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Etre français, se sentir français, vivre en France

MM. Sarkozy et Besson ont lancé un « débat sur l’identité nationale ». De nombreuses personnes ont refusé ce débat, qu’elles ont jugé inutile et dangereux car il divise les Français et stigmatise les étrangers.

 Des propos racistes, xénophobes (mêlés heureusement à des propos humanistes soigneusement filtrés) furent publiés sur le Site Internet de M. Besson consacré à ce sujet. Plusieurs personnes témoignèrent du fait que ce débat était pipé, les modérateurs du Site rejetant les propos qui n’étaient pas dans la ligne clairement affichée par la bibliographie proposée en référence.
 
Nous avons été nombreux à refuser de participer à ce « débat » organisé par le gouvernement, vu la dénomination même du Ministère dirigé par Mr Hortefeux, et vu la politique de Sarkozy. Ce « débat » semble en effet avoir, parmi ses objectifs, celui d’exacerber les tensions entre diverses composantes de la nation et, en confrontant immigration et identité nationale, de rallier des électeurs tentés par les thèses du FN.
 
Mais nous sommes quelques-uns à avoir pensé également que certaines questions soulevées, de façon explicite et implicite, par ce prétendu « débat » devaient être posées ailleurs et dans nos termes. Car nous savons que toute question évincée ou forclose devient encore plus pernicieuse.
 
Dans tous les médias, où s’expriment des opinions diverses, notamment sur Agoravox, nous avons pu lire des arguments contradictoires concernant ce « débat sur l’identité nationale », au-delà du clivage droite/gauche. Les controverses ont été enflammées par deux événements : l’interdiction de construire de nouveaux minarets en Suisse, et la Commission sur l’interdiction du port de la burqa en France.
 
L’une des questions récurrentes que révèle à cru ce débat sur « l’identité nationale » (qui en est peut-être une expression ou une conséquence plus qu’une cause), est la suivante : pourquoi certains musulmans et l’intégrisme musulman suscitent-ils la peur ? Pour de nombreuses personnes de gauche, s’exprime dans cette peur une haine pure de l’autre, de l’étranger, que Sarkozy a réanimée sciemment.
 
Il est indéniable que Sarkozy détourne et biaise des questions, dans une stratégie qui n’est pas seulement d’enfumage, mais, plus grave, d’engluage. Sarkozy dévoie des termes, des notions, des personnes, des références, des thèmes, conduisant la gauche à s’en défier, voire à les rejeter, à les lapider. De ce fait, la gauche entre doublement dans la glue de Sarkozy, puisqu’elle ne pense plus dans ses termes à elle, mais contre ses termes à lui. Elle oublie par exemple que des questions comme « qu’est-ce que se sentir français », « comment participer pleinement à la vie citoyenne quand on est étranger »…nous nous les posions, bien avant que Sarkozy ne soit élu ou que le FN n’en fasse ses choux gras. Rejeter ces questions comme de mauvaises questions et les résumer par la seule notion de « racisme », est de fait un engluage.
 
Il y a certes une composante raciste plus ou moins xénophobe dans la peur à l’égard des musulmans. Comment la nier ! La peur des musulmans met en jeu des fantasmes qui ont un lien direct avec la colonisation. C’est le message principal de l’Appel au contre-débat lancé dernièrement, dont le but est de révéler le vrai débat sous-jacent mais caché : "le passé colonial de la France et ses héritages dans le présent (immigration, connaissance de cette histoire, guerre des mémoires, mélange des notions d’intégration et d’assimilation)". Les auteurs de l’appel proposent de recentrer le débat dans les prochains mois vers d’autres enjeux : valoriser les mémoires autour de l’esclavage parce que c’est notre patrimoine commun, lutter contre les diatribes violentes qui ne voient que "communautarisme" ou "repentance" lorsque l’on parle de la diversité des origines et des cultures, rappeler que lorsqu’une société a rendu son passé inaudible (colonisation, esclavage...) a marginalisé une partie de ses histoires (immigrations, luttes ouvrières…], elle remplace la réflexion par le fantasme [1].
 
Mais la xénophobie et l’histoire coloniale n’expliquent pas tout.
 
1) Se sentir français, vivre en France versus être français
 
Sarkozy a pipé le débat en parlant de « l’identité nationale », réifiant ainsi un illusoire et trompeur « être français », opposé au « non français ». Or nous ne sommes d’abord français que par contingence comme le dit Maurice Maschino, la francité étant une catégorie juridico-politique dont le signe de reconnaissance est avant tout la carte d’identité nationale [2].
 
