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Accueil du site > Tribune Libre > Est-il si anodin d’injurier le président de la République (...)

Est-il si anodin d’injurier le président de la République ?

 Un hebdomadaire, la semaine dernière, a choisi de faire sa couverture avec ce titre tonitruant puisqu’il était incrusté sur une photo en gros plan du président de la République au regard menaçant : « Le voyou de la République ». Et pour le justifier, ces sous-titres l’encadraient : « Nationalité, immigration, délinquance – Xénophobe et pétainiste ? Certes pas. Mais aucun intérêt moral ne l’arrête. Et pour garder le pouvoir, il est prêt à tout ». Le but, on s’en doute, était à la fois de capter l’attention par une transgression délibérée et de stimuler un réflexe de répulsion envers l’intéressé.

 
Peu importe le nom de cet hebdomadaire qui n’a pas songé à une possible rétroaction ! La question posée par ce titre est, en effet, la suivante : est-il si anodin en démocratie d’injurier ainsi publiquement un président de la République ?
 
Deux raisons pour condamner l’injure
 
 1- Une fonction présidentielle identifiée au peuple
 
Il semble que non pour deux raisons. La première est que, pendant le mandat pour lequel il a été régulièrement élu, il est le président de la République et sa fonction dépasse sa personne : qu’on le veuille ou non parce qu’on a voté pour lui ou non, il représente le peuple français. Le contrat démocratique qui réunit les citoyens d’un pays, régit ainsi leur communauté. Le président élu est investi par la constitution de pouvoirs pour agir au nom de tous. L’injurier comme le fait cet hebdomadaire, c’est injurier la fonction présidentielle qui est identifiée au peuple français. L’injure s’adresse donc en même temps au peuple français dont la majorité aurait élu non un président mais « un voyou ».
 
Que des factions extrémistes s’y adonnent, n’est pas surprenant puisqu’elles ne souscrivent pas à l’ordre républicain et s’inscrivent dans une logique de guerre civile visant à renverser l’ordre républicain et lui substituer un autre régime. Mais qu’un hebdomadaire qu’on ne peut soupçonner de ces menées subversives, use de l’injure envers le président, est le signal qu’il est devenu réceptif à un mode de combat qui n’est plus républicain.
 
2- Un profil caractériel visé et non des actes
 
La seconde raison est que l’injure proférée envers le président, «  Le voyou de la République  », ne vise pas des actes mais un profil caractériel permanent. L’intéressé n’est pas accusé d’user à l’occasion de méthodes de voyou, mais d’être psychologiquement et moralement acquis à un mode d’être qui viole systématiquement les lois républicaines.
 
Nombre de groupes existent, en effet, qui asseoient sur le délit et le crime organisés leur mode d’existence : et on peut dire de leurs membres que ce sont des voyous. Il faut une persistance dans la pratique délictueuse ou criminelle pour mériter cette injure. Une administration qui jouit de la stabilité dans la durée et qui montre une inclination régulière à violer la loi depuis de nombreuses années chaque fois qu’elle y a intérêt, peut mériter l’appellation d’administration-voyou, comme il existe des patrons-voyous ou des États-voyous. On ne peut en dire autant, sauf exception, d’un président élu démocratiquement pour un mandat de cinq ans, fût-il renouvelable.
 
Les effets pervers d’une immunité excessive ?
 
Le président Sarkozy ne peut donc être confondu avec un groupe quelconque de crime organisé ni avec une administration familière du délit. De toute façon, on n’injurie pas un président qu’on juge indigne de sa fonction, on le destitue ou on ne le réélit pas. Il est vrai, cependant, que le mode de destitution prévue par la constitution française et l’immunité pénale accordée en cours de mandat au président, depuis en particulier la présidence Chirac, a un effet pervers : quoiqu’ il fasse ou peu s’en faut, un président de la République française en exercice est intouchable. Et c’est sans doute ce privilège excessif au regard des autres démocraties occidentales, qui, en retour, peut conduire à ces dérapages comme une campagne injurieuse envers sa personne.
 
