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Accueil du site > Tribune Libre > Faisons pièce à l’identité numérique

Faisons pièce à l’identité numérique

 En 2004, je travaillais dans un grand ministère régalien sur un système d'information où j'étais affecté à des questions de signature et d’archivage électroniques. A cette époque, un autre grand ministère, tout autant régalien, avait en projet la mise en place d’une carte d’identité numérique et biométrique (qui s’appelait « Inès » me semble-t-il). Le projet était très avancé, et sans grande difficulté technique. Mais il achoppait sur un écueil : son acceptation par les citoyens qui y voyait un dangereux recul de leurs libertés et un pouvoir démesuré donné à l’Etat. Pourtant, la parade avait été trouvé : afin de forcer les français à utiliser un aussi dangereux instrument de flicage, digne d’un régime totalitaire, ledit ministère avait imaginé que seuls les détenteurs de ce bracelet électronique pourraient faire les démarches administratives « en ligne » via l’une des puces présentes dans la carte. Pour les autres : rendez-vous dans les préfectures et autres services de l’Etat (qui ferment les uns après les autres) et qui vous accueillent seulement les matins (hors week-end et mercredi) entre 9h30 et 11h. Autre proposition avancée pour forcer « l’acceptabilité » : mettre deux puces. L’une contenant des données « anodines » (telles que celles que l’on rencontre sur nos actuelles cartes d’identité et dont plus personne ne se demande de quel droit l’Etat les possède et en fait usage) et une autre, accessible uniquement aux forces de l'ordre et à la justice, contenant toutes les données considérées comme « sensibles » (biométriques essentiellement). Bref tout ce qui est nécessaire pour avoir une emprise absolue sur chacun, mais avec le degré de retenue dans la mise en place de mesures liberticides, qu’affectionnent la CNIL et les autres « régulateurs » en tout genre, dont le but est qu’on étale à l’infini le supplice ; ce qui donne à la fois bonne conscience et permet de se dire qui si toutes blessent, seule la dernière tue, et que ce n’est pas celle-là qui aura tué.

 Le projet fut finalement abandonné avant de trop attirer l’attention sur les desseins totalitaires de l’Etat et de la gestion des populations derrière cet anodin bout de plastique (déjà au format « carte de crédit »). Nous étions en 2004-2005, et les smartphones et autres réseaux sociaux, n’avaient pas encore produit les ravages que l’on connait sur l’intelligence de ceux, que l’on pouvait encore, appeler des citoyens. Beaucoup de monde s’émouvait alors à l’énoncé des mots « libertés publiques » et ce en dépit de l’instrumentalisation (déjà) des attentats de 1995 et de la maternelle de Neuilly.

 Nous sommes en 2021. Le terrorisme et le COVID ont coulé sous le pont des principes républicains. Les habitants de la « Start-up Nation France », gavés de séries débiles et d’inepties « en 140 caractères » ont oublié jusqu’au principe même de ce qui fut leur Nation. Ils ne savent plus ce que signifie un frontispice et ont du mal à décoder les mots qui y sont écrits. N’allez surtout pas parler avec un « covidiot » de liberté. Il vous répondra : égalité de tous devant le vaccin et fraternité des piqués… Bref la population française est mûre. Mûre pour le meurtre rituel de ses libertés.

 Après un an de confinement aussi absurde qu’inefficace, nous y voilà. Et c’est au plus sot des ministres qu’échoit le bonheur de nous enfermer dans la dictature numérique. La fourbe Schiappa a donc présenté – en catimini – l’expérimentation du bracelet électronique généralisé dans le département de l’Oise, avant sa diffusion nationale. Ce que j’adore, dans notre époque, c’est cette capacité à se moquer de nous en permanence, à manipuler le doigt d’honneur avec une finesse macronienne sans que personne trouve à y redire. A chaque nouvelle avancée du totalitarisme numérique, on nous refait le coup de « l’expérimentation » qui, si elle déroule bien, sera « généralisée ». Depuis le temps qu’on « expérimente », en avez-vous vu souvent des « généralisations » qui n’ont pas eu lieu ? Les seules qui n’ont pas été généralisées, l’ont été pour de pur motifs techniques, jamais au motif de l’opposition des citoyens. Vous pouvez manifester tant que vous voulez contre le mouchard électronique Linky, faire des collectifs de citoyens, vous ne risquez pas d’être entendu. Tout au plus c’est l’amende qui vous guette.

