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Accueil du site > Tribune Libre > Gilets jaunes, vous voulez du pouvoir d’achat et être entendus ? Il (...)

Gilets jaunes, vous voulez du pouvoir d’achat et être entendus ? Il faut créer une multinationale !!

Je suis moi-même une sorte de Gilet Jaune depuis plus de vingt. Après avoir créé le SEL de Saint Quentin en Yvelines en 1995, j’ai publié un article dans Le Monde en 1998* qui commençait par : « Et s'il était possible d'utiliser l'économie libérale pour réaliser nos projets, plutôt que de se laisser imposer notre mode de vie par la mécanique des marchés financiers ? ». Mais moi non plus, on ne m’entend pas. J’ai fait Normal Sup’, mais je ne suis qu’un fils de maçon italien. Malgré tout, je ne suis pas sorti de ma condition.

J’ai déjà écrit tout cela sur Agoravox plusieurs fois, mais je vais me répéter pour tenter une fois encore de vous convaincre que vous avez raison, mais que, « en même temps », vous n’avez peut-être pas suivi la voie la plus efficace.

Bien sûr, vous avez raison de vous révolter !

Car notre système est révoltant ! Les inégalités augmentent, la précarité et l’exclusion se développent, le système ne profite réellement qu’aux riches, l’ascenseur social, dont j’ai moi-même profité, ne fonctionne plus, les élites méprisent le peuple, etc. Mais tout cela était déjà vrai il y a 30 ans, lorsque j’ai commencé à m’intéresser à ces questions. Je me suis d’ailleurs toujours demandé comment était-il possible que vous ne vous soyez pas révoltés plus tôt ?? Les sociétés humaines sont assurément très stables !!

Maintenant, vous avez choisi de vous révolter en manifestant, avec plus ou moins de violences, semaines après semaines, pour tenter d’obliger le gouvernement à modifier sa politique économique. Je ne suis ni devin ni omniscient, malheureusement, mais je ne vois pas où tout cela peut mener, pour deux raisons.

Premièrement, il faut vraiment taper très fort pour obtenir quelque chose par des manifestations. On a déjà vu des manifestations monstres ne rien donner. Il faudrait vraiment un soulèvement général pour aboutir à quelque chose de tangible, mais on n’en prend pas le chemin. Le « grand débat » pourrait très bien anesthésier tout le monde. Nos dirigeants possèdent des tas de ficelles pour détourner l’attention, voire pour récupérer le mouvement à leur profit. Provoquer une guerre civile ? On n’y est pas encore. Et de plus, l’issue de ce genre de projet est très incertaine. Il n’est pas sûr qu’à la fin vous ayez gain de cause.

La seconde raison est la plus importante : le gouvernement, même s’il en avait envie, n’a pas la possibilité de vous donner ce que vous demandez. Et si par hasard il le faisait, les « marchés » se chargeraient de vous reprendre d’une main ce qu’on vous aurait donné de l’autre. Rappelez-vous simplement Mitterrand en 1982. Il a voulu donner du pouvoir d’achat aux français, et il n’a fait que provoquer un déficit monstre de la balance commerciale, ce qui l’a obligé à faire rapidement marche arrière. En fait, nos gouvernants ne sont pas, ne sont plus, aux manettes. Ils n’ont plus le pouvoir de piloter leur économie. Leurs manettes ont été progressivement débranchées à partir des années 70. Ce sont le commerce et la finance qui ont pris le pouvoir. Nos dirigeants n’ont que la marge de manœuvre qu’on leur laisse, c’est-à-dire presque rien. Je serais donc sidéré qu’on vous donne plus que les quelques miettes qui seront suffisantes pour vous calmer et vous donner le sentiment que vous leur avez arraché quelque chose. Je pense que vous n’obtiendrez pas grand-chose parce que, contre les divisions de blindés que vous avez en face, vos méthodes, c'est-à-dire vos armes, n’ont pas de puissance. Si vous voulez réellement obtenir un résultat, il faut voler les armes lourdes de vos adversaires et vous en servir contre eux !!

Car, comme je l’ai déjà écrit, la puissance, c’est le commerce et la finance.

