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Accueil du site > Tribune Libre > Et si on regardait un peu du côté du Japon pour réformer l’école (...)

Et si on regardait un peu du côté du Japon pour réformer l’école française ?

Bon, j’entends tout de suite les cris d’orfraies du genre « QUOUAAA ?! Le Japon ?! Alors qu’au moins 1 jeune Japonais sur 10, que dis-je, 1 jeune Japonais sur 2 se suicide à cause de la terrible pression que les écoliers Japonais subissent au quotidien ?! » alors on va remettre les choses dans leur contexte.

Oui, beaucoup de jeunes Japonais subissent la pression des études, en particulier ceux qui vivent dans les métropoles (Tokyo, Osaka) et qui fréquentent les écoles d’élites. Mais il ne s’agit pas d’une majorité d’élèves. Tous les élèves Français ne fréquentent pas le lycée Henri IV, n’est-ce pas ? (Tous ces reportages dramatiques que vous voyez à la télévision ne sont là que pour renforcer l'image négative que vous avez déjà du Japon, pas pour la nuancer. Ils ne sont pas à jeter à la poubelle puisqu'ils représentent une facette de la réalité, mais ils sont toujours très orientés.)

Oui, les jeunes Japonais se suicident plus que les jeunes Français, mais il y a là en jeu un aspect culturel qui n’existe pas en France : la pratique du suicide (« seppuku ») comme moyen acceptable de prendre ses responsabilités et de demander pardon pour sa faute. (Vous trouvez ça stupide ? C’est parce que vous êtes Français et que vous pensez que votre culture est supérieure à la leur. Mais ne vous inquiétez pas : c’est dans la culture française de penser de cette manière.)

Bien, maintenant considérons un peu les situations actuelles de la France et du Japon, et en particulier de l’école française et de l’école japonaise. Pas besoin de s’étendre sur « l’échec » de l’école française, comme on aime tant l’appeler, si ce n’est pour dire que nombre de jeunes qui sortent de l’école française sont totalement inéduqués, incultes, voire incapables de s’intégrer à la société française. Au contraire, les Japonais qui sortent du système éducatif de leur pays ne rencontrent pour la majorité aucun problème pour s’intégrer à la société japonaise, respecter les lois de leur pays et tout simplement vivre leur vie en paix. En tant que Français, on aime bien les voir comme de bonnes petites fourmis bien travailleuses, de bien gentils moutons à qui on n’aimerait surtout pas ressembler, mais le fait est qu’il est bien agréable de vivre au quotidien dans une société avec peu de délinquance, crimes, violences faites aux personnes, incivilités et j’en passe. Ceux qui vivent ou ont vécu au Japon comprendront de quoi je parle. Il y a un « avant » et un « après » son voyage au Japon. Et lorsqu’on rentre en France, on s’est tellement habitué au Japon qu’on se prend dans la figure un violent choc culturel inversé qui donne souvent envie de repartir fissa au Japon…

Il y a plusieurs choses à prendre en considération avant de vouloir importer les façons d’éduquer « à la Japonaise », en particulier le fait suivant : le Japon est un pays différent de la France. Il a sa propre culture, une structure de société qui lui est particulière, des valeurs différentes, entre autres, et il n’y aurait aucun sens à calquer les caractéristiques de l’école japonaise sur l’école française, aucun sens à les importer telles quelles, sans réfléchir. Ce qu’il est important de faire, c’est de s’informer sur ce qui est fait dans de nombreux pays, apprendre, comprendre, analyser, cela afin de voir ce qui pourrait être utile à la réforme de l’école de son propre pays et surtout adaptable à l’école française, ce qui est bien plus difficile qu’on pourrait le penser.

L’école Japonaise forme des Japonais à s’intégrer à la société japonaise. Il faut que l’école Française forme des Français à s’intégrer à la société française.

Bien, maintenant que c’est dit, passons à la suite.

