• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > Histoire de la femme

Histoire de la femme

« Dans aucune espèce vivante les mâles ne tuent les femelles… sauf chez les hommes. Battre et tuer sa femme n’est donc pas un acte bestial, mais bien l’exception du mâle humain » Françoise Héritier anthropologue et ethnologue (1933-2017).

« Le féminisme n’a jamais tué personne, mais le machisme tue tous les jours. » Benoîte Groult.

 

Pourquoi depuis les temps lointains, toutes les religions n'ont-elles cessé de rabaisser les femmes et se sont-elles acharnées à leur ôter toute liberté ? Pourquoi les femmes ont-elles été cantonnées dans le seul rôle de la maternité ? Pour les hommes, la nature a fait des femmes, des ventres.

« Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants… »

Sont-ce les femmes qui vécurent heureuses en ayant eu beaucoup d’enfants ? Quelle tromperie ! Dans des temps encore proches, c’était l’homme seul, qui en tirait de la fierté et pouvait ainsi montrer à tous, sa virilité.

Les hommes (les mâles), ont usurpé le pouvoir que la nature justement, avait donné aux femmes. Ils ont toujours peur qu'elles arrivent à le reconquérir. Parce qu'à l’origine, la société humaine comme la plupart des sociétés animales, était matrilinéaire. La seule divinité, la divinité primordiale, c’était la Grande Déesse.

Les déesses Mères sont les manifestations les plus anciennes de la divinité selon l’historien des religions Edwin Oliver James (1888-1972). La Grande Mère c’est la fondatrice permanente, hors du temps, en quelque sorte immortelle.

« Bien avant la naissance des Dieux, l’humanité était placée sous la protection de la Grande Mère, créatrice des mondes, des éléments et des créatures qui la peuplaient ». Françoise Gange, Avant les Dieux, la Mère universelle (Les Dieux menteurs).

Il fut un temps, avant l’avènement du patriarcat, il y a huit à dix mille ans, le sexe féminin était sacralisé, parce qu’il était "la porte du divin". Le pouvoir de donner la vie était un mystère absolu au sein des sociétés primitives, les premiers hommes n’ayant pas conscience de leur rôle de pères dans la procréation. Lorsque les mères, sans doute avant les pères, se rendirent compte du rôle du mâle dans la procréation, elles continuèrent à s’accoupler avec différents mâles, afin que ceux-ci ne sachent jamais de quel enfant ils étaient le père. Le mot de "père" n’existait pas. Ainsi, l’économie domestique de type communiste était largement répandue dans les temps primitifs.

D’ailleurs, dans la nature, l’importance du père est réduite, et chez les humains, son rôle ne dépend que d’une convention sociale.

La femme n'avait pas besoin d’un Dieu lorsqu'elle gérait l'espèce humaine. Elle est la matrice de l'espèce et la nature n'a jamais à s’en plaindre. La matrilinéarité, qui n’est pas un système de compétition pour le pouvoir, n’a pas besoin d’une "Révélation" pour justifier son rôle, puisqu’il est légitimé par la nature elle-même ; il s’agit d’une organisation sociale issue du rôle naturel de régénération et de nourriture, donné à la mère.

Les premières représentations humaines en argile, en os ou en pierre représentent la divinité avec des caractères féminins hypertrophiés, parce qu’elle était révérée comme source unique de vie, comme les "Vénus de Laussel" et celle de Willendorf qui ont 35000 ans.

Alors que les attributs masculins ne sont presque jamais représentés.

Jusqu’aux recherches de Marija Gimbutas (Le langage de la déesse, 2006), les anthropologues pensaient ne rien pouvoir tirer des dessins "géométriques" qui ornaient les poteries, les statues et les cavernes. Or ces derniers représentent pour la plupart la Déesse Mère. Ces dessins, associations de V ou de chevrons représentant des oiseaux aquatiques, symboles de la source, de la rivière, de l’eau, de l’humidité, de la vulve, sont autant de métaphores de la vie, et le serpent celle de l’énergie vitale, de la force créatrice de la nature, de la régénération et non du "Mal". Tous ces emblèmes de la déesse se retrouvent de –30000 ans à –6000ans. La religion centrée sur la déesse a donc existé bien plus longtemps que les religions indo-européennes et chrétiennes.

Cette mythologie des premiers âges reflète une structure de pensée, un ordre de l’univers, une relation entre la déesse et la nature. Elle est la maîtresse des animaux sauvages, la gardienne des plantes, la guérisseuse et la Reine de la Montagne. « C’est la Grande Mère, qui de ses entrailles, donne naissance à toute chose » Marija Gimbutas.

Par la naissance, la mort et le renouveau, cette mythologie révèle une représentation cyclique du temps et non linéaire comme dans les religions du Livre.

Dans la Bible, le temps est en effet, représenté comme une "flèche" dressée du Commencement, la Création, jusqu’au Jugement dernier, avec l’avènement du Messie ou du Royaume de Dieu.

La Déesse Mère fut également à l’origine des arts : le filage et le tissage, mais aussi la flûte, la charrue, le joug pour les bœufs, et même le bateau. Le plus ancien "orchestre", daté de –18000 ans, avec des instruments fabriqués en os de mammouth gravés de symboles de la déesse, fut découvert en 1975 en Ukraine (Le langage de la déesse, page 103)

« Remarquable absence d’images de guerre et de domination masculine ; l’art centré sur la déesse, révèle un système social équilibré, ni patriarcal, ni matriarcal.  » Marija Gimbutas

Les recherches de l’archéologue sont contestées par quelques-uns de ses collègues. Des contestations très polémiques, qui sortent de leur contexte les réflexions de Marija Gimbutas, parce que ses conclusions portent un coup irrémédiable aux idéologies patriarcales issues du monothéisme biblique qui conditionne encore l’Occident et l’Orient.

 

Le mâle humain dès qu'il comprend son rôle de géniteur, entrevoit dans ses fils sa propre continuation par-delà la mort. C’est à ce moment-là qu’il prend le pouvoir. Il s'est donc approprié la femme, pour assurer sa descendance personnelle. Il est devenu le Père. Il a usurpé le rôle dévolu à la femme, il a ôté le "Principe féminin" de sa vision du monde, et il a donc aussitôt abusé de son nouveau pouvoir. Il a d'abord fait de la femme sa servante afin qu'elle ne lui fasse plus d'ombre. Il s’est surtout approprié la sexualité de la femme, afin d’avoir l’assurance d’être bien le père de ses enfants.

Bien avant l’épisode de Moïse dans la Bible, c’est Sargon (XXIII siècle av J.- C.), qui va inaugurer l’ordre patriarcal, en s’arrogeant le pouvoir et en descendant la grande prêtresse de son piédestal pour la mettre à son service. Il était lui-même né d’une grande prêtresse et d’un père inconnu. Il fut abandonné dans une corbeille enduite de bitume et déposée dans l’Euphrate (un symbole récurrent dans les mythologies orientales et qui se retrouve bien sûr, dans la Bible avec Moïse).

« À dater de Moïse les lois lévites exigent que toute femme soit vierge jusqu’au mariage sous peine de lapidation, et qu’une fois mariée, elle soit fidèle également sous peine de mort. » Françoise Gange

« Le sexe féminin se trouve occulté, vilipendé avec l’avènement des religions monothéistes… Cela se traduit par des représentations s’accordant sur l’aspect sale mais surtout bestial de la "nature" de la femme qu’il s’agit de dompter… » Elva Zabunyan, Cachez ce sexe que je ne saurais voir.

« Les hommes ont autorité sur les femmes en vertu de la préférence que Dieu leur a accordé sur elles » Le Coran, sourate IV, verset 34.

« La femme est à l’origine du péché et c’est à cause d’elle que tous nous mourons ». Le Livre de l’Ecclésiastique (La Bible).

