• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > Et les Etats-Unis inventèrent le « choc des civilisations »...

Et les Etats-Unis inventèrent le « choc des civilisations »...

 
Comment, du monde de la guerre froide, qui cristallisait les tensions internationales autour de questions politiques, en est-on venu à une rhétorique généralisée de conflits religieux et prétendument civilisationnels ? 

 

Bernard Lewis (à droite) en 2007

 

Juste après la crise de Suez, en 1957, un universitaire britannique, Bernard Lewis, est invité par l’université Johns-Hopkins de Washington pour participer à un colloque sur les tensions au moyen-orient. Il surprendra l'auditoire par l'exposé de sa thèse : il évacue de l'équation les problèmes politiques, économiques, le nationalisme, le socialisme, et introduit, 35 ans avant Samuel Huntington, le concept de « choc des civilisations », aujourd'hui omniprésent dans les opinions occidentales. Il introduit la vision d'un monde séparé en blocs culturellement homogènes, un grand tout qui est l'occident, qui devra affronter un grand tout arabo-musulman, de par la nature même de ces derniers, à cause d'une sorte d'incompatibilité anthropologique.

Rappelons le contexte de Suez : lorsque Nasser, leader nationaliste arabe de l'Egypte, décide la nationalisation du canal de Suez, propriété franco-britannique. Une alliance tri-partite franco-israélo-britannique organise, en 1956, une attaque militaire contre l'Egypte pour l'en empêcher. Il faut garder en mémoire qu'a cette époque, Nasser n'est pas encore un allié du bloc communiste, et que le principal soutien de l'entité sioniste est la France, qui lui fournit les armements les plus modernes, chars, avions à réaction etc. Si l'opération militaire est un succès, sa conclusion politique est un désastre pour les Français et les Britanniques. En effet, Américains comme Soviétiques menacent les Européens de représailles s'ils n'abandonnent pas leurs prétentions. C'est une humiliation qui marque définitivement leur relégation au rang de puissances secondaires, tandis que 15 ans plus tôt, ils contrôlaient de gigantesques empires. 

Ceci entraînera un virage dans les relations internationales [1], qui mettra des années à se concrétiser. Israéliens et Britanniques optent pour la solution pragmatique, admettre leur inféodation aux Etats-Unis, c'est-à-dire avec les plus forts. La France cherchera une « troisième voie », incarnée par de Gaulle et sa politique de souveraineté, qui se dégradera progressivement dès son éviction en 1969, facilitée, dit-on, par la CIA...

La thèse de Lewis a de quoi surprendre en 1957, alors que l'Egypte et les nations arabes en général poursuivent la construction de leurs identités nationales, résolument modernes, laïques, socialistes... L'heure est à l'électrification, l'industrialisation, l'émancipation des femmes.
 

Scène de rue à Damas, années 50.

Défilé des troupes féminines de l'armée syrienne, années 50

La première équipe de football féminin du moyen-orient, à Alep, années 50



La carrière de Lewis ne s'arrête pas en 1957, bien au contraire. D'universitaire spécialiste de l'empire ottoman et du moyen-orient, il deviendra de plus en présent sur la scène idéologique, s'intéressant en premier lieu au conflit israélo-palestinien. Émigré aux Etats-Unis dans les années 1970, il enseigne à Princeton et conseille les autorités en matière de sécurité. Il poursuivra le développement de ses théories de « choc des civilisations », qui prennent un tour de plus en plus globalisant et manichéen. Alain Gresh (Monde diplomatique) résumera ironiquement le postulat de Lewis : « Il semble que Lewis a découvert un gène de l’islam, gène qui expliquera ce qui “les” [les musulmans] différencie du reste de l’humanité civilisée ». L'universitaire américain Edward Saïd dira lui : « Le cœur de l’idéologie de Lewis, à propos de l’islam est que celui-ci ne changera jamais, que toute approche politique, historique ou universitaire des musulmans doit commencer et se terminer par le fait que les musulmans sont des musulmans. » [2]
 
