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Accueil du site > Tribune Libre > Fake State, Fake Président. Prochaine station : destitution. Un texte (...)

Fake State, Fake Président. Prochaine station : destitution. Un texte fondamentalement politique

 « Lavez, lavez l’histoire des peuples aux hautes tables de mémoire : les grandes annales officielles, les grandes chroniques du Clergé et les bulletins académiques. Lavez les bulles et les chartes, et les Cahiers du Tiers Etat ; les Covenants, les Pactes d’alliance et les grands actes fédératifs ; lavez, lavez, ô Pluies ! tous les vélins et tous les parchemins, couleur de murs d’asiles et de léproserie, couleur d’ivoire fossile et de vieilles dents de mules … Lavez, lavez, ô Pluies ! les hautes tables de mémoire. »

Saint-John Perse, Pluies

« Et l’exigence en nous ne s’est point tue ; ni la créance n’a décru. Notre grief est sans accommodement, et l’échéance ne sera point reportée. »

Saint-John Perse, Amers, IV, 4 (240)

« Habiter, peupler, partir de la situation. Toujours se tenir en puissance de. », comme l’écrit Alain Damasio dans son roman intitulé Le Dehors de toute chose, (Volte, 2016).

« La vie monte aux orages sur l’aile du refus », comme l’écrit encore Saint-John Perse, à croire que « les grands orages maraudeurs » ont fini par éclater.

"A présent, l'Epouvantail gouvernait la Cité d'Emeraude, et bien qu'il ne soit pas magicien, les gens étaient fiers de lui.- "Parceque, disaient-ils, aucune autre cité au monde n'est gouvernée par un bonhomme de paille. Et, de leur point de vue, ils avaient entièrement raison". Lyman Franck Baum, "Le Magicien d'Oz", Tome I (éd. George H. Mill Company, 1900)

 

Que l'on comprenne bien :

Nous sommes à l’heure du "Fake State", comme l'écrit le professeur Frédéric Farah.

Nous sommes surtout à l'heure de "l'Etat-bidon" , du "président bidon", et de ses acolytes qui mettent en scène leur impuissance désormais révélée en faisant croire qu’ils peuvent encore faire quelque chose.

Ils racontent une histoire à laquelle plus personne ne croit. A défaut de capacités d’agir, ces histrions la miment et la racontent.

Mais ils font plus que mimer, raconter : ils trahissent. Ce qui est impardonnable et justifie leur destitution.

 

Voici pourquoi je donne ici aux lecteurs un texte fondamental lu sur le site https://lundi.am/Prochaine-station-destitution, texte qui pourrait bien constituer une balise dans la naissance et le déroulement de ces événements introduits par le mouvement des Gilets jaunes. Point tournant, comme lors d’une navigation aérienne où à l’heure choisie le pilote vérifie le régime moteur, la consommation, le carburant disponible, la vitesse, l’altitude, la dérive, le temps restant avant le prochain point, le cap, tout en déclenchant un nouveau temps à courir au chronomètre.

La question n'est pas ici d'être pour ou contre ce texte, d'approuver ou de désapprouver son contenu. Ce texte et la pensée qui le conduisent, ce qu'il reflète, ce qu'il traduit comme manifestation, comme constat, comme aspiration, est tout simplement éminemment politique et ouvre sur les ressorts profonds du moteur insurrectionnel actuel.

Malgré tout, et il s'agit d'un sérieux caveat, Il n'est pas sûr pour autant qu'avec le souffle qui l'anime l'auteur anonyme de ce texte, publié sur un site qui se vit depuis 2014 comme le "foyer insurrectionnel du Web" - site que l'on ne saurait ignorer et dont le contenu offre sérieuse matière à réflexion -, ait vraiment compris et mesuré la capacité de réaction et de violence d'une structure politique qui ne cèdera jamais, consciente qu'elle est de ce qu'un recul réel sur des positions de repli n'est que le début d'une perte irrémédiable de pouvoir.

Tous les moyens sont bons pour "mater" ceux qui n'auraient pas compris et qui ont osé parler de leurs difficultés comme on peut le voir ci-après.

Les moyens "autorisés" :

https://desarmons.net/index.php/2018/11/26/24-novembre-les-forces-de-lordre-mutilent-des-gilets-jaunes/

Les moyens plus que discutables...

https://twitter.com/i/status/1073902636125077506

Le retour des "voltigeurs" ?

A quand l'usage du Tasbih et des Shabihas, les clones Benalla, milice de "fantômes" infiltrés au milieu des manifestants, revêtus pour l'occasion de gilets jaunes, eux aussi, pour exercer contre les vrais manifestants, sous camouflage, en toute impunité, violences, intimidations et peut-être plus, comme en Syrie ? cf. notes 40 et 41 sous Matthieu Cimino, « « Le nom de l’ennemi » : http://journals.openedition.org/cdlm/7732

https://lundi.am/Les-peuples-veulent-la-chute-des-regimes

https://www.theguardian.com/world/2012/may/31/ghosts-syria-regime-shabiha-militias

La situation est simple : monnaie, finance, économie, industrie, sécurité des personnes et des biens, souveraineté nationale, défense, stratégie, géopolitique, géoéconomie, géofinance, autant d'enjeux qui ne peuvent être intelligemment et sérieusement défendus dans un véritable grand débat national que par ceux - directement concernés -, qui ont réellement conscience de veiller aux intérêts de leur pays, de leurs familles, de leurs proches, de leurs enfants et refusent de contribuer à la croissance et à la pérennité d'intérêts transnationaux anonymes qui n'ont que faire des Français et agissent sous le masque d'institutions et d'hommes dévoyés qui ne sont que des ennemis de leurs compatriotes.

Il faut donc un après, un futur solide, quelque chose de construit. Un véritable à venir. Rapidement, histoire d'éviter le constat et le souffle de soulagement de tous les media qui, dès cette semaine et encore la semaine prochaine, se diront que "la fermeté a payé", que le message a été compris par l'exécutif et qu'au fond, vu le peu de mobilisation, que les manifestants se sont lassés. Funeste erreur pour tout le monde, car ce n'est pas en cassant le thermomètre que l'on fait baisser la fièvre.

En ce lundi 17 décembre 2018, persuadé de l'échec de "l'Acte V" des Gilets jaunes (il suffit de lire les titres des journaux), l'éxécutif va encore tenter de sauver les meubles par une opération d'enfumage. "Il n'y aura pas de carabistouilles", a déclaré Richard Ferrand, le Président de l'Assemblée nationale. Ah ! La force du déni ! Et pourquoi pas non plus une phrase du genre : "Je vais vous parler franchement..." Quant au Premier mministre, qui s'étend longuement sur son programme dans deux pages du quotidien Les Echos, les yeux dans les yeux du lecteur-qui-ne-demande-qu'à-être-convaincu, libre à chacun de croire aux engagements et aux lendemains radieux.

Non, M. le ministre, rien de plus faux que de déclarer que "La majorité actuelle est dépositaire de cette envie de changement pour que chacun puisse choisir sa vie et vivre de son travail". La majorité en question n'existe pas. Elle n'est dépositaire de rien, et surtout pas de cette "envie de changement" que vous évoquez. Quant aux gens, tout montre qu'ils sont suffisamment intelligents pour savoir ce dont ils on envie même si la mise en forme de leurs aspirations se cherche encore.

https://www.lesechos.fr/politique-societe/gouvernement/0600356970040-edouard-philippe-nous-allons-accelerer-les-mesures-qui-permettent-de-distribuer-du-pouvoir-dachat-2230398.php

 

Prochaine station : destitution ou démission, mais avec comme impératif majeur à mes yeux, celui d'éviter de manière absolue l'irruption de la violence politique face à un pouvoir qui n'attend que cela pour réagir aveuglément au premier dérapage, à la première faiblesse de ceux qu'il perçoit comme ses adversaires à maîtriser et diviser, n'ayant cure de préserver la paix sociale pourvu que continue à marche forcée le train des réformes et des modifications en profondeur d'une nation prête à tout, sauf à l'aventurisme politique dont elle a parfaitement compris qu'il la conduit à sa perte en la fragilisant de manière irrémédiable, d'où sa réaction.

 

Veuillez lire et consulter le site précitét https://lundi.am/ et lire le texte qui suit :

https://lundi.am/Prochaine-station-destitution

« Contrairement à tout ce que l’on peut entendre, le mystère, ce n’est pas que nous nous révoltions, mais que nous ne l’ayons pas fait avant. Ce qui est anormal, ce n’est pas ce que nous faisons maintenant, mais ce que nous avons supporté jusque-là. Qui peut nier la faillite, à tous points de vue, du système ? Qui veut encore se faire tondre, braquer, précariser pour rien  ? Qui va pleurer que le XVIe arrondissement se soit fait dépouiller par des pauvres ou que les bourgeois aient vu flamber leurs 4X4 rutilants ? Quant à Macron, qu’il arrête de se plaindre, c’est lui-même qui nous a appelés à venir le chercher.

Un État ne peut pas prétendre se légitimer sur le cadavre d’une « glorieuse révolution » pour ensuite crier aux casseurs dès qu’une révolution se met en marche.

[Illustrations et photos à voir. Auteur : Rémy Soubanère]

La situation est simple : le peuple veut la chute du système. Or le système entend se maintenir. Cela définit la situation comme insurrectionnelle, ainsi que l’admet désormais la police elle-même. Le peuple a pour lui le nombre, le courage, la joie, l’intelligence et la naïveté. Le système a pour lui l’armée, la police, les médias, la ruse et la peur du bourgeois. Depuis le 17 novembre, le peuple a recours à deux leviers complémentaires : le blocage de l’économie et l’assaut donné chaque samedi au quartier gouvernemental. Ces leviers sont complémentaires parce que l’économie est la réalité du système tandis que le gouvernement est ce qui le représente symboliquement. Pour le destituer vraiment, il faut s’attaquer aux deux. Cela vaut pour Paris comme pour le reste du territoire : incendier une préfecture et marcher sur l’Élysée sont un seul et même geste. Chaque samedi depuis le 17 novembre à Paris, le peuple est aimanté par le même objectif : marcher sur le réduit gouvernemental. De samedi en samedi, la différence qui se fait jour tient 1 - à la croissante énormité du dispositif policier mis en place pour l’en empêcher , 2 - à l’accumulation d’expérience liée à l’échec du samedi précédent. S’il y avait bien plus de gens avec des lunettes de piscine et des masques à gaz ce samedi, ce n’est pas parce que des « groupes de casseurs organisés » auraient « infiltré la manifestation », c’est simplement que les gens se sont fait extensivement gazer la semaine d’avant et en ont tiré les conclusions que n’importe qui de sensé en tire : venir équipé la fois d’après. D’ailleurs, il ne s’agit pas d’une manifestation ; il s’agit d’un soulèvement.