Donc, l’école japonaise arrive à faire rentrer dans la société des personnes qui ont les capacités de s’adapter à la société dans laquelle elles vivent et travaillent. Leurs jeunes lycéens sont des êtres bien dociles qui préfèrent le suicide à la rébellion et la délinquance japonaise est bien en dessous de celle en France. Pas de voitures qui brulent, très peu de gangs, et uniquement dans les grandes villes. Mais ça n’a pas été toujours le cas. A la fin des années 80 et pendant les années 90, l’école japonaise était considérée en échec de par le nombre important de violences recensées engendrées par des jeunes faisant partie de gangs. Nombre de lycées étaient complètement dépassés par la violence de ces jeunes qui détruisaient tout et frappaient leurs enseignants. « L’éducation des enfants est assurée par leurs parents. » Certes. Mais ce que les parents Japonais auraient dû faire, eh bien ils ne le faisaient apparemment pas. Donc le gouvernement Japonais a pondu plusieurs réformes pour son école, et notamment celle que l’on appelle « Ikiru Chikara ». Eduquer la tête, le corps et le cœur des élèves. Autrement dit, l’école a pris en charge l’éducation intellectuelle, physique et morale des élèves, de façon à prendre la relève des parents défaillants complètement dépassés par leur progéniture. Pour en apprendre plus sur ce concept de « Ikiru Chikara », vous pouvez vous référez à un de mes articles précédents sur le sujet.

Les enseignants se sont vus donc obligés de remplir des rôles qui ne leur étaient pas attribués auparavant, à savoir ceux d’éducateurs, d’assistants scolaires, de psychologues etc. En échange, ils ont reçu une nette augmentation de salaire, mais qui ne compense pas à mon avis la somme de travail demandée.

Bien, c’est bien joli tout ça, mais concrètement que font les enseignants Japonais au quotidien que les enseignants Français ne font pas ? Eh bien, presque tout. Au niveau éducatif de base, ça va de « Dis bonjour » à « Mets ta chemise dans ton pantalon sinon ça fait négligé ». Là encore, vous pouvez aller lire un de mes précédents articles sur les rôles des enseignants Japonais.

Deux des principales caractéristiques propres à l’école japonaise qu’on ne retrouve pas à l’école française et qui font pourtant toute la différence sont les suivantes :

Premièrement, la création d’un lien très fort entre les enseignants et leurs élèves. En France, on fait tout pour ne pas créer ce lien et on préfère garder une distance entre les enseignants et leurs élèves. On pense que ce n’est pas acceptable de garder ce lien au-delà de la petite enfance. L’école maternelle doit permettre à l’enfant de devenir autonome affectivement, ce qui n’est pas le cas avec l’école japonaise qui cultive ce lien affectif entre l’élève et son enseignant pendant de nombreuses années. En France, l’élève considère l’enseignant comme son ennemi, au mieux comme un gardien de prison. Beaucoup d’élèves même au niveau lycée sont immatures, c’est une caractéristique des élèves actuels, même au Japon. Le Japon fait le choix de ne pas nier cette immaturité et ce besoin des élèves de se rapprocher affectivement des adultes qui s’occupent de lui. On considère au Japon que l’élève se détachera de lui-même au fur et à mesure de sa maturation et qu’au contraire, lui refuser ce lien revient à générer chez lui de l’angoisse, de l’incertitude et de l’instabilité, ce qui entraine des comportements inadéquats.

Deuxièmement, une éducation à renforcement positif. Les comportements inadéquats (impolitesse par exemple) sont ignorés tandis que les comportements positifs sont littéralement encensés par les enseignants. En France, on considère qu’un élève de lycée doit savoir où sont les limites et que s’il les franchit, il doit en assumer les conséquences. On ne félicite pas un comportement qu’on considère comme « normal », mais tout comportement considéré comme « inadéquat » (un oubli de matériel, un devoir non fait, une parole de travers) est immédiatement sanctionné. Un écart et c’est la schlague. Des heures de colle. Le concept des heures de colle (donc le mot lui-même) n’existe pas en japonais car c’est considéré comme totalement improductif et contre-éducatif de sanctionner les élèves sans les éduquer. L’élève ne doit pas agir en craignant la sanction, il doit intégrer les règles. Et pour cela, il est considéré plus efficace de renforcer les comportements positifs et d’ignorer les comportements négatifs.