Si vous voulez obtenir quelque chose, vous devez utiliser ces armes-là. En définitive, vous devez créer une coopérative multinationale. Ce n’est pas possible ? J’ai déjà détaillé cette possibilité sur Agoravox, car je l’ai déjà expérimenté à petite échelle.

En 1995, j’ai créé le SEL (Système d’Echange Local) de Saint Quentin en Yvelines. En 1997, nous avons distribué 150€ de pouvoir d’achat à tous les adhérents, en « monnaie interne », alors que nous n'étions qu'à peine 100. Et cela a provoqué instantanément un triplement des échanges. Imaginez ce qu’on peut faire dans un réseau de 1 million ou 10 millions de personnes et d’entreprises !!

Et qu’est-ce que cela coûte de créer une multinationale ? En argent, pas grand-chose. De l’ordre de 10€ par personne. Par contre cela vous coûtera une prise de conscience et probablement une remise en cause. Car vous êtes vous-mêmes une partie de votre problème ! Les riches vous appauvrissent et vous méprisent ? Oui mais, les riches sont comme ils sont parce que les pauvres sont comme ils sont. Et vice versa.

Que vous soyez gilet jaune, ou toute autre personne considérant que le système économique, monétaire et financier n’est pas à votre avantage, vous devez prendre conscience, et aussi en accepter l’idée, du pouvoir que vous possédez collectivement en tant que consommateurs, et utilisateurs d’une monnaie. Vous pensez qu’on ne vous demande pas votre avis ? Mais vous le donnez plusieurs fois pas jour, à chaque fois que vous réalisez un achat ! En achetant, ou en refusant d’acheter des produits, à telle ou telle entreprise, ou tel ou tel pays, vous voter ou non pour telle ou telle entreprise ou tel ou tel pays, et par conséquent vous enrichissez ou non, et vous donner ou non du pouvoir aux dirigeants de telle ou telle entreprise ou pays. Bien sûr, si vous faites ce genre d’action de manière dispersée, non-coordonnée, tous seuls dans votre coin, c’est une goutte d’eau dans l’océan. Par contre, si vous le faites à travers une coopérative d’achat-vente multinationale utilisant une « monnaie interne », vous amplifiez énormément la puissance de votre action. Simplement, pour cela, il faut que vous coopériez entre vous, et vous mettiez d’accord collectivement sur une politique « commerciale » pour cette multinationale. L’arme absolue, c’est la coopération commerciale et monétaire à travers une coopérative multinationale. C’est une manière de récupérer la souveraineté monétaire que les états ont perdu, et dont l’abandon est une des principales causes de vos problèmes. Mais, bien sûr, coopérer c’est aussi être d’accord sur la manière de coopérer. Il faut avoir un minimum de contrat social, sans quoi la coopération ne peut exister. Or le minimum de contrat social permettant de vivre ensemble, c’est d’utiliser la même monnaie, car la monnaie, c’est la confiance dans les autres.

Pour ceux d’entre vous qui voudraient aller dans cette voie qui me paraît une des seules capables de renverser la vapeur, j’ai détaillé tout cela sur Agoravox, ici et . J’ai aussi transposé à un niveau national et international, sur mon blog, l’expérience, que je considère réussie, menée dans le SEL de Saint Quentin en Yvelines à un niveau associatif et local. Vous pouvez aussi partager cet article dans le but de réunir au moins un million de personnes enclines à constituer cette coopérative multinationale. Car un « marché » d’un million de personne représente une très grande valeur, qu’il vaut mieux utiliser à votre profit, économique et politique, plutôt que de laisser les autres se la partager.

En prenant le pouvoir par le commerce et la finance coopérative, vous obligerez les élites, les gouvernants et les multinationales à s’asseoir à votre table et discuter avec vous.

 

* article publié dans Le Monde du 29 septembre 1998 dans la rubrique « Enjeux », intitulé « 50 millions de Francs pour changer le monde »


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28 réactions à cet article    


  • Clocel Clocel 16 février 10:46

    Ça semble pas mal votre projet, je creuserai vos liens...

    Les cryptomonnaies pourraient être un bel outil...

    Avec quelle monnaie serait acquitté l’impôt ?