En revanche, des actes politiques qu’on est en droit de réprouver
 
Il reste que, quels que soient les griefs qu’on puisse nourrir envers le Président Sarkozy, ils ne justifient pas l’injure de l’hebdomadaire. Le rôle normal de l’opposition en démocratie est seulement de les argumenter et de proposer des solutions alternatives.
  • Ainsi l’élection du président Sarkozy grâce aux voix de l’extrême droite qu’il a flattées pendant sa campagne, n’est pas une découverte. Qu’il se soit exposé à en rester prisonnier, n’en est pas une non plus. Il a suffi d’un peu plus de 3 % des votants pour faire la différence entre les deux candidats en 2007. Et Dieu sait si le Parti Socialiste a fait tout ce qu’il pouvait pour les faire perdre à sa candidate, Mme Royal. On s’étonne d’ailleurs de l’anathème que vient de jeter sur le Président Sarkozy M. Michel Rocard, après avoir consenti si complaisamment à lui apporter « son opposition constructive » dans les diverses missions qui lui ont été proposées et qu’il a acceptées. La part prise par l’électorat d’extrême droite à l’élection du président Sarkozy impliquait en retour qu’il fût satisfait tôt ou tard après avoir eu l’impression d’avoir été roulé. Il ne faut pas chercher ailleurs la raison de la mise en scène de mesures sécuritaires à deux ans des prochaines élections présidentielles, sans compter qu’elles jouent un leurre de diversion qui masque l’embarrassante affaire Woerth-Bettencourt.
  • Il n’est pas moins évident que le président n’a pas tenu sa promesse électorale emblématique. L’augmentation du pouvoir d’achat selon le slogan démagogique « Travailler plus pour gagner plus » est toujours attendue. Il faut dire qu’une crise d’une rare violence à soumis l’ économie ultra-libéraliste déréglementée aux caprices du casino de la finance triomphante. Les banques sauvées de la faillite par les États ont eu la délicatesse de se retourner et de spéculer contre eux sous prétexte qu’ils ont accru leur endettement… pour les sauver. L’issue choisie est un budget d’austérité qui frappe prioritairement la politique sociale. Seuls les milliardaires, symbolisés par « le dîner du Fouquet’s » au soir de son élection en mai 2007, ont des raisons de se réjouir de la politique du président qu’ils ont soutenu : ils paient moins d’impôts, pratiquent l’évasion fiscale si on en croit les enregistrement clandestins de l’affaire Woerth-Bettencourt, ou vivent dans des paradis fiscaux.
  • Quant à son autre promesse emblématique sur la paix civile et à la sécurité, l’échec y est aussi patent. Comme ministre de l’Intérieur et président de la République, M. Sarkozy en a pourtant la charge depuis plusieurs années. Certaines formes de criminalité visant les personnes et les biens ont augmenté. L’économie souterraine et les délits et crimes qu’elle implique, reste apparemment florissante. On peut se demander si ce chaos n’est pas sciemment entretenu, faute de pouvoir être éradiqué : la permanence du crime permet utilement d’entretenir à volonté la stimulation des réflexes de peur et de demande de protection accrue : «  La peur, disait Clémenceau, est le grand moteur des actions humaines ». De même, dans l’École n’utilise-t-on pas les petites frappes, en les protégeant sous couvert d’humanitarisme, pour pourrir la vie les établissements publics et encourager la fuite des élèves vers le Privé ?
 
Un hebdomadaire a l’embarras du choix pour recenser les échecs de la présidence actuelle. Il n’est nul besoin d’user d’injure envers le président pour critiquer sa politique. Y recourir, au contraire, tend à discréditer l’ordre républicain qu’on prétend défendre. Comment l’hebdomadaire Marianne a-t-il pu l’ignorer ? 
 
Paul Villach
 

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206 réactions à cet article    


  • Cogno2 11 août 2010 11:05

    Franchement ?

    Un type respectable ne se ferait pas insulter de la sorte.
    Mais ce type n’est pas respectable, il insulte lui même les gens, le respect n’est pas un du, il se mérite, Sarko n’a que ce qu’il mérite.

    Une fonction présidentielle identifiée au peuple

    Pour ce qui est de la « Fonction », soyons sérieux, ce type se prends pour un roi, pas pour un président de la république.
    Et de fait, cette fonction n’est plus identifiée au peuple, au contraire, elle méprise le peuple, et est méprisée par lui en retour.

    Bref, tendez l’autre joue si ça vous chante, mais pour moi un type comme ça ne mérite aucun respect.


    • Fergus Fergus 11 août 2010 11:20

      Bonjour, Paul.

      Entièrement d’accord avec Cogno : on ne peut respecter qu’un individu respectable.

