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Du thriller à la comédie de mœurs : 4 séries TV sud-coréennes à voir d’urgence

Meurtres en séries, arnaques, vie étudiante, adultères féminins… Si vous êtes fan de séries TV et que vous ne vous êtes pas encore mis aux dramas sud-coréens, ou K-dramas, c’est le moment ! Le terme "drama" n’implique pas nécessairement la présence de scènes larmoyantes, mais désigne plutôt un format, celui du feuilleton s’étalant généralement sur 16 à 20 épisodes.

Il est loin, le temps où les dramas coréens étaient dominés par le genre du mélodrame ! En pleine conquête du marché mondial (la Corée du Sud est le second exportateur mondial de culture pop, juste après les Etats-Unis), les chaînes coréennes proposent des histoires originales dans tous les genres, du polar à la comédie romantique, en passant par le fantastique, la comédie de mœurs et le thriller politique.

"Signal" : thriller noir à la coréenne

Le cinéma n’a plus le monopole du thriller noir en Corée du Sud : la télévision s’est emparée du genre avec des productions ambitieuses, comme l’excellent "Signal" (tvN), mon préféré de l’année 2016. L’histoire tourne autour d’un mystérieux talkie-walkie permettant à deux policiers vivant à des époques différentes de communiquer. L’un est profiler en 2015 et travaille sur des affaires non résolues, l’autre évolue dans les années 80-90. Ensemble, ils vont tenter de résoudre ces affaires, voire d’empêcher certains événements de survenir.

Brillamment écrit par la scénariste Kim Eun Hee, une pointure du genre, ce drama de 16 épisodes nous immerge dans une série d’enquêtes tortueuses pour délivrer un propos fort sur une justice à deux vitesses qui écrase les classes populaires. Les cinéphiles reconnaîtront peut-être, avec la seconde enquête du drama, une véritable affaire de meurtres en série survenue dans la province de Gyeonggi et retracée dans le film "Memories of Murder" (Bong Joon Ho).

Soutenu par une mise en scène digne des grands thrillers coréens du cinéma, "Signal" dresse un tableau social noir et cruel, mais porte aussi un regard très humain sur les victimes. L’argument fantastique de "Signal" ajoute un véritable mystère à l’intrigue tout en servant admirablement les enjeux dramatiques. Il va sans dire que, à la manière de "L’Effet Papillon", les changements opérés dans le passé ne sont pas sans impact sur le présent.

La série dresse également les portraits touchants de personnages interprétés par deux acteurs (Lee Je Hoon et Choi Jin Woong) et une actrice (Kim Hye Soo) magistraux. Au passage, les thrillers télévisuels coréens réhabilitent les personnages féminins, qui font cruellement défaut dans le cinéma de genre local.

"Squad 38" : des arnaques et des impôts

Dans un genre différent, la série "Squad 38" (OCN) fait preuve d’audace en s’intéressant au monde des… impôts ! Un univers a priori pas très sexy, sur lequel le drama parvient à nous faire réfléchir de manière très fun. Dans l’histoire, un agent révolté par les pratiques d’évasion fiscale des plus puissants, qui s’opèrent avec la complicité de ses supérieurs et du monde politique, s’allie avec un arnaqueur. Aidés par une bande d’escrocs, ils vont mettre au point des arnaques sophistiquées pour soustraire aux plus puissants la somme qu’ils doivent à l’Etat, afin de la redistribuer au peuple.

Véritable pépite de mise en scène au rythme enlevé et à l’humour décalé, "Squad 38" orchestre les opérations de ces Robins des bois des temps modernes à la manière d’un film de casse, de la préparation à la gestion des imprévus, en passant par le travail d’acteur requis pour piéger les cibles. La série permet également de découvrir le travail des agents au quotidien, la préparation des saisies et les pressions, voire les menaces, auxquelles ils s’exposent s’ils contrarient les patrons des chaebols (multinationales coréennes).

Là encore, le jeu des acteurs est remarquable : pour les besoins des arnaques, l’un des deux héros, joué par l’irrésistible Seo In Guk, endosse différents costumes (manager d’entreprise, investisseur chinois, voyou, etc.), ce qui occasionne de véritables moments d’anthologie.

"Drinking Solo" : étudier en Corée

Dans un registre plus tranche de vie, "Drinking Solo" (tvN) s’intéresse à une galerie de personnages qui ont l’habitude de boire seuls pour des raisons différentes. Les deux protagonistes principaux, un conférencier arrogant et psychorigide et une prof débutante un peu gourde, travaillent dans une prestigieuse école privée. Autour d’eux, des collègues un peu barrés et des étudiants pas toujours très studieux.

Interprété par un casting aux petits oignons, tout ce beau monde forme un univers très attachant et délicieusement déjanté. J’affectionne particulièrement une bande de trois étudiants – l’un obnubilé par la réussite de ses examens et les deux autres glandeurs au possible – dont les échanges, ponctués de chamailleries absolument hilarantes, sonnent plus vrai que nature. Il va sans dire qu’un grand nombre de scènes tournent autour de la boisson, consommée en solo ou en groupe, et souvent source de dérapages.

Le drama dépeint aussi un milieu étudiant assez fascinant : pour avoir la cote sur Internet et attirer le plus d’élèves possible dans leur salle de classe équipée d’écrans hi-tech, les professeurs ont recours à un véritable marketing, voire un merchandising – je parie que vous n’auriez jamais pensé avoir des lingettes à l’effigie de votre prof d'histoire ! Un drama rafraîchissant, parfois touchant, à consommer sans modération.

"This Week, My Wife’s Having An Affair" : révolution des mœurs

Dans le genre subversif, "This Week, My Wife’s Having An Affair" (jTBC) met en scène un père de famille qui découvre un soir, en regardant machinalement le portable de sa femme, qu’elle a rendez-vous dans un hôtel avec un autre homme. Comme pour en rajouter une couche, ce producteur TV est chargé de réaliser un reportage sur l’adultère au féminin, qui aurait explosé depuis que la loi condamnant l’adultère a été abolie en Corée du Sud en 2015.

Le drama commence sur les chapeaux de roues en nous plongeant dans la tête de ce quadra dont le monde s’effondre du jour au lendemain, et dont les états émotionnels sont décortiqués de manière particulièrement épique. Le point de vue de sa femme apportera bien sûr un autre éclairage. Nul discours réactionnaire ni jugement figé dans cette histoire : en 12 épisodes et sans temps mort, le scénario orchestre un véritable débat de fond qui laisse s’exprimer moult points de vue masculins et féminins et réactions émotionnelles variées sur les questions de l’adultère, du couple, du divorce ou encore de la confiance. Au passage, ce drama constitue une belle manière de prendre la température des rapports hommes/femmes dans la société coréenne d’aujourd’hui.

Notre héros tombe aussi dans le piège de se confier sur un forum Internet, ce qui perturbe parfois son jugement : rarement les échanges sur les réseaux sociaux ont été aussi bien représentés à l’écran, sur la forme (la mise en scène est très créative) comme dans le fond. Les interactions entre ces inconnus de tous horizons et l’emballement collectif qui peut saisir un groupe d’internautes s’avèrent particulièrement bien vus.

Malgré des scènes de couples chargées émotionnellement (les deux acteurs principaux, Lee Sun Kyun et Song Ji Hyo, sont époustouflants), "This Week, My Wife’s Having An Affair" ne laisse jamais une impression de lourdeur et maintient même une certaine légèreté de ton, grâce à des personnages secondaires savoureux et des scènes de comédie qui font irruption sans crier gare. Un petit bijou.

Ces dramas témoignent de la variété du paysage télévisuel actuel en Corée du Sud, mais aussi de leur capacité à saisir l’air du temps en intégrant aussi bien les évolutions sociales du pays, que les bouleversements sociétaux que nous vivons tous avec le numérique. Oui mais comment voir ces séries ? Plusieurs portails diffusent aujourd’hui des dramas coréens avec sous-titres français ou anglais : Viki, Dramapassion et Gong TV en VO avec sous-titres français, et MyAsianTV en VO avec sous-titres anglais.


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1 réactions à cet article    


  • La mouche du coche La mouche du coche 18 février 2017 19:55

    Propagande de l’empire américano-sioniste.

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