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Accueil du site > Tribune Libre > Éloge de l’opportunisme

Éloge de l’opportunisme

"Terme péjoratif : l'opportunisme désigne une conduite qui consiste à tirer le meilleur parti des circonstances, parfois en le faisant à l'encontre de principes moraux", voilà la définition lapidaire que l' "encyclopédie libre" Wikipédia donne de l'opportunisme. Cette définition est communément admise dans l'opinion publique, un "opportuniste" étant vu comme une personne changeant d'avis en fonction du climat politique ou social, bref, un être misérable dénué de "convictions" et intéressé uniquement par son bien-être personnel.

En politique, c'est un repoussoir ultime et une tâche de Macbeth dont on marque ses adversaires : "L'opportuniste François de Rugy a été récompensé", disait ainsi, amer, l'ancien député écologiste Noël Mamère, après la nomination de l'ex leader vert au Ministère de l'Écologie. Plus récemment, la chaîne LCI titrait de manière inquisitoire : "72 maires de droite se rallient à Macron : pragmatisme ou opportunisme ?", réagissant à la tribune de plusieurs maires LR qui ont pris leurs distances avec leur parti d'origine. Vous l'aurez compris : "opportuniste" est en France ce que "buveur d'eau" est en Russie, l'injure suprême. La chanson éponyme de Jacques Dutronc constitue à ce titre une critique parodique (mais caricaturale) de l'opportunisme.

Cette défiance empreinte de mépris n'est guère nouvelle. Le comportement opportuniste a toujours été dénigré par l'Occident à travers les époques, de Socrate jusqu'aux penseurs contemporains. La pensée socrato-platonicienne, à l'origine de toute la philosophie occidentale, est la première, au Vème siècle avant notre ère, à s'en prendre aux sophistes représentés par Protagoras, lequel est dépeint comme un homme sans foi ni loi ("qu'importe le mensonge ou la vérité !"), un rhétoricien malhonnête prêt à défendre tout et son contraire pourvu qu'il ait raison et soit bien vu, contrastant ainsi avec le chaste Socrate, lequel – grâce à la solidité de ses convictions philosophiques – réussit à le défaire et à asseoir la primauté de la philosophie sur le sophisme. Une vision qui s'est perpétuée durant toute l'Antiquité, les philosophes hellénistiques puis gréco-romains reprochant aux sophistes leur absence de doctrine et leur collusion avec le pouvoir. La venue du christianisme n'a en rien arrangé les choses : Jésus figurant le nouveau Socrate tandis que les Pharisiens étaient les nouveaux sophistes. A nouveau, s'engageait la lutte entre convictions (christianisme) et opportunisme (pharisaïsme, puis paganisme). Les premiers penseurs chrétiens reprochaient en effet aux païens de changer sans cesse de divinité selon l'exaucement de leurs vœux et d'adopter même des dieux étrangers au panthéon gréco-romain. Mais c'est le Moyen-âge, avec sa cohorte de fanatismes, qui porta le plus grand coup à l'opportunisme, notamment avec la querelle entre les nominalistes (William d'Ockham) et les prétendus réalistes menés par Thomas d'Aquin, dont la philosophie dogmatique imprègne encore la pensée occidentale (même celle des philosophes athées ou carrément antithéistes). Le thomisme est en effet une pensée essentialiste et manichéenne dans laquelle on est soit pour Dieu soit pour le Diable, tout opportunisme y est donc vu comme une hérésie (au sens propre du mot), ce que l'Aquinate reprochait aux nominalistes, qui, pourtant n'avaient rien de chrétiens modérés, c'était leur "souplesse" philosophique et le fait de jongler selon les circonstances entre les nuances de la vérité ; or, si l'on pense comme les thomistes qu'il existe un Absolu dans le bien comme dans le mal, cela exclut toute place pour la nuance. Le thomisme est vu, à raison, comme le courant intellectuel le plus intransigeant du christianisme, mais c'est méconnaître que le penseur aquinate a simplement christianisé et corsé davantage le dogmatisme issu de la pensée socrato-platonicienne où, déjà, l'idéal primait sur la circonstance (Antigone n'était-elle pas adulée par les Anciens contrairement à sa sœur Ismène jugée opportuniste ?). L'anti-opportunisme a donc glissé du champ purement philosophique et moral pour acquérir une portée religieuse avec la venue du christianisme. On aurait pu penser que le Siècle des Lumières et la Révolution allaient désidéologiser les conceptions mais il n'en fut rien : car, contrairement à ce que disent les réactionnaires, la pensée des Lumières n'est pas une rupture mais une continuité de la philosophie chrétienne, à ceci près qu'elle est laïcisée (Rousseau et Kant sont plus proches des thomistes que du sophisme protagorien). Nous vivons en apparence dans une société laïque et libre-penseuse qui a renvoyé le thomisme et le jusnaturalisme dans les latrines de l'histoire, or, si le logiciel philosophique a changé, le code source du logiciel est hélas resté le même. L'opportunisme n'est certes plus une hérésie mais constitue toujours un vice moral et un objet de mépris. Les choses sont même devenues pires avec l'émergence d'idéologies qui exigent (à l'instar de la Chrétienté au Moyen-âge) un dévouement total de leurs fidèles : communisme, nationalisme, universalisme, écologisme, conservatisme etc…

