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Accueil du site > Tribune Libre > Économistes américains sur l’euro, 1989-2002 : ça ne peut pas (...)

Économistes américains sur l’euro, 1989-2002 : ça ne peut pas arriver, c’est une mauvaise idée, ce sera un échec

Dans notre précédent article, nous présentions une enquête de la Commission européenne rassemblant 170 travaux d'économistes américains, de 1989 à 2002, sur le projet d'union monétaire européenne (UEM), qui a abouti à l'euro en 1999. Le présent article propose une traduction partielle de l'enquête.

PNG - 45.6 ko
Fréquence des publications sur l’euro
Graphique tiré de l’étude

Cette traduction est la nôtre, avec l'aide de translate.google.fr/ Elle n'est donc pas officielle et ne présente aucune garantie. Nous avons traduit quasiment intégralement la section

3. Pourquoi les économistes américains étaient si sceptiques envers la monnaie unique européenne ?

Pour le reste, nous nous sommes contenté des titres de section et les paragraphes qui apportent des éléments utiles à la compréhension de la section 3.

 

Ici commence la traduction :

 

Économistes américains sur l'euro : ça ne peut pas arriver [(“It can't happen”)], c'est une mauvaise idée [(“It's a bad idea”)], ce sera un échec [(“It won't last”)].

[...]

Lars Jonung et Eoin Drea

10 novembre 2009

Résumé :

[...]

Il est surprenant que les économistes de la plus grande union monétaire en existence, celle du dollar, étaient si sceptique sur l'unification monétaire en Europe. Nous expliquons cela comme suit :

[...]

Lars Jonung, est consultant chercheur à la DG ECFIN, à Bruxelle. Eoin Drea, est économiste chez Tom Phillips and Associates, à Dublin

Milton Friedman affirmait dans une entrevue en l'an 2000 :

« Du point de vue scientifique, l'euro est une curiosité des plus intéressantes. Un peu comme un miracle. Je doute que ce sera une grande réussite... Mais ce sera en tout cas intéressant de voir le passage de la théorie à la pratique »

Voir Friedman (2007).

Introduction

L'euro a dix ans. [...] C'est une étape décisive dans le processus d'intégration européen. L'euro surpasse le dollar comme monnaie de réserve. [...] C'est une expérience fascinante.

[...]

Nous nous concentrons sur les économistes américains pour deux raisons principales. [...] En raison de leur domination intellectuelle de la profession universitaire, les économistes américains ont été la référence incontournable de la réflexion sur l'UEM. Deuxièmement, les économistes des États-Unis - contrairement à leur confrères européens - ont déjà l'expérience d'une grande union monétaire, celle du dollar américain, et ils en connaissent donc les avantages et les inconvénients.

[...]

Nos conclusions s'appuient sur environ 170 publications d'économistes américains : 130 par des universitaires et environ 40 par des banquiers centraux de la FED. Voir la figure 1 sur la fréquence des publications couverts . Il existe deux pics. Le premier se situe autour de 1993, avec la signature de Traité de Maastricht et la crise du SME. Le second situe vers 1997, sachant qu'il ne reste alors que deux ans avant la transition à l'euro.

Le titre de notre rapport reprend la déclinaison, par Rudiger Dornbusch’s (2001a), des opinions américaines sur l'UEM : ça ne peut pas arriver [(“It can't happen”)], c'est une mauvaise idée [(“It's a bad idea”)], ce sera un échec [(“It won't last”)].

1. Les fondations de la monnaie unique 1989-1996

C'est le rapport Delors de 1989 qui a enclenché le projet d'UEM. En 1991, était signé le traité de Maastricht qui imposait aux candidats à leur les conditions suivants. Deux années

consécutives d'appartenant au régime de change fixe, le SME. Des cibles budgétaires et de dettes publiques rapportés au PIB, d'inflation et taux à long terme.

[...]

1.1. Économistes de la FED, 1989-1996

(1) La transition du marché commun vers la monnaie unique

[...]

(2) L'UEM est-il ‘navigable’ ?

[...]

Au final, les économistes de la FED étaient ouverts à la perspective de la monnaie unique, mais pensaient toutefois qu'elle devrait être retardée.

1.2 Economistes universitaires, 1989—1996

(1) Le traité de Maastricht

[...]

(2) Les ZMO

[...]