 Nous aurons donc la carte d’identité électronique expliquée par les informaticiens-journalistes (ou l’inverse) qui se gobergent, pour en parler, de termes qui ne veulent rien dire et qui jargonnent à qui mieux-mieux. Soyez heureux : la carte d’identité « embarque des données numériques et doit servir de socle à la future identité numérique sécurisée de l'État ». Pour arriver à quel port, mystère ? Mais nous avons le bonheur de savoir que ces données seront « sécurisées », et vont sûrement terminer, via un port informatique, dans les bases de données de la Police, qui sera bien vous tracer et faire de vous un prisonnier numérique, pardon : un individu dont le crédit social dépend de ses actions et de son intégration dans la société numérique qui est la notre, comme on dit dans le patois moderne (et faute comprise, mais qui se soucie encore des accents circonflexes ?) Oui mais un prisonnier libre de préférer « insta » à « tiktok » lors de son prochain confinement. On voit, à ce genre de détail, que la civilisation progresse.

 La conception de la démocratie actuelle, vue par nos maîtres auto-élus, est que nous n’avons pas notre mot à dire sur ce qui nous concerne. Il vous est demandé, veules citoyens, de mettre un bout de papier périodiquement dans une urne afin de choisir celui de vos candidats-maîtres que vous préférez entre celui qui veut vous bouillir ou peut-être celui qui préfère vous rôtir ; et, bien sûr, vous devez « faire barrage » lorsque cela est nécessaire. Rousseau avait vu juste. Mais qui lit encore Rousseau ?

 Singulière vision de la maturité démocratique et de l’esprit politique que l’on prête aux citoyens. Posez-vous une simple question : quand vous a-t-on demandé votre accord sur la numérisation de nos vies ? Quand vous a-t-on demandé votre avis sur l’utilisation des réseaux sociaux ? Quand vous a-t-on demandé votre avis sur la nécessité d’avoir une adresse mél ou un numéro de téléphone portable pour immatriculer un véhicule ou aller chez le médecin ? Quand vous a-t-on demandé votre avis sur la nécessité que l’Etat fournisse vos données de santé à une multinationale américaine, laquelle a pour fondateur un homme qui promeut la vaccination, surtout là où et quand elle n’est pas nécessaire ? On pourrait continuer à l’infini. Mais la réponse est toujours la même : jamais. Jamais, on ne nous a rien demandé. Toujours, on nous a imposé, via des « comités consultatifs », dont l’inénarrable « comité consultatif national d’éthique ». Participer c’est accepter vous dirons les sociologues. Donc la question n’est jamais : « êtes-vous pour ou contre ? » , mais : « à quelles conditions êtes-vous prêts à accepter ? »

Voici donc, qu’en l’an de Grâce 2021, on va nous imposer un bracelet électronique. Que l’on va, encore un peu plus, faire de nous des prisonniers numériques. Un affreux bout de plastique qui contiendra des données « infalsifiables et sécurisées » (puisque biométrique), contenant donc tout ce qui est nécessaire à savoir ce que nous sommes et auxquelles, naturellement, la police aura accès quand bon lui chante. Le piège électronique se referme de plus en plus sur nous. L’infâme dictature des « bons sentiments », celle des tribuns manichéens, l’emporte lentement mais sûrement. Nous ne sommes plus qu’un troupeau qu’il faut discipliner toujours plus pour son « bien », sous des prétextes tous plus fallacieux les uns que les autres, des petits moutons qui bêlent « il faut bien » et qui le veut bien. Dans la France contre les robots (bréviaire que tout homme épris de liberté devrait lire et méditer), Bernanos rappelle qu’au début du XIXème siècle, on pouvait faire un trajet entre la France et l’Amérique en ayant sur soi, comme seul viatique, de quoi payer le billet de transport à la compagnie Transatlantique. Il était, à cette époque-là, inconcevable qu’un agent de police vienne demander à un homme un bout de papier pour prouver son identité. Il aurait risqué au mieux de se faire rosser, au pire de le payer de sa vie.

 A l’orée de la célébration des 150 ans de la Commune, il serait bon que nous nous rappelions que nous sommes des Français, et pas seulement une masse informe, tout juste bonne pour le charnier numérique. « Ma traçabilité, c’est ma gueule » disait un éleveur de mouton qui s’opposait au puçage de son cheptel. Il faut refuser le monde numérique, et cette carte d’identité numérique, qui n’est qu’une ruse des dominants pour accroitre encore leur pouvoir, instaure ce qui ressemble, de plus en plus, à une dictaure et resserrer, toujours davantage, le filet numérique qui étrangle nos vies.


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18 réactions à cet article    


  • amiaplacidus amiaplacidus 17 mars 16:04

    Il y a deux ou trois semaines, nos voisins suisses ont refusé, par référendum, à une très large majorité (plus de 65 % de refus) un projet d’identité électronique. Et le gouvernement a remballé son projet.

    C’est quand même bien la démocratie directe.


    • kirios 18 mars 11:56

      @amiaplacidus
      « C’est quand même bien la démocratie directe. »NON ! la Démocratie .
      le reste c’est du canada dry


    • Clocel Clocel 17 mars 16:16

      Ça avec la 5G, donc, tôt ou tard...

      Super Dupont ne va pas reconnaître son monde lorsqu’il va retirer son masque...

      Terminé la stabulation « libre » !


      • Clocel Clocel 17 mars 16:18

        @Clocel

        Ça va avec la 5G.




          • sirocco sirocco 18 mars 14:02

            @troletbuse
            Les vaccins Pfizer-BioNTech contiennent effectivement des nanoparticules, ce n’est pas un secret (JT 20 H de Fr 2 du 31/01/2021).

            Elles sont fabriquées par le laboratoire Polymun en Autriche.


          • Ben Schott 17 mars 23:34

             

            Un petit commentaire de notre anti-conspi citoyen préféré ?

             

            Il commente souvent ici les « délires des complotistes ». Tenez, par exemple, en septembre 2020 : « d’ici la fin de l’année il est également fort probable que nous finirons tous, les uns et les autres, par rencontrer ce virus de très près, voire par le chopper. »

            Il a ce qu’on appelle le nez creux, le bougre ! Et il ajoutait même : « Ce sera là aussi pour une part grâce à l’activité des barjots du genre de ceux que nous côtoyons ici, et des idées qu’ils véhiculent... dont AVX se fait le plaisir d’être une caisse de résonance quotidienne. »

            Bon, les barjots n’ont pas dû être assez actifs...  smiley

             

            Concernant la puce électronique, il écrivait en août 2020 : « La puce du complot que vous vous refilez les uns les autres sans même prendre conscience que votre vision obsessionnelle du complot vous enferme dans un monde parallèle, entre vous, et vous pousse toujours un peu plus loin la parano. »

            Merde, le monde parallèle se rapproche, d’un seul coup !

            Bon deux jours plus tard, plus prudent (il a dû se rencarder et comprendre que c’était déjà dans les tuyaux) : « Je ne sais pas si la techno est déjà au point pour implanter des puces avec un vaccin.
            Supposons que ce soit le cas.
            Supposons aussi que dans 10 ans — 100 ans on se trouve confrontés au vrai virus de la mort qui tue et qui est super contagieux. Genre « pas de quartier ».

            Faudrait-il se passer de cette technologie ?
            Ou ne serait-on pas au contraire pas preneurs d’une solution pour arrêter le massacre ?

            C’est tout de même une question que l’on peut se poser.
            Et je précise pour que ce soit bien clair que je suis fondamentalement contre tout puçage pour des raisons éthiques et pour le respect de nos libertés individuelles. »

             

            Oh ben oui, le respect des libertés individuelles, c’est bien ça, hein, Clouzeaux ?  smiley

             

             

             

             


            • placide21 18 mars 08:10

              Tout se passe comme si on nous considérait comme du bétail , lequel peut être parqué, canalisé par la police/milice , piqué , pucé , géré, dans l’intérêt d’une minorité . Aux grands moments de l’humanité ses combattants scandaient : La liberté ou la mort !


              • Octave Lebel Octave Lebel 18 mars 12:10

                Nous allons vers la paix de la fourmilière.

                Merci pour ce beau texte qui ne fait que narrer ce que nous avons vécu et qui nous pénètre d’inquiétude à l’idée qu’effectivement nous avons perdu l’habitude de nous poser des questions sur ce qui organise nos vies sans vraiment savoir vers où nous allons et qui sont les responsables qui pourraient nous expliquer et nous rendent des comptes. Car ce sont bien des êtres humains comme vous et moi qui décident de cela pour nous et au fond à notre place comme si c’était un nouvel ordre naturel inéluctable. Avec beaucoup de discrétion. Comme un nouvel ordre anonyme même si nous connaissons des noms. Ce texte nous rappelle à quel point cela a été facile de nous faire accepter le renoncement à la sacralité de notre vie privée en dehors de la transgression majeure du droit ou de nécessités exceptionnelles dans un jeu de chantage qui exclut de la vie ordinaire, de la vie sociale progressivement ceux qui voudraient pouvoir choisir, discuter et ceux qui n’arrivent pas à s’adapter ou se trouvent déjà bien adaptés. Il est facile de voir à l’œuvre toujours le même procédé issu du marketing. Je propose de nouveaux services attrayants sans jamais dire quels sont ou seront le véritable prix à payer ni les conditions en suscitant un effet de foule qui isole ceux qui n’adhèrent pas ou voudraient discuter ou en savoir plus.

