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Accueil du site > Tribune Libre > Front de gauche : un échec à méditer

Front de gauche : un échec à méditer

Certains diront que 11 à 12% des voix constituent un formidable bond en avant pour une formation qui, il y a encore 3 ans, n’existait pas. Les mêmes feront aussi remarquer à juste titre, que Marie-George Buffet avait réuni à peine 2 % des électeurs sur son nom en 2007. Alors certes Jean-Luc Mélenchon a réussi ce pari : un score à deux chiffres quand, au moment de son investiture, seuls 4% des électeurs se voyaient lui accorder leur voix. Mais ne nous voilons pas la face, la tristesse dans le regard des militants ne souffrait aucune contestation : le 4ème homme de la campagne aura échoué sur son premier objectif et ce malgré une campagne agressive et très largement médiatisée, ne lui en déplaise : dépasser le Front national. Des enseignements sont à tirer … et vite

 

Un matelas électoral inutile ?

11% c’est bien, 18% c’est mieux et de l’affrontement des deux Fronts, c’est bien le bleu marine qui est sorti largement vainqueur. Le front de gauche n’aura pas su s’attirer les voix de l’électorat populaire. Un ouvrier sur 3 a voté pour l’héritière de la dynastie le Pen. Un sur 8 pour Jean-Luc Mélenchon, deux fois moins que pour Nicolas Sarkozy. Un comble pour celui qui se dit représentant des petites gens. Le constat peut paraître incroyable. Mais malgré les promesses que certains diront populistes (SMIC à 1700 euros notamment), les ouvriers ne sont pas revenus dans le bercail communiste. Le rouge semble éteint dans leurs consciences. Trop de désillusions passées ? Sans doute. Ils ne croient plus au grand soir et les compromissions du PC avec le PS y sont aussi pour beaucoup. Que reste-t-il alors du vote Mélenchon ? Un vote bobo, à l’image de celui qui s’était porté massivement sur les Verts il y a peu quand Cohn Bendit menait la bataille. Avec le résultat que l’on voit aujourd’hui : 2% pour Eva Joly… cet électorat est volatile.

Quels enseignements tirer ?

Jean-luc Mélenchon, à la différence de Pierre Laurent, n’a clairement pas indiqué voté pour Hollande au second tour. Il a appelé à battre le Président sortant. Simple question de mots ? Pas seulement car désormais les décisions difficiles risquent de peser au sein du Front de gauche. Deux choix s’offrent à lui : rester hors du gouvernement et demeurer dans l’opposition stérile qui satisfera tous les électeurs de la gauche radicale qui ont déserté NPA et LO, orphelins d’Arlette et Olivier. Ou, au contraire, apporter sa pierre à l’édifice de la majorité en y perdant son âme mais en mobilisant les électeurs de gauche peu convaincus par la mollesse du candidat PS. De choix entre ces deux optiques, il ne pourra être question. Il s’agira de louvoyer entre les deux bords. Applaudir des deux mains les réformes qui seront justes tout en s’opposant avec acharnement aux autres devra être une ligne de conduite. Les législatives devront permettre la constitution d’un groupe Front de gauche à l’Assemblée nationale pour porter ces revendications. Nous verrons si les électeurs, une fois de plus, ne seront pas tentés par le vote utile.

Un nouveau positionnement ?

Le Front de gauche, en fait, a davantage siphonné les voix de la gauche extrême qu’il n’a acquis d’autres électorats. Il a surtout, dans une espèce d’arrogance qui s’est installée tout au long de la campagne, affiché un trop grand mépris auprès des « petites gens » votant Marine Le Pen. Elles le lui ont bien rendu. S’attaquer aux thèses du FN était sans doute un bon parti-pris. Le faire de cette façon s’est finalement révélé une erreur. Le Front de Gauche espèrera sans doute secrètement maintenant qu’Hollande échoue dans sa volonté de changement. Ce qui lui donnerait des arguments pour devenir l’alternative crédible à gauche ? Sans doute d’un point de vue théorique mais en pratique ? Car l’autre défi qui attend le Front de gauche désormais est programmatique. Son programme, en effet, manquait de cohérence budgétaire et idéologique. A trop vouloir être force de changement, on en devient caricatural et on s’éloigne d’une population qui, qu’on le veuille ou non, aime la stabilité bien qu’elle soit fascinée par la révolution.

