• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > Faire de la politique autrement ...

Faire de la politique autrement ...

Pouvons-nous envisager la politique autrement ? Autrement que comme un champ de bataille et de protestation ? Que comme l’exercice d’une autorité sur le plus grand nombre ? Que comme une querelle de personnages ? Que comme le renoncement à des idées ou l’acoquinement avec des groupes de pression ?

Ne pouvons-nous pas espérer redonner au peuple la voix qu’il mérite dans la gestion de la cité afin d’en finir avec les décisions prises à l’encontre d’un vote, à l’encontre d’un parlement et à l’encontre de la rue ?

Voici quelques idées simples qui s’appliquent à toutes tendances confondues et qui sont donc susceptibles de servir la majorité d’entre nous, sinon la totalité :

L’action politique ne devrait pas commencer à l’aube d’une élection et se terminer juste après le scrutin.

Un parti ou un homme ne devrait pas pouvoir se présenter sans offrir à son pays une visibilité complète sur ses intentions et les moyens de les réaliser.

Un homme politique, ou un homme, devrait proposer un projet, une vision de l’avenir permettant au Peuple de s’y projeter.

Comme un seul homme ne peut pas avoir des solutions à tous les maux, de l’Economie jusqu’à la Santé, en passant par l’Education ou l’Aménagement du territoire, il lui faut présenter les personnes qui incarneront, chacune dans une spécialité, la traduction sur le terrain de cette vision.

Ainsi, un présidentiable ne devrait-il pas seulement proposer un projet, mais également les principaux ministres, avec obligation pour chacun d’évoquer l’action qu’il envisage.

N’est-ce pas ce qui est fait dans une municipale ? Le maire présente toute une liste et on sait peu ou prou qui s’occupera de quoi. Comme nous sommes bien sûr moins proches d’un présidentiable et de ministrables que nous ne pouvons l’être de notre maire et de son équipe, il est naturel de faire preuve de davantage de pédagogie.

C’est ainsi en toute connaissance de cause que nous élirons les gens qui nous gouverneront.

Inévitablement, cela aura comme vertu de diminuer la contestation populaire et la contestation corporatiste, puisque le président tirera sa légitimité non seulement de son élection, mais aussi de la validation de son programme (et de ses représentants) par une majorité du peuple.

Je pense que le Peuple, même s’il n’a plus confiance dans ses gouvernants, et même s’il a perdu la culture du dialogue, demeure ouvert aux idées neuves et reconnaît les hommes qui ont du mérite ou du courage.

Ainsi, nous avons eu trop d’hommes politiques nous promettant monts et merveilles, et trop peu ayant le courage politique d’annoncer un programme ou des actions impopulaires lorsqu’ils sont convaincus de leur nécessité.

Ces derniers gardent donc toutes leurs chances en annonçant un programme par avance, car ils vont déclencher une réflexion à l’échelle nationale.

Ils redonneront leurs lettres de noblesse à l’action politique car ils devront se battre, argumenter, expliquer et convaincre pour faire accepter leurs idées et disposer de la chance de pouvoir les mettre en pratique.

J’imagine même qu’il pourrait exister en France un gouvernement d’opposition, comme en Angleterre, qui aurait légitimité à rencontrer les syndicats et les différentes représentations concernées par un projet. C’est ce qu’on appellerait la pédagogie (par trop absente des habitudes de nos gouvernants) et la confrontation des idées sur le terrain afin que, le jour venu de les mettre à exécution, cela puisse se faire sereinement et rapidement.

Avantage : rendre différentes personnalités solidaires à long terme les unes des autres. Non seulement cela nous éviterait le cirque pitoyable des alliances et défections au sein du camp socialiste, mais encore, nous pourrions éprouver réellement l’engagement de chacun à faire aboutir son programme.

Autre avantage : n’est-ce pas la meilleure façon de renouveler le paysage politique et l’origine de nos gouvernants, puisque nous pourrions découvrir et juger nos politiques en dehors des contraintes réelles d’un gouvernement élu ?

