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Faire face aux conflits par Anselm Grün

Franck ABED moine

Anselm Grün, moine bénédictin de l’abbaye de Münsterschwarzach, anime de nombreuses retraites spirituelles. Tout à la fois nourris de psychologie et de spiritualité, ses livres rencontrent un réel succès et sont traduits dans le monde entier.

Nous vivons, sans forcément nous en rendre en compte, avec le conflit. L’auteur écrit dès les premières lignes : «  Il n’est pas de vie sans conflits. Nous connaissons tous des crises, des situations compliquées ou tendues qu’il nous faut surmonter pour nous-mêmes ou résoudre avec d’autres  ». Il ajoute également : « Vivre ensemble est source de conflits ». Il précise d’emblée ce qui suit : « Certains idéalistes croient que les conflits ne peuvent exister dès lors que les gens partagent les mêmes valeurs, s’ils ont des orientations politiques ou religieuses fondamentalement similaires. Mais ils se font des illusions. Les conflits existent bel et bien, même et précisément au sein d’une communauté vivante  ».

Au sujet des entretiens individuels qu’il accorde, Grün déclare : « J’entends souvent des gens me dire qu’ils ont du mal avec les conflits et, que, selon eux, le mot lui-même est anxiogène. Untel a peur parce qu’une dispute, par exemple, peut lui rappeler celles qui éclataient fréquemment autrefois dans sa famille, ou parce que justement on ne se querellait jamais ouvertement à la maison et qu’on harmonisait tout ». Grün estime que « quelle que soit la raison, les conflits leur font perdre toute énergie ». Beaucoup aimeraient agir comme s’ils n’existaient pas. Cela reviendrait véritablement à se leurrer avec le risque que tôt ou tard ces conflits finissent par ressurgir et provoquer plus de dégâts que s’ils avaient été affrontés en temps et en heure. 

Il convient de rappeler que « le mot conflit dérive du latin conflictus (choc, heurt). Lorsque les gens se heurtent, s’opposent, cela génère de l’énergie. Mais si un conflit est le toujours le signe qu’il y a de la force en jeu, il ne veut pas pour autant nous amener à la paralysie ; il nous incite au contraire à en tirer profit. En effet, du heurt pourrait naître une énergie nouvelle ». Grün pense « qu’il est donc important de ne pas chercher d’emblée des responsables et de plutôt considérer concrètement le conflit pour essayer de déceler le potentiel d’énergie qui pourrait s’en dégager et quel aspect positif il renferme. Il indique manifestement que les solutions apportées jusqu’alors ne satisfaisaient pas toutes les parties prenantes  ».

De fait, sa méthode est présentée de la sorte : « J’aimerais quant à moi, tout en m’appuyant sur les travaux des psychologues et des chercheurs spécialistes, m’inspirer des textes bibliques pour réfléchir à des stratégies, afin d’y déceler des voies concrètes à emprunter pour gérer les conflits que nous devons affronter aujourd’hui ». Il confesse sans détour que « dans la Bible, on trouve toutes sortes d’exemples, ceux montrant un résultat positif mais aussi ceux débouchant sur un échec ». Ainsi, nous en revenons toujours à l’essentiel, c’est-à-dire l’Ecriture Sainte ! 

Nous lisons avec intérêt que « les récits bibliques sont archétypiques. Ils parlent certes du passé, mais sont aussi devenus des images qui valent tout autant aujourd’hui qu’autrefois. Les images bibliques proposent des structures archétypiques de mésententes toujours actuelles. Les modèles de conflits que nous rencontrons de nos jours sont déjà présents dans les textes anciens. Il nous faut simplement les adapter à notre réalité d’aujourd’hui  ». L’auteur s’intéresse plus particulièrement « aux conflits au sein de la famille et du couple, dans le monde du travail, dans les paroisses et les communautés chrétiennes  ».

Pour étayer ses analyses, le moine bénédictin prend par exemple les histoires d’Abel et de Caïn, Joseph et ses frères, pour expliquer l’origine des discordes et surtout les procédés permettant de les désamorcer. En outre, il écrit que dans les monastères bénédictins qui ont essaimé dans toute l’Europe, les conflits peuvent être également présents car les religieux sont d’âge, de caractère et de milieux sociaux forts différents. Par conséquent, l’auteur insiste sur une notion fondamentale du christianisme : le pardon. Il est important de pratiquer le pardon des offenses pour sortir des conflits par le haut. Grün propose sept règles à suivre - pour déminer les conflits et parvenir à l’étape nécessaire de la réconciliation - qui reposent en autres sur l’honnêteté, l’écoute, la prise de parole, le non-jugement du conciliateur et la volonté de trouver une solution. 

En définitive, ce livre peut aider pour affronter plus sereinement les conflits qui détermine notre condition d’être humain. Les thèmes bibliques évoqués enrichiront notre regard sur le conflit, car Moïse, Abraham, Lot, David, Saül, Pierre, Paul et surtout Jésus durent subir de véritables conflits. Les résoudre nous aide à mûrir et surtout à grandir en sagesse…

 

Franck ABED


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