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Accueil du site > Tribune Libre > Gilets jaunes : une élection sans candidat

Gilets jaunes : une élection sans candidat

Gilets jaunes à Gaillon {PNG} Dans les rangs des Gilets jaunes, de nombreux citoyen-ne-s se proclament comme apolitiques. Pourtant ils vont distribuer des tracts ou encore rédiger des cahiers de doléances et faire ainsi de la politique … L’apolitisme ainsi affiché consiste à dire qu’ils ne sont pas membres de partis politiques ou de syndicats. Ces organisations à leurs yeux ne les représentent pas et ne peuvent pas les représenter. Cette vision des choses est-elle majoritaire actuellement dans la nation ? On ne peut pas l’affirmer avec certitude, mais face aux records de l'abstentionnisme et des votes nuls/blancs aux différentes élections de ces dernières années, voilà une conjecture qui ne serait pas loin d’être démontrée.

Parmi les reportages concernant le mouvement des Gilets jaunes lors du journal de France 2 à 20h le 6 décembre dernier [1], l’un d’entre eux mérite toute notre attention. Du côté de la ville de Gaillon, s’est posé le problème de déterminer des porte-paroles pour transmettre à leur député LREM Bruno Questel – ce qui est paradoxal par rapport à leur « apolitisme » et leur demande de démission du chef de l’État – les revendications « ressortant le plus souvent ». Le choix de ces représentants s’est fait par le biais d’une élection sans candidat.

Cela fait écho à l’Appel aux électeurs parisiens, daté du 25 mars 1871 et rédigé par les membres du Comité central de la Garde nationale, dans lequel il était écrit : « Portez vos préférences sur ceux qui ne brigueront pas vos suffrages ; le véritable mérite est modeste, et c’est aux électeurs à connaître leurs hommes, et non à ceux-ci de se présenter ». Pour l’historienne Florence Gauthier, cet Appel « met en lumière la question cruciale du système électoral, en précisant la nature des rapports entre électeurs et élus. » [2]

Son analyse, ainsi que ses rappels autour du commis de confiance [3], m’avaient conduit en février 2017 à écrire ainsi le passage suivant : « Quand le 18 janvier 2016 sur Europe1, Raquel Garrido a évoqué “des candidats partout en France pour la fabriquer [fabriquer la Constituante]”, elle était dans l’erreur. Doit-il y avoir des candidat(ure)s lors de la désignation des Constituants ? Aujourd’hui, ma réponse à cette question est négative. Dans le cadre d’assemblées communales ou de quartiers, les citoyen(ne)s pourraient se rassembler, élaborer ensemble après des débats (qui seront sans doute loin d’être de tout repos) leurs cahiers d’exigences et les points fondamentaux du futur texte constitutionnel. Ils choisiront leurs mandataires sans qu’il y ait eu de candidat(ure)s : ils choisiront leur commis de confiance. » [4]

En tout cas, dans la situation actuelle d’une extrême tension, on s’aperçoit à quel point les citoyen-ne-s ressentent le besoin, considèrent comme une nécessité de ne pas désigner une personne par le fruit du hasard avec un tirage au sort, mais de le choisir, quand ils décident d’être représentés. Il faut avoir confiance en son mandataire et estimer qu’il est en mesure de réaliser la mission qu’on lui a confiée. Et si celui-ci trahit ses mandants, comme Robespierre l’avait indiqué, « Le peuple peut, quand il lui plaît, changer son gouvernement, et révoquer ses mandataires » [5] …

J.G.

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12 réactions à cet article    


  • NEMO NEMO 8 décembre 17:42

    l’épisode est intéressant

    ce n’est pas la première fois qu’un groupe élit une personne qui ne s’est pas présentée

    ce phénomène existe quelquefois (hélas rares) dans les élections de délégués du personnel

    le seul ennui, c’est le phénomène d’échelle

    le membre d’un groupe de 10 connait les neuf autres membres et peut les évaluer personnellement

    le membre d’un groupe de 100 connait de réputation d’un des 99 autres membres apprécié de tous 

    le membre d’un groupe de 1000, comme dans un bourg, choisira dans son environnement proche, et le résultat pourra donner la préférence à celui qui aura eu le plus de suffrage, même s’il ne dispose que d’une majorité relative

    ainsi de suite, et puis sans savoir où se situe le point de décrochage, on arrive à 48 millions d’inscrits, et là, il parait difficile de voter pour une présidentielle sans candidat