Enfin, ce gouvernement d’opposition agirait comme un laboratoire d’idées. Il serait alors légitime et utile que les meilleures idées soient reprises et mises en oeuvre par le gouvernement en place. Légitime pourquoi ? Parce que l’opposition ne pourrait pas se plaindre de voir ses projets diffusés et mis en oeuvre par d’autres, puisqu’elle souhaite justement les voir appliquer ! Le peuple non plus, qui devrait sinon attendre des mois ou des années.

Pouvons-nous imaginer un tel fonctionnement de notre « machinerie politique » ?

Ne serait-ce pas mieux que de s’abstenir de voter pour un bonnet blanc ou un blanc bonnet ?

Que de se jeter constamment dans les rues pour crier notre opposition à une décision prise sans concertation ?

Que d’assister à des querelles de personnes chez nos hommes politiques ?

Que de prendre le risque de voter pour un individu semblant avoir de la poigne, des idées, mais qui se révèlera peut-être encore plus démagogue, autoritaire et inefficace que ne le sont nos actuels gouvernants ?

Que de prendre le risque de voter pour un parti dont le seul projet est de s’opposer à tel homme et non d’offrir une vision de notre avenir  ?

En somme, cette manière de pratiquer la politique permettrait, selon moi, de redonner corps à quelques valeurs que tous, nous avons oubliées aujourd’hui :

Le dialogue, la confiance, la pédagogie, le sens des responsabilités et le courage.

En ce qui me concerne, j’aimerais pouvoir me rendre utile, politiquement, mais qui aujourd’hui incarne suffisamment de mes idées pour que je me présente à sa porte ?

Je reste volontairement vague sur celles-ci pour illustrer que je suis un « lieu commun » ! En effet, sinon, comment expliquer un taux d’indécis aussi élevé à chaque élection ? Comment expliquer aussi toutes nos cohabitations (nous en avons vécu trois, à gauche comme à droite) ? Comment expliquer qu’un parti d’extrême droite, très minoritaire dans notre paysage politique, ait pu détrôner un grand parti dans une élection présidentielle ?

Ami lecteur, si tu te poses, toi aussi, des questions, si tu penses que ton engagement peut être utile et que tu as plus avancé que moi sur la manière de t’y prendre, alors éclaire-moi ...


Moyenne des avis sur cet article :  5/5   (13 votes)




Réagissez à l'article

6 réactions à cet article    


  • Stef (---.---.51.111) 16 mars 2006 10:20

    Bonjour,

    Peut-être n’avons nous pas oublié les valeurs dont vous parlez, mais nous avons malheureusement affaire à des personnes qui n’écoutent que leur égo démesuré ; nous ne pouvons nous faire entendre qu’en sanctionnant, ce qui ne laisse pas beaucoup de place à la politique dont tout le monde rêve. J’adhère à votre vision, mais cela reste utopique.


    • c florian (---.---.162.39) 16 mars 2006 10:48

      pour moi une des principales causes de la cassure entre les politiques et la population est la non representativité des représentants du peuple au niveau national. le parlement est élu à la majorité absolue par 60 à 70% des électeurs. autrement dit, une grande majorité des français n’a pas son avis pris en compte. la république française posséde une seconde chambre, le sénat. pourquoi ne pas transformer cette maison de retraite de la politique en une assemblée élue à la proportionnelle ? ainsi on aurait une véritable représentativité à l’assemblée nationale. beaucoup de monde aurait un accés plus facile à la politique avec une multitude d’idées nouvelles et beaucoup moins de clivages. la politique doit être une bataille d’idées et pas de partis. pas besoin de savoir si un projet de loi vient de l’ump ou du ps pour l’approuver ou non, il suffit de voter avec sa conviction d’homme et d’élu.


      • jcm (---.---.128.202) 16 mars 2006 11:52

        En effet, de la politique autrement, et d’autres politiques, qui prendraient en compte un certain nombre d’enjeux très actuels pour un plus grand bien commun...

