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Haut-Karabagh (Artsakh), dernières évolutions du conflit

L’implication de la Turquie dans le conflit de l’Artsakh ne fait plus aucun doute. Le président français Emmanuel Macron, l’a confirmé hier lors de son déplacement à Bruxelles pour participer au Conseil Européen.

Le quotidien Le Monde, avec l’AFP, rapporte[1] : Le président français, Emmanuel Macron, qui a dénoncé l’ingérence de groupes djihadistes dans le conflit du Haut-Karabakh, va appeler le président turc, Recep Tayyip Erdogan, pour lui réclamer « des explications », a-t-il annoncé vendredi 2 octobre, appelant l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) à « regarder en face » les actions d’Ankara, membre de l’alliance. » « Selon nos propres renseignements, 300 combattants ont quitté la Syrie pour rejoindre Bakou en passant par Gaziantep [Turquie]. Ils sont connus, tracés, identifiés, ils viennent de groupes djihadistes qui opèrent dans la région d’Alep », a-t-il dit à la presse lors du sommet de l’Union européenne à Bruxelles. « D’autres contingents se préparent, à peu près de la même taille (…) Une ligne rouge est franchie (…), c’est inacceptable », a averti le président français.

De même, le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, confirme, dans les colonnes du quotidien Le Figaro[2] : « Oui nous avons des preuves. La Russie, la France et l’Iran ont déjà reconnu l’implication de l’armée turque dans l’offensive de grande ampleur lancée contre l’Artsakh (le Haut-Karabakh, NDLR), le 27 septembre. Des officiels turcs de haut niveau ont publiquement confirmé leur soutien à l’Azerbaïdjan, en des termes politiques et diplomatiques, mais aussi sur le champ de bataille. Ils utilisent des drones et des F-16 turcs pour bombarder des zones civiles au Haut-Karabakh. La communauté internationale, en particulier le public américain, doit savoir que des F-16 fabriqués aux États-Unis sont actuellement utilisés pour tuer des Arméniens dans ce conflit. Il y a des preuves que des commandants militaires turcs sont directement impliqués dans la direction de l’offensive. Ankara a fourni à Bakou des véhicules militaires, des armes, ainsi que des conseillers militaires. Nous savons que la Turquie a formé et transporté des milliers de mercenaires et terroristes depuis les zones occupées par les Turcs dans le nord de la Syrie. Ces mercenaires et ces terroristes combattent aujourd’hui contre les Arméniens. Beaucoup d’entre eux ne savaient même pas pourquoi la Turquie les a déployés en Azerbaïdjan. On leur a fait de fausses promesses, ainsi qu’ils l’ont découvert en arrivant dans le pays. Nous savons aussi que ces terroristes prennent de la drogue, parce que des seringues remplies de produits narcotiques ont été découvertes dans les poches de leurs uniformes - ce qui peut expliquer qu’environ 30 % des pertes azerbaïdjanaises soient des mercenaires venus de l’étranger. »

Il est clair que l’Azerbaïdjan a fait appel à la Turquie, comme il est évident qu’Ankara a la haute main sur de nombreuses décisions concernant la situation dans le sud-Caucase. L’objectif de ces deux pays étant de renverser l’équilibre régional des pouvoirs en leur faveur. Le président turc Recep Tayyip Erdogan poursuivant ses objectifs mégalomanes de reconstitution de l’Empire ottoman, s’engage sur un chemin qui pourrait embraser la région.

Je laisse la dernière parole sur ce volet de la question à Nikol Pachinian, qui répondait à une question sur la gravité de la situation par rapport aux heurts de 2016 : « Elle est beaucoup plus grave. Il serait plus approprié de la comparer avec ce qui s’est passé en 1915, quand plus de 1,5 million d’Arméniens ont été massacrés durant le premier génocide du XXe siècle. L’État turc, qui continue de nier le passé, s’aventure de nouveau sur un chemin génocidaire. Le monde doit être conscient de ce qui se passe ici. La communauté internationale doit s’impliquer rapidement pour empêcher la violence de se propager, sinon les conséquences de ce conflit déborderont le sud du Caucase. »

Le président Azerbaidjanais, Aliyef, et le président turc, Erdogan, unissent leurs efforts dans l’objectif d’effacer totalement l’Arménie et tout élément arménien de la région du Caucase, ou de réduire les Arméniens à un rôle marginal. Néanmoins, l’objectif principal est celui visé par la Turquie : réduire l’influence russe dans le sud-Caucase, faire reculer, en quelque sorte, la Russie, éternel rival des turcs dans cette région du globe.

* Hier, 1er octobre 2020, les affrontements ont continué toute au long de la frontière Artsakh/Azerbaïdjan. Le ministère de la Défense arménien a confirmé la destruction de 4 drones azéris dans la région de Kotayk (la seule région arménienne qui n’a pas de frontières avec des pays voisins) et pas loin de Yerevan, la capitale. On peut légitimement se poser la question : Que faisaient les drones à cet endroit (en territoire profond d'Arménie) ?

 

 

[1] Version électronique du 2 octobre 2020

[2] Interview à Thierry Portes. Edition du 2 octobre 2020. 


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4 réactions à cet article    


  • DACH 2 octobre 21:11

    Bj l’auteur. Pour suivre « en direct » l’évolution de ce conflit = https://www.armenews.com/


    • Pic de la Mirandole Pic de la Mirandole 2 octobre 23:22

      @DACH

      Ce site est très intéressant aussi, particulièrement précis
      https://varoujan.blogspot.com/


    • DACH 2 octobre 23:26

      @Pic de la Mirandole=Merci de cette info piste.


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