      De plus, le mot « voyou », s’il n’est pas un compliment, ne peut être considéré comme une injure car il se réfère à un comportement marqué par des transgressions répétées à la morale et aux usages. On est un « voyou » comme on peut être un « honnête homme », un « aventurier » ou un « dilettante ».

      En l’espèce, « voyou » est un terme générique qui caractérise un individu pour ce qu’il est de manière générale. Ce qui ne veut évidemment pas dire que tous ses actes sont répréhensibles. Pour toutes ces raisons, la couverture de Marianne ne me choque en aucune manière.


    • Gorg Gorg 11 août 2010 20:34

      Tout à fait d’accord avec vous Fergus, le mot « voyou » est un qualificatif, marquant néanmoins un certain mépris et non pas une insulte. Que devrait on dire de celui qui invective avec la phrase « casse toi pauvre .... ».


    • kisssky kisssky 15 août 2010 14:09

      grace à lui je ne reconnais plus du tout la légitimité de la société dans laquelle je vis....j’adore la France mais je hais les escrocs qui pètent plus haut que leur cul, en plus, au lieu de se contenter de s’engraisser en finissant de vendre la France à ses potes libéraux corrupteurs , il se permet d’essayer de nous monter les uns contre les autres , j’espère sincèrement qu’on ira prendre la bastille prochainement et qu’on lui fera découvrir les geôles de son propre palais ...


    • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 11 août 2010 11:06

      ultra liberaliste ?

      whaou, la nouvelle expression qui decoiffe


      • LE CHAT LE CHAT 11 août 2010 11:09

         il est le président de la République et sa fonction dépasse sa personne 

        même avec les talonettes ?


        • LE CHAT LE CHAT 11 août 2010 11:12

          Il faut dire que le prince est suceptible , tu risques des ennuis en écrivant cela ! smiley


        • Germain de Colandon 11 août 2010 11:09

          Pendant que certains jouent les « chochottes », d’autres sans scrupules foulent, tels des panzers, les principes fondamentaux de la République. Vous vous trompez de cible cher monsieur !
          GdC

          http://lecaennaisdechaine.over-blog.com/article-expression-53281243.html


          • frugeky 11 août 2010 11:09

            Vous savez comment la presse fonctionne et l’attrait du gros titre sur la chaland. C’est d’ailleurs pour ça que vous devez, je pense, mettre pas mal de temps à trouver vos propres titres.
            Dire de sarkosy de nagy bosca qu’il est un voyou vous trouvez que c’est insultant pour le peuple français sous prétexte qu’il a été élu. Moi, faisant partie de ce peuple français, je me sens insulté par ce président qui ne respecte le contrat sur lequel il a été élu.
            Alors préférons menteur, raciste, pétainiste, valet (des USA, des puissances d’argent,...), poujadiste, etc..., vous pourrez compléter vous-même.


            • Ronald Thatcher vraimentrienafoutiste 11 août 2010 11:14


              voyou : individu de mœurs crapuleuses faisant partie du milieu.
              la définition même de sarkozy !


              • Lapa Lapa 11 août 2010 11:18

                et pourtant l’insulte « voyou » Villach, il connaît et utilise !


              • Gabriel Gabriel 11 août 2010 11:18

                Monsieur Villach,

                Lorsque vous vous apercevez que la personne que le pays a conduit à la fonction suprême, trahit ses électeurs, insulte la démocratie, pille l’argent public, s’entoure d’incompétents, a un comportement vulgaire, un langage grossier et qu’il met des milliers de personnes dans la misère, voudriez vous que l’on s’adresse à lui en lui donnant du « Monsieur le président » ? Ce titre et cette fonction qu’il salit chaque jour ! Comme le dernier des derniers, cette chose devrait être prison afin qu’il soit mis hors d’état de nuire, et je qualifie cette option de salubrité public. Il est bon de s’offusquer Monsieur Villach, encore faut-il que se soit pour les bonnes raisons. 


                • agauchtoute agauchtoute 12 août 2010 10:32

                  GABRIEL A TOUT A FAIT RAISON... INCULTE...VULGAIRE..ENTOURE D INCOMPETENTS...
                  NON CHARISMATIQUE..MOUILLé AVEC TROP DE GROS CAPITALISTES ... SE SERT DE SON PARTI COMME D UNE POMPE A FINANCES . (affaires bettencourt ..cesar..sous’mains...corvettes...ect..)..QUITTE A PENALISER L ETAT...DONC LES CITOYENS...LA LISTE EST SI LONGUE QUE MEME DANS BEAUCOUP DE PAYS IL AURAIT ETE DESTITUé...MEME EN AFRIQUE

                  quel exemple pour notre jeunesse...


                • LE CHAT LE CHAT 11 août 2010 11:24

                  le respect ça se mérite ou ça se gagne , ça ne se décrète pas ! ce type ne mérite que le mèpris !


                  • JL JL 11 août 2010 11:27

                     Bonjour, vous écrivez : « L’injurier comme le fait cet hebdomadaire, c’est injurier la fonction présidentielle » Est-ce si évident ? J’en doute !

                    Quand j’ai vu cette Une, j’ai lu :« Xénophobe et pétainiste ? Certes pas »

                    Je ne vois pas où est l’injure ! Pas davantage dans la suite qui ne fait que décrire un animal politique comme un autre. Peut-être l’un des pires, mais s’il a été élu, c’est bien à cause de cette Presse qui l’a encensé !

                    Je ne sais pas si Sarkozy est xénophobe, mais avec Alain Badiou, j’affirme qu’il est néo-pétainiste :

                    « La « rupture », c’est quoi ? Le démantèlement des acquis sociaux, le fait que les riches paient moins d’impôts, qu’on privatise de façon rampante l’université, qu’on donne les coudées franches aux affairistes. Cette façon de déguiser une soumission au capitalisme mondialisé en révolution nationale relève en soi du « pétainisme », au sens formel. » « De quoi Sarkozy est-il le nom ? »,  Alain Badiou


                    • tchoo 11 août 2010 11:35

                      pourquoi parler d’insultes à la fonction, alors que Marianne (ça vous fait peur de le citer) démontre que c’est le personnage qui se comporte comme un voyou !
                      et savez-vous ce qu’il dit lui-même de Marianne

                      Ce type déforme la fonction et la pervertie jusqu’au bout, à tel point qu’après lui plus rien ne sera comme avant et qu’il sera urgent de changer de république.


                      • Alpo47 Alpo47 11 août 2010 11:36

                        Bonjour P.Villach,
                        Je ne partage pas la première partie de votre analyse. Je pense que l’étiquette de « voyou » est destinée à la personne de N.S et non dirigée vers sa fonction. D’autre part, on est bien obligés, au vu des multiples manquements, renoncements, abus verbaux, mensonges ... de l’individu en question, de remarquer qu’on ne peut pas lui accoler l’étiquette « d’homme intègre ».
                        Peut, à nouveau « super menteur », ou « bateleur », ou manipulateur", ou ... auraient ils été plus appropriés.


                        • Catherine Segurane Catherine Segurane 11 août 2010 11:42

                          Ce n’est pas moi qui plaindrai Sarko, qui est malhonnète avec ses électeurs.

                          Quand il s’est fait élire en 2007, il parlait de « Travailler plus pour gagner plus » ; depuis, pour les salariés, c’est plutôt « Travailler plus pour gagner moins ».

                          De plus, il promettait de contenir l’immigration et la délinquance. On a vu : suppression de la « double peine ».

                          Sa politique d’ouverture à tout vat à l’immigration continue malgré les apparences : la suppression de la nationalité pour les tueurs de flics, cela jouera sur une poignée de personnes, alors qu’en sens inverse la suppression de la « double peine » joue sur des grands nombres.

                          Les seules promesses qu’il se sent obligées de tenir, c’est celle vis à vis de ses amis les riches (bouclier fiscal).

                          Alors, quand il se fait balancer sa malhonneté dans les gencives, il l’a cherché.


                          • wesson wesson 11 août 2010 11:43

                            Bonjour l’auteur,

                            M. Sarkozy ne fait que récolter là les germes de ce qu’il a semé. Racailles par çi, kärcher par là ... A vouloir tout stigmatiser, pas étonnant de se retrouver pour une fois stigmatisé lui même.

                            Navrant mais compréhensible, et encore plus navrant que cette sortie un peu abrupte de Marianne puisse se justifier.


                            • clostra 11 août 2010 11:46

                              Il semble que vous preniez le problème à l’envers.
                              Ne serait-il pas mieux de dire que au vu de l’immense respect pour la fonction présidentielle dans une démocratie, toute atteinte à cette Institution républicaine est un déshonneur pour la fonction.
                              Bafouer une Constitution surtout lorsqu’il s’agit de son essence même - NB une Institution doit servir l’Homme et non le contraire, et c’est vrai pour toutes les Institutions, qu’on se le dise ! - ne peut être que le fait d’un voyou.