Lewis sera l'idéologue central de ceux qu'on appellera les néo-conservateurs. Paul Wolfowitz, qui lui rendra hommage publiquement à Tel Aviv en 2002 : 
« Bernard Lewis nous a appris à comprendre l’histoire complexe et importante du Moyen-Orient et à l’utiliser pour nous guider vers une prochaine étape afin de construire un monde meilleur pour les prochaines générations. » [2]
Le journaliste américain Jacob Weisberg dira en 2007, à propos de Lewis : « il fut sans doute l'intellectuel le plus influent derrière l'invasion de l'Irak [en 2003] » [3]
 
Les civilisations, selon Huntington, directement inspiré par Lewis.
 
 
Au fil du temps, le discours de Lewis sera de plus en plus imprégné de millénarisme apocalyptique. Dans un article du journal « The New Yorker », Ian Buruma écrit à propos des thèses de Lewis : « si un combat final entre les grandes religions est le résultat inévitable d'un affrontement millénaire, nous ferions bien de nous assurer d'être victorieux » [4]. Lewis lui-même rédigera en 2006 un curieux article dans le Wall Street Journal, autour du concept de « destruction mutuelle assurée » (dissuasion nucléaire), et note la correspondance de date d'une réponse attendue de la part de l'Iran sur le dossier nucléaire avec une fête religieuse islamique, et déclare : « ce serait un jour approprié pour la fin apocalyptique d'Israël, et si nécessaire, du monde » [5]
 
Lewis fut maintes fois critiqué pour son essentialisme forcené, où ni particularismes locaux, historiques ou ethniques ne semblent l’intéresser, sa vision ultra sélective de l'Histoire dans le développement de ses théories, ses simplifications outrancières et ses méthodologies douteuses. 
 
L'universitaire américain As'ad AbuKhalil (California State University) écrira : « Méthodologiquement, Lewis insiste pour qu'un acte terroriste pratiqué par un individu musulman doive être considéré comme du « terrorisme islamique », tandis que s'il est pratiqué par un Juif ou un Chrétien, cela ne peut jamais être décrit comme du terrorisme juif ou chrétien ». [6]
 
Lewis est décédé en 2018, aux Etats-Unis, il est enterré à Tel Aviv. Force est de constater que, si le personnage n'est pas très célèbre, ses théories ont désormais un succès remarquable, et pas seulement aux E-U et dans l'entité sioniste. On remarquera également, dans ce schéma d'affrontement apocalyptique final entre « civilisations », en fait religions, une forte ressemblance avec l'Armageddon des évangélistes américains. 
 
Et ça n'est certainement pas un hasard. Cette doctrine typiquement américaine, et désormais massivement exportée, se base sur une lecture littérale du dernier livre de la Bible, l'Apocalypse. Une définition sommaire se résume à ceci : 
Pour ces églises évangéliques, les événements actuels au Proche-Orient s'inscrivent dans ce programme prophétique : l'instauration d’un ordre mondial satanique[...], le retour du peuple d’Israël à Jérusalem, la chute de Babylone (est-ce Bagdad ? Ou, disent certains, Téhéran ?), la grande bataille contre l’Antéchrist ("Armageddon"), des désastres naturels et au final, l’enlèvement au ciel des bons chrétiens et des juifs convertis. [7]
Cette croyance n'est pas une nouveauté, elle émerge dès le XVIIIe siècle.
Jonathan Edwards (1703-1758) a été le théologien le plus déterminant dans la forme particulière de christianisme qui s'est développée aux Etats-Unis, l'évangélisme. Principal inspirateur du premier « Great Awakening » ou « grand réveil » de la ferveur religieuse dans les colonies britanniques d'Amérique. On retrouve mot pour mot sa pensée dans la rhétorique d'un G.W. Bush, dans ses élucubrations post-11 septembre. Celui-ci lancera sa grande « guerre contre le terrorisme » en illustrant abondamment son discours par des références au livre de l'Apocalypse.

 

Jonathan Edwards est le principal théoricien de la centralité théologique de l’Armageddon, centralité qui justifie opportunément, aux yeux de nombreux États-uniens, la politique internationale du pays. Aussi bien l'alliance indéfectible avec l'entité sioniste, perçue comme nouveau royaume d'Israël, que la guerre sans merci livrée contre les populations du Moyen-Orient. Et je parle bien des populations du Moyen-Orient, et pas spécifiquement des musulmans, nous le verrons plus tard. En effet, il convient de revenir sur le discours d'Edwards, et sa description particulière des camps en présence lors de l'affrontement final.

 
Jonathan Edwards
 

Vers la fin de sa vie, il a multiplié les pamphlets contre l'islam. Vraisemblablement inspiré des écrits d'un autre théologien, le protestant suisse Johann Friedric Stapfer [8], dont la lecture -sélective- aboutira à sa condamnation définitive de l'islam. Puritain obsédé par le péché, ce n'est pas le rigorisme de la religion musulmane qu'il attaque, mais l'exact opposé. Taxés de libertins aux mœurs légères, il reprend en grande partie l'imaginaire de volupté caractéristique de la perception « mille et une nuits » de l'Orient au XVIIIe siècle. Théologiquement, il identifie le déisme unitaire de l'islam comme le pire danger contre le christianisme.

Ses considérations le conduisirent à identifier le monde islamique comme le « royaume du faux prophète », un des trois protagonistes malfaisants de l'Armageddon. Edwards identifie également le deuxième protagoniste malfaisant du combat final, l'allié du faux prophète, le royaume de « la bête ». Celui-ci est... Le catholicisme, et plus généralement les Églises chrétiennes « hérétiques ». Le troisième membre de la fausse trinité satanique, le royaume du dragon, regroupant le reste des religions non abrahamiques. [9]
 
L'intrication de la politique étrangère américaine avec ses conceptions religieuses est elle aussi très ancienne. La présence internationale des agents d'influence du pays remonte au XIXe siècle. A cette époque, la principale organisation missionnaire protestante « The American Board of Commissioners for Foreign Missions » (ABCFM) a déjà tissé un vaste réseau d'écoles, de dispensaires et de foyers protestants à travers le monde. Elle dispose pour la seule Syrie, en 1850, de plus de 1500 établissements, non seulement dans des zones musulmanes, mais également dans les communautés catholiques et orthodoxes. Lorsqu'en 1899, les E-U envahissent les Philippines, colonie Espagnole, un officiel justifiera l'opération en disant qu'elle vise à « apporter l'évangile aux Philippins »... Bien que ceux-ci fussent catholiques depuis plusieurs siècles. Nulle contradiction, puisque les catholiques sont de « faux chrétiens », les serviteurs du « royaume de la bête ». 
 
Si l'anti-catholicisme s'est beaucoup atténué dans ses manifestations publiques à partir des années 1940, il n'en reste pas moins un élément central de l'idéologie des États-Unis, de la classe dominante et de ses institutions.
 
Caricature de la fin du XIXe, illustrant le « complot catholique » contre les Etats-Unis.
 

Ainsi, l'appareil idéologique contemporain des Etats-Unis marche sur deux jambes : une théorie « scientifique » et politique, apportée par B. Lewis et ses disciples universitaires, une théorie religieuse spécifiquement américaine, identitaire, consacrant le pays comme « nouvelle terre promise » et ses ressortissants comme nouveau « peuple élu », en s'accaparant le récit biblique.
 
Je place le lecteur qui serait enclin à adhérer à tout ou partie de la rhétorique du « choc des civilisations » devant ce dilemme : soit Lewis, et plus encore Edwards sont des « prophètes », puisque qu'ils ont tout deux formulé une théorie alors qu'elle n'avait pas encore de matérialité concrète, et la réalité a fini par les rejoindre, soit à l'inverse, ce sont eux qui ont influencé l'idéologie et la politique pour faire advenir la situation, pour fabriquer la réalité.
 