(3) La leçon américaine du fédéralisme budgétaire

Beaucoup d'économistes se sont penchés sur le rôle du fédéralisme budgétaire (“redistribution fiscale”), dont les États-Unis fournissent un exemple abouti, pour résorber les déséquilibres économiques entre régions, un phénomène connu sous le nom de « chocs asymétriques ».

[...]

Ils en ont conclu que la zone euro, à défaut fédéralisme budgétaire de puissance équivalente à celle des États-Unis, seraient handicapée sur le plan macroéconomique.

(4) Économie politique de l'UEM

[...]

2. La marche vers l'euro, 1996-2002

Au sommet de Madrid, en décembre 1995, le Conseil européen valide le projet d'UEM. Il s'appellera dorénavant euro. La transition des monnaies nationales à l'euro est alors prévue pour janvier 1999.

2.1. Économistes de la FED, 1996-2002

(1) Architecture de la BCE

[...]

(2) Analyse coût-bénéfice de l'UEM

[...]

(3) Impact de l'euro sur le dollar

[...]

2.2. Économistes universitaires, 1996-2002

(1) Politique au détriment de la logique économique

[...]

En décembre 1998, avec l'euro sur le point d'être lancé, Paul Krugman (1998a) résumait l'opinion dominante comme suit : « pendant 7 ans depuis la signature du traité de Maastricht prévoyant l'unification monétaire, ce plan a été critiqué, y compris par moi même, comme annonçant un désastre. L'hypothèse d'une désintégration de l'euro a été tellement entendue que j'ai l'impression qu'il s'est déjà produit ». Ce pessimisme a pour origine une tendance exagérée des économistes américains à voir l'euro comme une manœuvre politique aux mobiles plus ou moins avouables.

(2) L'Europe n'est pas une ZMO

[...]

(3) Euro contre dollar : la lutte pour la dominance ?

[...]

3. Pourquoi les économistes américains étaient si sceptiques envers la monnaie unique européenne ?

La principale conclusion de notre étude est que les économistes universitaires américains ont été critiques envers la monnaie unique dans les années 1990. A présent, l'euro existe depuis plus d'une décennie. Les prévisions pessimistes des années 1990 ne se sont pas matérialisés. L'euro est bien établi. L'euro n'a pas créé des remous politiques en Europe. Elle a favorisé l'intégration des marchés financiers, du travail, et des matières premières au sein de la zone euro. Le commerce a augmenté, et a donc la synchronisation du cycle économique. Les écarts d'inflation au sein de la zone euro sont actuellement comparables à ceux des États-Unis.

Pourquoi les économistes américains étaient sceptiques envers l'union monétaire européenne ?

En premier, les économistes ont privilégié les ZMO comme outil d'analyse de l'UEM, parce qu'il faisait autorité pour l'étude de l'union monétaire des États-Unis. Or, l'Europe étant, au départ, éloigné de cet idéal, il n'était que logique que le projet UEM soit rejeté. Ce faisant, ils ont été négativement biaisé parce qu'ils ont ignoré que la conformité aux ZMO pouvait évoluer favorablement sous l'action de l'union monétaire, tant dans ses aspects politiques que institutionnels. Ils ont regardé dans le rétroviseur affirme Mongelli (2005). Toutes les études ayant pour modèle les ZMO—il y en avait beaucoup—ont conclu que les candidats à l'euro étaient trop éloignés de cet idéal, en termes de mobilité des travailleurs, transferts fiscaux transnationaux, cycle économique, incidence des chocs etc. [...] La conclusion unanime des études fondées sur l'échelle des ZMO, l'euro était trop éloignée des États-Unis, pour pouvoir, comme elle, prétendre à une union monétaire.

En second, ils ont fait l'erreur de comparer le début de l'union monétaire européenne avec l'aboutissement d'un processus commencé il y a longtemps, non sans heurts au début, lui aussi, aux États-Unis. Certains économistes, emmenés par Frenkel et Rose, ont pris en compte cette critique et ont approché le problème de façon dynamique.

Troisièmement, le cadre d'analyse des ZMO est conçu pour comparer un régime de change flexible et une union monétaire. Or, ce n'est pas le change flexible qui était la norme en Europe, mais le régime de change fixe, éventuellement révisable.

Ce système de change fixe révisable a été discrédité dans les années 70, 80, et 90. Ses participants n'étant pas capables de rester dans les limites fixés, il fallait constamment réviser les taux de change cibles, ce qui était source de tensions entre les pays européens.

Si les économistes avaient intégrés le régime de change fixe révisable, effectivement préexistant à l'UEM, leur évaluation de cette dernière aurait été plus favorable.