                              Quant à cette pauvre Marianne et son bonnet frigien, on (ne) peut la défendre quand elle devient une Prostituée. Retour aux fondamentaux.


                              • JL JL 11 août 2010 11:54

                                Bonnet phrygien (pour ceux qui voudraient chercher dans le dico)


                              • clostra 11 août 2010 12:00

                                Merci 1000 fois cher JL ... en espérant que ceci ne me vaudra pas une garde à vue... (et puis zut ! on s’est tellement souvent trompé dans l’orthographe de mon prénom que je peux bien l’affubler du bonnet qui me plait !) signé M-A


                              • JL JL 11 août 2010 12:19

                                @ Clostra, pas de pb ! En revanche, j’approuve à 100% votre commentaire que je trouve excellent..

                                A +


                              • clostra 11 août 2010 11:56

                                PS ce qui est contesté, c’est le « fait du prince » or le prince n’appartient pas à notre démocratie ni à nos institutions. Ou bien faut-il remplacer le bonnet frigien par une couronne...


                                • clostra 11 août 2010 13:13

                                  Le fait du Prince
                                  Comment peut-on ne pas voir ce qui est fait à la France durant cette mandature :
                                  Un homme qui préside un parti minoritaire est élu Président de la république : la République que nous connaissons avec ses Institutions, sa Constitution. Durant sa campagne jamais (si je fais erreur, il faut rectifier) il ne parle de modifier la Constitution. Chacun pense bien entendu que ce Président sera le Président de TOUS les français (c’est dans la Constitution).
                                  Or ce président reste finalement président de ce parti minoritaire (UMP). L’avait-il dit dans sa campagne ?
                                  Synchronisation des législatives. C’est là l’entourloupe. Mouvement euphorique (il faut dire que la marseillaise chantée par notre idole nationale a pulvérisé les foules). « On y va ! » sauf que personne ne sait toujours que cette majorité nouvelle sera commandée par la minorité UMP.
                                  On poursuit : pourquoi donc le président potentiel aurait-il dévoilé ses plans (modifier la Constitution - certains auraient-ils dit « on va voir ce que ça donne » -) pour n’en faire qu’à sa tête puisque ce n’est pas cette élection du « président de tous les français » qui va être élu et que ceux qui ont voté pour lui sont désormais pris au piège de la Majorité ! Il fait ce qu’il veut ce mémorable président de la France des amalgames en tout genre et des incompatibilités.
                                  Dans une partie d’échec, on appelle ça le coup du berger !
                                  Sauf que le berger est en fait un grand méchant loup !

                                  Alors, parmi les égarés, on pourrait demander que Michel Rocard défende lui-même la réforme des retraites. Michel Rocard, ministre du travail et de l’emploi ! Allez la France !


                                • Vladivostok 1919 Vladivostok 1919 11 août 2010 11:57

                                  Commentaire anodin du Président au peuple :
                                  - « Casse toi, pov’ con »


                                  • Tonton Joseph Tonton Joseph 12 août 2010 01:30

                                    Le peuple s’en souviendra.


                                  • Tonton Joseph Tonton Joseph 12 août 2010 01:41

                                    C’est le peuple qui est souverain et pas le président de la République. Pourquoi croyez-vous que Degaulle se soit enfui en mai 1968 ? Si tel est son bon plaisir le peuple a le droit de renverser le gouvernement et de couper la tête du président.


                                  • L'enfoiré L’enfoiré 11 août 2010 11:57

                                    Pas touche à mon pote et à ma pote.
                                     smiley


                                    • Monica Monica 11 août 2010 12:03
                                      @ Paul Villach,

                                      Je partage en partie votre questionnement et ce que j’y perçois d’inquiétude. On sent en France une dégradation très nette de l’image des fonctions étatiques et, plus largement, de la politique. Et, de plus en plus souvent, les « buzz » sur des « affaires » , les scandales, remplacent l’analyse des mesures très dangereuses prises par ce gouvernement... et, surtout, elles font passer au second plan les propositions constructives d’alternatives crédibles.

                                      Traiter Sarkozy de « voyou » semble aussi limite que l’avoir traité de « fou ». Personnaliser l’attaque dans ces termes est d’abord un risque de la dépolitiser. Car ce qui nous gêne, c’est la politique de Sarkozy. Son style personnel n’est qu’un petit aspect, superficiel, des choses. Ce style est, et il a toujours été, pléthorique. Il est depuis longtemps, pour certains de nous, insupportable. Il faut croire que 53% des électeurs ont apprécié son style et son programme, car ils l’ont élu, déployant précisément des critiques éhontées contre la personnalité de Ségolène Royal...

                                      On peut redouter que, à la surenchère du style sarkozien, qui relève très nettement de « l’appel aux bas instincts », réponde en écho la surenchère de l’opposition, dans les mêmes termes que lui. 

                                      Or on se perd (à mon avis) à emprunter les termes de son adversaire. Il faut le combattre sur le fond, pas sur la forme et surtout dans nos termes, pas dans ceux qu’il emploie, lui.

                                      Tout cela étant dit, nous sommes nombreux à éprouver un véritable « ras le bol » de ce personnage, et manifestement beaucoup de gens ont besoin d’exutoires... « Voyou » et autres qualificatifs jouent cette fonction. 

                                      Je ne suis pas certaine que la presse doive orchestrer l’exutoire : elle devrait peut-être laisser ces expressions dans le champ de la vie quotidienne et s’occuper de transmettre le contenu politique des critiques et des propositions.

                                      • Paul Villach Paul Villach 11 août 2010 12:24

                                        @ Monica

                                        Je partage votre point de vue.
                                        Je n’ai eu d’autre but par cet article que d’attirer l’attention sur les règles qui prévalent en démocratie, que l’adversaire plaise ou non.

                                        Le titre de « Marianne » s’inscrit dans une logique de guerre civile.

                                        Si guerre il y a en démocratie, elle se mène avec des moyens pacifiés : le débat, l’instauration de contre-pouvoir avec l’opposition et ses propositions, le vote, le respect de règles minimales de respect mutuel. Paul Villach


                                      • Cogno2 11 août 2010 12:35

                                        Le titre de « Marianne » s’inscrit dans une logique de guerre civile.

                                        Ca, faudra m’expliquer, je vois pas trop le rapport en traiter Sarko de voyou, et la guerre civile, mais passons.

                                        D’autant que le peuple est beaucoup moins demandeur de guerre que les dirigeants...

                                        Si guerre il y a en démocratie, elle se mène avec des moyens pacifiés : le débat, l’instauration de contre-pouvoir avec l’opposition et ses propositions, le vote, le respect de règles minimales de respect mutuel.

                                        Deux fois le mot respect, or Sarko 1er ignore la signification de ce terme, au mieux c’est pour lui un mot de vieux français désuet.
                                        Essayez de discuter avec un type qui a décidé qu’il vous était supérieur en tout, qui a décidé tout simplement de vous ignorer, et expliquez moi comment avec vos belles méthodes vous allez le convaincre.


                                      • Cogno2 11 août 2010 12:36

                                        l’attention sur les règles qui prévalent en démocratie

                                        Désole, j’attends que le voyou de l’Elysée montre l’exemple.


                                      • SALOMON2345 11 août 2010 13:47

                                        Souvent, lorsque l’on critique la forme, c’est que fond n’est pas loin et vouloir aujourd’hui mettre en avant la fonction ne résiste pas à l’examen car cela n’était valable que sous d’autres présidences où l’élu - bien que choisi par une partie seulement du peuple - se préoccupait de « l’intérêt général » ou du bien commun, excluant que la politique de la France ne se fasse à la Bourse de Paris - entre autres - et ne soit pas chef de bandes (La populaire nuit du Fouquet’s, symbole terrible et indélébile, contredit celui de l’élu pour tous, comme le prévoyait la lettre et surtout l’esprit de nos institutions !)...

                                        Un principe est comme un contenant avec son contenu et lorsque ce dernier a disparu - la fonction ou le contenu : « casse toi... » s’adresse au contenu...le peuple, il y a divorce, un peu comme le catholique par rapport au chrétien : l’église sera respectable si elle DEMEURE chrétienne en tous points, c’est pourquoi aujourd’hui, faute du respect de l’esprit de ses écritures et beaucoup de Borgia et Cie l’ayant aidée, celle-ci peine beaucoup à retrouver un respect du passé...ou plutôt les craintes qu’elle inspirait alors !

                                         Donc, la fonction, je veux bien, mais tout se mérite de même - autre exemple - Folcoche est-elle respectable parce que juridiquement elle est la mère... injuste ? Etc, etc,etc...