Article du journal « israëlien » Haaretz, paru en 2021.

 

Je considère qu'il est fondamental de poser la question en ces termes. Car si personne ne peut nier qu'une grande partie des tensions qu'on constate à travers le monde sont cristallisées autour de questions religieuses, admettre que c'est le résultat d'un choix, d'une politique objective, remet profondément en question l'attitude raisonnable et raisonné qu'on peut opposer à ces tensions.

En 2004, le journaliste du « New York Times Magazine » Ron Suskind, rapporte une étrange conversation qu'il a eu avec un proche du président G.W. Bush [10] : 
« Nous sommes un empire désormais, et quand nous agissons, nous créons notre propre réalité. Et lorsque vous étudiez cette réalité — comme vous le ferez, judicieusement — nous continuerons d'agir, créant d'autres réalités, que vous étudierez aussi, c'est ainsi que les choses se passeront. Nous sommes les acteurs de l'Histoire, et vous, vous tous, ne pourrez qu'étudier ce que nous faisons »

Dans un article de la revue du CNRS « Hermès » [11], paru en 2009 sous le titre « Choc des civilisations, choc des représentations et ruses de la raison médiatique », l'auteur dit :

 après les attentats du 11 septembre 2001, les chaînes américaines, par l’intermédiaire de leurs réseaux dominants de couverture et de diffusion, se sont sur-imposés comme référents des autres grands médias occidentaux selon le schéma inapproprié, inadapté et idéologiquement fabriqué du « choc des civilisations » : le mal absolu venait du Proche et du Moyen-Orient dont il fallait se protéger et se différencier en faisant retour aux ethnotypes de l’orientalisme le plus éculé. Transposé sur le plan de la fabrication des images, cet impératif idéologique a fortement contribué à la fabrication d’un « choc des représentations ».

Je conclurai en répétant ceci : la « réalité » que vous observez dans les phénomènes mondiaux est un produit de synthèse. C'est le fruit d'une politique de long terme, dirigée par les Etats-Unis, et destinée à servir ses intérêts. La popularité de la théorie du choc des civilisations n'est que le reflet de l'hégémonie culturelle de ce pays, qui vise à éradiquer les particularismes nationaux, en particulier européens et plus spécialement encore français.

Ce sont toutes les dimensions de la culture qui sont assaillies et subverties. Le vocabulaire et la sémantique, par l'intrusion de plus en plus fréquente du globish, la nourriture, les pratiques sociales, l'explication de l'Histoire, la compréhension et la représentation du monde, la religion et la théologie, la philosophie, etc. La théorie du choc des civilisations, son découpage artificiel de zones prétendument similaires, qui nous rattache aux E-U, est la feuille de route de cette éradication de notre culture. 

 

[1] https://www.dedefensa.org/article/archives-dde-suez-crise-exemplaire

[2] https://www.cairn.info/revue-hermes-la-revue-2018-3-page-265.htm
[3] Weisberg, "AEI's Weird Celebration", mars 2007, dans le magasine Slate 
[4] Buruma, "Lost in Translation : The Two Minds of Bernard Lewis", The New Yorker, juin 2004.
[5] Lewis, WSJ, 8 août 2006.
[6] As'ad AbuKhalil, Middle East Journal, Vol. 58, 2004.
[9] Stephen J. Stein, Jonathan Edwards's Writings : Text, Context, Interpretation

Moyenne des avis sur cet article :  4.38/5   (13 votes)




Réagissez à l'article

13 réactions à cet article    


  • franco-chinois 30 juin 15:15

    https://www.aljazeera.com/opinions/2018/5/28/alas-poor-bernard-lewis-a-fellow-of-infinite-jest (ci-dessous, une partie de l’article, traduit à l’aide de DEEPL)

    « Hélas, le pauvre Bernard Lewis, un compagnon de plaisanterie infinie » Sur Bernard Lewis et « son extraordinaire capacité à se tromper sur tout », par Hamid Dabashi ( chaire Hagop Kevorkian d’études iraniennes et de littérature comparée à l’université Columbia )

    Il est inconvenant de rappeler les horreurs d’un homme horrible à sa mort. Mais Bernard Lewis n’était pas un voyou ordinaire. Il a contribué à causer d’énormes souffrances et à faire couler beaucoup de sang dans ce monde.

    Islamophobe notoire, il a passé une longue vie à étudier l’Islam afin de diaboliser les musulmans et de mobiliser contre eux les puissantes forces militaires de ce qu’il appelait « l’Occident » : Quel genre de personne passerait sa vie à étudier des gens qu’elle déteste ? C’est une proposition assez bizarre. Mais voilà, c’est précisément ce qu’a fait le regretté Bernard Lewis.

    Il était le principal idéologue de la politique de haine envers l’Islam et les musulmans après le 11 septembre.

    « L’amitié - et la parenté idéologique - du Dr Lewis avec le sénateur Henry M.  »Scoop« Jackson (D-Wash.), faucon de la guerre froide et partisan d’Israël, nous dit-on, lui a ouvert des portes importantes dans la capitale, lui conférant finalement un statut privilégié parmi les principaux planificateurs de la Maison Blanche et du Pentagone avant l’invasion de l’Irak en 2003.

    Voilà l’héritage le plus récent de Bernard Lewis. L’invasion, l’occupation et la destruction de l’Irak.

    Mais l’affiliation de Lewis avec les puissances de mort et de destruction allait bien plus loin que cela. L’Afghanistan et l’Irak sont aujourd’hui en ruines, des millions d’Arabes et de Musulmans ont été assassinés, marqués à vie, soumis à l’indignité de l’occupation militaire et des camps de réfugiés, en grande partie à cause de la dénigrement systémique des Musulmans que Lewis a mis en avant dans ses livres et ses articles, et qui ont informé des générations d’officiers impériaux.

    Pour eux, Lewis était la source de ce qu’est l’islam et de ce que sont les musulmans. Lorsque le président américain Donald Trump a déclaré »l’islam nous déteste« , c’est Bernard Lewis qui parlait. Lorsque le premier conseiller à la sécurité nationale de Trump, Michael Flynn, a déclaré »L’islam est... comme un cancer", c’est Bernard Lewis qui parlait...


    • titi 30 juin 21:12

      @franco-chinois

      « L’islam est... comme un cancer »
      On peut très bien arriver à ce constat sans que ce soit à mettre au crédit de l’influence de Bernard Lewis.


    • Jonas Jonas 30 juin 23:58

      Et les Etats-Unis inventèrent le « choc des civilisations »

      Le choc des civilisations n’est pas une invention américaine, l’Islam ne reconnait pas la république ni la civilisation européenne, et cela bien avant l’existence des USA.

      Pendant des siècles, les musulmans ont essayé de conquérir l’Europe lors des milliers de batailles livrées sur le sol européen (en Espagne, Portugal, sud de la France, une partie du sud de l’Italie, Sicile, Malte, Hongrie, Grèce, Serbie, Albanie, Bulgarie...sous domination islamique pendant des siècles) avec les héros oubliés défenseurs du christianisme (Pelayo, Ramiro I, Afonso Henriques, Jean III Sobieski, Jean Hunyadi, les Papes Léon IV et Jean X, Skanderbeg, Mathurin Romegas, Don Juan d’Autriche, Jean de La Valette, Nikola Zrinski, Miklós Zrínyi...) qui ont sacrifié des centaines de milliers d’hommes pour préserver l’Europe de la charia islamique.

      Aujourd’hui, l’invasion islamique n’est plus faite sur le champ ouvert de la guerre militaire, mais par une transformation culturelle progressive, harassement contre les populations autochtones et nos institutions, une islamisation acclamée par nos élites politiques, il suffit de vivre en banlieue pour le comprendre. C’est une réalité, un fait.


      • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 1er juillet 13:26

        @Jonas
        J’hésitais à répondre à un maniaque comme vous, mais devant le peu de succès de l’article, ...

        Vous illustrez parfaitement la fumisterie que je dénonce dans l’article. J’ai déjà produit la démonstration que votre vision de blocs homogènes « musulmans » contre « européens » est totalement frelatée :

        https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-france-la-politique-la-religion-230849

        En témoigne, entre autre, 3 siècles d’alliance franco-turc depuis François Ier. En bonus, je vous laisse méditer sur cette devise : Liver turcx dan paus


      • Jonas Jonas 2 juillet 00:02

        @Opposition contrôlée « J’ai déjà produit la démonstration que votre vision de blocs homogènes « musulmans » contre « européens » est totalement frelatée »

        Le monde musulman et la civilisation chrétienne européenne sont différents et incompatibles entre eux. Il suffit d’écouter les prêches des imams dans les plus grandes mosquées de France pour le comprendre.

        ---------------------------------------------
        « En témoigne, entre autre, 3 siècles d’alliance franco-turc depuis François Ier. En bonus, je vous laisse méditer sur cette devise : Liver turcx dan paus »

        La Renaissance marque le début de la modernisation des esprits contre l’Église catholique. L’alliance contre nature de François Ier avec les Turcs pour contrer Charles Quint a été considérée comme une véritable trahison pour l’époque.


      • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 2 juillet 11:48

        @Jonas

        Il suffit d’écouter les prêches des imams

        Il n’y a pas de clergé [dans le sunnisme], ces imams ne sont en aucun cas habilités à dire ce qu’est ou n’est pas la religion musulmane dans son ensemble. Vous leur servez la soupe en leur prêtant cette prérogative.

        Et vous servez la soupe à leur programme politique également. La grande majorité des imams prêcheurs en France sont dépêchés par les turcs, Erdogan, qui cherche à noyauté une partie de la population française pour obtenir des leviers politiques dans le pays. Vous êtes complice de sa manœuvre en nous affirmant que les individus qu’il envoie sont les représentants légitimes de la religion islamique.


      • Jonas Jonas 1er juillet 00:05

        « La thèse de Lewis a de quoi surprendre en 1957, alors que l’Egypte et les nations arabes en général poursuivent la construction de leurs identités nationales, résolument modernes, laïques, socialistes... L’heure est à l’électrification, l’industrialisation, l’émancipation des femmes. »

        Au XIXème siècle, l’Europe a vaincu l’Islam, et la colonisation a influencé les modes de vie des populations locales. Les femmes que vous montrez sur vos photos sont toutes habillées à la mode occidentale.

        Une fois que la décolonisation a été amorcée après la seconde guerre mondiale, l’islam a repris ses droits dans ces pays, et aujourd’hui en Égypte, vous verrez peu de femmes habillées en jupes !


        • Kiva 1er juillet 03:31

          Article typique d un parti pris idéologique qui fait fi de toute assertion anthropologique. On enchaîne les cherry picking, les arguments d autorité derrière une pléthore de citations dont pas une seule fois on ne remet en cause la pertinence.

          Résultats de ces enchaînements sophistiques, toute l’anthropologie du XIXe et XXe siècle est purement et simplement ignorée alors que la représentation cartographique du monde de Lewis et ses suivants est basée exclusivement sur cette dernière. De l école leplaysienne jusqu à E. Todd, aujourd’hui, en passant par Lewis Henry Morgan, toute l anthropologie de ces deux derniers siècles découpent le monde à quelques variations à la marge comme Huntington. 

          Avancer que les États-Unis se sont servis des fractures anthropologiques des différentes parties du monde est un fait avéré. L’armée allant même jusqu’à engager des universitaires pour cela. En revanche fantasmer que ce sont les États-Unis qui créèrent de toute piéce « le choc de civilisation » est d’un ridicule absolu. 

          La décolonisation achevée, et l’influence occidentale progressivement effacée, les fonds anthropologiques des anciens peuples colonisés ont repris leur primauté en réorganisant les sociétés en question ( abaissement du statut des femmes, endogames etc). Les interventions occidentales et européennes si nous rajoutons le monde russe pour l’Afghanistan n ont fait qu accélérer cette recomposition. 

          D’ailleurs de part leur même orientation idéologique Emmanuel Todd et youssef Courbage, dans leur « Rendez vous des civilisations » ont tenté d infirmer les travaux d’huntington. Un échec retentissant puisque les convergences démographiques furent totalement contredites dès le fameux épisode du printemps arabe qui marqua une reprise de la natalité et des mariages endogames. 


          • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 1er juillet 09:05

            parti pris idéologique

            Ces questions ne relèvent pas d’une science exacte. C’est d’ailleurs cette croyance qui me parait le parti-pris idéologique le plus extrémiste. De tout temps ce sont les intérêt politique du pouvoir qui ont promu une représentation ou une autre. Le Play n’y a d’ailleurs pas échappé, puisqu’il est tombé en « disgrâce académique » car jugé trop conservateur.

            Lewis ne s’inscrit pas dans une continuité. Vous faite l’ablation de son discours de confrontation, de guerre inéluctable, fortement imprégné de messianisme. D’autre part, il insiste sur « l’islam », qui est un concept essentialiste sans réalité concrète. 

            La décolonisation achevée, et l’influence occidentale progressivement effacée

            J’ai passé assez de temps au moyen-orient pour voir que vous fantasmez. Sur le plan culturel par ex. toutes les études chiffrées montrent que la religion musulmane est en perte de vitesse, partout, autant chez les immigrés français qu’en Arabie Saoudite. Demandez à un marocain si la jeunesse du pays « s’orientalise » ou « s’occidentalise »... Adosser un « fond anthropologique » aux pratiques socio-culturels relève du délire. Et c’est vrai aussi pour l’occident européen, largement subverti ces dernières décennies. 

            La reprise de la natalité dans certains pays au début de 2010 n’a été qu’un phénomène passager, un léger rebond durant quelques années. La tendance s’est de nouveau inversée au milieu de la décennie pour reprendre une pente décroissante.

            http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-regionaux/la-mediterranee-une-geographie-paradoxale/articles-scientifiques/transitions-demographiques


            • julius 1ER 1er juillet 17:27

              A l’heure où Donald Rumsfeld vient de mourir, cet article prend une saveur tout à fait singulière puisque celui-ci a été un artisan majeur de la guerre en Irak ... faucon il était , faucon il est resté !!!!

              c’est d’autant plus singulier que vous rappelez (vous l’auteur) que l’Irak et son Parti Baas était l’un des rares Partis Laïques dans la région et que Sadham avait réussi à contenir l’islamisme, c’était un atout majeur contre l’Iran et ses mollahs cela a semblé fonctionner un certain temps mais je pense que les géo-stratèges ont changé leur fusil d’épaule et décidé d’opter pour une autre stratégie bien moins avouable ..... en semant le chaos dans la région !!!


              • Xenozoid Xenozoid 1er juillet 17:42

                @julius 1ER

                crusaders avec rumsfeld


              • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 2 juillet 10:02

                Dans tous les pays du monde se trouvent des exploités et des exploiteurs. C’est ainsi que fonctionne le monde capitaliste. La réalité matérielle est celle-là. Les hommes pour vivre tirent de la nature leurs moyens de subsistance. Pour cela ils travaillent. Dans le système capitaliste ceux qui possèdent les moyens de production décident du travail qui doit être accompli par les exploités avec pour seul objectif de s’accaparer toujours plus de moyens de production c’est-à-dire de s’enrichir. La recherche du profit est donc le seul motif des décisions prisent par les exploiteurs. Les exploités ne sont dans leurs mains que la dernière forme d’esclaves. Ils doivent leur donner les moyens de survivre et de se reproduire.
                L’aspiration des exploités à avoir une vie meilleure ne peut que tendre à la suppression de ce mode de fonctionnement de la société pour aller vers une société où la recherche du mieux-vivre pour tous se substituera à la recherche effrénée du profit.

                Cette lutte s’appelle la lutte des classes car exploités et exploiteurs sont deux classes sociales antagonistes. C’est cette lutte des classes qui est le moteur de l’histoire. Par le passé, avant même d’arriver au mode de production capitaliste, le monde a connu d’autres formes de civilisations au cours desquelles se sont formées des nations. Présenter aujourd’hui le fonctionnement du monde comme celui de luttes entre des nations ou de luttes entre des « blocs de nation » c’est nier la réalité matérielle du fonctionnement de la société : l’exploitation.
                Les notions de pays chrétiens, blancs, arabes, noirs, juifs... comme celles de monde chrétien, arabe... ou de blocs du même genre est une hérésie visant à exacerber des haines qui ne peuvent que profiter aux exploiteurs dans leur volonté de faire se battre les exploités entre-eux.

                Cependant, la notion de nation ne peut pas s’effacer du jour au lendemain. Elle devra perdurer un moment même après des révolutions socialistes qui ne peuvent se faire que dans le cadre des nations. Cependant, la défense des exploités dans la réalité première de la lutte des classes, nous amène à refuser de considérer que les nations se définissent sur des notions ethniques ou religieuses. Un pays appartient à ses habitants et nous défendons la démocratie et la laïcité dans tous les pays. Nous nions donc l’existence de pays juifs, chrétiens, musulmans, blancs, noirs...


                • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 2 juillet 10:34

                  @Jean Dugenêt

                   la notion de nation ne peut pas s’effacer du jour au lendemain

                  Nous nions donc l’existence de pays juifs, chrétiens, musulmans, blancs, noirs

                  Il n’a jamais été question pour Trotski de voir dans l’avènement du socialisme la disparition des particularités culturelles nationales, donc certainement pas la dissolution des nations. Le programme socialiste se cantonne à l’aspect économique, a l’extirpation de la rapacité bourgeoise dans la production.

                  La révolution prolétarienne ne saurait avoir pour tâche ou pour méthode la suppression mécanique de la nationalité et la cimentation forcée des peuples. La lutte dans le domaine de la langue, de l’instruction, de la littérature, de la culture lui est complètement étrangère, car son principe dirigeant n’est pas la satisfaction des intérêts professionnels des intellectuels ou des intérêts nationaux des boutiquiers, mais la satisfaction des intérêts fondamentaux de la classe ouvrière. La révolution sociale victorieuse laissera à chaque groupe national la faculté de résoudre à sa guise les problèmes de sa culture nationale, mais elle unifiera — au profit et avec l’assentiment des travailleurs — les tâches économiques dont la solution rationnelle dépend des conditions historiques et techniques naturelles, mais non de la nature des groupements nationaux. La fédération soviétique créera une forme étatique extrêmement mobile et souple qui accordera entre eux, de la façon la plus harmonieuse, les besoins nationaux et les besoins économiques.

                  https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/imperialisme/c9.htm

                  Comme je le disais en conclusion, la destruction des cultures nationales est aujourd’hui le principal mécanisme de l’impérialisme dominant, américain. Il cherche à y substituer une culture compatible avec sa rapacité, c’est-à-dire désarmer intellectuellement les peuples colonisés culturellement, pour rendre leur exploitation et leur système d’exploitation aussi « naturel » que possible aux yeux des exploités. La religion reste un élément de la culture. S’il plait aux Polonais de se déclarer « nation catholique », ceci ne regarde en rien les socialistes, dès lors bien sûr que le catholicisme n’est pas transformé en arme de facilitation de l’exploitation bourgeoise, ce qu’il a été, mais n’est pas dans son essence. 

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON



Publicité



Les thématiques de l'article


Palmarès



Publicité