• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > Hard Rock : ABBYGAIL, des headbangers d’exception

Hard Rock : ABBYGAIL, des headbangers d’exception

ABBYGAIL vient de sortir le 27 septembre son nouvel album "Gun Control". Les 5 compères, passionnés de hard rock donnent là un opus d'une efficacité redoutable, avec des guitares tranchantes, des riffs de bon aloi, un rock bien charpenté, à la confluence du rock et du blues, avec un vrai vocal leader ( il suffit d'écouter le fabuleux "Abby" sur leur premier album pour s'en convaincre).

Bassiste de ce groupe français bien installé, Pascal Roszyk a accepté une interview effectuée dans une brasserie de Douai.

A. R. : "Pascal Roszyk, vous êtes le bassiste du groupe ABBYGAIL et le gestionnaire du groupe, d'abord pourquoi "Abbygail" ?"

Abbygail : "Les fans de ce style musical nous posent la question régulièrement. Il s'avère qu' "Abbygail" est le titre d'un album d'un groupe qui a existé il y a une trentaine d'années, qui tourne encore, "Mercyful Fate". Quand notre groupe s'est créé, on a cherché un nom ; on a établi une petite liste, un peu au hasard et puis les avis se sont rassemblés autour de ce nom qui nous paraissait accrocheur. Et donc on a choisi "Abbygail" sans qu'il y ait une raison particulière. On trouvait la consonance, la phonétique du nom intéressante, tout simplement."

A.R. : " Le groupe, sa genèse. Il est né comment ? Avec qui ? A quelle date ?"

Abbygail : "La formation du groupe remonte à 2010. C'est Luke Debruyne l'un des 2 guitaristes du groupe, musicien professionnel, qui est à l'origine du groupe. Je connais Luke depuis maintenant une bonne trentaine d'années. Il m'a proposé en 2010 de monter ce groupe avec lui . Donc on s'est retrouvé à 2 à la recherche de musiciens. Plusieurs "line-up" se sont succédées durant ces quelques années. On est arrivé à la stabilité depuis maintenant 3 ans avec un groupe qui ne change pas. On est arrivé à l'équilibre avec un groupe stable."

A.R. : " Les musiciens ?"

Abbygail : "Luke Debruyne, à la guitare et à la composition également. Guillaume Rue, l'autre guitare, qui, lui, est enseignant, détaché de l'Education Nationale. Bertrand Roussel, notre petit nouveau, qui nous rejoint en 2017 pour l'album "Electric Lady". Anthony Deron, le petit jeunot, qui a 24 ans, derrière les "fûts", à la batterie. Et moi-même à la basse depuis le début, depuis 2010."

A.R. : "Votre parcours ?"

Abbygail : "J'ai commencé à jouer de la basse il y a une éternité, du haut de mes 57 ans bientôt. J'ai joué dans quelques petits groupes il y a très longtemps. J'avais laissé tomber la basse quand Luke m'a demandé de venir avec lui pour créer un groupe. Je m'y suis remis et puis voilà ! Il y a beaucoup de travail derrière tout çà et une formation autodidacte au niveau de la basse.J'ai beaucoup appris avec le groupe, avec Luke depuis ces quelques années."

A.R. : "Tout groupe a des influences. Les influences d'ABBYGAIL, parce que, c'est vrai, votre musique est particulièrement cadrée, charpentée, avec une colonne vertébrale ?"

Abbygail : "Les influences à l'origine sont plutôt celles de Luke qui compose. Il est tombé un petit peu dans la marmite du hard rock, comme moi-même dans les années fin 70 début 80. Les influences vont de groupes connus de l'époque comme AC/DC, puis Led Zeppellin par exemple, Black Sabbath, des groupes de ce style-là, Deep Purple évidemment, un petit mélange de ces fameux grands groupes qui on sévi dans les années 70, 80 et qui continuent pour certains à écumer les scènes mondiales ; çà tourne autour de çà. On va dire qu'on fait du hard-rock, qu'on qualifie de classique."

A.R. : "Au niveau de la création, musicalement parlant, qui crée, et comment créez-vous ?"

Abbygail : "C'est Luke, Luke Debruyne qui compose toutes les musiques du groupe. C'est Guillaume l'autre guitariste, prof d'anglais ( ce qui facilite les choses), qui écrit nos textes. Les avancées technologiques font qu'on nous a beaucoup facilité la tâche. On travaille en présentiel entre guillemets, puisqu'on répète régulièrement. On travaille aussi à distance avec les fichiers partagés. Luke crée les morceaux avec la dropbox, crée la charpente des morceaux. Il nous diffuse ces morceaux par ces fichiers partagés sur le net. On travaille de notre côté, on se réunit, on les met en place, en répétition, on voit si çà roule, s'il y a des changements à apporter, s'il y a des arrangements à faire. Globalement cela fonctionne comme çà et ensuite Guillaume vient greffer les textes qu'il a en tête. C'est notre façon de travailler."

A.R. : "Est-ce qu'on peut parler justement des textes ? Le public français et l'anglais çà fait 2 quelquefois, mais pas toujours, il y a maintenant de plus en plus de jeunes qui comprennent l'anglais."

Abbygail : "Multiples et variés. On retrouve un peu, sans que cela soit péjoratif, le sens primaire de certains textes anglais en ce qui concerne le rock'n roll, c'est à dire la vie sur la route, les filles, la musique etc. Et en ce qui nous concerne parfois des textes un peu plus profonds. Sur "Electric Lady" notre avant dernier album, puisqu'il y en a un nouveau qui sort, il y avait un morceau qui parlait du débarquement. Et l'auditeur se trouvait à la place des premiers soldats dans la barge de débarquement. Il y a des textes plus profonds et aussi des textes plus légers, plus passe-partout."

A.R. : "Venons-en maintenant à la partie la plus difficile dans un groupe. Créer c'est bien, c'est essentiel, faut-il encore produire, faut-il encore se faire connaitre, faut-il encore gérer administrativement le groupe, rencontrer les maisons de disques etc."

Abbygail : "On connait l'expression : "il ne suffit pas d'avoir le savoir-faire, faut-il encore le faire savoir". Il ne suffit pas de créer une musique qui tienne debout ; si elle reste confinée à notre studio de répétition, cela n'a pas grand intérêt. Il y a donc tout un pôle du travail du groupe qui consiste à gérer administrativement le groupe, puisque nous sommes sous statut associatif. Pour être vraiment dans les clous, on a créé une association Abbygail. Administrativement on est très carré. Et il y a tout le pan communication qui est très chronophage.On essaie d'avoir l'attitude d'un groupe professionnel, bien que ne l'étant pas. On essaie de mener toutes nos actions en faisant en sorte que toutes nos démarches suivent ce fil conducteur, que ce soit à la recherche des scènes, à la recherche des concerts, la recherche des studios d'enregistrement, la recherche du meilleur son. Chacun met la main à la pâte. Mais c'est vrai que , quand on n'est pas un groupe pro, quand on a, à part Luke, tous un boulot à côté, c'est un peu compliqué. Mais on a la passion, on le fait avec plaisir."

A.R. : "Les enregistrements se passent où ?"

Abbygail : "Les avancées technologiques de ces dernières années nous permettent de gérer une partie des choses nous-mêmes. Chez Abbygail on fonctionne de la manière suivante depuis le début : les guitares et les basses sont enregistrées maison, puisque Luke possède un petit studio. Ensuite en studio extérieur : la partie incontournable ce sont les voix et les batteries puisqu'il est très compliqué d'enregistrer les batteries et les voix, même avec un matériel un peu sophistiqué. Donc on se partage entre du fait-maison er l'approche plus pro quand on s'adresse à un studio. En ce qui concerne la production d'albums à proprement parler, le mixage, par exemple pour l'album qui sort, est fait maison. Par contre pour masteriser l'album, on l'a confié à un studio belge qui essaie d'obtenir le son qui convient le mieux."

A.R. : "La France et la Belgique, en quelque sorte pour la partie production, la partie studio ?"

Abbygail : "La France et la Belgique. En ce qui concerne la prise de son et le mixage, la Belgique avec un studio à Liège, qui nous a masterisé l'album, ce qui n'était pas le cas pour l'album précédent. L'album précédent était totalement fait dans le nord de la France ; mixage et mastering avaient été confiés à un studio pas loin de chez nous."

A.R. : "Tous les groupes ou presque ont commencé dans des bars, dans des cafés, dans des arrière-salles, puis des salles plus importantes. Vous en êtes où, par rapport à cette progression ?"

Abbygail : "On a commencé de façon très académique. Je veux dire, quand notre groupe a démarré, inévitablement on s'est adressé au circuit de bars-concerts de notre région, qui accueillaient les groupes dans notre créneau hard rock. On a écumé ces lieux-là, en ayant toujours en tête de progresser. Parallèlement on s'adressait dans nos démarches également à des salles de renom, en envoyant nos albums en France, également à l'étranger, dans l'espoir de ne pas se confiner à ce réseau bars-concerts, qu'on ne néglige pas, ce n'est pas du tout péjoratif, car on aime beaucoup jouer dans des endroits très sympas, avec du monde, dans une ambiance très bars."

