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Gilets jaunes, au-delà de la fracture sociale…

Le mouvement des « gilets jaunes » (ceux qui occupent les ronds-points) est révélateur de 40 ans d’échecs scolaires, de 40 ans d’abêtissement des masses, de 40 ans de consommation débridée. Quarante années perdues pour une peuple bercées dans l’utopie de l’égalité.

 

L’Ecole républicaine est un échec. L'Ecole doit faire de l'enfant un Citoyen éclairé et autonome capable de raisonnement d'abord, lui offrir une compétence professionnelle adaptée à ses aspirations et à ses compétences intellectuelles et physiques ensuite, et le respect de l'autorité et des valeurs couronnant le tout enfin. Or depuis 40 ans, l’école est laissée en concession à de pseudo-spécialistes de l’enfance issus de mai 1968, avec un seul objectif : le bachot pour tout le monde. Comme des cabris, ils rebondissent en s’écriant « égalité, égalité, égalité ». Et pour y arriver, ils ont sacrifié la méritocratie donnant ainsi raison à Raymond Aron pour qui « l’égalitarisme (…) ne parvient pas à l’égalité mais à la tyrannie ». Le résultat est l’émergence d’une génération de parents sans esprit critique leurs permettant de dissocier le vrai du faux, cédant aux folies collectives des foules, aux théories du complot et faisant la part belle aux fake-news,

 

Parallèlement à cela, on assiste, impuissant et incrédule à l’abêtissement des masses. La culture générale, l’histoire de France, la géographie, la philosophie, la littérature, n’ont plus leurs places dans les écoles. La transmission des savoirs des parents vers les enfants ne se fait plus et la jeune génération s’invente un passé qui n’est pas la réalité. Les écrans envahissent le quotidien et servent leurs soupes abrutissantes à longueur de journée. Nombre de Français ne lisent pas et la TVA à taux réduit ou les éditions de poche n’ont pas inversé la tendance. Les rares tentatives d’émissions culturelles à la télévision sont des échecs d’audimat. Les accès gratuits aux musées ou les tarifs préférentiels ne changent rien. Le « succès » (très parisien) des journées du patrimoine ne sont que le bruit des feuilles qui empêchent d’entendre la forêt pousser. Les Français font de la culture leur religion, mais ils ne sont pas pratiquants.

 

Enfin, le besoin de ressembler à ce que l’on n’est pas, la société de consommation, ses pratiques de ventes, font croire que tout le monde pouvait accéder à tous les biens de consommation. Rendez vous chez un concessionnaire automobiles ou une grande marque de Hifi-Vidéo, ou encore chez un opérateur téléphonique et je vous défie de trouver un prix, un tarif. Demandez-le on vous répondra par le montant d’une mensualité de crédit, d’un abonnement mensualisé, d’un loyer. Tout devient accessible mais pas pour autant abordable.

 

Comme il y a, lors de chaque coupe du monde de football, autant de sélectionneurs que de supporters, il y a maintenant autant de députés que d’électeurs. Mais si « faire de la politique » n’est pas une profession, elle ne doit pas se pratiquer avec amateurisme.

 

La demande de référendum d’initiative citoyenne est légitime. Le « peuple souverain » doit pouvoir intervenir plus régulièrement lors des choix importants pour la Nation. Mais sans les connaissances fondamentales qui permettent à l’intelligence de construire une pensée, comment se construira la réflexion de l’électeur ? Les Français s’intéressent toujours à la politique, mais leurs niveaux de connaissance des institutions politiques, des mécanismes économiques, de réflexions sur les grands problèmes sociaux, de militantisme au sein d’organisations politiques ou syndicales, sont faibles.

 

Un sondage réalisé fin 2017 par l’Ifop à l’occasion du 100ème Congrès des maires de France seul un Français sur deux est en mesure de citer spontanément le nom de son maire et 39% admettent ignorer son nom. Selon un sondage Odoxa pour France Info et Le Figaro, six mois après sa nomination, deux tiers des membres du gouvernement sont inconnus des Français. A la même période, seuls 30% des Français connaissent le taux de l’inflation d’après un sondage réalisé par la Banque de France et l’institut Kantar à l’occasion des Journées de l’Economie. Lors des dernières élections présidentielles, un Français sur deux n’avait pas fait son choix sur le candidat pour lequel ils allaient voter deux semaines avant le premier tour. Les programmes politiques ne sont lus que par quelques-uns, alors qu’en sera-t-il d’une proposition de loi soumise à référendum.