    PS :

    Votre père, maçon italien, était-il de la trempe de celui de Cavanna ? smiley


    • Paul Leleu 17 février 02:01

      @Clocel

      les cryptomonnaies sont à l’avantage des mafieux et des spéculateurs... et nul ne sait qui les crée et les contrôle... on est obligé de croire SUR PAROLE des inconnus... j’ai du mal à croire que les américains ou les chinois qui connaissent la couleur de notre slip ne connaissent pas qui a créé et qui bidouille ces machins... faut pas être naïf... c’est même certainement eux qui les ont créées !

      leur but est de créer des zones monétaires virtuelles de non-droit ... en fait, ils préparent la disparition de l’argent liquide, pour contrôler encore de plus près la population... mais ils ont besoin de pouvoir continer leurs manoeuvres... les cryptomonnaies seront les « valises de billets sales » du futur... ni plus ni moins...

      tout cela ne relève nullement d’une bienveillante initiative de Zorros bienveillants du Web...

      les gens qui agissent pour le bien, comme ce monsieur, n’ont nullement besoin de se planquer...


    • hgo04 hgo04 17 février 07:28

      @Paul Leleu

      Je pense que vous avez raison..

      En même temps, das l’immédiat, je ne vois que le SEL qui puisse contrer tout ce système.
      Des jetons/temps pour contrer une monnaie et un système fiscal qui va avec ?

      Oui, la monnaie va disparaitre, et pour cela une cryptomonnaie prend le relais pour tout simplement blanchir de l’argent.. exit les billets de 500€ qui étaient employés à ça, vive la cryptomonnaie..

      Par contre comment vont ils taxer une heure de temps ménage contre une heure informatique ?? l’entraide serait taxable ?? Je ne pense pas qu’ils y arriveront.. Ils essaieront, mais ce sera tellement compliqué à mettre en oeuvre et à maintenir, que je vois bien le SEL devenir cette monnaie d’échange des gens lambda.


    • armand tardella armand tardella 17 février 21:47

      @Clocel
      Bonsoir,
      L’impôt ne peut être payé qu’en monnaie nationale, tant que l’Etat lui-même n’est pas adhérent. Et on ne peut pas supposer qu’il le soit au début !!!
      C’est pour cette raison que la coopérative doit être capable de gérer les 2 monnaies en même temps, comme le fait la société suisse WIR que j’évoque dans certains de mes textes et qui fonctionne un peu comme la société que je préconise.
      De plus, pour cette raison, au début, toutes ne les transactions d’une personne ou d’une entreprise ne peuvent pas être réalisées en monnaie interne (comptes de compensation). Le système ne peut monter en charge que progressivement.t

      Concernant les cryptomonnaies, je ne pensais pas les utiliser pour ce système. Par contre, il pourrait être possible d’utiliser blockchain pour au contraire garantir la traçabilité et donc la transparence des transactions.

      Sinon, j’avoue ne pas avoir lu « les ritals » de Cavanna, Mais mon père avait une bonne trempe aussi...


    • armand tardella armand tardella 17 février 21:54

      @hgo04
      Bonsoir,
      J’ai créé un SEL, ce qui m’a permis de comprendre comment pouvait fonctionner le système, mais il ne s’agit pas de simplement créer un gros SEL, mais bien de créer une société d’échange marchandise un peu innovante. Il existe des milliers de sociétés d’échange marchandise dans le monde aujourd’hui, et elles n’ont pas de problème fiscal. Ce qu’elles font respectent les lois de leur pays. La plus grosse de ces entreprises d’échange marchandise est la société suisse WIR qui possède 70000 clients. Son activité est totalement légale.


    • hgo04 hgo04 18 février 05:30

      @armand tardella

      Page 134, chapitre « Définir l’intérêt général »..
      https://www.persee.fr/doc/polix_0295-2319_1998_num_11_42_1727

      La France et son système fiscal si compréhensif pour ceux qui sortent des valises de billets de 500€ (faits exactement pour ça) a lorgné sur ces échanges de service, en transposant heure de service avec heures monnaitisées.