Bien entendu, lorsque les comportements sont nuisibles au point de ne pas respecter la loi (fumer, voler, frapper etc.), les élèves sont pris en charge par les enseignants en tête à tête de façon plus sérieuse. Ceux-ci prennent alors le temps d’analyser avec l’élève ses actes. Pourquoi a-t-il fait ça ? Quel était son état émotionnel à ce moment ? Est-ce qu’il y a des évènements dans sa vie qui l’ont poussé à agir de la sorte ? S’il y a une victime, peut-il s’imaginer les sentiments de la victime ? A-t-il conscience de la gravité de ses actes ? L’enseignant ne lui fait pas la morale, mais lui expose les faits, lui posant des questions indirectes qui doivent mener l’élève à une prise de conscience progressive de ses actes et surtout de l’inadéquation de son comportement. L’élève est ensuite invité à réfléchir à un moyen de réparer ses erreurs (rendre l’argent s’il a fait du racket par exemple) et à intégrer de nouveau les règles afin de ne pas refaire la même chose. Ces discussions qui durent fréquemment plusieurs heures se font souvent en plusieurs temps, sur plusieurs jours, cela afin de laisser le temps à l’élève d’intégrer le processus d’éducation en cours. L’enseignant se réunit ensuite avec toute l’équipe éducative pour faire le point, prendre des conseils, envisager des sanctions si besoin est.

Il existe bien sûr d’autres points différents concernant l’éducation à l’école japonaise, mais je pense que vous présenter ces deux points pour une première approche est suffisant pour que vous puissiez vous faire une idée de la façon de percevoir l’éducation au Japon ainsi que le rôle de son école. L'école japonaise n'est pas la panacée, et cela pour nombre de raisons, mais ils ont réussi à redresser une situation assez critique et je pense que c'est important de prendre connaissance des moyens qu'ils ont décidé d'utiliser pour parvenir à leurs fins.


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101 réactions à cet article    


  • pallas 26 mai 15:08
    nemuyoake
    Bonjour,

    Le Japon, parlons en, surtout des suicides jeunes et le harcèlement sexuel, la femme considérée comme un être inférieur.

    Nous sommes loin du Shintoïsme.

    Une société basé sur le factice, dont l’éducation entraine que névrose et mensonge.

    Ce simulacre de paradis me fait bien rire smiley.

    Salut

    • nemuyoake nemuyoake 26 mai 22:15

      @pallas
      C’est quand même en France qu’il y a du harcelement de rue au point que les femmes renoncent à la jupe et aux tenues sexy... Ce n’est pas le cas au Japon. Les femmes peuvent rentrer à 4h du matin, seules et bourrées, et ne pas se faire violer, contrairement à la France...

      Je suis une femme et je vis parfaitement bien au Japon, mieux qu’en France. La société est un patriarcat sexiste de sructure, cela va sans dire, mais dire que la femme est considérée comme inférieure, c’est la voir avec vos yeux de Français (je le vois comme ça aussi alors je comprends. Mais il faut être conscient du biais de jugement, qui provient de notre culture). La société japonaise accorde des rôles différents aux personnes de sexes différents. On peut percevoir cela comme étant archaique (c’est mon cas), mais la lutte est à faire au quotidien pour faire changer les choses, et notamment à l’école, avec les uniformes genrés. Ca commence à bouger doucement de ce côté avec des lycées qui autorisent leurs élèves à choisir le genre de leur uniforme librement (pantalon ou jupe).


    • cathy cathy 26 mai 15:16

      Combien de migrants au Japon en 2018 ? Cinq, six ?


      • popov 26 mai 15:47

        @cathy

         
        Cinq, six ? C’est à peu près le nombre de demandeurs d’asile accepté par ans. 
         
        Le Japon a décidé de résoudre ses problèmes démographiques tout seul, pas en important n’importe quoi en masse comme le fait l’Europe.

      • Xenozoid Xenozoid 26 mai 16:20
        @popov
        il n’y a pas plus imperialiste que le japon
        et toi popov ? tu es du fuseau horaire,toi tu as été accepté ?,le japon a décidé de résoudre ses problèmes démographiques.viva fukushima,mangé du toffu pas gmo ,et vous serez centenaire

      • Xenozoid Xenozoid 26 mai 16:26
        @Xenozoid

        et ce sont les champions de la stérélisation(forcé),oui oui, et meme au pérou ils ont essayé,,oui oui...les japonais mois j’aime les jongleurs de contact,ils sont bien mieux


        balle de crystal(jongler)

      • Xenozoid Xenozoid 26 mai 19:26
        @Xenozoid

        l’humour n’est pas le point fort de agoradox,il y a du travail a faire,en dehors des click, heh ?