Les économistes se sont contenté d'une comparaison statique entre les États-Unis et l'Europe, plutôt que voir l'unification monétaire comme un processus évolutif. Les économistes n'ont pas pris en compte comme alternative à la monnaie unique le régime de change fixe[, connu dans la période précédent l'UEM sous le nom de serpent monétaire européen]. Enfin, les économistes américains se sont égarés à donner trop de crédit à la thèse que l'UEM était une gigantesque manœuvre politique [pour faire avancer l'Europe], perdant ainsi de vue ses avantages économiques intrinsèques.

Quatrièmement, les économistes américains ont vu dans l'UEM une gigantesque manœuvre politique pour faire avancer l'Europe. Couplé à ce préjugé, l'impatience à mettre fin aux déboires du régime de change fixe pouvait faire craindre une UEM bâclée. Ce faisant, ils ont pu perdre de vue la composante économique de la motivation derrière l'UEM, celle de parfaire le marché unique.

Cinquième et dernier point, tout projet sortant des sentiers battus est susceptible de souffrir d'un préjugé négatif.

 


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13 réactions à cet article    


  • jef88 jef88 24 décembre 2013 12:08

    Quand il y avait de multiples monnaies européenne le terrain de jeux des spéculateurs était magnifique ! ! ! !
    Bien naturellement ils étaient contre la monnaie unique ! (Les économistes sont dans le même camp)
    avec l’euro ils ont trouvé un truc : le faire gonfler artificiellement pour que les produits en dollars soit plus avantageux ! et ça marche !
    de plus ils protégent leurs frontières pendant que l’Europe tient les siennes grandes ouvertes ... le super pied ....

    alors les belles théories d’économistes pontifiants c’est du vent ! Rien ne vaut le pragmatisme !


    • Bonneteau 24 décembre 2013 16:19
      Quelques ironies à relever sur cette enquête mais, d’abord, quelques mots sur le contexte dans lequel elle s’est faite :

      L’enquête a été publiée par, et réalisé pour le compte de, la Commission européenne, et un des deux chercheurs qui l’ont rédigée est rattaché à sa Direction Générale des Affaires Économiques et Financières (DG ECFIN).

      C’est la Commission européenne qui, sous l’impulsion de son président en 1989, Jacques Delors, a posé les bases de l’euro. Ces bases ont été très largement reprises dans le texte entérinant le projet, c’est à dire le traité de Maastricht, entré en vigueur en 1993 (1), dont on rappelle que c’est Jean-Claude qui Trichet qui a rédigé, au nom de Paris, les aspects monétaires

      (1) Lire, sur ce sujet, l’étude universitaire de 1997 intitulée Le rôle du rapport Delors dans la création de l’euro.

      La première ironie, c’est que les auteurs de l’enquête, qui lui apportent la dernière touche en 10 novembre 2009, ne se doutent visiblement pas que la crise de l’euro est en marche :

      « Les prévisions pessimistes des années 1990 ne se sont pas matérialisés. L’euro est bien établi. L’euro n’a pas créé des remous politiques en Europe. Elle a favorisé l’intégration des marchés financiers, du travail, et des matières premières au sein de la zone euro. »

      Et c’est pour ça qu’ils se disent surpris du pessimisme des économistes américains sur lesquels ils enquêtent. Et ils se fixent donc pour objectif, dans leur étude, de l’expliquer. C’est la section 3 que nous avons traduits. 

      Il y a fort à parier que si l’étude avait été décalée d’un an, en pleine crise de la dette grecque, la Commission européenne aurait réfléchi deux fois avant de publier cette étude. C’est ce qui donne toute sa valeur à cette étude. 

      La deuxième ironie est à rapprocher de l’affirmation, par les auteurs de l’enquête, que le régime de change fixe révisable était discrédité. Et que comme c’était la norme dans la phase précédant l’euro (l’ESM), c’est par rapport à elle, et non le change flottant retenu comme point de référence par les économistes américains, qu’il fallait juger des mérites de l’unification monétaire. Si seulement les économistes s’étaient pliés à cette méthode, ils auraient conclu que l’euro était une moins mauvaise idée. Sous entendu, leur prévision auraient alors collé avec la réalité.

      C’est un sophisme évident. La conclusion légitime, si on suit les économistes américains, c’était que, non seulement il ne fallait pas se lancer dans l’euro (compte tenu de l’absence de fédéralisme budgétaire), mais il fallait aussi abandonner le régime de change fixe révisable. Autrement dit, ils fallait que les états membres adoptent le change flottant.

      • Bonneteau 25 décembre 2013 12:15

        Et voici le fameux rapport Delors de 1989, qui a posé les bases de l’euro :



      • eau-du-robinet eau-du-robinet 25 décembre 2013 00:21

        Bonjour,

        ’’ 3. Pourquoi les économistes américains étaient si sceptiques envers la monnaie unique européenne ?

        La principale conclusion de notre étude est que les économistes universitaires américains ont été critiques envers la monnaie unique dans les années 1990. A présent, l’euro existe depuis plus d’une décennie. Les prévisions pessimistes des années 1990 ne se sont pas matérialisés. L’euro est bien établi. L’euro n’a pas créé des remous politiques en Europe. Elle a favorisé l’intégration des marchés financiers, du travail, et des matières premières au sein de la zone euro. Le commerce a augmenté, et a donc la synchronisation du cycle économique. Les écarts d’inflation au sein de la zone euro sont actuellement comparables à ceux des États-Unis. ’’

        — fin de citation —

        La construction de l’Europe et de l’Euro ont été fortement soutenue par les américains de le début des années 1960.

        Voyons donc comment cela c’est passé ... d’un plus prêt.

        Peu de gens sont au courent ce qui c’est passé dans les coulisses de la construction Européenne, hors il est essentiel de connaître ses faits car ils permettent de démasquer les intérêts cachées de la création européenne et de faire le lien avec les problèmes donc nous sommes confronté comme par exemple la politique de l’austérité, imposé par l’Europe !

        Les américains ont pris le pouvoir sur l’Europe après la deuxième guerre Mondial et cela à la suite du plan Marshall.

        Le plan Marshall (après son élaboration, il fut officiellement appelé «  Programme de rétablissement européen », en anglais European Recovery Program : ERP) était un plan américain pour aider la reconstruction de l’Europe après la Seconde Guerre mondiale... Les Américains ont ainsi contribué à la coopération européenne, prélude à la construction européenne ... source

        Motivations (du plan Marchal)
        ....
        Il s’agissait aussi de trouver des débouchés pour les produits américains. Les États-Unis ont connu pendant la guerre une forte croissance liée à l’industrie de guerre et la question à l’étude depuis 1941 à Washington est de savoir comment maintenir le plein emploi aux États-Unis après la guerre. La solution mise en place sera, via le plan Marshall de trouver des débouchés à l’étranger financés par des prêts remboursables en dollars. Ces prêts sont émis via la banque mondiale et contrôlés via le FMI (accords de Bretton Woods). La particularité de ces deux institutions est que les USA sont seuls à y avoir un droit de veto, ce qui leur permet de dicter leurs conditions, en particulier, d’obliger les pays européens ruinés à accepter que des conditions soient liées aux prêts du FMI .... source

        L’une des conditions de l’époque était que les dettes contractées par le pays recevant cette aide ne soient plus émises dans la monnaie du pays mais en or ou son équivalent en dollars dont le prix était de 34 $ l’once d’or. Ces prêts en dollars sont la garantie pour les États-Unis de ne pas avoir de perte de valeur si les pays emprunteurs dévaluent ; d’autre part les dollars dépensés pour acheter des produits autres qu’américains finiront toujours par revenir aux États-Unis pour acheter des biens américains. source

        Selon une révélation faites le 19 septembre 2000 dans le Daily Telegraph, le quotidien le plus vendu au Royaume-Uni, un journal conservateur et Euro-critique, la communauté des services secrets américains à mené une campagne, tout au long des années 60 enfin de promouvoir l’unification européenne.

        Le rôle des États-Unis fut camouflé comme pour une opération secrète. L’argent de l’ACUE (Americain Comite for United Europe) provenait de fondations Ford et Rockefeller , aussi bien des milieux d’affaires ayant des liens étroites avec le gouvernement américain.

        Les fondations Ford et Rockefeller sont des fondations privées. Les interventions des services secrets américains comme la CIA transitent souvent sous des faux noms des paravents privées comme celles de fondations Ford et Rockefeller ... de nos jours il y à aussi IBM, Microsoft, Boing, UPS, etc. donc des sociétés écrans qui permettent d’utiliser ses fondations lesquelles donnent de l’argent à tel ou tel club de réflexion pro européen donc des gens y appartenant sont en parfaite connivence avec le système américain. source

        Vous avez également la fondation de Bill & Melissa Gates qui utilisent leur fondation indirectement pour la promotion des produits de Monsanto (en Afrique) !

        Józef Hieronim Retinger (née le 17 avril 1888 à Cracovie en Pologne - et mort le 12 juin 1960) est un diplomate et « intermédiaire » polonais du XXe siècle, et une figure majeure de l’histoire du fédéralisme européen. Il est le cofondateur, au lendemain de Seconde Guerre mondiale, de la Ligue européenne de coopération économique (LECE). En décembre 1947, il est secrétaire général du Comité international de coordination des mouvements pour l’unité européenne.

        Partisan du fédéralisme comme solution à la guerre en Europe dès la fin de la Première Guerre mondiale, Jozef Retinger est parfois considéré comme le père d’ombre de l’Europe contemporaine. Il a joué un rôle phare dans l’organisation du Congrès de La Haye de 1948 et dans la fondation du Mouvement européen, et a été l’initiateur de l’idée de congrès annuel euro-américain devenu, à partir de 1954, le groupe Bilderberg.

        source

        Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le jour de gloire de Retinger prend forme lors d’un discours prononcé le 7 mai 1946 à Chatham House, think tank de la politique étrangère britannique créé par son ami Lionel Curtis. Il défend le principe de l’unification politique du Vieux Continent. Dès lors, tout se précipite. En 1946, il est « l’initiateur », selon les termes officiels, de la Ligue européenne de coopération économique (LECE) se définissant comme « un groupe de pression intellectuelle  ». Réunissant de nombreux responsables industriels et financiers, la LECE promeut l’intégration monétaire ou l’organisation des transports aboutissant à une Europe fédérée. Bénéficiant de relais nationaux, la LECE France fut présidée dès sa création par Edmond Giscard d’Estaing qui fut signataire des deux Déclarations de l’unité atlantique en 1954 et 1962 (voir notre article « Le marché transatlantique, cimetière des nations »). source

        Controverse

        Le 19 septembre 2000, le journal Daily Telegraph de Londres, par la voix d’Ambrose Evans-Pritchard, annonce que les archives dé-classifiées de l’administration américaine pour les années 1950 et 1960 montrent que Paul-Henri Spaak, Robert Schuman, Joseph Retinger et d’autres personnalités importantes dans les origines de la construction européenne étaient « employés » par les services américains. Le journaliste explique que la communauté des services secrets a camouflé son action et a fait transiter des fonds par le biais des fondations Rockefeller et Ford, ce qui a été confirmé par la revue Historia en 2003.

        Extrait : « The leaders of the European Movement – Retinger, the visionary Robert Schuman and the former Belgian prime minister Paul-Henri Spaak – were all treated as hired hands by their American sponsors. The US role was handled as a covert operation. ACUE’s funding came from the Ford and Rockefeller foundations as well as business groups with close ties to the US government ».

        source

        Voila sur quel base (intérêts oligarchiques) l’Europe à été crée.

        Józef Retinger meurt à Londres d’un cancer des poumons en 1960. Il laisse derrière lui une « œuvre » qui explique largement la dissolution en cours des nations dans le parachèvement du marché transatlantique.

        Bref si on veut sauver notre peau nous avons tout intérêt de quitter voire de dissoudre rapidement cette Europe qui est liée par des traitées de Maastricht et de Lisbonne et qui vont lier à leur tour l’Europe aux États-Unis en 2015 via un accord commercial :: Le grand marché transatlantique !

        A lire également :
        http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/sortir-de-l-union-europeenne-143932


        • Bonneteau 25 décembre 2013 00:38
          En admettant votre démonstration, il faudrait en déduire une chose positive : les économistes américains n’étaient pas dans la poche des dirigeants américains quand le plan de l’euro a été dessiné, c’est à dire, en gros, sur la décennie précédant son introduction, en 1999.

        • Arnaud69 Arnaud69 25 décembre 2013 01:18

          " les économistes américains n’étaient pas dans la poche des dirigeants américains quand le plan de l’euro a été dessiné, c’est à dire, en gros, sur la décennie précédant son introduction, en 1999."

          Hum hum, les vrais économistes US sont dans la poche de leur gouvernement depuis les années 70 et les pétrodollars, je ne parle pas des suiveurs mais des initiés aux réalités de l’économie. Ils savent très bien que depuis l’époque l’économie est une escroquerie.


        • Bonneteau 25 décembre 2013 01:42
          Les économistes américains seraient, selon vous, à la fois contre l’euro et au service des dirigeants américains qui l’auraient manigancé au nom de l’hégémonie américaine. Cette incohérence est monstrueuse.

          Ce billet repose, lui, sur un document solide et bien suffisamment compromettant pour les architectes de l’euro pour que l’on ait besoin de le compléter, comme vous le faites, par des confidences, des secrets volés, d’habiles conjectures, ou que sais-je, susceptibles d’alimenter une théorie du complot. 

          Je vous prie de ne plus laisser de commentaires de ce type à la suite de mes billets. Merci.

        • eau-du-robinet eau-du-robinet 25 décembre 2013 14:09

          Bonjour Bonneteau,

          Je ne met aucunement vos sources en question !

          L’histoire est comme un grand puzzle et vous avez publie un morceau de puzzle ... j’ai simplement apporté un autre morceau du puzzle.

          Arnaud à très bien décrit la chose qui à parle des économistes ’’initiés aux réalités de l’économie’’ ...

          J’ai cherché la source de l’article du daily télégraph donc voici le lien

          http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/europe/1356047/Euro-federalists-financed-by-US-spy-chiefs.html

          Voici un cout extrait :

          ’’The documents confirm suspicions voiced at the time that America was working aggressively behind the scenes to push Britain into a European state.
          One memorandum, dated July 26, 1950, gives instructions for a campaign to promote a fully fledged European parliament. ’’

          Ma traduction :

          Ses documents confirment les suspections des gens du temps ou les États-Unis ont agressivement insisté en coulisses pour pousser (forcer) les Anglais d’entrer dans un état Européen.
          Un document, datent du 26 Juillet 1950, donne des instructions pour la promotion d’une campagne d’un parlement européen à part entière.

          O.K. si vous me le confirmé une nouvelle fois je ne posterai plus de messages suite à vos articles ... smiley


        • Arnaud69 Arnaud69 25 décembre 2013 14:17

          "Les économistes américains seraient, selon vous, à la fois contre l’euro et au service des dirigeants américains qui l’auraient manigancé au nom de l’hégémonie américaine. Cette incohérence est monstrueuse."

          C’est une certitude absolue et maintes fois démontrée.
          La plus grande crainte des USA c’est la libre concurrence réelle, leurs textes législatifs le prouvent pour les anglophones un peu curieux qui fréquentent le web des USA.

          Les pays Européens étaient leurs seuls concurrents sur certains marchés, la guerre économique est une guerre, ce n’est pas pour rien qu’après la chute du mur est-ouest, les services de renseignement US spécialisés dans la guerre froide se sont réorientés vers l’intelligence économique. Des livres entiers détaillent la transition.

          "La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique . Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort apparemment. Oui, ils sont très durs les américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. C’est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort."

            François Mitterrand juste avant de mourir.

          (Source : Le dernier Mitterrand de Georges-Marc Benamou – Date de publication : 27/1/1997 – Editeur : Plon – Omnibus).

          Vidéo complémentaire


        • eau-du-robinet eau-du-robinet 25 décembre 2013 14:19

          complément d’information ...

          J’ai également trouvé cet article fort intéressant

          http://the-tap.blogspot.fr/2011/06/cia-created-eu-kissinger-co-authored.html

          donc la source n’est plus accessible (c’est marque en fin d’article) ...


        • Bonneteau 25 décembre 2013 01:39
          Les économistes américains ne peuvent pas à la fois être contre l’euro et pour les dirigeants américains qui l’auraient au nom de l’hégémonie américaine. Cette incohérence, elle est entièrement contenue dans votre propos. 

          Ce billet repose, lui, sur un document solide et bien suffisamment compromettant pour les architectes de l’euro pour que l’on ait besoin de le compléter, comme vous le faites, par des confidences, des secrets volés, d’habiles conjectures, ou que sais-je, susceptibles d’alimenter une théorie du complot. 

          Je vous prie de ne plus laisser de commentaires de ce type à la suite de mes billets. Merci.


            • Bonneteau 5 janvier 2014 13:39

              AVERTISSEMENT


              Je cite abondamment mes sources. Je demande la même chose (un lien html suffit) à ceux qui seraient tentés de reproduire ou seulement s’inspirer de mes billets. 

              Ce sont le fruit d’un travail non négligeable : recherche, analyse, structuration du texte, traductions, référencement. Sans compter l’expérience universitaire et professionnelle me permettant de le réaliser.

              Faire du plagiat, c’est s’attirer des ennuis.

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