      Elle n’y est pas parvenue, et n’y est pas intéressée par la suite, car c’est pour le moment une activité « légère ». Mais quand elle se généralisera ...
      Le fisc s’y interessera, et le SEL sera accusé de toutes sortes de raisons et de mauvais motifs, pour y mettre fin ou le contenir à une activité temporaire et marginale.
      Le but de l’état est de faire sortir l’argent des banques car à chaque transaction faite, c’est autant de TVA qui rentre. Et la TVA, même le plus pauvre des clochards, la paie.


    • armand tardella armand tardella 18 février 11:43

      @hgo04
      Bonjour,
      J’insiste sur le fait que le système que je propose n’a qu’une très lointaine parentée avec un SEL. Il s’agit d’une place de marché coopérative, qui fonctionne tout à fait légalement et paie toutes les taxes légales. Son originalité tient au fait qu’elle utilise sa comptabilité commerciale comme système monétaire. Cette manière de faire totalement irréprochable sur le plan légal, permet de disposer d’un système qui a une fonction de système monétaire sans en avoir le statut juridique. J’insiste aussi sur le fait que ce type de société existent déjà et sont nombreuses dans le monde, et elles n’ont pas de problème avec le fisc.

      Toute la construction du système est faite pour être toujours en règle avec les lois nationales et internationales. Son originalité tient au fait que l’unité de compte interne qu’il utilise (compte de compensation) est « assuré » (je vous invite à lire les article que j’ai mis en lien) de telle manière qu’il est possible de faire une relance économique interne au réseau de coopérateur, et « d’assurer » le financement du plan de relance.


    • hgo04 hgo04 19 février 05:49

      @armand tardella
      Comprenez bien que je ne critique pas du tout votre initiative, au contraire même.

      Mais le fisc français étant ce qu’il est, vorace sur les petits, et ses initiatives étant ce qu’elles sont, je me doute qu’à un moment donné tout ce qui est visible sera taxable.

      N’est ce pas ce genre d’initiatives quand on apprend que LE BON COIN, où vous vendez votre vieux vélo déglingué, sera dans l’obligation de répertorier votre vente pour le fisc ? Idem pour ebay, ou toutes plateformes de transactions en ligne RB&B entre autre.

      Tant que le système en place est de petite taille et donc inintéressant pour le fisc, il ne trouvera rien à redire.
      Par contre, quand cela aura une certaine notoriété, une certaine importance, un soudain intérêt fiscal, n’ayez aucun doute sur le comportement de BERCY.

      Vous pourrez toujours traverser les frontières avec des valises de billets de 200€ ou des bitcoins sans avoir à vous déplacer, mais le maçon, la femme de ménage, l’étudiant, le peintre etc etc... eux auront à payer taxes, impôts, prélèvement, CGS RDS et toute la clique qui va avec, on l’a vu avec les retraités et les promesses politiques.

      Donc je salue votre initiative, n’ayez aucun doute la dessus, mais je n’ai aucune illusion sur l’emprise fiscale qu’il en ressortira..

      Vous ne pouvez rien faire de « visible » qui ne soit au final, l’objet d’une taxe, d’un impôt, d’un prélèvement ... bref d’une attention fiscale pour le bien de tous..


    • mac 16 février 10:57

      Personnellement j’adhère totalement à ces idées et il faudrait faire vite car les grands capitalistes sont en train de mettre la main sur toutes les richesses et comme au monopoly, il est difficile de s’en sortir quand quelqu’un a tout et que l« on a rien. C’est d’ailleurs un peu dans cet état d’esprit que le génial Jean Yanne avait fait son film »moi y en a vouloir des sous", sauf que dans le film le héros se heurtait au scepticisme des dirigeants syndicaux qui ne voulaient surtout pas aller au bout de choses. Je crains malheureusement que ce soit toujours le cas et que les gens soient résignés. Sinon comment expliquer que bon nombre des 5 millions de sans emploi se terrent chez au lieu de rejoindre les GJ ? S’ils étaient sorti de chez, il y a longtemps que le gouvernement aurait calé...


      • Lestrade Lestrade 16 février 11:37

        Interessant et responsabilisant.

        On retrouve ici l’idée selon laquelle les masses laborieuses ont raté le virage du libéralisme et celui du capitalisme.

        Ce par simple refus idéologique. Ce qui s’appelle confondre la fin et les moyens...

        Cependant que l’auteur montre ou tend à montrer que le libéralisme n’est pas exclusif des modes de vie et des modes de consommation. Encore moins des modes de production...

        Plutôt que tirer profit de la puissance financière du monde, les anti-tout se la sont mise à dos... Sauf s’agissant d’obtenir un crédit maison ou un crédit voiture... Faudrait quand même pas cracher dans la soupe...

        Jacques Sapir est déjà sur cette voie lorsqu’il encourage au développement de produits d’épargne populaire à des fins de substitution de l’épargne populaire au « Grand capital » et à des fins d’engagement des masses laborieuses dans le processus productif, dans la propriété de l’appareil de production et dans le bénéfice consécutif du partage de la plus-value.

        Ce n’est là que l’aspect de la substitution de la valeur travail par la valeur capital d’une question plus globale soulevée par l’auteur...


        • Julot_Fr 16 février 15:11

          Creer son propre systeme parralel n’empechera pas les oligarques de nous demander de payer les taxes. Et si on essaye de leur dire qu on ne leur doit rien car on est autonome, ils ne se priveront pas de nous envoyer en taule.


          • armand tardella armand tardella 18 février 12:02

            @Julot_Fr
            Bonjour,

            Le système n’est pas fait pour ne pas payer de taxes. Au contraire, il est fait pour d’être totalement légal.
            L’enjeu est plutôt de pouvoir réaliser des relances économiques dans le réseau d’utilisateurs pour que l’argent qui est créé à l’intérieur reste à l’intérieur. Les oligarques qui gagneraient de l’argent à l’intérieur seraient obligés de le dépenser à l’intérieur, ce qui est déjà pas mal, plutôt que de l’envoyer dans un paradis fiscal ou de spéculer avec.

            Par ailleurs, les oligarques ne sont sensibles qu’au rapport de force. Un système de ce type avec des millions d’utilisateurs représentent un certain rapport de force qui obligeraient les oligarques à négocier.

            En tout cas, c’est le sens que j’ai voulu donner à l’article


          • Jeekes Jeekes 16 février 16:26

            ’’pour cela, il faut que vous coopériez entre vous, et vous mettiez d’accord collectivement sur une politique « commerciale » pour cette multinationale’’

             

            C’est pas que je n’aime pas l’idée, mais comprenons-nous bien, c’est quand même une sacrée putain d’utopie d’espérer qu’un à dix millions d’individus puissent se ’’mettre d’accord’’ sur quoi que ce soit...

             

            Vous croyez pas ?

             

            Et puis, cette ’’multinationale’’ aura forcément besoin de dirigeants, de cadres, de personnels salariés, de décideurs...

            Aussi sec, bonjour la porte ouverte aux magouilles diverses et variées !

             


            • Seudoo 18 février 11:13

              @Jeekes

              "C’est pas que je n’aime pas l’idée, mais comprenons-nous bien, c’est quand même une sacrée putain d’utopie d’espérer qu’un à dix millions d’individus puissent se ’’mettre d’accord’’ sur quoi que ce soit...

               Vous croyez pas ?"

              Mathématiquement moins que 510 millions d’européens.


            • armand tardella armand tardella 18 février 11:52

              @Jeekes
              Bonjour,

              Pour mettre en oeuvre ce système, le premier niveau d’accord à avoir c’est d’utiliser une même monnaie, qui se présente comme une sorte de carte de fidélité coopérative. A priori, ça paraît possible. Ensuite, personne ne sera obligé d’utiliser ce système. Il sera en concurrence avec le reste du monde. Donc charge aux dirigeants de la coopérative de piloter cette entreprise pour donner des avantages à ses utilisateurs de telle manière qu’ils aient envie d’y adhérer et d’y rester.

              Concernant les dirigeants, c’est effectivement inévitable. Cependant avec un statut de société coopérative, il existe plus de moyens de contrôler les dirigeants que dans une société classique.


            • sleeping-zombie 18 février 20:08

              @Jeekes
              C’est pas que je n’aime pas l’idée, mais comprenons-nous bien, c’est quand même une sacrée putain d’utopie d’espérer qu’un à dix millions d’individus puissent se ’’mettre d’accord’’ sur quoi que ce soit...

