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Accueil du site > Tribune Libre > Grandes voix : IBN KHALDOUN — Les Prolégomènes

Grandes voix : IBN KHALDOUN — Les Prolégomènes

Ibn Khaldoun (1332 - 1406) de son nom complet Abou Zeid Abd ur-Rahman Bin Mohamad Bin Khaldoun al-Hadrami, est un historien, philosophe, diplomate et homme politique d’origine arabe. Il est issu d'une tribu bédouine, originaire de la région de l'Hadramaout au Yémen, qui s'est ensuite déplacée en Espagne au début de la conquête musulmane au VIIIe siècle. Ibn Khaldoun est aussi un historien de premier plan auquel on doit la Muqaddima (traduite en Prolégomènes).

Ibn Khaldoun est né à Tunis en 1332 et mort en Égypte en 1406. Dans ses Prolégomènes, il présente une description de l’islam incluant le concept de jihad offensif sur lesquels des islamistes du XXe siècle comme Hassan al-Banna, Sayyid Qutb et Syed Maududi ont amplement commenté. Notez que son traducteur français du XIXe siècle utilise le terme islamisme au lieu d’islam :

Dans l’islamisme, la guerre contre les infidèles est d’obligation divine, parce que cette religion s’adresse à tous les hommes et qu’ils doivent l’embrasser de bon gré ou de force. On a donc établi chez les musulmans la souveraineté spirituelle et la souveraineté temporelle, afin que ces deux pouvoirs s’emploient simultanément dans ce double but. Les autres religions ne s’adressent pas à la totalité des hommes ; aussi n’imposent-elles pas le devoir de faire la guerre aux infidèles ; elles permettent seulement de combattre pour (leur) propre défense. Pour cette raison, les chefs de ces religions ne s’occupent en rien de l’administration politique. (Partie 1 – p. 469 Google Livres)

 

Allez, donnons la parole à ce monument de l'islam. Mais ça ne va pas plaire à tout le monde...

Extrait de Les Prolégomènes troisième partie – page 311 et suite :

« Les Arabes ne peuvent établir leur domination que dans les pays de plaines.

Le naturel farouche des Arabes en a fait une race de pillards et de brigands. Toutes les fois qu’ils peuvent enlever un butin sans courir un danger ou soutenir une lutte, ils n’hésitent pas à s’en emparer et à rentrer au plus vite dans la partie du désert où ils font paître leurs troupeaux. Jamais ils ne marchent contre un ennemi pour *270 le combattre ouvertement, à moins que le soin de leur propre défense ne les y oblige. Si, pendant leurs expéditions, ils rencontrent des emplacements fortifiés,des localités d’un abord difficile, ils s’en détournent pour rentrer dans le plat pays. Les tribus (berbères) se tiennent à l’abri d’insultes, sur leurs montagnes escarpées, et défient l’esprit dévastateur qui anime les Arabes. En effet ceux-ci n’oseraient pas les y attaquer ; ils auraient à gravir des collines abruptes, à s’engager dans des chemins presque impraticables et à s’exposer aux plus p.310 grands dangers. Il en est autrement dans les plaines ; s’il n’y a pas de troupes pour les garder, et si le gouvernement établi montre de la faiblesse, elles deviennent la proie des Arabes, la curée dont ils se repaissent. Ces nomades y renouvellent leurs incursions, et, comme ils peuvent en parcourir toute l’étendue très facilement, ils s’y livrent au pillage et aux actes de dévastation, jusqu’à ce que les habitants se résignent à les accepter pour maîtres. La possession de ces malheureuses contrées passe ensuite d’une tribu à une autre ; tout s’y désor-ganise, et la civilisation en disparaît tout à fait. Dieu seul a du pouvoir sur ses créatures.

Tout pays conquis par les Arabes est bientôt ruiné.

Les habitudes et les usages de la vie nomade ont fait des Arabes un peuple rude et farouche. La grossièreté des mœurs est devenue pour eux une seconde nature, un état dans lequel ils se complaisent, parce qu’il leur assure la liberté et l’indépendance. Une telle disposition s’oppose au progrès de la civilisation.

Se transporter de lieu en lieu, parcourir les déserts, voilà, depuis les temps les plus reculés, leur principale occupation. Autant la vie sédentaire est favorable au progrès de la civilisation,autant la vie nomade lui est contraire. Si les Arabes ont besoin de pierres pour servir d’appuis à leurs marmites, ils dégradent les bâtiments afin de se les procurer ; s’il leur faut du bois pour en faire des piquets ou des soutiens de tente, ils*271 détruisent les toits des maisons pour en avoir. Par la nature mêmede leur vie, ils sont hostiles à tout ce qui est édifice ; or, construire desédifices, c’est faire le premier pas dans la civilisation. Tels sont les Arabes nomades en général ; ajoutons que, par leur disposition naturelle, ils sont toujours prêts à enlever de force le bien d’autrui, à chercher les richesses les armes à la main 1et à piller sans mesure et sans retenue. Toutes les fois qu’ils jettent leurs regards sur un beau troupeau, sur un objet d’ameublement, sur un ustensile quelconque, ils l’enlèvent de force.

Si, par la conquête d’une province par la fondation d’une dynastie, ils se sont mis en état d’assouvir leur rapacité, ils méprisent tous les règlements qui servent à protéger les propriétés et les richesses des habitants. Sous leur domination, la ruine envahit tout. Ils imposent aux gens de métier et aux artisans des corvées pour lesquelles ils ne jugent pas convenable d’offrir une rétribution. Or l’exercice des arts et des métiers est la véritable source de richesses, ainsi que nous le démontrerons plus tard. Si les professions manuelles rencontrent des entraves et cessent d’être profitables, on perd l’espoir du gain et l’on renonce au travail ; l’ordre établi se dérange et la civilisation recule. Ajoutons que les Arabes négligent tous les soins du gouvernement ; ils ne cherchent pas à empêcher les crimes ; ils ne veillent pas à la sûreté publique ; leur unique souci c’est de tirer de leurs sujets de l’argent, soit par la violence, soit par des avanies. Pourvu qu’ils parviennent à ce but, nul autre souci ne les occupe. Régulariser l’administration de l’État, pourvoir au bien-être du peuple soumis, et contenir les malfaiteurs sont des occupations auxquelles ils ne pensent même pas. Se conformant à l’usage qui a toujours existé chez eux, ils remplacent les peines corporelles par des amendes, afin d’en tirer profit et d’accroître leurs revenus. Or de simples amendes ne suffisent pas pour empêcher les crimes et pour réprimer les tentatives des malfaiteurs ; au contraire, elles encouragent les gens mal intentionnés, qui regardent une peine pécuniaire comme peu de chose, pourvu qu’ils accomplissent leurs projets criminels ; aussi les sujets d’une tribu arabe restent a peu près sans gouvernement, et un tel état de choses détruit également la population d’un pays et sa prospérité. Nous avons dit, vers le commencement de cette section, que le gouvernement monarchique convient d’une manière spéciale à la nature de l’espèce humaine ; sans lui, la société et même les individus n’ont qu’une existence bien précaire. Ajoutons encore que les nomades sont avides du pouvoir et qu’à peine en trouvera-t-on parmi eux un seul qui consentirait à remettre l’autorité entre les mains d’un autre ; un Arabe, exerçant un commandement ne le céderait ni à son père, ni à son frère, ni au chef de sa famille. S’il y consentait, ce serait à contre-cœur et par égard pour les convenances ; aussi trouve-t-on chez les Arabes beaucoup de chefs et de gens revêtus d’une certaine autorité. Tous ces personnages s’occupent, les uns après les autres, à pressurer la race conquise et à la tyranniser. Cela suffit pour ruiner la civilisation. Le khalife Abd-el-Mélek (Ibn Merouan) demanda un jour à un Arabe du désert en quel état il avait laissé El-Haddjadj, pensant qu’il entendrait l’éloge de cet officier, dont l’excellente administration avait maintenu la prospérité de la province qu’il gouvernait. Le Bédouin lui répondit en ces termes : « Quand je le quittai, il faisait du tort à lui seul »

Voyez tous les pays que les Arabes ont conquis depuis les siècles les plus reculés : la civilisation en a disparu, ainsi que la population ; le sol même paraît avoir changé de nature. Dans le Yémen, tous les centres de la population sont abandonnés, à l’exception de quelques grandes villes ; dans l’Irac arabe, il en est de même ; toutes les belles cultures dont les Perses l’avaient couvert ont cessé d’exister. De nos jours, la Syrie est ruinée ; l’Ifrîkiya et le Maghreb souffrent encore des dévastations commises par les Arabes. Au cinquième siècle de l’hégire, les Beni-Hilal et les Soleïm y firent irruption, et, pendant trois siècles et demi, ils ont continué à s’acharner sur ces pays ; aussi la dévastation et la solitude y règnent encore. Avant cette invasion, toute la région qui s’étend depuis le pays des Noirs jusqu’à la Méditerranée était bien habitée : les traces d’une ancienne civilisation, les débris de monuments et d’édifices, les ruines de villes et de villages sont là pour l’attester. Dieu est héritier de la terre et de tout ce qu’elle porte ; il est le meilleur des héritiers. (Coran, sour. XXI, vers 89

Voyez, par exemple, la Perse : aussitôt que les musulmans se furent emparés d’El-Medaïn, capitale de cet empire, toute la puissance des Perses fut anéantie. Les provinces frontières étaient cependant restées au pouvoir de Yezdeguird ; mais cela ne lui servit de rien. Il en fut tout le contraire de la domination de l’empire grec en Syrie : lorsque les musulmans eurent enlevé ce pays aux Grecs, ceux-ci se retirèrent vers Constantinople, siège de leur empire ; aussi la perte de la Syrie ne leur nuisit pas. En effet, leur puissance se maintiendra jusqu’à ce que Dieu veuille en permettre la chute. Voyez aussi les Arabes dans les premiers temps de l’islamisme. Comme ils étaient très nombreux, ils s’emparèrent facilement des pays voisins : la Syrie, l’Irac et l’Égypte tombèrent promptement entre leurs mains. Alors ils portèrent leurs armes plus loin et envahirent le Sind, l’Abyssinie, l’Ifrîkiya et le Maghreb ; ensuite ils pénétrèrent en Espagne. S’étant fractionnés en bandes, afin d’occuper ces royaumes et de garder ces frontières étendues, ils finirent par perdre de leur force et se trouvèrent dans l’impossibilité de faire de nouvelles conquêtes ; aussi l’islamisme se trouva-t-il arrêté dans son progrès et n’alla pas plus loin. Parvenue à cette limite extrême, la domination musulmane commença un mouvement rétrograde qui doit continuer jusqu’à ce que Dieu permette la ruine de cet empire. Tel a été le sort des États qui se sont formés depuis (l’établissement de l’islamisme) ; qu’ils aient eu à leur disposition beaucoup de troupes ou peu, aussitôt qu’ils les eurent distribuées dans les provinces, ils ne purent plus effectuer des conquêtes. »

Source : https://www.amazon.fr/prol%C3%A9gom%C3%A8nes-Troisi%C3%A8me-partie-Ibn-Khaldoun/dp/1514712679

Photo X - Droits réservés


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12 réactions à cet article    


  • Cateaufoncel 6 septembre 16:06

    Heureusement pour lui qu’il est mort... La XVIIe correctionnelle n’est vraiment pas loin.

    Et avec ce qu’il dit des Noirs, il plonge sans rémission  :

    « ...les seuls peuples à accepter l’esclavage sont les nègres, en raison d’un degré inférieur d’humanité, leur place étant plus proche du stade animal  »


    • zak5 zak5 6 septembre 18:12

      Il faut faire attention, quand Ibn Khaldoun utilise « arabes » c’est pour parler des nomades, il oppose nomadisme et cedentarité


      • Cateaufoncel 6 septembre 19:40

        @zak5

        « Il faut faire attention, quand Ibn Khaldoun utilise « arabes ... »

        Merci pour la précision, parce que je me posais, justement, la question de savoir en quoi il se distinguait lui-même des Arabes.


      • Garibaldi2 7 septembre 04:42

        @Cateaufoncel

        Il parle des Bédouins :

        ’’Cela arrive toujours chez les peuples abandonnés à eux-mêmes. Toutes les causes que nous venons d’indiquer éloignent l’esprit arabe des soins qu’exige l’administration d’un État. Pour les décider à s’en occuper, il faut que l’influence de la religion change leur caractère et fasse disparaître leur insouciance. Ayant alors dans leurs cœurs un sentiment qui les contrôle, ils travaillent à maintenir leurs sujets dans l’ordre, en les contenant les uns par les autres. Voyez-les à l’époque où ils fondèrent un empire sous l’influence de l’islamisme : se conformant aux prescriptions de la loi divine, ils s’adonnèrent aux soins du gouvernement et mirent en œuvre tous les moyens physiques et moraux qui pouvaient aider au progrès de la civilisation. Comme les (premiers) khalifes suivirent le même système, l’empire des Arabes acquit une puissance immense. Rostem ayant vu les soldats musulmans se rassembler pour faire la prière, s’écria : « Voilà Omar qui me met au désespoir ; il enseigne aux chiens la civilisation ! » Plus tard, quelques tribus se détachèrent de l’empire, rejetèrent la vraie religion et négligèrent l’art du gouvernement ; rentrées dans leurs déserts, elles y demeurèrent si longtemps insoumises qu’elles oublièrent comment on fait régner la justice parmi les hommes et ne se rappelèrent plus que leurs aïeux avaient soutenu la cause de l’empire. Devenues aussi sauvages qu’auparavant, à peine se rappelèrent-elles la signification du mot empire ; elles savaient, tout au plus, que le khalife en était le chef, et qu’il appartenait à la même race qu’elles. Lorsque les dernières traces de la puissance des khalifes eurent disparu, le pouvoir échappa aux mains des Arabes et passa entre celles d’une race étrangère. Depuis lors, ils sont restés dans leurs déserts, sans avoir la moindre idée de ce qu’
        est un royaume ou une administration politique ; la plupart d’entre eux ne savent même pas que leurs ancêtres avaient fondé des empires ; et cependant aucun peuple du monde n’a jamais produit tant de dynasties que la race arabe. Le royaume des Adites, ceux des Themoud, des Amalécites, des Himyérites et des Tobba, en sont la preuve. L’empire des Arabes descendus de Moder parut ensuite avec l’islamisme, et se maintint sous les Omeïades et les Abbacides. Ayant oublié leur religion, ils finirent par ne plus conserver le souvenir du puissant empire qu’ils avaient fondé ; ils reprirent leurs anciennes habitudes de la vie nomade, et, s’il leur arrivait quelquefois de s’emparer d’un royaume tombé en décadence, ils ne le faisaient que pour ruiner le pays et en détruire la civilisation, ainsi que cela se voit encore de nos jours dans l’Afrique septentrionale.’’ Page 315

        Ne lisait pas les Prolégomènes au bout des ciseaux manipulateurs de l’article, mais allez au texte original traduit, que vous trouverez là :

        http://classiques.uqac.ca/classiques/Ibn_Khaldoun/Prolegomenes_t1/ibn_pro_I .pdf
        http://classiques.uqac.ca/classiques/Ibn_Khaldoun/Prolegomenes_t2/ibn_pro_I I.pdf
        http://classiques.uqac.ca/classiques/Ibn_Khaldoun/Prolegomenes_t3/ibn_pro_I II.pdf

        Vous pourrez y retrouver la citation ci-dessus.


      • Cateaufoncel 7 septembre 10:50

        @Garibaldi2


        « Devenues aussi sauvages qu’auparavant, »

        Ca me paraît très intéressant dans la mesure où nous assistons à une tentative de faire émerger un homme nouveau, comme plus tard le communisme et le fascisme - Hitler n’en a pas vraiment eu le temps -, et cela se solde déjà par un échec alors qu’on aurait pu croire que que l’euphorie de la conquête et du sentiment de puissance afférent pourrait durablement animer les artisans de cette épopée et leur descendance.

        "Ayant oublié leur religion, ils finirent par ne plus conserver le souvenir du puissant empire qu’ils avaient fondé ; ils reprirent leurs anciennes habitudes de la vie nomade."

        Cela me conforte dans ma croyance, de plus en plus assurée, que quand on prétend faire d’un peuple quelque chose qu’il n’a pas vocation à devenir - voyez Mussolini, qui veut transformer ses paysans et ses maçons en légionnaires de la Rome antique -, le projet échoue, vaincu par la « mentalité » - ou par l’identité, c’est comme on préfère -, des cobayes malgré eux.


        P.S. - Pour Ibn Khaldoun, je vais commencer par télécharger tout çapas plus tard que tout de suite.


        Merci pour tout.


      • zak5 zak5 6 septembre 18:39
        Dans l’islamisme, la guerre contre les infidèles est d’obligation divine, parce que cette religion s’adresse à tous les hommes et qu’ils doivent l’embrasser de bon gré ou de force.

        c’est effectivement toujours d’actualité. Tous les islamistes pensent de cette façon et c’est bien pour cela qu’ils n’arriveront jamais a vivre en paix avec tout ce qui n’est pas musulman. Tous les musulmans ne pensent pas comme ça, mais tous les musulmans sont infiltrés par les islamistes. Ils les voient prier dans leur mosquée, faire des causeries religieuses dans leur mosquée, distribuer des tracts dans leur mosquée mais ne peuvent réagir même quand ils savent qu’ils sont dangereux car, tout simplement, les islamistes sont musulmans. 

        • Jonas 6 septembre 22:40

          @zak5

          Vous voulez réellement connaître la vérité sur l’Islam ?
          Alors regardez et écoutez les prédicateurs et imams dans les plus grandes mosquées de France endoctriner des centaines de milliers de musulmans au fondamentalisme islamique misogyne, antioccidental, antichrétien et antisémite :


        • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 6 septembre 20:58

          @Auteur


          Les premiers traducteurs n’avaient rien compris aux écrits d’Ibn Khaldoun, les autres comme vous sont tellement pollués par les fausses histoires... 

          Ibn Khaldoun était un grand faussaire de l’histoire, il n y a qu’a essayer de suivre les labyrinthes des soi-disant généalogies qu’il avait inventées pour se rendre compte qu’il avait le seul souci d’égarer les lecteurs. Il avait le monumental avantage à son époque : Les lettrés n’étaient pas nombreux de l’Espagne jusqu’au Yémen et même partout dans le monde ...

          Il faut bien maîtriser la langue arabe et même avoir des racines d’Afrique du Nord pour pouvoir percer les secrets des écrits d’Ibn Khaldoun !

          • Decouz 7 septembre 09:50

            Ibn Khaldoun est souvent qualifié de père de la sociologie. Il faut retenir le caractère encyclopédique de son oeuvre, quatre siècles avant les philosophes européens.
            Merci à Garibaldi2 pour les liens vers le texte complet, tout à fait accessible et intéressant.

            « Le Livre des exemples (ou Livre des considérations sur l’histoire des Arabes, des Persans et des Berbères), daté de 1375-1379, en est le joyau. Somme de connaissances sans nul autre pareil sur son époque et sur « tout ce qui concerne la civilisation », regroupé en sept tomes, il s’agit d’une œuvre considérable à laquelle personne n’a songé avant lui et qui transcende largement son époque. Le fruit d’une démarche quasi encyclopédique, quatre siècles avant celui des Lumières en Occident. Portant à l’origine sur l’histoire des Berbères, Ibn Khaldoun élargit finalement son champ d’étude pour embrasser une histoire plus universelle. Le tome I, le plus connu de tous, est la Muqaddima (Prolégomènes en français), qui se lit comme une préface théorique au Livre des exemples et que certains considèrent comme le premier essai de réflexion philosophique sur l’Histoire. Les tomes II à V retracent, eux, l’histoire de l’humanité jusqu’à l’époque de l’auteur. Enfin, les tomes VI et VII traitent de l’histoire des peuples berbères et du Maghreb. Au final, le texte livre une pensée très moderne et une réflexion profondément universelle. En effet, nombre des questions qu’Ibn Khaldoun s’est posées à l’époque, en particulier sur la religion sont toujours d’actualité. La lecture du Livre des exemples permet ainsi de mieux comprendre la civilisation islamique en tant que composante de l’histoire universelle, travaillée elle aussi par des processus globaux ».

            http://afrique.lepoint.fr/culture/ibn-khaldoun-un-penseur-dans-l-islam-27-05-2017-2130825_2256.php


            • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine7 7 septembre 10:39

              C’est exactement ce qu’à fait Christophe Colomb en posant le pied sur le sol américain. Le plus grand génocide du monde est celui des amérindiens. Ceci n’excusant pas cela.


              • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine7 7 septembre 10:45

                Comme le cancer, il n’envahit que ce qui est déjà affaibli. Que reste-t-il de notre « civilisation » américanisée à outrance.

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