S’il veut vraiment s’imposer dans le débat politique, et ne pas demeurer une force stérile, le Front de gauche devra désormais être plus réaliste. Il ne peut en effet lutter contre Marine Le Pen et son extrémisme. Autant désormais essayer de gratter sur le PS et de mener un combat plus proche des réalités. Oui à la VIème république mais sans en faire un mythe car cette notion est bien trop vague pour les Français qui ne peuvent y voir la solution à leurs problèmes quotidiens. Oui à une grande réforme fiscale beaucoup plus profonde que le coup médiatique de la tranche à 75% de Hollande mais sans en arriver à l’extrémité très « marchaisiste » du « je prends tout au-delà d’un certain seuil ». Oui à plus d’humanité et de solidarité internationale mais sans annoncer vouloir régulariser tous les sans-papiers, mesure irréaliste assurément. Oui à un grand service public (énergie notamment) mais sans favoriser pour autant une classe fonctionnaire souvent considérée comme privilégiée. Et les exemples de ce type ne manquent pas !

C’est à ce prix que le Front de Gauche pourra dessiner de nouveaux horizons. S’il n’entreprend pas une mue subtile mais néanmoins visible, il replongera dans les affres des petits partis et, au mieux, se contentera de porter la voix de quelques révolutionnaires, beaucoup trop peu nombreux dans une société où, malgré la crise, les habitants ont le sentiment d’avoir davantage à perdre qu’à gagner dans un processus révolutionnaire.

 


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110 réactions à cet article    


  • rahsaan 23 avril 2012 11:25

    Bon article. 


    Cependant, sur ce point : 

    « Que reste-t-il alors du vote Mélenchon ? Un vote bobo, à l’image de celui qui s’était porté massivement sur les Verts il y a peu quand Cohn Bendit menait la bataille. »

    Je ne suis pas d’accord sur cette légende de fin de campagne, comme quoi il y a eu boboïsation de la campagne du FdG. Marre des ralliés de la 23e heure ! Il suffit de regarder les cartes du 1er tour (sur le site du Monde par exemple), pour voir où se situe les meilleurs résultats de Mélenchon : dans le sud, dans le Limousin etc. 

    • Cocasse Cocasse 23 avril 2012 12:14

      Le FDG est mort.
      J’espère que ses électeurs parviendront à trouver un homme de gauche souverainiste intègre, s’il en existe, ou à rejoindre d’autres souverainistes.
      J’ai conscience que c’est pas drôle pour eux.


    • justice99 justice88 23 avril 2012 13:31

      Ce mec a pris les reine du partie communiste par le haut, comme une ascension via contact maçonnique.


      C’était le seul candidat qui envoyait des moutons pour emmerder MLP lors de ses déplacements.

      Il aura le même destin que Bayrou, au oubliette.



    • Dzan 23 avril 2012 14:46

      "Il a pris le reine(s) par le haut
      C’est du propre !!!


    • justice99 justice88 23 avril 2012 15:00

      Excusez moi pour cette faute d’orthographe.


    • René de Sescendres René de Sescendres 23 avril 2012 18:24

      Ça va rabattre le caquet aux bobos qui ont voté Méluche. Hier j’ai voté Marine le Pen ; le 6 mai je vote Hollande. Dehors, le nain !


    • Jean_R Jean_R 23 avril 2012 21:23

      @ Cocasse

      Tu sais ce qu’il te dit le mort ?


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 24 avril 2012 04:30

      Ne blâmez pas Melenchon. L’échec de Melenchon n’est pas venu pas de ce qu’il a fait, mais de tout ce qu’il n’a pas proposé. De sa pudeur à parler d’efforts à des paresseux et de courage devant des lâches.


      Si une Gauche crédible nait, ce sera quad elle n’aura pas honte de se dire en marche vers PLUS QUE LE COMMUNISME et ne reniera pas en bloc tout l’héritage de l’URSS qui demeure à ce jour la plus grande avancée jamais faite vers une société de justice. 

      Comment peut-on penser susciter l’enthousiasme, quand on n’ose même pas promettre aux jeune Français du XXIe siècle, ce qui était déjà des droits sociaux acquis en URSS il y a deux générations ! 

      Je ne propose pas le communisme - plutôt la sécurité et la justice du communisme avec l’initiative et la liberté de entrepreneuriat - mais c’est un autre débat. Vos enfants en discuteront. Ici, je me borne à faire le triste constat de la pusillanimité du discours de la Gauche et de l’inanité de son projet. 

      Pierre JC Allard

       

    • justice99 justice88 24 avril 2012 10:37

      @ René de Sescendres

      J’ai voté et je voterais comme vous, dehors la racaille bling-bling.


