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Accueil du site > Tribune Libre > Et au 7e jour, Dieu continua à travailler

Et au 7e jour, Dieu continua à travailler

Les projets de réforme impulsés par Nicolas Sarkozy ne vont pas sans poser de vrais défis à la société. C’est ce qu’explique en substance, Luc Binsinger, maire de la ville de Saint-Nicolas-de-Port (54).

Nicolas SarkozyQui n’a jamais pesté contre un magasin fermé le dimanche ? Du cuisinier en herbe qui a oublié d’acheter l’ail pour le repas avec la belle-famille, à l’apprenti bricoleur qui désespère de ne pas trouver la bonne vis dans sa petite boîte à outils, nous nous sommes tous retrouvés un jour à maudire ce jour chômé accordé, pas tant à nous évidemment, mais aux autres.

Le projet de loi initié par Nicolas Sarkozy, au nom de son principe directeur « travailler plus pour gagner plus », prévoit d’autoriser l’ouverture des commerces le dimanche, d’encourager aux heures supplémentaires et de standardiser le travail dominical pour les volontaires.

L’idée est séduisante puisqu’elle semble répondre à deux autres principes directeurs du monde contemporain : « la liberté de faire » et « avoir - plus - pour être - plus - ».

Elle présente également le mérite d’offrir une alternative modérée à la politique des 35 heures « travailler moins pour gagner autant », mise en place sous le gouvernement Jospin, et qui coûte annuellement à la France 16 milliards d’euros pour des résultats sur l’emploi très mitigés : 300 000 emplois créés au lieu des 700 000 attendus (source INSEE).

Aujourd’hui, la stratégie de l’actuel président est diamétralement opposée mais l’objectif reste le même : relancer la croissance par la consommation. La politique d’accroissement individuel du temps de travail remplace la politique de réduction collective du temps de travail, remettant ainsi en cause deux ans après le jour chômé de la Pentecôte, le principe du repos dominical.

Entre avoir la liberté de travailler et l’obligation d’être flexible

Le repos dominical, qui trouve son origine dans la Bible, a été institué par la Loi du 13 juillet 1906, après un XIXe siècle écrasé sous le travail et la fatigue (semaine à 84 heures en 1848). Elle ouvre un droit obligatoire pour tout salarié de l’industrie et du commerce à un repos de 24 heures après six jours de travail. Mais au-delà des considérations religieuses, ce sont deux valeurs qui veulent être ainsi défendues par le gouvernement de l’époque : le repos et la famille. En 1919, la journée de travail passe à 8 heures, en 1936, la semaine passe à 40 heures avec l’apparition du week-end (samedi après-midi + dimanche - concept repris aux Anglais avec cinquante ans de retard), avant de descendre à 35 heures en 2002.

La réduction du temps de travail a joué un rôle important dans la hausse de l’espérance de vie, la réorganisation de la famille, le progrès social et l’évolution de la société : les parents s’occupèrent davantage de leur foyer et des enfants, les activités associatives et sportives se sont développées, tout comme la méditation, les voyages ou la lecture. Et même si plusieurs dérogations ont été nécessaires afin de tenir compte des particularités de chaque métier (hôtellerie par exemple), ces modifications n’ont jamais remis en cause la supériorité du repos et de la famille sur l’intérêt marchand.

Or, c’est précisément là que l’on s’aperçoit que le projet de loi Sarkozy peut avoir des effets insidieux. Que la poursuite d’objectifs différents rend non seulement des politiques de développement incompatibles entre elles (dynamiser le commerce / augmenter le temps de travail / reconstruire l’unité familiale / valoriser l’éducation parentale) mais risque aussi d’opérer une nouvelle mutation de notre société.

En outre, le point fort de cette politique du « libre-service » est également son point faible : la liberté supplémentaire octroyée dans une société déjà ultra-compétitive risque d’accentuer encore la course à l’argent et de culpabiliser nombre de parents, partagés entre leur volonté de conscarer du temps à leurs enfants mais aussi de leur offrir un niveau de vie au moins comparable à celui du voisin.

Enfin n’oublions pas que la personne qui décide et licencie dans une entreprise reste le patron. Aussi, cette liberté de travailler plus ne risque-t-elle pas d’obliger le salarié à faire preuve de plus de flexibilité, et de faire du travail dominical un droit forcé ?

