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Accueil du site > Tribune Libre > « Gouverner ce n’est pas prévoir, c’est décider (...)

« Gouverner ce n’est pas prévoir, c’est décider »

À FORCE DE PRÉVISIONS FAUSSES, PLUS PERSONNE NE CROIT À RIEN...

Lors d’une intervention sur Europe 1 le 14 juin, Henri Guaino, conseiller spécial du Président de la République, a dit « Non la crise n’est pas finie, nul ne sait si elle s’aggravera. Nul ne sait quand elle se terminera. … Gouverner, ce n’est pas prévoir, gouverner, c’est décider, gouverner, c’est agir ».

Sans entrer dans le fonds du débat politique – ce n’est pas l’objet de cet article –, quel changement de ton ! Enfin, un responsable affirme haut et clair qu’il est illusoire de prévoir et que diriger, c’est agir.

Et pourtant le discours politique est parsemé de prévisions, d’engagements hypothétiques et de promesses.

Effectivement, il est plus efficace de se centrer sur la situation actuelle et les marges de manœuvre immédiates.

Ceci peut – et même doit – aller de pair avec une réflexion sur la direction que l’on veut prendre. Il ne s’agit plus alors de prévisions, mais de vision ou de projet : savoir trouver la « mer » vers laquelle on veut aller… et ensuite faire au mieux pour le cours du fleuve

Selon de nombreux philosophes, l’évolution de la science et la perte de repères associée débouchent sur un « désenchantement du monde ».

On peut discuter de l’importance ou non de cette tendance, mais une autre tendance est certaine : les discours des politiques et des experts, qui veulent à tout prix annoncer des prévisions et des programmes, débouchent sur une vague croissante de scepticisme.

A force de voir que les promesses ne sont pas tenues, plus personne ne croît à rien. Or elles ne sont pas tenues non pas parce que les hommes politiques ou les experts nous mentent, mais parce qu’il est simplement impossible de prévoir : il est illusoire d’imaginer que l’on peut limiter l’incertitude. Elle fait partie de notre monde. L’évolution de la société et de l’économie ne sont pas plus planifiables que la météo. (voir "Prévoir c’est aller contre la logique de notre monde" et "Les prévisions économique peuvent-elles être plus fiables que la météo ?"

Or cette désillusion se propage bien au-delà de la sphère politique. C’est toute la vie collective qui est de plus en plus polluée, et notamment celle des entreprises. On croît de moins en moins ce que dit une entreprise : par construction, tout discours est suspect, tout engagement est douteux, tout parole est mensonge.

Je l’ai vécu dernièrement à l’occasion d’une réunion publique tenue par un industriel. Il avait beau dire ce qu’il voulait, prendre des engagements précis et chiffrés, préciser que tout ceci serait contrôlé par l’administration, rien n’y faisait : le public ne le croyait pas.

« Vous dites cela pour obtenir votre autorisation, mais après vous allez faire le contraire ! ». Tel était le propos dominant.

Autre exemple : les voisins d’une antenne relais de téléphone mobile affirment avoir des troubles de santé. Quand l’entreprise incriminée annonce que cette antenne n’est pas en service, personne ne la croît. Facile à vérifier pourtant, non ?

Faisons attention, car une collectivité peut se déliter si la confiance mutuelle n’est plus là.

Or tant que nous continuerons à vouloir prévoir l’imprévisible, à affirmer que l’on sait alors que l’on ne sait pas, on fera des promesses intenables.

Apprenons collectivement et individuellement avec l’incertitude…

 


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38 réactions à cet article    


  • RilaX RilaX 29 juin 2009 15:21

    Vous avez certes raison, beaucoup de choses sont imprévisible ; et nous devons apprendre a faire avec. Cela dit, la méfiance ne viens pas que des promesses non tenue a cause d’imprévus.
    Combien de décision ont été prise sur la base d’un tel qui dit, si vous me choisissez, je ferai ceci, et une fois la décision prise, il ne fait pas du tout ce qu’il a dit qu’il ferait.
    Exemple : tf1 et le mieux disant culturel. Y avais rien d’imprévu empêchant de diffuser de la culture sur TF1, a part le choix de son propriétaire de ne pas le faire contrairement a ce qu’il avait dit.
    Il y avait aussi eu le mémorable « Non le nuage de tchernobyl ne survolera pas la france ». Il a p’tet pas survolé la france, mais l’espagne, et l’italie du nord oui. Pas d’imprevu la dedans.
    Pareil quant au bouclier fiscal. Ca créera des emplois et redistribuera les richesse. Celui qui a dit ca n’avait pas besoin d’un imprevu pour que ca ne se réalise pas, tout le monde savait que c’etait du pipeau.

    Donc oui nous devons apprendre a vivre avec l’imprevisible, mais il faut que les autorités apprennent a arreter de mentir, on va droit dans le mur a ce rythme.


    • Robert Branche Robert Branche 29 juin 2009 15:27

      je suis 100% d’accord avec vous : l’impossibilité de prévoir ne justifie pas le mensonge politique quand il est fait sciemment... ce qui est parfois le cas !

      Donc ok sur votre conclusion !

    • savouret 29 juin 2009 15:23

      vous écrivez des choses très pertinentes.cependant, meme s ’il est extrement délicat de prédire l’avenir il me semble que nos dirigeants peuvent tout de meme essayer d ’anticiper le futur avec tout la marge d ’erreur que cela comporte.en effet,c’est cette capacité à prendre des décisions judicieuses sur du long terme, cette aptitude a percevoir les grandes mutations politiques sociales et économiques à venir qui caractérise les gouvernants éclairés.or, il est évident que nicolas sarkozy et ses accolytes n ’entrent pas dans cette catégorie, car comment un président aussi soucieux de son image et de sa popularité au quotidien, obnubilé par les sondages , serait il apte à etre visionnaire ?


      • Robert Branche Robert Branche 29 juin 2009 15:31

        C’est tout le débat : plus les sciences progrssent, plus nous apprenons qu’il est illusoire de penser que l’on peut prévoir. 

        Nous vivons encore collectivement avec la croyance qu’une démarche « scientifique » peut permettre d’anticiper le futur ; mais cela semble de moins en moins réaliste. L’avenir est flou et « chaotique » (au sens mathématique du terme) : il est aussi flou que la météo...
        Ceci écrit, ceci n’est pas antinomique avec des réflexions sur des tendances de fonds et à long terme (comme l’environnement, l’évolution globale de la population ,le vieillissement), mais ceci donne une perspective, mais ne sert pas à grand chose quand il s’agit de savori ce qui va se passer dans 3 ou 10 ans ...

      • L'enfoiré L’enfoiré 29 juin 2009 15:27

        @l’auteur,
        Comme il y a un bouquin en jeu, voici quelques idées de plus « Dilemme-moi » qui suit le même cheminement.


        • Robert Branche Robert Branche 29 juin 2009 15:36

          merci ! smiley


        • plancherDesVaches 29 juin 2009 17:00

          Hé bé bé....

          Un article pour la promotion d’un bouquin...

          Taper sur le maillon faible qui est le Notre Président.... Même méthode que lui.


        • Robert Branche Robert Branche 29 juin 2009 17:11

          Vous confondez promotion et préparation... 

          Normalement le bon sens est au niveau du plancher des vaches, non ? smiley

        • Céline Ertalif Céline Ertalif 29 juin 2009 15:34

          « Gouverner, c’est prévoir ». Je ne sais pas si c’est Mendès-France qui a inventé la formule, en tous cas il l’a largement popularisé.

          Que des managers d’entreprise aient le nez dans le guidon et navigue à vue par gros temps au lieu de fixer un cap, soit, je ne sais pas. Mais que Guaino vienne nous raconter une connerie pareille aujourd’hui, après deux ans de Présidence Sarkosy, je trouve tout de même indécent de bénir la médiocrité de cette façon.

          Premièrement, parce qu’il faut se rappeler qu’un responsable politique est élu : faire un baratin, puis constater que les circonstances n’ont rien à voir avec ce qu’on a raconté, puis faire ce qu’on peut dans l’imprévision, voilà effectivement comment ça marche. Si des administrateurs suffisent, pas la peine de s’engager en quoi que ce soit devant les électeurs, que l’on maintienne le classement à la sortie de l’ENA et ça suffira. On est dans le mépris le plus total de l’électeur, et dans une démocratie cela ne peut que finir par poser problème.

          Deuxièmement, nous n’en serions pas là si le mensonge éhonté n’était pas la première clé du discours. Car il y a tout de même des choses très prévisibles comme les inéluctables conséquences de l’inflation d’actifs en dollar depuis des décennies, ou comme les conséquences de l’économie dite offshore, ou encore comme l’affaiblissement du pouvoir national, y compris celui du Président de la République française.

          Il suffit d’ouvrir les yeux, et on verra qu’aucune politique annoncée, amorcée ou engagée à grands coups de trompe depuis 2 ans et quelques mois n’a abouti à quelque chose de significatif. Je dis bien aucune.

          Nous avons un Président qui méprise tout le monde, à commencer par son propre entourage et les membres du Gouvernement alors qu’il les nomme lui-même. Pas besoin de discours sur la décision, nous sommes dans la médiocrité, dans la simple incapacité à faire de la politique. Sous le régime de Napoléon IV !


          • Robert Branche Robert Branche 29 juin 2009 15:41

            Vous avez raison le mensonge est inadmissible en politique, mais le mensonge n’est pas de mentir dans une prévision quelconque, il est d’affirmer que l’on peut prévoir.

            En effet, tout montre aujourd’hui - tant dans les démarches philosophiques que scientifiques - qu’il est illusoire de penser que l’on peut prévoir au-delà d’un horizon immédiat (par exemple on sait de façon certaine que l’on ne pourra jamais dépasser l’horizon de la semaine - plus ou moins quelques jours- pour la météo).
            Donc ne pas mépriser, ne pas mentir, c’est dire que l’on ne peut pas prévoir.
            Mais là où vous avez raison, c’est que les propos de Guaino sont en contradiction avec ce qu’avait dit Sarkozy... et lui-même avant. J’ai peur donc que ce soit plus un propos d’opportunité", que l’expression d’une vraie réflexion sur l’incertitude

          • Céline Ertalif Céline Ertalif 29 juin 2009 15:58

            Je ne suis vraiment d’accord parce que je ne pense pas qu’on puisse rapprocher l’action politique de la prévision scientifique de cette façon. La grande différence, c’est que le météorologue n’a rien à décider ! Alors que le politique est là pour décider, et il ne peut décider que sur la base d’une vision de l’avenir. Dans l’action politique, deux choses sont mêlées : la définition des enjeux et les choix. Les choix n’existent pas tout seuls sans discussion des enjeux.

            La réflexion sur l’incertitude n’est pas sans intérêt. On devrait se calmer et les politiques devraient sans doute être un peu plus prudents quand les technocrates leur vendent des projets ruineux à 10, 15, 20 ans comme le programme des Rafale, le nucléaire qui a coûté un prix en réalité incontrôlé, et on pourrait avoir un peu plus de méfiance vis-à-vis de tous les vendeurs de croissance infinie.


          • Robert Branche Robert Branche 29 juin 2009 16:05

            Bien sûr que le météorologue n’a rien à décider, je ne faisais ce rapprochement que par rapport à ceux qui font les prévisions .

            Effectivement les politiques comme les dirigeants d’entreprises ont à décider et à agir. Mais ils le feront d’autant mieux qu’ils ne s’abriterons pas - ou plus - derrière de soidisantes prévisions et en pensant que l’on peut limiter l’incertitude.
            Il s’agit de mettre en place une nouveau mode de management - politique comme économique - qui prend appui sur l’incertitude au lieu de chercher à la réduire.
            Ceci n’empêche pas d’avoir une vision de l’avenir et un projet, mais ni l’un ni l’autre ne sont une prévision.
            Ce sont sur ces sujets que je travaille en ce moment et qui seront le thème de mon prochain livre prévu pour début 2010. Mon blog est actuellement essentiellement centré sur ce sujet...

          • Céline Ertalif Céline Ertalif 29 juin 2009 16:06

            En fait, la délicate question est de savoir si une « vision de l’avenir » est une prévision. A mon avis, non, il y a plus qu’une nuance.


          • Robert Branche Robert Branche 29 juin 2009 16:14

            je suis tout à fait d’accord : les 2 sont très différents, mais cela demanderait un long développement , pas très compatible avec le fil des messages !


          • 65beve 65beve 30 juin 2009 11:59

            ce n’est pas du mensonge, les gens de l’UMP vous diront que c’est du pragmatisme.


          • L'enfoiré L’enfoiré 1er juillet 2009 09:15

            Salut Celine,
             Vous parlez de Guaino, il y a dans le Nouvel Obs, un article récent de François Reynard intitulé « la paquet cabot de Sarko » sur Frédéric Lefebvre. Car il n’y a pas que l’« input » guainotienne, il y a aussi l’output lefebvrienne.

            Extrait :
             « avec lui tout est cash. Ses interventions n’endorment pas, elles font tellement rire qu’un internaute ingénieux vient d’en susciter d’encore plus drôles. Il vient d’inventer le lefebvroton.fr, une machine à fabriquer des communiqués du porte parole de l’UMP »

            Moi qui cherchait à l’époque un porte-parole, il est passé de la parodie à la qualification.

             


          • Antoine Diederick 29 juin 2009 17:26

            c’est pas ce type que va nous faire croire à quelque chose, vu qu’il a l’air affaissé de nature.

            Dire que les autres ne « croivent » à rien, c’est penser que soi-même ne croit à rien.

            « Gouverner , c’est prévoir » , très vieille sentence...

            avec le paquets de stats qui doivent tomber tous les jours sur les bureaux des officines ministérielles, m’est avis que l’administration tout de même en fait le contenu de ses évaluations. Et donc.....


            • Robert Branche Robert Branche 29 juin 2009 17:32

              oui mais pour les prévisions, c’est comme la météo, elle se trompe un peu - et déjà beaucoup - à 4 jours et au-delà autant jouer le temps aux dés !


            • omar omar 29 juin 2009 18:05

              On ne prévoit pas une catastrophe naturelle, mais on peut faire en sorte qu’elle fasse le moins de victimes possibles. On ne prévoit pas la collission d’un astéroïde avec la terre mais on continue de scruter le ciel. On ne prévoit pas non plus un tremblement de terre mais on peut faire une surveillance très rapprochée des points de faille critiques.

              On ne prévoit pas le développement d’une pandémie mais on peut surveiller et suivre de très près l’apparition de nouvelles souches et leurs mutations éventuelles, et par la même occasion conserver les infrastructures de santé dans une état correct.

              Sauf, bien entendu, si l’intention première est de préserver des intérêts financiers dans une vision à court terme, auquel cas prévoir, ce que la science permet depuis longtemps déjà, n’est pas une fin en soi mais plutôt une activité coûteuse et totalement inutile.

              Dans le domaine économique parcontre, prévoir est une science qui n’est pas si aléatoire que çà et des économistes parmi les plus compétents au monde ont prévu de façon quasi « divinatoire » les soubresauts d’une crise dont les prémices remontent à la remise des clés du jeu économique mondial entre les mains d’intérêts privés.

              Le problème réside plutôt dans la volonté et la compétence des hommes politiques qui, on s’en doute, n’ont pas que des comptes à rendre à leurs électeurs. Leur métier tenant plus de l’équilibrisme ou de l’art savant de ménager la chèvre et le choux, que d’une vocation sincère à agir au mieux des intérêts de leurs administrés.

              Gouverner ce n’est pas seulement décider c’est surtout prévoir, avoir une vision à long terme dans laquelle pourront s’inscrire nos enfants et petits-enfants, une vision qui puisse s’affranchir des limites du jeu électoral et des contingences politiques.

              La raison créative qui est le propre de l’homme lui permet de lutter depuis toujours contre les désordres inhérents au principe universel d’entropie. Pourquoi devrions nous baisser les bras aujourd’hui alors que nous disposons des outils conceptuels et technologiques les plus puissants que le genre humain ai jamais possédé.

              La seule limite est notre imagination....


              • Robert Branche Robert Branche 29 juin 2009 19:58

                Je ne crois pas du tout que l’on puisse prévoir dans le domaine économique, à part des évolutions et des tendances à long terme, mais qui sont inutiles pour ce qui est des décisions à des horizons à 3/5 ans. Il estfacile a posteriori de trouver des « prévisions » exactes vu le nombre qui sort tous les jours et leur dispersion... mais impossible a priori.

                Je ne peux pas vous convaincre de cela en qq lignes d’un article.. d’où le travail sur un livre.
                Ceci dit, il y a déjà pas mal de littérature sur les limites des prévisions et leur absurdité : bien sûr tout ce qui parle des mathématiques du chaos (mais c’est vite indigeste si on ne manie pas les maths) ou en version « grand public » le cygne noir de Taleb

              • omar omar 29 juin 2009 22:34

                En effet, je suis du même avis que vous pour ce qui est de prévisions économiques à destination des entreprises sur des périodes de trois à cinq ans.

                Mais on ne peut invoquer cet argument quand il s’agit de la politique économique d’un pays comme la France, de l’Europe ou des Etats-unis, ou la persistance dans l’erreur génère des conséquences bien plus dramatiques pour les populations.

                Je me réfère aux réflexions de Jorion, Aglietta, Caillé, Laval et Larouche, même si certains trouvent ce dernier sulfureux. Dans ma petite tête j’ai conservé l’idée que l’économie c’était encore les entreprises et non le tripot libre échangiste.

                Si l’on considère que la spéculation c’est de l’économie, on intègre des variables qui rendent toute prévision quasiment impossible.


              • jean-jacques rousseau 7 juillet 2009 20:49

                Ce qui fait peur c’est un soit-disant stratege en direction d’entreprise dire qu’il n’y connait pas grand’ chose en économie...

                Elle est la la grosse incertitude...

              • jean-jacques rousseau 9 juillet 2009 09:44

                Cette théorie de l’incertitude croissante c’est une bonne couverture pour justifier l’incompétence et l’inaction. Ca fait penser a ces grands patrons qui preferent dire qu’ils sont incompétents plutot que malhonnetes.

                Il faudrait arreter le publi-redactionnel des officines pro-féodales, de brouiller les shémas de représentation par des fictions néo-scientistes et se lever de bon matin pour revenir à une approche cognitive rationnelle pragmatique et utile. 

              • Echo Echo 30 juin 2009 01:32

                Un parametre comme la cupidite humaine sera toujours parfaitement previsible dans sa tendance vers l’infini.

                J’en retire que gouverner c’est aussi la necessite de poser des regles, des limites, et de se donner les moyens pour les faire respecter par tout un chacun.

                L’ultraliberalisme pour les « elites » et les contraintes pour le peuple, ca ne peut plus durer.

                Las ! La machine infernale qui creuse les inegalites s’est emballee. Des lors, je peux, moi simple citoyen sans aucun pouvoir, prevoir ce qu’il va nous arriver.


                • ykpaiha ykpaiha 30 juin 2009 01:50

                  Gouverner c’est décider certes mais c’est aussi le tempérence, la connaissance et le propos :
                  D’autres que moi ont eu le privilege de la Méthode, et notre minus-habens devrait un peu respirer l’air de la connaissance :

                  “Au lieu de ce grand nombre de préceptes dont la logique est composée, je crus que j’aurais assez des quatre suivants, pourvu que je prisse une ferme et constante résolution de ne manquer pas une seule fois à les observer.
                  Le premier était de ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment être telle ; c’est-à-dire d’éviter soigneusement la précipitation et la prévention` ; et de ne comprendre rien de plus en mes jugements que ce qui se présenterait clairement et si distinctement àmon esprit, que je n’eusse aucune occasion de le mettre en doute.
                  Le second, de diviser chacune des difficultés que j’examinerais, en autant de parcelles qu’il se pourrait et qu’il serait requis pour les mieux résoudre.
                  Le troisième, de conduire par ordre mes pensées, en commençant par les objets les plus simples et les plus aisés àconnaître, pour monter peu àpeu, comme par degrés, jusques àla connaissance des plus composés ; et supposant même de l’ordre entre ceux qui ne se précèdent point naturellement les uns les autres.
                  Et le dernier, de faire partout des dénombrements si entiers, et des revues si générales, que je fusse assuré de ne rien omettre.

                  René Descartes, Discours de la méthode (1637), 2 partie, Éd. Hatier, coll. Classiques Hatier de la philosophie, 1999, p. 23.


                  • ykpaiha ykpaiha 30 juin 2009 01:56

                    Désolé des problemes de codage firefox ;

                    le texte de descartes ci dessous

                    Merci

                    Au lieu de ce grand nombre de préceptes dont la logique est composée, je crus que j’aurais assez des quatre suivants, pourvu que je prisse une ferme et constante résolution de ne manquer pas une seule fois à les observer.

                    Le premier était de ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment être telle ; c’est-à-dire d’éviter soigneusement la précipitation et la prévention` ; et de ne comprendre rien de plus en mes jugements que ce qui se présenterait clairement et si distinctement à mon esprit, que je n’eusse aucune occasion de le mettre en doute.
                    Le second, de diviser chacune des difficultés que j’examinerais, en autant de parcelles qu’il se pourrait et qu’il serait requis pour les mieux résoudre.
                    Le troisième, de conduire par ordre mes pensées, en commençant par les objets les plus simples et les plus aisés à connaître, pour monter peu à peu, comme par degrés, jusques à la connaissance des plus composés ; et supposant même de l’ordre entre ceux qui ne se précèdent point naturellement les uns les autres.
                    Et le dernier, de faire partout des dénombrements si entiers, et des revues si générales, que je fusse assuré de ne rien omettre.
                    René Descartes, Discours de la méthode (1637), 2 partie, Éd. Hatier, coll. Classiques Hatier de la philosophie, 1999, p. 23.


                    • Robert Branche Robert Branche 30 juin 2009 12:12

                      merci pour cette citation complètement d’actualité !


                    • Internaute Internaute 30 juin 2009 09:32

                      L’incrédulité ne vient pas (ou si peu) des fausses prévisions. Voici quelques points :

                      1 - L’économie n’est pas une science car sinon elle serait prévisible. A vouloir placer la barre trop haut, on crée des expectatives et des frustrations.

                      2 - Comme cela a été dit dans d’autres commentaires, c’est le mensonge qui conduit à l’incrédulité bien plus que l’erreur dans les prévisions. La confiance met des années à se constituer mais elle se perd en cinq minutes.

                      4 - L’incompétence est généralisée. Contrairement aux industriels, les hommes politiques sont en général assez médiocres. Pour être élu il est plus important d’avoir la gouaille d’un vendeur de foire que les connaissances d’un directeur d’entreprise sur le commerce international ou l’économie. On nomme ministre n’importe qui, pour faire plaisir et pas parceque c’est la bonne personne au bon endroit. Par exemple, que fait une avocate aux finances ? A quoi sert de changer de ministre tous les ans ? Combien de temps Hortefeux est-il resté au Travail ?

                      Les politiciens n’ayant aucune vision du monde qui les entoure sont incapables de proposer une mer quelconque à atteindre. C’est la raison pour laquelle ils s’enferment toujours dans l’irrationalité des poncifs abstraits comme les droits de l’homme, la sauvegarde de la planète, la démocratie, l’égalité etc. Cela leur évite de rentrer dans les sujets de la vie publique.

                      Ceci dit Guaino a raison avec sa comparaison. Le vrai homme politique doit voir loin et fixer des objectifs. Ensuite on fait au mieux pour les atteindre.

                      5 - La saturation nuit énormément à l’intérêt du discours. On est saturé du matin au soir par de faux experts sur tous les sujets. Au bout du compte le public se désintéresse et n’écoute plus que d’une oreille distraite.


                      • Robert Branche Robert Branche 30 juin 2009 12:15

                        non précisément aujourd’hui la science sait qu’elle ne peut pas prévoir, c’est tout le propos de mon article et de toute une réflexion que je mène actuellement. 

                        Toutes les évolutions de la science depuis un siècle vont dans le même sens : mécanique quantique + relativité + neurosciences + matéthématiques du chaos... La science sait aujourd’hui qu’il est illusoire ... de « savoir » !

                      • Internaute Internaute 30 juin 2009 10:14

                        Les seuls qui font de bonnes prévisions sont ceux qui définissent les règles du jeu, par exemple Goldman Sachs. Les deux articles de contre-info sont édifiants là-dessus.

                        http://contreinfo.info/


                        • millesime 30 juin 2009 11:41

                          si vous souhaitez avoir quelques infos supplémentaires relatifs à ceux qui ont provoqué la crise (et donc il n’est plus question de parler de prévision, mais de gouvernance volontaire, car ILS étaient au courant)
                          allez donc voir sur le site :mondialisation.ca ...article du 24 juin 2009 par Andrew Gavin Marshall LE PLAN BILDERBERG 2009

                          http://millesime.over-blog.com


                          • Caturix 30 juin 2009 12:14

                            Un point à mentionner : il semble que notre société veuille de moins en moins laisser de marge au hasard. On peut invoquer de multiples raisons à cet état mais cela n’y changera rien. Et, comme certains le disent, l’économie n’est pas une science. Ainsi, la distance qui sépare la réalité à ce que désire la population augmente de jour en jour.


                            • Robert Branche Robert Branche 30 juin 2009 12:18

                              oui il faut réapprendre le hasard, et l’évolution de la science devrait nous y conduire.

                              De plus, l’économie est une science, du moins quand elle est menée par de vrais économistes, mais comme elle porte sur les interactions sociales liées au cumul de toutes les incertitudes, elle peut encore moins prévoir que les autres sciences

                            • Caturix 30 juin 2009 12:40

                              Yep, l’économie est une science sociale donc ce que j’appelle une science molle. Pour faire simple, l’économie est viable dans un contexte théorique très limité ce qui est improbable dans la réalité (j’exagère un peu mais pas tant que ca en fait). Or, nous construisons un monde basé sur ces théories...
                              Pour faire un parallèle rapide, l’économie ressemble au domaine de l’apprentissage des langues, on fait beaucoup de théories mais on en revient toujours au même point : il faudrait une théorie pour chaque individu... En d’autres mots, chaque théorie est « exceptionnelle ».
                              Prétendre qu’une théorie exceptionnelle est universelle est, il me semble, le grand mensonge de notre société « scientifique ».


                            • Caturix 30 juin 2009 12:51

                              J’allais oublier : pour mieux comprendre ce domaine d’incertitude en sciences, quelques auteurs intéressants : Popper,Frege, Kuhn, Piaget et Poincaré. Ces auteurs devraient être connus de tout scientifique qui se dit sérieux...


                            • Sébastien Sébastien 30 juin 2009 13:13

                              Tout cela est quand meme tres paradoxal. Les gens attendent des previsions, ils ne supportent pas de ne pas savoir ou on les emmene. Imaginez le score d’un candidat qui dirait : Mes amis, je ne sais pas ou on va mais je ferai tout pour vous mener a bon port. Serait-il credible ?

                              Mais lorsque certaines previsions sont fausses, et elles le sont obligatoirement pour les raisons que vous evoquez, c’est le branle-bas de combat.

                              Malheureusement, et puisqu’on est dans les metaphores maritimes, je dirai que gouverner c’est plus colmater les fuites que regarder a travers la longue vue...


                              • Caturix 30 juin 2009 13:45

                                Pourquoi paradoxal ? Il y a lutte entre « émotion » et « raison ». Penser que l’émotion puisse être paradoxale est une erreur car impliquerait que l’émotion soit « raisonnable ».


                              • alberto alberto 30 juin 2009 14:59

                                Très bien, M. Branche vos réflexions sur le principe d’incertitude de la prévision, de la difficulté de planifier et de se projeter dans le futur etc.

                                Bien sûr que nos politiciens surfent sur les aléas des prévisions pour nous enfumer !

                                Mais pour moi il y a pire que l’incertitude sur l’Avenir, c’est l’incertitude sur le Passé !

                                Qui saura un jour combien à coûté au pays le choix de la filière nucléaire ?

                                Quel aura été le coût du porte-avions CdG, et autre programme Rafale ?

                                Quel est le vrai montant du déficit de la Sécu en regard du montant de ses créances non recouvrées ?

                                Pour moi, on nous enfume autant sur le Passé que sur l’Avenir : le classement « secret » des archives en apporte la démonstration.

                                Bien à vous.

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