                                      • Monica Monica 11 août 2010 14:29

                                        @ Paul Villach,


                                        L’exutoire joue à fond la caisse, et vous en faites les frais. Vous récoltez une majorité écrasante de votes négatifs, la plupart des commentateurs disant « Sarkozy l’a bien cherché » et/ou « Paul Villach le défend ».

                                        Or Sarkozy a bien provoqué la colère qu’il suscite par sa politique : qui le conteste ?
                                        Mais est-ce une raison pour entrer dans sa logique stylistique ?
                                        Sarkozy fait appel au plus vil de l’humain. 
                                        Ne nous y abaissons pas, nous.

                                        Hélas, on ne peut rien contre l’exutoire.
                                        Le met-on en doute, on est pris soi-même dans la tourmente...
                                        Dommage. Sarkozy est en train de gagner. 

                                      • Paul Villach Paul Villach 11 août 2010 14:56

                                        @ Monica

                                        Vous avez raison.

                                        En fait, nombre de commentateurs ne lisent pas ou en diagonale pour seulement placer leur ritournelle.
                                        Et puis, il y a les habitués de l’injure qui ne méritent pas qu’on leur répondent : si vous soutenez qu’il fait jour à midi, ils prétendront le contraire. Paul Villach


                                      • Cogno2 11 août 2010 15:26

                                        Et puis, il y a les habitués de l’injure qui ne méritent pas qu’on leur répondent : si vous soutenez qu’il fait jour à midi, ils prétendront le contraire. Paul Villach

                                        Oui, tu es d’accord pour dire qu’en gros c’est un tocard, mais il ne faut pas le dire parce qu’il est président.
                                        Ben je dis que c’est bien de le dire. Si pour toi c’est prétendre qu’il ne fait pas jour à midi mon pauvre, mais vas t’acheter une montre et des lunettes de vue.
                                        L’injure, oui je pratique, la connerie, la stupidité, me font sortir de mes gonds, mais après tout comment oses tu me le reprocher alors que Sarko la pratique lui même ?

                                        Tu veux défendre la fonction ?
                                        Alors prend t’en à celui qui se torche avec, à savoir Sarko, et lâches nous la grappe.


                                      • Yann Patin De Saulcourt Yann Patin de Saulcourt 11 août 2010 15:59

                                        Si je peux me permettre, vous ne pouvez honnêtement ignorer que vous alliez toucher ce qui est blessé chez les gens, à moins de ne pas vouloir prendre en compte cet aspect là ?

                                         C’est à dire leur propre dignité, et la conscience ne ne plus êtres pris pour des citoyens respectable par « le voyou » ainsi révélé, relativement au fait d’avoir à supporter très péniblement une représentation qui n’a plus grand chose à voir avec le respect des règles démocratiques.

                                        Aussi je ne vous donne pas raison Monica, lorsque vous dites que « le style est secondaire » , dès lors qu’il laisse entrevoir clairement ce qui ce cache derrière, c’est à dire la mahonnêteté de l’individu, fortement perçue comme telle par une grande majorité de gens qui réagissent avec des moyens qui expriment la sanction, directement et dans plus prendre de gants.

                                        Dans ce cas, le combattre sur le fond, (du point de vue des politiques menées) ça peut aussi vouloir dire commencer par appeller un chat, un chat. c’est à dire un voyou, un voyou. C’est l’individu tout autant que ses politiques qui sont remise en cause, y compris par bien des gens qui se sont laissé leurré par le style décomplexé, ne voyant pas clairement donc, « le voyou » potentiel qui se cachait derrière, en mettant le bulletin de vote dans l’urne..

                                        Vous ne pouvez ignorer non plus que les règles sont transgressées par celui là même qui montre le chemin d’une déchéance démocratique, à la tête d’un pouvoir abusif et déstructurant des fondements démocratiques. Je perçois pour ma part que le style transgressif, provocateur et direct de Marianne correspond bien à ce qu’ils veulent mettre en évidence.

                                        Ainsi, si votre objectif, M. Villach est de rappeller les règles démocratiques, je crois que vous ne pouviez au final que mettre encore plus en évidence que ces règles là sont largement bafouée par la classe politique toute entière, ou presque, en exacerbant ce qui n’est plus supportable, justement. Nous avons à la tête du pays le maître en la matière insupportable, bien entrainé toutefois par ces prédécesseurs, qu’il dépasse donc largement.

