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Accueil du site > Tribune Libre > France, fille aînée de l’Eglise des Droits-de-l’homme

France, fille aînée de l’Eglise des Droits-de-l’homme

Les tenants de la tradition se lamentent souvent sur le fait que la France était autrefois appelée « fille aînée de l’Eglise ». Ce surnom prestigieux lui venait de Clovis qui fut le premier chef germanique à se convertir au christianisme et les Francs firent par ailleurs des efforts immenses - et couronnés de succès - pour convertir les autres tribus germaniques à leur nouvelle religion. Cette époque est bel et bien révolue. Pourtant, cette tradition n’a pas autant disparu qu’on pourrait le croire. Car la France est aujourd’hui une des figures de proue du nouveau culte des droits de l’homme dans le monde.

En effet, La France fut un des premiers pays occidentaux à porter au Pouvoir, seulement 6 ans après mai 68, un jeune Président (Valéry Giscard d’Estaing) qui allait balayer l’héritage gaulliste en seulement quelques années et entraîner un bouleversement complet des mœurs culturelles et politiques du pays (avortement, regroupement familial, intégration européenne…).

L’influence toujours importante de la philosophie rousseauiste dans la pensée française, ainsi que le bouillonnement germano-pratin des années 50 qui trouvait un écho dans la beat generation aux Etats-Unis, portaient en gestation cette révolution.

Une révolution des mœurs, qui fut suivie de peu par la révolution informatique, et qui a transformé l’état américain de Californie en véritable phare du monde occidental. Ses universités sont considérées comme un modèle de « progressisme », ses entreprises règnent sans partage sur internet (Google, Amazon, Facebook, Twitter, …) et sa culture (notamment le « cool » et le « care ») est adoptée en masse par toute la jeunesse et la bourgeoisie occidentale.

La France et les Etats-Unis apparaissent donc bien comme les deux fers de lance de ce grand renversement des valeurs des années 50 à 70. L’immense succès des world companies américaines en France ne fait que confirmer cette nouvelle proximité culturelle entre les deux pays.

 

Ce qui n’était au départ qu’un mouvement de contestation de l’ordre social établi a fini par devenir le modèle dominant au fur et à mesure que les jeunes révoltés devenaient les nouvelles élites. Ce mouvement individualiste et hédoniste finit par se structurer et par consolider son dogme en récupérant naturellemen les droits de l’homme, désormais considéré exclusivement en tant qu’individu ; et en les transformant peu à peu en véritable religion.

Cette version dégénérée du christianisme, dans laquelle l’homme finit par se rendre un culte à lui-même, était peut-être déjà en gestation dans le message du Christ. Mais pour les autres religions monothéistes, en particulier l’Islam, c’est une hérésie absolue. Car dans l’Islam l’homme doit une soumission absolue à Dieu, et non l’inverse… L’espoir de voir l’Islam trouver une synthèse avec le culte des droits-de-l’homme est donc pour le moment hors de vue.

Cette sanctification de l’être humain ne constitue-t-elle pas malgré tout un progrès ? Peut-être. Mais elle repose sur un présupposé rousseauiste qui est loin d’être établi : l’homme serait fondamentalement bon. Une vision qui reste très contestée (Hobbes, Darwin) et a récemment été remise en cause par la découverte de scènes de massacres datant la préhistoire (1).

 

L’histoire qui nous a également mainte fois montré que l’homme, dans sa quête d’absolu, se conduit souvent de pire façon que les animaux envers ses propres semblables.

Et la nouvelle religion des droits-de-l’homme ne fait malheureusement pas exception à la règle, sa « croisade » en terre d’Islam (Irak, Libye, Syrie) menace de plonger le monde entier dans le chaos.
Dans cette affaire, la France a d’ailleurs fidèlement suivi la Parole de son Prophète : BHL, le philosophe bombardier.

Comme toute religion, le culte des droit-de-l’homme a ses tables de la loi : la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 qui fait l’objet d’une récupération et d’une interprétation qui va bien au-delà de l’esprit des pères fondateurs.

Elle a bien sûr son clergé : les journalistes des grands médias qui tous les soirs prêchent la bonne parole du haut de leur chaire télévisuelle.
La presse écrite n’est pas en reste. En France, chaque quotidien a ses « ouailles », plus ou moins avancés dans la nouvelle théologie. Le Monde est l’organe de référence sur ce qu’il faut penser - ou plutôt croire ; tandis que Libération s’est posté à l’avant-garde. Le Figaro fait quant à lui des efforts louables pour tenter d’amener dans le droit chemin des lecteurs qui restent fondamentalement réfractaires. La Croix, enfin, tente des synthèses parfois audacieuses entre l’ancienne et la nouvelle religion.

Une nouvelle religion qui a évidemment ses temples : les centres commerciaux, dans lesquels l’individu-roi-consommateur vient communier devant le veau d’or en espérant atteindre le nirvana matérialiste promis.

Elle a aussi ses missionnaires : les humanitaires qui, comme autrefois les missionnaires chrétiens, passent leur vie à essayer de soulager les déshérités du bout-du-monde. Mais cette fois la délivrance est essentiellement matérielle : de l’eau, de la nourriture, des médicaments. Et l’espoir de pouvoir, peut-être un jour, fouler le sol de la Terre promise européenne ou américaine.
Les "French doctors" de Médecins du monde furent des précurseurs de ce mouvement.

La religion droit-de-l’hommiste a enfin sa Sainte Inquisition : la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Cette juridiction, à laquelle la France s’est servilement soumise, a le pouvoir de mettre aux fers ou de « brûler » en place médiatique tout hérétique ou réfractaire au Dogme.

 

En dépit de son succès foudroyant dans le monde occidental et sa victoire éclatante sur le Communisme, la nouvelle religion connaît aujourd’hui une période plus difficile. Dans les pays occidentaux, sa difficulté à prendre en compte pleinement l’homme dans sa dimension culturelle (et non seulement naturelle) entraîne un communautarisme galopant. Et les citoyens commencent à se rendre compte que, si l’homme à des droits, la société en a peut-être aussi.

Ailleurs dans le monde son caractère « progressiste », à savoir l’idée selon laquelle l’Histoire irait dans son sens, semble de plus en plus contesté (Russie, Chine, Inde, pays musulmans). Les pays anglo-saxons eux-mêmes semblent désormais s’interroger.

Il n’y a guère qu’en France où les élites bien-pensantes continuent d’afficher une foi indéfectible dans le Dogme. La France est certes le pays de Descartes ; mais ce fut aussi celui du fanatisme, des croisades et des guerres de religion. En ces temps de plus en plus troublés, il ne faudrait pas qu’elle se trompe de Génie.

 

 

(1) http://www.lefigaro.fr/culture/2016/06/09/03004-20160609ARTFIG00035-decouverte-d-une-scene-de-massacre-dans-l-alsace-prehistorique.php

 


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9 réactions à cet article    


  • V_Parlier V_Parlier 12 novembre 2016 10:40

    "Cette version dégénérée du christianisme, dans laquelle l’homme finit par se rendre un culte à lui-même, était peut-être déjà en gestation dans le message du Christ. Mais pour les autres religions monothéistes, en particulier l’Islam, c’est une hérésie absolue. Car dans l’Islam l’homme doit une soumission absolue à Dieu, et non l’inverse…"

    Oh là là, je sens venir la récup de l’imam qui racolle à tout va parmi les croyants. Le tout dissimulé au milieu d’un texte crédible par ailleurs. En outre, la définition du christianisme qui est donnée là est plutôt celle de la franc-maçonnerie (qui oeuvre en effet imposer cette dénaturation par exemple chez les catholiques en France). Si je m’y mets je peux aussi pondre des banalités sur l’islam de daech pour prouver que le christianisme est meilleur. La même chose que ce que l’auteur fait.

    Enfin, cette pensée orgueilleuse rousseauiste dont il est question puise bel et bien ses sources chez des anticléricaux enragés, tout comme les poncifs qui viennent de la révolution française et servent aujourd’hui l’impérialisme. Alors ne noyons pas le poisson.


    • hunter hunter 12 novembre 2016 11:39

      @V_Parlier
       
       « Alors ne noyons pas le poisson. »

      Qu’est-ce qu’il vous a fait ce pauvre Jean-Frédéric ?

       smiley

      Adishatz

      H/


    • manu manu 12 novembre 2016 23:15

      @V_Parlier

      Pour les ceux qui veulent changer de livres de chevet je conseille Krishnamurti, là pas de culte à soi même ni de soumission absolue à Dieu, de la lucidité et la recette pour que la pensée soit au service de l’homme et non l’homme au service d’une pensée.


    • Eric F Eric F 12 novembre 2016 12:15

      Le droit de l’hommisme n’est pas spécifique à la France, mais les anglo-saxons en ont une vision plus individualiste, et les Français une vision plus sociale.



        • alain_àààé 12 novembre 2016 14:25

          excellent article mais devrait etre plus explicite car nous avons des musulmans qui dirigent la fondation des droits de l homme mais nous avons perdu d etre la fille de léglise mais on essaye de nous inculqué que nous sommes devenu la fille d ISRAEL« .quand a vos docteurs ong je ne dirais qu un mot ordure pourquoi en afrique ces ordures demandaient lorsqu ils avaient un malade ou bléssé ils demandaient si l entreprise payait sinon ils ne soigniaient pas voila leur face d ordure »je pourrais dire que lorsqu ils font leur quette chez les gens je leur ais dit leur vérité"


          • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 12 novembre 2016 15:13

            J’enrichis votre article ... Génétiquement parlant !


            La France « fille aînée de l’église », c’est pour la replacer dans le contexte « fille aînée du Calvaire »... Oui Clovis appelé à juste titre « Clovis le Barbare » a sa place dans la chronologie des Croisades jusqu’à à la contre-révolution de 1789 qui a justement ruiné les espoirs de l’humanité pour avoir enterré le principe des Droits humains ! 

            La « Francisque de Clovis » ou la « Machine de Guillotin »... Tout cela devait conduire le monde à ce qu’il est aujourd’hui ! C’est-à-dire au solide culte des pieds droits de l’homme qui supportent stoïquement les milliardaires apatrides qui ont crée leur Monde-Paradis avec le sang et la sueur des populaces mondiales. QUELLE RÉVOLUTION !

            • cétacose2 12 novembre 2016 17:47

              La France ? J’ai lu quelque part que si le Monde était un animal ,la France en serait le trou du cul tant elle est infestée de morpions . Qu’en pensez vous ?...c’est pas très sympa. .....

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