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Accueil du site > Tribune Libre > DSK : le Kennedy français ?

DSK : le Kennedy français ?

D'un côté l'ancien chef d’État du pays le plus puissant du monde, de l'autre le chef du FMI, donné favori comme président du pays le plus français du monde. Voyons ce qui les rassemble.

Comme celui de Kennedy, le nom de Dominique Strauss-Kahn commence par un K - en fait son demi-nom, mais le qualifier de demi-Kennedy serait mesquin : sommes-nous un demi-pays ?

 Pour les deux personnages, leur nom complet est tellement incertain à écrire qu'on préfère leurs acronymes : JFK et DSK.

Qui sait écrire du premier coup et sans réfléchir John Fitzgerald ou Dominique Toscane, Strauss-Khan, Strauss-Kahn ? Ce pourrait être la marque de la célébrité, mais non : G fait davantage penser au point G qu'à Gandhi, tandis qu'en lisant CDG on pense plutôt à une banque (Caisse de gonsignation ?), à une compagnie (des guides ? des glaces ?) qu'à Charles-de-Gaulle. ViH c'est le virus du sida et non Victor Hugo ; bref, ce n'est pas la célébrité qui fait l'acronyme, même si ce n'est pas donné au premier venu, voire risqué pour Pierre Dupond. Après ces considérations philologiques, revenons à nos deux cas (K).

Comme Kennedy, Strauss-Kahn a été abattu en pleine gloire, et sa carrière publique a pris fin. Certes de façon plus définitive pour JFK que pour DSK, mais quand même : il n'est plus présidentiable, ni en France, ni au FMI.

Comme lui, il formait avec sa femme, avant sa chute, un couple très glamour où l'épouse tolérait les nombreuses frasques du mari, pourtant dommageables à son image publique.

Comme pour Kennedy, on ne saura jamais le fin mot de l'histoire. Comme pour lui, l'affaire a fait la une du monde entier, inspiré des centaines d'articles (pas tous très inspirés…) des journaux les plus sérieux aux pires tabloïds et, comme pour lui, la théorie du complot va remplir les rayonnages et les sites Internet pour quelques décennies... D'ailleurs, où était DSK le 11/9 ?

Comme pour lui, le bon peuple n'a appris son goût du faste et sa compulsion sexuelle qu'après qu'il ait tiré un coup... Euh, je veux dire - après coup.

Il se dit dans les milieux autorisés (à médire) que DSK a fait sienne la devise de Kennedy sur les ambigüités de la drague : Kennedy mot consent  !

Gageons que la liste de ses maîtresses putatives (dont pute n'est pas l'étymologie, précisè-je par galanterie) va progressivement s'épaissir comme un vulgaire listing de Clearstream. Certains voient d'ailleurs dans cette affaire DSK une main occulte dans les dessous politiques, mais laissons ces vipères cracher leur semence... euh, leur venin.

Certes, on pourra toujours trouver des différences. Souvenons-nous de l'aéroport Kennedy de New-York, ou du centre spatial de Floride, du Mont Kennedy au Canada. Or, il est peu probable que l'aéroport Charles-de-Gaulle soir rebaptisé DSK airport, ou une montagne européenne - mont DSK, fût-elle de forme phallique. À moins que l'on donne son nom au centre spatial de Guyane ?

Non, sans rire, connaissez-vous un nom plus mal choisi que Kourou ou CSG pour un centre spatial ?

Cap Kennedy, au moins c'est un cap, pointu, mâle, alors que Kourou, c'est un fleuve, et dans le monde entier les fleuves ont une symbolique maternelle, nourricière, loin de la virile conquête de l'espace et de ses fusées en forme de priape ! Ou de suppo... Quant à CSG, moi ça m'évoque plutôt les impôts, la Contribution sociale généralisée...

Pour notre futur deuxième porte-avions nucléaire, DSK serait inadapté si on considère qu'il a raté son envol présidentiel... Manquerait plus qu'une grève des pilotes de chasse. Mais d'un autre côté, la virilité persistante et irrépressible de DSK pourrait impressionner nos ennemis : « Les Français, duos habet (de porte-avions) et bene pendentes, faut faire gaffe ».