    • Pierre-Marie Baty Pierre-Marie Baty 24 avril 2012 13:59

      « Si une Gauche crédible nait, ce sera quad elle n’aura pas honte de se dire en marche vers PLUS QUE LE COMMUNISME et ne reniera pas en bloc tout l’héritage de l’URSS qui demeure à ce jour la plus grande avancée jamais faite vers une société de justice.

       
      Comment peut-on penser susciter l’enthousiasme, quand on n’ose même pas promettre aux jeune Français du XXIe siècle, ce qui était déjà des droits sociaux acquis en URSS il y a deux générations ! »
      Bon sang, M. Allard, votre message m’a fait bondir d’enthousiasme ; OUI ! Mille fois oui ! Merci d’avoir le courage de le dire, au risque de vous faire haïr. Nous qui croyons tout savoir sur la défunte Union Soviétique, qui l’avons cataloguée vite fait parmi les affreuses dictatures totalitaires, que ne laisse-t-on parler les Russes qui ont connu cette époque, qu’ils nous disent ce qu’ils en pensent maintenant, avec le recul de sa disparition, et qu’enfin on les écoute !

    • Al West 24 avril 2012 14:15

      D’accord avec JC Allard et Pierre-Marie. Si cette gauche la ressuscite, j’en serais. Pour l’avis des Russes, il suffit de leur demander, ils ont une sainte horreur des oligarques installes sous l’ere Eltsine et une majorite se dit nostalgique de l’URSS.

      A ce propos je suis tombe sur deux choses interessantes a propos de la transition Eltsine, j’essaierai de faire un article dessus un jour.

      On sait qu’Eltsine a procede a des privatisations en masse et une reforme de la banque pour retablir l’economie russe, et bien je viens de retomber sur un vieil article du NYTimes, qui dit clairement que la reforme du systeme bancaire en Russie a ete operee par un certain David Rockefeller.

      Deuxieme chose interessante que je viens de trouver, la preface qu’a fait Poutine d’une biographie d’Eltsine ou il ecrit je cite :

      "I said several times that when Yeltsin’s presidency was coming to an end, that I saw a different destiny for myself. But everything turned out differently. And this was the choice of my life. We contemporaries are definitely biased by everything that was happening before our eyes."

      Putin recalled what Yeltsin said when leaving the Kremlin in 2000 : « Take care of Russia. »

      "These exact words should remain in history, to become the main parting words for everybody who takes this high position"

      Le pauvre Eltsine n’avait pas du voir que les gentils reformateurs occidentaux desormais pacifiques etaient en train de litteralement saboter l’economie russe...


    • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque (Courouve) 23 avril 2012 11:33

      " Certains diront que 11 à 12% des voix constituent un formidable bond en avant"


      Cela ne fait que 8,66 % des inscrits.

      • Robert GIL ROBERT GIL 23 avril 2012 11:36

        Les classes populaires ont horreur du changement et préfèrent voter pour ceux qui les exploitent, au moins ils savent où ils vont, l’incertitude leur fait peur. Cette peur de perdre le peu que l’on a, cette peur de se retrouver SDF, déjà qu’ils sont exclus de cette société d’abondance et de surconsommation, ils n’ont pas envie de descendre encore plus bas. Il faut faire attention et ne pas trop en demander, ailleurs il parait que c’est pire !

        http://2ccr.unblog.fr/2012/03/12/les-pauvres-meritent-leur-sort/


        • 1984 23 avril 2012 14:51

          C’est la lâcheté (à ne pas confondre avec la peur qui est naturelle) qui dirige se bat monde !


        • Croa Croa 23 avril 2012 22:45

          C’est faux ! Le vote révolutionnaire incarné par des leaders qui préfèrent se battre entre eux que de s’attaquer aux deux pantins dont il était écrit qu’ils resteraient en lice est peu motivant. Monsieur Mélanchon voulait battre Le Pen... La belle ambition que voilà ! (Et moi de rire... un peu jaune certes.)

          Si on additionne les voix pour Le Pen, pour Mélanchon et pour les autres candidats non collaborationnistes au système financier, nous voyons bien que le changement est fortement désiré !  


        • entrecote entrecote 23 avril 2012 11:44

          11% pour un candidat nouveau il y a 6 mois, et qui plafonnait à 8 %, vous n’appelez pas ça un victoire ?

          Et pour un candidat sortant 27% (soit 21.6% des inscrits), ça ne s’appellerait pas une raclée ??

