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Accueil du site > Tribune Libre > Européennes, vacance du pouvoir et succès de l’oppostion

Européennes, vacance du pouvoir et succès de l’oppostion

Nous n'avons plus de pouvoir en France, mais heureusement il reste une grande force d'alternance. Tel est le vrai enseignement du scrutin. Alors bien sûr, on esaye de nous faire croire qu'il y a un succès de l'abstention, du FN ou un desaveux de l'Europe...

Un PS à 5% des inscrits, 13% des votants.

87% de votes hostiles a sa politique, de gauche comme de droite.
65 a 70% de votes à droite.
Une gauche divisée sur laquelle il a perdu son hégémonie.
Le total "alter gauche" est supérieur au sien, et cela même sans compter l'aile gauche du PS.
En réalité, c'est même encore pire qu'ils ne le disent, (plus bas historique) parce que la dernière fois qu'ils ont été a ce niveau, les radicaux de gauche se présentaient séparément et avec succès.
Le PS n'est plus en état d’être un pivot à gauche ou avec le centre (à trois points devant). Il ne pèse plus assez lourd, ni pour imposer, ni pour négocier en position de force.
 
Enfin, 75% en gros de vote pour l'Europe d'une manière ou d'une autre..
 
Face à ces réalités, le succès du FN est parfaitement anecdotique et sans lendemains possibles.
Faute d’alliés. D’après les sondages, "même Hollande" aurait une chance d’être élu contre madame Le Pen....C'est dire.
 
Du reste, si l’écologiste Placé a immédiatement réagit en disant "qu'il fallait la proportionnelle pour que le Fn soit représenté", c'est bien parce qu'il sait que ce serait le seul moyen de limiter un raz de maré des autres droites a des législatives...Ce n'est pas par amour pour la démocratie et le front réunis....Cela peut fonctionner localement...
 
Mais au jour d'aujourd'hui, pour qu'un candidat de gauche soit au un second tour des presidentielles, il faudrait une union totale, complète, sans arriere pensees de toutes les gauches dès un premier tour... Et il serait battu de toute façon.
 
Le bloc UMP/UDI et consorts reste de très loin la principale force politique du pays et la seule capable de proposer une alternance avec sans doute 35% minimum. Si on ajoute les Dupont-Aignan and co. C'est-à-dire sensiblement comme le total 2009.
Il evoluera. Ce sera le triomphe de la ligne Buisson à l'UMP, dès lors que les centristes ne peuvent plus être entrainés à gauche.
Cette coalition droitisée l'emportera sans difficultés auprès d'un électorat droitisé...
A Moscou, la candidate indépendante manif pour tous, de tradition gaulliste, l'emporterait sur l'UMP aux consulaires. On ne doute pas, pour local que soit ce scrutin, que l'UMP en tiendra compte dans l'avenir.
 
Parce que ces élections, c'est aussi, quand même, un grand succès pour l'UMP.
Un parti à l'image du pays. Traversé par des hésitations entre attachement a l’Europe et à la nation et sa souveraineté. Il paye un peu le fait de ne pas avoir voulu trancher cette ambigüité. Mais son score dans ces conditions est la preuve de la solidité de son noyau dur. l’électorat saura y reconnaitre la voie moyenne qu'il désire. Oui a l'Europe, mais oui à la nation, c'est la position majoritaire qui sort des urnes.
 
Mais cela, c'est pour l'alternance a venir.
 
A très court terme, un démocrate démissionnerait.
Nos institutions permettent à Hollande de se maintenir, plus de gouverner.
 
A 5%, même à 13, tu peux faire n'importe quelle réforme, il suffit que les opposants rassemblent quelques mécontents pour la bloquer. Des bonnets rouges partout et tous les jours ?
 
Dans les ministères, les agents ne répondent plus au téléphone ou font semblant. Les "forces sociales" prennent langues avec l'opposition "pour ne pas insulter l'avenir", les élus, même de gauche, menacent aussi quand c'est possible. Plus personne ne veut s'engager sur des reformes qui seront de toute facon remises en cause a court terme. Le blocage de la loi famille apparait comme un precedent plus qu'un accident. meme une majorite parlementaire n'est plus la garantie de pouvoir gouverner.
 
A partir de ce soir, notre pays n'est plus en état d’être dirigé valablement par les forces politiques au pouvoir, quelle que soit la ligne qu'elles adoptent.
Le bon précédent, c'est Chirac. Avec son score de premier tour, et même plébiscité contre Le Pen au second, il n'a mené aucune politique faute d'un soutien social minimum.
 