Si des dizaines de milliers de personnes ont envahi le périmètre Tuileries-Saint Lazare-Étoile-Trocadéro, ce n’est pas en vertu d’une stratégie de harcèlement décidée par quelques groupuscules, mais d’une intelligence tactique diffuse des gens, qui se trouvaient simplement empêchés d’atteindre leur objectif par le dispositif policier. Incriminer l’« ultra-gauche » dans cette tentative de soulèvement ne trompe personne : si l’ultra-gauche avait été capable de conduire des machines de chantier pour charger la police ou détruire un péage, cela se saurait ; si elle avait été si nombreuse, si désarmante et si courageuse, cela se saurait aussi. Avec ses soucis essentiellement identitaires, ladite « ultra-gauche » est profondément gênée par l’impureté du mouvement des gilets jaunes ; la vérité, c’est qu’elle ne sait pas sur quel pied danser, qu’elle craint bourgeoisement de se compromettre en se mêlant à cette foule qui ne correspond à aucune de ses catégories. Quant à l’« ultra-droite », elle est prise en sandwich entre ses moyens et ses fins supposées : elle fait le désordre en prétextant l’attachement à l’ordre, elle caillasse la police nationale tout en déclarant sa flamme à la police et à la nation, elle veut couper la tête du monarque républicain par amour d’un roi inexistant. Sur ces points, il faut donc laisser le ministère de l’Intérieur à ses divagations ridicules. Ce ne sont pas les radicaux qui font le mouvement, c’est le mouvement qui radicalise les gens. Qui peut croire que l’on réfléchit à déclarer l’état d’urgence contre une poignée d’ultras ?

Ceux qui font les insurrections à moitié ne font que creuser leur propre tombeau. Au point où nous en sommes, avec les moyens de répression contemporains, soit nous renversons le système, soit c’est lui qui nous écrase. Ce serait une grave erreur d’appréciation que de sous-estimer le niveau de radicalisation de ce gouvernement. Tous ceux qui se placeront, dans les jours qui viennent, en médiateurs entre le peuple et le gouvernement, seront déchiquetés : plus personne ne veut être représenté, nous sommes tous assez grands pour nous exprimer, pour voir qui cherche à nous amadouer, et qui à nous récupérer. Et même si le gouvernement reculait d’un pas, il prouverait par là que nous avions raison de faire ce que nous avons fait, que nos méthodes sont les bonnes.

La semaine prochaine est donc décisive : soit nous parvenons à mettre à l’arrêt à plus nombreux encore la machine économique en bloquant ports, raffineries, gares, centres logistiques, etc., en prenant vraiment le réduit gouvernemental et les préfectures samedi prochain, soit nous sommes perdus. Samedi prochain, les marches pour le climat, qui partent du principe que ce n’est pas ceux qui nous ont menés à la catastrophe présente qui vont nous en sortir, n’ont pas de raison de ne pas confluer dans la rue avec nous. Nous sommes à deux doigts du point de rupture de l’appareil gouvernemental. Soit nous parvenons dans les mois qui viennent à opérer la bifurcation nécessaire, soit l’apocalypse annoncée se doublera d’une mise au pas sécuritaire dont les réseaux sociaux laissent entrevoir toute l’étendue imaginable.

La question est donc : que signifie concrètement destituer le système ? De toute évidence, cela ne signifie pas élire de nouveaux représentants puisque la faillite du régime actuel est justement la faillite du système de la représentation. Destituer le système, c’est reprendre en main localement, canton par canton, toute l’organisation matérielle et symbolique de la vie, car c’est précisément l’organisation présente de la vie qui est en cause, c’est elle qui est la catastrophe. Il ne faut pas craindre l’inconnu : on n’a jamais vu des millions de personnes se laisser mourir de faim. De même que nous sommes tout à fait capables de nous organiser horizontalement pour faire des blocages, nous sommes capables de nous organiser pour remettre en marche une organisation plus sensée de l’existence. De même que c’est localement que la révolte s’est organisée, c’est localement que les solutions seront trouvées. Le plan « national » des choses n’est que l’écho que se font les initiatives locales.

Nous n’en pouvons plus de devoir compter pour tout. Le règne de l’économie, c’est le règne de la misère parce que c’est en tout le règne du calcul. Ce qu’il y a de beau sur les blocages, dans la rue, dans tout ce que nous faisons depuis trois semaines, ce qui fait que nous sommes en un sens déjà victorieux, c’est que nous avons cessé de compter parce que nous avons commencé à compter les uns sur les autres. Quand la question est celle du salut commun, celle de la propriété juridique des infrastructures de la vie devient un détail. La différence entre le peuple et ceux qui le gouvernent, c’est que lui n’est pas composé de crevards. »

Sources :

https://www.lesinrocks.com/2016/10/04/actualite/medias-actualite/net-linsurrection-cest-site-lundi-matin-11869020/

https://lundi.am/

Matthieu Cimino, « « Le nom de l’ennemi » : de la représentation des combattants étrangers (Hezbollah et Al-Qaïda) dans les discours de l’opposition syrienne (2011-2013) », Cahiers de la Méditerranée [En ligne], 89 | 2014, mis en ligne le 01 juin 2015, consulté le 16 décembre 2018. URL : http://journals.openedition.org/cdlm/7732

https://www.theguardian.com/world/2012/may/31/ghosts-syria-regime-shabiha-militias

Note : parler de "bourgeois", mot utilisé par l'auteur du texte cité, est un marqueur sociétal complètement décalé.Evidemment, le mot est plus significatif que celui de CSP+++, pourtant plus adapté.

Frédéric Farah est diplômé de Sciences Po Paris, professeur en classes préparatoires, chargé d’enseignement à l’université de Paris V, ainsi que coauteur des deux derniers numéros de mars et d’avril de la revue Ecoflash relatifs aux dettes publiques en Europe

https://www.atlantico.fr/decryptage/3561553/mais-ou-va-emmanuel-macron-ce-president-devenu-doublement-illisible-depuis-les-gilets-jaunes—frederic-farah

 

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27 réactions à cet article    


  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 18 décembre 2018 06:56

    Aux Lecteurs.

    Pouvoir d’achat et dépenses publiques Questions posées

    En se concentrant du côté des dépenses, et en évitant « les recettes sur les entreprises » quelles seraient les options les plus rapides et efficaces afin de trouver un moyen de financement de ces mesures ? 

    Philippe Crevel (Economiste, Cercle de l’Epargne) : Face à la grogne sociale, Emmanuel Macron a annoncé un plan, le lundi 10 décembre dont le coût est évalué entre 10 à 13 milliards d’euros pour les finances publiques. Il a ainsi décidé d’annuler les hausses de taxes sur les carburants, l’augmentation, à travers la revalorisation de la prime d’activité, du SMIC de 100 euros, la défiscalisation des heures supplémentaires, la suppression de la majoration de CSG pour les retraités gagnant moins de 2 000 euros par mois ainsi que l’exonération fiscale et sociale des primes de fin d’année dans la limite de 1 000 euros par salarié.

    Le coût de ces mesures est difficile à appréhender. Ainsi, l’exonération des primes aura un impact fiscal limité. Les primes restent facultatives et sont plafonnées à 1000 euros et ne bénéficieront qu’aux salariés gagnant moins de 3600 euros nets. Avec l’instauration de la retenue à la source, l’impact fiscal sera limité du fait du changement d’assiette. En revanche, il pourra y avoir un manque à gagner au niveau de l’impôt sur les sociétés. Cette exonération aura également un coût pour la Sécurité sociale qui pourra être compensé par l’Etat mais ce n’est plus automatique. Les cotisations (patronales et salariales) représentent près de 80% du net perçu ou 45% du coût total pour l’entreprise.

    En ce qui concerne la majoration du SMIC, il s’agit d’une accélération et d’une amplification d’une mesure déjà prévue. En revanche, l’annulation de la hausse des taxes sur les carburants (particuliers et entreprises) pourrait entraîner un manque à gagner de 5 milliards d’euros auquel il faut ajouter les 3 à 4 milliards d’euros liés à la suppression de la taxe carbone. Par ailleurs, l’annulation de la majoration de CSG pour 30 % de retraités pourrait coûter 2 milliards d’euros.

    Ce plan pèsera le budget de l’État au point que le déficit pourrait dépasser à nouveau les 3 % du PIB. Avant même son annonce, nombreux étaient ceux qui doutaient déjà de la capacité de l’État de respecter les 2,8 % de déficit prévus par le projet de loi de finances pour 2019. En effet, le ralentissement économique en cours obère le montant des recettes. Certes, ce mini plan de relance pourrait favoriser une reprise de la consommation et donc améliorer les recettes de TVA. Dans tous les cas, la France devrait avoir, l’année prochaine, le déficit public le plus élevé de la zone euro. Il pourrait atteindre 3,5 % du PIB.

    L’idée de compenser le coût de ce plan par des économies sur les dépenses est séduisante sur le papier mais il faut bien l’avouer, depuis des années, les différents gouvernements éprouvent les pires difficultés pour en réaliser. Derrière chaque dépense, il y a un chien qui veille. Réduire les dépenses dans l’éducation nationale, impossible, il faut améliorer le niveau scolaire de nos chères petites têtes, diminuer les dépenses de la défense, impossible dans un monde de plus en plus incertain, contracter les défenses pour la sécurité intérieure, impensable avec la montée du terrorisme, raboter les prestations sociales, inimaginable ou presque surtout après l’affaire des 5 euros sur les APL. De ce fait, l’Etat a surtout réduit les dépenses du Ministère de l’Economie et tente de limiter les dotations aux collectivités locales avec les conséquences que l’on sait sur l’état d’esprit des élus. Certes, certains considèrent que l’Etat peut diminuer son train de vie, d’autres qu’il faut supprimer les supposés privilèges dont bénéficieraient les représentants de la Nation. En la matière, les économies potentielles se chiffrent à quelques centaines de millions d’euros quand le plan « gilets jaunes » se chiffre à 13 ou 15 milliards d’euros. Avant de parler réductions des dépenses, il faut parler méthode. En France, bien souvent, les économies se font à la hache. Le gouvernement ordonne les échelons inférieurs de réaliser 5, 10 ou 15 % d’économies. Certes, sous Nicolas Sarkozy, la technique avait été raffinée à travers la révision générale des politiques publiques. Mais, il n’en demeure pas moins que la recherche de l’efficience est difficile. Dans un système administré, nul n’a envi de réduire son budget, ses dépenses. Dernièrement, Edouard Philippe a pu le constater avec le projet de diminution des effectifs au Ministère des Sports.