Ce qui fait l'essence même d'une idéologie, c'est sa portée totale et sa propension à englober (ou à "habiter") l'être qui y adhère. Notre société occidentale, construite en grande partie sur le clivage droite/gauche, nationalisme/mondialisme, est par essence binaire et perpétue inconsciemment la vision socrato-platonicienne et thomiste. Tout opportunisme est dès lors interdit en politique puisque la politique est censée avoir pour objet le "bien commun". Pour le Stagirite comme pour l'Aquinate, l'individu politisé doit agir pour le bien de la Cité (philosophique pour le premier, catholique pour le second). Empreint d'héroïsme et de martyrologie, la pensée occidentale considère depuis l'Antiquité que l'individu a pour seule mission de servir la collectivité et, par conséquent, de la faire primer sur sa propre personne. Un opportuniste, qui, selon la définition du mot "saisit les opportunités pour tirer le meilleur parti des circonstances" outrepasse donc ce tabou original de la philosophie occidentale puisqu'il fait passer son propre bien-être et ses propres objectifs avant le sacro-saint "bien commun". Car, qu'ils soient essentialistes, empiristes, sceptiques, chrétiens, marxistes ou libéraux, l'ensemble des penseurs occidentaux ont un code source philosophique identique : la pensée occidentale, depuis les Présocratiques, part en effet du postulat suivant : "le mensonge, c'est mal ; la vérité, c'est bien ; il faut donc chercher la vérité et la défendre quand on l'a trouvée". Cela paraît plutôt relever de la philosophie éthico-morale que de la politologie mais cette maxime morale a hélas inondé le terrain politique puisque l'une des particularités de la pensée occidentale est d'analyser la chose politique sous une lecture morale. On considère dès lors que si quelqu'un entre en politique il le fait car il est "habité" par des "convictions" qui le poussent à se battre pour elles : si donc la même personne change de camp politique par la suite, on a tôt fait de déduire qu'il est un flibustier immoral qui ne croit pas plus ce qu'il dit aujourd'hui qu'il ne croyait à ses propos d'hier.

Le problème réside bien dans la conception enfantine que l'Occident a de la politique, vue comme un moyen d'apporter le "bien commun" et de défendre des "convictions" alors que l'essence de l'activité politique se réduit simplement à acquérir et à conserver le pouvoir, comme l'a théorisé Machiavel. L'opportuniste est loin d'être un invertébré, c'est un disciple de Protagoras et des sophistes : "Ubi bene, ibi patria" (je suis chez moi là où je suis bien), clame-t-il haut et fort contre tous les idéologues nationalistes, conservateurs, communistes, islamistes ou autres. L'opportuniste n'est pas un lâche : dans un monde où l'on est enjoint de se choisir une idéologie et de s'y tenir jusqu'à son dernier souffle, l'opportuniste est un Prométhée qui a le courage de défier l'ordre établi et de clamer sans peur : "oui, je suis un homme de raison et de réflexion contre tous ces passionnés qui hurlent leur furie idéologique à la face du monde". Ce sont les hommes "habités par des convictions" qui ont mis à feu et à sang l'humanité depuis des millénaires : mais que l'on me cite un seul génocide, une seule persécution organisée par des opportunistes. Il n'y en aura jamais car l'opportuniste veut par définition tirer le meilleur parti des circonstances, il n'a donc aucune prétention à imposer ses vues aux autres. Et comme il n'est pas animé par des idéaux contrairement aux idéologues, il n'ira guère évangéliser ou "civiliser" autrui par la force des baïonnettes. Un opportuniste pratique l'anarchisme moral : au lieu d'aller bombarder un pays autoritaire pour y apporter les saintes grâces de la démocratie, il préférera faire affaire avec ledit pays et y laisser le régime en place. Au lieu de s'engoncer dans un complotisme racial remplaciste, un opportuniste verra dans l'immigration un formidable vecteur de production et de consommation capable de générer des sommes astronomiques : il n'aura donc aucun tabou moral à commercialiser des burqas ou de la viande halal. Si les communistes arrivent au pouvoir, l'opportuniste se lancera dans la confection de drapeaux rouges, si c'est l'écologisme, il ouvrira un restaurant de tofu. Car, un opportuniste est, comme son nom l'indique, une personne qui voit des opportunités là où les idéologues voient des ennemis à abattre ou des causes à servir.

Une telle vérité n'est pas encore dicible dans cet Occident pétri de collectivisme et plaçant la politique dans le champ des passions idéalistes adolescentes plutôt que dans celui de la stratégie utilitaire et de la raison. C'est encore plus vrai lorsqu'il s'agit d'idéologies telles que le nationalisme, le communisme ou l'islamisme. Ainsi, les anciens nationalistes, les ex rouges et les islamistes repentis se retrouvent sous une défiance incomprise lorsqu'ils quittent leurs idéologies originelles. Ces trois mouvances sont en effet tellement radicales et demandent un tel engagement total que, selon l'opinion commune, il faut un choc émotionnel de 10 000 volts pour qu'un adepte de ces pensées en sorte, puisque, toujours selon l'opinion commune, la politique est affaire de convictions et d'idéaux. Alors, ces revirements suscitent le mépris de l'auditoire, même de ceux qui sont des adversaires de ces idéologies. Un type qui dirait : "Je suis allé au FN pour taquiner de la Gauloise et, si possible, devenir apparatchik, mais j'ai vite compris que premièrement ils ne me considéreraient jamais comme Français et deuxièmement qu'à droite comme à Hollywood il faut donner son c** pour gravir les échelons", il serait vite traité de girouette et susciterait, même chez les anti-FN, une nausée générale ; idem si un ex islamiste disait : "Je suis parti parce qu'être salaf, c'est un tue-carrière auprès des patrons et un tue-l'amour auprès des meufs", les gens seraient si irrités qu'ils préféreraient que ladite personne restât salafiste. Par idéologie, on préfère un ennemi idéologisé à un allié opportuniste.

