• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > Global Gateway : l’UE cherche à faire contrepoids à la (...)
#69 des Tendances

Global Gateway : l’UE cherche à faire contrepoids à la Chine

L'Union européenne se prépare à entrer en confrontation globale avec la Chine et ses projets commerciaux, économiques et d'investissement. Bruxelles vise avant tout le projet de Pékin Nouvelle route de la soie (la ceinture et la route). L'UE a l'intention de lancer son propre projet Global Gateway pour lui faire contrepoids. 

JPEG

Selon la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, ce nouveau projet offre une chance à l'UE pour construire des relations de partenariat avec les pays à travers le monde. "Nous avons besoin d'investissements dans une infrastructure de qualité reliant les marchandises, les personnes et les services", a-t-elle déclaré. Et d'ajouter qu'il est "insensé pour l'UE de construire une route idéale entre la mine de cuivre chinoise et le port". Nous devons être plus intelligents quand il est question de ce genre d'investissements. Ursula von der Leyen a également souligné que le projet chinois de Nouvelle route de la soie avait été créé pour élargir l'influence stratégique de Pékin en créant une dépendance de dette. 

Dans cette confrontation commerciale et économique, l'UE peut compter sur le soutien des États-Unis, car leur stratégie est similaire. Mais cela soulève plusieurs questions. L'administration américaine actuelle, contrairement à son prédécesseur sous la présidence de Donald Trump, préfère des méthodes de pression militaro-politique sur la Chine. Comme en témoigne la récente annonce de la création de la triple alliance entre les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie (Aukus), qui a déjà suscité une réaction brutale de la France, qui a perdu un grand contrat sur la livraison de sous-marins aux Australiens. Selon Paris, les actions américaines dirigées contre la Chine portent atteinte à la solidarité euro-atlantique et à l'Otan. Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a déclaré : "L'Otan a engagé une réflexion, à la demande du président de la République, sur ses fondamentaux. Il y aura au prochain sommet de l'Otan à Madrid l'aboutissement du nouveau concept stratégique. Bien évidemment, ce qui vient de se passer aura à voir avec cette définition." 

Néanmoins, les principales difficultés pour l'Onu dans sa confrontation avec la Chine ne sont pas liées aux actions agressives des États-Unis ou du Royaume-Uni. Selon les informations disponibles, le nouveau projet Global Gateway se fixe pour objectif soit de doubler les systèmes de transport et d'infrastructure afin de créer de nouveaux itinéraires exempts du contrôle chinois, soit d'évincer le capital chinois des projets existants. 

Cependant, les deux options semblent peu plausibles compte tenu de la supériorité financière de la Chine et du handicap temporaire de la Nouvelle route de la soie. Son concept a été proclamé pour la première fois par le président chinois Xi Jinping en 2013, initialement destiné à créer et à moderniser l'infrastructure portuaire, côtière, ferroviaire et routière dans le vaste espace de l'Asie orientale, centrale et du Sud, de l'Europe et de l'Afrique. Et la mise en place des fondations pour cette initiative a commencé encore plus tôt, en 2005. 

Le vice-premier ministre chinois Zhang Gaoli a décrit, en 2015, les axes principaux du travail pour promouvoir la Nouvelle route de la soie, y incluant non seulement la construction de sites d'infrastructure, mais également la coopération dans les aspects tels que les finances, l'électricité, les technologies de l'information et de la communication, la coopération en matière de ressources humaines, scientifiques et techniques, le tourisme et les échanges sociaux. Ainsi, la Chine propose un ensemble de services allant bien au-delà de l'infrastructure physique qui peuvent être acceptés par d'autres pays intégralement ou partiellement. 

Il est évident dans cette situation que l'initiative présentée par la présidente de la Commission européenne pourrait en réalité devenir un facteur supplémentaire engendrant la division au sein même de l'UE, parce que plusieurs États européens sont étroitement liés dès à présent à la Chine sur le plan économique, commercial, financier et d'investissement, et ne peuvent pas simplement se permettre de rompre ces liens. "Évidemment, les Européens sont indignés de ne pas être pris au sérieux ni par les adversaires, tels que la Russie et la Chine, ni par les amis, tels que les États-Unis et l'Australie. Mais au lieu de se vexer de manière impuissante, il faut mieux se regarder honnêtement pour trouver les raisons de cela", ironise à raison l'agence Bloomberg, rappelant que plusieurs États membres de l'UE "travaillent activement avec la Chine, leur plus grand partenaire commercial, par exemple l'Allemagne".