Cependant, comme le rappelle Jean-Claude Barreau, la France est le résultat d’une action politique séculaire de la monarchie, puis des républiques. Elle est donc une nation avant tout « politique », alors que d’autres pays d’Europe sont davantage des pays « ethniques ». Il y a davantage de différences entre un Alsacien (ethnie germanique), un Breton (ethnie celte), un Dunkerquois (ethnie flamande) et un Marseillais (Méditerranéen métissé) qu’entre, par exemple, un Serbe et un Croate. Mais une volonté politique séculaire a tissé des liens affectifs forts. Une langue commune est parlée par tous et une mentalité commune, qui apparaît « spécifique » aux étrangers, s’est esquissée. Le peuple français a génétiquement beaucoup changé, l’immigration ayant considérablement métissé les ethnies françaises originelles. « La France, ce pays politique, est aussi un creuset puissant, un dissolvant efficace qui efface avec sa laïcité les différences trop marquées ».[3]
 
La question n’est peut-être pas tant dans «  l’être français » que dans le « se sentir français », et dans le « vivre en France », en tant que membres d’une collectivité mouvante mais tout de même existante.
 
Dernièrement, à entendre certains amis de gauche, il fallait quasiment avoir honte de se sentir français car on excluait les étrangers. On faisait violence à ceux qui ne se sentent pas français.
 
Mais pourquoi leur ferait-on violence ? Il y a probablement autant de façons de "se sentir français" qu’il existe de citoyens français. A chacun son sentir français, voilà tout.
 
Doit-on juger la question de « se sentir français » totalement non grata parce que par exemple un théologien et chercheur en sciences religieuses dit : « Moi, je ne peux pas définir mon identité : je suis de confession musulmane, amoureux de la littérature arabe et je baigne dans une culture et une langue françaises avec tout ce qu’elles véhiculent de contrastes criants et perspectives étalées à l’infini. Ma conviction était naïvement, que ma spécificité cultuelle et culturelle soit un plus, un embellissement supplémentaire qui s’insère harmonieusement dans la Cité française. Car si je développe le sentiment d’être un corps greffé, je n’obtiendrai l’estime ni de moi-même, ni de mon environnement. »[4] ?
 
Puis-je répondre, sans être suspectée de racisme, que sa façon de définir son être d’abord en termes de confession religieuse ne correspond pas à la mienne, foncièrement laïque ? Et que nos deux façons de sentir notre appartenance et/ou notre participation à la France sont aussi respectables l’une que l’autre ?
 
La contingence de la francité ne doit pas nous empêcher de nous référer à un socle commun républicain spécifique, toujours en mouvement, modelé au cours de notre histoire, sur notre sol, inscrit dans notre Constitution, et véhiculé par notre langue, ses dialectes et ses accents pointus ou chantants, notre culture ouverte aux vents de monde entier.
 
Ce socle est le respect des principes fondamentaux (que d’autres pays partagent) : la Liberté, l’Égalité de TOUS les êtres humains, la Fraternité (ou la Solidarité), la Laïcité, avec les spécificités et couleurs de notre histoire, de notre géographie, et de nos macarons [5].
 
Vivre en France, que l’on « se sente » ou non français, implique une participation à la vie républicaine, dans le respect de ces principes fondamentaux. L’intégration n’est ni une inclusion (« l’identité comme chez soi ») ni une assimilation (« l’identité comme chez toi »), mais un processus d’ajustement réciproque, où les droits et les devoirs doivent être pris en compte simultanément. La liberté individuelle doit se confronter, pour chaque citoyen, aux valeurs collectives de base de chaque pays dans lequel il vit - que nous appelons joliment les valeurs des Lumières.
 
Or certains citoyens musulmans entrent parfois en contradiction avec l’un ou l’autre de ces principes : celui de la laïcité, et celui de l’égalité des hommes et des femmes. Ils apparaissent de ce fait comme « refusant de s’intégrer » pendant qu’eux-mêmes se sentent « obligés de s’assimiler ». Comme le dit Malika Sorel, « lorsque l’on émigre dans un pays de culture très différente, on rencontre inéluctablement des difficultés d’adaptation. Ces difficultés sont d’autant plus conséquentes que ces migrants arrivent dans une société dont le référentiel culturel est profondément différent du leur. Si de plus, la société d’accueil ne leur précise ni les codes, ni les règles qui la régissent, ni les lignes blanches à ne pas franchir (socle de valeurs fondamentales), alors inévitablement leur insertion dans cette société deviendra conflictuelle, voire impossible » |6].
 