                                        Aussi, on peut très largement relativiser et même approuver le titre éminemment provocateur et opportunément opportuniste de Marianne, pour vendre en plein mois d’août , en n’adhérant pas forcément à la forme, (très politiquement incorrecte) mais indubitablement au fond.. sachant parfaitement que celui qui nous représente à tout le style du voyou, n’ayant pas la preuve formelle qu’il en est un, tout en  pressentant très fortement que Marianne ne se trompe pas.

                                        Alors les règles, excusez moi, nous n’en sommes absolument plus là. Vous ne pouvez qu’obtenir des réactions épidermiques, avec une réprésentation officielle qui montre qu’elle peuvent être très largement bafouée. Ce qui n’est pas toutefois une excuse et ne devrait pas servir de prétexte à le faire, mais qui démontre bien ou nous conduit le style voyou de l’individu qui devrait représenter les Français.

                                        Finalement, nous sommes pris au pièges en tant que citoyens sachant qu’il faudrait jouer le jeu des règles démocratiques, contre ceux qui les renient.. Aussi je pense que l’explosion d’expression vulgaire à un rapport direct avec le besoin d’un peuple de ne plus subir une forme de tyrannie, en transgressant lui-même les règles. Marianne montre le chemin de la libération..
                                        Réduire ce qui s’exprime à un simple exutoire, c’est nier qu’il s’agit du ressentis et de ce que les gens comprennent parfaitement, intuitivement, c’est minimiser la valeur et le sens de ce qui se passe, c’est encore trop intellectualiser ce qui ne demande plus de l’être.. Après on peut faire de la morale pour ce qui devrait être de la forme, dans l’expression intellectuelle chatiée, se voulant sensible et pointue dans la réflexion..

                                        Donc, messieur dame, vos analyses fort subtiles et intéressantes ne vont pas appaiser quoi que ce soit. Elle ne peuvent qu’exacerber le ras le bol et le fait qu’il n’y à plus grand chose à dire qui n’a déja été dit, devant la situation complexe, pour ne pas dire le noeud gordien qui reste donc à trancher, (sans décapiter personne, certes) mais sans complaisance non plus dansl’espoir de voir les têtes tomber, au sens figuré, naturellement..

                                        La presse n’orchestre pas l’exutoire, elle fait partie de la partition.. Le chef d’orchestre en démocratie, c’est le peuple, pas son ou ses représentants qui devraient alors le représenter dignement, s’il voulaient honnêtement que la musique soit bonne, et créer l’harmonie, plutôt que la division..

                                        .


                                      • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 11 août 2010 16:16

                                        Par ses provocations et sa politique Nicolas sarkozy reçoit des tombereaux d’invectives de la part d’un peuple exaspéré. Quoi de plus naturel ? Quelqu’un, plus haut, parlait à juste titre « d’exutoire ». On ne peut pas, on ne doit pas, empêcher des populations excédées de se plaindre, de râler, même de façon outrancière. Surtout au moment où l’action de Sarkozy vient flirter avec les limites de la légalité (depuis une semaine je n’ai jamais autant vu, entendu et lu de constitutionnalistes).


                                        Si Marianne (ou un autre journal) ne joue pas ce rôle d’exutoire, de soupape de sécurité, alors le peuple pourrait décider tout seul, comme un grand, de rendre hommage à l’article 35 de la Constitution de la première République :


                                        Constitution de l’An I 
                                        24 juin 1793. 

                                        Article 35 : Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.



                                      • Fergus Fergus 11 août 2010 16:34

                                        Bonjour, Monica.

                                        Le mot « voyou » n’entre pas dans le vocabulaire de Sarkozy. Lui c’est plutôt de « connards », d’« enculés et autre »abrutis« qu’il traite non seulement ses adversaires mais également ceux qui l’entourent. Et s’il se garde de les prononcer lui-même, c’est de »fascistes« qu’il qualifie, par la bouche de ses porte-flingues, ceux qui osent le critiquer.

                                        C’est pourquoi le mot »voyou" n’a strictement rien de choquant. Et d’autant moins que le contenu du magazine montre, par un jugement équilibré sur ce qu’est et n’est pas Sarkozy, à quel point ce qualificatif colle comme un gant au personnage, à défaut de coller à la fonction. Mais ce ne sont ni les citoyens ni les journalistes de Marianne qui ont ravalé cette fonction à ce qu’elle est devenue : une sorte de caïdat !

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