    • picpic 10 décembre 11:59

      @NEMO

      déjà, pour élire un individu à grande échelle, celà doit se faire avec un CV, sans photo, aucun contacte avec les médias ne devrait être autorisé pour un candidat.

      il faudrait aussi interdire le « carriérisme politique ».
      et surtout un point hyper important...
      mofier la façon dont on nomme les membres de gouvernement !
      car le citoyen qui occupe le poste de président ou ministre bien souvent, s’identifie à sa fonction et pense que c’est « lui » qui a du pouvoir, hors, c’est sa fonction qui a du pouvoir pas lui !
      et je remarque toujours que les ministres se sentent supérieur aux citoyens...c’est tout de même hallucinant, car le patron de ce ministre, c’est le citoyen, il est au service du citoyen !

      Bref, si on change la façon dont on les nomme, ils s’auto-réguleront automatiquement.
      ainsi, il suffit de les nommer « citoyen chargé de... » en lieu et place de ministre, président etc...
      le président devenant alors « citoyen chargé de l’état »...
      ça à l’air de rien comme ça, mais je vous assure que ça changerait énormément de chose !

      car tous ces individus dans les gouvernements « oublient » bien souvent au service de qui ils sont et ce qu’ils doivent faire.

      ils ne sont pas là pour « diriger », mais « servir ».


    • Désintox Désintox 8 décembre 17:47

      « Gilets jaunes : une élection sans candidat »

      hmmm... Pour le moment, je vois surtout des candidats sans élection !


      • machin 8 décembre 19:17

        « ... jaunes, de nombreux citoyen-ne-s se ... »

        D’entrée on sent la réflexion originale et apolitiquement correcte !


        • Alex Alex 8 décembre 22:29

          @machin
          Oui, mais avec plein d’erreurs :
          « ...les Gilet-te-s jaun-e-s, de nombre-use-x citoyen-ne-s se proclament comme apolitique-e-s »


        • izarn izarn 8 décembre 20:21

          Je crois que les gilets jaunes ont fort bien compris Jacques Dutronc :

          https://www.bing.com/videos/search?q=dutronc+l%27opportuniste&&FORM=VDVVXX


          • Jeekes Jeekes 8 décembre 20:41

            ’’Cette vision des choses est-elle majoritaire actuellement dans la nation ?’’

             

            OUI !

             

            Et pour le dire clairement, on en a tous ras-la-casquette des apparatchiks, c’est à dire des politicards véreux et des syndicalistes corrompus.

             

            Voila, c’est plus clair maintenant ?

             


            • izarn izarn 9 décembre 14:05

              Le representant, ça doit se révoquer à tout moment.

              Un representant innamovible sur 5 ans, c’est de la daube totalitaire.

              On ne pourrait pas gouverner ?

              Mon cul !


              • math math 10 décembre 08:27

                Il faut que les gilets jaunes restent apolitique..évitant de venir grossir ces partis mafieux si propères en France !


                • titi 10 décembre 11:52

                  Les gilets jaunes représentent la population française dans sa diversité.
                  Les personnes qui s’y retrouvent le font pour des raisons très variées.

                  Il sera impossible d’avoir un « représentant », malgré toutes les tentatives de la LFI pour s’approprier le mouvement.

                  La première mesure à mettre en place, ce sont les votations à la mode suisse. On pourrai déjà avoir un premier vote rapide :

                  - Rétablissement ISF
                  - Fermeture Fessenheim
                  - Suppression du Sénat

                  - Suppression du CES

                  - Retour au septennat 

                  - Plafonnement rémunération des élus

                  Et pourquoi pas :

                  - Départementisation de Mayotte 

                  Déjà ça, ça éclaircissait le débat.


                  • zygzornifle zygzornifle 10 décembre 12:36
                    une élection sans candidat

                    c’est comme une érection sans candidate ....


                    • zygzornifle zygzornifle 10 décembre 12:41

                      Pourtant ils vont distribuer des tracts ou encore rédiger des cahiers de doléances et faire ainsi de la politique 

                      Le fait de dire qu’il y en a marre des diverses taxes , qu’il faut la revalorisation du SMIG , qu’il faudrait abolir la CSG c’est faire de la politique non ? Du fait que l’on est contre les mesures du gouvernement que l’on s’oppose a toutes ces réformes c’est faire de la politique car on s’attaque a la politique ....

                      Alors on ne dit rien en on tend son postérieur la au moins on ne fait pas de politique ....

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