              C’est le nœud du problème : l’auteur l’a bien signalé, l’argent c’est jamais que de la confiance. Et l’état actuel des choses, c’est que les pauvres, malgré leur mécontentement, font plus confiance aux riches qu’ils ne se font confiance entre eux.
              Qu’ils se fassent confiance entre eux, qu’ils sachent prendre des décisions entre eux, et les faire appliquer... et c’est l’ensemble de la bourgeoisie qui pointe au chômage.
              Doux rêves.

              D’autant que le nouveau système, s’il se généralise, devra bien composer avec les mêmes contraintes que l’ancien... sans réelle nouveauté dans la façon de penser, on aura les mêmes solutions. Si c’est pour aboutir à un simple renommage, non merci :D


            • armand tardella armand tardella 18 février 21:02

              @sleeping-zombie
              Le nouveau système ne peut pas être le même que l’actuel, car la monnaie interne, est une « monnaie assurée », c’est à dire que ça fonctionne comme une monnaie à intérêt négatif et non positif comme aujourd’hui. Les solutions ne peuvent être qu’inversées par rapport à aujourd’hui.

              Non, le seul risque, c’est qu’on ne veuille pas adopter ce type de monnaie, effectivement, quelqu’en soit la raison. Auquel cas, on restera dans le système actuel...


            • sleeping-zombie 18 février 21:24

              @armand tardella
              je ne saisis pas le concept de « monnaie assurée », mais si effectivement la monnaie est à intérêts négatifs, ça rend difficile voire impossible toute forme d’emprunt.
              Le concept d’emprunt, la capacité à s’endetter, est quand même une grande force du système actuel. Et aussi une autre forme de confiance...


            • armand tardella armand tardella 18 février 21:40

              @sleeping-zombie

              ça ne rend pas impossible l’emprunt, car l’emprunt se fait à taux zéro. ça rend plutôt impossible à l’inverse, la thésaurisation.

              l’« intérêt négatif » fonctionne comme une assurance, car la prime d’assurance ressemble à un intérêt négatif sur le montant de l’avoir (qu’on veut assurer). Du coup l’intérêt négatif permet d’« assurer » le remboursement des politiques de relance économique.

              L’intérêt négatif ne peut rien interdire ou rendre impossible, mais ça inverse la logique monétaire et financière actuelle, donc ça change nécessairement beaucoup de chose. Et ce qui est sûr, c’est que pour sortir du système où l’on est, il faut arriver à changer quelquechose. A moins qu’on pense que le système actuel est tout compte fait le meilleur qui soit ...


            • sleeping-zombie 19 février 00:01

              @armand tardella
              Un emprunt à taux zéro, c’est toujours mignon à regarder, mais ça n’a aucun intérêt pour le créancier.
              Prête à taux 0 à 100 personnes, y en a forcément une qui te remboursera pas. Perte assurée. Donc tu prêtes à perte. Où est l’intérêt ? la force d’une monnaie, c’est justement de pouvoir faire des transactions entre gens qui ne se connaissent pas... si on ne peut emprunter qu’auprès des gens qui vous aiment bien et qui vous font cadeau du risque, c’est une régression.

              Et ce qui est sûr, c’est que pour sortir du système où l’on est, il faut arriver à changer quelque chose. A moins qu’on pense que le système actuel est tout compte fait le meilleur qui soit


              Entièrement d’accord.
              A titre perso, je suis un grand fan du « De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins ». C’est joli. Mais un peu comme « liberté, égalité, fraternité », le premier est contradictoire avec les 2 suivants.
              Dans le cas qui nous occupe, comment gérer les poches percées ? les banquiers font peut-être le sale boulot en refusant des crédits, en se faisant payer des intérêts et en envoyant des huissiers de justice, mais il faut bien que quelqu’un le fasse ce boulot de contrôle non ?
              Dans un SEL a 100 personnes, tu peux avoir un contrôle social informel parce que chacun connait tous les autres. Dans un SEL à 10 millions de participants, faut bien organiser une forme de police, une forme de contrôle, un système qui détermine « qui a droit à quoi », ne serait-ce que pour être sûr qu’on produit autant qu’on consomme.

              Lequel système déterminera probablement que les plus « méritant » sont eux-mêmes...et la boucle sera bouclée.

              Croire que le problème est seulement lié à la matérialisation d’une monnaie, c’est illusoire.


            • armand tardella armand tardella 19 février 23:15

              @sleeping-zombie

              Bonsoir,

              Dans vos commentaires, vous restez sur une logique monétaire classique. Or je vous disais que l’utilisation d’une monnaie à intérêt négatif (c’est à dire assurée), on renverse la logique.

              Par exemple, vous dites que l’intérêt à taux zéros n’intéresse pas les créanciers. Cependant le créancier, qui a donc beaucoup d’argent sur son compte, ne peut pas thésauriser longtemps car l’intérêt négatif diminue son avoir. Il a donc intérêt à prêter son argent, même à taux zero. C’est toujours mieux que de voir diminuer son capital. De plus, avec la monnaie « assurée », on peut garantir le remboursement du prêt.
              On peut aussi mettre en place des mécanismes de garanties pour limiter les risques de non remboursement.

              Il y énormément de solutions possibles, si l’on accepte de penser autrement.

              Si vous êtes intéressé par le sujet, je vous invite à lire mon premier article publié en 2011 sur agoravox, qui expliquait tout cela plus précisément, ainsi que la présentation du système que j’ai publié sur mon blog et dont le lien est à la fin de mon article.


            • sleeping-zombie 20 février 09:57

              @armand tardella
              on renverse la logique.


              ...
              qui renverse la logique de qui ?
              D’un coté, tu as le fournisseur d’un outil (l’argent en l’occurrence) qui crée l’outil, le pense selon des règles d’utilisation qu’il fixe lui-même selon sa propre logique (ex : monnaie « assurée », intérêt naturel négatif).
              De l’autre coté, tu as les utilisateurs de l’outil (la population) qui s’approprient l’outil suivant leurs propres besoins, leurs propres contraintes, et, au final, leur propre logique.

              Quand les deux logiques coïncident, pas de problème. Mais en cas de conflit, je peux te garantir que c’est la logique de l’utilisateur qui prime.

              Prenons un exemple sur ton histoire de taux négatif. Tu penses que ça empêche la thésaurisation ? Je pense plutôt que la thésaurisation se fera, mais sous une autre forme. Ex : achat d’or, d’immobilier, d’oeuvre d’art, ou plus simplement d’une autre monnaie d’un autre pays (c’est ce qui fait la force du dollar).

              si l’on accepte de penser autrement.


              Oui, mais si, collectivement on accepte de penser autrement, la monnaie actuelle permet déjà de tout faire.
              Pour moi, la question c’est : est-ce qu’un outil peut forcer les gens à modifier leur logique ? Je ne crois pas du tout...


            • armand tardella armand tardella 20 février 22:29

              @sleeping-zombie

              Bonsoir,

              Ce que j’ai écrit, ce n’est pas que de la théorie, je l’ai fait dans le SEL de saint quentin en yvelines entre 1997 et 2001. Les gens sont totalement rentrés dans la logique du système. Ce n’est pas un miracle, c’est parce que ça leur rendait service !! Comme le l’ai dit, les échanges ont été multiplié par 3,5 en 1 mois, parce qu’on avait donné du pouvoir d’achat aux gens. Du coup, ça ne les gênait pas de payer « la prime d’assurance ».

              Un point important du système, c’est qu’il découple la valeur d’échange de la valeur de réserve. Du coup on peut toujours assurer l’abondance de la valeur d’échange, car elle se crée en tant que de besoin à chaque échange.