    En matière de dépenses, le principe devrait être bottom up, de la périphérie vers le centre et non l’inverse. Il faudrait appliquer le principe de la subsidiarité. Tout ce qui peut être effectué au niveau le plus bas doit être privilégié pour éviter une concentration des tâches au sommet et des doublons en cascade. Avec une telle politique, il serait possible d’examiner si certaines missions doivent rester dans le giron public ou pourrait être privatisées. De même, dans le cadre d’une telle évaluation, la question de la suppression d’un niveau ou deux de collectivités locales pourrait être posée en vue de l’obtention d’une réponse.

     

    Michel Ruimy (Professeur, ESCP) : Le coût des mesures en faveur du pouvoir d’achat annoncées, lundi dernier, par Emmanuel Macron est estimé à 10 milliards d’euros. Il y a urgence à trouver cette somme. L’heure est, en effet, aux travaux pratiques, un véritable casse-tête quelques jours avant le vote du budget 2019.

    Tout d’abord, concernant le financement du rôle économique de l’Etat, si nous nous concentrons uniquement sur les dépenses, ceci nécessite de faire des économies dans le mode de fonctionnement de l’État, en d’autres termes, réduire la voilure de certains services de l’État. Tous les ministres étant solidaires au sein d’un gouvernement, il faut donc décider de la manière dont ces mesures ont vocation à être financées avant le 31 décembre, date à laquelle le budget 2019 de la France doit être voté. On devrait donc passer par une baisse des dépenses des ministères, selon leur criticité. Par exemple, une fois le prélèvement à la source mis en place, le nombre de fonctionnaires de l’Administration fiscale pourrait diminuer. Dans ce contexte, la prime défiscalisée jusqu’à 1 000 € ne devrait pas concerner les fonctionnaires.

    Ensuite, concernant les entreprises, le gouvernement pourrait réduire notamment les aides aux entreprises, qui devaient représenter plus de 40 milliards d’euros l’année prochaine. Initialement prévue au 1er janvier 2019, la bascule du CICE pourrait, par exemple, être reportée de quelques mois, un aménagement du calendrier en quelque sorte. En l’état, cette transition doit coûter plus de 20 milliards d’euros aux finances publiques.

    Enfin, concernant nos engagements européens, nos finances publiques pourraient se dégrader encore un peu plus c’est-à-dire accroître le déficit budgétaire 2019, qui est déjà à 2,8% de la richesse nationale, à une limite toute proche des 3% du Produit intérieur brut (PIB). Le différentiel pour atteindre la barre des 3% est d’environ 4,5 milliards d’euros. Ainsi l’exécutif pourrait choisir exceptionnellement de laisser filer le déficit d’autant qu’il ne respecte déjà pas les règles à la lettre et que 2019 est une année exceptionnelle, avec la bascule du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) en baisse de charges sans laquelle le déficit serait de 1,9%. Bruxelles pourrait alors se montrer conciliant, mais ce serait casser les ambitions européennes d’Emmanuel Macron, qui a fait de la bonne tenue des comptes publics « LA » condition pour restaurer la crédibilité de la France.

    Lire la suite...

     


    • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 18 décembre 2018 06:58

      Aux Lecteurs.

      Suite :

      Quelles sont les hypothèses les plus probables concernant les choix du gouvernement ? Celui-ci ne risque-t-il pas de se concentrer sur les recettes plutôt que sur la réduction de la dépense ? 

      Philippe Crevel : Pour éviter la dérive des comptes publics, le Gouvernement pourrait reporter la baisse de charges de 4 points sur le SMIC prévue en septembre 2019, améliorer le rendement de l’impôt sur les sociétés. Il pourrait jouer sur l’assiette de cet impôt en remettant en cause certains dispositifs. Il pourrait étaler également dans le temps la baisse du taux de l’IS. Il essaiera de pousser sa taxe GAFA, de remettre en cause une niche fiscale ou deux. Jouer sur les recettes est toujours plus facile que de s’engager sur un programme d’économies budgétaires.

      A la différence du Canada, des pays d’Europe du Nord, la France a joué ces trente dernières années sur les recettes pour tenter de rééquilibrer ses comptes publics. Or, l’expérience de nos voisins indique que les assainissements les plus solides sont ceux qui ont été réalisés grâce à des économies budgétaires. La France est un pays d’impôts. La TVA, inventée par Maurice Lauré, s’est exportée à l’échelle mondiale. Il y a une capacité d’innovation fiscale au Ministère des Finances très forte. Il y a aussi une rare pratique du jeu de bonneteau fiscal. Je te supprime un impôt d’un côté et je te prélève un peu plus loin. Il y a du savoir-faire qui peut être est en train d’atteindre sa limite. Sans nul doute, qu’un changement de logiciel s’impose.

      Michel Ruimy : Au vu de la situation de nos finances publiques, le gouvernement doit faire face à un « triangle d’incompatibilités ». Le premier pôle est de tenir ses engagements à l’égard de la population française suite aux déclarations du président de la République afin de regagner la confiance des Français. Le deuxième est de trouver les modes et les moyens de financer les mesures annoncées sans dégrader l’attractivité de la France. Le troisième est de respecter les engagements européens en matière de finances publiques afin de restaurer la crédibilité de la France. Il n’a pas le choix que de jongler avec ses trois contraintes, sachant que chacune influe sur les deux autres…

      En outre, les échéances étant pour « demain », il a l’obligation d’obtenir des « quick wins » c’est-à-dire de réaliser des gains rapides et significatifs afin de redonner de l’espoir aux Français dans le processus de long cours de restauration de la compétitivité économique de notre pays. Il reste maintenant au gouvernement d’identifier ces victoires rapides et de trouver le financement adéquat !

      Or, succinctement, les dépenses étant de nature structurelle, il ne peut y avoir que des « coups de rabot » de l’ordre de 1-2 milliards d’euros. Quant aux recettes, le gouvernement devrait raboter les baisses de charge pour un montant d’environ 3 milliards, ce qui va grever la compétitivité des entreprises françaises alors que la France a encore du retard par rapport à ses voisins en matière du coût du travail. De même, les plus grandes entreprises devraient se voir privées d’une partie de la baisse d’impôt sur les sociétés prévue en 2019.

      Avec ces ajustements, la France pourrait espérer limiter le dérapage de son déficit à 3,2% du PIB. Loin des 2,8% initialement prévus… mais suffisamment proches de la barre des 3% pour s’éviter les foudres de Bruxelles.

       
      Quelles seraient les erreurs à ne pas commettre pour éviter de perdre toute forme de confiance « fiscale » avec les entreprises ?

      Philippe Crevel : Les changements incessants de législation, le non respect des engagements pris sont évidemment à bannir de la part des pouvoirs publics faute de quoi les dirigeants d’entreprise, les investisseurs français et surtout étrangers considéreront que notre pays n’est pas fiable. Les Gouvernements ont toujours tendance à pénaliser les entreprises car elles sont supposées riches et qu’elles ne votent pas. C’est une vue de l’esprit. Ce n’est pas en mettant une taxe sur une vache que celle-ci paie la taxe. Ce qui est vrai pour la vache l’est pour les entreprises. Une taxe sur une entreprise signifie moins d’argent pour les actionnaires, c’est-à-dire les épargnants, moins de salaires pour les salariés ou une augmentation de prix qui sera supportée par les consommateurs. Une augmentation des impôts sur les entreprises signifie une dégradation de la compétitivité pouvant conduire à une progression des importations et donc à une destruction d’emplois.

      Le Gouvernement d’Edouard Philippe tente de mettre en place une politique de l’offre. La France en a bien besoin car ses entreprises ont un taux de marge en-dessous de la moyenne européenne. Pour cela, il a décidé de supprimer en partie l’ISF, d’instituer le Prélèvement Forfaitaire Unique, de réduire les cotisations sociales et l’impôt sur les sociétés. Mais, si, à peine, un et demi après l’arrivée d’Emmanuel Macron, un virage est pris, il ne faudra pas s’étonner que les dirigeants d’entreprise se mettent à douter. Un politique de l’offre, et c’est toute sa difficulté, exige du temps pour donner des résultats, trois ans, voire cinq ans. Il faut du temps pour changer les comportements, pour créer un climat de confiance. En revanche, ce dernier peut disparaître en quelques instants.

       

      Michel Ruimy : En économie, il y a trois grands acteurs : les ménages, les entreprises commerciales et financières et l’Etat. L’économie fonctionne sur ce trépied. Or, en période de disette financière, illustrée aujourd’hui par des finances publiques exsangues, l’Etat n’a pas de marge de manœuvre et il est donc réduit à réaliser des économies budgétaires. Quant aux entreprises, elles sont le seul acteur aujourd’hui à pouvoir faire tenir le système… jusqu’à un certain point.

      Par exemple, la seule annulation pour les grands groupes de la baisse de l’impôt sur les sociétés prévue en 2019 rapporterait 1,3 milliard d’euros. Ce sont les entreprises qui gagnent le plus d’argent qui seraient surtaxées. C’est paradoxal dans la mesure où ce sont finalement les acteurs économiques les plus performants qui sont visés. Si la mesure n’enchante pas les milieux d’affaires, elle serait toutefois considérée comme un moindre mal par rapport à d’autres scénarii, notamment le report de la baisse de l’impôt sur les sociétés prévue en janvier. Ou pire encore pour les employeurs : le décalage dans le temps des baisses de cotisations sociales induites par la bascule du CICE en baisse de charges pérenne.

      Mais, à force de faire contribuer les entreprises, leur compétitivité ne s’améliore pas et, avec elle, la situation économique du pays. La baisse du chômage est pénalisée alors que les entreprises ont du mal à recruter. Si la logique est de faire en sorte que le travail paie mieux, il faut aussi de pas casser le ressort de l’entreprenariat. Il ne faut pas qu’il y ait une angoisse de l’avenir chez nos chefs d’entreprise, qui ont mis, la plupart du temps, leurs propres deniers pour construire l’entreprise.

      Rappelons-nous novembre - décembre 2014. A cette époque, les patrons français avaient montré leur exaspération face aux dispositions de la loi Hamon sur la transmission d’entreprise et le compte pénibilité. Ils avaient signifié leur ras-le-bol d’une politique qui, depuis longtemps, bridait l’économie, qui a progressivement étouffé les entreprises de toutes tailles par une accumulation de charges, de contraintes, de taxes et de sanctions. Ceci se passait, il y a 4 ans, bien avant les « gilets jaunes ». Le contexte a changé. Le gouvernement a besoin de faire de la pédagogie pour ne pas perdre la confiance des entreprises.

      Source :
      s-mesures-de-pouvoir-d-achat—ces-reductions-de-la-depense-publique-qui-pourraient-etre-a-la-fois-rapides-et-efficaces-michel-ruimy-philippe-crevel


      • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 18 décembre 2018 09:50

        @#USS42-Peppermint-Passion

        Bonjour ! Visite remarquée...