        Mais c’est exactement ce que nous envisageons sur Imagine2012, un site des Freemen qui étudie des hypothèses pour les présidentielles de 2012.

        Plus on se penche sur des hypothèses à moyen terme plus on s’aperçoit que les politiques aujourd’hui dans l’arène semblent incapables de s’attaquer à des questions pourtant cruciales.

        Si l’on constate des décalages entre les politiques et ce que nous disent certains sondages des « volontés populaires » (sur le nucléaire, les OGM...) on peut aussi constater qu’un certain nombre de ces questions cruciales ne sont pas non plus au premier rang des préoccupations de nos contemporains.

        Face, par exemple, à l’hypothèse d’une pénurie relative de pétrole (coût devenant très élevé) comment nos concitoyens , comment nos politiques souhaiteraient-ils que notre société réagisse alors que les perturbations seraient très fortes ?

        Comment nous préparer à supporter certains phénomènes qui seraient l’origine d’une forte désorganisation de nos sociétés ?

        Car nous ne pouvons plus envisager la politique sans tenir compte que nous serons probablement obligés, dans les années à venir, de prendre en compte des évolutions non linéaires, des ruptures par rapport à notre histoire récente (Catastrophisme lucide).

        Et il suffira, par exemple, qu’après les pluies de ces derniers jours il cesse de pleuvoir jusqu’à la fin Octobre pour nous donner un avant goût de certaines difficultés auxquelles devront être apportées des réponses politiques (même si la politique ne fait ni la pluie ni le beau temps !).

        Car une prolongation de la sécheresse de ces dernières années pourrait avoir de très mauvais effets en 2006 et nous conduirait à devoir imaginer d’autres formes d’organisation à de nombreux points de vue, dans le doute total sur la possibilité que 2007 soit également déficitaire en précipitations.

        On peut penser (espérer ?) que des crises fortes permettraient peut-être des rapprochements entre les politiques, les acteurs de terrain et les citoyens ce qui, peut-être, conduirait certains politiques (et citoyens aussi)à réviser leur mode de pensée et d’action ?

        @Fuligule : « rendre différentes personnalités solidaires à long terme les unes des autres. »

        Oui, voilà ce qui risque de nous manquer (et nous fait déjà défaut car qui, par exemple, se montre solidaire avec la grande quantité de mal logés en France ?), mais plus de solidarité pourra naître de plus d’adversité venue « de l’extérieur », comme celle que nous opposerait une agression (catastrophe naturelle, conflit...).

        Il faut des contraintes fortes pour que notre raison devienne raisonnable : sans elles il n’y aura pas de politique « autrement »...


        • Christophe (---.---.252.125) 16 mars 2006 12:42

          Vous touchez, à mon sens, des points essentiels liés à nos disfonctionnement :
          - la professionnalisation du politique
          - le temps électoral en comparaison du temps sociétal
          - la bipolarité limitant le pluralisme dans certaines instances représentatives
          - la carence de perspective

          Il est somme toute regrettable de voir que nous passons d’une démocratie représentative à une démocratie du défaut (des citoyens votent plus contre un parti, particulièrement au pouvoir, que pour un programme) par carence de réelle perspective.


          • sixiemeRepublique2007 17 mars 2006 17:30

            moi je voie ma sixieme République en 2007.

            c’est ;proposez et votez électroniquement vos lois avec des Référendums,à la majorité simple du scrutin.

            supprimer le poste de président le parlement et séna. les ministres gérent les lois des référendums.


            • www.jean-brice.fr (---.---.14.4) 17 mars 2006 17:48

              CE N’EST PAS FAIRE LA POLITIQUE AUTREMENT, MAIS FAIRE UNE AUTRE POLITIQUE QUI,ELLE, EXISTE ET QUE NOTRE CLASSE DIRIGEANTE REFUSE DE FAIRE PAR MANQUE DE COURAGE ...

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès