, et puis cela n’a rien de poétique.

        Bien sur qu’une statue d’Athéna, et quoique ce soit d’autre d’ailleurs (nature et pitis oiseaux=, nous les percevons avec notre esprit , notre conscience actuelle, pas avec celle des humains de l’époque antique, il en va de même avec les relations humaines..


      • Laconique Laconique 3 mai 17:45

        @arthes

        La poésie c’est pour moi un rapport à la langue, pas davantage. Un coucher de soleil n’est pas poétique. Mais un certain rythme de phrase, le sens du mot juste, et la poésie jaillit. Ça se voit tout de suite. Il suffit d’ouvrir Baudelaire. Et il y a un peu de ça chez le Vautre Omega. Il ne considère pas le langage sous sa seule dimension utilitariste, ce que tout le monde lui reproche ici. Il s’est un peu affranchi de l’esprit de sérieux, de l’esprit techniciste. Et c’est ce que j’essaie de faire moi aussi. Je ne me laisse pas emprisonner par un texte que j’ai écrit. Un texte a été écrit qui porte mon nom, qu’est-ce que cela me fait ? En quoi cela me lie-t-il pour l’avenir ? En quoi la langue est-elle moins pure, moins neuve ? « Poeisis » signifie création à l’origine, c’est un rapport au monde. C’est un usage aristocratique de la langue aux antipodes de l’esprit de sérieux, et dans ce que j’écris, même sous une apparence scientifique ou sociologique, il y a toujours du second degré, de l’humour. C’est ce que j’aime chez le Vautre : il n’explique pas, il ne s’attarde pas, et si on ne comprend pas, eh bien tant pis pour nous. Pourquoi toujours tout expliquer ?


      • Jean De Songy 3 mai 21:43

        @Laconique
        Alors le style est celui de l’idée. Le « grand style » nietzschéen, où l’art de puer le caniveau de Zola. Sur GogochoVox je n’en vois pas. cqfd
         
        (suite sur Rose-marre, dernières diarrhées quotidiennes narcissiques)
         
         
        « Elle pensait bas, elle pensait juste. » La gogochonne, Céline.


      • arthes arthes 4 mai 10:21

        @Laconique

        Il ne suffit tout de même pas de faire rimer mobylette avec belette pour faire de la poésie...Et pourquoi parlez vous d’utilitarisme concernant la langue ? Se trahir , s’édulcorer pour plaire au plus grand nombre et être édité ? Hélas, cela s’est produit à cause de la censure sous des régimes de dictatures.
        .
        L’utilitarisme dont vous parlez, est une normalisation de la pensée, il inonde ce forum d’ailleurs, mais il inonde notre société , j’évoque la poésie comme une fantaisie de l’esprit justement, une liberté prise et cher payée : Les plus grands des écrivains poètes sont souvent  devenus fous, malades, persécutés, morts jeunes...

        Ce n’est pas le manque d’utilitarisme qui est reproché ici,  c’est l’opacité, l’hermétisme tel qu’on se demande s’il sait lui même où se trouve son fil ; 

        Baudelaire touche le coeur et l’esprit par sa poésie, c’est beau parce que c’est tragique et douloureux, cela va avec un rapport à l’humain et à la complexité de sa psychée , c’est pour cela qu’il touche ; Est ce de l’utilitarisme ?
        Boulgakov, est ce de l’utilitarisme ? Et pourtant son chef d’oeuvre bouscule, explose tout en vous, comme si de la magie s’était emparée de votre âme.

        Bon, « pourquoi faut il tout expliquer ? »

        Pour en revenir au texte de Vautre : et de ce que je comprends de votre final : 

        Je ne demande pas à ce que l’on m’explique tout, mais un peu

        Et donc : 
        Lorsqu’il n’y a rien à comprendre et que l’endroit vous semble épouvantablement stérile, en effet, mieux vaut passer son chemin, la moindre question risque d’incommoder et d’être prise pour une impertinence et venant t d’une personne qui déchoit inexorablement puisque si elle pose une question c’est que manifestement elle n’a pas compris.

        Grand merci pour vos efforts afin de me donner un peu de vous , ah, je ne regrette pas mes questions, je vous connais mieux ainsi, que voulez vous, ce sont les gens qui m’intéressent, les personnalités, les âmes, je ne me suis pas détachée du monde, ni trouvé  refuge dans une caverne, il y a de la poésie jusque dans la grande comédie humaine.


      • Jean De Songy 4 mai 11:30

        @arthes
        Vautré Epsilon c’est pas Nerval, qui lui s’est fait bourreau de lui-même subjectivement puis objectivement, mais pour qqchse. Ici c’est juste de l’épanouisme à la mode actuel de bobo mattuvu, sans intérêt. Je le veau bien comme dit tout gocho.


      • Laconique Laconique 4 mai 12:26

        @arthes

        Vous m’avez donné envie de lire Le Maître et Marguerite en tout cas… smiley 


      • sls0 sls0 2 mai 19:41

        Franck Lepage arrive aussi à fait du discours creux.

        C’est à titre d’exemple et non pour se regarder le nombril.

        https://youtu.be/oNJo-E4MEk8


        • Jean De Songy 2 mai 21:24

          C’est tellement imbu gocho fat que j’en lis même plus 3 lignes...

           

          « La Mort est l’Être-là devenu immédiat. » Hegel, lui, peut se branler au vocabulaire...


          • Christian Labrune Christian Labrune 3 mai 00:11

            « Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixement ». La Rochefoucauld

            Voilà, tout est dit. Pas la peine de croire qu’on va pouvoir en dire plus pour en dire, fort longuement, beaucoup moins.


            • Taverne Taverne 3 mai 12:29

              La vie règne, la mort n’a pas d’empire.

              On peut monter au sommet de la Vie. Mais pas au sommet de la mort, qui a jamais vu ça ?


              • arthes arthes 3 mai 13:54

                @Taverne

                JC sur le Mont Chauve ???


              • L'enfoiré L’enfoiré 3 mai 16:15

                Heureusement, pour certains, il y a « l’immortalité pour objectif » mais pas pour tous....

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