 

Sommes-nous en démocratie lorsqu’un électeur vote pour un candidat qui a une belle gueule ou inversement ne vote pas pour celui dont la tête ne revient pas ? Nous aurons toujours à faire avec « l’électeur épidermique, impulsif et ignorant » qui a aussi toute sa part dans le marasme politico-économique dans lequel nous nous trouvons.


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12 réactions à cet article    


  • Durand Durand 2 janvier 10:14

    .

    On peut toujours continuer à rêver mais rien ne sera obtenu sans la pression insistante et croissante de la rue...

    La seule exigence d’un référendum immédiat sur la sortie de l’UE suffirait, en cas de victoire du Frexit, à chasser Macron et à provoquer de nouvelles élections présidentielles lors desquelles les Français pourraient choisir le programme qui leur paraît présenter le plus de garanties démocratiques.

    Dans l’immédiat, ce référendum doit comporter deux question déterminantes : le Frexit ET le RIC.

    C’est donc sur ce référendum que doivent converger et se cristaliser toutes les exigences des Français.

    .


    • gaijin gaijin 2 janvier 10:22

      " L’Ecole républicaine est un échec. L’Ecole doit faire de l’enfant un Citoyen éclairé et autonome capable de raisonnement d’abord, lui offrir une compétence

      « 

      sauf que ça n’a jamais été le projet de l’école républicaine ...le projet c’est de faire un »bon" citoyen c’est a dire pas du tout éclairé et autonome mais apte a servir le projet sociétal déclamé par l’élite positiviste .....

      début 20ème siècle on forme des soldats et des ventres a soldats

      après la seconde guerre mondiale des techniciens et des ingénieurs

      après 68 des consommateurs aveugles et avides

      et maintenant plus rien vu que l’humain est devenu obsolète dans le système de la production du confort de l’élite ...


      • Konyl Konyl 2 janvier 10:59

        « L’Ecole doit faire de l’enfant un Citoyen éclairé et autonome capable de raisonnement d’abord »

        L’école doit assister les parents dans cette démarche, mais comme en France la moitié des familles apprend à leur enfants à être dépendant du système sans aucune forme de responsabilisation et bien on en est là.

        Les consommateurs aveugles et avides le sont parce qu’ils ne sont pas éduqués par leur parents, personne ne nous met un flingue sur la tempe pour acheter. Ah mais non, pour les assistés, c’est la faute du gouvernement, je ne dis pas que Macron a raison ou pas, je dis simplement que si les gens arrêtaient d’attendre la bouche ouverte ça serait bien.




        • pipiou 2 janvier 12:01

          Les GJs sont le symbole de 40 ans d’échecs scolaires ...

          Donc les GJs sont juste des gens mal-éduqués qui ne comprennent rien ?

          Si vous le dites


          • Reiki 2 janvier 12:56

             L union europeene ressemble a ses institue de sauvegarde des especes . On y trouve tous le confort materiel. Mais pàs notre mots dire.

            Et comme dans se ĺieu de sauvegarde et de culture. On y introduit des especes similaire venu d autre region pôur completer ĺe groupe. Avec peu de chance de reussite. Se qui oblige a continuer le processus.

            Nous sommes plus des citoyen , mais du betails. 


            • Buzzcocks 2 janvier 17:00

              Ah le fameux, c’était mieux avant....

              En 1960, il n’y avait que 120 000 étudiants. Mes oncles qui ont 70 balais et ont fait fait arpette dans le bâtiment, n’avaient aucun diplôme. Et je ne suis pas sur qu’ils avaient un niveau phénoménal en philosophie et en littérature pour reprendre les matières que vous citez. Suis pas non plus certains qu’ils connaissaient le taux d’inflation de 1964 par coeur.