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32 réactions à cet article    


  • Leonard 19 juillet 2007 13:24

    L’important c’est d’avoir un boulot, non ?

    En Ireland, quasiement tous les magazins sont ouverts tous les jours de la semaines. Certains supermarches ont pousse le vice jusqu’a l’extreme avec des 24/7.

    Certes on retrouve beaucoup de jeunes et d’etudiants a ces postes le we mais pas uniquement. Des meres/peres de familles le font aussi. Au bout de 6 mois l’equipe a change et ces personnes ont trouve ailleurs une place qui leur convient mieux. C’est aussi de la flexibilite.

    Il faut voir aussi que ceux qui travaillent le dimanche sont en heures doubles ou recupere l’equivalent ou alors ce n’est qu’un dimanche par mois ce qui convient a une partie de la population active puisque les magazins sont ouverts.

    Certes c’est pas marrant mais pour beaucoup ce ne sont que des trash-jobs, en attendant une meilleur place ou ca permet d’ameliore temporairement la vie et surtout de voir du monde.

    De ce cote ci, les gents le prenne moins comme un contrainte que faire son boulot.


    • Emile Red Emile Red 19 juillet 2007 14:32

      Léonard, je parie que vous ne travaillez pas dans le commerce (comme salarié s’entend).

      D’autre part, quand on a 100€ à dépenser ce n’est pas parceque les commerçants sont ouverts le dimanche qu’on a plus à dépenser.

      L’ouverture du dimanche est uniquement une occasion supplémentaire pour asservir le temps des citoyens au travail. Elle n’a aucune justification économique, encore moins sociologique.

      C’est aussi un moyen de déresponsabiliser les gens dans leur gestion quotidienne de la vie familiale.


    • Sparte Furia - Cherry Etoile LRT for Luc Binsinger Sparte Furia 19 juillet 2007 14:41

      Il y a bien sûr du pour et du contre qui vont au delà du cadre du code du travail.

      L’ouverture des commerces le Dimanche peut permettre par exemple d’animer les rues souvent désertes des petites villes, voire des plus grandes.

      A contrario, on pourrait presque dire, qui viendra se promener dans ces rues animées, si tout le monde doit aller travailler ?

       smiley

      Plus sérieusement, l’article souligne un effet pervers : on n’aura pas tellement le choix, surtout si les autres collègues acceptent eux de travailler le dimanche, ou que les amis ou voisins travaillent aussi, au risque alors pour nous de passer pour un « fainéant ».


      • Djanel 20 juillet 2007 13:05

        ETES VOUS FARCEUR ? Quels sont vos justifications pour nous obliger à travailler le dimanche ?

        Contenter un médiocre bricoleur qui n’aurait pas fait l’inventaire de sa boite à outil avant de réaliser son chef d’œuvre

        Satisfaire une commère oublieuse qui invite sans savoir ce qu’elle donnera à manger.

        Animer les centre villes par des magasins ouverts, alors que tout le monde va au super marché avec sa bagnole pour effectuer ses courses.

        Laisser moi rigoler avec cette Irlande Catholique qui est contre l’avortement et contre le divorce et qui travaille le jour du Seigneur.

        Obliger les gens à travailler le dimanche, alors que ce n’est pas nécessaire, est une escroquerie qui briserait les liens sociaux qui s’effectuent durant les jours chômés parce qu’on est tous libre en même temps d’une contrainte professionnelle. Exemple :

        __ « Dis dudu, on est invité dimanche chez ton pote. » __ « Impossible, je bosse. Le dimanche suivant. » __ « Impossible, Ton pote bossera, il me l’a dit » __ « Ce soir » __ « Impossible, il fait les 3 huit »

        Et vive Sarkozy tout le monde bossera 7 jours sur 7, il n’y aura plus de chômeurs que des esclaves et la grève sera interdite. C’est la Pax capitalum. Ils seront tellement fatigués qu’ils ne penseront même plus à se battre entre-eux.


      • Ploum 19 juillet 2007 15:02

        Il est aussi à noter qu’un très grand nombre de petits commerçants sont farouchement contre l’ouverture le dimanche, car si cela devenait possible, les grandes surfaces et enseignes s’engoufreraient en masse dans la brèche et pour survivre ils devraient alors s’aligner avec pour seul choix de bosser 7j/7 ou d’alourdir leurs charges en embauchant quelqu’un sans pour autant avoir d’augmentation de leur chiffre d’affaire.

        Pour ma part je suis partisan d’une certaine fléxibilité oui, mais pas n’importe comment et avec un gain pour tout le monde, par exemple si l’ouverture possible le dimanche est accompagnée en contrepartie d’une fermeture un autre jour de la semaine (au choix pourquoi pas), j’y serai déjà plus favorable.


        • Emile Red Emile Red 19 juillet 2007 15:30

          Et vous irez à la plage, au musée, au cinéma, faire les courses même, l’un après l’autre, qui le lundi, l’autre la mardi, la fille le mercredi (jour de sortie au ciné), le fils le jeudi ....

          Le dimanche est aussi fait pour que les familles se retrouvent, c’est déjà un enjeu important avec la démobilisation des parents et l’augmentation des familles monoparentales, pour mettre un coup de pied de plus dans ce qui en reste.


        • Ploum 19 juillet 2007 17:08

          Pas nécessairement, il ne faut pas non plus partir du principe que le pire des scénarios sera obligatoirement choisi, même si lors du passage aux 35h par exemple certaines directions d’entreprise eussent mérité de bons gros coups de pied au cul.


        • Emile Red Emile Red 20 juillet 2007 08:01

          Dans un contexte social de pouvoir, il est léger de ne pas prendre en compte les pires hypothèses, comme c’est aussi le cas dans de nombreux domaines (cf le nucléaire au japon).

          Un exemple risible de la légèreté : la limitation à l’extrême des entrées en fac de médecine, résultat plus assez de medecins pour le territoire...

          Un autre exemple dans le domaine social : le service minimum avec déclaration préalable du statut de gréviste, résultat augmentation des congés maladies et du déficit de la SS.

          Croyez vous encore qu’il ne faut pas imaginer le pire ?


        • tvargentine.com lerma 19 juillet 2007 15:41

          Aujourd’hui,les sociétés fonctionnent en 7j/7 ,24h/24

          L’ignorer c’est ignorer la réalité

          Ensuite travailler le samedi et dimanche ou en VSD (vendredi,samedi,dimanche) en vacation de 12h peut permettre d’avoir le reste de la semaine disponible (j’ai travaillé comme cela avant les 35h Aubry)

          Pourquoi vouloir empêcher des gens de travailler le week-end ou bien de faire des heures supl en travaillant le week-end

          Tout le monde n’est pas fonctionnaire et il convient que ce gouvernement réduisent sa propre masse salariale afin de permettre aux entreprises et aux salariés de travailler et gagner de l’argent,plutôt que de travailler pour le bien être d’une minorité surprotégée (Les fonctionnaires)

          Les charges sociales qui pésent sur les entreprises et les salaires s’appelent avant tout : TROP DE FONCTIONNAIRES


          • Barbathoustra Barbathoustra 19 juillet 2007 16:53

            15H41, vous êtes pas au boulot à cette heure ci vous ?


          • Ploum 19 juillet 2007 17:14

            Heureusement qu’il y a des fonctionnaires qui bossent le week end pour alimenter en electricité ta baraque, conduire les trains/métros que tu prends, t’acceuillir aux urgences si tu te fais un bobo en tombant de ton hamac, te secourir si un feu se déclare chez toi, te protéger si tu es aggressé pendant tes loisirs, donner des cours à tes gosses la samedi matin, etc ...

            Enfin bref, si tu étais moins idiot tu remarquerai que le week end il a en proportion beaucoup plus de fonctionnaires que de gens du privé qui bossent.


          • kamel903 19 juillet 2007 21:49

            Un petit raisonnement de patron...

            Les charges sociales sont notre salaires différés.

            La Sécurité sociale est financée grâce à nos cotisations...

            Le fameux trou de la sécu existe parce qu’il y des trop d’exonération patronale.

            Allons nous crever pour les patrons ? Sommes nous en capacité de nous passer de la Sécu ? le prix d’une hospitalisation banale... qui peut se la payer ?