                Texte qui met des mots sur le malaise que nous ressentons en nous rendons compte avec quelle habileté nous nous sommes laissés posés des fils, des balises contre des facilités comme si chacune de nos inventions immanquablement devait dorénavant s’accompagner d’un renoncement à la discrétion de la part du plus grand nombre. Comme si plus notre intelligence collective nous procure de moyens de maîtriser notre environnement et d’augmenter nos capacités d’agir et de connaître, plus le contrôle, la surveillance, la définition des objectifs, les décisions devaient se concentrer dans les mains de quelques décideurs à l’abri de la foule que l’on protège d’elle-même en contrôlant les individus qui la composent à la hauteur de cette puissance au nom du bien et de la sécurité. Nous allons vers la paix de la fourmilière ou de la ruche. Beau parcours de l’évolution. Il n’est jamais trop tard pour sans renoncer à notre créativité scientifique et technologique garder le contrôle des usages et de leurs effets.

                Quelques liens pour explorer les idées et réflexions de ceux qui pensent autrement et ont des propositions. Comme quoi, nous ne sommes jamais seuls.

                 https://framasoft.org/fr/

                https://www.laquadrature.net

                 



                • Sébastien A. 18 mars 14:18

                  @Octave Lebel
                  Merci


                • slave1802 slave1802 18 mars 12:23

                  Beaucoup de cris pour pas grand chose...

                  Toutes les données qui vont être stockées sur cette carte sont déjà en possession de l’état pour autant que vous ayez une carte d’identité ou un passeport pas trop vieux.

                  Et cerise sur le gâteau, cette carte n’est même pas obligatoire. Ne pas la posséder va évidement vous compliquer la vie avec l’administration mais rien d’impossible pour un véritable résistant !

                  Vous pouvez même les emmerder en demandant à ce que ces fameuses données ne soit pas conservées plus de 90 jours sous forme électronique. Bon, par contre, il faut pas rêver, ils garderont un double en papier...


                  • HELIOS HELIOS 18 mars 12:25

                    ... merci pour cette interressante histoire. 

                    Dommage que la raison d’une personne qui parle de gestion de l’information le fasse avec un esprit d’enfant repeint de liberté etc...

                    Moi aussi j’ai a cette même époque travaillé pour ce même « client ». Je ne sais pas quel niveau vous l’avez fait, mais pour moi, il y avait plus beaucoup d’étage au dessus. Ce n’est pas le sujet

                    Voyez-vous le monde où le maire connait tous ses concitoyens est fini.

                    La contrepartie de notre nombre, de l’exercice de notre liberté et de l’organisation de notre société exige a moins de revenir au moyen age  est que chacun d’entre nous soit identifié de façon certaine. Vous n’etes pas sans ignorer que l’etat civil permet, par exemple, d’avoir un compte bancaire un credit, mais aussi un diplome entre autres obligation sociale d’identification.

                    Et, même si c’est actuellement completement dévoyé, c’est aussi le moyen de prouver son appartenance a un groupe pour que ce dernier assure une presence sociale en remplacement d’un comportement de bête sauvage de toute créature vivante...

                    On pourra toujours discuter sur les cléfs d’identification et la pertinence des données accumulées y compris leurs actualisations mais aujourd’hui une carte d’identité électronique, communicante ou non (ce n’est jamais qu’un protocole d’acces) mais on ne peux reculer... cette identification la plus précise possible est incontournable.

                    Alors, le seul point sur lequel il est important de réfléchir et surement de réglementer, c’est sur l’accès aux informations accessibles directement ou indirectement a tout un chacun dans un contexte libre et non contractuel.

                    Le cadre contractuel est different dans la mesure ou si un acteur social ou économique a une relation avec une personne, il est légitime pour les deux d’acceder a des informations complementaires MAIS pas de les utiliser pour un autre but que celui qui en a donné l’acces.