Puis l’homme s'est mis à détruire le monde. Parce que le mâle n’est pas fait pour la paix.

C’est en effet à partir de ce moment que l’homme invente la propriété privée afin de la transmettre à ses fils (et non à ses filles), avec comme conséquence, l’institution de la guerre permanente.

« D’où viennent les guerres et les effusions de sang, d’où viennent les disputes et les conflits, d’où viennent les désaccords et les divisions ? Tout cela vient de l’appropriation, de la propriété ». Peter Riedemann (1553).

« La femme hait la mort. Il lui faut vivre pour accomplir sa destinée » René Quinton

On passe dès lors d’une culture de la Vie à une culture de la Mort.

« Se met alors en place la culture belliqueuse que nous connaissons, focalisée sur l’exploitation sans merci tant de la nature que des hommes, et sur l’accumulation des richesses et des biens matériels » Françoise Gange, Avant les Dieux, la Mère universelle (Les Dieux menteurs)

 Ce fut le commencement de l’ère du « Mensonge fondamental », qui façonna l’incohérence de nos sociétés.

Que de crimes et de souffrances à partir d’un vain fantasme, le leurre de sa perpétuation à travers sa descendance. Se soucier de son immortalité est quasiment exclusivement masculin.

Si la femme, à travers la Déesse Mère est la source de la vie, l’homme dans cette recherche de l’immortalité est source de mort. Achille, symbole même du "Héros", ne craint pas la mort parce que pour lui, la notoriété et le souvenir de son nom par-delà les siècles, sont bien plus importants que sa vie. 

Le mental masculin bien loin de la sagesse stoïcienne, croit toujours pouvoir agir, même lorsque c’est hors de raison ; c’est pourquoi il a inventé les armes, et c’est le plus souvent, une idéologie qui les met en action.

L’ancienne histoire est effacée par les nouveaux Maîtres qui, à partir de leur prise de pouvoir écrivent la leur : Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre (Genèse, 1). Avant eux il n’y aurait eu que le Chaos, le Tohu-bohu. Ils inversent les valeurs, s’arrogeant la Création pour mieux la dominer.

La Bible exprime très bien ce " Renversement des Valeurs". Alors que le serpent est le symbole de la sagesse de la Mère, la Bible va faire d’Eve l’alliée de Satan, du Mal.

Ce n’est pas grâce au Serpent, (symbole de la Déesse Mère dans toutes les cultures), mais grâce à Yahvé, que l’homme, prenant « connaissance » de son rôle dans la procréation, sort alors de sa torpeur et prend conscience que la Déesse Mère est une "superstition", puisque sans le mâle la femelle est stérile. Il démonise alors le symbole de La Mère, le Serpent, ainsi que la femme en général.

 

Les matriarchies étaient des sociétés de réciprocité ; elles ne permettaient pas l’acquisition d’un pouvoir politique ou l’avènement d’une classe dirigeante. Elles vivaient en communautés avec des rituels de redistribution qui n’excluaient personne. L’existence humaine n’y était pas séparée des cycles de la nature et il n’y avait donc pas comme dans les sociétés patriarcales de dualisme entre Nature et Culture. Il ne pouvait donc pas y avoir de conflit, de lutte, entre la Nature et la Culture, donc d’exploitation ou de destruction de la Nature.

Le mépris généralisé de la nature, caractéristique des cultures dominantes, est le résultat de la désacralisation du "Principe féminin". La nature soumise, pillée et exploitée est niée en tant que réalité vivante et mise à mort par tous les patriarcats du monde.