Cet idéalisme et ce rejet de l'opportunisme en matière politique sont, comme nous l'avons vu, caractéristiques de la pensée occidentale. Il n'en est pas de même dans les autres systèmes culturels. La philosophie asiatique, en particulier, a consacré le pragmatisme au rang d'art. On s'imagine à tort le Japon des samouraïs comme une société basée sur l'héroïsme et la loyauté à une cause surhumaine. Rien n'est plus faux : le Moyen-âge japonais fut, politiquement, une suite sans fin de guerres seigneuriales ponctuées d'alliances, de revirements, de trahisons et de réconciliations, chaque seigneur tentant d'avancer ses pions afin d'être le plus puissant, quitte à s'allier avec d'autres pour quelques temps. Cette période politiquement prolifique a même donné lieu à toute une politologie typiquement japonaise où se mélangent le militaire et le politique : on citera le très célèbre Traité des Cinq Roues de Myiamoto Musashi. Le futur shogun Tokugawa Ieyasu lui-même fut un grand opportuniste puisque ce noble samouraï ne cessa de faire et de défaire des alliances avec des seigneurs de guerre aussi puissants que Oda Nobunaga ou Shingen Takeda, jusqu'à être lui-même assez puissant pour dominer l'archipel nippon. C'est que, contrairement à notre chevalerie guindée, l'honneur des guerriers japonais se mesurait à leur vaillance au combat, non à leurs idéaux ou à leurs convictions politiques – eux avaient compris que les trois premières lettres du mot "conviction" augurent de sa valeur et que la seule fin de la chose politique est la volonté de puissance. Il faut aussi noter que le terme "opportuniste" n'est pas péjoratif en japonais comme il l'est dans les langues occidentales. Dans la langue nippone, ce mot se dit "hiyorimi-shugi", ce qui signifie selon l'interprétation littérale des hiéroglyphes "regarder l'harmonie du jour" (sous entendu : aligner son comportement selon le climat favorable). Loin d'être péjoratif, le terme "hiyorimi" est un adjectif mélioratif... et même un prénom mixte que l'ont peut traduire par "celui/celle qui est prévoyant(e)" ou "celui/celle qui sait tirer le meilleur parti des circonstances". Impensable en Occident ! La même approche s'observe en Chine dont l'histoire est également prolifique en guerres seigneuriales et en alliances suivies de revirements dignes d'une tragédie shakespearienne. La philosophie morale chinoise est très intéressante car, contrairement à celle des Occidentaux, elle prône une "morale de la stratégie" pour reprendre le terme du professeur Pascal Boniface. En effet, il n'y a pas de "droit naturel" ou d'absolu dans la pensée chinoise baignée par ces deux fleuves de sagesse que sont le taoïsme et le confucianisme. Dès le Vème siècle, le fameux Sun Tzu avait ainsi théorisé l'art de faire la guerre de manière insidieuse, quitte à s'asseoir sur ses principes moraux pourvu que le résultat soit la victoire. Loin d'être un simple recueil de tactiques militaires, L'Art de la guerre est aussi un manuel politique que tout bon opportuniste devrait avoir dans sa bibliothèque avec Le Prince de Machiavel, L'art d'avoir toujours raison de Schopenhauer ainsi que Le Livre du courtisan de Baldassare Castiglione.

Toutefois, même en Occident l'opportunisme a fait florès. Malgré la pression exercée par la philosophie gréco-romaine, le manichéisme chrétien et l'esprit chevaleresque célébré par les arts, il y eut des hommes qui ont vite saisi que toute politique était une affaire de pouvoir et que le reste (idéologie, conviction, passion) était une invention créée par des escrocs pour des naïfs. J'ai évoqué plus haut Machiavel et Castiglione, deux hommes de la Renaissance italienne qui ont en quelque sorte repris le flambeau de Protagoras pour jeter les bases théoriques de l'opportunisme politique. S'ils en furent les théoriciens, d'autres portèrent au pinacle la pratique de cet art merveilleux, à l'instar de Talleyrand : tour à tour évêque, député révolutionnaire, diplomate sous le Directoire, ministre sous le Consulat et l'Empire, premier-ministre sous la Restauration et député sous la Monarchie de Juillet. Avant lui, on pourrait citer l'Athénien Alcibiade qui, bien qu'il fût disciple de Socrate, était un parfait exemple d'opportunisme politique puisqu'il changea de camp au moins quatre fois entre Athéniens, Spartiates et Perses durant la guerre du Péloàponnèse au Vème siècle avant notre ère. Et comment omettre Cicéron, l'opportuniste par excellence ? C'est lui, l'auteur de la sage maxime "Ubi bene, ibi patria" (là où je suis bien, là est ma patrie") : une maxime qu'il sut appliquer pleinement puisqu'il ne cessa de changer de camp politique entre la plèbe et le patriciat durant les quarante années que dura sa carrière politique. De fait, les cités comme Rome et Athènes durant l'Antiquité ou Florence et Venise à la Renaissance étaient des laboratoires à ciel ouvert d'opportunisme. Il est de bon ton, aujourd'hui, de se plaindre sur la corruption et la malhonnêteté du corps politique mais vos Balkany et vos Cahuzac sont des bébés par rapport aux Médicis, aux Visconti, aux Borgia, aux Claudii et aux Alcméonides. La politique contemporaine m'apparaît même trop honnête car trop empreinte de cette moraline platonicienne et par l'idée thomiste du "bien commun" : il n'y a guère plus d'alliances et de revirements théâtraux, de mensonges d'État, de conspirations secrètes… Ennuyeux à en crever.

Comme nous l'avons vu ci-dessus, même les aires culturelles où l'opportunisme était le plus mal vu n'en ont guère été épargnées. Posons-nous donc la question : ne sommes-nous pas tous un peu opportunistes ? Voilà quatre pages que je tente de vous convaincre du bien fondé de l'opportunisme mais je n'en ai pas encore expliqué l'étymologie. C'est du latin que nous vient le mot opportun : le préfixe "ob" signifiant "au" tandis que "portus" désigne le quai ou le port. "ob portus" signifie donc "ce qui arrive au quai" ou, de manière plus compréhensible, "ce qui vient à point". Car, qu'est-ce que l'opportunisme sinon saisir au vol les peu d'occasions offertes par la vie ?

L'être humain est par nature opportuniste. Cela se remarque jusque dans son alimentation. Partout où Homo Sapiens s'est installé, il s'est adapté à l'environnement local. Pour avoir une quantité suffisante de protéines, moteur de notre force vitale, nous avons recours en Occident aux viandes bovines et aux produits laitiers. Les Inuits, du fait du climat arctique sous le régime duquel ils doivent vivre, ne peuvent s'offrir des bovins : ils ont compensé ce manque par la chasse au phoque ou à la baleine, dont la chair est riche en protéines et en oméga 3. Les Papous et les Aborigènes d'Australie ont, quant à eux, jeté leur dévolu sur de grosses larves juteuses et également très riches en protéines. On le voit : l'être humain est un opportunivore, il se nourrit selon les circonstances de son environnement. Pourquoi devrait-il en être autrement en politique ? Sur une île déserte, même le végétalien le plus fanatique se résoudra à chasser mammifères ou oiseaux car son instinct de vie (que les philosophes allemands appellent "Trieb") l'y poussera. Il en est de même en politique : prenez un Gilet Jaune de la pire espèce, si le gouvernement lui propose un bon travail, il rangera à coup sûr son gilet et chantera l'éloge de Macron ; prenez un raciste enragé, présentez-lui une belle jeune femme d'origine orientale ou africaine, soyez sûr qu'il foulera aux pieds son ancienne idéologie et jurera même n'avoir jamais été raciste. Je connais en personne des hommes et des femmes qui ont fait le choix de l'opportunisme plutôt que celui de l'idéologie. G. L., ancien combattant pro-russe en Ukraine, anti-américain enragé qui faisait l'éloge du Hezbollah et aspirait à l'anéantissement de l'Amérique par le bloc russo-iranien, il vit aujourd'hui en Californie avec une États-Unienne et une green card. Chris, un islamophobe tellement véhément qu'il reprochait à Robert Ménard d'être un "bande mou" (sic) vient de se convertir au soufisme et de se mettre en couple avec une jeune femme d'origine turque après un long cheminement qui lui a fait comprendre l'inanité de son nationalisme. Pour l'extrême-droite, ces deux hommes sont des traîtres, des ennemis, des opportunistes. Pourtant, qui peut leur jeter la pierre ? N'ont-ils pas eu raison de cueillir les fleurs de la vie plutôt que de rester engoncés dans leur fanatisme ? Faut-il, au nom de prétendues convictions, refuser le bonheur et le bien-être, sacrifier tout à un prétendu "bien commun", donner sa vie à une idéologie inventée par des escrocs pour des naïfs ? Ce n'est pas par excès d'opportunisme que la politique se meurt, mais au contraire par un excès d'idéalisme et par un manque d'esprit pragmatique.

C'est par une citation du grand Emil Cioran que je conclurais cet éloge de l'opportunisme politique. Cioran, romancier français d'origine roumaine, attiré durant sa jeunesse par les théories fascistes avant d'en comprendre l'inanité et l'impasse que le fait d'y être associé pouvait représenter pour sa carrière prolifique d'homme de lettres. Ce nihiliste désenchanté, observateur percutant du monde contemporain avait eu un mot merveilleux et plein de bon sens qui résume parfaitement la pensée du présent article : "Les opportunistes ont sauvé les peuples, les héros les ont ruinés".

Nicolas Kirkitadze


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38 réactions à cet article    


  • Clocel Clocel 5 juillet 13:25

    Si on convoque Cioran c’est que ça va très mal ! smiley

    (Je vous conseille « De la France », ouvrage peu lu...)

    Pour revenir aux Maîtres des Cités-états,leurs fortunes ont enrichi culturellement et politiquement tous les peuples d’Europe ce qui n’est pas le cas de ces aigrefins de Balkany et autre Cahuzac.

    Le mal de l’occident vient de ce qu’on lui a imposé des racines culturelles spirituelles qui n’appartiennent pas à son histoire, nous vivons sur des reliquats d’Empire que deux types de régime n’ont pas réussi à expulser.


    • Nicolas Kirkitadze Nicolas Kirkitadze 5 juillet 14:17

      @Clocel

      /De la France/ a été écrit en 1941, à l’époque l’auteur était encore gangrené par une vision politique d’extrême-droite. Moi, c’est le Cioran de l’après-guerre que j’apprécie, celui qui a compris l’inanité du nationalisme et qui devint un nihiliste percutant, revenu des passions idéologiques.


    • Olivier Perriet Olivier Perriet 5 juillet 14:18

      @Clocel

      mais oui, mais oui, il y a 2 siècle vos ancêtres disaient déjà la même chose, et le Reich de 1000 ans est mort, tandis que la vieille république vermoulue est encore là smiley


    • San Jose 6 juillet 11:16

      @Nicolas Kirkitadze
      .
      Citation  : l’auteur était encore gangrené par une vision politique d’extrême-droite
      .
      Oui, oui... Calmez vous... Il n’y a pas ici que des ahuris ayant un jour cotisé à un extrême. L’extrême-droite est de la matière fécale, j’en conviens, mais de nos jours il faut relativiser le mal puisque la gauche même dite modérée, voire le centre, sont extrémistes dans leur volonté de détruire par la prison et l’endoctrinement de l’enfance la contradiction de leurs idées sociétales grandioses. « l’erdoganisme » est en voie de généralisation. 
      .
      https://en.wikipedia.org/wiki/Netzwerkdurchsetzungsgesetz
      .
      avec la loi française qui embraye. 


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 6 juillet 11:24

      @San Jose

      Je met un cierge a Sainte Greta pour sauver votre âme.


    • Clocel Clocel 6 juillet 15:51

      @Aita Pea Pea

      Mets-en un pour Saint Jude tant que tu y seras, ça mange pas de pain et le CO2 c’est bon pour les plantes ! smiley


    • pallas 5 juillet 13:29

      Bonjour,

      En situation de guerre et de graves crises « l’opportuniste » ce cache, tel un pleutre, tandis que le « héros » fera front.

      Voyez vous en France n’existe plus de héros, juste des pleutres, et donc fatalement, la disparition de notre, c’est en cours, ne vous en inquietez pas.

      Vous confondez « strateges » et « opportunistes », c’est comme dire que la « Reine » est la piece principal, elle n’est que l’appat

      En vérité c’est le « Pion » la piece principale, car il a le pouvoir d’avoir « la promotion du pion »

      Vous etes droles, vous le savez au moins ???

