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Entre Loire et Loiret : 4

Carnet de bord et de doute

La suivante

 

La représentation du samedi, c’est déjà presque la routine. Je devine beaucoup de sérénité parmi tous les participants à cette grande aventure. L’absence de pluie joue sans doute un rôle positif dans le moral des troupes mais aussi la fierté d’avoir réussi le premier examen de passage. Les figurants sont détendus, souriants ; chacun s’envoie un salut amical. Il y a une confrérie qui se crée ici.

Sur l’eau, les mariniers s’affairent. Michel plus prudemment que les autres lui qui, la veille, est tombé dans le Loiret. Ils préparent des ustensiles : filets de pêche, cônes de pain de sucre, bidons de mélasse pour avoir l’air de s'affairer véritablement durant la représentation. Ils n’oublient pas de licher un peu de Sancerre et de Rhum afin d’entretenir leur chaudière intérieure à moins que ce ne soit leur réputation. Je ne m’attarde pas sur le ponton, le risque est grand de tomber dans le piège.

Les ouvreuses s’agitent, la lampe de poche à la main et la tenue de paysanne faisant ainsi belle uchronie. Elles me font penser à l’activité d’une ruche et comme elles sont toutes fort belles, je n’y vois que des reines. Les spectateurs suivent leur vol élégant et s’installent. Ils ont tous reçu un coussin pour supporter la dureté d’un banc de pierre. Chacun fait assaut d'emmitouflage ! Voilà au moins un spectacle où il n’est pas question de faire assaut d’élégance.

Les publicités démarrent. Il faut bien que l’association trouve des subsides, s’étant vu refuser l’aide de la grande ville voisine qui, lorsqu’il est question de la Loire et de son histoire se la joue personnelle avec une incroyable morgue. Décidément, le surnom de Chien va comme un gant aux habitants de la grande ville voisine. Oublions cela pour n’être qu’à notre plaisir.

Je gamberge quelque peu. Je voudrais dérider le public que j’avais trouvé particulièrement guindé la veille. Curieusement, tout change ce samedi soir. Dès la formidable prestation de nos jeunes danseuses, les applaudissements claquent. Vendredi ce ne fut que silence jusqu’au bouquet final. Qu’est-ce qui justifie ce changement ? Mystère !

Ce sera ainsi toute la représentation. La communion a lieu. Le public excuse même mes bégaiements, moi qui ai voulu changer le ton de ma présentation. Il passe également sur les petits soucis de lumière qui ont assombri quelques débuts de scénettes tandis que l’équipe des accessoiristes brille de mille feux. Tous les changements roulent comme du papier peint d’Inde.

À la fin de la représentation, mon voisin, un homme distingué, respectable sans aucun doute m’avoue sa satisfaction tout en tenant à émettre une petite réserve. Je m’amuse de la formule qui précède toujours un grand coup de massue. Il trouve particulièrement excessive la place réservée au tableau sur l'esclavage car en réalité, les responsabilités orléanaises sont plus que limitées. Je m’amuse de cette critique. Manifestement les intentions du metteur en scène et créateur du récit sont couronnées de succès. Je laisse cet homme à sa bonne conscience de bourgeois satisfait.

Le final est réussi. Le bouquet final précède la grande farandole des figurants. Les sourires sont éclatants. Chacun a désormais conscience que le pari fou est gagné. Alain, en bafouille quand il monte sur scène pour remercier tout le monde. Il en oublie même de brancher le micro. Oui, vraiment, il a de quoi être fier de sa création tout en parvenant ainsi à effacer tous les doutes, les efforts, les coups de gueule et les obstacles qui ont parsemés, pour lui une aventure de deux années d’écriture et de travail.

La dernière approche. Déjà chacun regrette ce qui demeurera une formidable expérience collective et un souvenir inoubliable pour tous les participants.

 

Intensément leur

Photographies : AB photographe Région Centre

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13 réactions à cet article    


  • juluch juluch 29 septembre 2017 13:49

    Une sacré expérience effectivement....vous connaissez tous vos textes sur le bout des doigts ou vous les réapprenez à chaque fois parce que ça en fait un paquet non ?


    • C'est Nabum C’est Nabum 29 septembre 2017 16:03

      @juluch

      J’improvise toujours


    • C'est Nabum C’est Nabum 29 septembre 2017 20:27

      @onesime leufeross

      C’est de l’art Gus !


    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine7 29 septembre 2017 15:12

      Hum, qu’est devenu MICHEL ? C’est sa fête aujourdhui.


      • C'est Nabum C’est Nabum 29 septembre 2017 16:04

        @Mélusine7

        Bonne fête Michel


      • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine7 29 septembre 2017 16:06

        @C’est Nabum 

        Rajoutez un oeuf et comme un « bum »erang, cela me revient. MERCI.

      • juluch juluch 29 septembre 2017 16:48

        @C’est Nabum

        Effectivement, patron aussi des parachutistes....bonne fete !!

      • C'est Nabum C’est Nabum 29 septembre 2017 19:39

        @Mélusine7

        Ne faites pas de coquille avec les œufs


      • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine7 30 septembre 2017 11:14

        @C’est Nabum


        La « coq » uille sert à rappeler à la poule sa véritable origine.

      • C'est Nabum C’est Nabum 30 septembre 2017 11:51

        @Mélusine7

        Le coque scie grue tout autant


      • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine7 30 septembre 2017 12:42

        @C’est Nabum


        Vous avez bien déjoué mon détecteur de fachos. smiley

      • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine7 30 septembre 2017 13:03

        @Mélusine7

        La chair de la salamandre de Jean-Louis Martel : Un échafaudage s’écroule : deux morts (dont une poule imprudente). Le vent a tué, prétend aussitôt la rumeur…

        Un architecte meurt noyé et étranglé (ou l’inverse), et l’eau a tué… Un artisan est étouffé par une poignée de terre, et la terre tue à son tour… Un incendie criminel et meurtrier se produit, et l’on accuse le feu… Ce que nul ne peut imaginer, en revanche, c’est qu’il existe bel et bien un cinquième élément et qu’il commande peut-être à tous les autres. Mais que diable pourraient en connaître le capitaine Mord-boeuf, le tavernier Tranche-tripe, le routier Tape-buisson ou le gabarrier Rince-fût, et autres personnages qui, pour être parfois fort inquiétants et dangereux, n’en sont pas moins complètement loufoques ?

        Sur fond d’humour (noir évidemment), crimes sanglants, situations burlesques et dialogues absurdes se succèdent ici, tandis que le drame se joue et que le maître des Enfers rôde, à la recherche de proies…


      • C'est Nabum C’est Nabum 30 septembre 2017 13:12

        @Mélusine7

        Je ne le puis l’être

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