2) L’égalité des hommes et des femmes
 
Nous sommes nombreux à être choqués par la burqa, la restriction des enseignements dispensés aux filles, les mariages forcés, l’interdiction pour les femmes de consulter un homme médecin - pratiques qu’apportent certains défenseurs d’un Islam intégriste, d’obédience salafiste, dont nous redoutons le prosélytisme.
 
On nous dit que nous devons respecter la liberté des gens de s’habiller comme ils le veulent. Avec une burqa si les femmes le souhaitent. La burqa serait-elle un habit comme un autre ? Nous sommes nombreux à ne pas en croire un mot.
 
Les femmes doivent déjà faire contre mauvaise fortune bon cœur quand elles vont dans certains pays arabes, afin de respecter leurs coutumes. Nous voyons avec le cœur serrée les journalistes étrangères masquer leurs cheveux « impurs » pour rencontrer des leaders politiques.
 
On nous dit que ces pays ne sont pas de vraies démocraties. Et alors ? Nous devrions donc, au nom de notre démocratie, accepter que des femmes se baladent en France dans des prisons ambulantes, et en même temps respecter les coutumes des pays non démocratiques, qui nous dénient notre statut d’êtres humains libres, alors que nos cheveux n’appartiennent qu’à nous et n’ont rien d’impur ? Nous devrions, pour « respecter certains immigrés », écorner nos valeurs si chèrement conquises et accepter des coutumes indignes pour les femmes, alors même que nombre de personnes de pays musulmans les combattent ?
 
On nous dit que ces femmes déguisées en prisons ambulantes en France sont libres. Elles ont choisi de se voiler, elles le disent, le clament, le revendiquent même contre la volonté de leur père ou mari.
 
Mais nous connaissons bien la force de l’oppression, qui fait collaborer les opprimés à un système leur assignant une place et une identité rigides. Oh, nous ne sommes pas naïfs : les femmes en France et partout sont formatées pour être objets du désir des hommes. Mais il y a des graduations dans le formatage. Porter des talons aiguilles qui entraînent des lombalgies est une chose, mais avoir les pieds bandés jusqu’à en devenir handicapée, ou être enfermée dans une prison de tissu en est une autre. Oui, sans conteste, la burqa est une objectivation beaucoup plus grave.
 
Les « Français de souche », comme le disent les arboriculteurs de la nationalité, ne sont pas les seuls à le penser. Des femmes et des hommes musulmans le pensent aussi, et luttent partout pour que cessent ces coutumes violentes.
 
Tahar Ben Jelloun décrit : « Une femme enveloppée entièrement d’un voile noir, mains gantées de noir, et sur la fente, pour qu’elle puisse voir, elle a posé des lunettes noires. Un fantôme, une chose qui bouge à peine, mais ne parle pas. Une chose noire qui se meut à peine, mais dont on ne voit ni le corps ni aucun membre. Peut-être quelqu’un d’humain est là » ? [6]
 
Abdelwahab Meddeb énonce fermement : "Le visage couvert est retiré de la circulation urbaine comme de la relation intersubjective ou mystique. Aboli le visage qui est, encore selon Levinas, "le lieu d’une ouverture infinie de l’éthique ». Le niqab ou la burqa, extension du hidjab, est un crime qui tue la face, barrant l’accès perpétuel à l’autre. C’est un tissu qui transforme les femmes en prison ou en cercueil mobile, exhibant au cœur de nos cités des fantômes obstruant l’entrée aux vérités invisibles du visible." Et il ajoute : "Le niqab vient d’être interdit dans les espaces scolaires et universitaires d’Al-Azhar au Caire, la plus haute institution sunnite. Son patron, M. Tantawi, a rappelé que le niqab n’est pas une obligation divine, une farîd’a, ni une disposition cultuelle, une ibâda, mais une âda, une coutume. Et le mufti d’Egypte, Ali Juma, confirme cette assertion : il s’agit d’une coutume arabique antéislamique que l’islam est en mesure de dissoudre  » [8]
Et le collectif laïc de sensibilité musulmane, Mosaïc, lance un appel, rejetant toute forme d’appropriation de l’Islam qui se ferait au service d’éléments sectaires, et précisant qu’aucune religion ne peut justifier l’asservissement de l’être humain, notamment des femmes. [9]
 
Voilà toutes les questions fondamentales que nous devrions poser, dans nos termes, en intégrant dans les « histoires » de nos peuples, non seulement le colonialisme et l’esclavage, mais également la lente conquête heurtée des droits des femmes, et les oppositions entre laïcité et religions.
 
__________________________
[1]http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/contre_debat_sur_lidentite_nationale/20091229.OBS1996/pour_une_alternative_au_faux_debat_actuel_sur_lidentite.html
[2]http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/12/30/je-ne-suis-francais-que-par-pure-contingence-par-maurice-t-maschino_1286020_3232.html
[3]Jean-Claude Barreau , Toute la géographie du monde, éd. Fayard, 2007, p. 123-124
[4]http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/opinions/tribunes/20091217.OBS1029/ne_reveillez_pas_vichy_.html
[5]http://melgrilab.blog.lemonde.fr/2009/12/15/identite-morte-ou-vive-suite/
[6]tttp ://communautarisme.net/Entretien-avec-Malika-Sorel-Avoir6occulte6aux-migra,ts-et-a-leurs-descendants-la-realité-du-contrat-social-et-moral-de_a951.html
[7]http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/09/26/la-porsche-noire-le-play-boy-et-la-burqa-par-tahar-ben-jelloun_1245524_3232.html
[8] http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/12/26/la-burqa-et-le-cercle-des-idiots_1285142_3232.html
[9]http://www.marianne2.fr/L-islam-modere-ne-demande-qu-a-se-faire-entendre_a183242.html
 
 
 
 

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225 réactions à cet article    


  • morice morice 9 janvier 2010 11:37

    à en mourir « pour la France », comme...Robert Séguin, père de Philippe....


    • anti-oligarchie anti-oligarchie 10 janvier 2010 17:30

      Résumé de l’article de l’auteur.
      « Le lancement du débat est certes raciste,manipulé et blabla,mais faut quand meme en parler... »

      iIntérprétation : « je me crois subversif,car j’ai compris la manipulation du gouvernement pour diviser le peuple dans cette grave crise,mais je fais quand meme le jeux du système,car dans le fond ,les musulmans me font peur quand même,car je suis zombifié a TF1,France 2,3—Jusqu’a M6,et je lis le monde,le figaro tous aux ordres du système et de la pensée dominante »


    • Monica Monica 10 janvier 2010 17:56

      à Anti-oligarchie

      Je vous conseillerais bien de lire l’article et l’ensemble du Fil avant de porter, évidemment en début de Fil pour que cela soit bien visible, des jugements aussi... hum hum...

      Mais vu la fin de votre message... je m’en abstiens.

      Vous lisez donc le Figaro Madame,  Gala et regardez TF1 ?

      Pas moi, désolée, nous n’avons pas les mêmes valeurs, je ne mange pas de ce pâté-là smiley


    • Romain Desbois 10 janvier 2010 19:40

      L’important n’est pas d’où tu viens mais qui tu es !
      L’important n’est pas ce que tu es, mais ce que tu fais !

      C’est ma définition de l’identité d’un être, l’identité nationale n’est pour moi qu’une caractéristique comme la couleur des cheveux.


    • Monica Monica 10 janvier 2010 20:00

      Cher Romain Desbois,

      Puis-je compléter ?

      L’important n’est pas d’où tu viens mais qui tu es 
      ... et ce que tu deviens !

      L’important n’est pas ce que tu es, mais ce que tu fais ... et ce que tu veux faire !

      L’identité d’un être est effectivement multiple, variable selon les lieux et les moments...

      Mais cette affirmation ne doit pas nous empêcher de nous questionner sur notre identité collective.... et sur les fondements collectifs de notre identité.


    • Romain Desbois 10 janvier 2010 20:21

      @Monica
      Oui vous avez bien complété, cal va dans le même sens.

      Par contre j’ai du mal à concevoir une identité collective. C’est pour moi un oxymoron. Ou alors alors l’on parle d’identité communautaire, ce qui n’apporte pas grand chose (même si je ne suis pas contre). seulement l’on peut avoir plusieurs identités « communautaire ». Par exemple femme, noire, homosexuelle et cheminote. Quatre communautés identitaires !


    • morice morice 9 janvier 2010 11:39

      L’une des questions récurrentes que révèle à cru ce débat sur « l’identité nationale » (qui en est peut-être une expression ou une conséquence plus qu’une cause), est la suivante : pourquoi certains musulmans et l’intégrisme musulman suscitent-ils la peur ?


      parce qu’on l’a créée, et parce qu’ici certains viennent l’attiser tous les jours en mélangeant frange extrémiste et religion...

      • Monica Monica 9 janvier 2010 11:56

        Cher Morice,

        Nous avons des réponses différentes.
        On n’a pas créé ex nihilo des questions, elles se posent.
        Il n’est qu’à lire certains commentaires pour s’en rendre compte.