      Salut


      • Nicolas Kirkitadze Nicolas Kirkitadze 5 juillet 15:45

        Bonjour @pallas

        C’est justement la notion occidentale de l’héroïsme qui est problématique. Pour vous, le héros est celui qui se donne à la collectivité. Par exemple, l’extrême-droite a célébré en grande pompe le jeune Marin qui a « défendu » un couple qui forniquait devant des enfants et qui s’était donc fait insulter par un jeune homme issu des banlieues (se mettre à trois contre un, vous parlez d’un héroïsme...) ou encore Beltrame qui s’est sacrifié pour sauver une caissière (mais quand nos fachos ont su que Beltrame était franc-maçon et islamophile, ils l’ont vite voué aux gémonies). Bref, l’Occident considère qu’on est un héros si l’on accomplit un exploit altruiste. Tel n’est pas le cas dans la pensée orientale où l’héroïsme se mesure à l’exploit en lui-même et non à son altruisme. En Occident, la seule philosophe à aller dans ce sens est Ayn Rand, le héros randien n’est pas un altruiste mais un « égoïste rationnel », son héroïsme réside dans ses accomplissements en tant que tels en non dans l’hypothétique « bien commun » qu’ils peuvent apporter. Le héros randien n’a pas de devoirs envers la collectivité et il n’en attend donc pas les avantages, ce qui en fait un être totalement affranchi des conventions et vivant hors de la société lilliputienne qu’il a dépassée depuis longtemps. Il ne vote pas, il ne guerroie pas (sauf pour défendre sa propriété), il se fiche totalement du devoir de mémoire, du patriotisme et des idéologies en tous genres, il ne se sacrifie pas pour autrui et n’attend donc pas que les autres se sacrifient pour lui. Son héroïsme consiste à avoir « une attitude héroïque face à la vie », comme le disait Rand elle-même. Le héros randien, parce qu’il place l’intérêt individuel à la base de son action, ne sera pas un idéologie et ne prendra pas part aux guerres, croisades, génocides et autres abominations motivées toutes par la passion idéologique. Bien sûr, il n’est pas inhumain et misanthrope, il peut très bien participer à la communauté et même y accomplir de grandes choses, mais, contrairement au héros chevaleresque chrétien, il ne prétendra pas être désintéressé et agira avant tout dans son intérêt. La confusion commune entre opportunisme et immoralité vient justement de la mauvaise interprétation qu’en fait la philosophie occidentale depuis Socrate. Non, un opportuniste/égoïste n’est pas un manipulateur prêt à vendre sa mère pour arriver à ses fins. Quelqu’un qui utilise des innocents, qui trahit ses amis, qui ment et manipule, ce n’est ni un opportuniste ni un héros randien, c’est un connard qui, au fond, n’a pas confiance en lui. L’opportunisme authentique n’est pas un comportement hénidique quasi-animal mais une doctrine de pensée morale et rationnelle qui est le véritable défenseur du bien commun puisqu’il a pour objectif de purger l’humanité de ses passions idéologiques sources de tant de maux.

        Cordialement

        Nicolas Kirkitadze


      • San Jose 5 juillet 13:38

        Pas vu un seul « dextrogyre »... Niki fatigué par la chaleur ? 


        • Olivier Perriet Olivier Perriet 5 juillet 14:13

          L’opportunisme n’est rien s’il n’a pas quelques talents « techniques » non idéologiques.

          Talleyrand a servi différents régimes, mais c’était un grand diplomate.

          Ainsi pourrait-on parler de grands militaires, de grands ingénieurs, etc...

          Mais un opportuniste qui ne sert que de brosse à reluire à des idéologues, c’est rien.


          • Albert123 5 juillet 14:27

            Que l’on ne puisse pas se fier et avoir confiance en un opportuniste (cad quelqu’un qui vous trahira à la moindre occasion dès que le vent tournera) tient plus de la lucidité et d’une saine rationalité que d’autre chose.

            célébrer l’opportunisme c’est surtout souligner son absence de colonne vertébrale,

            l’opposer à la notion d’idéologie c’est bien évidement tenter d’en changer la définition pour lui donner un sens qu’il n’a pas.

            Il y a bien pire que l’opportuniste qui s’assume, c’est celui qui ne l’assumant pas essaye de donner à ses actes une vertu qu’ils ne peuvent décemment avoir 


            • Sozenz 5 juillet 14:59

              les animaux sont des opportunistes ;

               lopportunisme n est pas un mal en soi ; comme tout ; c est la façon de comment en fait usage l humain ; qui est le plus grand predateur de la terre . il a un devoir de conscience .

               donc son opportunisme doit être mesuré .


              • foufouille foufouille 5 juillet 16:46

                un opportuniste a le choix de quitter le pays pas libéral qui l’a accueilli, paye son loyer et ses études pour partir vers un vrai pays libéral comme singapour ou hong kong.

                il pourra dormir dans un cagibi de 2m2 ou traverser la frontière pour son bidonville.


                • pallas 5 juillet 17:33
                  Nicolas KirkitadzeBonjour,

                  Le héros est le frere qui défend sa soeur, la notion de fratrie, chose existant dans les nations du Maghreb et Europe de L’Est.

                  Je ne sais pas et connais pas la notion de famille, cela m’est totalement étranger, on ne choisi pas ça naissance.

                  Je trouve cela beau les sentiments familiaux, une chose simple, l’amour.

                   smiley

                  La nature ne crée pas les liens sentimentaux pour rien, c’est chose commune chez les mammifères, la notion de survie.

                  C’est d’un mignon.

                  Je tiens à préserver cela, c’est des trucs sympathiques, donc je le ferais.

                  Délecte toi de moi, je suis remplis de néant, il n’y a que ça a offrir.

                  Finalement je suis peut etre le « Fenir »

                  Salut



                    • JL JL 5 juillet 19:41

                      Quelle est la véritable différence entre opportunisme et pragmatisme ?

                       

                      Par définition (la mienne) : les visées opportunistes sont inavouables ; les actions pragmatiques au contraire, se font dans le respect des règles sociales.


                      • San Jose 5 juillet 19:53

                        Je n’ai jamais compris pourquoi MIchel Strogoff prisonnier anonyme de Féofar Khan, au lieu de signer un engagement avec prime chez les Tatars (afin de déserter à la première occasion) se trahit bêtement en se mêlant d’intervenir lorsque sa vieille maman est condamnée à recevoir le knout jusqu’à la mort, et ce alors que personne ne sait qu’il est son fils. Résultat : on lui brûle les yeux et, comble de bêtise, la jeune et fraîche Nadia se dévoue pour lui servir de chien d’aveugle. Je crois que Jules Verne est un escroc à l’intention des naïfs ; 


                        • Nicolas Kirkitadze Nicolas Kirkitadze 5 juillet 23:19

                          @San Jose

                          Je n’ai jamais apprécié Jules Verne, c’est un auteur colonialiste comme London et Kippling avec, en plus, cette touche de fatuité galante typiquement française qu’on retrouve aussi chez Flaubert, Renan, Dalens et Hergé. Il célèbre la gloire du mâle blanc (forcément bien éduqué et élégant) qui doit, selon lui, imposer son idée de civilisation et ses valeurs à l’ensemble du monde. Le geste de Phileas Fogg qui « sauve » Aouda au nom de son humanisme occidental et au mépris des coutumes locales, c’est là un des nombreux exemples de l’impérialisme moral dont Verne se fait l’apologète. On peut aussi citer la fois où le même Fogg, archétype du gentleman anglais, accuse un aubergiste hindou de faire manger des chats aux clients : sous ses airs comiques, cette accusation est en fait l’expression d’un préjugé raciste très présent dans l’imaginaire occidental - le mythe d’indiens ou de chinois mangeant de la viande de chien et de chat, ce qui servait à justifier les thèses faisant des Occidentaux des êtres plus civilisés car plus empathiques envers ces boules de poils. En vérité, ce n’est qu’au XIXème siècle que certains Chinois ont commencé à consommer de la viande canine à cause du marasme dans lequel la France et l’Angleterre ont plongé ce pays suite aux deux guerres de l’opium et aux blocus maritimes dont la conséquence fut une extrême raréfaction des denrées et un appauvrissement massif de la population réduite à se tourner vers de nouvelles sources d’alimentation. Enfin, c’est oublier qu’en France aussi les gens ont mangé du chat et du chien (quand ce n’étaient pas des enfants ou des cadavres déterrés de leur sépulcre) lors d’épisodes de grande misère comme lors de la guerre de 1870 ou sous l’Occupation. Bref, M. Verne aurait mieux fait de tourner sept fois la langue dans sa bouche avant de déverser des sornettes colonialistes.

                          N. K.


                        • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 5 juillet 23:37

                          @Nicolas Kirkitadze

                          Le problème de Verne pour toi est qu’il ait pu développer son imaginaire en son temps ...rigolo et fait le dixième aujourd’hui.. Saurais tu écrire le quart de la moitié de Don de Lillo ? Branleur .


                        • San Jose 6 juillet 09:25

                          @Nicolas Kirkitadze
                          .
                          Votre réponse du 05/07 à 23 h 19 est hilarante. 
                          Il est presque impossible de lire un billet de Rosemar sans croire qu’elle pastiche avec esprit toute la niaiserie des publications populaires. Vous êtes son équivalent dans le domaine politique.
                          Vous avez oublié l’affaire des anthropophages occidentaux du vol 571. 


                        • foufouille foufouille 6 juillet 10:22

                          @Nicolas Kirkitadze
                          tu es vraiment timbré. la cervelle de singe n’est pas un mythe comme les insectes, serpent, etc.
                          N’oublions pas le cannibale.


                        • Nicolas Kirkitadze Nicolas Kirkitadze 6 juillet 13:41

                          @Aita Pea Pea

                          Mon commentaire étant argumenté et dénué de véhémence, j’aurais apprécié que votre réponse le fût également.


                        • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 6 juillet 14:01

                          @Nicolas Kirkitadze

                          Si tu as du talent écris donc un roman encore pertinent d’ici quelques dizaines d’années. Ailleurs ici on parle encore de Breat Eston Ellis ...Son « American Psycho » est toujours d’actualité... Tu ne fait que juger les anciens au nom de ta médiocrité contemporaine. Vas lire Muray il va t’apprendre des choses morveux.


                        • Nicolas Kirkitadze Nicolas Kirkitadze 6 juillet 16:37

                          @Aita Pea Pea

                          Vous ne répondez pas sur le fond et préférez faire un procès d’intention. Niez-vous que Verne était un auteur colonialiste ? J’ai apporté des arguments en ce sens ; si vous estimez que j’ai tort (ce qui est tout à fait possible), apportez donc des contre-arguments. Je parle de Verne mais ce colonialisme moral n’est pas exclusif à lui, il imprègne toute la littérature française du XIXème siècle. J’ai évoqué par exemple Flaubert plus haut, c’est que ses écrits sont l’exemple parfait de cette mentalité colonialiste, misogyne et réac qui fut de mise durant ce siècle. Je pense notamment au roman /Salammbô/ qui est un ramassis de clichés racistes et coloniaux. La première fois que j’ai lu ce roman, je n’ai pas saisi cet aspect, mais une relecture à l’aune de la philosophie indigéniste m’a permis de mettre des mots sur le malaise que j’avais ressenti en lisant cet ouvrage phare de la littérature française et de saisir le racisme qui l’imprègne. Salammbo a été écrit durant la conquête génocidaire de l’Algérie par la France, une conquête si violente qu’elle avait déclenché la réprobation des autres puissances coloniales et même d’une partie de l’opinion publique française. Il était donc urgent pour les autorités de réagir pour provoquer un revirement de l’opinion. Ils ont donc commandité la rédaction de cet ouvrage figurent en fait les habitants de l’Algériecolonialiste. Car, même si l’action se déroule sous l’Antiquité, il faut bien comprendre que les Carthaginois - décrits comme violents, barbares, indisciplinés, nonchalants, fanatiques et superstitieux - figurent en fait les habitants de l’Algérie puisque les clichés sont exactement les mêmes que ceux que l’on retrouve dans la presse de l’époque sur les Algériens ; tandis que Rome figure la France conquérante et « civilisatrice » selon l’imaginaire de l’époque. Pour s’en convaincre, il suffit de se pencher sur la scène du dîner dans les jardins d’Hamilcar, quand ils mangent des sauterelles grillées. Les historiens romains s’accordent tous à dire que la gastronomie de Carthage était l’une des plus raffinées et voilà que Flaubert nous les dépeint comme des semi-barbares mangeurs de sauterelles. Le supplice atroce de Matho sert aussi à souligner la sauvagerie des locaux tout comme le lynchage de Salammbo par des fanatiques religieux à cause d’une histoire de voile, c’est là une allusion directe à l’islam (que Flaubert haïssait de manière décomplexée). Le but de ce cher Gustave était donc bien d’exalter la « mission civilisatrice » de la France et d’encourager les jeunes Français à aller s’engager en Algérie et à s’y installer pour y apporter les lumières de la prétendue civilisation occidentale. Que ce soit Flaubert, Verne ou Kippling, le but caché est toujours le même : célébrer la gloire et la supériorité du mâle blanc ainsi que sa mission civilisatrice.

