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Accueil du site > Tribune Libre > Francfort ou la City ? Les banquiers votent avec leurs pieds

Francfort ou la City ? Les banquiers votent avec leurs pieds

Après que Standard Chartered et Nomura aient choisi Frankfurt comme nouvelle plate-forme de transactions, Morgan Stanley les rejoint tandis que JP Morgan et Goldman Sachs, transfèrent des emplois basés à Londres vers d’autres places financières. D’autres villes européennes, en particulier Dublin Francfort et Paris, courtisent les banques britanniques qui n’attendront pas la fin des négociations entre l’UE et le Royaume-Uni pour se déterminer. Le slogan à la mode chez les financiers de la City est un jeu de mots intraduisible sans périphrase : « Better in than out » (littéralement : « il est préférable de rester à l’intérieur que de sortir » sous-entendu « par un temps pareil », et au sens figuré « si on ne reste pas dans le jeu, on est éliminé »)

Le mot-clé pour les banquiers est celui de ré-gle-men-ta-tion. Après la sortie de l’UE, le coût des opérations réalisées par les institutions financières britanniques avec des partenaires européens serait plus élevé si elles restaient à Londres que si elles sont présentes sur le terrain de l’UE. Dans certains cas, il est obligatoire que les transactions soient effectuées entre des établissements banquiers établis dans les pays membres, et si les banquiers de la City veulent continuer ce business, ils n’ont pas le choix.

Jusqu’à maintenant, le chantage à la délocalisation de la part des banquiers n’était pas pris au sérieux au Royaume-Uni dont les dirigeants étaient convaincus de représenter le centre de cet « univers impitoyable ». Même quand le gouvernement britannique avait prévu en 2009 de « surimposer » les profits des banques, les menaces de départ des intéressés n’avaient pas eu de suites après que les intéressés aient pesé les avantages et les inconvénients.

Aujourd’hui, il en va autrement et même si les conséquences du phénomène sont minimisées par les dirigeants politiques, l’impact sur l’emploi et l’économie pourrait ne pas être négligeable. Les services financiers emploient 7,3% de la main-d'œuvre du Royaume-Uni et, en 2015, ils ont rapporté 71,4 milliards de livres (80 milliards d’euros) au fisc, soit près de 12% du rendement total de l'impôt

Jusqu’à maintenant, Mme Theresa May a toujours affirmé que les banques ne seraient pas une priorité dans les négociations concernant la sortie du RU de l’UE. Mais au début de l’année, à Davos, elle avait déclaré : « J'apprécie les services financiers de la City et je veillerai à ce que nous puissions les maintenir dans la ville de Londres. Je crois que nous y arriverons. " Or, la tendance actuelle de transferts d’emplois ne se limite pas aux services financiers impliqués dans les transactions avec l'UE. Au fur et à mesure que les savoir-faire et les infrastructures des banques anglaises se délocalisent et s'intègrent ailleurs, on a l’impression que le centre de gravité se déplace. En tout état de cause, c’est bien Francfort qui semble le principal bénéficiaire de l’opération en termes d’emplois et de crédibilité. Paris tente d’attirer les scientifiques américains, mais le banquier Macron n’a pas fait d’appels du pied à ses collègues de la City.

Pour le monde de la finance, la véritable capitale européenne n’est sans doute ni Strasbourg où siège le parlement, ni Bruxelles où sont implantés le conseil et la Commission, mais Francfort, fief de la Banque Centrale Européenne. S’agit-il d’un simple calcul comptable sur le taux de rentabilité ou bien cela révèle-t-il un mouvement plus profond ?

« En ce qui concerne l’avenir, les masses se fient à ceux qui les persuadent qu’ils représentent leurs intérêts mieux que les autres. » Joseph Staline


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24 réactions à cet article    


  • flourens flourens 21 juillet 16:33

    Francfort où la City ?????
    pour eux moi je verrai bien Fleury-Mérogis



    • Roosevelt_vs_Keynes 21 juillet 17:19

      @Jeussey de Sourcesûre

      Allons au fond des choses : ce qui fait paniquer La City c’est Glass-Steagall !


    • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 21 juillet 17:28

      @Roosevelt_vs_Keynes

      Merci pour votre contribution

      Permettez-moi toutefois de de ne pas être convaincu par cette action : vouloir moraliser les banques, c’est rêver de convaincre un chat de devenir végétarien : vous arriverez à glisser des bouts de carottes dans ses croquettes, mais c’est tout.

      Et même si vous arriviez à le nourrir avec des croquettes végétales protéinées et toussa et toussa, vous ne l’empêcherez par de jouer avec les souris et les oiseaux s’il en a à sa disposition et s’il est libre. Si c’est un chat ’appartement stérilisé, autant faire comme les Islandais évoqués plus haut et mettre les banquiers en prison tout de suite.

    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 23 juillet 20:24

      @Jeussey de Sourcesûre
      Vous vous trompez, je crois. Si la finance (et les multinationales) veulent détruire les Etats Nations, c’est qu’ils représentent un danger : celui de légiférer contre les renards qui naviguent dans les poulaillers. Deux exemples.


      Avant Maastricht, et depuis 1801, la France empruntait à taux 0% à la Banque de France. Maastricht l’a interdit et a imposé à l’ Etat et aux Collectivités locales d’emprunter au marché = aux banques, avec intérêts, évidemment. Ce sont ces intérêts que nous payons.
      Sans l’ UE, la dette publique en France serait anecdotique.
      Si nous sortions de l’ UE, nous pourrions remettre en place le système précédent.

      L’Islande a laissé les banques faire faillite, (c’est interdit par les Traités européens) , car l’ Islande est un pays souverain, ni dans l’ UE, ni dans l’ euro.
      Comme l’Argentine l’a fait en 2002 : « Nous avons sauvé les gens plutôt que les banques ! ».

      Un Etat souverain peut faire ce qu’il veut dans l’intérêt général : dévaluer sa monnaie, laisser les banques faire faillite, protéger les comptes bancaires des citoyens, mettre des taxes aux importations, remettre en place le contrôle des mouvements de capitaux pour empêcher les délocalisations, etc

    • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 23 juillet 20:33

      @Fifi Brind_acier

      Vous dîtes que je me trompe, mais en fait on est d’accord, sauf que de mon point de vue, la souveraineté est bien nécessaire, mais pas suffisante.

    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 23 juillet 21:08

      @Jeussey de Sourcesûre
      Je n’ai jamais dit que c’était suffisant, mais c’est le point de départ indispensable. Sans souveraineté, 80% des lois qui s’appliquent en France sont faites à l’initiative de la Commission européenne qui passe 90% de son temps avec les lobbies, financiers, autant qu’industriels.

      Ensuite les Français décideront de l’avenir qu’ils veulent, mais sans Frexit, il est inutile de tailler des plans sur la comète....


    • cathy cathy 21 juillet 19:12

      La Cité se déplace en plein milieu de l’Europe, à Francfort.


      • Alren Alren 22 juillet 12:49

        @cathy

        La City se déplace en plein milieu de l’Europe, à Francfort.

        Est-ce vraiment une mauvaise chose pour le peuple britannique ?

        Les banques ont-elles actuellement un effet bénéfique sur l’économie réelle ou ne sont-elles pas la cause principale de la crise économique qui sévit depuis plus de dix ans ?

        Le problème des peuples ouest-européens, c’est le chômage de masse consécutif à la politique imposée par la finance de la délocalisation des activités industrielles ainsi qu’à l’importation massive de produits venus de pays où règne exploitation impitoyable des salarié(e)s.

        Or les banques offrent peu d’emplois de qualification moyenne ou basse, surtout avec l’irruption toujours plus grande et efficace de l’informatique.

        Sans compter que le transfert à Francfort du siège des banques britanniques n’empêchera pas celles-ci de conserver des filiales dans la City avec les privilèges moyenâgeux qu’elles y détiennent, pour accueillir les richissimes du monde qui fraudent leur fisc national et les clients du Commonwealth qui préféreront longtemps Londres à une ville allemande et une réglementation européenne qu’ils connaissent mal.

        Les banques ne sont pas l’avenir des peuples.

        L’avenir économique des peuples d’Europe c’est la domination dans les activités à très haut degré de qualification technique, innovantes et la super qualité des produits haut de gamme.

        Cela passe par un gigantesque effort d’éducation supérieure technique, comme le propose le programme de la FI, tout le contraire de la politique Sarkozy-Hollande-Macron qui ont ou vont couper encore dans les crédits insuffisants de l’enseignement.


      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 23 juillet 21:01

        @Alren
        Je crois que vous n’avez pas bien compris comment fonctionne l’ UE.
        Ou vous appliquez les Traités et vous faites la politique décidée par Bruxelles.
        Ou vous voulez faire une autre politique, et vous sortez de l’ UE par l’article 50.


        Mélenchon fait croire qu’on peut faire une autre politique, tout en restant dans l’ UE. C’est ne pas comprendre les moyens de rétorsion qui vous attendent : sanctions financières jusqu’à 0,2% du PIB, exclusion du Conseil européen, et l’arme suprême utilisée en Grèce contre Tsipras quand il a voulu remettre en cause la Troïka : la fermeture par la BCE du robinet bancaire. 

      • Vraidrapo 22 juillet 06:46

        Quid des 50% des Paradis fiscaux off-shore qui ont leur siège à London ?...
        ( Cf « La City : la finance en eaux troubles », France 5)


        • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 22 juillet 08:40

          @Vraidrapo

          Peut-être la City de Londres deviendra-t-elle « seulement » un paradis fiscal ?

        • Vraidrapo 22 juillet 13:22

          @Jeussey de Sourcesûre
           
          Si j’avais le pouvoir, je signerai pour qu’il en soit ainsi en France... taux de chômage == Suisse.


        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 23 juillet 20:28

          @Vraidrapo
          La Suisse n’est ni dans l’ UE, ni dans l’euro, grâce à cela elle a conservé une économie diversifiée et les emplois qui vont avec !


        • Vraidrapo 24 juillet 08:15

          @Fifi Brind_acier
          Ach so ?... Schön, wunderschön !...


        • HELIOS HELIOS 22 juillet 11:15

          Quand Goldman & Sachs se déplace a Frankfort, ce n’est pas a cause du Brexit, mais de la BCE.... c’est juste une opportunité et une bonne excuse !


          ... de plus, il serait interressant de voir combien de structures vont créer ces « migrants » de la finance, aussi bien en UK, qu’a Frankfort (mais pas ailleur) !

          • BA 22 juillet 13:33

            A propos de la construction européenne, de la Commission Européenne, de la connerie européenne :


            Quelle est la dernière proposition de la Commission Européenne ?


            Réponse :


            La dernière proposition de la Commission Européenne vise à réglementer la température de cuisson des aliments à base de pomme de terre. Problème : la Belgique refuse de modifier ses méthodes de cuisson traditionnelles. La Belgique a donc engagé un véritable bras de fer avec la Commission Européenne pour sauver la frite belge traditionnelle.


            Résultat du bras de fer : la Commission européenne a accepté de revoir le texte en n’obligeant pas les friteries belges à revoir leurs méthodes de cuisson. Du coup, la Belgique a fini par approuver la proposition de la Commission.


            La frite belge est sauvée. Mais la frite française ?


            Que va-t-il se passer si l’Union Européenne réglemente la cuisson des frites françaises ?


            Le suspens est insoutenable.


            Et maintenant l’UE va réglementer... la cuisson des frites.


            Les États membres de l’Union Européenne ont approuvé un texte réglementant la cuisson des aliments pouvant libérer de l’acrylamide. La Belgique inquiète pour l’avenir de sa tradition de la frite a fini par approuver le texte.


            http://www.lefigaro.fr/conso/2017/07/22/20010-20170722ARTFIG00010-et-maintenant-l-ue-va-reglementer-la-cuisson-des-frites.php


            • Ar zen Ar zen 22 juillet 16:58

              @BA

              La règlementation européenne s’applique à tous les Etats membres. Il n’y a pas d’exception. C’est comme pour les OGM !

              La Belgique, appliquera, comme les autres, les directives européennes. Il n’y aura pas de passe droit ni de réglementation spéciale pour la Belgique. Le texte précisera dans quelles conditions les petits « cuiseurs » pourront opérer, autant en Belgique qu’en France. 

            • Ar zen Ar zen 22 juillet 16:53

              L’avenir n’est pas certain. 

              La fusion des bourses de Londres et de Francfort, interdite par l’UE en mars 2017, pourrait bien avoir lieu, avec un siège social hors UE à Londres. 

              Par ailleurs, Francfort n’est pas le meilleur endroit géographique pour les investissements financiers si l’on doit considérer que l’euro est en voie d’extinction.

              Qui parle des soldes « TARGET » ?


              • HELIOS HELIOS 23 juillet 20:01

                @Ar zen


                Ce que je viens de lire dans votre lien qui cible le site de l’UPR, c’est que, respectant l’exemple, il y a un Euro allemand qui vaudrait 1,03 Euro espagnol. 
                Je ne sais pas si la valeur exprimée est réelle ou pas, en fait, peu importe, mais ce qui transparait est une evidence :
                il faut un Euro de façade pour tous les pays membres de la zone Euro, et un Euro « local » adapté a l’économie du pays « local ».

                Cela est exactement l’expression que certains économistes proposent discrètement et que Marine le Pen a tres maladroitement et exprimé lors du débat en parlant d’Écu etc.

                Reconnaissons que l’expression était mauvaise, le mélange des concepts aussi, mais la réalité persiste, si nous ne voulons pas changer de monnaie, c’est a dire conserver l’Euro, il faut qu’il y ait une monnaie artificielle pour chaque pays qui va servir a acheter les Euros que les banques et les citoyens utiliseront a l’exterieur.

                C’est d’ailleurs une des solutions permettant a tous de s’affranchir d’une mauvaise habitude qui favorise les pays « forts » au détriment des pays faibles.

                Bien a vous, et tous vos economistes...

                NB, je vous renvoie a ce que pourrait etre un « Euro local », dans le principe de ce que fait déjà le Chili pour adapter sa monnaie qui devrait etre verrouillée au dollar americain, alors que son economie n’a rien a voir avec les USA... comme notre economie n’a rien a voir avec celle de la Grece ou celle de l’Allemagne.


              • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 23 juillet 20:36

                @Ar zen
                J’allais en parler, l’euro est de plus en plus contesté, et risque d’exploser à tous moments, en Italie en particulier, à cause des divergences qu’il provoque entre les pays de la zone euro.
                « L’aveu de Marion Draghi montre l’urgence de sortir de l’ euro »


              • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 23 juillet 20:54

                @HELIOS
                La monnaie qui sert aux transactions internationales du commerce, c’est le dollar, en attendant que ce soit le Yuan...

                Marine le Pen ne comprend rien aux questions monétaires, elle devrait consulter plus souvent le site de l’ UPR  !!
                Pour que ça marche, c’est simple : Une monnaie = une économie = un peuple.
                « UPR. La tragédie de l’ euro »


                PS : L’euro n’est constitué que des monnaies nationales, rebaptisées un beau matin « euro ». « L’euro monnaie unique ou monnaie commune ? » C’est une monnaie commune aux pays de la zone euro.

                La BCE n’est pas une Banque centrale, et les Banques centrales des pays de la zone euro émettent la monnaie en euro.

                - Vous pouvez le vérifier en regardant les pièces en euros, elles viennent de tous les pays européens.

                - Les billets portent une lettre en majuscule qui indique le pays d’où ils viennent.


                Si c’était une monnaie unique, tous les billets et toutes les pièces seraient identiques. Cela est important, car cela signifie qu’il est plus simple d’en sortir et de revenir au Franc.

              • HELIOS HELIOS 24 juillet 15:15

                @Fifi Brind_acier

                réponse sans rapport avec la source, comme d’hab !

              • BA 25 juillet 14:16

                Sept pays européens sont en faillite.

                Ces sept pays empruntent de plus en plus d’argent en émettant des obligations d’Etat. Mais comme plus personne ne veut ces obligations d’Etat pourries, il ne reste plus que la Banque Centrale Européenne pour racheter ce papier sans valeur.

                Plus les pays européens sont en faillite, plus ils empruntent des milliards d’euros, et plus la BCE rachète ces obligations d’Etat pourries !

                Résultat : la BCE est devenue une gigantesque fosse à merde. La BCE a dans ses livres des centaines de milliards d’euros d’obligations d’Etat pourries, et elle continue à en racheter des milliards supplémentaires !

                Le bilan de la BCE vient juste de dépasser …

                … le PIB du Japon !

                http://www.zerohedge.com/sites/default/files/images/user5/imageroot/2017/07 /17/20170718_gdp.jpg

                La zone euro est devenue une gigantesque bulle obligataire, et cette bulle continue de gonfler.

                Le jour où la bulle obligataire de la zone euro éclatera, le monde tremblera.

                Voici les sept pays européens les plus surendettés :

                1- Médaille d’or : Grèce. Dette publique de 310,622 milliards d’euros, soit 176,2 % du PIB.

                2- Médaille d’argent : Italie. Dette publique de 2260,275 milliards d’euros, soit 134,7 % du PIB.

                3- Médaille de bronze : Portugal. Dette publique de 243,487 milliards d’euros, soit 130,5 % du PIB.

                4- Belgique : dette publique de 458,778 milliards d’euros, soit 107,7 % du PIB.

                5- Chypre : dette publique de 19,432 milliards d’euros, soit 107 % du PIB.

                6- Espagne : dette publique de 1128,719 milliards d’euros, soit 100,4 % du PIB.

                7- France : dette publique de 2209,768 milliards d’euros, soit 98,7 % du PIB.

                http://ec.europa.eu/eurostat/documents/2995521/8118671/2-20072017-AP-FR.pdf/87b3b2bf-1078-4656-8aef-33ca0761e9d6

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