Même la Bible recèle le souvenir de ces temps de paix sous l’égide de la Déesse Mère. Jérémie interpelle les Judéens résidant en Egypte parce qu’ils rendent hommage à Astarté, la Reine du Ciel, alors qu’Yahvé a interdit de rendre un culte à d’autres dieux que Lui. Mais les Judéens répondirent à Jérémie :

« Ce que tu as dit au nom du seigneur, nous ne l’acceptons pas. De toute façon nous allons remplir nos promesses de brûler de l’encens à la Reine du Ciel et de lui verser des libations, comme nous le faisions, nous et nos pères, nos rois et nos chefs dans les villes de Juda et de Jérusalem. Nous avions alors du pain à satiété, nous étions dans l’abondance et nous ne savions pas ce que c’était que le malheur. Or depuis que nous avons cessé d’offrir l’encens à la Reine du Ciel et de lui verser des libations, [c’est-à-dire depuis que nous sommes soumis à Iahvé], tout nous manque, et nous périssons par le glaive et la famine ». Jérémie, 44, 16 à 18

 

Si l’on tient compte de ce "Renversement des Valeurs", la chute biblique, le péché originel, c’est bien la Chute de la Déesse Mère. 

Le langage à l’époque de la Déesse, était un « signifiant transcendantal », une langue de l’immédiateté, une langue intuitive, sentie, comprise par intuition, sans spéculation, ne comportant aucune ambiguïté entre signifiant et signifié. Comme la musique elle se refusait sans doute à toute paraphrase, se situant au-delà du bien et du mal, du vrai et du faux. Une langue ne séparant pas « l’esprit et la matière, l’âme et le corps, la pensée et le sentiment, l’intellect et l’intuition, la raison et l’instinct » Françoise Gange.

Dans l’Évangile de Jean (1,1) il est précisé : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu ».

Le pouvoir des « dieux usurpateurs » s’exprime aussi par la parole, par le raisonnement, afin de donner une explication, une justification à ce renversement des valeurs. C’est la parole du pouvoir, la parole du dominant. C’est le commencement en effet de l’ère du verbiage, c’est-à-dire, de la propagande.

 

« Tout langage est langage du mâle, car le sujet parlant est masculin. La femme n’a pu et ne peut s’y inscrire, même si elle l’a toujours tenté, encore et encore […] Et si la femme veut s’inscrire dans la langue, elle doit adopter un Moi masculin… je ne peux pas changer cet état de chose. En revanche, ce que je peux, c’est contourner cette langue masculine dominante en ayant recours à l’ironie. Mais je ne puis pas m’en débarrasser, elle est la langue des dominants, et ceux-ci ne sont assurément pas les femmes. » Elfriede Jelinek, prix Nobel de littérature 2004. Interview "Le Monde" du 19 janvier 2007.

 

« Il est probable que dans la vie comme dans l’Art, les valeurs ne sont pas pour une femme ce qu’elles sont pour un homme.

Quand une femme se met à écrire un roman, elle constate sans cesse qu’elle a envie de changer les valeurs établies – rendre sérieux ce qui semble insignifiant à un homme, rendre quelconque ce qui lui paraît important. Et naturellement, le critique l’en blâmera ; car le critique du sexe opposé sera sincèrement étonné, embarrassé devant cette tentative pour changer l’échelle courante des valeurs ; il verra là, non simplement une vue différente, mais une vue faible ou banale ou sentimentale, parce qu’elle diffère de la sienne » Virginia Woolf, L’Art du roman.

 

Le système patriarcal, dominateur, conquérant, assoiffé de pouvoir et de biens matériels, a façonné un système de pensée qui découpe, sépare, s’attache au quantitatif, dissèque une partie de la réalité en laissant de côté le reste du monde. Alors que l’esprit féminin, à l’instar du "taoïsme", tient mieux compte de l’interdépendance entre toutes les choses, de l’ensemble des éléments du réel, dans une globalisation de la pensée.

Encore aujourd’hui, « … des femmes doivent prendre des risques pour remettre en question les schémas établis par la société des hommes » Laetitia Casta, Version fémina du 15 janvier 2024.