                          Cordialement

                          Nicolas Kirkitadze


                        • foufouille foufouille 6 juillet 16:51

                          @Nicolas Kirkitadze
                          pfff ! le niveau. les romains étaient aussi des barbares pour nôtre époque mais pas pour la leur.
                          comme les incas, etc, égyptiens qui ont construit pas mal de monuments gigantesque. les conquistadors aussi. ( les incas ont pris les blancs pour des envoyé d’un de leurs et sont surtout morts de maladies )
                          par contre il n’existait plus rien en afrique d’équivalent et rien du tout sous le sahara.


                        • San Jose 6 juillet 17:31

                          @Nicolas Kirkitadze
                          .
                          Citation  : niez-vous que Verne était un auteur colonialiste ?
                          .
                          Ah ah ah ah !
                          Mais on s’en fout  !!
                          Et l’autre Vernes, celui qui fait Bob Morane, vous en pensez quoi ? 


                        • popov 8 juillet 04:10

                          @Nicolas Kirkitadze

                          la conquête génocidaire de l’Algérie par la France

                          Sur le territoire qui est devenu l’Algérie :

                          • combien d’habitants avant l’arrivée de Français ?
                          • combien après leur départ ?

                          Je vous laisse vérifier les chiffres. Drôle de génocide !!

                        • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 6 juillet 00:34

                          J’aime les gens qui parlent de sophismes et qui en sont empleins....lol


                          • popov 6 juillet 05:08

                            @Nicolas Kirkitadze

                            Tout le monde aura compris que votre nouvelle idéologie, c’est l’opportunisme. et que ceux qui ne partagent pas cette idéologie sont les mauvais.


                            • San Jose 6 juillet 10:36

                              @popov
                              .
                              Pour parler encore plus net : il défend son droit à se moquer éperdument de toute idée d’obligation sociale. Vous ne voudriez pas qu’un esprit aussi brillant pérît, par exemple, parce que des cons le mobiliseraient pour défendre le territoire ? On a déjà perdu Péguy comme ça. 


                            • JL JL 7 juillet 07:49

                              @San Jose
                              @popov

                               
                               il est clair que notre jeune apprenti dictateur nage en pleine confusion entre pragmatisme et opportunisme : cet amalgame ne relève pas du pragmatisme, mais bien au contraire de l’opportunisme.
                               
                              L’opportunisme est accroché au principe de plaisir cependant que le pragmatisme est en prise avec le principe de réalité. C’est ce que j’ai affirmé en écrivant que les visées opportunistes sont inavouables, soit au regard de la loi, soit au regard de la morale.
                               
                               « Liaison-déliaison Psychan. Couple conceptuel désignant la manière dont se fixe, circule et se décharge l’énergie psychique. Par définition, on parle de déliaison lorsque que l’énergie circule librement avec pour but la satisfaction des pulsions et le plaisir, comme c’est le cas lors des rêves ; les énergies liées subissent quant à elles, les pressions des processus secondaires de réalité. »
                               
                              « Le bonheur individuel se doit de produire des retombées collectives, faute de quoi, la société n’est qu’un rêve de prédateur. » Daniel Pennac
                               
                              Quand ce rêve est celui du pouvoir, il est performatif : alors on peut parler de fascisme.


                            • Nicolas Kirkitadze Nicolas Kirkitadze 7 juillet 14:04

                              @JL

                              Votre commentaire est intéressant en ce qu’il est révélateur de la pensée occidentale qui, du fait de ses racines judéo-chrétiennes et de la névrose qui y est inhérente, condamne le plaisir et en fait une chose « inavouable » selon vos propres mots. Ainsi, le pragmatisme serait noble mais l’opportunisme serait inavouable, non pas que les deux diffèrent dans leur modus operandi mais dans leurs buts : le pragmatisme agissant au nom d’un intérêt dit « supérieur » alors que l’opportunisme agit dans l’intérêt individuel. Ainsi, selon votre raisonnement qui flaire bon le thomisme et la casuistique chrétiennes, on peut tout à fait trahir, mentir, déserter et manipuler au nom d’un « principe » supérieur et de l’intérêt collectif, mais on est un monstre inhumain si on le fait au nom de son intérêt propre et de ce mot « plaisir » qui vous est tellement urticant. C’est bien là l’expression d’une tartufferie digne des thomistes médiévaux lesquels pensaient exactement ainsi : l’Aquinate déclare par exemple que l’on peut piller une terre étrangère au nom de sa patrie si l’on est en guerre mais, que le vol doit être châtié en toute autre circonstance ; de même, au nom de la Raison d’État, il admet qu’on viole le serment des traités et qu’on change de camp, mais si un individu fait la même chose au nom de son seul intérêt, notre penseur lui réserve le feu du bûcher puis de l’enfer. De fait, la philosophie occidentale autorise au nom de la collectivité et de l’altruisme des choses qu’elle prohibe quand il s’agit d’intérêt individuel. Ainsi, une action vous est noble ou inavouable non par son essence mais par sa motivation et son but. Voilà pourquoi je ne lis plus les philosophes occidentaux : car, de Platon à Onfray, en passant par les thomistes et les Lumières, l’ensemble des penseurs occidentaux sont enfoncés dans cette hypocrisie et dans cette casuistique rhétoricienne. Ce qui est drôle avec l’homme occidental, c’est qu’il veut faire le mal tout en ayant la certitude morale de faire le bien, toute la pensée morale de l’Occident est construite autour de cet objectif : justifier l’injustifiable en lui trouvant même des vertus morales. La pensée orientale est bien plus souple et moins hypocrite en ce domaine car elle part du postulat qu’il n’y a pas de division manichéenne absolue entre Bien et Mal, elle n’a donc guère besoin de se trouver des justifications, elle prône dès lors une « morale de la stratégie » et ne bannit pas l’intérêt individuel comme le fait hypocritement la pensée occidentale. Plus le temps passe et plus je me sens proche de l’Orient aussi bien culturellement que moralement.

                              Salutations agoravoxiennes

                              Nicolas Kirkitadze


                            • JL JL 7 juillet 14:38

                              @Nicolas Kirkitadze
                               
                               votre commentaire n’a aucun bon sens sinon celui d’un sophisme, puisque vous n’avez à aucun moment donné votre définitions des mots que vous utilisez ici, et que même vous amalgamez dans deux occurrences sur trois (*), cependant que vous prétendez condamner la mienne ! Et au nom de quoi ? De ma subjectivité ! Un comble !!!
                               