Par ailleurs, nous démentons formellement que l'hôtel new-yorkais de la chaîne Sofitel soit prochainement rebaptisé « Hôtel DSK ». Imaginez les malentendus en perspective avec les clients : « Quand j'ai demandé la suite, ce n'est pas ce que je voulais dire... Si ma femme l'apprend, ça va faire des histoires ! » ou encore « Quand vous dites service compris, pouvez-vous être plus explicite ?.. », voire les déceptions : « Je n'ai pas demandé une collation mais une fellation ! »

Bref, cette démonstration tendant à faire de DSK le Kennedy français peut paraître un peu courte, mais vous n'êtes pas sans savoir qu'en la matière la longueur ne fait pas tout.

Enfin, comme pour Kennedy, les complotistes penseront toujours qu'il y avait plusieurs tireurs !


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17 réactions à cet article    


  • devphil30 devphil30 1er septembre 2011 11:13

    « Kennedy mot consent  ! » Excellent jeu de mot 


    • Krokodilo Krokodilo 1er septembre 2011 12:35

      Merci, d’autant que ce n’est pas ma spécialité ; si vous aimez le genre, hormis les titres du Canard, François Reynaert titre systématiquement sa chronique du Nouvel obs par un jeu de mot de son cru, papier je crois mis en ligne gratos la semaine suivante sur leur site Internet.


    • thaumaetopea 2 septembre 2011 05:54

      DSK - JFK..... aucun rapport en dehors du « tir croisé triangulaire » pratiqué à Dallas et aux « chandelles ».


    • easy easy 1er septembre 2011 11:22

      Je ne vais pas prétendre que JFKennedy n’est pas devenu un symbole et que comme tous les symboles, il n’a pas servi de cristal à nos besoins d’hystériser. (Mais s’il en est un des champions sur le terrain des accomplissements politiques, d’autres personnages servent aussi de cristal mais sur d’autres terrains)

      Il va de soi que des millions d’hommes et de femmes, surtout des Blancs orientés en politique, seront allés à en refabriquer des avatars ou sortes de copies de JFK.
      Et DSK pourrait, comme bien d’autres, avoir été tenté et poussé à lui « ressembler » quelque part.

      Mais quitte à désigner lequel des Français s’efforcerait le plus d’évoquer JFK (en ce qu’il avait de charismatique) ce n’est pas DSK que j’aurais choisi.

      De même que N III ne pouvait ressembler à son oncle tout en cherchant à l’imiter en son charisme, il me semble que sans jamais parvenir à ressembler à JFK, NSKozy recherche davantage cette ressemblance évocatrice que DSK.

      Concernant la compagne, JFK pouvait fortement considérer que c’était lui qui avait fait le charisme mondial de Jackie, ce qui est le cas de NSKozy. Alors que c’était quasiment l’inverse dans le couple DSK Sinclair.

      JFK avait mis en scène ses enfants et ça a continué après sa mort.
      Il avait également mis en scène sa fratrie.
      Il avait du goût pour les faits d’armes.
      Il adorait fabriquer sa symbolique.

      Rien de ça chez DSK alors que c’est une constante chez NSKozy

      DSK, s’il cherchait à évoquer un autre symbole, ce serait plutôt celui que représentait Mitterrand.

      DSK s’est retrouvé sur une haute trajectoire mais il était certainement de tous les princes, celui qui avait le moins la rage de devenir roi. Il était certainement le moins manipulateur et le plus manipulable des personnages de son rang.

      JFK et NSK ont utilisé les services de l’Etat pour contrôler leur espace libidineux récréatif. Alors que DSK ne l’a jamais fait et n’a confié les clefs de cet espace directement à sa femme qui en avait accepté d’emblée la charge quand elle avait décidé de vivre avec lui.


      Mais ici que nous jouons à des comparaisons entre figures ou symboles, prenons nos responsabilités et rappelons bien que ce jeu participe entièrement au symbolisme et donc aux coagulations.


      • Annie 1er septembre 2011 11:44

        Voilà un article pour commencer la journée dans la bonne humeur. Au moins pour celui-là, je ne crois pas qu’il y aura de malentendu.


        • Krokodilo Krokodilo 1er septembre 2011 12:39

          Alors j’ai fait ma BA du mois !


        • Krokodilo Krokodilo 1er septembre 2011 12:29

          Je suis assez d’accord, encore que l’assassinat de JFK a rendu définitivement impossible de juger sa volonté réelle de travailler pour le peuple, comme vous dites. Obama aussi donnait ce sentiment, obtenant même le prix Nobel le plus absurde qu’on ait vu, avant même d’avoir fait quoi que ce soit hormis un discours et, depuis, les désillusions s’accumulent.


        • Krokodilo Krokodilo 1er septembre 2011 13:13

          Malgré tout, pour être honnête envers DSK, il me semble qu’il soutenait une réforme du dollar pour revenir à une parité avec un métal, ou alors une monnaie mondiale autre, je ne sais plus, ce qui le rapprocherait plutôt de Kennedy, non ?


        • ottomatic 1er septembre 2011 13:16

          Comment oser comparer l’ami des banquiers a celui qui a sans doute été assassiné pour avoir tenter de casser le pouvoir des banques au US ????


          • goc goc 1er septembre 2011 14:12

            @ l’auteur

            s’il ya un point de ressemblance entre jfk et dsk c’est leur fragilité à cause du sexe, il ne faut pas oublier que le FBI (Hoover je crois) avait un contrôle total sur jfk à cause de ses « conquêtes » et en particulier la blondasse Monroe (qui un temps avait été prévue pour le prince Rainier de Monaco) , et dsk est aujourd’hui dans la même situation de dépendance au sexe et donc est tout autant contrôlable, la preuve avec l’affaire Diallo

            Quand au mythe jfk, il ne faut pas oublier qu’il est a l’origine de la guerre au Vietnam, et de l’embargo sur Cuba (embargo toujours en activité), sans oublier qu’il a failli réduire la planète en poudre juste pour le plaisir d’avoir le dernier mot, mais comme dit le proverbe, c’est le plus intelligent qui cède, et donc c’est Kroutchev qui est parti


            • Annie 1er septembre 2011 21:04

              JFK était surtout l’amant de Judith Campbell, devenue maîtresse de Sam Giancana, un chef de la mafia. Pendant ce temps, son frère, l’attorney général, s’attaquait à la mafia et qui trouvait-il en face de lui, des politiciens, dont son père qui s’était compromis avec elle pour bâtir sa fortune . J’admire plus RFK qui a révolutionné le FBI en ne lâchant pas le morceau et en l’obligeant à lutter contre la mafia, et par ricochet contre les politiciens corrompus, en prenant le risque de compromettre son père, et cela même s’il a cédé lui aussi aux charmes de MM. Pour ceux que cela intéresse, il faut lire les livres de Burton Hersh à ce sujet, en anglais malheureusement , ce qui vous désolera Krokodilo : http://www.nytimes.com/2007/09/09/books/review/Corn-t.html?n=Top/Reference/Times%20Topics/Subjects/O/Organized%20Crime


            • Krokodilo Krokodilo 1er septembre 2011 16:07

              C’est fou le nombre de gens qui savent qui a tué Kennedy !


            • LE CHAT LE CHAT 1er septembre 2011 15:56

              @kroko

              un peu d’humour ne peut pas faire de mal !

              DSK n’est pas tombé avec la même arme que JFK , la détente est trop sensible pour celle de DSK ....  smiley


              • Krokodilo Krokodilo 1er septembre 2011 16:06

                Effectivement, ces armes modernes à tir rapide font des ravages !


              • Aldous Aldous 1er septembre 2011 17:47

                La grande différence entre JFK et DSK c’est qu’avec JFK on se demande encore qui a tiré le coup fatal alors qu’avac DSK on le sait.


                • chapoutier 1er septembre 2011 17:51

                  +20 d’un coup (c’est le cas de le dire)


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