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Accueil du site > Tribune Libre > Européennes 2019 : Gens qui pleurent et gens qui rient, et ensuite (...)

Européennes 2019 : Gens qui pleurent et gens qui rient, et ensuite ?...

Après la déroute électorale de la droite, dispersion et effondrement à gauche, resurgissement des Verts, dont on peut s'interroger s'il s'agit d'un réel vote d'adhésion à l'écologie, ou un simple vote de refus des déçus de la Gauche, est-ce la fin du système bipolaire traditionnel de la 5e république ?

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Contrairement à certaines prévisions, les élections Européennes de 2019 ont enregistré une progression très sensible de l'électorat par rapport à 2014 (+ 2 906 331) et confirmé une relative stabilité de la liste RN (ex FN) par rapport à celle de 2014 (23,31% en 2019 contre 24,86% en 2014, mais 569 115 voix de plus), ainsi que LREM par rapport au 1er tour des Présidentielles de 2017 (ce parti n'existait pas en 2104). De profonds mouvements tectoniques ont toutefois affecté la structure traditionnelle de la 5eme République à Gauche et à Droite.

Peut-on pour autant dire que la nouvelle tendance de la démocratie Française, à l'instar d'autres en Europe, s'inscrit désormais durablement autour de trois pôles : « nationalistes ultra conservateurs identitaires » à droite, « libéraux sociaux mondialistes » au centre et « démocrates éco- sociaux » à gauche ?

Déroute électorale à Droite, dispersion et effondrement à gauche, fin du système bipolaire traditionnel de la 5e république ?

Les institutions de la 5eme république, par le mode de scrutin, privilégiait un système bipolaire gauche - droite, d'abord entre le parti présidentiel à dominante Gaulliste et un second parti dominant dans l'opposition que fut, dès la libération et jusqu'à la fin des années 1970, le PC, ce qui faisait dire à André MALRAUX "entre nous et le PC, il n'y avait rien"... Après 1981, ce fut le PS et les alternances du pouvoir Droite - Gauche. Aujourd'hui l'émergence du RN (ex FN) c'est à dire d'un pôle « nationaliste ultra conservateurs identitaire », avec une constante aux élections, et du pôle « libéral social mondialiste » avec LREM initié par Emmanuel MACRON vient totalement déstabiliser les rapports traditionnels Gauche - Droite. Ainsi, par la subtilité politique d'Emmanuel MACRON, la Droite traditionnelle avec son parti dominant s'effondre et la Gauche s'est désintégrée.

Dans le sillage de ce système bipolaire se détachait toujours une troisième force politique de moindre importance située au centre, de type "libérale - sociale", généralement alliée à la droite. Force est de constater qu'aujourd'hui, élections après élections, s'il se dégage bien une troisième, voire une quatrième force, du fait de la présence désormais constante du parti de Mme. LE PEN comme force politique principale, celle ci n'est plus systématiquement du centre et son positionnement peu varier d'une élection à l'autre... Exemple, avec la France Insoumise (FI) de la gauche radicale aux dernières Présidentielles ou EELV aux Européennes de 2019...

Entre gens qui pleurent et gens qui rient au soir des élections Européennes de 2019

S'il est évident que le PS et Raphaël GLUCKSMANN, à gauche (6,19%, contre 13,98 en 2014), mais surtout les Républicains et François-Xavier BELLAMY, à droite (8,48%, contre 20,81 en 2014), ont été les grandes victimes de ces élections, elles ont en revanche permis le resurgissement des Verts de Yannick JADOT et, sous une certaine forme, supposer marquer un attrait pour "l'écologie". Le total de la liste EELV (13,47%, contre 8,95% en 2014) et Urgence Ecologie (1,82%) totalisent plus de 15% (15,29%), sans compter celle du Parti Animaliste 2,17%.. ?

Attention toutefois concernant le seul résultat d'EELV : s'il y a incontestablement une progression très sensible de cet électorat , il convient toutefois de souligner que l'AEI de Mr. GOVERNATORI allié en 2019 à EELV avait obtenu 1,12% en 2014, ce signifie qu'en 2014 en additionnant les deux (8,95% pour EELV + 1,12% AEI) cela faisait tout de même 10,07%...

Par ailleurs, avec le Parti Animaliste, on pourrait dire, en ironisant, qu'un chien et un chat inconnu (photo figurant sur son affiche officielle) ont balayé des personnalités connues et parfois "chouchou" des médias, tel Mr. PHILIPPOT (0,65%) ou encore Mr. ASSELINEAU de l'UPR (1,17%).

A Droite, pour LR c'est une débâcle historique avec le pire score jamais réalisé sous la 5eme république, ce qui a entraîné la démission de son président, comme ce fût le cas de certains de ses prédécesseurs pour des échecs électoraux passés, mais sans commune mesure avec celui des Européennes de 2109. que ce soit JUPPE en 1997, SARKOZY en 1999, ou COPE en 2014...

Si les échecs précédents n'avaient pas modifié sensiblement l'espace politique et électorat qui était le sien, aujourd'hui la situation est radicalement différente, car coincé entre LREM et le RN il reste très peu d'espace, d'autant qu'avec 2,50% les centristes de l'UDI réalisent également leur pire score.

Tant que LREM et le RN resteront les forces bipolaires dominante, l'espace politique disponible sera très restreint et hors les collectivités territoriales, dont il devrait conserver la maîtrise de la gestion, le retour aux affaires du pays risque de se révéler difficile, sinon impossible, sauf à s'allier avec l'un ou l'autre des deux pôles dominants...

L'écologie : réel vote d'adhésion ou simple vote de refus des déçus de la Gauche

On peut supposer que la liste Urgence Ecologie conduite par le philosophe et écologiste Dominique BOURG a réellement recueilli un vote d'adhésion à l'écologie, malgré le soutien de Delphine BATHO (ex PS) parfois très controversé chez des écologistes, mais peut-on, pour autant le penser concernant les Verts de JADOT ?

Si l'action au parlement Européen de Mr. JADOT, comme celle d'autres députés, est incontestable pour s'opposer à des mesures prises contre le climat, agir pour une agriculture débarrassée des intrants chimiques, tel le glysopahate, ou pour aider le développement de l'agriculture Bio, ce qui répond d'ailleurs aux désidératas de l'immense majorité de la population, peut-on pour autant estimer que le vote en faveur d'EELV et ses alliés est un vote d'adhésion à l'écologie ?...

Malgré l'usage d'un dialecte écologique, telle la formule "transition écologique", ou évoquer la question énergétique que l'on espère résoudre par les énergies dites " renouvelables", est-ce réellement suffisant pour convaincre en faveur de l'écologie quand on ne pose pas ses problématiques fondamentales et les mesures d'urgence préventives qui s'imposent, dont certaines ne sauraient être accepter avec joie.

Excepté 1984, où en plus d'Europe écologie, sur laquelle je fus candidat, il y avait une autre liste téléguidée par François MITTERAND et l'Elysée qui se réclamait de l'écologie avec l'ancien candidat écologiste aux présidentielles de 1981, Brice LALONDE et celle de 1994, les élections Européennes, bien qu'avec des scores en "yoyo" de l'une à l'autre, les Verts et EELV ont réalisé des résultats autour ou supérieurs à 10%. Jusqu'à 16,28% en 2009. Ces résultats ne se sont pas forcement traduits ensuite dans des élections nationales suivantes. Les résultats satisfaisant aux élections Européennes des Verts est du en partie au mode de scrutin proportionnel de l'élection et au fait que les citoyens ne perçoivent pas très bien le poids des institutions Européennes sur leur vie quotidienne. Le mode de scrutin uninominal à deux tours aux élections nationales et un scrutin proportionnel très particulier quand il s'agit d'élections locales ou régionales, ajouté à la méfiance, voire rejet à l'égard des thèses écologistes tendrait à démontrer que le vote des Européennes de 2019 en faveur d'EELV est plus le vote refuge d'un électorat de gauche qu'un réel vote d'adhésion à l'écologie.

Quand Mr. JADOT se voit présidentiable à la tête d'un coalition qui rassemblerait tous les "écologistes" et la gauche autour de prétendues thématiques écologiques, non seulement la cohabitation des écologistes, tel que ceux du MEI ou d'autres non encartées, avec MELANCHON et son parti relève du délire. Mr. JADOT devrait savoir que s'il a encore des écologistes à EELV, la majorité des écologistes ne sont pas à EELV, ils se situent au delà des clivages "droite-gauche" et refusent d'y entrer. Au fond le pseudo "ni droite ni gauche" qu'il a entretenu pendant sa campagne électorale ne traduisait qu'un "à gauche et à gauche" et il a bien compris que sans les partenaires de Gauche, les Verts se retrouveront aux élections nationales, régionales et locales dans la même situation que LR au soir des Européennes. En dehors de quelques thématiques écologiques, mais dont les fondamentaux ne sont pas abordées, l'espace politique et électoral d'EELV est assez réduit.

Quelques rappels des réalités concernant les problématiques écologiques

Faut-il rappeler que l'écologie est d'abord une science et ceux qui pratiquent cette discipline scientifique d'observation, ce sont des écologues. Les écologistes (écologues ou autres ) tentent une interprétation du monde et de l'organisation sociétale humaine qui doit intégrer les enseignements de l'écologie science. Dès lors, au sein de la pensée politique de l'écologie, les différences pouvant exister entre les uns et les autres, et se matérialisant par des organisations en concurrence, portent sur des choix de priorité. Par exemple : les problèmes de surpopulation humaines, d'espace vital, voire de décroissance économique ou les problématiques de la nouvelle révolution des "intelligences artificielles" ne semblent pas être une priorité, voire un sujet tabou pour EELV de JADOT, quand c'est une priorité chez les écologistes indépendants du MEI de WAECHTER ou d'autres tel que ceux de l'association "Démographie responsable"

Un nombre croissant de données montre de façon irréfutable que les changements climatiques récents et la sixième extinctions des espèces qui est en cours résultent essentiellement du nombre et de l'activité humaine, dont le mode d'influence est certes complexe. Qu’il s'agisse de ce que nous consommons, des types d'énergie que nous produisons et utilisons, du lieu où nous vivons, du pays, ville, périphérie ou zone rurale, riche ou pauvre, de notre âge, jeunes ou vieux, de notre nourriture et même de la mesure dans laquelle femmes et hommes jouissent de l'égalité des droits et des chances, nous sommes entrés dans une nouvelle ère que les Scientifiques dénomment « ANTHROPOCENE ». Nous vivons désormais dans l’ère post-croissance économique sur une Terre à l’agonie de par le seul effet du nombre. A quoi servirait-il, par exemple, de vouloir imposer plus de sobriété énergétique, ce qui est souhaitable et absolument indispensable, si le nombre de producteurs - consommateurs, aux appétits en nombre d’esclaves mécaniques particulièrement gourmands en énergie ne cesse d’augmenter...

La gravité de la situation écologique et les défis du XXIe siècle qu’elle suppose doivent être placés au coeur des politiques à conduire. Comme les découverts écologiques se sont ajoutés d’une année sur l’autre à l’instar des déficits publics qui se cumulent dans la dette, la dilapidation du capital naturel commence de plus en plus tôt. Or Les difficultés financières et économiques de l’Europe et de la France sont à la fois reliées aux difficultés d’approvisionnement en énergie qui ne pourront être résolues par les énergies dites "renouvelables", à la menace du réchauffement climatique, au décalage entre les ressources disponibles et la croissance démographique.

Pour conclure

Ce n'est pas des combinaisons d'accords politiciens qui influenceront les responsables politiques, tel en France le très productiviste MELENCHON et tant d'autres à gauche ou à droite, mais des arguments et un fort rapport de force. Les écologistes ne devraient pas oublier qu'avec plus de 10% vous pouvez faire ou défaire une majorité Gouvernementale et à partir de là exiger des mesures conformes aux défis qu'impose la situation écologique. Ce qui n'implique pas une participation Gouvernementale, l'épée de "Damoclès" étant suffisante pour imposer au soir de l'élection ce que l'on souhaite voir appliquer.

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6 réactions à cet article    


  • Alexis 5 juin 10:38

    Faire une telle faute dans le titre laisse mal augurer de la suite.

    On ne dit pas « Gens qui rient », mais « Vache qui rit. »


    • gaijin gaijin 5 juin 12:32

      ça me rappelle une chanson :

      y a qu’un cheveu sur la tête a mathieu

      y a qu’une dent sur la machoire a jean

      le rapport ? :

      https://www.youtube.com/watch?v=UweNTEd9FeY

      il est direct ...( du droit )

      https://fansdeboxe.files.wordpress.com/2014/05/mike-tyson.jpg


      • Emohtaryp Emohtaryp 5 juin 13:55

        Des gens essayent d’analyser les résultats, mais avez-vous la certitude absolue que ce scrutin reflète véritablement la réalité des votes ????

        Je pense particulièrement au vote électronique et aux nombreuses possibilités de fraude.....

        https://fr.wikipedia.org/wiki/Vote_électronique


        • leypanou 5 juin 16:22

          à la menace du réchauffement climatique, au décalage entre les ressources disponibles et la croissance démographique 

           : vous devriez soutenir D Trump car il est en train d’affamer 70 millions d’Iraniens, voulant qu’aucune goutte de pétrole ne soit plus vendue par l’Iran.


          • zygzornifle zygzornifle 5 juin 18:20
            Européennes 2019 : Gens qui pleurent et gens qui rient

            et qui empochent 12000€ par mois


            • V_Parlier V_Parlier 5 juin 19:50

              Si j’ai vraiment tout compris le texte explique plus ou moins ce que je pense, mais si je voulais faire plus court et direct je résumerais ainsi :

              Les français se dégonflent pour le frexit et votent donc quasiment tous pour des européistes ou des euro-acceptants.

              Quitte à choisir des européistes néolibéraux (qui mettent du « social » du type « lettre au père Noël » dans leurs programmes sans que personne n’y croie), ils se sont tout de même dit qu’il valait mieux miser sur celui qui se présentait comme le moins racaillophile(1), le moins accroché aux marroniers sociétaux déjantés, et le moins américano-béat(2). C’était aussi celui n’avait pas encore été essayé au pouvoir. Donc RN en tête, rien de surprenant.

              Ceux pour qui tout va encore bien à l’abri de tout votent ensuite évidement pour la perpétuation de ce qu’on connait aujourd’hui : LREM.

              Les jeunes qui ont été bassinés par le greenwashing se donnent enfin bonne consience, entre deux achats de gadgets branchés et après avoir balancé la moitié de leur assiette à la poubelle, en votant pour EELV, ces trotskystes peints en vert.

              Voilà, je n’ajouterai rien de plus.

              (1) Dans le sens : Contre l’impunité judiciaire accordée depuis des décennies aux hordes malfaisantes qui font la loi dans les « quartiers ».

              (2) Du moins en paroles.

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