Alexandre Lemoine

Les opinions exprimées par les analystes ne peuvent être considérées comme émanant des éditeurs du portail. Elles n'engagent que la responsabilité des auteurs

 

Source : http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3155


Moyenne des avis sur cet article :  3.17/5   (6 votes)




Réagissez à l'article

9 réactions à cet article    


  • Clocel Clocel 13 octobre 10:22

    L’UE... Combien de divisions ???


    • Docteur Faustroll Docteur Faustroll 13 octobre 10:38

      l’UE vient déjà d’acheter à la Chine le brevet du « crédit social » !

      Les Chinois devraient se méfier : dans quelques années, les européens seront aussi soumis que les Niaks !


      • zygzornifle zygzornifle 13 octobre 16:42

        Un contre poids ?

        Lol, faut vraiment être d’une naïveté maladive....

        Il y a peu on chialait pour se faire livrer des masques que l’on se faisait piquer par les ricains sur le tarmac, en ce moment les chinois tiennent la planète par les couilles pour les puces et autres matériaux et on veut faire contre poids ?

        Faut arrêter la salle de shoot .....


        • ZenZoe ZenZoe 13 octobre 18:03

          Dans contrepoids il y a poids, et l’Europe n’en a pas. il ne faut pas se mélanger les gants de boxe. Quand on est un poids mouche dans ce sport, on ne monte pas sur le ring avec des poids super-lourds.

          En plus, l’Union européenne n’a rien d’une union et devient de moins en moins européenne. Il vaut mieux être seul que mal accompagné dit la sagesse populaire, et la sagesse populaire a raison. Virons Macron, sortons de ce bourbier et voyons ce qu’on est capable de faire tout seuls.

          Voila, quelques propos de comptoir pour alimenter la discussion. smiley


          • Parrhesia Parrhesia 13 octobre 20:49

            L’Europe actuelle a été scientifiquement conçue comme une contre-europe.

             Ses leaders et ses fonctionnaires sont tous et toutes sévèrement sélectionnés en fonction de leur soumission à l’ultra-libéralisme, au capitalisme financiarisés et au globalisme.

             Elle se défend du bec et des ongles contre le rejet populaire grandissant, les populations commençant à comprendre qu’elles ont été trahie.

            Et tout cela pourquoi ?

            Parce qu’elle a précisément été conçue et gérée de telle sorte qu’elle ne puisse en rien contrarier les intérêts du N.O.M. et de ses pratiques socio-économiques, dont les juteuses transactions avec la Chine et quelques autres collègues sont l’une des conditions sine qua non !!!

            Et ne voilà-t-il pas que d’aucuns cherchent subitement, dans la proximité d’une élection présidentielle, à induire l’idée que cette ’Europe" voudrait faire contre-poids à la Chine.

            Mais alors, de quelle Europe parlent-ils ?

            Car s’il existe effectivement des partisans d’une résurrection socio-économique et politique d’une nouvelle forme d’Europe, ce n’est certainement dans la mouvance mondialiste des différentes crypto-gouvernances européennes qu’il va falloir les rechercher !!!


            • Parrhesia Parrhesia 13 octobre 20:51

              @Parrhesia
               « qu’elles ont été trahies... » Bien sûr !


            • ETTORE ETTORE 13 octobre 23:31

              L’Europe.....La Chine.... ???

              Autant comparer une fourmi, à un fourmilier .


              • Edmond 14 octobre 01:48

                Viens ma biche ! Les chefs anglo-ricains ont dit ; « la Chine c’est le mal » (faire semblant de ne pas savoir qu’ils leur ont tout vendu en liquidation). « Ok : on marche au pas ». Les putains les plus serviles en 1re ligne - Allemagne ! La France se met sur les genoux en attendant (en souhaitant que la vieille bosche se tanne)


                • zygzornifle zygzornifle 14 octobre 09:05

                  Hahaha on est trop content de leur vendre nos articles de haut de gamme et de recevoir leurs conteneurs d’articles de premier prix car le Français hormis certains ne peuvent se payer le « made in France » ... 

                  On est bien content de leur vendre nos brevets, nos industries, nos vignobles, nos domaines etc 

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

Auteur de l'article

Patrice Bravo

Patrice Bravo
Voir ses articles



Publicité



Les thématiques de l'article


Palmarès



Publicité