Le communiqué de Hollande semble indiquer qu'il va courir a Bruxelles pour exiger la mise en œuvre de la ligne de Sarko dans son article, emballée d'un peu de keynesianisme. Mais son score fait qu'il ne pourra obtenir de Merkhel que ce que proposait Sarko. Celui-ci aura réussi un joli coup. Il pourra meme se payer le luxe d'approuver. "C'est bien francois, tu as fait ce que j'ais dit..."
 
La gauche essaye de nous faire croire que "nous avons un problème de FN", Nous n'avons pas de problème de FN. C'est un parti comme unautre. A 25%, il reste derrière le total droite et même derrière le total gauche si elle parvient a s'unir. En realite, nous ne sommes meme pas le pays le plus "populiste" d'Europe comme ils disent. Ou alors il ne fallait pas traiter Orban de populiste.
 
La gauche essaye de nous faire croire que nous avons un problème d’Europe. Mais nous n'avons pas un problème d'Europe. 75% des votant ont choisit des partis qui au pire veulent des changement en Europe, et il n'est en réalité même pas sûr que le FN soit aussi "anti européen" que le disent les médias.
 
La gauche essaye de nous faire croire que nous avons un problème d'abstention. Mais nous n'avons pas de problème d'abstention. Elle est moins forte que la dernière fois. Le sondage Valeurs actuelles montre que les abstentionnistes auraient voté pareil, mais en pire pour le PS et le FdG. Les chiffres sont en ligne avec ce que l'on peut voir en Europe.
 
Nous avons problème de PS. Un probleme politique qui est l’absence concrète d'un pouvoir ayant les moyens politiques de gouverner le pays. Sans même parler de le reformer. Pire encore, un changement de ligne radical n'est plus une option. A 13%, si tu bouges, tu es mort. Tu perds d'un cote ce que tu n'es pas sur de gagner de l'autre...
 
C'est beaucoup plus grave que le score du FN.
 
Un démocrate soucieux de l’intérêt du pays démissionnerait.....
 
Alinea parle de la possibilite que des députés socialistes sincères contribuent à faire tomber le gouvernement et donc à resoudre cette crise rapidement. On peut rêver...
 
Mais il est vrai que dans l'absolu, la sortie de cette crise insigne, par un un processus democratique, pourrait passer par une réaction de députés de gauche sincères, considérant qu'on ne peut plus continuer comme cela.
 

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22 réactions à cet article    


  • César Castique César Castique 26 mai 2014 10:27

    « Face à ces réalités, le succès du FN est parfaitement anecdotique et sans lendemains possibles.Faute d’alliés. »


    Pour le moment, mais dès que les perspectives de gamelles et de râteliers se préciseront, ça se bigornera sur le palier et ce sera à qui entrera le premier. Comme les bureaux de recrutement de la Légion, submergés de candidats, les dirigeants du FN pourront opérer une sélection impitoyable.

    • eric 26 mai 2014 11:57

      Pas suffisant. Pour gagner, il faut mordre sur le camp d’en face ou au moins convaincre une partie de ses électeurs de s’abstenir. Il ne suffit pas de transfuges. La force du Fn est d’avoir des positions tranchées, c’est aussi sa faiblesse.


    • César Castique César Castique 26 mai 2014 10:31

      « ...une réaction de députés de gauche sincères, considérant qu’on ne peut plus continuer comme cela. »


      Tout sincères qu’ils sont, ils savent très bien qu’ils iraient au casse-pipe, puisque la gauche entonnoir ne récupère pas les voix des déçus du hollandisme. Ce n’est pas la pleurnichard Mélenchon qui dira le contraire, du fond de ses 6,6 %.

      • eric 26 mai 2014 12:01

        C’est pourquoi je suis inquiet pour notre pays. Il n’y a pas vraiment d’autre moyen e faire entendre a Hollande l’esprit de notre constitution. Il s’en tiendra a la lettre. Mais on peut rêver...
        Il y a des pays plus « populistes » que nous
        Plus abstentionnistes
        Plus a droite
        Il n’y en a pas a ma connaissance ou le pouvoir en place soit a ce point rejeté de tout cote.
        C’est cela le vrai résultat.


      • BOBW BOBW 26 mai 2014 11:17

        Bof ,une graine venue de Grèce pourrait germer en France et pousser plus rapidement que prévu si les citoyens se réveillent ,pour empêcher notre vaisseau d’aller par le fond avec le « pacha » actuel !


        • eric 26 mai 2014 12:06

          Elle a germée. Aujourd’hui, le programme affiche du Fn est plus crediblement a gauche que celui du FdG, plus eurosceptique que celui des extrêmes gauches qui ont appelle a l’abstention. Les NPA, PC, Verts, ont trop traine avec le PS pour lutter contre le FN.
          On ne peut pas avoir appeler a voter Hollande en 2012, et être crédible dans des prétentions « anti-systeme ».


        • eric 26 mai 2014 12:33

          Cela commence ! L’immobilisme, c’est ce matin !
          http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/05/26/97001-20140526FILWWW00149-le-foll-on-en-tirera-les-consequences-sur-la-reforme-territoriale.php

          Conclusion de la débâcle qui conduit le PS a une inexistence politique, ils vont « étudier le vote rural pour en tenir compte dans la reforme des collectivités ».
          Nous savons tus que nous avons trop de collectivités, que le monde rural est suradministre par rapport au monde urbain, que les campagnes ne tiennent pas du tout a voir s’éloigner les centres de décision proches et couteux. En zone rural, tu as toutes les chances de connaitre au moins de vue tes élus voir de pouvoir leur parler. En ville, a part la télé et encore...

          La première réaction du pouvoir est de renoncer a une reforme difficile mais souhaitable.


          • Diogène diogène 26 mai 2014 13:36

            Parler de droite et de gauche devient aussi anachronique que traiter de « jacobin » le le pouvoir central, comme le font les indépendantistes bretons..


            Chaque période de l’histoire a ses forces, ses rapports de forces, ses réalités et son vocabulaire :
            - Jacobins (centralisateurs), Girondins (régionalistes) et Montagnards (égalitaristes) pour l’assemblée constituante de 1789
            - Droite (conservateurs) et gauche (progressistes) pour l’assemblée constituante de 1871.

            Les deux paysages politiques concernés ont disparu et les notions de droite et gauche sont de moins en moins pertinentes.

            En tous cas ce n’était pas l’enjeu des dernières élections européennes.

            L’enjeu, c’était la politique de destruction massive d’emplois que mène l’union européenne, l’utilisation d’une monnaie privée génératrice d’endettement des états envers les financiers, et l’arasement des services publics et sociaux.

            L’alternative n’est plus la droite ou la gauche, l’ouest ou l’est, mais la collaboration ou la résistance à cette dictature.

            • eric 26 mai 2014 14:10

              C’est très approximatif comme approche, justement dans le cas de la France.
              Dans tous les pays, on trouve des gens qui sont d’accord ou pas avec votre analyse très typée. A gauche, a droite, extrême ou pas, au pouvoir ou non, favorable a l’Europe ou hostile. La France est le seul pays ou d’accord ou pas tant de gens ont tant vote contre le gouvernement en place, que ce soit au nom de ce genre d’idées ou de leur contraire.
              Du reste, regardez le Monde, le NO, les autres, les français ont d’abord vote contre le pouvoir socialiste.


            • Diogène diogène 26 mai 2014 14:48

              Vous pourriez recommencer ? J’ai rien compris !


            • eric 26 mai 2014 14:19

              « L’immobilisme c’est maintenant » : saison 1 episode 2 :
              l’accélération !
              Après vals, Hollande, au sortir d’une réunion « de crise », affirme crânement qu’il « enregistre » et entre en réflexion pour savoir si il parlera aujourd’hui ou demain.


              • Pere Plexe Pere Plexe 26 mai 2014 15:40

                A lire l’auteur il y aurait donc des élus légitimés par les urnes, les députés européens, et des élus eux aussi issus du choix des français qui ne le serait pas : les députés de l’assemblée nationale et le Président Hollande...


                • eric 26 mai 2014 17:27

                  Aga ! Alors je vous explique. Le suffrage universel, cela ressemble a la Sainte ampoule, mais il y a des différences.
                  On en met aussi une couche mais cela ne dure qu’un moment, celui des echeances constitutionnelles. Cela reste « sacre » quand même. C’est pourquoi quand un élu ayant beneficie de l’onction est très gravement remis en cause, même par un autre scrutin, cela a toujours des conséquences.
                  Exemple : municipales : Hollande reste président, l’assemblée reste socialiste, mais même lui comprend qu’avec un total gauche parlementaire autour de 40% mais avec un PS dominant, alors qu’il est passe avec 52%, il faut faire quelque chose et il change de premier ministre et plus ou moins de ligne, de programme
                  La on est a trente a gauche et lui a 14....
                  Vous comprenez pourquoi sa légitimité institutionnelle ne lui permet plus d’agir ?

                  Les députés européens, ils viennent d’être élus par le peuple sur un programme.


                • mortelune mortelune 26 mai 2014 16:10

                  Ces élections ne sont que le vent qui permet à l’UE de se propager.


                  • Diogène diogène 26 mai 2014 16:16

                    En tous cas elles ont été faites pour ça !

                    Se propager, je sais pas, je vois pas où, mais pour s’ancrer, oui, sûrement.
                    Çà marchera longtemps, à votre avis ?

                  • mortelune mortelune 27 mai 2014 02:14

                    ça marchera longtemps oui, puisque ceux qui tiennent le pouvoir détiennent deux armes de destruction massive : les médias et l’argent. L’empire n’en est qu’à ces débuts et plusieurs siècles sont devant lui.


                  • Olivier Perriet Olivier Perriet 26 mai 2014 21:24

                    Eric, vous finassez, vous nous parlez petite combines politiciennes :
                    si j’ajoute 1 bénêt rouge et 1 bénêt bleu, j’ai 2 bénêts turquoise.

                    Très bien, mais vous oubliez l’essentiel : pour faire quoi ?
                    Quel est le programme de l’alliance que vous appelez de vos voeux ?

                    Vous avez involontairement donné une partie de la réponse :
                    "l’UMP, un parti à l’image du pays. Traversé par des hésitations entre attachement a l’Europe et à la nation et sa souveraineté. Il paye un peu le fait de ne pas avoir voulu trancher cette ambigüité« . Quel aveu.

                    Vous faites comme Hollande, »le seul capable de battre Sarkozy" (mais pour faire quoi ?) Vous spéculez sur le rejet des sortants, c’est l’essuie-glace droite-gauche qui continue inlassablement.


                    • eric 27 mai 2014 00:23

                      Les droites, ce n’est pas de l’idéologie. C’est pour cela que dans une réunion électorale de base a droite, en gros, les gens sont d’accord et en détail, il y a autant d’opinions que de participants. Un puis un consensus se dégage et on va de l’avant. C’est difficile a faire comprendre a des electeurs de gauche. Une forme de pragmatisme, de sens du compromis. Un gouvernement de droite peut privatiser si cela parait utile, nationaliser si cela parait indispensable. Le consensus a droite va très loin et le désir de convergence encore plus. Le sens du programme est clair, il est celui de la liberte. Liberte d’un etat délivre de ses pensanteurs, d’une economie ou on fout la paix aux gens, de processus plus démocratiques ou a tous les niveaux et dans tous les domaine, ce sont les citoyens qui orientent. Une ecole pour les parents et les enfants, une culture qui fonctionne dans les deux sens et non d’un haut ma défini et ferme vers le « bas », etc...
                      Je pense qu’il n’ya aura aucune difficultés le moment venu a faire coaguler tout ou partie des 65 a 70% de citoyens qui se retrouvent la dessus. ce n’est pas un hasard si les gauches les nomment droite et ont même souvent du mal a distinguer un Sarkozy d’une Le Pen par exemple.
                      Parce qu’il y a matière a additionner.
                      En revanche, reconnaissez qu’on peut additionner tous ce que l’on veut a gauche, aujourd’hui, nous avons un pouvoir dépourvu de base et extrêmement fragilise.


                    • tf1Groupie 26 mai 2014 21:55

                      Euh ... l’auteur est au courant du seisme qui est en train de secouer l’UMP avec les magouilles du financement de la campagne de Sarkosy ?

                      A cela s’ajoute la guerre de tranchées entre Coppé et ses acolytes.

                      Une belle droite que voilà !


                      • eric 27 mai 2014 00:27

                        Même réponse. a 60-70% ont peut se permettre des rates. des divisions, des dissidences. Le vide et la catastrophe sont tels en face...


                      • Spartacus Spartacus 26 mai 2014 23:44

                        Le plus inquiétant pour l’avenir est le monopole de la pensée économique.

                        Le Keysiannisme qui se retrouve majoritaire dans l’ensemble des partis.

                        • eric 27 mai 2014 00:35

                          Si seulement ! On sait que n’importe quelle politique économique en gros peut fonctionner si les agents y croient. Reagan a réussi une une relance keynésienne en affirmant faire une politique monétariste. Il faut qu’il y ait cohérence et confiance. Les deux ingrédients ne sont pas réunis. Le pouvoir socialiste va exonérer d’impôts des riches, qui épargnent une partie de leurs revenus, au lieu de redistribuer l’argent a des pauvres qui eux consomment...tout en se prétendant keynésien et social...personne ne peut y croire.

                          Ce serait peut être un progrès si il y avait une pensée économique, même keynesienne. 

                          Ce n’est même pas sur. au fond, est il bon qu’un état ait des idées très arrêté. Son rôle n’est il pas plutôt de réguler a la marge ?

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