        Deux références :

        « Un grand conquérant est un homme seul... »

        https://www.youtube.com/watch?v=WhvMlyqWUVw

        sans oublier :
        https://www.youtube.com/watch?v=vYTTQ2HBSjQ

        Cordialement,
        Renaud Bouchard


      • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 18 décembre 2018 10:20

        @#USS42-Peppermint-Passion

        Very good vibes...
        Praise vibrations :

        https://youtu.be/YEnVvIUpYNY?t=15

        RB


      • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 18 décembre 2018 10:24

        @#USS42-Peppermint-Passion

        Ceci, et tout le reste, bien sûr.
        Enjoy !
        http://www.lennykravitz.com/

        RB


      • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 18 décembre 2018 10:50

        @#USS42-Peppermint-Passion

        It’s going to be the hell of a journey...

        @+
        RB


      • Shaw-Shaw Shawford 21 décembre 2018 15:17

        @Renaud Bouchard

        Salut le comptable ! smiley

        La bonne BO du pitch qui commence maintenant tout de suite, c’est ça !

        ( Pour Sound of : En lecture simple, no tricks ! smiley smiley )


      • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 18 décembre 2018 07:12

        Aux Lecteurs.

        Analyse de la pensée de l’économiste Jean-Claude Werrebrouck.

        L’économiste Jean Claude Werrebrouck a entrepris de rappeler les « fondamentaux » politico-économiques permettant de comprendre pourquoi les Etats européens, en principe les mieux armés de toute la planète pour faire face aux difficultés économiques, s’enfoncent actuellement sans résistance dans la crise.

        Le point de départ de sa réflexion repose sur une question souvent posée : comment durant les deux dernières guerres mondiales, ces mêmes Etats européens ont pu financer des investissements et des dépenses gigantesques sans se heurter au « mur de la dette ». Certes ces Etats ont ce faisant généré des tensions inflationnistes entre l’offre et la demande, dans le même temps qu’ils s’endettaient, mais ces réactions ne les ont jamais empêché d’obtenir la production massive des biens et services qu’exigeait la guerre. Vainqueurs et vaincus, par la suite, ont pu dans les premières années d’après guerre se reconstruire sans difficultés majeures. Pourquoi aujourd’hui ne peuvent-ils faire appel aux mêmes recettes pour créer les richesses leur évitant de sombrer dans la désindustrialisation et le chômage ?

        Selon son expression, les déficits publics relatifs aux deux guerres mondiales « n’étaient pas des problèmes mais des solutions face aux exigences engendrées par le caractère total de ces deux conflits ». Ces solutions mettent en évidence « l’aspect aisément dépassable de la loi d’airain de la monnaie », selon laquelle pour dépenser et investir il faut au préalable disposer des réserves monétaires correspondants. On parlera aussi du mur de la dette, auquel se heurte celui qui veut produire sans épargne préalable. Il devrait lui aussi être aisément dépassable. « La production des moyens de production de la guerre, rappelle-t-il, ne suppose aucune ressource financière préalable : elle se contente d’ une sur-mobilisation de moyens techniques et humains ».

        Pour Jean Claude Werrebrouck, l’effondrement financier actuel, aux dimensions planétaires, « n’est que la conséquence de la guerre de la mondialisation déclarée depuis une trentaine d’années. Elle débouche sur une concurrence entre Etats chargés d’assurer la bonne insertion de leurs appareils productif dans un espace mondial. La concurrence jusqu’ici très organisée et limitée ne connait plus de barrières. Le basculement vers la mondialisation ne permet plus de garantir un équilibre entre offre globale et demande globale nationale. Chaque marché devenant mondial, les coûts de production cessent d’avoir pour contrepartie, des débouchés pour un même montant : ils ne sont plus que des dépenses à comprimer drastiquement. Parce qu’elle développe une surproduction mondiale au regard de normes de consommation à réduire radicalement, la violence de la concurrence, donc la dureté de la guerre économique dans un monde voulu dorénavant sans frontières, ne fait que se développer ».

        L’expansion de la finance a pu pendant quelques décennies donner l’illusion que les Etats et plus généralement les sociétés pouvaient sans difficultés trouver le moyen de dépenser, c’est-à-dire faire travailler les agents économiques en vue de la consommation, sans disposer des épargnes préalables nécessaires. Il suffisait de faire appel au crédit, c’est-à-dire à l’espérance d’un gain futur permettant de rembourser avec bénéfices la dépense actuelle. La découverte n’était pas nouvelle. Dès les origines de la monnaie, les banques qui collectaient et redistribuaient les épargnes sous une forme fiduciaire immatérielle, se sont imposées comme intermédiaires indispensables entre les souverains et les producteurs de biens et services de l’économie réelle. Mais c’est l’actuelle mondialisation, y compris par la mise en place de réseaux financiers générant sans risques de la « monnaie de banque », qui a permis, non seulement aux banques mais aux entreprises vivant des activités de prêts la prise en mains et le partage d’un pouvoir économique qui échappait aux Etats enfermés dans leurs contraintes territoriales.

        Les grands Etats, Etats-Unis d’Amérique en premier lieu, ont pu malgré la concurrence imposée par la mondialisation conserver pendant un temps la capacité de vivre à crédit, autrement dit de continuer à consommer sans investir. «  Les déficits extérieurs peuvent être financés par création monétaire et ce d’autant plus facilement qu’existe une monnaie de réserve (dollar) permettant un « déficit sans pleurs ». On peut même multiplier les monnaies de réserves, en inventant des monnaies uniques, libérant chaque Etat du souci du solde extérieur (Euro) ». Mais ceci n’a eu qu’un temps. Le retour aux réalités, c’est-à-dire la confrontation directe avec des sociétés autoritaires qui réussissent à faire travailler leurs citoyens sans appel au crédit ne peut plus être évité. Pour cela, ces sociétés autoritaires, dont la Chine est encore un exemple, réussissent à persuader les agents économiques, individus et entreprises, qu’ils doivent accepter de laisser le pouvoir régalien conserver pour la collectivité, administrations, services publics, forces armées, l’essentiel des biens produits.

        Un alliance entre oligarchies étatiques et financières

        En fait les grands Etats occidentaux, se disant démocratiques, s’efforcent de conjuguer au service du maintien de leur puissance concurrentielle leurs pouvoirs régaliens sur leurs citoyens et les pouvoirs des entreprises financières mondialisées qui entretiennent encore avec eux quelques liens d’appartenance. C’est le cas des Etats-Unis mais aussi sur une échelle bien moindre celui des Etats européens ayant conservé un minimum de compétitivité économique. On y observe une certaine alliance entre le capital financier et ce qui reste de capital industriel. L’objectif en est simple, continuer à faire admettre aux producteurs des « vraies richesses » de l’économie réelle qu’ils doivent se contenter d’une rémunération limitée au maximum, afin que les entreprises financières puissent récupérer à des fins spéculatives les richesses non consommées.

        Celles-ci ne servent donc pas à des investissements « réels » permettant de relancer une croissance sur des bases saines, mais à des opérations spéculatives dont le capital financier conservera seul le bénéfice. On conçoit que face à des Etats autoritaires tels la Chine qui chercheront, comme du moins ils semblent le faire actuellement, à investir dans l’économie réelle (grands programmes de recherche/développement notamment), une Europe qui laisse péricliter ses services publics et qui laisse le champ libre à des internationales financières encourageant des activités de consommation/gaspillage de plus en plus maffieuses, la compétition est devenue inégale.

        Sortir du Système

        Si les sociétés occidentales ne réussissaient pas à sortir du Système d’auto-destruction ainsi décrit, renforçant sans limites les oligarchies improductives et les inégalités en découlant, elles s’effondreraient. Jean-Claude Werrebrouck évoque évidemment cette perspective. Il semble penser que dans la mesure où des réorientations raisonnables ne seraient pas envisageables, du fait de l’entêtement suicidaire des privilégiés actuels, se produiront des révoltes populaires entraînant des changements profonds de régime politique, dont comme le meilleur le pire pourrait évidemment résulter.

        Pour lui, et concernant plus particulièrement l’Europe, la sortie du Système serait simple à concevoir. Il suffirait que l’Europe se décide à devenir, dans un grand mouvement de renouveau populaire, ce que les pouvoirs financiers dominants, aux Etats-Unis comme en Europe même, lui refusent encore d’être, soit un véritable Etat régalien de type fédéral. Celui-ci serait organisé, selon un modèle rêvé en son temps par le Conseil National de la Résistance français, autour d’un pouvoir associant sur un plan d’égalité les représentants des producteurs de l’économie réelle (entreprises et salariés) et ceux d’un certain nombre d’institutions et services publics (y compris la monnaie et la banque européennes) incarnant de façon démocratique l’intérêt général.

        L’objet n’en serait pas de développer les consommations de façon irraisonnée mais d’encourager les investissements contribuant à créer de nouvelles ressources de croissance dans des écosystèmes de plus en plus soumis à la prédation de populations n’ayant pas encore réussi à contrôler leur expansion démographique. Ce serait, face à ces populations ayant pour le moment l’avantage compétitif du grand nombre et de niveaux de vie de simple subsistance, un moyen pour l’Europe et ses valeurs de ne pas disparaître.

        On pourrait alors espérer que les citoyens européens, unis dans un ensemble géopolitique s’efforçant d’être aussi égalitaire et enrichissant que possible, accepteraient de consacrer les valeurs ajoutées de leurs activités productives non à leur simple consommation égoïste, mais à la construction d’une Europe exemplaire dont les investissements de long terme serviraient à la planète toute entière.

         

        Lire la suite.


        • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 18 décembre 2018 07:13

          Suite :

          Précisions

          Pour préciser le sens à donner à la renaissance européenne souhaitée dans cet article, il faudra s’entendre sur le contenu d’un certain nombre d’objectifs communs :

          • Investissements. Ce seront des économies faits sur les dépenses courantes de consommation (et a fortiori de gaspillage) au profit de dépenses susceptibles de produire à terme de nouveaux biens et services, créateurs d’emplois. Mais pour éviter que ces investissements ne génèrent de nouveaux gaspillages, il faudra d’emblée préciser le type de croissance que l’on recherchera.

          • Croissance. Il s’agira d’une croissance portant sur tous les éléments porteurs de « développement durable », actuellement sacrifiés par le consumérisme-mercantiliste : protection des « biens communs » (eau, air, sols), créations intellectuelles et culturelles, recherches scientifiques fondamentales et appliquées. Au plan industriel, il faudra encourager les produits et pratiques génératrices d’économies en matière d’énergie et de ressources rares. On ne devra pas hésiter dans ce cas à parler de « décroissance ».

          • Financement. Trois sources devront être utilisées simultanément, en dehors des investissements réalisés pour leur compte par les entreprises : une « épargne forcée » s’imputant sur les dépenses actuelles de consommation non productives, des prêts à long terme remboursables, provenant des institutions financières, des crédits budgétaires publics concernant les domaines hautement stratégiques ne pouvant être financés autrement. Les particuliers pourront se voir offrir des titres de « rente perpétuelle » leur permettant de placer leurs épargnes. A contrario, il faudra renoncer à l’appel aux fonds souverains étrangers et plus généralement aux « marchés » permettant à des intérêts non-européens d’imposer leurs politiques à l’Europe.

          • Note RB. Nécessité d’un ou plusieurs SWFs européens.

          • Protectionnisme. Les investissements et financements envisagés ici ne pourront être mis en œuvre que dans le cadre d’un fédéralisme européen imposant l’harmonisation des législations fiscales, du travail et de la défense de l’environnement. Ces bases une fois acquises, il sera possible de mettre en œuvre un protectionnisme européen négocié avec les autres puissances sur la base de la réciprocité.

          • Nouvelles formes de puissance publique. Il est clair que ce qui précède ne sera pas envisageable sans un retour à l’Etat, Etat fédéral dans le cas européen.(A préciser) Mais pour éviter le retour simultanée à des bureaucraties inefficaces ou tyranniques, il faudra dès maintenant expérimenter de nouvelles formes de puissance publique participative, impliquant aussi bien les forces politiques et syndicales que les citoyens. L’Europe dispose à cet égard d’un capital de compétences.

          • Source : https://blogs.mediapart.fr/jean-paul-baquiast/blog/280912/jean-claude-werrebrouck

          • Voir surtout le site de J-C. Werrebrouck http://www.lacrisedesannees2010.com/


          • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 18 décembre 2018 08:21

            Aux Lecteurs.

            Charles Hugh Smith via OfTwoMinds blog,

            Capital garners the gains, and labor’s share continues eroding. That’s the story of the 21st century.

            The middle class, virtually by definition, is not prepared for downward mobility. A systemic, semi-permanent decline in the standard of living isn’t part of the implicit social contract that’s been internalized by the middle class virtually everywhere :living standards are only supposed to rise. Any decline is temporary.

            Downward mobility is the key context in the gilets jaunes « yellow vest » movement in France. Taxes and prices rise inexorably while wages/pensions stagnate. The only possible outcome of this structural asymmetry is a decline in the standard of living.

            This structural decline in the standard of living of the middle class is complex.One of the definitive identifying characteristics of the middle class is that is supposed to be largely immune to the insecurity and precariousness that characterize much of the working class.

            In other words, this isn’t supposed to happen to us. This is especially true in nations with longstanding generous social welfare programs : should the unexpected happen and a household’s income declines, the state is supposed to step in and fill the gap with subsidies, unemployment insurance, cash payments, etc. until the household recovers its previous standard of living.

            None of that is happening. The erosion of middle class standards of living is not abrupt enough to qualify for social welfare programs ; the erosion is gradual, via the higher taxes and living costs the « yellow vests » are highlighting.

            State benefits aren’t as generous as they’re cracked up to be. Lower-income pensioners in France are called sans dente, without teeth, as France’s universal healthcare program doesn’t provide much in the way of dental care, hence the poor with missing teeth.

            Part of downward mobility is becoming politically invisible, a topic I discussed in France in a Nutshell : « The Government Stopped Listening to the People 20 Years Ago »(December 12, 2018).

            The protesters rightly perceive that they are politically invisible : the ruling class, regardless of its ideological flavor, doesn’t believe it needs the support of the politically invisible to rule as it sees fit. The ruling class has counted on the cultural elites to marginalize and suppress the politically invisible by dismissing any working-class dissent as racist, fascist, nationalistic and other words expressly intended to push dissent into the political wilderness.

            Many commentators have listed the systemic sources of the erosion in standards of living and financial security : the loss of cheap, plentiful oil to fuel « growth » at rates that lift all boats ; the financialization of the economy, which favors capital over labor ; globalization, which increases corporate profits via labor, social welfare and pollution arbitrage (move production where these costs are the lowest), and the corruption of the political machinery via pay-to-play (favoring the corporations and super-wealthy) and the concentration of financial and political power in the hands of the few at the expense of the many.

            Another way to understand this downward mobility is : the elites no longer need a vibrant middle class to hold power and increase their wealth. The real money is in globalized capital flows, access to central bank credit and ownership of debt. The role of the middle class has largely been reduced to being compliant, passive debt-serfs who can borrow money to fill the yawning gap in their standard of living and make the payments.

            For an example of how this works, please read I’ve Paid $18,000 To A $24,000 Student Loan, & I Still Owe $24,000 (via Maoxian).

            Since the political machinery serves the oligarchy, there’s no real need to pander to the middle class or the working class. Being tossed in with the politically invisible hurts the pride of the middle class, as does being expendable, but as we see in this chart, the top .01% have skimmed the vast majority of whatever wealth and income have been generated over the past decade.

            Whatever crumbs fell to the middle class must have been sufficient, as they’re still paying their mortgages, student loans, auto loans, etc.

            https://www.zerohedge.com/sites/default/files/inline-images/inequality-NYT8-17a_9.png?itok=sJvprpxd

            The general decline in living standards tracks the general decline in labor’s share of the economy :

            https://www.zerohedge.com/sites/default/files/inline-images/labor-GDP8-18a_0.png?itok=LIjCEdvs

            Capital garners the gains, and labor’s share continues eroding. That’s the story of the 21st century.


            • Eric F Eric F 8 janvier 19:17

              @Renaud Bouchard
              "the financialization of the economy, which favors capital over labor ; globalization, which increases corporate profits via labor, social welfare and pollution arbitrage (...) and the concentration of financial and political power in the hands of the few at the expense of the many".


              voilà qui est une bonne synthèse, qui sera qualifiée de « socialiste » par les tenants du système.


            • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 18 décembre 2018 09:28

              Aux Lecteurs. Analyse de brunobertez Il n’est de vérité que du tout. 6 décembre 2018

              Editorial. Macron et Draghi, même combat : serrez vous la ceinture, sacrifiez vous et nous accepterons de donner un avenir à vos enfants.

              Avertissement ; est il possible de lutter socialement si on ne comprend pas la société dans laquelle on vit ? L’expérience enseigne que la réponse est non. Ici je vous explique pourquoi vous devez lutter contre Macron, mais pas que…

              [Reuters] Europe must fight illiberal forces, Draghi warns

              Traduction : L’Europe doit combattre les forces illibérales avertit Draghi.

              Il y a beaucoup à dire sur pareille déclaration qui, il faut le souligner intervient à la fin de son mandat et au terme de la politique monétaire non conventionnelle qui a débuté non pas en 2014 avec les QE, quantitative Easing mais avec Le SMP, “Securities Market Program.” en 2010 ! Juste deux observations. Il faudrait un livre, que dis-je une collection pour traiter de ce qu’évoque le propos cynique de Draghi. Ce livre il faudrait le traduire en toutes les lengues et être capable de le mettre en bandes dessinées pour en favorsier la compréhension par le public.

              D’abord la forme « il faut » : d’où sort ce « il faut » de quelle autorité Draghi technicien non élu , stipendié de la finance et de la banque, se croit-il investi ? La soi disant indépendance des banques centrale ne lui confère aucun droit à donner des ordres à la politique. Ce »il faut » illustre tout à fait la prétention des financiers à régenter le monde , à dicter leur loi aux gouvernements, au souverain et au peuple. Il y a la dedans la prétention de limiter le suffrage universel au choix rocardien de la couleur des cages d’escalier des immeubles collectifs.Draghi a été le banquier central le plus autocrate, il refuse toute critique, tout débat et il ne rend compte à personne à l’inverse de la Fed qui au moins comparait périodiquement devant les élus et est cuisinée durement. Draghi n’a jamais répondu à aucune question dans aucune enceinte ; à ceux qui ont essayé il a cloué le bec de façon péremptoire. Il a ridiculisé les élus des Pays Bas qui avaient prétendu le cuisiner. Avec l’aide de l’hypocrite Merkel il a roulé dans la farine les plus hautes instances constitutionnelles allemandes.Par ses décisions sur les volumes de monnaie, de crédit et le niveau des taux, il a déplacé des trillions et des trillions ! Il a donné gratuitement des trillions aux uns, à ses pairs banquiers et volé les épargnants et caisses de retraites et d’assurances par centaines de milliards, transformant le pouvoir de taxation des gouvernements en un ridicule hochet. Les gouvernements jouent avec des Milliards, Draghi joue , jongle avec des centaines de Milliards.Avant la crise le bilan de la Banque Centrale était de 1,5 trillions, il l’ a fait passer à 4,7 trillions soit plus de 41% du GDP de la Zone.Après le SMP de 2010, Draghi a fait le LTRO, “Long-term Refinancing operations (LTRO) de 2011 qui a donné 640 milliards quasi gratuitement aux banques afin qu’elles achètent des emprunts d ‘état qui rapportaient beaucoup à l’époque.En 2012 il a annoncé le fameux « coûte que coûte » et l’OMT, “Outright Monetary Transactions » program (OMT). Pur cadeau par lequel il donnait toutes garanties au secteur financier quel qu’en soit le prix , le fameux « whatever it takes » qui a enrichi tous les spéculateurs du monde, lesquels ont ainsi été assurés, certains, de ne plus jamais enregistrer de pertes, ces spéculateurs qui ont pompé la richesse européenne sans lever le petit doigt ou courir un risque.Pour couronner le tout, Draghi a lancé en 2014 le sinistre  Quantitative Easing, pour 2,7 trillions, somptueux cadeau aux banques, souvent utilisé pour spéculer à l’étranger, chez les émergents ou ils viennent encore d’enregistrer des pertes colossales !

              Ensuite le contenu. C’est un aveu d’échec bien sûr ! Car si il faut accompagner la politique monétaire scélérate , ruineuse, mensongère qui a été menée par une autre politique , fiscale, sociale, cela signifie que l’action monétaire n’a pas été efficace. Draghi reconnaît ainsi que la politique, la vraie politique, doit être au service de la monnaie, la sienne, celle qu’il a conçue et non l’inverse. C’est le fétiche qui commande la politique, qui régente la société et il doit décider de l’ordre social qui le sert le mieux.L’ordre social qui sert le mieux cette monnaie ce serait l’ordre libéral puisque l’ordre illibéral lui le dessert.

              Draghi est un faussaire et pas seulement en fausse monnaie car c’est l’ordre actuel qui est illibéral, c’est un ordre dirigé, un ordre constructiviste, dissymétrique par lequel des techniciens/idéologues  s’arrogent le droit de décider du paramètre essentiel, du catalyseur de la vie économique, la monnaie et de la variable fondamentale qui régit les rapports dans le temps : les taux d’intérêt.

              L’ordre actuel est illibéral, c’est le règne de l’inversion ! L’ordre actuel est illibéral, c’est l’ordre du faux capitalisme, l’ordre du capitalisme monopolistique d’état et de banques centrales réunies.

              C’est un ordre de socialisme monétaire, de pseudo socialisme, avec dure loi du marché pour les faibles et protection monopolistique pour les ultra riches.Un ordre de pillage de la monnaie pour les uns, un ordre de socialisation des pertes et des risques pour les ultra-riches. L’ordre actuel est un ordre dur de capitalisme pour les faibles et un ordre socialiste crony, de connivence pour les ultra riches. Les gains pour les uns et les pertes pour les autres.

              C’est la division/spécialisation du travail du post modernisme, les uns travaillent, les autres jouissent. Les uns obéissent, les autres commandent. Les uns produisent les autres consomment. Les uns se coltinent le poids du réel, les autres gèrent l’imaginaire.Personne ne relève le caractère scandaleux de cette affirmation de Draghi ; « la politique monétaire choisie unilatéralement par un homme, par une classe doit pouvoir imposer ; imprimer sa marque à tout le reste car sinon elle n’est pas efficace » !

              Incroyable prétention, dont je n’ai vu aucune analyse dans les médias, dont je n’ai entendu parler aucun homme politique.De fait implicitement Draghi avoue que la politique monétaire n’a pas fonctionné , qu’elle n’a pas rétabli durablement la croissance. Quelle est l’utilité de cette politique monétaire si elle manque son objectif après 3,2 trillions de monnaie bidon tombée du ciel et si après l’avoir pratiquée on est obligé de reconnaître qu’elle n’est pas adaptée au monde réel et .. qu’il faut changer le monde !

              La monnaie bidon n’est pas une monnaie vivante, la seule monnaie vivante est celle qui se crée, qui circule, qui se vivifie par les échanges, tout le reste est zombie, comme le sont les banquiers centraux et leur suiveurs.

              La monnaie, la vraie monnaie ne tombe pas du ciel, messieurs les débiles , la vraie monnaie remonte du bas vers le haut, elle s’origine dans l’économie réelle, la monnaie qui est exogène, qui est mise au monde par des jeux d’écriture dans les livres de comptes des banques centrales ce n’est même pas de la fausse monnaie, c’est de la monnaie morte. On ne prête pas à partir des réserves messieurs les banquiers ; c’est la demande solvable de crédit qui crée la monnaie quand elle rencontre des banques qui ont assez de capital pour supporter les risques liés aux prêts.

              La politique monétaire n’a pas restauré les conditions de la croissance saine, légitime, équilibrée parce qu’aucune politique monétaire ne peut magiquement transformer le monde !La politique monétaire c’est la manipulation de signes, des chiffres, des zéros dans les livres comptables ; or le monde est fait de sueur, de pisse, de merde, d’efforts, d’innovation et de sang . Croire au pouvoir magique de la monnaie digit, c’est tomber sans le piège du pacte faustien qui consiste a autonomiser l’ombre, à la séparer du corps. La monnaie est une ombre, une ombre qui prétend dicter sa volonté au corps. La monnaie est un signe, un discours, un catalyseur dont le pouvoir ne se révèle que si et seulement si, les conditions de la mise en oeuvre de ce pouvoir sont réunies.La politique monétaire, c’est le Cargo Cult, c’est , ce sont les signes cabalistiques des grands prêtres, rien d’autre. La politique monétaire oeuvre dans le domaine de l’illusion, ce qui est bien pour le court terme, mais elle est incapable d’aller au-delà.

              Lire la suite...Le long terme c’est du dur, du lourd, du solide


              • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 18 décembre 2018 09:28

                Suite :

                Le long terme c’est du dur, du lourd, du solide et les incantations des grands prêtres, les masturbations des eunuques de la reproduction  ne font se léviter que les bulles financières scélérates qui aggravent les inégalités et détruisent l’ordre social, qui scandalisent les Gilets jaunes mais n’améliorent pas le monde réel.

                Draghi dit qu’il faut accompagner l’action monétaire par des réformes sociales qui vont toutes dans la même direction : augmenter le taux d’exploitation de la main d’œuvre vivante et réduire les avantages acquis des travailleurs anciens. Ce que dit Draghi c’est qu’il faut, pour sauver le mort, tuer le vif ; le capital est du travail mort cristallisé et que nous dit Draghi, il nous dit : pour sauver ce travail mort cristallisé il faut réduire ce dont se nourrit le travail vivant.Le « il faut » de Draghi c’est : fragiliser, flexibiliser, assouplir les échines etc. Il faut compléter la politique monétaire de transfert de richesse en faveur des deja riches par la capacité à mettre en valeur cette richesse accrue des riches. Il faut ouvrir, il faut favoriser l’immigration qui permet l’égalisation des salaires vers le bas, il faut accepter ce que les nouveaux barbares appellent l’arbitrage international du travail et des marchandises qui contiennent le travail.Autrement et plus simplement, il faut non seulement que les riches deviennent encore plus riches mais il faut leur concéder encore plus de plus-value afin que leur capital soit mis en valeur. Ainsi et seulement ainsi, si on est bien obéissant, le capital acceptera d’investir de recréer des emplois au lieu de profiter de la libre circulation pour s’évader.Il faut , toujours présenté autrement d’abord, restaurer le taux de profit du capital accumulé et, si on l’a assez restauré alors on verra des investissements et des créations d’emplois et de la croissance.

                Le chantage est ignoble : serrez vous la ceinture, sacrifiez vous et nous accepterons de donner un avenir à vos enfants.Vous savez que je suis capitaliste et que je soutiens qu’il faut restaurer le taux de profit mais, il y a un énorme « mais », je soutiens qu’il faut le faire non pas en pesant sur les salaires, mais en détruisant du capital ancien, en l’euthanasiant, en le restructurant. En le privant de ses droits. Il faut répartir la rareté du profit, le réserver au meilleur de l’économie. Il faut que le profit aille là ou il est utile, légitime, là ou il vivifie au lieu de tuer. Il faut détruire le capital inefficace, inutile, fictif, de poids mort. Le profit doit être réservé à ce qui est bien, bon, adapté à la société et à ses besoins de long terme.

                En fait Draghi c’est exactement la même chose que Macron ; Macron, c’est Draghi élu à la tête d’un gouvernement , c’est Draghi qui met en oeuvre sa politique.

                Il avoue ainsi que c’est une politique de classe qui, pour maintenir les droits acquis du capital ancien exige la destruction des droits acquis des salariés. Il montre au grand jour la dissymétrie de l’action et de la philosophie des banques centrales ; on considère comme sacrés les droits du capital ancien, on inflate encore plus ces droits on refuse de les dévaloriser mais on prétend détruire les droits des salariés et faire en sorte que leurs droits acquis deviennent bio-dégradables .Macron , c’est la mise en place de la bio-dégradabilité des droits des salariés.C’est cela le grand secret de Draghi et de tous les Macron du monde : rendre les droits des salariés bio dégradables en les mettant en concurrence afin de maintenir fixes et croissants les droits du capital, même si il est inutile, fictif dépassé, inadapté, de poids mort.

                Source : https://brunobertez.com/2018/12/16/editorial-macron-et-draghi-meme-combat-serrez-vous-la-ceinture-sacrifiez-vous-et-nous-accepterons-de-donner-un-avenir-a-vos-enfants/


                • Gilles Mérivac Gilles Mérivac 18 décembre 2018 12:02

                  En lisant vos commentaires, on se rend tout de suite compte que la vraie difficulté est de situer le niveau de l’action à envisager, si l’on ne veut pas être utilisé comme une marionnette.

                  Les révoltes sporadiques au sujet de revendications terre à terre comme l’augmentation des taxes sur le diesel ou la limitation à 80 km/h ne sont pas à la hauteur du combat titanesque qui se joue en arrière plan entre l’oligarchie mondialiste et ceux qui tentent de garder leur indépendance.

                  Mais un combat doit toujours s’enraciner dans la réalité vécue par le plus grand nombre, sinon il devient une utopie stérile, comme l’est devenue cette Europe assiégée par les lobbys de toutes sortes. La démocratie doit être locale pour avoir un sens, mais ses répercussions sont globales, telle est son dilemme.


                  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 18 décembre 2018 13:09

                    @Gilles Mérivac
                    Bonjour Gilles et double merci pour votre visite et votre commentaire.

                    Vous avez raison.

                    « La vraie difficulté, écrivez-vous, est de situer le niveau de l’action à envisager, si l’on ne veut pas être utilisé comme une marionnette. »/

                    C’est effectivement le cas et je puis vous indiquer, sur la base d’indications que je recueille personnellement, que beaucoup de gens soucieux de conserver une situation qu’ils considèrent comme acquise et intangible au niveau exercice du pouvoir politique n’imaginent pas un seul instant que la société toute entière a changé de paradigme.

                    Surpris et ayant eu peur, contraints de reculer de manière brouillonne, ils envisagent pour certains de manière indiscutable que, passé le « petit accès de fièvre » nationale, les choses vont sagement rentrer dans l’ordre, A mon avis rien n’est moins sûr tant que ce qui a été parfois imprudemment concédé dans la précipitation ne sera pas effectif et j’imagine que les choses sérieuses vont reprendre en début d’année avec les déconvenues du prélèvement des impôts à la source et autres joyeusetés, par exemple.

                    D’autres analystes se posent des questions auxquelles ils tentent de répondre, tel Jérôme Fourquet (directeur du département Opinion à l’IFOP), qui déclare que la grande question est de savoir « si l’on n’assisterait pas actuellement à la naissance d’un Mouvement 5 étoiles à la française. »Il faudra attendre quelques mois, dit-il, pour que,si tel est le cas, ce mouvement protéiforme des Gilets jaunes parvienne à se structurer et à se doter de « leaders » reconnus et acceptés par la base...

                    Je pense pour ma part que nous allons voir se préciser une course de vitesse entre les formations politiques actuelles (partisanes, syndicales, ou ce qu’il en reste) qui s’efforcent chacune de valider leurs grilles de lecture du phénomène Gj pour en assurer la captation électorale sinon politique.

                    Vains efforts, à mon avis, dans la mesure où toutes ces formations négligent trois paramètres fondamentaux : le fait qu’elles sont obsolètes d’une part, que leurs dirigeants et représentants n’ont plus aucune audience, d’autre part, et qu’enfin les dizaines de milliers de personnes qui ont bougé et réalisé qui elles étaient et quelle était leur force vont certainement aspirer à quelque chose de réellement nouveau et novateur que « l’ancien monde » ne peut plus leur apporter.