A.R. : "Vous avez sur votre site ( www.abbygail.fr) les futurs concerts de la fin de l'année 2019. Quelle est la salle ou quel est le lieu le plus important que vous avez fréquenté ces derniers temps ?"

Abbygail : "Un lieu incontournable pour nous, parce qu'il abrite un festival très connu au nord de Paris dans notre créneau de hard rock, c'est le Raismes Fest, commune située à proximité de Valenciennes. Nous avons eu l'occasion d'y jouer en 2014 et 2017. Dans une ambiance familiale, en extérieur, dans un beau parc. Chaque année ce festival regroupe des artistes de renommée nationale et internationale, avec des conditions exceptionnelles, une belle scène."

A.R. : "Parlez-nous de l'équipe qui vous suit dans les concerts, qui travaille avec vous. Organiser un concert de A à Z n'est pas chose facile !"

Abbygail : "Avec Abbygail on s'est toujours associé avec des gens qu'on connait.Notre photographe c'est quelqu'un qu'on connait depuis longtemps. Notre ingénieur du son est un ami depuis 35 ans. Nous avons aussi à notre service( entre guillemets) une petite équipe d'étudiants dont la mission va être de tourner un clip pour l'album qui sort.On aime s'entourer de gens compétents avec lesquels, humainement parlant, on sait que le courant va passer.On tient énormément à ce côté petite famille qui ne nous réussit pas mal depuis le temps.Dans la musique en général et dans ce créneau là en particulier, si on est déjà content de se retrouver avec les gens avec lesquels on travaille, c'est déjà un premier pas, c'est déjà agréable de le faire. Des équipes techniques nous suivent très régulièrement. On a un technicien avec nous qui vient nous filmer sur son temps libre, qui nous accompagne en tournée et en studio et en répétition."

A.R. : "Quelques mots sur les " albums que vous avez réalisés ?"

Abbygail : "L'album éponyme est sorti en 2014, "Abbygail" avec 5 titres, avec un chanteur qui n'est plus le même qu'à l'heure actuelle. On était au stade de l'ébauche du groupe, aux balbutiements. On avait quelques morceaux, quelques compositions prêtes, qu'on a voulu coucher sur album, pour avoir l'objet en main et puis suite à ce EP on a eu la volonté de progresser au niveau de la production. Nous sommes rentrés dans un studio de renommée régionale, pour l'album "Electric Lady" sorti en 2017. Et puis 2 ans plus tard l'album "Gun Control" qui vient de sortir. 1 EP et 2 albums 12 titres."

A.R. : Quel est le morceau emblèmatique d' ABBYGAIL, le morceau qui vous définirait le mieux ?"

Abbygail : "Il y en a sans aucun doute plusieurs. Simplement le morceau qui a été le premier, la première composition du groupe, "Long Black Coat", termine tous nos concerts. On est à 150 à 160 concerts. Systématiquement c'est ce morceau là qui termine nos concerts. Le morceau d'intro est quasiment toujours le même. Il s'appelle "Nordman". Petite anecdote : "Nordman" est un morceau qui a été écrit pour une série télévisée qui n'a jamais vu le jour. En gros c'était l'histoire de la mort qui en avait marre, qui prenait un peu de vacances dans le nord de la France. J'en citerai 2 ou 3 autres qui sont dans la veine de ceux que pouvaient sortir AC/DC. Dans "Gun Control" qui vient de sortir "Headbanger", très rock'n roll."

A.R. : "Au niveau esthétique, ce qui surprend dans l'habillage des albums, c'est qu'il y a une recherche tout à fait particulière, avec un souci de présenter quelque chose de beau à l'oeil. C'est un bel objet qu'on a entre les mains. Notamment pour "Gun Control", cette jeune femme avec un revolver rouge dans la main et des ailes dans le dos."

Abbygail : "On voulait que se retrouvent sur nos albums des éléments incontournables, le nom du groupe avec une police particulière, qui est la marque de fabrique du groupe et puis quelque chose qui apparaissait déjà dans "ElectricLady", les fameuses ailes qu'on a adoptées comme signe distinctif du groupe.Ce ne sont pas les mêmes personnes qui ont travaillé sur les 2 CD. Pour "Gun Control" c'est une graphiste qu'on a trouvé parmi les gens qu'on connaissait. On est rentré en contact avec elle et elle a créé ce personnage. Et je pense qu'à l'avenir on retrouvera ces éléments incontournables, également sur scène. L'univers d'ABBYGAIL ce sont des albums mais également la scène, les visuels présents sur scène.On retrouvera certainement les ailes dans les concerts futurs."

A.R. : "Le 27 septembre est la date de sortie du dernier album . Avec une fête organisée, un concert organisé le jour de cette sortie de l'album ?"

Abbygail : "Evènement un peu particulier, car chose très importante qui se passe pour "Gun Control", qui n'existait pas pour "Electric Lady" : "Electric Lady" a été un album autoproduit de A à Z par le groupe. Là nous avons la chance et l'occasion de signer avec le label M et O Music, de Montpellier. C'est une sortie nationale. L'album va être dans les bacs un peu partout en France ; on pourra le commander dans les très bonnes "crémeries", les magasins classiques qui se chargent de la distribution des albums. Donc, avec cet évènement du 27 septembre, de la sortie nationale de l'album, il fallait organiser quelque chose de particulier. D'où la mise sur pied de ce concert "release party", pour lequel on a convié le maximum de personnes possible et également beaucoup de médias de la région, des radios des Hauts de France, de Belgique (Bruxelles, Tournai), des associations qui organisent des concerts. Beaucoup de monde a répondu présent. Pour la découverte grand public de l'album joué dans son intégralité. 1H30 de concert."

A.R. : "Le public ? Des jeunes, des moins jeunes ?"

Abbygail : "Des quinquas !!! La moyenne d'âge des membres du groupe est relativement élevée. On tourne tous autour de la cinquantaine sauf notre petit batteur qui n'a que 24 ans. On a un public dont la culture musicale remonte aux années 70, 80 et au hard rock. On a donc des gens autour de la cinquantaine, mais également des jeunes qui viennent à nos concerts. C'est un signe un peu général de tous les concerts de ce type, toutes les tranches d'âge pour les musiques extrêmes."

A.R. : "Ce public, il est particulièrement dynamique. Il écoute, il joue, il danse dans la salle ?"

Abbygail : "Il participe énormément. Loin de l'image que les personnes, qui ne connaissent pas le milieu, veulent bien coller au spectateur moyen, lambda des concerts de ce style, le hard rock ou le metal. Je fréquente les concerts depuis très longtemps. Je n'ai jamais eu affaire à de gros soucis dans les salles. C'est un public bon enfant, un public qui un petit peu se défoule (parce que c'est une musique qu'on peut qualifier parfois peut-être de violente)."

A.R. : "Les amateurs de hard rock et les musiciens de hard rock sont vus parfois comme des gens qui ont des présupposés politiques, alors que pour 99% des groupes et des fans, ils n'ont aucune connotation extrême-droite, fasciste ou nazie ou autre."

Abbygail : "Naturellement.En 300 ou 400 concerts auxquels j'ai assisté depuis 40 ans, je n'ai jamais vu de gros débordements. C'est une musique qui rassemble des gens de tous horizons socio-culturels, qui n'est pas connotée politiquement, en aucun cas qui pourrait souffrir de comparaison avec les milieux extrêmistes. Jamais. Jamais vu çà !"

A.R. : "En quoi le hard rock est-il nécessaire dans notre société actuelle ?"

Abbygail : "Une question quasiment philosophique !!! On y trouve peut-être le plaisir de se défouler, d'écouter une musique qui fait partie de notre culture, le plaisir de se retrouver entre amis. C'est valable aussi pour le jazz, le blues, d'autres styles musicaux. C'est l'envie de passer du bon temps, sans qu'il y ait une raison autre que l'amour de la musique."

 


Moyenne des avis sur cet article :  5/5   (2 votes)




Réagissez à l'article

4 réactions à cet article    


  • juluch juluch 7 octobre 15:02

    pas mal !

    effectivement ça sonne bien les 70’s on voit les influences....les bonnes .


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 7 octobre 18:35

      Tain là faut ressortir le jean moule burnes , le perfecto , les Adidas blanches montantes ...j’oublie la veste en jean manches virées au dessus du cuir ...avec tous les patchs de groupes. Pour les longs crins ...plus dur sniff ...


      • exol 7 octobre 22:39

        @Aita Pea Pea

        D Et vue la gueule des mecs , faut sortir le déambulateur . Il y a le bon hard rock et puis il y a le mauvais . Mec le vrai hard rock est des seventies , le reste c’est de la merde commerciale ou de la pâle copie , il n’y a plus de création dans ce domaine , même les survivants se copient eux même , ils sont plus sous acides quand ils grattent , ça fait la différence .


      • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 7 octobre 22:51

        @exol

        Salut Bébert. J’ai pas de blêmes avec ça. Sur le style est dit dépassé. Mais bon j’aime toujours comme toi tu t’’ecoutes encore des vieux Rainbow . C’est une forme de zic qui vit toujours. ..trouve ça sympa et j’irais bien bouger mon cul et ma tête.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès