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Du gouvernement des citoyens à la gestion des stocks

 

Du gouvernement des citoyens à la gestion des stocks.

 

Le principe de la démocratie veut que les citoyens participent à la confection des décisions qui leur seront opposées par ceux qu’ils désignent à ces fins. Décisions qui doivent être prises, selon la définition de Lincoln, dans l’intérêt du peuple, par un gouvernement qui en est l’émanation.

On ne s’en rend pas compte, ou on n’ose pas se l’avouer … Mais ceux qui ont imaginé le système « européen », ont mis en place un système exactement contraire aux principes de la démocratie. Système en question qui a rallié les faveurs de l’ensemble des professionnels de la politique, ainsi qu’en atteste de manière éclatante le vote par les parlementaires du traité de Lisbonne. Vote qui annule le rejet de ce système par peuple (rejet de la constitution européenne par référendum), et ainsi qu’en attestent encore, il y a juste quelques semaines, les déclarations des principaux candidats à l’élection présidentielle.

Organisation non « démocratique » (au sens donné traditionnellement à ce mot) de l’espace européen, puisque la politique sociétale est déterminée dans des traités, sans possibilité pour les « peuples » d’en changer. A moins de dénoncer les traités. Ce que les rédacteurs de ces derniers ont rendu très difficile. Ce que les professionnel de la politique se gardent bien de proposer.

La politique en question ( organiser la liberté de circulation des capitaux, des individus et des marchandises et placer sous contrôle ou sous propriété privés ce qui relevait de la puissance publique) est mise en œuvre par des organismes ad hoc, nommés par des élites. Ou installés dans un contexte dans lequel il n’y a pas de lien entre « l’électeur » et « l’élu » ( en attendant « pire » avec les listes transnationales). Organismes décisionnels qui ne sont plus du tout les gouvernements placés sous le contrôle du peuple. Lesquels (commission, « parlement » européen, …) prennent des décisions auxquelles les structures étatiques nationales survivantes doivent ensuite obéir. Et il ne s’agit pas de fédéralisme ou de pré-fédéralisme, puisque le fédéralisme n’empêche pas les peuples d’avoir prise sur le contenu des règles qui les concernent.

 

Dans ce contexte, les individus, qui ne sont plus tout à fait des « citoyens », doivent être gérés dans la logique du fonctionnement de la mécanique.

A.

En théorie, il faut que plusieurs conditions soient remplies. Les pratiques utilisées dans les cinq dernières années, sans doute parce qu’elle le furent de manière un peu voyante, illustrent le fait qu’on est passé du gouvernement des citoyens à une sorte de gestion des stocks. Le tout dans le cadre constitutionnel imaginé en 1958. Ce qui explique probablement que les commentaires du comportement et de l’action de M. E. Macron se font par référence à ce cadre et par référence à des personnages ayant gouverné dans ce cadre. D’où, les critiques. Mais si l’on met en relation d’une part le comportement du même et les décisions prises depuis ces 5 dernières années et, d’autre part, les règles et les mécanismes inscrits dans les traités européens successifs, on est frappé par l’existence d’une sorte de concordance quasi parfaite.

1. Pour que cet incroyable système fonctionne, il faut que les pouvoirs publics soient entre les mains de gens « sûrs ». Qui n’aient pas d’état d’âme. Comme c’est d’ailleurs le cas dans le monde des affaires, qui pour être efficace, ne doit pas se préoccuper de « sentiments » ou de morale.

On a vu en France, comment un volontaire (E. Macron) s’est fait remarquer, en prévision des élections de 2017, par les cercles de gens adeptes de l’idéologie sociétale en question. Lesquels ont nécessairement, dans leur logique, apprécié si les traits de caractère de ce dernier étaient en adéquation avec les aptitudes requises pour faire tourner cette (monstrueuse) mécanique. La réponse fut positive si l’on en juge par les financements et les gigantesques campagnes de presse (représentant des fortunes) dont l’intéressé a bénéficié. En vue qu’il puisse atteindre l’objectif d’obtenir le (faible) nombre de voix au premier tour ( un peu moins de 20% des électeurs inscrits suffisent actuellement compte tenu notamment du jeu des partis, dans lequel sont et demeurent englués les professionnels de la politique) pour accéder au poste névralgique.

2. Il en va de même pour les élections législatives qui permettent de dégager une majorité dont le rôle véritable est de mettre désormais une barrière entre l’élite et la « populace ». A cet égard, et dans cette logique, on doit relever que non seulement cette majorité, ainsi qu’on l’a observé ces cinq dernières années, ne vota jamais la censure, n’amenda pas insolemment les projets de loi. Mais encore, que ses membres paraphrasèrent dans leur quasi totalité, dans la soumission (conditionnant la carrière), la parole présidentielle au lieu de représenter les citoyens.

3. La main mise des gens des affaires sur la gestion du nouveau système fut renforcé en profondeur par l’organisation méthodique de la porosité entre les titulaires des charges publiques et les réseaux privés dont il a été parlé ci-dessus.

Et même - en tournant quelque peu la vieille constitution- jusqu’à la détermination et la conduite de la politique. Ce qui relève théoriquement de la compétence du gouvernement (les ministres autour du président de la République) fut concédé par contrat à une officine privée ( Mc Kinsey) aux diverses ramifications. Laquelle peut être remplacée demain par n’importe quelle autre structure : « forum de Davos », think tank ou autre réseau de financiers et de groupes industriels.

La mécanique fut renforcée par les conflits d’intérêts érigés en mode de fonctionnement des instances supérieures, avec les pantouflages et les rétro pantouflages public/privé. Et aussi public/public (des juges, contrôleurs des décisions de l’Exécutif, se voyant offrir et acceptant des postes de subordonnés de ministres).

 

4. D’autres astuces ont consisté à prendre des décisions (bien que non militaires) en comité secret, décisions elles-mêmes protégées par le secret. Les conseils de dits de défense sanitaire ont pu ainsi décider tout et n’importe quoi, en échappant à la règle selon laquelle les parlementaires peuvent contrôler l’action gouvernementale. Sans compter que les contrats signés avec les fabricants de « vaccins » ont été « caviardés ». Le tout faisant penser à la formule : « circulez … il n’y a rien à voir ! ». NB. L’attitude adoptée par E. Macron, dans les affaires Benalla et Kohler s’inscrit également dans cette même logique.

 

B.

Le nouveau processus décisionnel étant ainsi installé, reste alors à mettre en place la gestion du peuple, en tous cas de la partie de celui-ci que l’élite méprise et craint tout à la fois. 

Le peuple n’étant plus acteur de sa vie, il devient ipso facto une sorte de stock (d’individus) à gérer.

Individus, qui, d’ailleurs, ont même été jugés par le président de la République en exercice, ne plus être tout à fait des citoyens, et que le même était fondé à avoir envie de les « emm… ». Les individus en question ayant osé, un peu à la manière des blasphémateurs, ne pas croire les dirigeants lorsque ces derniers leur paraissaient raconter des histoires sur les « vaccins ».

 

Les cinq dernières années renseignent sur les techniques de gestion utilisées.

1/ Les mouvements de protestation ont été décrédibilisés. Des casseurs … ont itérativement cassé : ce qui a permis de faire passer les contestataires pour des délinquants ou des irresponsables. Et quand ça n’a pas suffi, des médecines d’un genre particulier ont été utilisées pour éviter à la contestation de reprendre : on a éborgné quelques mécontents, ce qui a passé aux autres l’envie de l’être.

2/ A peu près toutes les techniques de manipulation ont été utilisées par les médias qui se trouvent entre les mains des adeptes ( et des bénéficiaires) de l’idéologie sociétale. L’information (triée) fut souvent remplacée par des argumentaires chargés ; les contradicteurs ont été écartés des médias ou ont été qualifiés de telle manière que leurs propos ne pouvaient ni être pris au sérieux, ni même être dignes d’être écoutés.

Les instincts humains furent exploités à grande échelle : la peur ( pour obtenir de la masse qu’elle se fasse vacciner) ; d’autres réflexes assortis d’une information triée (par exemple pour faire admettre la mise en œuvre des intérêts américains sur le territoire ukrainien, y compris au détriment des peuples européens), …

Et ce, jour et nuit, chaque jour de la semaine.

3/ La démocratie représentative une fois stérilisée, on a créé le concept de la démocratie « participative » (sic) : on met des gens dans une salle, après les avoir triés si possible, et on les invite à dire ce qui leur passe par la tête. Après que des décisions ont été prises. Ce qui ne sert à rien. Ou en l’absence de décision, ce qui ne sert à rien non plus puisque les décisions dépendent de toutes façons des seules élites. Lesquelles ont une feuille de route qui ne peut pas être la satisfaction de revendications qui ne s’inscrivent pas dans la logique de ladite feuille de route.

4. Enfin, on a assisté, lors de la diffusion du virus covid 19, à la mise en place d’une sorte de permis de jouir de ses libertés au profit des personnes ayant eu la bonne attitude. Les personnes qui avaient suivi les prescriptions de l’élite de se faire injecter un produit, ont reçu un « QR code ». Qui une fois mis sur le téléphone portable donnait l’autorisation de travailler, voyager, ou aller au restaurant. Ce n’était évidemment pas un téléphone portable qui pouvait éloigner, comme par magie, le virus. Ce n’était pas non plus la vaccination. Puisque chacun savait que le vaccin que le gouvernement voulait faire administrer à tout le monde ne protégeait pas de la contagion et n’empêchait pas de contaminer.

Qu’il y ait un permis de conduire les automobiles ou les camions est une chose. Mais qu’il existe un permis d’aller au restaurant ou de prendre un train relève évidemment d’une autre démarche. L’élite française a donc introduit en France un instrument de gestion de la population, rendu possible par la technologie, selon lequel l’usage d’un doit ou d’une liberté élémentaires, deviennent subordonnés à la production de la preuve du bon comportement. Tel que ce dernier est défini et prescrit par l’élite.

 

Alors ?

Peu d’individus ont pris conscience que, sous un certain rapport, ils ne vivaient plus en démocratie. Probablement parce qu’on ne leur tape pas dessus et parce qu’ils ne sont pas arrêtés arbitrairement comme dans les dictatures.

Et aussi, et surtout probablement, parce que penser qu’on ne serait plus en démocratie est une idée qui serait dénoncée par l’élite ( à grand renfort de commentaires journalistiques) comme inconvenante, irresponsable, complotiste, populiste, relevant d’un dérèglement mental, ( ou pire encore) ….

En tous cas, l’analyse des faits invite le constitutionnaliste (si le mot de « démocratie » a toujours le même contenu) à le constater.

 

Indépendamment de toute polémique et de toute arrière pensée partisane, il ressort de l’observation, que les élites (public / privé) ont réussi à transformer progressivement et très profondément le régime politique.

Insidieusement, puisque sans passer par une abrogation formelle de la constitution. (NB. Si l’on traduisait en dispositions constitutionnelles le mode actuel de gouvernement, on aurait un texte assez cocasse).

Sans que les contre pouvoirs ( députés, juges) y aient trouvé à redire.

Sans qu’aient joué les garde fous qui ont retenu, jadis, les individus investis d’une charge publique de se croire tout permis.

 

Combien de temps cela durera-t-il ?

D’où ? de qui ? viendra l’éventuel sursaut ?

 

Marcel-M. MONIN

m. de conf. hon. des universités.


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10 réactions à cet article    


  • Clocel Clocel 11 mai 15:44

    Tout va bien...

    On vient de renouveler le mandat de McKinsey, niveau gestion, le top !

    Super Dupont est heu-reux !


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 11 mai 16:28

      Merci pour cet inventaire et description des mécanismes manipulatoires à l’œuvre.

      « Combien de temps cela durera-t-il ? »

      Réponse : aussi longtemps que le chien de Pavlov continuera à saliver quand il entend la sonnette. Nous ne sommes pas traités comme des marchandises, contrairement à ce que vous dites. Nous sommes traités comme des consommateurs, des clients livrés aux appétits des commerciaux qui font plus qu’influencer par la propagande, publicité et marketing, nos comportements d’acheteurs-électeurs : ils décident des produits parmi lesqueels vous devez choisir. Il ne s’agit pas de « satisfaction des besoins » comme dans la pyramide de Maslow, mais d’injonctions qui peuvent même être contradictoires, histoire de déboussoler complètement les victimes.

      « D’où ? de qui ? viendra l’éventuel sursaut ? »

      Réponse : du mouton noir, s’il arrive à déjouer la vigilance de l’éleveur en se farinant la laine tous les matins jusqu’à l’âge adulte. Mais, au prix de la farine, c’est pas gagné.


      • Clocel Clocel 11 mai 16:34

        @Séraphin Lampion

        Qui pourrait bien avoir envie de compromettre son intégrité pour sauver un troupeau de lavettes ?

        Vois où en est Julian Assange pour avoir essayé de rendre ce monde moins dégueulasse...


      • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 11 mai 16:47

        @Clocel

        Et aussi Snowden, Manning, Brockovich, Deltour, Ellsberg, Felt, Robert et Backes, Wigand,… la liste serait longue. Sans compter les journaleux qui se font découper au consulat d’Arabie à Istanbul et les chtis niaques qui ont un un zéro au crédit social.


      • Clocel Clocel 11 mai 17:04

        @Séraphin Lampion

        Shireen Abu Akleh...


      • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 11 mai 17:10

        @Clocel

        ouais, ça vient de sortir !
        tous aux abris !


      • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 11 mai 18:41

        Dans d’autres bouches, ça sonne comme « De la gestion du gouvernement des stocks de citoyens » ^^


        • Mozart Mozart 12 mai 11:30

          La démocratie est le pire des régimes à l’exception de tous les autres qui ont ou être expérimentés dans l’Histoire !

          Le meilleur argument contre la démocratie est un entretien de 5 minutes avec un électeur moyen.

          Winston Churchill

          Comme il avait raison le vieux bulldog !


          • eddofr eddofr 12 mai 12:06

            @Mozart

            La Démocratie consiste à être gouvernés par des cons, tous les autres régimes consistent à être gouvernés par des Salops.

            Elle est de moi celle-là et je l’aime bien smiley


          • eddofr eddofr 13 mai 14:19

            @eddofr

            La démocratie ce sont des cons qui choisissent des salops pour les gouverner et les autres régimes ce sont des salops qui prennent le pouvoir pour gouverner les cons.

            Je ne sais pas, celle là est un peu trop longue ...

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