        Le tout est de les prendre à bras la pensée, sans culpabilité, pour mieux travailler le Vivre ensemble, en France.

        Car, contrairement à ce que laisse entendre votre premier commentaire, la question est de Vivre en France, et certainement pas de mourir pour elle !


      • armand armand 9 janvier 2010 12:02

        De l’angélisme, mon bon morice, comme ces gauchistes indécrottables qui ne peuvent envisager la criminalité que comme le résultat de la société capitaliste.

        Des extrémistes occupent le pavé à Paris, bloquent les rues pour la prière, jouent à la police, et vous voudriez qu’on se dise « ce n’est rien », « tout va très bien » ?
        Une pratique INCONNUE de l’Islam tradititionnel, et de tout autre courant religieux d’ailleurs, l’attentat suicide, devient désormais le modus opérandi de tous les illuminés qui se réclament de l’Islam à travers le monde, et vous voudriez que cela ne suscite pas peur et incompréhension ? Un état se réclamant de l’Islam et se disant en rapport avec l’Imam absent massacre, torture, opprime ses habitants ; d’autres mouvements, comme les talibans, qui ont leurs partisans jusque dans les banlieues, mutilent, lapident, exécutent pour des questions de tenue, de moeurs, de pratiques religieuses, et vous voudriez que les gens n’en aient pas peur ?

        Ou alors vous avez des oeillères idéologiques, ou alors vous vivez dans une tour d’ivoire. Ou alors, tout simplement, les petits arrangements entre la mairie de Roubaix (puisque vous connaissez bien la région, n’est-ce pas ?) vous paraissent relever du casuel dans une société multiculturelle.

        Que la peur de l’intégrisme musulman soit utilisée pour détourner le regard d’autres questions brûlantes, comme la mainmise bancaire, les inégalités scandaleuses, les concentrations de pouvoir quasi-dictatoriales, j’en conviens. Mais cela ne veut pas dire que le problème n’existe pas, et qu’il ne soit de taille.


      • morice morice 9 janvier 2010 12:31

        On n’a pas créé ex nihilo des questions, elles se posent.


        ah et Ben Laden est venu tout seul alors....

      • Yohan Yohan 9 janvier 2010 12:57

        On a là avec Momo un bel exemple de langue de bois, d’hypocrisie et de manipulation de la pensée.
        Vous remarquerez que jamais Momo ne répond aux questions qui lui sont posées sur l’islam , ce que Tall a si bien pointé
        A la question d’Armand posée à Momo : pourquoi les extrémistes musulmans font peurs ?) ...lui, il détourne systématiquement ce genre de question. Là il répond à cette même question : « Ben Laden n’est pas venu tout seul... » et quand on connait le sujet de prédilection obsessionnel de Momo, on devine tout de suite à quoi il fait référence.
        Au fond l’Imam de Tourcoing s’en tape du danger islamiste, il le nie systématiquement ou pire, il le justifie par les méfaits de l’Occident.
        Alor la question qui se pose devant une telle attitude et face aux 45 articles de ce triste sire sur la CIA est : qui est MORICE ? ,
        En effet, quel genre de gugusse peut tenir ce genre de position aujourd’hui, sinon à être l’un des ambassadeurs de ces gens là ?  :->


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 10 janvier 2010 09:38

        @ Morice


        L’Islam EST totalitaire et exclusif. Comme l’était sans doute l’Église des Catacombes. Le christianisme, émasculé peut maintenant vivre avec l’État laïque. L’Islam, non. Ce n’est pas une critique de l’Islam. c’est un constat et un salut à un adversaire respectable. Mais il n’y a pas de place pour des Musulmans en Occident.



        Pierre JC Allard


      • COLRE COLRE 10 janvier 2010 10:05

        Bonjour PJCA,

        Pas forcément d’accord avec votre conclusion. 

        Oui, l’Islam est totalitaire SI il est au pouvoir, mais s’il n’est pas au pouvoir ? La bonne question est : l’Islam peut-il accepter d’être relégué à la sphère privée et que ses « lois » soient inappliquables et inappliquées ? (ce qu’a dû accepter le catholicisme en France, par ex.)

        Au musulmans de répondre… mais pas la poignée de fondamentalistes qui font régner la loi (leur loi), la peur et qui sont sensés les représenter...


      • Monica Monica 10 janvier 2010 10:37

        A PJ A et Colre

        L’islam n’est pas une globalité, mais une infinité de courants religieux. Rappelons également que certains musulmans sont laïcs.

        La religion musulmane a sa place en France comme toutes les autres religions : ni plus, ni moins.

        Le problème est le refus de certains courants musulmans très actifs, encore minoritaires, les salafistes, de s’adapter aux principes démocratiques des pays, parce qu’ils ont une vision politique de la religion, qui est aux antipodes de certaines des valeurs de notre pacte social.

         Les femmes porteuses volontaires de burqa, dans une pays qui refuse l’effacement d’un être humain, son visage surtout, derrière une bâche, peuvent apparaître comme les chevaux de Troie de cette logique salafiste qui est, de fait, radicalement contraire à deux principes de base de notre démocratie : l’égalité homme/femme et le primat de la laïcité sur la religion.


      • Massaliote 11 janvier 2010 10:21

        L’Eglise des Catacombes n’a jamais appelé au meurtre des non-croyants. Comment pouvez vous comparer ? 


      • terrienhope3 terrienhope3 9 janvier 2010 11:42

        être français ahahahahaha c’est déposé par qui cette sous marque ????
        l’elite monarchique nous trahi tous les jour et faut se sentir français,,,
        je n’ai aucun respect pour la France des sionistes
        qu’ils nous considèrent déjà comme des êtres humain ont verra après
        parce que le seul truc que j’entend en ce moment c’est le pouvoir d’achat par ci pouvoir d’achat par la
        le seul truc qui nous reste et encore c’est le pouvoir d’achat !!
        et plus pour longtemps d’ailleur.


        • Monica Monica 9 janvier 2010 12:01

          Cher terrienhope,

          Etre français, ce n’est pas ce que je revendique.
          Avez-vous lu mon article, ou seulement son titre ?

           Se sentir français et vivre en France, oui, je le revendique. Chacun avec ses modalités, dans le respect de celles des autres... et des valeurs républicaines..

          La France des sionistes  ? De quoi parlez-vous ?
          Je ne vis pas cette France-là.


        • Melchior Griset-Labûche 9 janvier 2010 12:07

          Quel rapport avec l’article ? L’auteure fait un effort très sérieux pour analyser une question difficile ( elle le fait très bien), et en réponse elle reçoit un ricanement sur « la France des sionistes »... Allez, on vous laisse avec votre « seul truc ». Une chose intéressante, quand même, dans votre propos : « qu’ils nous considèrent ». « Ils ? », « nous ? », voilà qui fera plaisir à Môssieu Besson et Môssieu Hortefeux.


        • terrienhope3 terrienhope3 9 janvier 2010 12:09

          je donne mon avis sur le débat sur l’’identité national et non sur votre article
          que j’ai bien apprécié d’ailleurs


        • morice morice 9 janvier 2010 12:31

          le ils est de trop en effet


        • Yvance77 9 janvier 2010 11:47

          Bonjour Monica,

          Très bon post comme d’habitude smiley

          Cependant il y a une erreur que nous faisons tous. Celle qui consiste à mettre tout sur le dos de Sarko.

          Bien entendu il est l’instigateur de ceci quoique pas sur.

          Mais il y a des complices. Et en premier lieu tout un gouvernement, et surtout des gens que je n’aurais jamais soupçonné de participer (ou de laisser faire) à un tel simulacre de débat ... hein m’sieur Kouchner !!!

          C’est ce qui me fait dire qu’il y a quelque chose de viscéralement pourri au royaume de Pipole 1er.

          A peluche


          • terrienhope3 terrienhope3 9 janvier 2010 11:55

            exact sarko n’est qu’un pantin en fin de compte faut plutôt s’intéresser a
            Frank Wisner Jr
            ceux qui sont discret m’intéresse


          • Monica Monica 9 janvier 2010 12:07

            Cher Yvance 77,

            Nous sommes bien d’accord.

            Le fait de prêter trop de pouvoir à Sarkozy laisse dans l’ombre la part des autres.

            La part de tous ceux qui alimentent directement la machine à haine ou qui, sous couvert de « grands principes » apparemment « bien sous tous rapports », se mettent la tête dans le sable... et laissent le boulevard à la pensée et à l’action d’extrême-droite.

            Toute question mérite d’être posée, et débattue, de façon dialectique, sans opposition frontale.