              Ensuite, ce n’est pas un problème du tout que des gens veuillent « thésauriser » en achetant de l’or. Si ça leur fait plaisir, qu’il le fassent. Mais pour le faire, ils doivent trouver quelqu’un dans le réseau de coopérateurs qui leur vende de l’or contre des unités internes. L’important est que la monnaie créée à l’intérieur reste à l’intérieur du réseau. Et que l’abondance de cette monnaie soit assurée. Qu’ensuite des gens achètent ce qu’il veulent avec ce qu’ils ont gagnés dans le réseau, c’est leur problème tant ce ça permet de faire des échanges dans le réseau et donc ça donne du pouvoir d’achat aux autre, c’est positif

              Enfin, il ne faut pas croire que c’est l’outil qui fait faire les choses. C’est l’esprit qu’on donne au système. en 1997, l’outil c’était un tableau excel pour faire les comptes. On faisait ce qu’on voulait avec. Il n’y avait pas de réseau social, pas d’internet, tout ce faisait sur des feuilles de papiers et consolidé avec excel. L’outil ne fait que faciliter les choses, mais ce sont les gens qui les font, s’il y voient un intérêt. Et je crois profondément que ce système (je ne parle pas de l’outil) donne des avantages aux gens. J’ai écrit dans un de mes articles quelque chose comme : l’intérêt positif favorise l’individualisme et la concentration des richesses, l’intérêt négatif favorise la coopération et la répartition des richesses


            • Jonas 16 février 18:26

              A l’auteur 

              Je suis d’accord avec vous sur l’idée générale de votre texte.Il faut d’abord agir par soi-même . Mais vous oubliez , une chose importante les Français sont des bonnets d’âne en économie. De tous les pays de l’OCDE , nous sommes les derniers. 

              Les Américains et beaucoup d’autres pays parlent de Dieu , les Français , qui se disent en majorité sans Dieu , en ont un, qui est l’Etat. a qui ils font appel devant le moindre problème. Et ce Dieu est plus rapide a satisfaire leurs besoins que l’autre La preuve , il a offert en quelques semaines de manifestations plus de 11 milliards d’euros.

              Même si tous les habitants de France venaient à remplir qui les Eglises, qui les Temples, qui les Synagogues et les Mosquées pendant toute une année , ils n’obtiendront rien du Dieu des cieux. Parce qu’il sourd , muet et aveugle. 

               


              • Paul Leleu 17 février 02:09

                bravo à vous, Monsieur ! et mes respects...

                vous écrivez :

                - Je suis moi-même une sorte de Gilet Jaune depuis plus de vingt ans. Mais moi non plus, on ne m’entend pas.
                - Mais tout cela était déjà vrai il y a 30 ans, lorsque j’ai commencé à m’intéresser à ces questions. Je me suis d’ailleurs toujours demandé comment était-il possible que vous ne vous soyez pas révoltés plus tôt ??
                - Car vous êtes vous-mêmes une partie de votre problème !
                - Mais vous le donnez plusieurs fois pas jour, à chaque fois que vous réalisez un achat ! En achetant, ou en refusant d’acheter des produits...

                comme vous avez RAISON !!!!!! je crois que ça résume bien la situation...

                mais je pense que les gilets-jaunes, en bons occidentaux imbibés d’américanitude, ont beaucoup trop d’EGO pour simplement commencer à se remettre en question ... ils préfèrent gueuler « macron connard » ou déblatérer sur ses moeurs (réelles ou fantasmées)... et ils ont beaucoup trop d’orgueil mal placé pour se tourner vers des gens comme vous... parce-que nos compatriotes sont gavés à l’orgeuil américain...

                assurément, comme vous le dites, « les sociétés humaines sont très stables »....


                • zygzornifle zygzornifle 17 février 09:40

                  Ouais une multinationale coté en bourse pour qu’un Drahi , Rothschild ou autre vautour la rachète pour la sabrer ....


                  • armand tardella armand tardella 17 février 22:00

                    @zygzornifle
                    Bonsoir,

                    Toutes les sociétés multinationales ne sont pas cotées en bourse. Une ONG est une multinationale, mais elle n’est pas côtée en bourse et donc ne peut pas être rachetée. De même pour une société coopérative. Il y a des tas de statuts d’entreprises qui permettent de gérer les choses autrement que comme des multinationales classiques.


                  • reprendrelamain reprendrelamain 17 février 09:59

                    J’aime beaucoup votre idée de reprendre le pouvoir par le commerce et la finance coopérative

                    mais c’est très compliqué à mettre en place, je crois beaucoup plus au boycott citoyen pour lutter efficacement contre le libéralisme même si c’est utopique.

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