      • nemuyoake nemuyoake 26 mai 22:19

        @cathy
        C’est surtout que les migrants qui passent par l’école japonaise sont correctement éduqués pour s’intégrer à la société japonaise. Au Japon, ce n’est pas la culture de la maison qui prévaut sur la culture de l’école et c’est ce qui fait la différence. Lorsque la culture de la maison est en contradiction avec la culture de l’école, l’élève doit quand même se conformer à la culture de l’école, tout simplement car l’école est vue comme un outil d’éducation pour former les jeunes à la culture japonaise.


      • Pitié, lisez l’excellent polar d’Herbert Lieberman. Night Call from a Distant Time Zone (1982)

        Publié en français sous le titre Trois heures du matin à New York, Paris, Seuil, 1983. Je suis allée visiter une expo de dessins d’enfants japonais en 1989. J’ai failli avoir un choc. Superbe, des enfants de huit ans. Parfaites copies de Van Gogh, Gauguin, Renoir, ..... D’excellent « copieurs ». Au lieu de s’inspirer d’Hokusai.... La compétition est dans leur gènes. La jalousie leur moteur ;

        • pallas 26 mai 15:22

          @Mélusine ou la Robe de Saphir.


          Bonjour,

          Et l’imagination est nul part.

          C’est tellement amusant, une société de robot, sans une once de conscience, préférant se suicidé que de faire face à la réalité, des lâches au final.


          Salut

        • popov 26 mai 15:38

          @pallas

           
          C’est vous le robot, qui n’avez pas une once de conscience et ne vous nourrissez que de stéréotypes.
           
          Vous avez vécu combien de temps au Japon ?

        • popov 26 mai 15:57

          @Mélusine ou la Robe de Saphir.

           
          Si on commence à compter à partir de la fin de la guerre (parce que, avant, le Japon n’était pas admis dans le club), le Japon compte plus de prix Nobel en physique-chimie-médecine que la France.
           
          Vous pensez qu’on décroche un prix Nobel de physique en étant un excellent copieur ?

        • pallas 26 mai 16:00

          @popov


          Et vous un ange tout joyeux.

          La manipulation de base ne fonctionne pas avec moi.

          Je n’est que faire des humains et des individus normaux.

          Le terme démon, me parrait plus qualitatif que robot.

          Le Japon, une nation de faible, se faisant dévoré par La Chine.

          Salut

        • popov 26 mai 16:10

          @pallas

           
          Se faisant dévorer par la Chine ?

        • pallas 26 mai 16:23

          @popov


          Le Japon n’a pas d’avenir, tout comme La France d’ailleurs.
          Il n’y a pas de place pour les faibles et lâches en ce monde.

          Mais,si vous le souhaitez, supprimons la conscience, l’humain deviendra obsolète un vulgaire sac à viande et finalement remplacé par une autre espèce consciente.

          J’oubliai, chose en cours smiley. C’est d’une banalité devenant ennuyeuse.

          On peut nommer ça « la loi de la nature », le plus faible périe et plus fort survie.

          Je suis un démon et non un robot n’est ce pas smiley.

          Salut

        • @popov


          je ne place pas la physique et la chimie dans les domaines de la créativité au sens le plus noble. Mais dans le domaine de la technologie. qui sont deux zones différentes du cerveau. S’ils avaient été un peu plus « intuitifs », ils n’auraient jamais construit Fukushima à cet endroit. ILS connaissaient l’existence des failles et déplacement des croûtes terrestres sous-marine (ARTE)

        • popov 26 mai 17:17

          @Mélusine ou la Robe de Saphir. 

           
          je ne place pas la physique et la chimie dans les domaines de la créativité au sens le plus noble. 
           
          Ben, c’est un peu normal puisque c’est un domaine dont vous ignorez tout. 
           
          S’ils avaient été un peu plus « intuitifs », ils n’auraient jamais construit Fukushima à cet endroit. 
           