          • je passe 9 janvier 2010 16:32

            Monica
            Dialectique... Votre dissertation demande réflexion :

            La dialectique (appelée aussi méthode ou art dialectique), est une méthode de discussion, de raisonnement, de questionnement et d’interprétation qui occupe depuis l’Antiquité une place importante dans les philosophies occidentales et orientales. Le mot « dialectique » trouve son origine dans le monde grec antique (le mot vient du grec dialegesthai : « converser », et dialegein : « trier, distinguer », legein signifiant « parler »). Elle aurait ainsi été inventée par le penseur présocratique Zénon d’Élée[1] ; mais c’est surtout son emploi systématique dans les dialogues de Platon qui a popularisé l’usage du terme.

            La suite chez Wiképédia.

            Sans intérêt, tout se décidera dans la cour des Grands et vrais influenceurs.



            • Melchior Griset-Labûche 9 janvier 2010 12:15

              Encore une fois, quel rapport avec l’article ? Qu’est-ce qui vous dérange donc tant dans la démarche de l’auteure, que vous cherchiez à faire dévier la discussion ? 


            • terrienhope3 terrienhope3 9 janvier 2010 12:23

              je n’ai rien contre l’auteur
              et je ne vois pas ou je dévie
              le débat est la pour noyer le poisson sur les autres problème
              enfin
              je n’ai que la compréhension de la France d’en bas
              n’est-ce-pas ?


            • Reinette Reinette 9 janvier 2010 12:59


              terri... nous fait de la pub pour « l’effroyable Meyssan » !

              effectivement rien à voir avec l’article


            • R.L. 9 janvier 2010 12:16

              « La burqa serait-elle un habit comme un autre ? » écrivez-vous. Bien sûr que non ! Nous sommes d’accord.
              Mais le vrai problème n’est-il pas que l’imprégnation anglo-saxonne (droit - procédures contre le terrorisme, le plaider coupable- ; règles économiques et commerciales toujours à l’avantage des anglo-saxons ; les sous-produits culturels ; la dictature de la langue anglaise (jusque dans les locaux de Bercy ou dans des réunions où il n’y a que des français..., sans parler des modes d’emploi et des fiches techniques et des chansons au texte insipide...) au mépris de la loi Toubon ; le survol illégal et « secret » de notre territoire et les écoutes tous azimuts avec le programme échellon ; une Europe de Bruxelles dirigées par gens placés, formatés, manipulés par les Américains (près de 40% des commissaires de la dernière commission avaient fait leurs études aux USA dont un grand nombre dans l’université formant les cadres de la C.I.A.) qui veulent faire entrer la Turquie, l’Ukraine, l’Arménie et après l’Azerbaïdjan) pour mieux diluer les grandes nations occidentales (renseignez-vous sur les régions transfrontalières créées artificiellement et financées par Bruxelles... notamment).
              On pourrait continuer longtemps tellement la liste est longue et depuis longtemps.
              On pourrait parler de R. Schuman et de Monet, au service des USA, des financements américains tout azimut, durant plusieurs décennies, jusqu’au syndicat F.O. et les intellectuels d’après guerre...

              Le danger de devenir une banlieue laborieuse du monde anglo-saxon est encore bien plus grand que le danger des fanatiques islamiques, surtout lorsqu’une bonne partie, est entretenue, encouragée, provoquée, quand ce n’est pas créée par nos amis anglophones...
              Arrêtez-vous un instant sur les faits du dernier évènement du vol Amsterdam-Chicago...

              A 100% contre la burqa, qui n’est même pas un élément de l’islam. J’ai même vu une femme avec une burqa et des talons aiguille. Dans ce cas précis, était-ce alors une manifestation de soumission et de fanatisme... ou une façon (maladroite sans doute) de chercher son identité dans un monde sans repère ou le racisme monte et va monter très vite avec les évènements qui vont se précipiter ?
              Mais n’oublions pas tout le reste... et même le comportement de l’Occident depuis plus de 2 siècles dans les pays mulsulmans...
              Et c’est ce que ce « débat » a fait et grossièrement !


              • Henri François 9 janvier 2010 12:18

                Mais quesaco ce débat à la « mormoileu » ? Que signifie aujourd’hui, au 21°siècle, « identité nationale » ?
                Tout au long des années, au gré des vadrouilles, j’ai digéré un tas de valeurs, de règles, de lois, de bouffes et de vins, et voilà qu’aujourd’hui je me trouve allègrement pourvu d’une montagne « d’identités nationales » qui ont largement contribué à forger mon alchimie personnelle.
                En outre, athée convaincu, j’ai été également juif, chrétien, catholique, protestant ou musulman, selon mes périples et sans jamais avoir eu à en souffrir.
                Toutefois les ingrédients qui m’ont permis de mieux réfléchir et donc de mieux forger ce qui allait être ma vie, sont venus de la mer Méditerranée et en premier lieu de la France où j’ai pu, par exemple, rencontrer Villon, Rutebeuf, Chateaubriand, Rousseau, Voltaire, Hugo, Camus, Brassens, Ferré, Brel etc... Mais la plupart, sinon la totalité, d’entre ceux là,c’est à l’école, racine de toutes les racines, que j’ai commencé à les croiser. 
                Alors conclusion au lieu d’identité nationale débattons un peu de ...L’ECOLE !
                Amen, Ainsi soit-il et Inch’Allah !!!


                • Monica Monica 9 janvier 2010 12:43

                  Cher Henri François,

                  Débattez, débattons, de tout ce que vous voulez, mais pourquoi dire aussi brutalement « au lieu de » ?

                  Je n’aurais pas le droit de débattre avec ceux que cela intéresse de ce que nous sommes un certain nombre à juger utile ?

                  Et de le faire en me désengluant des termes de Sarkozy and co ?

                  Vous déclinez une identité dans laquelle je puis me reconnaître...

                  Toute question mérite d’être posée...


                • Henri François 9 janvier 2010 16:47

                  à Monica,
                  Loin de moi la pensée de suggérer le débat vain, tel que vous le lancez. Au contraire. Je puis vous assurer que je respecte votre démarche.
                  Ma réflexion, mon interrogation brutale, ne vous était pas adressée. Elle l’était en direction de ceux qui ont eu, une fois encore, l’idée - regrettable - de lancer un énorme pavé dans la mare France... dans laquelle le PS a une nouvelle fois bu la tasse.
                  Amitiés et bon courage.


                • terrienhope3 terrienhope3 9 janvier 2010 12:19

                  je vais modérer mes propos ayant apprécié l’article
                  mais ce qui m’énerve c’est que viens faire un débat pareille en ce moment ???
                   y a pas d’autre thème a débattre de plus important les patrons voyou le système bancaire qui ruine notre pays nos soldat en Afghanistan envoyer par l’autre nabot
                  et eux nous pondent LE DEBAT SUR L’IDENTITÉ NATIONAL


                  • Monica Monica 9 janvier 2010 12:32

                    Cher Terrienhope,

                    Ce débat est là, il n’empêche pas d’autres débats.
                    Il est là parce qu’il met en jeu des questions sociales, qui ne sont pas anodines.
                    Surtout quand on est une femme.

                    Le fait de poser une question n’empêche pas d’en poser d’autres.
                    Je m’en pose plein d’autres, comme vous !

                    Je suis troublée par le fait que certains ne veuillent pas se poser cette question et viennent le dire à quelqu’un - moi - qui la pose d’une façon, me semble-t-il, nuancée.

                    C’est certes leur droit.
                    Mais s’ils jugent la question inutile, qu’ils ignorent l’article.

                    En revanche, s’ils le lisent, qu’ils répondent aux arguments me semblerait plus intéressant pour la discussion. Et non pas d’opposer, une fois de plus, musulmans, sionistes...


                  • manusan 9 janvier 2010 12:20

                    être musulman, se sentir français, vivre en France.

                    Voilà le vrai débat qui vient d’avoir lieu, idem pour l’article, j’aurais même tendance à ajouter ... « vivre en Europe » suite aux évènements qui ont eu lieu en Suisse, Italie, Belgique et Angleterre.


                    • morice morice 9 janvier 2010 12:33

                      i l y en a qui sont dans des cimetières militaires et qui ne se sont pas trop posé la question ....


                    • manusan 9 janvier 2010 12:45

                      ... les vietnamiens ?


                    • ZEN ZEN 9 janvier 2010 12:21

                      Je souscrit à cet article pour l’essentiel
                      Mais il y a parfois une confusion entre musulman et arabe
                      Je connais beaucoup de personnes d’origine maghrébine qui sont indifférentes ou athées
                      Meddeb qui parle de la "maladies de l’Islam’ à propos de ses formes dévoyées et assez tardives (wahhabisme, salafisme...) mérite d’être lu


                      • barrere 9 janvier 2010 12:27

                        se sentir français....

                        allez sur youtube et tapez mariage marocain brest...

                        agoravox apparemment n’accepte pas le lien


                        • Yohan Yohan 9 janvier 2010 13:36

                          Bah ! je vois ça régulièrement devant la mairie du XXème, grosses bagnoles et youyous. Au fond ce n’est que la tradition franchouillarde en pire...faire du bruit, se faire remarquer et faire croire qu’on est bourré aux as. Société du fric et du gaspillage indécents

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