            C :\Documents and Settings\Christophe Le Comte\Local Settings\Temp\exos2005.gif

            Voici les chiffres officiels de la Sécu


          • JL JL 21 juillet 2007 10:12

            à Barbathoustra (à lerma : «  »15H41, vous êtes pas au boulot à cette heure ci vous ?«  »

            Son boulot c’est d’être sur AV ! smiley


          • masuyer masuyer 19 juillet 2007 16:36

            Relancer l’économie par le travail dominical, quelle blague !

            Effectivement, les magasins ouverts le dimanche étant pour l’instant l’exception, ils constatent une augmentation du chiffre d’affaire. Une fois généralisé, cette mesure montrera immédiatement ses limites.

            Près de chez moi, il y a un supermarché ouvert le dimanche. Si vous restez à observer la clientèle dominicale pendant la matinée, vous pourrez remarquer que le gros des troupes est composé de retraités. Bizarre non ?


            • Emile Red Emile Red 20 juillet 2007 08:10

              De plus l’ouverture généralisée c’est la mort assurée pour les petits commerçants de proximité, presse, boulangerie et pour une grande proportion d’association.

              Comment gérer une équipe de foot si chaque joueur travaille deux ou trois dimanche par mois et ce n’est qu’un mini exemple, toutes les fonctions touristiques peuvent être remises en cause et là c’est du gros, entre 30 et 35 % du chiffre d’affaire


            • libremax libremax 19 juillet 2007 18:29

              Ouvrir les magasins le dimanche n’apportera rien à terme. La consommation n’est pas élastique, ni les portes monnaies. La tentation est grande pour les innovateurs, qui n’en seront plus une fois le système généralisé. Il suffit déja de regarder l’affluence les lundi et mardi dans les grandes surfaces pour imaginer l’erreur. Réactionnaire, vous avez dit réactionnaire smiley


              • JL JL 19 juillet 2007 18:37

                « Travailler plus pour gagner plus », jamais slogan n’a été plus populiste. Surtout si l’on oublie de de dire : « pour ceux qui veulent ».

                D’un coté on forcera à bosser davantage des gens qui ne le souhaitaient pas, de l’autre on enlèvera pour des raisons x ou leur job à des travailleurs qui ont un boulot.

                Ce ne sont pas les pêcheurs d’anchois du golfe de Gascogne qui me contrediront : la pêche a été interdite pour cette année. En échange, ils recevront des subventions.

                Et ces messieurs léonard, lerma, MPM & Co vont continuer de se plaindre qu’on paie pour les fainéants. Ces types ont des QI de lombrics !


                • Barbathoustra Barbathoustra 19 juillet 2007 19:06

                  Il n’y a pas de fénéants, il n’y a que des boulots qui n’en valent pas la peine.


                • JL JL 21 juillet 2007 10:22

                  à Barbathoustra, je suis d’accord, mais il faut nuancer. Faire un boulot de smicard, c’est un boulot ingrat, il y faut de la volonté. Marin pêcheur demande aussi du courage, mais surtout beaucoup de cran. Faire de la recherche scientifique c’est un boulot passionnant. Mais faire de l’argent pour faire de l’argent, c’est une activité lucrative qui motive même les plus fainéants.


                • patroc 19 juillet 2007 19:15

                  Si Dieu veut bosser sept jours sur sept, c’est son affaire !... Mais le but de Sarko, en appauvrissant les ménages par des charges sociales de plus en plus lourdes (tva augmentée, hausse des prix pour augmenter les marges des entreprises, franchises santés, privatisation du système social,...) et une politique antisociale (attaque du droit de grève, réforme du travail, des retraites, du service public,...), est de créer une pression sociale si forte que les ménages, pour survivre, seront obligés de travailler plus pour gagner plus, avec un pouvoir d’achat en baisse constante. Qui profite d’une ouverture dominicale si personne n’achète dejà la semaine ? Réponse : Les grandes entreprises qui exportent (la production ne faiblit pas), les grandes surfaces (pour qui Sarko a dejà baissé les charges, l’état (taxes, charges). Préparons nous donc à ce que Sarko « libère » le travail le dimanche pour toutes les entreprises, et comme avec sa loi sur les heures sups, c’est le patron qui décide, préparons nous à travailler le dimanche, pour survivre !... Merci Sarko 0 !


                  • Ghirlandaio 19 juillet 2007 21:07

                    Saint Nicolas de Port a une sublime basilique que je vous recommande de visiter. Elle a été restauré grâce à l’argent d’une riche américaine qui en est tombée amoureuse.


                    • JL JL 20 juillet 2007 11:10

                      Elle aurait mieux fait de restaurer les puits et l’agriculture vivrière des populations du Sud.

                      Mais vous devant ces désastres, attiré par le titre, venez ici célébrer l’alliance de la Bourse et du goupillon. smiley


                    • autrepseudo 19 juillet 2007 21:09

                      Moi, comme beaucoup, j’ai aussi maudit la nuit : qui n’a pas ralé devant le supermarché fermé à 2 heures du matin, quand une envie de glace à la noisette nous démange. Et je ne parle pas du bricoleur qui ne trouve pas la vis qui va bien à 22 heures, ni de celui qui doit poster un coli a 21h30 pour qu’il arrive le lendemain... COnclusion, les commerces doivent être aussi ouverts la nuit. D’ailleurs les hôpitaux fonctionnent 24 heures sur 24. En Chine, les chantiers de construction fonctionnent 24 heures sur 24, et c’est une réussite, les immeubles sont construits plus vite. Alors, qu’attendons nous pour faire tourner l’économie française 24h sur 24 ? Aller, président, courage pour de véritables mesures, et non des mesurettes !


                      • kamel903 19 juillet 2007 21:41

                        Il ne faut pas avoir de raisonnement un peu limité !

                        Comparer une glace à la noisette et une personne entre la vie et la mort au service des urgences... Il y a un problème de valeur.

                        Ta glace tu attendras le lendemain, et tu la mets dans ton congélateur pour ta prochaine envie.

                        Un bon bricoleur s’organise... la prochaine fois il s’organisera.

                        Pour le travail de nuit, il faut savoir qu’au bout d’une vingtaine d’année, on perd plusieurs années d’espérance de vie. Les femmes qui travaillent la nuit développent des cancers du seins et autres dérèglements hormonales. Il y a des sites canadiens et autres sur le sujet.

                        a-t-on le droit de faire subir cela pour une glace ou un boulot ?

                        Je pense que nous devons prendre du recul et se poser la question :

                        Et moi, ai je envi de travailler la nuit ou le dimanche, sacrifier ma vie familial, associative, sociale... ?

                        Allez voir ce sondage :

                        http://fecfocommerce.unblog.fr/files/2007/05/sondagelesfranaisetletravaildu dimanche.pdf


                      • Barbathoustra Barbathoustra 19 juillet 2007 23:13

                        « qui n’a pas ralé devant le supermarché fermé à 2 heures du matin, quand une envie de glace à la noisette nous démange »

                        — >

                        A 14 ans t’as rien à faire devant un supermarché à 2 heures du matin de toute façon ...


                      • Zkyx 20 juillet 2007 10:07

                        Euh... il me semble (en fait je suis sur) que le commentaire que vous lynchez était à vocation ironique, détendez-vous et prenez un peu les choses au second degré que diable !


                      • kamel903 19 juillet 2007 21:30

                        Il y a beaucoup de bêtises de dites...

                        l’ouverture des commerces du dimanche n’anime pas les rues commerçantes. C’est pour cela que les petits commerçants sont contre. Ils ne peuvent pas supporter le cout de l’ouverture d’un 7ème jour. Et l’ouverture des grandes surfaces et des chaines le dimanche provoque une concurrence déloyale.

                        Je vous invite à vous rendre sur un site fait avec des petits commerçants et des syndicats de salariés : http://www.reposdominical.com/

                        Attention, ce n’est pas vrai que le travail du dimanche est mieux rémunéré. L’obligation se fait uniquement dans le cadre de la loi qui permet l’ouverture de 5 dimanches.

                        Si vous voulez un peu plus d’infos,(historique et autres) redez vous sur un site très actif :

                        http://fecfocommerce.over-blog.com/

                        Le repos dominical n’a rien à voir avec la religion aujourd’hui. La loi date de 1906, la même année que la loi sur la laïcité.

                        Ce qui est demandé, c’est grand chose... uniquement le respect de la loi.

                        Les patrons savent respecter les lois quand ils vous écrivent une lettre pouvant aller jusqu’à un licenciement... ils n’oublient pas de citer le code du travail !!!

                        Moi, le dimanche, j’ai envi de le passer en famille... si le travail du dimanche se généralise, je ne pourrai plus le faire.