                    Vous etes vous posé la question a quoi sert un passeport ? c’est la même chose pour une carte d’identité a l’interieur de son pays mais ce n’est pas exhaustif... adresse, diplomes, certaines données bilogiques etc sont incontournables.

                    Plus la quantité d’informations sensibles sont disponible, plus la clef en donnant l’acces doit etre sûre

                    C’est là le dernier problème, car on peut, de façon extrèmement simple et sûre avoir une « piece d’identité » ou tout autre piece d’ailleurs, parfaitement sure et tres difficilement contournable, encore moins falsifiable... mais nos élites — pour diverses raisons — ne veulent pas les mettre en oeuvre. Je l’ai vérifie en grandeur réelle lors de la création de la carte vitale, dans un ministère voisin de celui ou vous avez aussi oeuvré.


                    • Hufontaine 18 mars 14:43

                      De plus en plus d’avancées pour réduire les vraies libertés ... 


                      • Pauline pas Bismutée 18 mars 16:11

                        Depuis le temps qu’on nous fait prendre des vessies pour des lanternes, avec aussi des petits détournements de langage, oh, si subtils…, comme le « crédit score » ou le « crédit rating »..

                        Je réponds alors le plus connement possible « Ah, vous voulez savoir si j’ai déjà eu des dettes ?  Eh bien non jamais, je me suis toujours très bien débrouillée merci ! »

                        Et comment ça peut être un désavantage ? Ah je vois une évaluation doucereuse de ma propension à être indépendante, de ma sale manie de ne laisser personne me prendre par les c….es, pour estampiller à l’encre invisible « pas aisément manipulable » dans leur dossier à la chinoise..

                        Et tout, tout se resserre, l’étau à broyer les résistants, en marche…

                        Les Résistants En Marche.


                        • eau-pression eau-pression 19 mars 09:04

                          Merci pour ce témoignage.

                          Par un détour de l’actualité, les discussions sur la mortalité du Covid ont été l’occasion de découvrir que le RNIPP est un fichier en accès restreint, et qu’au lieu de protéger le citoyen, cette disposition permet de réserver au pouvoir l’accès à la vérité statistique.

                          S’il fallait prolonger votre observation, c’est sur notre rapport à la norme qu’il faudrait s’interroger. Du bienfait d’un savoir-faire partagé (utiliser les mêmes diamètres de tuyaux et les mêmes éléments d’interconnexion, par exemple) à la dictature de la pensée unique, c’est une même préoccupation de l’autre qui est à l’oeuvre.

                          Perso, à plus de 2/3 de siècle, je suis du sentiment que la police me protège des excès de mon voisin à l’inverse. Evolution personnelle, certes, mais aussi signe que les temps changent. Voir par exemple l’extrême difficulté de discuter de cela avec @P@apy.


                          • Octave Lebel Octave Lebel 19 mars 20:20

                            Je suis un peu surpris et interrogatif quant à l’intérêt mesuré porté à cet article. Pourtant, le sujet me semble important et grave et aurait pu susciter une réflexion transversale aux positions philosophiques, idéologiques et personnelles des uns et des autres par rapport à un vécu largement partagé ces 20 dernières années avec la montée progressive des Gafam mais aussi d’une numérisation de tous les aspects de notre vie avec une détermination froide et méthodique de forces entremêlées qui pensent que nous n’avons pas d’avis à avoir me semble-t-il mais qui s’intéressent beaucoup et de près à nous pour savoir comment nous conduire dans ce qu’ils inventent et prévoient pour nous au fur et à mesure.

                            Je me demande s’il n’y a pas dans cette distance prise une part de mauvaise conscience, de refoulement d’un consentement à l’aveugle (ou presque) si facile et d’un déni de ce qui peut apparaître comme un aveu d’impuissance ou de renoncement collectif. Et/ou d’une remise perpétuelle sur autrui en vue de réactions salutaires.

                             


                            • eau-pression eau-pression 20 mars 09:52

                              @Octave Lebel

                              Le slogan « j’en ai rêvé, Sony l’a fait » résume assez bien l’état d’esprit général.

                              C’est comme si la culture française, portant vénération à l’Esprit, n’avait pas capté que le mot « langage » (donc culture) est étroitement associé au monde numérisé, pour n’y voir qu’une technique.
                              Avec évidemment le renfort de la mauvaise foi à la paresse intellectuelle : c’est sale, pourquoi faire l’effort de comprendre de quoi il s’agit ?

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Sébastien A.


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