          Quant à celui dont « c’est le tour », 28.5% (22.8 % des inscrits), ce ne serait pas un peu trop timide pour parader ?

          La « révolution citoyenne » n’a pas eu lieu dans les urnes... elle aura lieu dans la rue quand l’électorat de gauche s’apercevra qu’il a été roulé dans la farine ...

          A suivre donc !

          Pour moi, le 6, j’irai virer Sarko et sa bande ! Ce sera ma victoire !


          • 1984 23 avril 2012 15:00

            L’electorat de gauche ou de droite d’ailleurs se roule tout seul dans la farine !


          • entrecote entrecote 23 avril 2012 11:48

            44.5% des électeurs déçus ce matin... (tous les petits candidats)

            Et, dans 15 jours... à minima 27% de plus !

            Soit 71.5% des Français qui n’adhéreront pas au programme élu !

            Et bien, il est pas dans la m.... le « vainqueur »


            • Croa Croa 23 avril 2012 23:00

              Que tu crois, il aura la légitimité de l’élu, les courbettes des manges-merdes de la télé et... chante beau merle ! D’ailleurs plus personne ne voit les manifs... Décret impérial de Naboléon que peut-être l’autre aura bon plaisir d’adoucir mais ne rêvons pas tout de même au delà de ça !

              La merde c’est pour le peuple, comme d’hab. !  smiley


            • Soi Même 23 avril 2012 11:58

              Le vote sur Mélenchon, montre bien avec Poutou et Arthaud, que cette gauche de la gauche est une rivière qui se perd dans le sable.
              Ce qui veux bien dire, que cette gauche est bien morte en France, et elle est condamner pour longtemps à resté un rêve nostalgique, à tous ceux qui n’ont pas compris que leur époque est bien finie.

              Le communiste matérialiste n’est plus qu’une pièce de musé dans le panthéon Politique.
              Il n’a pas d’autre choix que soit vivre une métamorphose des idées, soit disparaître purement et simplement.


              • appoline appoline 23 avril 2012 19:00

                Le problème des cocos est qu’ils crachent sur ceux qui ne sont pas du même bord qu’eux. Pour preuve Mélenchon ce midi a parlé de faschos, je ne pense pas qu’au front national beaucoup veulent un parti unique et autoritaire. Donc notre franc-maçon fait preuve comme beaucoup de ses frères d’une belle intolérance


              • reveil 24 avril 2012 09:50

                Appoline votre analyse est juste, cet excellent article de sud ouest résume également bien la situation cf  http://www.sudouest.fr/2012/04/24/jean-luc-melenchon-et-son-front-pas-si-populaire-697139-659.php . Jean Luc Mélenchon est un brillant et valeureux candidat aux qualités humaines indéniables mais trop de vieux démons chers à l’extrême gauche ont refait surface.

                Les vieux caciques du parti communiste rejettent tout le monde y compris les nouveaux adhérents et amis du front de gauche surnommés les bobos. Mélenchon a dû faire face à des trahisons dans son propre parti (Hue et Bouklit) et aussi à sa fixation contre Marine Le Pen. Ils ne s’aiment pas, seulement un candidat aux présidentielles doit respecter et prendre en compte tous les électeurs s’il veut faire le plein de voix.

              • abelard 29 avril 2012 17:12

                C’est toujours très amusant de lire, sous la plume de nos agenouillés du front national, que les idées de la Gauche Radicale, seraient « archaïques », « périmées », « dépassées »...

                Il est vrai que les leurs, comme chacun sait, sont d’une nouveauté stupéfiante. La France des cathédrales, dont ils font l’alpha et l’oméga de toute pensée politique, date d’hier soir...

                Il paraitrait, à les entendre, que nombre de mises en chantiers ont été annoncées. On projetterait même de construire sur l’île de la cité, en plein coeur de Paris, une cathédrale qui pourrait s’appeler Notre-Dame...

                Désolé pour vous mais la jeune idée socialiste n’est pas plus condamnée par le goulag et Pol Pot que le capitalisme ne l’a été par deux guerres mondiales et la destruction programmée de la planète.

                Il reste maintenant à analyser les raisons profondes du vote FN.

                Comme tout comportement humain, il ne s’agit sans doute pas d’un évènement limpide dont on pourrait extirper quelques causalités simples.
                - La faute aux médias.
                - L’immaturité politique, l’absence « d’éducation ».
                - La peur de l’étranger, le racisme, la bêtise, etc...

                Tous ces éléments participent certainement à l’évènement de cristallisation dans le vote Le Pen.
                Mais ils ne pourraient paraître que marginaux si l’on tente de prendre l’analyse par un autre côté.