                              Savez vous au moins ce qu’est une définition ? Une loi ? Une règle ? Croyez vous que c’est fait pour vous embêter ?
                               
                               
                               (*) Je cite :
                               
                              Première occurrence, une nuance ? ’’Plus récemment, la chaîne LCI titrait de manière inquisitoire : "72 maires de droite se rallient à Macron : pragmatisme ou opportunisme ?"

                              ’’
                               
                              Deuxième occurrence, premier amalgame sophistique : ’’Cet idéalisme et ce rejet de l’opportunisme en matière politique sont, comme nous l’avons vu, caractéristiques de la pensée occidentale. Il n’en est pas de même dans les autres systèmes culturels. La philosophie asiatique, en particulier, a consacré le pragmatisme au rang d’art’
                               
                              Troisième occurrence, deuxième amalgame sophistique

                               : ’’Ce n’est pas par excès d’opportunisme que la politique se meurt, mais au contraire par un excès d’idéalisme et par un manque d’esprit pragmatique.’’


                            • Nicolas Kirkitadze Nicolas Kirkitadze 7 juillet 17:59

                              @JL

                              Je comprends vos réserves mais l’article étant déjà assez long (4 pages et demi sur Word), je n’ai pas voulu le surcharger davantage par des définitions métaphysiques trop académiques. J’ai cependant introduit la définition (tant sémantique et étymologique que philosophique) de l’opportunisme et de son contraire qui est l’idéalisme, je l’ai fait dans le développement historique de ces idées. Un développement trop court et pas assez détaillé ? Je peux fort bien le concevoir : gardons cependant à l’esprit que cet article est un éditorial légèrement provocateur en faveur de la doctrine opportuniste et non un article scientifique, d’où la souplesse adoptée dans la méthodologie.

                              En revanche, je m’inscris en faux dans le procès en « sophisme » que vous me faites. Le problème est que votre emploi du terme « sophiste » ne correspond pas à la définition authentique de ce mot mais à celle, volontairement caricaturale et péjorative, donnée par Platon et ses héritiers philosophes. Je n’ai aucun mal à reconnaître que je préfère les sophistes tels Protagoras aux philosophes et à leurs tourments existentiels. Mais je parle du sophisme dans sa définition originelle et non de celle que vous employez, votre définition de « sophiste » étant synonyme de « malhonnête », comme c’était le cas chez Platon. Or, il est ironique de noter que c’est Platon lui-même qui est intellectuellement malhonnête puisqu’il fait exactement ce qu’il reproche à tort aux sophistes : caricaturer l’adversaire, jouer avec le sens des mots pour s’imposer dans le débat, etc. Pour sortir de cette propagande platonicienne anti-sophiste, je ne peux que vous suggérer de lire les écrits des sophistes eux-mêmes : Lucien de Samosate, Herode Atticus, Dion de Pruse et Philostrate d’Athènes par exemple, ceux-ci étant les figures les plus importantes du sophisme. Malheureusement, la plupart des écrits sophistes ont disparu, brûlés par les philosophes puis par les Chrétiens, mais, il reste malgré tout un matériel intellectuel suffisant pour se faire une idée de la richesse de la pensée sophiste qui est loin de se résumer aux propos que leur prête Platon en dehors de tout contexte.

                              Cordialement

                              Nicolas Kirkitadze


                            • JL JL 7 juillet 19:14

                              @Nicolas Kirkitadze
                               
                              ’’Doctrine opportuniste’’ ? Vous plaisantez j’espère ! Vous amalgamez là une fois de plus, opportunisme et pragmatisme.
                               
                              « L’amalgame c’est l’arme des fascistes » (Nicolas Sarkozy, au zapping de Canal+) 
                               Avec cette citation, je peux dire en prolongement de mon premier post ici : CQFD
                               


                            • Sparker Sparker 7 juillet 15:03

                              Bonjour,

                              Aux vus des résultats globaux auxquels l’opportunisme est arrivés dans le développement de l’humanité je ne suis pas sur qu’il puisse être survalorisé face à l’idéologie.

                              Les deux, que vous faites fonctionner dans une dualité manichéenne aussi, ne s’adresse pas forcément aux mêmes cas ou mêmes besoins. C’est circonstanciels.

                              Si l’on a besoin de développer une société faites d’humains à priori égoïstes et opportunistes il est bon de recentrer les évidences par une promotion de forme « idéologiques » sinon le groupe ne peut se maintenir, l’opportunisme ne créant pas de liant et comme nous faisons en général de la descendance nous sommes obligés de négocier avec le temps.

                              Si pour protéger cette population organisée selon des préceptes idéologiques et qui serait agressées par des opportunistes qui veulent s’installer dans ses quartiers, on s’adonne à l’opportunisme pour gagner un combat ça n’est pas rédhibitoire et Sun tzu peut être encensé.

                              Tout dépend des finalités et des intentions. L’humanité se cherche depuis l’aube et encore de nos jours tout n’est pas clair.

                              La nature est opportuniste, chaque éléments cherche ce qu’il y a de mieux pour son développement et sa survie propre. Nous sommes donc opportuniste de par nature vu que nous en sommes issus.

                              Nous développons de l’idéologie car c’est notre adn culturel, car nous sommes condamné à la culture sinon de disparaître et sans idéologie (au sens large) pas d’humanité. C’est un travail difficile qui se confronte à notre opportunisme congénital individuel.

                              C’est la « pensée » libertarienne qui veut en revenir à l’opportunisme en toute chose comme étant le moteur de l’existence et la négation de la constitution de « société » ou la préoccupation de tout un chacun pour la cohérence du tout serait condition de sa pérennité et réalité amis c’est une hystérie.

                              Pourtant les opportunistes ne peuvent se revendiquer que dans une organisation qui de fait et par sa diversité crée des opportunités.

                              Ce me semble être des considérations de courte vue qui en général est le fait des opportuniste eux-mêmes, comme on le voit dans le gouvernement actuel.


                              • popov 8 juillet 04:56

                                @Nicolas Kikitadze

                                Faisons une expérience mentale :

                                Le RN et les indigènes de la république vous proposent chacun un poste.

                                Le travail et les perspectives d’avancement sont équivalentes, mais la rémunération du poste RN est le double de celle de chez les indigènes.

                                En bon opportuniste, vous signez pour le RN.

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