          S’ils avaient été plus responsables, ils n’auraient jamais construit Fukushima à cet endroit. Vous qui êtes intuitive, vous pouvez me dire où et quand se produira le prochain tsunami de cette ampleur ?

        • @popov


          il paraît qu’il y a eu un tremblement de terre en Belgique cette nuit,... smiley. Mais une émission sur ARTE démontre tout la folie de cette construction (Fukushima). Pour les centrales atomiques on connaît en partie les risques qui sont cachés à la population. Il y a toujours eu une limite à l’hubris, Depuis la nuit des temps Et souvent la nature ou les attentats ou catastrophes se chargent de remettre de la modération,...

        • popov 27 mai 07:08

          @Mélusine ou la Robe de Saphir.

           
          Un tremblement de terre en Belgique ? Une galerie de taupe ou d’un ancien charbonnage qui s’est effondrée ? Vous avez vu les vibrations dans votre tasse de café ?
           
          Je n’ai pas besoin d’ARTE pour savoir que le choix du site et la conception de la centrale de Fukushima étaient irresponsables.
           
          Pas besoin d’intuition non plus pour comprendre que d’autres accidents nucléaires vont se produire, spécialement dans des centrales vétustes comme il y en a en Belgique, ce que je ne vous souhaite pas.

        • nemuyoake nemuyoake 27 mai 08:52

          @Mélusine ou la Robe de Saphir.
          Au Japon, copier en art est considéré comme la première étape vers l’originalité. On ne peut pas créer quelque chose d’original sans avoir des bases techniques, qu’on acquiert en copiant de grandes œuvres. Le thème de l’expo était peut-être « imitez un tableau de maître » et pas « créez librement ». Tout grand artiste est passé par le copiage...

          Concernant la lecture sur le Japon, je vous conseille cet extrait à lire gratuitement, et le livre si vous avez quelques euros à utiliser pour vous cultiver : https://www.monbestseller.com/manuscrit/9409-intuitu-personae


        • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 26 mai 15:21

          Toujours ces mêmes fausses bonnes idées, de vouloir importer des systèmes totalement différents du nôtre à cause des différences de culture. Les petits écoliers japonais rentrent chez eux à 21h comme des salary men surexploités, Pas envie que des petits français subissent ça


          • popov 26 mai 15:42

            @Amaury Grandgil

             
            Il y a tout de même quelque chose qui cloche dans les écoles françaises, un nivellement par le bas pour ne pas traumatiser les cancres, par exemple. 
             
            Alors pourquoi ne pas aller voir ailleurs comment ils font ?

          • popov 26 mai 16:38

            @Amaury Grandgil 

             
            Les petits écoliers japonais rentrent chez eux à 21h comme des salary men surexploités
             
            L’idée, c’est qu’il vaut mieux que les petits ados dépensent leur surplus d’énergie dans des activités sportives para-scolaires encadrées par l’école plutôt que de les laisser traîner dans les rues.


          • Alren Alren 26 mai 17:53
            @popov

            Il n’y a pas de nivellement par le bas au niveau des programmes des lycées et du supérieur !
            Au contraire, à l’université, les progrès des sciences, médecine, biologie, chimie, physique, mathématique, font que les connaissances à acquérir sont toujours plus nombreuses et que les étudiants diplômés de l’université, sans parler de ceux des grandes écoles, sont très recherchés dans le monde pour leur savoir et compétence.

            Si l’auteur japonais reproche aux Occidentaux de ne voir que les mauvais côtés de la société japonaise (en considérant apparemment que le suicide d’un(e) adolescent(e) n’est pas un drame absolu !), il fait exactement la même chose avec la société française !

            Si au collège, les programmes semblent avoir été allégés, c’est que l’on a voulu faire entrer au collège unique toute une cohorte de même âge, après avoir supprimé les redoublements en primaire pour de basses raisons financières et faire croire aux parents que tout allait bien.
            Se lamenter sur « la baisse » de niveau, c’est oublier que du temps du certificat d’études à douze puis quatorze ans, certains « cancres » de la « Communale » ânonnaient toujours en lisant et parfois ne savaient plus lire du tout à dix-huit ans. Mais pour un commis de ferme de l’époque ce n’était pas grave alors qu’aujourd’hui il faut être technicien ...


            Ce qu’il faut changer, c’est donner le choix aux adolescents une grande partie de leurs activités et études. Beaucoup aimeraient des activités intellectuelles mais sur une base concrète, manuelle, comme par exemple savoir démonter un moteur thermique et le réparer.

            Ceux des jeunes japonais qui ne se révoltent pas d’une manière ou d’une autre, cèdent aux pressions variées d’une société qui n’a jamais mis en avant la liberté individuelle.
            Chez nous, pays des révolutions, la « bronca » serait immédiate !

          • nemuyoake nemuyoake 26 mai 22:24

            @Amaury Grandgil
            Non, les petits écoliers japonais ne rentrent pas chez eux à 21h. Vous avez une vision du Japon qui correspond aux années 80-90. C’est fini tout ça. Les lycéens et collégiens qui veulent intégrer des universités prestigieuses le font, mais ils ne forment qu’une minorité des élèves. Ce n’est pas en continuant à regarder la TV française que vous apprendrez quoi que ce soit de nuancé sur le Japon.


          • Konyl Konyl 28 mai 11:45

            @Alren
            « Il n’y a pas de nivellement par le bas au niveau des programmes des lycées et du supérieur ! »

            Et bien en voilà une remarque élitiste.
            Le problème vient du primaire et du collège justement, bientôt on apprendra les divisions en 3ème et la lecture en 6ème. Les profs et instituteurs n’ont plus aucun pouvoir d’éducation, « un élève vous traite de sale pute en cours, c’est un vilain garçon ! » à mon époque, il n’y a pas plus de 25 ans une insulte de ce type et c’était la gifle + « chez le dirlo pendu par l’oreille ». Ajoutez à cela des parents de plus en plus décérébrés qui pensent que leur enfant est le roi du monde et qu’il a tous les droits, vous aurez le parfais tableau de ce qu’il ne faut pas faire.

            « Ce qu’il faut changer, c’est donner le choix aux adolescents une grande partie de leurs activités et études. Beaucoup aimeraient des activités intellectuelles mais sur une base concrète, manuelle, comme par exemple savoir démonter un moteur thermique et le réparer. »

            Sur ce point je vous rejoins, et je pense à la Suisse, où, contre toute attente, l’apprentissage est très bien vu et n’est pas montré du doigt comme en France. Quand on aime faire quelque chose il faut le faire, on risque moins l’échec qu’en pourrissant sans une seconde générale (si on est pas fait pour).


          • Alren Alren 28 mai 13:34
            @Konyl

            Constater que des enfants de 10 ans n’ont pas le même niveau après une ou deux années de maternelle et cinq ans de primaires, ce n’est pas de l’élitisme, c’est du réalisme.

            Personne ne s’étonne qu’ils réalisent des performances sportives différentes. Et tout le monde sait que les capacités innées en sport varient selon les personnes et que l’entraînement accentue ces différences.

            La capacité aux études dépend de la même manière de capacités innées (la fameuse courbe statistique en cloche de Gauss) mais aussi de « l’entraînement » de l’intelligence dont l’efficacité dépend du milieu social, de l’attitude et de la capacité des parents, des stimuli que l’on trouve dans l’environnement : pratique d’un instrument, bibliothèque, apprentissage du jeu d’échecs, pratique d’un sport en club etc.

            Plus ils avancent en âge, plus l’écart se creuse entre adolescents, d’autant plus que le succès ou l’échec y contribuent fortement avec ces êtres psychologiquement fragiles.
            Le collège unique est une mesure d’économie alors qu’il faudrait des systèmes souples, adaptables.

          • Konyl Konyl 28 mai 15:43

            @Alren
            Oui, et les parents ne jouent plus leur rôle de stimuli, les profs non plus (que ce soit de leur faute ou pas). On autorise les enfants a jouer comme des débiles pendant des heures sur les tablettes et autre Smartphones en pensant qu’ils s’éveillent alors qu’ils s’abrutissent chaque seconde un peu plus. Mais au moins « on à la paix comme ça ». Tas de con. L’enfant a besoin de vivre de choses réelles.

            C’est bien en primaire qu’on apprend l’écriture, la lecture, les bases, sans ça c’est l’échec scolaire assurée ou presque. Pour ça il faut de bons professeurs, des parents qui suivent à la maison, tant qu’on fera tout pour casser ça on fera toujours plus de chômeurs.


          • Alren Alren 28 mai 19:39
            @Konyl

            Je ne crois pas que les enseignants autorisent en classe les élèves à massacrer sur tablette des centaines d’individus comme ils le font à la maison avec parfois pour jouer avec eux, leur père !Avec le temps l’influence personnelle des enseignants que les élèves a décru entre 1900 à la campagne où n’existait ni le téléphone portable et les jeux sur tablettes, ni la télévision, ni la radio, ni le cinéma et aujourd’hui où tous ces appareils captent l’intérêt des élèves au détriment de la parole du maître et des images, des lectures en classe qui étaient l’essentiel des stimuli des enfants d’autrefois.
            N’oublions pas que l’élève passe beaucoup plus de temps hors de la classe que dedans.

            Avant le collège unique du réactionnaire Haby, ministre de Giscard, et le collège unique sans aménagement, la 6e n’était pas accessible à tous et les professeurs pouvaient agiter la menace d’un renvoi définitif du secondaire pour ceux qui posaient de gros problèmes de discipline ce qui en rendait plus d’un obéissant et « tranquille ».

          • Cateaufoncel2 26 mai 15:23
            Comment peut-on imaginer que les Japonais et les Français sont si semblables du point de vue psychologique, identitaire et « mentalitaire », que ce qui s’applique aux uns doit automatiquement convenir aux autres ?

            En France, pour prendre un exemple simple, les parents prennent presque systématiquement le parti de leurs enfants contre les enseignants, quelles que soient les circonstances.

            • nemuyoake nemuyoake 26 mai 22:27

              @Cateaufoncel2
              Ca commence aussi au Japon, on les appelle Monster parents. Et ils sont remis en place bien poliment.


            • Jeekes Jeekes 26 mai 15:23

              Vivre à la japonaise, un peu, beaucoup ?
              Pas du tout. Même pas en rêve !
               
              ’’les comportements positifs sont littéralement encensés par les enseignants’’
               
              Formidable !
              Les enseignants, juges et parties.
              Encore et toujours sur leur planète, dans leur nuage, déconnectés.
               
              La fabrique de bons petits toutous, bien lisses, bien formatés.
              Prêt à tout, pour ’’réussir pour le pays, l’entreprise, le patron...’’
              Y compris à en mourir. Ahhh, le seppuku !
              A vomir.
               
              ’’Vous trouvez ça stupide ?’’
               
              Et pas qu’un peu, mon neveu.
              Stupide, et con à pleurer !
               


              • foufouille foufouille 26 mai 15:58
                "la pratique du suicide (« seppuku ») comme moyen acceptable de prendre ses responsabilités et de demander pardon pour sa faute. (Vous trouvez ça stupide ?"
                oui totalement et je pensais que ça n’existait plus ou presque. ça de l’époque féodale ou le citoyen était l’esclave de son seigneur et devait le suivre dans la mort si sans maître. au moins pour le samouraï.
                une bonne mentalité d’esclave.


                • Gollum Gollum 26 mai 16:05

                  Intéressant. Peut-être des idées à prendre en effet.


                  J’ai particulièrement été intéressé par l’aspect : au Japon on se focalise sur le positif, en gros on félicite les bons comportements, en France on sanctionne les déviants...

                  Et je pense que cette manie de sanctionner et de ne pas féliciter, encourager, etc.. nous vient tout droit de notre culture et notre obsession du péché, de la faute, transmis par vous savez qui et pendant si longtemps.. au point que j’ai vécu cela dans ma propre famille, n’ayant eu droit dans mon enfance à aucun éloge, aucun encouragement, mais par contre avec de gros reproches moraux dès que je sortais quelque peu des clous quelque soit le domaine...

                  J’ai d’ailleurs appliqué à mes mômes la politique exactement inverse, autrement dit à la japonaise, sans le savoir, et les résultats ont été très positifs.

