• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > Et si à propos de la nature, on parlait enfin un peu d’amour

Et si à propos de la nature, on parlait enfin un peu d’amour

 

Ça n’a pas marché, rien n’a marché, il y a eu les cascades d’émotions provoquées par les grandes catastrophes écologiques, il y a eu les cris d’alerte, il y a eu les grands appels, il y a eu les grandes démonstrations scientifiques, il y a eu les grandes conférences internationales, il y a eu des films, des émissions de télé… il y a eu des publications en milliers, il y a eu des cours dispensés dans les écoles, les collèges, les lycées, les facs… (bien peu)… il y a eu d’immenses manifs… tout cela s’est joué sur des décennies et ça n’a pas marché. Ça n’a pas marché, rien de fondamental n’a changé. Le mur est toujours devant nous, de plus en plus visible et la course folle continue… si elle continue trop longtemps, on va s’y écraser.

Une approche scientifique

En fait, depuis cinquante ans, on mise sur la raison, on mise sur l’intellect, le cerveau. L’Education nationale par exemple ne veut connaitre qu’une entrée aux activités tournées vers l’environnement et cette entrée est scientifique, strictement scientifique, on y objective le monde. On ne trouve nulle part les mots : beauté, contemplation et encore moins - amour – dans les programmes. Le sujet n’est jamais que les élèves aiment les papillons, les blaireaux, la rivière ou les petits matins pleins du chant des oiseaux… non le sujet c’est qu’ils acquièrent des notions de développement durable… la belle affaire.

La question du cœur

Nous sommes nombreuses et nombreux à aimer tout simplement la nature. A l’aimer comme quand on aime vraiment, c'est-à-dire sans y penser. On aime la nature par ce qu’elle nous touche, par ce qu’on se sent proche d’elle, parce qu’en son sein, on se sent bien. Aimer la nature, c’est caresser les feuilles des arbres au passage, c’est se réjouir au moment où l’on passe sous un tilleul en fleurs bourdonnant d’abeilles, c’est adorer le retour des hirondelles… Aimer la nature c’est s’ouvrir à un tas d’émotions, c’est respirer, c’est donner droit à ce que notre cœur nous dit et laisser un peu notre raison pour ce qu’elle est.

L’expérience de nature

100% des histoires d’amour commencent par une rencontre. Pour aimer la nature c’est simple, il faut la rencontrer, ça passe nécessairement par là. Cette rencontre ne se fait pas avec un carnet et un stylo dans les mains, cette rencontre se vit libre. Il s’agit bien de donner droit à la part de sauvage qui demeure en nous, quelque soit les générations de civilisation ou les heures de télévision. Offrons aux enfants comme aux adultes la possibilité de vivre des expériences de nature. Ce sera une marche en forêt, la construction d’une cabane dans les bois, ce sera une balade au bord de l’eau ou une sortie ornitho… peu importe pourvu que ce soit le corps qui s’implique, pourvu qu’on s’ouvre à toutes les sensations offertes…

Les associations ont fait beaucoup de progrès dans le domaine. L’approche sensorielle de la nature a fait son apparition de façon explicite dans les pratiques éducatives vers la fin des années quatre vingt… Aujourd’hui elles intègrent le jeu libre, elles en comprennent l’intérêt et contribuent à son développement. Dans les deux cas, c’est le corps qui se trouve impliqué, c’est la bonne voie. Bien trop peu de cela, hélas, n’infuse dans l’Education nationale.

Pour l’amour des enfants, pour l’amour de l’humanité

C’est une demande que nous, corps social, nous formulons aujourd’hui devant des portes trop longtemps fermées. Cette demande, c’est que l’école prenne en compte le besoin de nature des enfants. Cette demande, c’est que les portes s’ouvrent enfin. En sortant, les enfants rencontrent la nature, d’instinct ils multiplient les expériences, ils explorent, ils cherchent, ils collectionnent, ils s’impliquent et apprennent énormément… tant de choses… qui ont tellement de valeurs et qu’on ne sait pas évaluer. Et le soir, ils s’endorment vite, repus d’oxygène, ivres de fatigue… pleins de leur merveilleuses découvertes… avec une seule envie… y retourner pour leur plus grand bien, pour le plus grand bien de la nature, pour notre plus grand bien.

 


Moyenne des avis sur cet article :  2.55/5   (11 votes)




Réagissez à l'article

18 réactions à cet article    


  • Attila Attila 2 janvier 14:05

    Dieu est amour.

    L’écologie est une religion : la Nature, c’est le dieu des écologistes.

    .


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 2 janvier 15:37

      @Attila

      l’écologie n’est pas une religion, mais l’écologisme est une idéologie, presque une superstition.


    • Attila Attila 2 janvier 16:10

      @Séraphin Lampion
      Vous n’avez pas lu l’ouvrage de référence en la matière, les travaux du sociologue Emile Durkheim : « Les formes élémentaires de la vie religieuse »
      .


    • Attila Attila 2 janvier 16:28

      Et cela va encore plus loin : la Nature n’existe pas, ce n’est qu’une croyance partagée uniquement par la bourgeoisie occidentale. Les autres peuples du monde n’ont aucune idée de ce que les occidentaux appellent « la Nature ». C’est totalement étranger à leurs modes de pensée.
      Tout cela a été étudié par l’anthropologue Philippe Descola, ancien élève de Claude Lévi-Strauss qui fut aussi son directeur de thèse. Il est professeur au Collège de France.
      Philippe Descola, Par delà nature et culture
      .
      Jusque dans les années 1970, l’ensemble des français ne pensaient pas non plus en terme de « Nature ». Le mot que nous utilisions pour désigner l’ensemble des choses qui existe était l’Univers. Adolescent, je lisait un magazine de vulgarisation scientifique dont le nom était : Tout l’Univers.

      .


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 2 janvier 17:50

      @Attila

      Tu exagères, en 1964, j’étais en terminale et le prof de philo avait mis au programme « Les enfants sauvages », le livre qui venait juste de sortir et a inspiré le film de Truffaut, dans lequel Lucien Malson conclut ainsi que l’homme n’a pas de nature au sens propre ; il est une histoire, il est ce qu’il devient au contact des autres. Et tout le propos est justement d’opposer « nature » et « culture ».
      Baudelaire : « La nature est un temple où de vivants piliers... »
      Vigny : « On me dit une mère et je suis une tombe »(prosopopée de la nature)

      Même si c’est u concept « occidental » il ne date pas de 1970.

       


    • Attila Attila 2 janvier 18:15

      @Séraphin Lampion
      «  Et tout le propos est justement d’opposer « nature » et « culture ». »
      Ben, justement, Philippe Descola nous montre que la « Nature » est de la culture : une idée. Il n’y a donc pas d’opposition entre Nature et culture puisque la Nature fait partie de la culture.
      Les autres peuples n’ont pas la même idée de l’Univers.

      .


    • Pierre Régnier Pierre Régnier 2 janvier 14:17

      Bonnes intentions. Mauvaise manière de dire.

      C’est une folie que d’opposer l’amour de la nature à la sauvegarde de la nature.


      • Gollum Gollum 2 janvier 14:25

        Ben moi je kiffe votre texte.

        Moi qui suis un fan de Tolkien une des caractéristiques majeures de l’avancée de Sauron et des Ténèbres c’est le massacre de la Nature..

        Ben tiens.. comme à l’époque moderne...

        Personne n’a vu mon Précieux ?... L’ai encore paumé...


        • Shawford LORPHELIN 2 janvier 14:38

          @Gollum

          Il est au chaud, tkt ! ^^


        • Étirév 2 janvier 14:34

          Au fait, c’est quoi l"AMOUR ?


          • mmbbb 2 janvier 14:37

            C est depuis quelques années que la nature est ainsi vue par le prisme rousseauiste . L auteur a un inclination a déifier celle ci , cette démarche me parait assez dangereuse ,


            • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 2 janvier 16:16

              @mmbbb

              Et Bernardin de Saint-Pierre, l’apôtre de la théorie du finalisme anthropocentrique à l’œuvre dans la nature :

              « Il n’y a pas moins de convenance dans les formes et les grosseurs des fruits. Il y en a beaucoup qui sont taillés pour la bouche de l’homme, comme les cerises et les prunes ; d’autres pour sa main, comme les poires et les pommes ; d’autres beaucoup plus gros comme les melons, sont divisés par côtes et semblent destinés à être mangés en famille : il y en a même aux Indes, comme le jacq, et chez nous, la citrouille qu’on pourrait partager avec ses voisins. La nature paraît avoir suivi les mêmes proportions dans les diverses grosseurs des fruits destinés à nourrir l’homme, que dans la grandeur des feuilles qui devaient lui donner de l’ombre dans les pays chauds ; car elle y en a taillé pour abriter une seule personne, une famille entière, et tous les habitants du même hameau. » (Études de la nature, ch. XI, sec. Harmonies végétales des plantes avec l’homme, 1784).

            • Jeekes Jeekes 2 janvier 16:48

              ’’100% des histoires d’amour commencent par une rencontre...’’

               

              Mais les histoires d’amour finissent mal, en général !

               

              https://www.paroles.net/les-rita-mitsouko/paroles-les-histoires-d-a

               


              • Jeekes Jeekes 2 janvier 17:32

                @Jeekes
                 
                M’en revient une autre :
                 
                https://www.youtube.com/watch?v=qxTv-PrgVOo
                 


              • Sozenz 2 janvier 17:31

                ce que je regrette c est que les ecologistes parlent d amour .

                 déjà pour aimer la nature telle que lle est il faut avoir des prédispositions . oui ce n est pas donné à tout le monde de pouvoir etre dans la contemplation , dans la réception ( et surtout dans la réception de ce qui est, sans se dire ; ça c est bien ; ça c est mal , c est ainsi , et c est parce que c est ainsi que la nature se regule d elle même)

                l humain a beaucoup de mal a voir les choses telles quelles sont , il a besoin de ramener son mental a dire regarde comme ça l arrange de le voir ,rationaliser par rapport à lui même ; l humain est un ego centré !

                 regardez les cassocs de la nature .... je trouve cela très amusant et ça va un peu sortir les doigts du cul de ceux qui sont en extase ;oh, tous les animaux sont mignons ....

                Le sujet n’est jamais que les élèves aiment les papillons, les blaireaux,

                mdr ; ne laisse pas trop approcher les momes des blaireaux ; ils risquent de se faire bouffer mdr .c est un territorialiste .

                Voilà vous avez une vision très papillons 

                si vous donnez la leçon des choses telles quelles sont , vous rendrez un immense service aux enfants et à la nature . car ils ne pourront que respecter l ordre des choses de ce monde et en comprendre le sens.

                arreteront peut etre de tout vouloir controler quand ils seront plus grands

                .


                • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 2 janvier 17:39

                  @Sozenz

                  déjà, pour beaucoup, pour aimer la nature, faut pas être rancunier après ce qu’elle leur a fait !


                • saint louis 2 janvier 20:38

                  @Séraphin Lampion
                  Et ce qu’elle ne va pas tarder à nous faire pour éliminer l’humanité toute entière pour reprendre ses droits.
                  Ne pas perdre de vue que même si nous sommes assez puissant, à coté de la nature, nous ne pesons pas bien lourd.


                • Old Dan Old Dan 4 janvier 11:38

                  Aimer la nature. ?..

                  Trop tard ! Fallait y penser avant.

                  Maintenant il faudrait y revenir, la comprendre et s’y intégrer...

                  Ou crever.

                  .

                  [...selon Baptiste Morizot ds Manières d’être vivant. +++ ]

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON



Publicité



Les thématiques de l'article


Palmarès



Publicité