              Et aux musées, ils n’y allaient pas... car au fin fond des vosges, il n’y en a pas.


              • Gilles Mérivac Gilles Mérivac 2 janvier 17:40

                Il faut aujourd’hui être un sacré abruti pour ne pas constater la faillite de l’école. Ceux qui possédaient un simple certificat d’études étaient bien plus cultivés que la plupart des bacheliers actuels.

                Mais il n’y a rien à faire pour sortir les gens de leur ornière idéologique, si on pointe les failles béantes de l’enseignement actuel, ils vous répondront qu’il n’y a pas encore assez d’égalité, comme les médecins de Molière persistaient à pratiquer le saignée, ce qui évidemment finissait par tuer le malade.


                • Alren Alren 2 janvier 19:10

                  @Gilles Mérivac

                  "Il faut aujourd’hui être un sacré abruti pour ne pas constater la faillite de l’école. Ceux qui possédaient un simple certificat d’études étaient bien plus cultivés que la plupart des bacheliers actuels.« 

                  C’est totalement faux !!!
                  J’ai la grande chance d’avoir disposé pour une étude historique de documents scolaires anciens et j’ai pu constater qu’autant en matière d’histoire, que d’orthographe, que de capacité à rédiger, la cohorte des années d’entre-deux guerres n’était en rien supérieure à celle d’aujourd’hui.

                  Mais quand vous accusez l’école, il s’agit bien entendu du service public.
                  En aucune façon vous ne remettez en cause les écoles catholiques de la loi Falloux que l’on a jugées responsables partiellement de la défaite de 1870, nos soldats étant incultes faces aux anciens élèves de »l’instituteur allemand«  !
                  Les frères des écoles chrétiennes étaient nommés par dérision »les frères ignorantins« . Devinez pourquoi ?

                  Les bourgeois ont toujours lutté contre l’éducation populaire.
                  Et c’est parce qu’il craignait la multiplication des »écoles rouges« que Ferry, il en a fait confidence dans une lettre à un cousin, a créé à reculons l’école publique et gratuite.
                  Assortie d’un contrôle sévère de la parole des instituteurs, surveillés dans chaque village par un ou des notables qui signalaient les »infractions" à une hiérarchie tatillonne.


                • Buzzcocks 3 janvier 10:05

                  @Gilles Mérivac
                  Bien vu Merivac

                  Si on prend l’analphabétisme en France.
                  9% des analphabètes ont entre 15-25 ans
                  15% des analphabètes ont entre 26-35 ans

                  23% des analphabètes ont entre 36-45 ans
                  23% des analphabètes ont entre 46-55 ans
                  30% des analphabètes ont entre 55-65 ans

                  Donc plus vous êtes vieux et avez étudié dans les années 60-70, plus vous croisez des gens qui ne savent ni lire, ni écrire.
                  Je ne sais pas qui est un sacré abruti mais j’ai ma petite idée.


                • François Vesin François Vesin 2 janvier 18:21

                  BRAVO !!!

                  Vous avez tous raison, tord, les deux à la fois...et après ?

                  « Tout le monde » se disait Charlie : Sarkolande puis Macron continuent la guerre !

                  Tout le monde est Gilet Jaune : Macron balbutie en attendant de nous écrire !

                  Éteignons la tv boite à mensonge et réquisitionnons la salle communale de

                  chacune de nos cités (village-bourg-ville) pour écrire ensemble le texte

                  du 1er référendum d’initiative citoyenne sans attendre que le pouvoir

                  nous tienne la main !


                  • TSS 2 janvier 19:34

                    @réac

                    Et c’est un péquin issu de ces 40 années d’abrutissement et de

                    non culture qui porte un oeil atone sur ses contemporains et sa

                    propre situation... !!


                    • révolQé révolQé 3 janvier 19:28

                      Je ne sais pas si les 15 —> 35 ans actuels sont plus instruits que ceux des générations passées,mais quand je vois des BAC + incapables d’aligner 2 phrases sans fautes d’orthographe ,je me pose quand même des questions.

                      Il suffit de se promener sur les forums pour en avoir la preuve écrite.

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