                        • autrepseudo 20 juillet 2007 08:15

                          Ma demande d’avoir des magasins et des entreprise n’est pas illogique : Comme nous sommes sensés travailler plus : nous terminons plus tard, donc nous rentrons plus tard pour faire nos courses, d’ou l’utilité d’avoir des commerces ou des administrations ouverts la nuit. Nombreux sont les cadres et les cadres supérieurs qui rentrent au delà de 20h30. Bien entendu, ceux qui terminent leurs journées à 17h00 ou vers 18h00 ne peuvent pas comprendre.


                          • Emile Red Emile Red 20 juillet 2007 11:18

                            Et bien entendu ceux qui restent ouverts jusqu’à 22 ou 23 heures gueuleront pour que les autres soient ouverts plus tard encore pour permettre à leurs employés de faire leur courses après le travail... et ainsi de suite, vive le travail ininterrompu.


                          • Sparte Furia - Cherry Etoile LRT for Luc Binsinger Sparte Furia 20 juillet 2007 10:03

                             smiley Tous ces commentaires sont très intéressants et je vous en remercie, y compris celui sur la Basilique smiley

                            ceci dit, petite précision à Kamel903 : la Loi sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat date de 1905 et non de 1906 ;o) votée le 09 décembre et publiée au JO le 11 décembre très exactement. Mais effectivement, elle n’a rien à voir, sinon la loi de 1906 n’existerait pas smiley


                            • Vilain petit canard Vilain petit canard 23 juillet 2007 12:08

                              Tout ça est une vaste blague ! Ouvrir le dimanche, c’est mettre en concurrence le dimanche les commerces de détail et les grandes surfaces. A votre avis, qui augmentera son chiffre ? Au nom des petits, une fois de plus, on favorise les gros.

                              C’est un peu du même genre que le prix unique du livre de Jack Lang en 1982 : au nom de la sauvegarde des petites librairies, on a bloqué le prix du livre vers le haut, ce qui a permis à des monstres comme la FNAC de doubler ou de tripler leur marge et donc de conforter leur quasi monopole. D’ailleurs dans la foulée, on a vu apparaître Virgin Megastore et les Espaces Culturels Leclerc, ce qui prouve bien que vendre du bouquin en gros était devenu du coup très rentable. En revanche le nombre de librairies « vraies » (c’est-à-dire sans papeterie, calculettes, lotos, magazines de fesses, etc.) a continué sur sa lancée, c’est-à-dire à baisser (il doit en être au nombre de 200 en France (oui, oui, 200), aux dernières nouvelles).

                              D’autant que cette mesure démago au possible passe sous silence que le porte-monnaie des ménages n’est pas extensible à l’infini (comme le notait très justement Emile Red plus haut) : ce n’est pas parce qu’on va ouvrir plus que les clients vont acheter plus, ils sont déjà fauchés.

                              Je trouve un peu suspecte la faveur dont jouissent les grandes surfaces auprès de notre bien-aimé Président. Peut-être l’ont-elles aidé dans sa difficile campagne ? Il avait bien besoin d’aide, le pauvre ...


                              • kamel903 24 juillet 2007 00:18

                                http://www.democratie-socialisme.org/article.php3?id_article=1201&titre=Parce-que-la-grande-bourgeoise

                                Travail du dimanche Parce que la grande bourgeoise Lagarde veut pouvoir faire ses courses, les petites caissières ne pourront plus rester en famille le dimanche ? Ce jour de repos commun est plus que jamais nécessaire dans notre lundi 23 juillet 2007 par Gérard Filoche Enregistrer au format PDF L’article en PDF

                                Mme Christine Lagarde trouve décidément tout désuet, en ce qui concerne les droits des salariés.

                                Hier, elle jugeait que les « 35 h relevaient d¹un autre temps ». Aujourd¹hui, elle trouve que la loi pourtant unanimement adoptée à l¹Assemblée nationale en 1906 et maintenue depuis un siècle pour le bien de tous, est caduque.

                                Plus de repos dominical : travaillez tôt, travaillez tard, travaillez le dimanche aussi. Même les apprentis de 15 ans.

                                Le fait que les syndicats y soient opposés, mais aussi toutes les associations de petits commerçants, ne fait pas réfléchir Mme Lagarde : elle propose d¹ouvrir sur « la base du volontariat » comme le lui a demandé (encore lui, il s¹occupe de tout) l¹incontournable vedette imposée des médias, le président omnipotent Sarkozy.

                                Le problème, pour Mme Lagarde et M. Sarkozy c¹est encore une fois qu¹ils font semblant d¹ignorer le « b-a-ba » du droit, que le « volontariat » nŒexiste pas en droit du travail. Pas un salarié de ce pays n¹est « volontaire ». Tout salarié est subordonné, et seul l¹employeur décide, ou non, du travail le dimanche s¹il y en a et s¹il en veut. Tout comme pour les heures supplémentaires, le salarié n¹est ni « libre » ni volontaire.

                                Le Conseil d¹état a déjà maintes fois écarté l¹argument du « volontariat » contre les employeurs qui voulaient l¹utiliser pour justifier leurs infractions en ouvrant illégalement le dimanche. On nous dit qu¹une majorité de français sont « pour » l¹ouverture le dimanche : oui, mais une majorité de français sont aussi ³contre² le fait de travailler eux-mêmes le dimanche !

                                Actuellement, autour de 5 % de Français travaillent le dimanche parce qu¹ils y sont contraints (infirmières, cheminots, chauffeurs de bus, feux continus, médias..) demandez-leur ce qu¹ils préfèrent : le dimanche où ils peuvent se reposer une fois toutes les cinq et six semaines et où ils retrouvent famille et enfants. Ils le calculent longtemps à l¹avance... Et demandez-le aux 20 % de français qui travaillent occasionnellement le dimanche. Sauf des jeunes et célibataires et encore, temporairement, acceptent de subir cela, sinon touts préfèrent une autre solution, si on les y oblige pas.

                                Or l¹article du Code du travail obligeant les employeurs à accorder le repos dominical à leurs salariés, est encore là pour les protéger. (Le système de dérogation actuel, à 5 dimanches par an et à certains activités, est déjà extraordinairement souple et hélas, trop fraudé faute de vrais moyens pour l¹inspection du travail afin de le faire respecter).

                                Qui travaillera le dimanche en majorité ? des femmes, caissières, précaires, des temps partiels, des petits boulots, des étudiants, n¹ayant pas le choix. Qui fera les courses : peut-être Mme Lagarde qui gagnait encore 600 000 euros dans le cabinet d¹avocats d¹affaires où elle travaillait précédemment à Chicago.

                                Mais le pouvoir d¹achat n¹est pas extensible : ce qui sera acheté le dimanche ne le sera plus le lundi. L¹embauche qui aura été faite le dimanche remplacera donc un emploi supprimé le lundi.

                                Seules les grandes surfaces y gagneront, les petits commerçants ne pourront pas suivre. Des études répétées ont établi que l¹ouverture généralisée le dimanche, c¹est environ 30 000 emplois en moins dans les petits commerces et ils ne seront pas durablement remplacés dans la grande distribution. Pourquoi remplacer la civilisation du loisir par celle du caddie et créer du chômage en sus ? Si le seul ³but² du dimanche devient le supermarché quel triste « progrès » !

                                Ne vaut-il pas mieux rapprocher la durée réelle du travail de la durée légale aux 35 h pour tous et chacun fera ses courses en semaine ?

                                Toute société, surtout une société aux liens distendus, en crise familiale, en déshérence dans ses banlieues, a besoin, de point de rencontre, d¹un temps de repos COMMUN, COLLECTIF.

                                Le dimanche c¹est ce point fixe hebdomadaire nécessaire pour la famille, mais pas seulement, aussi pour le sport, les associations, la vie citoyenne et culturelle, sans même parler de religion. Ce n¹est pas un hasard s¹il fait consensus depuis un siècle, et si ce jour de repos commun, est plus que jamais nécessaire dans notre société.

                                Alors pourquoi détruire ce rendez-vous social, ce repos commun ? Quelle forme de vandalisme antisocial pousse Mme Lagarde et M Sarkozy à remettre en cause le dimanche ? Pour disloquer davantage, atomiser, individualiser davantage la vie sociale ?

                                Pour déréglementer davantage la semaine et les 35 h hebdomadaires ?

                                Gérard Filoche, chroniques de juillet 07, d¹un été où le Parlement Ump-Sarkozy détruit le droit du travail.

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