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Accueil du site > Tribune Libre > Force des mots, faiblesse des idées

Force des mots, faiblesse des idées

C’est en suivant le Manuel d’écriture inclusive de Raphaël Haddad (Mots-clés, mai 2017) et le guide Pour une communication publique sans stéréotype de sexe du Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes publié par la Documentation française que cet article a été écrit. J'ai conservé les citations dans le texte originel. 

Si toute langue reflète les valeurs collectives d’une culture et évolue avec elles, un discours individuel témoigne d’une certaine façon de la personnalité de celui·elle qui le tient. Les mots, expressions, styles, quel que soit le type de discours dans lequel ils sont utilisés, ne sont pas neutres. Ils dévoilent souvent les idées et sentiments de l’auteur·e, directement ou indirectement, et peuvent être utilisés pour influencer les lecteurs·rices parfois à leur insu.

Chacun·e utilise cette démarche dans le langage courant, parfois sans s’en rendre compte. Considérons, à titre d’exemple, les phrases suivantes qui ne diffèrent que d’un mot :

  • Après une journée de marche dans le désert, il lui restait seulement une demi-bouteille d’eau.
  • Après une journée de marche dans le désert, il lui restait encore une demi-bouteille d’eau.

Ces deux phrases décrivent exactement le même fait, mais traduisent chacune un état d’esprit différent. Dans le premier cas, le·la lecteur·rice pense à une fin malheureuse, à l’inverse du second qui laisse de l’espoir. Si l’auteur·e choisit les mots suivant son émotion, il·elle se dévoile. S’il·elle les choisit suivant un objectif a priori, il·elle influence le·la lecteur·rice ou l’auditeur·rice. L’un n’exclut pas l’autre, bien sûr.

Ce procédé est dans la nature même de la littérature. Il ne se limite pas au choix des mots : c’est tout le discours qui est construit. Répétitions, emphases, figures de style, tournures grammaticales, transgressions, citations, aphorismes, litotes, … Mais dans le cas du discours philosophique ou politique, ce procédé sert une intention et devient un stratagème pour persuader l’interlocuteur·rice ou le·la lecteur·rice par l’émotion, la séduction, le sentiment, l’empathie, … S’y ajoutent une intonation, une façon de parler, des mouvements de « manche » bien connus des avocat·e·s.

La rhétorique a toujours été utilisée dans les discours politiques. Cette capacité à persuader, ce charisme, tout le monde ne l’a pas parmi les responsables politiques. La puissance du verbe de Mélenchon est bien supérieure à celle de Macron. Le premier fait croire, avec un certain succès, à une illusion, à une utopie, par un discours péremptoire exploitant l’ignorance des auditeur·rice·s, confirmant leurs idées préconçues, répondant à leurs besoins émotionnels, et une posture physique particulière, tandis que le second fait appel à la raison, développe des arguments logiques pour justifier une politique concrète et ne cherche pas à plaire. La démocratie moderne n’est pas fondée sur la rhétorique, mais sur le débat dialectique. Mélenchon empêche ce dernier, Macron le génère. Le premier cherche à persuader, le second tente de convaincre. « Quand un orateur, grâce à la simple magie des mots et d’une voix d’or, persuade son auditoire de la justesse d’une mauvaise cause, nous sommes fort congrûment scandalisés. Nous devrions éprouver la même appréhension chaque fois que nous voyons employer les mêmes tours, étrangers à la question, pour persuader les gens de la justesse d’une bonne cause » (A. Huxley, Les Diables de Loudun, trad. Jules Castier, p. 27, 1952, Plon, Paris).

Ce procédé est maintenant dépassé. La confusion volontaire entre genre grammatical et sexe biologique est une manipulation idéologique qui utilise des moyens différents. Un groupe de professeur·es de français vient de décider de ne plus enseigner la règle « le masculin l’emporte sur le féminin ». Il·elle·s s’attribuent le pouvoir de changer une règle de la grammaire française ! Pour qui se prennent- il·elle·s ? Vont- il·elle·s corriger les auteur·e·s classiques ? Cette confusion, qui aboutit à l’imbécillité hystérique qu’est l’écriture inclusive, existe depuis longtemps. Elle devient peu à peu officielle, obligatoire, au point qu’un député a été sanctionné en 2014 pour avoir dit et répété « Madame le Président » au sein de l’Assemblée nationale. Ceux·elles qui croyaient que dans les assemblées politiques, la liberté d’expression, valeur constitutionnelle fondamentale, était respectée, se sont complètement trompé·es ! Une fois de plus, une réglementation, et, ce qui est pire, de l’Assemblée Nationale, est contraire à la Constitution qui, heureusement, n’interdit pas les fautes de français. C’est cette liberté qui permet de dire « la ministre », « la présidente », « l’auteure », d’employer l’écriture inclusive etc. mais elle permet inversement de continuer de dire Madame le président, d’appeler Maître une avocate, ou d’affirmer avec Christine Angot qu’elle est un écrivain. Féminiser les termes est l’exercice de cette liberté, imposer leur féminisation une entrave à cette même liberté. La liberté permet de diffuser l’idéologie féministe, mais interdit de l’imposer. Jamais personne n’a été condamné·e pour avoir dit Madame la Présidente au temps de la domination du genre masculin sur le genre féminin.

La manipulation idéologique se traduit aussi par la disparition imposée de mots. Il n’y a plus d’aveugles ni de sourd.e.s, mais des « malvoyant.e.s » et des « malentendant.e.s ». « Mademoiselle » n’existe plus dans le langage administratif. Le terme « race » a été supprimé du Code pénal, du Code de procédure pénale et de la loi sur la liberté de la presse, à l’initiative du Front de gauche, auquel s'est rallié le PS (Le Monde du 16 mai 2013). Pour certain·es, la race n’existe pas ! La couleur de la peau non plus ? Ce sont maintenant des blanc·he·s qui sont expulsé·e·s de certaines réunions syndicales : on a voulu supprimer le racisme par la porte, il revient par la fenêtre, et l’apartheid est inversé.

C’est limiter le sens des mots à leur signification biologique quand le sens courant est considéré comme contraire à la morale « officielle ». C’est donner aux élu·e·s un pouvoir dangereux sur la langue française. C’est aussi accuser de racisme ceux·elles qui affirment l’existence de races dans l’espèce humaine, alors que leur simple existence sociale ne préjuge pas d’une hiérarchie raciale, de la même façon que le député a été accusé de dévaloriser les femmes en répétant « Madame le Président ».

Une autre façon de manipuler les esprits est enfin d’utiliser des termes sans jamais les définir. L’égalité est ainsi devenue un non-sens tellement elle est galvaudée. C’est implicitement l’égalité réelle qui est une revendication systématique, mais on n’en donne jamais la définition parce que personne ne sait plus précisément ce qu’elle est et qu’elle est contraire à l’égalité en droits. Que signifie l’égalité réelle des croyances, de la liberté d’expression, des comportements sexuels ? Considérer que l’inégalité est un signe de supériorité et d’infériorité, et que par conséquent elle est injuste, est un abus de langage : l’inégalité, c’est la différence sans jugement de valeur, ce n’est pas le mieux et le moins bien. La différence entre un homme et une femme est une évidence, et ne signifie pas que l’un·e est supérieur·e à l’autre. Prétendre le contraire revient à reconnaître l’existence a priori d’un ordre implicite des valeurs, et caractérise la volonté de le contester, éventuellement de l’inverser comme le font peu à peu les syndicats dont j’ai parlé précédemment.

L’opposition entre la dialectique, c’est-à-dire la confrontation d’arguments rationnels pour trouver autant que possible une vérité commune sur le sujet abordé, et la rhétorique, qui utilise tous les moyens pour persuader l’auditeur·rice d’une « vérité » choisie a priori, est très bien décrite dans le Gorgias de Platon. On y voit s’affronter Socrate et Gorgias, Polos et Calliclès, et la difficulté que rencontre le premier à contredire les seconds. Pour Socrate, le débat dialectique doit aboutir à une vérité sur laquelle on s’accorde après avoir confronté les arguments rationnels des un·e·s et des autres, tandis que, la vérité n’existant pas, les rhéteur·e·s s’estiment en droit d’utiliser tous les moyens pour persuader ceux·elles qui les écoutent de leur vérité. C’est oublier La Fontaine et que « tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute ».

Qu’il n’existe pas de vérité absolue ne justifie ni l’escroquerie intellectuelle ni la manipulation du langage pour défendre des idées, aussi justes soient-elles. Mais l’absurdité est de plus en plus difficile à combattre rationnellement, parce qu’elle est l’aboutissement de l’égalité réelle. Christian Vandendorpe, professeur à l’université d’Ottawa, donne de nombreux exemples de discours complètement aberrants, surtout au Canada, par exemple : « La dernière édition de la Bible publiée au Oxford University Press a éliminé toute référence à ce qui pouvait choquer ou crisper une minorité un peu susceptible. En plus de changements prévisibles, comme de remplacer Dieu " le père " par " père-mère ", et " fils de l'Homme " par " fils de l'humain ", la sollicitude des rédacteurs est allée jusqu'à remplacer " la main droite de Dieu " par " la main puissante de Dieu ", afin de ne pas offenser les gauchers » (Discours social. L'Esprit de censure, vol. 7 : no 1-2, 1995, p. 135-152).

Le constat d’impuissance devant cette évolution en cours depuis plus de vingt ans est extrêmement décevant. Les textes officiels respectent scrupuleusement ces exigences idéologiques linguistiques et les responsables politiques et sociaux·ales s’y sont tout·e·s plié·e·s : il·elle·s parlent aux « Françaises, Français » et aux « citoyennes, citoyens » : faut-il changer la Marseillaise ? La Déclaration des droits de l’Homme ? Dire que Johnny Hallyday est « un star » de la chanson et que Carla Bruni est une « ancienne mannequine » ? Pour La Fontaine (Le dépositaire infidèle) :

« Quand l'absurde est outré, l'on lui fait trop d'honneur
De vouloir par raison combattre son erreur :
Enchérir est plus court, sans s'échauffer la bile »


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18 réactions à cet article    


  • Gasty Gasty 22 novembre 13:35

    Que de baratinage....

    Et bien moi je ne suis pas d’accord lorsque je lis « le·la lecteur·rice pense à une fin malheureuse » que l’auteur n’est pas inclut dans son orthographe inclusive « le·la lecteur·rice pense à un-e fin malheureux-se ». Y’à pas de raison !

    Au passage en profiter pour glisser subrepticement ses idées politiques faut pas déconner non plus« la puissance du verbe de Mélenchon est bien supérieure à celle de Macron. Le premier fait croire, avec un certain succès, à une illusion, à une utopie, par un discours péremptoire exploitant l’ignorance des auditeur·rice·s, confirmant leurs idées préconçues, répondant à leurs besoins émotionnels, et une posture physique particulière, tandis que le second fait appel à la raison »


    • Gasty Gasty 22 novembre 13:45

      Ne chercheriez-vous pas à influencer par vos idées et sentiments les lecteurs·rices à leur insu vous aussi ?

      Dommage !


    • foufouille foufouille 22 novembre 13:49

      @Gasty

      fin n’est pas vivant donc la règle ne s’applique pas.


    • Alren Alren 22 novembre 16:28

      @foufouille

      L’écriture inclusive n’est pas une règle mais l’ignorance d’une règle, celle qui dit que quand les deux genres grammaticaux sont associés ont écrit au genre neutre  !
      Celui-ci s’écrit comme le masculin, sans ajout, et se confond avec lui pour l’écriture.

      Ainsi dans le groupe grammatical « le ciel et la mer bleus » l’adjectif « bleus » est du genre neutre, pas masculin.
      Si cela gêne de voir « mer » à côté du neutre, il suffit de dire ’la mer et le ciel bleus« tout simplement !

      Quand on dit »Monsieur le préfet« on ne fait pas référence au sexe de celui qui préside mais à la fonction. La »préfète« est la femme du préfet lors de la réception de notables à la préfecture tout comme la »générale« est l’épouse du général.
      Donc il est souhaitable de dire »Madame le préfet« et »Madame le général« .

      Toutefois dire »la préfète" pour désigner celle qui exerce la fonction de préfet est acceptable alors que l’écriture inclusive systématique est ridicule et reste une faute, voire une trahison, de la langue.


    • Thierry FOUCART Thierry FOUCART 22 novembre 17:26

      @Gasty
      Ce n’est pas à leur insu ! 


    • Thierry FOUCART Thierry FOUCART 22 novembre 17:30
      @Gasty
      Vous n’êtes influençable, tant mieux pour vous.
      Ce n’est pas « subrepticement » puisque vous vous en rendez compte. 
      « N’est pas inclut » : n’ait pas inclus

    • Gasty Gasty 22 novembre 18:24

      @Thierry FOUCART

      Subrepticement : D’une manière insidieuse, voire trompeuse, en se cachant .Auriez-vous préférez insidieusement ? Soit, alors « insidieusement » dont le but est de piéger... non ?...ET bien « hypocritement ou encore sournoisement ».

      J’aimais bien subrepticement...mais ça plaisante pas hein !


    • JL JL 22 novembre 13:56

      Pourquoi avoir rendu ce texte illisible par le procédé que, si j’ai bien compris malgré la difficulté de lecture, vous dénoncez ?
       
      D’autant que ma capacité à déchiffrer la pensée de l’auteur d’une telle écriture n’a pas été suffisante pour aller jusqu’au bout.
       
       


      • Thierry FOUCART Thierry FOUCART 22 novembre 17:27

        @JL
        Justement pour montrer que c’est illisible.


      • JL JL 22 novembre 18:37

        @Thierry FOUCART
         
        vous êtes d’une abnégation admirable !
         
         smiley


      • Cateaufoncel 22 novembre 16:08

        Pour ma part, j’ai lu jusqu’ici : « Ils dévoilent souvent les idées et sentiments de l’auteur·e... »

        Si j’ai bien compris, ça vous suffit pour connaître mes « idées et sentiments ». Donc, tout est bien : on gagne tous les deux du temps.


        • Christian Labrune Christian Labrune 22 novembre 23:53

          à l’auteur,

          Je trouve que l’écriture inclusive est scandaleusement réductrice puisqu’elle paraît assigner chacun, tyranniquement, à l’un ou l’autre des deux sexes. Or, il semble qu’ils soient plus nombreux que cela, les sexes, et ce n’est pas bien nouveau. Dans le roman de Balzac intitulé Le Père Goriot, le jeune Rastifgnac, fort désargenté et monté à Paris pour y réussir, s’installe dans un modeste étanblissement dont l’enseigne porte cette inscription : « pension Vauquer, des deux sexes ET AUTRES ».

          On oublie, malgré une extrême sollicitude dont témoignait le « mariage pour tous » et qui semble malheureusement avoir pris fin, qu’il existe des homosexuel.les, des travesti.e.s, des transsexuel.les, des hermaphrodites, et tant d’autres qui auraient à peu près autant de mal à se situer par rapport à l’un ou l’autre des deux sexes reconnus par la grammaire française qu’un Bayrou à définir sa position exacte par rapport à la gauche ou à la droite.

          J’ai beaucoup apprécié l’application que vous avez mise à rédiger cet exercice de style qui aurait beaucoup plu à Raymond Queneau mais, ancien professeur de lettres, je me sens quand même forcé d’écrire une formule que j’ai souvent employée, comme tous mes pareils : « peut mieux faire ! ».

          Il serait donc souhaitable que vous nous trouviez une solution plus généreuse, quitte à devoir réinventer la langue de fond en comble, de sorte que ne soient pas laissés au bord du chemin tant de citoyens qui hésitent entre le féminin et le masculin. Peut-être faudrait-il ajouter un quantificateur, une fraction féminin / masculin (les femmes paraissent avoir pris le dessus, ces derniers temps) qui permette à chacun d’exprimer sa spécificité lorsqu’il s’exprimera à la première personne. On trouve déjà ça sur les boîtes de camembert pour signaler la quantité de matière grasse. Ce sera plus compliqué, évidemment, lorsqu’on s’adressera à un auditoire ou à un lectorat dont on ignorera tout des penchants sexuels, mais les mathématiciens utilisent toute sorte de symboles qui permettent d’exprimer jusqu’à l’incertitude.

          En tout cas, ma contribution à la résolution de ce problème tout à fait crucial s’arrêtera, malgré l’extrême urgence qu’il y aurait à trouver enfin une solution, à ces très maigres suggestions. De votre côté, si vous pouviez revoir votre copie et parvenir à un système tout à fait cohérent, une sorte de relativité générale du sexe, il me semble que la Patrie vous en serait à jamais reconnaissante ; votre place au Panthéon serait assurée.
           


          • Thierry FOUCART Thierry FOUCART 23 novembre 09:59
            @Christian Labrune
            Je n’avais pas pensé à cette assignation forcée des homosexuels, transgenres, bisexuels etc . Cette assignation résulte encore de la confusion entre sexe biologique (il y en a deux et deux seulement, de la même façon que l’homme a dix doigts) et genre grammatical. On la retrouve dans la règle de candidature aux Conseils départementaux : les « binômes » doivent être constitués d’un homme et d’une femme indépendamment de leur genre. 
            Je ne sais pas dans quel état d’esprit Balzac a écrit « des deux sexes et autres ». A l’époque, la « théorie des genres » n’existait pas et l’homosexualité très mal vue et donc cachée (https://www.cairn.info/load_pdf.php?ID_ARTICLE=RHSH_017_0047). Ne serait-ce pas une simple provocation ? Une plaisanterie de table ? 

          • Christian Labrune Christian Labrune 23 novembre 14:46

            Ne serait-ce pas une simple provocation ? Une plaisanterie de table ?
            ...................................................................... ..
            @Thierry FOUCART
            Le gros Balzac n’est pas à une grasse plaisanterie près ! C’est que dans la même pension Vauquer vit également Vautrin, ancien bagnard qui s’intéressera beaucoup au jeune Rastignac. Au bagne comme sur les navires de l’époque lorsqu’ils ont à faire de longues traversées, chacun sait qu’on se débrouille comme on peut... Pauvres mousses !

            Je n’irai pas jusqu’à dire que votre position est d’un réactionnaire, même si pour moi le mot n’a vraiment rien d’insultant, mais enfin, je vois bien que vous en restez au sexe biologique. Or, depuis le « mariage pour tous », on n’en est plus là. Les tenants de l’écriture inclusive ne se sont pas encore avisés qu’ils étaient eux aussi en retard sur leurs très généreuses aspirations et qu’il leur faudrait bien un jour pousser leurs revendications grammaticales jusqu’aux ultimes conséquences logiques de leur belle aspiration égalitaire, qu’il leur faudrait par conséquent tenir compte de toute la gamme des sexualités intermédiaires. Passer du discret au continu, en quelque sorte. Je n’ai vu qu’après mon intervention que vous étiez mathématicien, et il me semble que vous êtes donc mieux placé que quiconque pour réaliser une grammaire de grande unification qui pourrait ressembler à la théorie cantorienne.

            Il va de soi qu’il faudra abandonner nos logiciels de traitement de texte ordinaires, n’utiliser plus que ceux, très spécialisés qui servent, dans votre domaine, à rédiger les démonstrations parsemées de formules très complexes. Il n’est pas certain que cela facilitera la lecture du vulgum pecus : l’éthique rédigée more geometrico par Spinoza n’est pas toujours non plus une partie de plaisir, mais enfin chacun s’y trouvera traité avec les égards qui conviennent à son sexe réel ou fantasmé, ainsi qu’il convient dans une démocratie, et c’est bien l’essentiel. Je serais très impatient de voir les premiers résultats et je suis prêt à passer toute une année s’il le faut pour me réformer et cesser enfin d’être le salaud que j’ai toujours été, manipulé à son insu, jusque dans l’écriture, par l’idéologie patriarcale.


          • bob14 bob14 23 novembre 07:41

            Décadence des mots et surtout de la société..150 à 200.000 étudiants sortent chaque année de l’EN sans savoir écrire ou compter ou lire !


            • Thierry FOUCART Thierry FOUCART 23 novembre 10:03

              Oui, c’est aberrant de se préoccuper de ce problème alors que l’enseignement de la langue française est en grande difficulté (voir les fautes d’orthographes dans certains commentaires !). 


              • Christian Labrune Christian Labrune 23 novembre 14:51

                Oui, c’est aberrant de se préoccuper de ce problème alors que l’enseignement de la langue française est en grande difficulté
                ...................................................................... ........
                @Thierry FOUCART
                C’est que le niveau monte et on ne peut pas l’empêcher de monter. Il atteignait ces derniers jours des sommets, ainsi qu’on pourra en juger par cet article :

                https://blog.causeur.fr/bonnetdane/atelier-en-non-mixite-raciale-001966.html#ligne


              • Thierry FOUCART Thierry FOUCART 23 novembre 10:03

                dont les miennes !

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