                    On voit bien ce qu’il en est avec un exécutif qui semble accepter avec beaucoup de réticences et pour cause l’idée d’un nouveau modèle d’expression démocratique avec le RIC , referendum d’initiative citoyenne, que le Premier ministre concède pouvoir être (je le cite) « un bon instrument dans une démocratie », tout en nuançant immédiatement son propos en ajoutant « ...mais pas sur n’importe quel sujet ni dans n’importe quelles conditions ». Il me semble que si le « Grand Débat » doit avoir lieu, les échanges risquent d’être plutôt vifs, d’autant plus que l’élément majeur de ce débat a été soigneusement occulté et écarté : l’immigration et son dernier avatar passé en fraude avec la signature du fameux pacte de Marrakech qui, à mon avis, sera le tombeau politique du président Macron.

                    "Les révoltes sporadiques au sujet de revendications terre à terre comme l’augmentation des taxes sur le diesel ou la limitation à 80 km/h ne sont pas à la hauteur du combat titanesque qui se joue en arrière plan entre l’oligarchie mondialiste et ceux qui tentent de garder leur indépendance", dites-vous.

                    C’est effectivement là le cœur du problème et je prévois des coups, des pleurs et des grincements de dents dans la mesure ou les soubresauts d’une démondialisation-remondialisation qui cherche son chemin et déploie son énergie à redéployer ses forces et recomposer ses positions ne fera pas dans la nuance à l’endroit de pays tels que les nôtres le nôtre dont les dirigeants, arrivés en fin de course et ayant déçu leurs commanditaires et sympathisants, vont devoir raidir leurs actions avant de disparaître de manière inéluctable.

                    "Mais un combat doit toujours s’enraciner dans la réalité vécue par le plus grand nombre, sinon il devient une utopie stérile, comme l’est devenue cette Europe assiégée par les lobbies de toutes sortes. La démocratie doit être locale pour avoir un sens, mais ses répercussions sont globales, telle est son dilemme."/

                    Ce pourrait être l’enjeu des prochaines élections européennes.

                    Nous en reparlerons très vite.

                    Cordialement,

                    Renaud Bouchard


                  • cevennevive cevennevive 18 décembre 2018 15:32

                    @Renaud Bouchard et Monsieur Mérignac, bonjour,

                    Vous êtes tous deux de grands sages et j’aime vos commentaires et votre sens du jugement.

                    Alors, je vais vous proposer de demander ma solution immédiate, pour un mieux vivre aussi immédiat que temporaire, de la partie la plus pauvre de notre pauvre Pays.
                    Voilà :
                    La partie des Français la mieux payée et la partie la moins payée devraient s’inverser, juste pour un mois (le mois de janvier 2019 par exemple). Car il est bien entendu que le seuil de pauvreté égale sans doute le plafond des très bien payés.

                    C’est ainsi que les pauvres retraités (dont moi), les Rmiste, les temps partiels, les moins que le Smic, etc, pourraient, pour un mois, un mois seulement, se voir honorer de salaires de Ministres, de Députés, de hauts fonctionnaires, de président (pourquoi pas ?), etc. Un pour un. Moi, pas gourmande du tout, je me contenterais d’un salaire de haut fonctionnaire...

                    Et ces mêmes députés, hauts fonctionnaires, Ministres, et président, se verraient octroyer 500, 600, 700, 800 ou 900 euros pour ce mois de janvier.

                    Là, Je suis certaine que nous serions contents de la « prime » et que nous en ferions bon usage.

                    Belles étrennes, ne pensez-vous pas ?
                    Demandons les !!!!


                  • cevennevive cevennevive 18 décembre 2018 15:42

                    Et à titre purement personnel, cela me permettrait d’honorer le devis de réparation des gouttières de mon toit.

                    Et... Pétition signée. Mais hélas, cela ne changera pas grand chose à notre situation, au dessous du seuil, il y a le sol... Ou le vide.


                  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 18 décembre 2018 17:01

                    @cevennevive
                    Bonjour Cennevive et merci pour votre visite comme pour votre suggestion à laquelle je réponds.
                    Un mois seulement ?
                    Non. un an de traitement, rémunération, salaire entre 600 et 900 €, pour voir, comprendre et sentir.
                    Ce serait la phase de mise en condition.
                    On demanderait aux intéressés leur avis en fin d’année.

                    En réalité, beaucoup plus sérieusement, le système idéal existe,comme celui des organisations internationales , par grades et tranches.
                    Avec une nuance de taille dans mon optique : aucun avantage d’exemption d’imposition.
                    cf. ci-après

                    https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/emplois-stages-concours/travailler-dans-les-organisations-internationales/etre-ou-devenir-fonctionnaire-international/statut-de-fonctionnaire-international/article/grades-et-remunerations

                    https://www.glassdoor.fr/salaire/OECD-Salaires-E250619.htm

                    Pour le reste la solution a été mûrement réfléchie : l’impôt progressif, tel que proposé par A. Baïz, économiste ;

                    https://blogs.mediapart.fr/adam-baiz/blog/280317/pourquoi-l-impot-progressif-est-essentiel-nos-democraties

                    Je reviendra ultérieurement développer en détail cette question.

                    Bien à vous,
                    Renaud Bouchard


                  • Gilles Mérivac Gilles Mérivac 18 décembre 2018 17:16

                    @cevennevive
                    Bonjour cennevive,
                    ne soyez pas gagne petit, demandez plutôt à échanger votre salaire avec ceux de la commission européenne, Junker à 32700 euros par mois ou même les autres fonctionnaires qui reçoivent 20000 euros par mois, avec une petite augmentation pour son noël, c’est déjà plus correct ! Mais vous connaissez déjà la réponse à votre proposition.
                    Dans l’ancien temps, les manants avaient droit à se prendre pour des seigneurs pendant une journée, c’est le sens bien oublié du carnaval. Dans la marine à voile, les marins pouvaient se moquer de leurs officiers pendant certains moments, cela s’appelait le charivari.
                    Ce qui nous montre que les époques plus lointaines étaient plus dures, mais aussi plus humaines paradoxalement que la nôtre.

                    P.S. Pour votre gouttière, s’il s’agit d’un ancien modèle arrondi, c’est très facile à changer, même pour quelqu’un comme moi qui n’est pas bricoleur. Mais les nouveaux modèles à section carrée, c’est autre chose.


                  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 18 décembre 2018 17:34

                    @cevennevive
                    Je reviens vers vous.

                    Il existe aussi un autre système -différent de l’impôt progressif (qui présente aussi des inconvénients pour les hauts revenus) - qui pourrait satisfaire beaucoup de contributeurs à l’impôt.

                    Mieux qu’une progressivité, ce que l’on appelle la « flat tax », ou impôt proportionnel à taux unique.

                    Voici ce qu’en dit un fiscaliste :

                    https://www.contribuables.org/2017/03/impot-malin-limpot-a-taux-unique-la-flat-tax-ou-impot-plat/

                    https://www.contribuables.org/2016/07/frederic-douet-la-flat-tax-doit-etre-loccasion-dun-veritable-big-bang-social-et-fiscal/

                    "L’impôt sur le revenu est l’impôt qui cache la forêt fiscale en permettant de faire croire aux contribuables que moins d’un foyer fiscal sur deux est imposable.

                    Dans une indifférence quasi-générale, tous supportent en réalité la TVA, les prélèvements sociaux (notamment la CSG), les impôts locaux, les taxes sur les carburants… Selon la formule de Colbert, c’est l’art de plumer l’oie sans la faire crier. La TVA est l’impôt qui rapporte le plus à l’Etat. Le rendement de la CSG est supérieur à celui de l’impôt sur le revenu.

                    Pourquoi pas une flat tax de 2 % par part jusqu’à 10.000 euros et de 15 % au-delà, et ce pour plusieurs raison ?. D’une part, selon les projections le rendement de l’impôt sur le revenu passerait de 70 milliards d’euros par an à 110 milliards d’euros.

                    D’autre part, une flat tax permettrait de réconcilier les Français avec l’impôt sur le revenu – catalyseur avec l’ISF du ras-le-bol fiscal – et avec la valeur travail. A partir d’un certain seuil de revenus, l’impôt sur le revenu à un effet désincitatif. Certains contribuables font donc le choix de moins travailler, c’est une forme d’évasion fiscale.

                    La flat tax doit être l’occasion d’un véritable big-bang social et fiscal. Il faudrait qu’elle s’accompagne notamment du revenu universel en contrepartie de la suppression de toutes les aides sociales préexistantes (rendant ainsi le système lisible, limitant les risques de fraude et permettant de réaliser des économies au niveau de la gestion), de la suppression de toutes les niches fiscales et de la fusion de l’impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux.« 

                    Pour ma part, après avoir aussi étudié la question et m’être entretenu avec beaucoup de gens, le constat est très simple :

                    -Pour les actifs salariés aux bas revenus, une hausse du SMIC (200 €), l’idée étant de combler le déficit de »fin de mois« en offrant précisément ce »coup de pouce, ce « relais financier » comme je l’appelle qui est à l’origine de bon nombre de difficultés de la vie quotidienne de toux ceux « qui n’y arrivent plus » et dont les budgets implosent à force d’être serrés sur tous les postes.

                    Qu les choses soient claires pour ceux qui me liraient : c’est bien ce que j’ai vu, constaté, vérifié auprès de beaucoup de gens qui n’en sont plus à une pudeur près et disent les choses telles qu’ils les vivent dans leur quotidien.

                    -Pour les retraites, la solution est dans une réelle péréquation entre le « trop » et « l’insuffisant ».

                    Montant des retraites, hausse des cotisations, temps passé à la retraite... les Français, suivant leur date de naissance, ne profitent pas pareillement du système de retraite.

                    Jeunes, moins jeunes, retraités... les générations de Français sont-elles égales devant la retraite ? Tout dépend des critères de comparaison choisis, répond en substance le secrétariat général du Conseil d’orientation des retraites (COR), dans des documents de travail dont Le Figaro a eu connaissance. Les plus vieux ont profité de taux de cotisation plus faibles, les plus jeunes d’un temps passé à la retraite plus long que les quadras...

                    État des lieux d’un système, qui a dû être profondément et douloureusement réformé ces quinze dernières années, afin de faire face aux crises économiques et au vieillissement de la population.

                    • Rapporté au dernier salaire, le montant de la retraite a baissé, et baissera encore

                    La pension de retraite moyenne a régulièrement baissé, rapportée au dernier salaire, pour les générations nées entre 1940 et 1950. Typiquement, un cadre du privé né en 1940 bénéficie d’une retraite se montant à 75% de son dernier salaire, contre 61% pour celui né en 1990, et si aucune réforme supplémentaire n’est mise en place - ce qui est peu probable. C’est la prise en compte des 25 meilleures années de salaire, plutôt que des 10 meilleures comme auparavant, qui explique cette baisse.

                    Cela peut paraître paradoxal, mais ce n’est pas parce que la pension moyenne a baissé par rapport au dernier salaire qu’elle a baissé tout court. En effet, « la pension moyenne relative à 68 ans a cru régulièrement pour l’ensemble des assurés au sein de chaque génération (+5 points entre les Français nés en 1940 et ceux nés en 1950) ». Il faut y voir l’effet de l’amélioration des carrières des femmes, de mesures de surcote et de relèvement des minima de pensions entre autres.

                    • Les cotisations ont grimpé

                    Dans le cas d’un cadre du privé, le taux de cotisation moyen par génération a bondi de 16,4% pour la génération née en 1932, à 28% pour celle née en 1990. Cette hausse est alimentée à la fois par les contributions au régime général (Caisse nationale d’assurance vieillesse - CNAV, retraite de base) et aux retraites complémentaires Agirc et Arrco. Les premières ont notamment doublé, passant de 8,5% en 1967 à 17,75% aujourd’hui.

                    Ce n’est pas tout. « Les taux de cotisation légaux ne donnent qu’une vision partielle des contributions financières des assurés au système de retraite, ajoute le COR, notamment parce que ces contributions peuvent passer par d’autres canaux que les cotisations : part de la CSG affectée aux retraites et taxes affectées. »

                    • L’âge moyen de départ à la retraite se stabilisera à terme

                    Si aucune réforme ne repousse les bornes d’âge à la retraite - ce qui est peu probable vu la situation financière des régimes - « l’âge moyen de départ à la retraite se stabiliserait légèrement au-dessus de 64 ans à partir des générations nées dans les années 1980 »... Après avoir fortement augmenté pour les générations des décennies précédentes.

                    Un temps passé à la retraite inégal

                    Toutes les générations ne sont pas égales face au temps passé à la retraite. « La durée de retraite moyenne relative à la durée de vie totale reste dans une fourchette de variation de plus ou moins 3 à 4% entre les générations 1943 et 1990, le maximum étant atteint pour la génération née en 1950 (durée de retraite égale à 30,6% de la durée de vie dans le scénario central de mortalité de l’INSEE) et le minimum pour la génération née en 1974 (28,6%) », observe le COR. Cette évolution, particulièrement défavorable à la génération née en 1974, comme le souligne L’Opinion ,s’explique par le report rapide de deux ans des bornes d’âge entre les générations 1950 et 1955 et l’augmentation de la durée requise de cotisation, suite aux dernières réformes des retraites.

                    • Cotiser plus pour toucher moins : le sort peu envié des salariés

                    Le rendement du système de retraite pour les salariés du privé a dégringolé ces dernières décennies. Pour la seule partie complémentaire (Agirc et Arrco), les réformes successives depuis 1970 ont divisé par deux le rendement. Le même mouvement, de moindre ampleur toutefois, s’observe pour la retraite de base de la CNAV. Ceci s’explique par un double mouvement de hausse des cotisations et de baisse relative des prestations. En clair, les salariés du privé d’aujourd’hui cotisent plus pour toucher une pension moindre.

                    Le constat est implacable.

                    Il va falloir partager car le système par capitalisation est la porte ouverte au chacun pour soi tandis que le système par répartition est dans l’impasse.

                    Trop de demandeurs pour peu de cotisants. Nul besoin d’explications superflues.

                    Quant à la solution « miracle » de l’immigration, qui peut être assez stupide et idiot pour croire que tous ces gens venus en Europe et en France accepteront de se crever la paillasse pour cotiser et assurer les vieux jours des retraités et personnes dépendantes ?

                    Rien n’est perdu.

                    Péréquation immédiate.

                    Politique nataliste à tout crin.

                    On redresse la situation à court terme et à moyen terme.

                    Cordialement,

                    Renaud Bouchard


                  • Emohtaryp Emohtaryp 18 décembre 2018 14:27

                    Bonjour,

                    À noter que pour cette éviction, Asselineau demande à tous les députés d’engager une procédure de destitution selon l’article 68 de la constitution depuis UN MOIS....et pour l’instant restée lettre morte !

                    Pour l’instant, AUCUN député n’a daigné s’engager dans ce sens, ils protègent tous l’inepte !

                    https://www.upr.fr/tableau-des-reponses-des-deputes-concernant-lactivation-de-larticle-68/


                    • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 18 décembre 2018 15:13

                      @Emohtaryp
                      Bonjour et merci de votre visite.

                      Il est bien évident que l’attrait de la gamelle est plus fort que tout.

                      Ce sont les mêmes qui seraient prêts à voter des mesures anticonstitutionnelles avec la conscience du travail bien fait, bien assis, au chaud.

                      Cette Assemblée nationale est l’illustration parfaite d’une représentation confisquée par des gens prêts à tout pour que surtout rien ne change.

                      On en vient à se poser la question : que faudrait-il comme action, événement pour que soient réunies les conditions ouvrant la mise en œuvre de l’article 68 de la Constitution ?

                      Nul doute qu’en cas de véritable changement de pouvoir et dans la perspective d’une remise à zéro des compteurs et d’une véritable opération de « spoli-system » on finirait par trouver matière à qualification d’agissements répréhensibles.

                      En vertu de cet article, les parlementaires peuvent en effet se constituer en Haute-Cour et voter la destitution du président de la République « en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat ».

                      Eléments : https://www.upr.fr/actualite/france/conseil-aux-gilets-jaunes-lettre-type-a-adresser-a-votre-depute-et-aux-senateurs-de-votre-departement-pour-reclamer-la-destitution-de-macron-par-mise-en-oeuvre-de-larticle-68-de-la-constitut/

                      Bien à vous,
                      Renaud Bouchard


                    • Jason Jason 18 décembre 2018 17:08
                      Bonjour, et merci pour cet article très bien documenté.

                      Ce mouvement me plonge dans la plus grande perplexité. Autant je me réjouis de son ampleur, de la ténacité de ses participants et de la teneur des premières revendications, autant je m’inquiète de la suite.

                      Les plus radicaux, rejoints par des partisans d’un grand changement, réclament le départ du président. D’autres, tout en approuvant le remplacement, se contenteraient d’une amélioration du pouvoir d’achat tout en remplissant des cahiers de doléances. Doléances que notre monarchie républicaine prendra en considération ou non.

                      Toutefois, ces exigences qui semblent confuses aux yeux de beaucoup, sont très insuffisantes. Car, il ne faut pas demander, il faut exiger et garder des ressources en cas de refus, de tergiversations, ou d’égarements dans des labyrinthes bureaucratiques, des considérations économiques européennes, et un appel à la raison... Qu’est-ce qui sera à l’agenda des discussions à venir ? Fixé par qui et dans quelles conditions ?

                      Car, que nous promet ce gouvernement dans son offre d’une grande table de discussions promise de janvier à mars 2019 ?

                      Dans tous les cas de figure, ce gouvernement (ou un autre), ce président (ou un autre) ne toucheront pas l’hégémonie, à la prédation des forces de la finance et du capital sur la (les) société (s). Ils ne toucheront pas au salariat dépendant des marchés, à la financiarisation, aux sacro-saints axiomes de l’investissement, de la compétitivité, de l’internationalisation du commerce (la fameuse globalisation qui fait peur et taire tout le monde !), aux grands principes que personne ou presque ne sait remettre en question dans le monde politique ; sinon pour justifier ce qui est.

                      Alors, satisfaire une demande de pouvoir d’achat ne fera que continuer à faire payer les contribuables les plus vulnérables pour une embellie illusoire d’un an ou deux.

                      Si le mouvement des GJ ne voit pas que ce gouvernement se garde bien de toucher à la consommation des ménages (toutes dépenses, loyers et charges incluses) par une intervention vigoureuse, la population retournera à la case départ. Et en général, les républiques, depuis leur fondation en France il y a plus de 200 ans, n’aiment pas toucher au capital, à la rente et au patrimoine. 

                      • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 19 décembre 2018 19:43

                        @Jason
                        Bonsoir Jason et désolé de vous répondre aussi tardivement.
                        Très bonne analyse.

                        Quelques manchettes dans les quotidiens du jour :

                        Gilets jaunes : gros cafouillage à Matignon sur l’extension du chèque énergie.
                        Le Sénat prêt à voter les mesures Macron.
                        Les socialistes poussent à un referendum sur le retour à l’ISF.
                        La baisse du prix du pétrole ralentira l’inflation.
                        L’exécutif s’active pour éviter que la colère des policiers n’empire.

                        Le but est de tenir tout en pariant sur l’usure et la fatigue.

                        Il me semble que le calcul est aussi erroné que la stratégie ou la tactique qui prétendent orienter l’action gouvernementale et présidentielle.

                        Nous avons affaire à un amateurisme et à un bricolage qui ne peuvent s’affranchir de contraintes politiques, économiques, financières, sociales d’ordre interne et externe.

                        Le Grand Débat, la grande concertation annoncés pour tenter de désamorcer le mouvement Gj ne sont que manière de jouer la montre pour tenter de trouver un peu de répit, quelque chose d’ici l’échéance des prochaines élections européennes au mois de mai 2019.

                        Déconsidéré sur le plan national comme sur le plan international, le chef de l’Etat a perdu toute l’invincibilité dont ses zélateurs le créditaient : le dieu a saigné.

                        Il est devenu mortel.
                        https://www.youtube.com/watch?v=4G4ix8-0rq4

                        Voici un texte qui donne un état de pensée assez précis, à l’image d’une sonde thermocouple plongée dans l’état psychologique de la société.

                        Pour le moment, et à l’image de l’outil précité, nous attendons le temps de réponse au regard des événements qui vont surgir, telle la question de l’immigration et du fameux « pacte de Marrakech » signé de manière subreptice et qui sera , comme je l’imagine, le tombeau politique de M. Macron.

                        Cordialement,
                        Renaud Bouchard


                      • microf 18 décembre 2018 23:31
                        Bonsoir Renaud Bouchard !

                        Voici un article sur la question des gilets, le

                        Point de vue africain sur une situation française.

                        https://youtu.be/O7E8oJ_BUJ0


                        • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 19 décembre 2018 17:58

                          @microf
                          Bonsoir et merci pour ce point de vue africain sur une situation française.

                          https://youtu.be/O7E8oJ_BUJ0

                          Voilà un commentateur que j’inviterais volontiers en France pour donner son point de vue à quelques interlocuteurs pétris de bonne conscience et de suffisance.

                          Bien à vous,

                          Renaud Bouchard


                        • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 20 décembre 2018 10:22

                          Aux Lecteurs.

                          Kill Bill ou la trame de fond du malaise politique et de ses dérives.

                          Le nécessaire rappel à la loi et l’obligation de punir celui qui a laissé prospérer une dérive inacceptable dans un Etat de droit.

                          https://lundi.am/De-quoi-Benalla-est-il-le-symptome

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