                Je suis un dauphinois qui vit à Paris... Et j’ai regardé les résultats de mon département d’origine : l’Isère. J’ai été plus qu’amusé de constater que le vote FN était majoritaire dans quelques uns de mes chers villages de montagne où les habitants ne se comptent que par centaines... Communes garanties sans le moindre travailleur immigré !

                Dans ces communautés du Vercors, fortement marquées par les massacres de l’armée allemande, il serait insultant d’imaginer qu’elles puissent se déterminer pour un vote aux remugles pétainiste en oubliant jusqu’aux propres histoires familiales.

                Ici, l’étranger commence au village voisin et l’ennemi habite la ville là-bas dans la vallée.

                Ici, l’agriculture et l’élevage de montagne ont été sacrifiés sur l’autel de la religion productiviste ; supprimés par Bruxelles : non rentable, non hygiénique, non moderne...

                Ici pourtant le marché immobilier bat son plein. Entre rurbains, des gens de la ville, et retraités en quête d’une maison secondaire, c’est tout l’équilibre démographique de ces groupes qui a été bouleversé.
                Le propre de l’existence d’un village n’est pas seulement de fournir de l’habitat, mais de permettre d’y travailler pour mener une existence digne.
                Les communautés villageoises sont aujourd’hui menacées de disparition.

                Dans cette optique le vote Front national pourrait s’exprimer ainsi : « C’était mieux avant ! »
                ... Et la question que devrait se poser, à mon sens, toutes femmes et hommes de gauche est : « Ont-ils vraiment tort ? »

                En effet pourquoi serions nous prisonniers de cette idée néfaste qui lie le progrès humain au progrès économique ?
                Pourquoi ne donner comme perspective aux citoyens de notre pays que la croissance éternelle comme remède à tous les maux engendrés par cette même croissance ?

                Pourquoi devrions nous accepter, au nom de cette globalisation et de ses promesses, de voir détruits non seulement tous les modes de vies particuliers mais aussi l’idée même de culture ?
                Si nous voulons combattre le capitalisme nous devons aussi refuser ses conditions d’avènement, et surtout le modelage d’un individu planétaire dont les mixités revendiquées n’en feraient qu’un « élément déraciné », un simple moment individuel sans passé ni avenir propre à se soumettre au règne de la finance mondiale.

                La solidarité n’est pas née dans le mouvement ouvrier, il y a bien plus de coopératives agricoles que de coopératives ouvrières...

                Si nous comprenons que les ressources de la planète ne sont pas infinies il est de notre devoir de tout faire pour préserver ces expériences de nos communautés villageoises et la vie traditionnelle qui y est attachée.
                Car ces coutumes ne sont en rien des archaïsmes à dépasser, elles témoignent au contraire de l’adaptation millénaire des communautés humaines à un environnement spécifique.

                A la fois une science, une sagesse et une morale...


              • Christian Labrune Christian Labrune 23 avril 2012 12:03

                @à l’auteur
                La bulle Front de gauche a éclaté, ça clarifie un peu les choses. Je ne suis pas vraiment en mesure d’apprécier ou de contester vos analyses concernant l’avenir de cette formation et je ne m’y risquerai pas. Ce qui me frappe tout de même, c’est l’extraordinaire confusion idéologique dans laquelle nous sommes tombés. On continue à parler de droite et de gauche, mais ces notions ont-elles encore un sens ?
                La gauche, du PS aux verts et à ce qui reste de l’antique trotskisme, est désormais complètement gangrenée par un soutien inconditionnel à des thèses pro-palestiniennes d’inspiration islamo-fasciste et ce manichéisme primaire est tout à fait équivalent en gravité à la xénophobie et au racisme qui ont été dès l’origine le fonds de commerce du FN : la gauche a récupéré l’antisémitisme de l’extrême droite à son point de virulence le plus extrême et cela suffit à la rendre tout à fait méprisable. Et ceux qui luttent contre cette tendance abominable, je pense aux gens de Riposte Laïque, par exemple, n’hésitent pas à s’acoquiner à l’occasion avec un FN qui, sur le plan de l’antisémitisme, et par opportunisme pur, essaie momentanément de se refaire une virginité aux yeux des naïfs. Or, la question de l’Iran et de ses prétentions hégémoniques ne va pas tarder à se poser d’une manière tout à fait cruciale et imposer des choix. Pendant la compagne, il n’en a pour ainsi dire jamais été question. Ce qu’on a vu partout, c’était la politique de l’autruche. Rien n’a été clarifié sur le plan de la politique extérieure, et sur les questions économiques où le chaos prédomine, on a préféré rester dans le flou artistique.
                Je suis partout ! C’est ce que peut bien dire actuellement le FN. Sa dynamique traditionnelle fondée sur le ressentiment et la haine est devenue celle de la plupart des partis, de gauche comme de droite. Il faut désormais être populiste ou ne pas être. Sarkozy va devoir imiter le FN pour ratisser ceux qui l’ont soutenu, mais la gauche est elle aussi désormais fascisante. Tout cela est terriblement inquiétant.


                • Cocasse Cocasse 23 avril 2012 14:15

                  Comment sarzoky pourrait-il imiter le FN avec un programme diamétralement opposé sur le fond ?!!


                • leypanou 23 avril 2012 16:31

                  La gauche, du PS aux verts ...un soutien inconditionnel à des thèses pro-palestiniennes d’inspiration islamo-fasciste : soutien inconditionnel à des thèses pro-palestiniennes ? Vous devez être l’un des rares à le penser. Vous croyez vraiment que le PS soutient des thèses pro-palestiniennes ?

                  Il ne faut pas affirmer n’importe quoi. A la rigueur, je dirais la direction du PS pro-sioniste, peut-être, mais pro-palestinienne, certainement pas. Et de toute façon, pro-palestinienne, cela veut dire quoi : pro-Hamas ou pro-Fatah.

                  Votre affirmation est tout simplement ridicule, en plus de l’expression « islamo-fasciste » très prisée de ...BHL.


                • Croa Croa 23 avril 2012 23:09

                  Le clivage droite-gauche a bien un sens, hélas ! Ce n’est que de la com en effet qui repose sur des mensonges et des diabolisations mais cette efficace diversion laisse tranquille l’oligarchie au pouvoir.


                • taktak 24 avril 2012 09:53

                  @ cocasse

                  Non le programme de Sarkozy n’est pas diamétralement opposé sur le fond. Il ne l’est que sur la forme.

                  Le FN comme l’UMP ont pour principal bul le maintien de l’ordre établi, c’est à dire la perpétuation et l’aggravation des travailleurs par les capitalistes.
                  Le programme du FN est de ce point de vu édifiant si on veut bien le regarder dans sa cohérence :
                  il ne propose en rien d’augmenter la part de valeur affectée aux travail (salaire) par rapport à celle affecté au capital. C’est le cas quand le FN parle de donner 200€ au salaire inférieur à 1.4 smic, en le finançant par une taxe sur la consommation de 3%. Ses propositions fiscales, sous couvert d’effets d’annonce marginaux (TVA sur le luxe, taxe d’habitation remplacée par une taxe additionnelle, annonce de la suppression de la taxe foncière remplacée par une taxe identique...) cachent une politique identique à celle de l’UMP : le soutien au PME passe par une défiscalisation du capital qui y est investit. On retrouve là l’idéologie de la défiscalisation cher à la droite.
                  Sur la retraite, il est affiché un retour à l’age légal de 60 ans, et à 40 annuité mais en fonction des finances de la Nation... C’est là toute la philosophie de la réforme Sarkozy.
                  Sur l’euro, derrière l’effet d’annonce de la sortie, il s’agit juste de négocier avec l’allemage un nouveau SME où l’on aurait viré les pays les plus faibles de la zone. Bref, vu que rien n’est envisagé en matière de limitation de la dérégulation du marché européen (le déficit de la balance commerciale de la france est principalement intra communautaire...). On continue avec l’europe dérégulée.
                  Sur l’emploi, le programme parle à la foi de contrainte sur les chomeurs (même politique Sarko, il faut radier plutot que de créer de l’emploi), eet d’incitation au entreprise = allégement de charges. Sur l’emploi de clandestin, le FN propose de très lourdes sanctions. Elles existent déjà, le pb étant qu’elles ne sont pas appliquées...
                  Le FN remet également totalement le droit syndical en proposant de réintroduire les syndicats maison, à la main du patron... Ils seraient plus constructif et moins dans le rapport de force. Ici , le FN ne se cache pas d’être avec les patrons.

                  Alors sous le masque d’une description de l’état du pays très lucide, sous les grandes phrases de la profession de foi de Le Pen, on retrouve lorsque l’on grate un peu les choix idéologique de droite qui sont exactement les mêmes que ceux de Sarko Medef.
                  Au final, d’ailleurs, dans les discours de Le Pen, ce n’est pas le patron, ce n’est pas l’actionnaire, ce n’est pas le banquiers que le FN désigne comme l’adversaire, mais plutôt l’immigré (votre collègue de travail quoi, ou son père, ou son grand père...), empêchant ainsi de traduire la juste vindicte de la classe ouvrière en une prise de conscience de son intéret commun à prendre les rennes, c’est à dire à exercer la pleine et vrai souveraineté de la nation, c’est à dire la souveraineté populaire.

                  Si on reprend la profession de foi de Le Pen, elle est sur les objectifs affichés par le discours(en dehors de la chasse aux immigrés) très semblable à ce que propose le Front de gauches. Elle va plus loin sur le thème de la souveraineté nationale. Sur ce thème, il faut reconnaitre que le FdG est trop timide. (Mais vous aurez pu voir dans les commentaires que j’ai pu tenir, et les réponses faites par la plupart des militants du FdG que cela ne demande qu’à évoluer.) mais le fond du programme, les mesures proposées dans le détail concret de leur application est diamétralement opposé à cet affichage.

                  Sur le diagnostic, sur les objectifs, je crois que nous sommes d’accord (à moins que vous ne tombiez dans le panneau de la chasse aux immigrés, et les sornettes de l’affrontement entre une france catholique qui doit mener croisade contre l’islam : la france ne reconnait aucun culte, le droit du sol est créateur de ce qu’est la Nation française et des valeurs de la république). Je crois que vous vous trompez de combat politique.
                  Si vous êtes souverainiste et républicain, votre devoir n’est pas de défendre le FN, mais de peser pour que la vrai gauche, en sortant de ces antiennes européistes, puisse donner à la Nation sa pleine indépendance : souveraineté nationale, libération du joug des marchés financiers (et pour être plus clair : libération de l’exploitation des travailleurs par les capitalistes).

                  Et c’est parceque je ne me trompe pas d’ennemie : les capitalistes, que le 6 mai je battrai Sarko-Medef. Et le combat reprend pour les législatives.


                • Al West 24 avril 2012 14:54

                  « l’Iran et de ses prétentions hégémoniques »

                  Voila, voila, merci le troll israélien pour votre propagande. Même ici vous réussissez a caser un mot sur l’Iran, très fort !


                • nicolas_d nicolas_d 23 avril 2012 12:08

                  Le combat contre l’extrémisme de type FN n’est pas possible le temps d’une élection. C’est une question d’éducation, de conditionnement. La pédagogie est trop légère pour ça. C’est un autre combat.
                  Tant pis.

                  Maintenant, ironiquement, l’espoir pour la gauche, ce sont les prochaines élections en Grèce. Alors que le FDG a cru qu’il allait pouvoir l’aider, lui montrer que c’était possible.
                  L’espoir vient de ceux qui sont dans la merde, pas de ceux qui la prévoient.
                  C’est déprimant.

                  J’en veux aux médias, aux chiens de garde. Si la Grèce passe à gauche et qu’elle règle ses problèmes, on ne le saura même pas.
                  Nous allons avoir besoin d’un coup de pouce des Anonymous...


                  • Christian Labrune Christian Labrune 23 avril 2012 14:19

                    @Nicolas_D
                    Vous parlez d’un combat contre le FN en dehors des élections, mais je n’ai jamais rien vu de tel. Ce que j’ai vu, en revanche, c’est une formidable activité de promotion en toutes circonstances. Les journalistes, et même ceux de France culture, ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour banaliser le FN. J’ai envoyé ici même un article où je me réjouissais de la clause des 500 signatures, laquelle pouvait constituer un barrage à la montée de cette vérole. Au nom d’un principe « démocratique » très mal compris, les trois quarts des lecteurs s’indignaient qu’on pût vouloir mettre des bâtons dans les roues à un parti dont les orientations ont pourtant toujours été plus que répugnantes et particulièrement anti-démocratiques. La France est un pays d’aveugles masochistes ; si elle ne se ressaisit pas, le pire est vraiment à craindre.


                  • Christian Labrune Christian Labrune 23 avril 2012 14:21

                    @Nicolas-D
                    « Nous allons avoir besoin d’un coup de pouce des Anonymous... »

                    Les « Anonymous » sont de parfaits voyous. Comment pouvez-vous tomber dans un pareil panneau ?


                  • nicolas_d nicolas_d 23 avril 2012 19:08

                    @Christian
                    « Les »Anonymous« sont de parfaits voyous »
                    Qu’est ce qui vous fait dire ça ?


                  • volpa volpa 23 avril 2012 12:40

                    Merluchon était un soufflé qui n’épatait que des personnes type Ariane WALTER.

                    Des révolutionnaires en peau de lapin genre Daniel MERMET.


                    • Abraracoutrix 23 avril 2012 12:57

                      Volpa, à la niche et lache nous avec tes commentaires à deux balles !


                    • Morpheus Morpheus 23 avril 2012 14:03

                      « Quand tu tombes dans la meute, il te faut aboyer, ou remuer la queue »

                      Proverbe arabe


                    • Fergus Fergus 23 avril 2012 13:27

                      Bonjour, Fred.

                      Bon article. Et l’impérieuse nécessité pour le Front de Gauche d’analyser sereinement les résultats de ce 1er tour et d’en tirer les conclusions en matière stratégique. Sans doute faut-il, pour espérer faire progresser les forces de progrès dans un pays très rétif à la gauche radicale, sinon modérer les propositions (ce serait trahir ce à quoi on croit depuis des années), du moins adopter un ton nettement moins agressif. Après tout cela avait réussi en son temps au communiste Duclos.

                      Pour réfléchir à cela, quoi de mieux que d’être confronté à la réalité : avec environ 13 % des voix, la gauche radicale (FdG, NPA, LO) fait mieux qu’en 2007 (8 %), mais moins bien qu’en 1995 (14 %) et en 2002 (14 % également). Cela montre que tout reste à accomplir !


                      • leypanou 23 avril 2012 16:37

                        Pourquoi gauche radicale ? L’utilisation même de cette expression est une erreur et je ne comprend pas pourquoi Clémentine Autain a osé l’utiliser.

                        Dans la guerre idéologique qui oppose à l’oligarchie, l’oligarchie relayée par des médias aux ordres utilise des expressions à connotation négative pour ses vrais opposants.

                        Il y a 7 partis ou assimilés au Front de Gauche. Je ne pense pas qu’ils se pensent tous radicaux.


                      • Croa Croa 23 avril 2012 23:23

                        Radical est le bon terme. Il est bien plus juste qu’extrême, très exagéré et pourtant employé souvent.

                        - Sont radicales les idées présentant une cohérence en vue de changements profonds. C’est bien de cela dont nous aurions besoin !

                        - Sont extrêmes les mouvements et les militants prêts à la violence... Il n’y en a guerre chez nous !


                      • Morpheus Morpheus 23 avril 2012 14:00

                        L’erreur de Mélenchon, en dépits pourtant d’un programme réellement enthousiasmant, réellement porteur en lui-même d’un vrai projet, ça a été de s’en prendre au FN. La fronde du Front des Gauches contre le Front National a été la plus grande erreur.

                        Mélenchon voulait battre Sarkosy, mais il voulais surtout battre Marine Le Pen. Quand on vise les mauvaises cibles, on perd la bataille. Certes, sur les solutions à apporter, les deux formations sont souvent sur des voix différentes, parfois diamétralement opposées. Mais sur l’analyse systémique, elles se rejoignent. En désignant Marine Le Pen comme étant l’ennemi à abattre, en la méprisant comme il l’a fait tout au long de la campagne, il a commit une erreur fatale. Chaque fois que l’on s’oppose - par principe - à « l’extrême droite », de façon frontale et grossière, on perd des points, et on fait grimper son score.

                        Mais Méléchon n’est pas seul en cause. Nombre de militants communistes, rabiques, sont également responsables. Les « antifa », souvent plus fascistes que ceux qu’ils dénoncent, sont largement en cause, eux aussi. Il n’est pourtant pas si difficile de comprendre que cette opposition entre les « extrêmes » ne fait que renforcer la position des « modérés », et par là, fait le jeu de l’éternel status quo - le classique, mais oh combien efficace « diviser pour mieux régner »...

                        En fin de compte, Mélenchon, malgré sa formidable envolée, a perdu son combat, et Marine Le Pen lui a mis une grande claque dans la gueule. Cause et effet. Hélas pour les électeurs du FN, ils resterons, une fois de plus, eux aussi sur le carreau, en « troisième hommes ». Dans une compétition où les seuls vainqueurs sont les deux premiers, autant dire qu’ils sont perdants, eux aussi.

                        En fait, à bien y réfléchir, ce sont surtout les vrais citoyens qui sont perdants. Mais eux savaient déjà que quel que soit le résultat, ils seraient perdant. Dans une élection, les démocrates sont TOUJOURS perdant : les oligarques toujours gagnants.

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