                  Ceci dit nous autres gaulois sommes plutôt individualistes et il ne conviendrait pas non plus d’imiter à 100 % les Japonais.. Mais il y a surement de bonnes choses.

                  J’adore la cuisine japonaise et il parait que leur whisky vaut celui d’Écosse.. smiley

                  • Gollum Gollum 26 mai 16:13

                    en France on sanctionne les déviants...

                    Petite précision quand même. ça c’était avant bien évidemment, à mon époque quoi... smiley

                    maintenant les profs ont peur des élèves et ceux ci font ce qu’ils veulent d’où la nécessité de baisser le niveau d’admission au Bac sinon ce serait la Bérézina.. smiley

                    Mai 68 étant passé par là.


                  • nemuyoake nemuyoake 26 mai 22:35

                    @Gollum
                    oui, ça serait idiot de transposer complètement l’école japonaise en France. Ce sont des idées, à prendre, à adapter, ou à laisser.


                  • Hermes Hermes 28 mai 17:21
                    @nemuyoake

                    Je suis surpris que personne (à moins que je n’ai mal lu) n’évoque le système de soumission psychologique basé sur les chatiments corporels... Certainement pas un modèle pour l’épanouisement des personnalités.

                    Je vous met en lien un témoignage qui permet de comprendre un peu mieux.

                    Cherchez bien et vous en troverez pas mal d’autres. le système éducatif entier est concerné. Il y avait un article sur AVOX il y a pas très logtemps sur le sujet.

                    Le gouvernement essaie timidement de légiférer mais c’est inscrit dans les habitudes.

                    Bonne soirée.

                  • nemuyoake nemuyoake 28 mai 22:19

                    @Hermes
                    lol, oui, c’est moi qui avait écrit cet article si vous regardez bien. Je présente TOUS les aspects de l’éducation à la japonaise, les bons comme les mauvais. Les Français ADOOOORENT se focaliser sur les points négatifs de l’éducation à la japonaise. Ca les rassure et les confortent dans leurs propres certitudes. Le fait est que les Japonais ont réussi à endiguer la violence de leurs jeunes alors que celle-ci allait crescendo. Il faut s’y intéresser.


                  • Hermes Hermes 29 mai 13:33
                    @nemuyoake

                    Hummm endiguer la violence des jeunes ? De cette manière, ne serait-ce pas juste les conditionner à être violents à leu tour avec les futurs jeunes.....

                    Ce retournement oppressé/opresseur est un grand classique souvent mal identifié. Il est souvent constaté dans le cycle collège-lycée, on le retrouve aussi chez les bizutés/bizuteurs, les canadiens l’ont bien étudié dans le cas des agresseurs sexuels.

                    De mon côté j’ajouterai qu’il n’y a pas « la violence des jeunes ». C’est aussi une expression que les gens ADOOOORENT.  smiley Il y a une violence économique, sociale, familiale, et pour ceux qui ne sont pas armés psychologiquement dans des milieux à la dérive (ce qui n’est pas exclusif à un milieu social précis), une violence de certains jeunes.

                    Travailler sur les raisons du contexte extérieur, entre autre en sortant de la direction politique du chacun pour soi serait une bonne chose, mais largement insuffisant.

                    Pour sortir du cycle de la violence, qui est intergénérationnel, il faut identifier la peur qu’il génère et qui le sous-tend. Elle est le fondement des comportements violents. C’est radical quand on peut le faire, mais cela demande beaucoup de savoir-faire et de vécu, en particulier l’avoir compris chez soi.

                    La société japonaise a l’air d’être en train d’évoluer et essaie de sortir de cet enchainement intergénérationnel. Il est effectivement intéressant de voir quelle autre solution va pouvoir se mettre en place....

                    Cdt.



                  • leypanou 26 mai 16:38
                    mais le fait est qu’il est bien agréable de vivre au quotidien dans une société avec peu de délinquance, crimes, violences faites aux personnes, incivilités et j’en passe : avec çà, vous avez tout résumé.

                    Aucune société n’est parfaite, mais il est effectivement plus agréable de vivre dans une société où les murs ne sont pas taggés, où vous n’êtes pas obligés de faire attention pour ne pas marcher dans les crottes de chien, où les banquettes de bus ou train ne servent pas de repose-pieds, etc, etc.

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