L’homme (le mâle), est par nature agressif, sa sexualité le porte à dominer, à combattre ; il n’est jamais satisfait, sans cesse à la poursuite de nouveaux combats ou d’absolu dérisoire. Ses gènes boursouflent son ego afin qu’il se donne le plus de mal possible pour chercher, pénétrer, engrosser. Toutes les armes qu’il a inventées de la sagaie à la bombe nucléaire ne sont que des avatars de son sexe. Une société régentée par la femme ne peut-être une société agressive. De par sa fonction biologique, la femme est d’abord réceptive, elle ne peut être menée par l’agressivité, sauf pour défendre sa progéniture.

Après des millénaires de domination masculine, certaines femmes cherchant à se libérer peuvent paraître aussi agressives que les hommes, mais c’est une conséquence de l’état de la société, qui les a en quelque sorte masculinisées. Même si certaines féministes refusent l’évidence, Woman, vient de womb et de man : homme doté d’un utérus, ce qui détermine chez la femme patience, attention, compassion, pragmatisme, équilibre. 

 

Même si deux siècles avant Jésus Christ, en Chine la société est également dirigée par les hommes, la pensée chinoise, repose avec le "taoïsme", sur la croyance en une double force cosmique à la fois féminine et masculine (le yin et le yang). Au temps des Han (200av J.-C.), la tradition attribuait la conception du Yin et du Yang à Hi-ho, la Mère du Soleil. Le sang menstruel, est appelé « le sang nourricier » dans le tantrisme alors qu’il est impur dans les religions monothéistes (Le Lévitique XV, 19), et Le Coran (II, 222), qui représentent la femme comme le Mal incarné. Dans le taoïsme comme dans le tantrisme, l’homme et la femme peuvent atteindre par la sexualité, l’extase, c’est à dire une sorte de transcendance personnelle. Dans le Tantra le féminin est même valorisé et le principe masculin repoussé au second plan ; un féminisme mystique, subversif et transgressif par rapport aux conventions sociales.

D’autre part dans la plupart des religions polythéistes, babylonienne, égyptiennes ou celtiques par exemple, les femmes participaient à la vie religieuse, donc à la vie sociale, et donc à la politique. 

Alors que les religions monothéistes, créées par les mâles, ont imposé aux femmes un statut inférieur : voici ce que dit Paul : « Comme dans toutes les Eglises, que les femmes se taisent dans les assemblées : elles n’ont pas le droit d’y parler ». 1er Épître aux Corinthiens, verset 34.

« Mais toute femme qui prie ou prophétise tête nue fait affront à sa tête ; car c'est exactement comme si elle était rasée. Si la femme ne porte pas de voile, qu'elle se fasse tondre ! Mais si c'est une honte pour une femme d'être tondue ou rasée, qu'elle porte un voile ! » Corinthiens, 11 : 5-6.

 

Selon la cosmologie d’une peuplade de Patagonie aujourd’hui disparue, les Selk’nam, le monde était autrefois gouverné par les femmes. Un ordre matriarcal qui s’effondra le jour où des hommes massacrèrent toutes celles qui détenaient l’autorité et instaurèrent la soumission des survivantes.

Ruth Shady, une archéologue péruvienne a mis au jour en 1994, des ruines de la ville de Caral dont l’histoire remonte à 5000 ans avant notre ère, une civilisation qui a connu neuf cents ans sans aucune guerre : sans aucun doute elle devait être dirigée par des femmes.

Dans Avant les Dieux, la Mère universelle (Les Dieux menteurs), Françoise Gange relève que l’une des caractéristiques du patriarcat est la frénésie de la fécondité et que le "nom", est une véritable obsession et l’extinction de la lignée, une véritable calamité. Pour beaucoup, c’est encore un phantasme bien vivace.

À Karakoum, dans le Turkménistan, une civilisation très raffinée et non guerrière a été mise au jour dans les années soixante-dix. Les sépultures ne révélèrent aucune arme mais beaucoup d’objets d’art mettant en valeur la beauté. Il s’agissait bien sûr d’une société fondée sur la matrilinéarité. Ses habitants vivaient en paix et la prospérité régnait ; leur agriculture était florissante grâce à une irrigation très poussée. Il semble que cette civilisation ait disparu vers 3000 av. J-C, après la prise du pouvoir par celui qui serait le premier roi de l’humanité.

En Nubie (Soudan), les Reines Noires ou Candaces (sœurs), ont régné durant sept siècles, à partir du 3e siècle av. J –C.

Au centre de la famille, les femmes possédaient les biens et choisissaient leur époux. Elles régnaient sur le foyer et le troupeau, les hommes étant chargés des travaux pénibles. Ce qui, comme il est dit plus haut, devait calmer leur agressivité naturelle. Les Reines Noires ont vécu en paix avec les pharaons. Les deux pays ont entretenu des relations diplomatiques et commerciales, jusqu’à ce que l’Egypte, sous les Hyksos, (des Eurasiatiques qui ont envahi une grande partie de l’Egypte entre 1730 et 1560 av. J.-C.), décide d’annexer la Nubie qui se défendit avec une force et une volonté qui surprit les assaillants (Zacharie Mayani, Les Hyksos et le monde de la Bible).

Encore aujourd’hui, des tribus comme les Mosuos en Chine ou d’autres en Amazonie, continuent à vivre en harmonie avec la nature, et hommes et femmes prennent les décisions en commun. Pour ces gens-là, la terre, l’eau, l’air, la forêt, n’appartiennent à personne.

Pendant longtemps il a été difficile de présenter toutes les traditions qui montraient le statut privilégié de la femme, parce que tous les chercheurs, baignant dans l’idéologie du "progrès" situaient l’épisode du matriarcat au milieu de la chaîne qui menait de la promiscuité préhistorique, au stade ultime de l’évolution : le patriarcat.

 

« Non, les femmes préhistoriques ne passaient pas leur temps à balayer la grotte […] Elles poursuivaient les grands mammifères, fabriquaient des outils, et exploitaient des formes d’expression symbolique ». Marylène Patou-Mathis, L’homme préhistorique est aussi une femme. Une histoire de l’invisibilité des femmes.

 

Seul au XIX° siècle, Paul Lafargue avait bien compris le rôle nuisible de l’avènement du patriarcat et dans la revue "Le Socialiste" (septembre 1886) il dresse un panorama éloquent des mœurs et traditions de nombreuses sociétés primitives ne connaissant pas la famille paternelle. Des Naïrs en Inde aux Iroquois en Amérique du Nord, en passant par les Touaregs en Afrique, ce sont les femmes qui gouvernent la maison et qui ont plusieurs hommes afin qu’aucun d’eux ne puisse se revendiquer comme père. Il n’y a pas de pères, il n’y a que des oncles, les frères qui ont bien évidemment le même sang que la mère. Le clan, le nom, c’est celui de la mère.

Était-il inéluctable de quitter la liberté des chasseurs-cueilleurs pour atteindre l’abondance matérielle par la domination des uns sur les autres et sur la nature ?

C’est à cela que répondent entre autres David Graeber et David Vengrow, un anthropologue et un philosophe dans « Au commencement était … » (2021), « une anti-histoire », démontrant que les schémas classiques d’organisation sociale ne suivent pas des lois inéluctables d’enchaînement de causes et d’effets.

Le système de domination actuel ne serait qu’un accident de l’Histoire. Même conclusion pour l’anthropologue français Pascal Picq ou les philosophes Baptiste Morizot et Philippe Descola pour qui des sociétés anciennes n’avaient pas d’Etat, parce qu’elles avaient mis en place des mécanismes visant à empêcher l’émergence de pouvoirs hiérarchiques et donc une domination. Certes, elles n’avaient pas inventé l’énergie nucléaire, les voyages spatiaux, et surtout, ne comptaient pas des milliards d’individus. Autrement dit, d’autres façons d’organisation sociale sont possibles et envisageables.

 

 L’idéologie patriarcale en imposant au masculin d’être dominant, comme il a imposé au féminin d’être soumis, a faussé tous les rapports humains, et le premier, l’amour entre deux êtres. L’amour n’est devenu dans les sociétés patriarcales que l’instrument de l’assise de la lignée du mâle. Le déséquilibre artificiel entre les deux moitiés de l’humain ne pouvait qu’amener le déséquilibre de l’humanité toute entière, une humanité en pleine névrose.

« Le monde patriarcal a pris ses assises non seulement sur l’écrasement de la femme, mais aussi sur un véritable dressage de l’homme, qui a dû se séparer toujours plus de ses composantes féminines, sensibilité, intuition, compassion, spontanéité, pour tenter de devenir ce guerrier, ce chef sans peur et sans reproche de la "deuxième histoire" de l’humanité […] Alors que la femme, exclue des rôles sociaux majeurs (intellectuels, politiques, religieux) a été transformée en "corps sans âme", caricaturale machine à séduire et à engendrer, l’homme rivé au rôle épuisant de chef sempiternel est devenu une non moins caricaturale machine à dominer et à vaincre en toutes occasions ». Françoise Gange, ibid.

Enfin, est-il utile de rappeler qu’avec l’avènement de l’omniprésence de la Marchandise et de la propagande publicitaire, le corps de la femme, même libéré par l’évolution des mœurs et de la loi, est à encore transformée en objet ?

 

« Le corps dévoilé, offert, instrumentalisé des femmes est à l’exact contrepoids de leur durable absence sociale et politique. La surreprésentation du corps féminin manifeste de façon violente l’organisation de son éviction du corps politique ». Marie-Joseph Bertini, Cachez ce sein que je ne saurais voir.

 

« La femme est l’avenir de l'Homme » Louis Aragon. Cela semble une gageure ; de toute façon ce sera long et non sans heurts, bien sûr, mais partout où c’est possible, en douceur mais fermement, les femmes devront participer pleinement au pouvoir. L’être humain doit changer totalement sa façon de gérer son espèce et la terre sur laquelle il vit, sinon il va à sa perte. Déjà pour André Breton, dans Le manifeste du Surréalisme, il était urgent de "féminiser" la société pour la rendre moins violente et moins portée sur la guerre.

Dans les pays démocratiques, les partis ou certaines entreprises tentent de faire une place plus importante au féminin, mais cela consiste souvent à donner aux femmes le même rôle qu’aux hommes, à les inciter à montrer la même capacité à entrer en compétition, à faire preuve d’esprit de conquête. Alors que le principe féminin qu’il est urgent de réintégrer dans l’esprit des décideurs, est cette composante féminine de conciliation, d’organisation sociale, et surtout de « responsabilité », qui a été démonisée et refoulée depuis cinq mille ans. 

 

« Les femmes, même après la réalisation du féminisme, tel que nous le concevons, resteront donc des femmes, comme les hommes resteront des hommes. Ce que nous voulons supprimer, ce n’est pas le sexe féminin, mais la servitude féministe, servitude que perpétuent la coquetterie, la retenue, la pudeur exagérée, les mièvreries de l’esprit et du langage ; toutes choses qui ne sont en aucune façon des caractères sexuels secondaires, mais simplement les résultats de l’état de dépendance physique et morale dans laquelle les femmes sont tenues. »

« Je montrerai [mes seins] dès que les hommes commenceront à s’habiller avec une sorte de pantalon qui montre leur [pénis] ».

« Chaque femme a le droit de décider si elle veut et quand elle veut un enfant ». Dr Madeleine Pelletier (1874-1939).

 

« À l’évidence, le progrès ne consiste pas à mettre sur pied un pouvoir "mixte", intégrant des femmes qui agiraient et penseraient comme les hommes, mais bien à permettre à l’autre moitié de nous-mêmes de s’exprimer […] L’humanité, réconciliée avec ses deux moitiés, masculine et féminine, doit pouvoir avancer vers un nouvel âge du monde, dans le sens d’une sacralité retrouvée. » Françoise Gange, ibid.

 

« La femme ne doit devenir l'égale de personne. Elle doit s'appartenir. Elle doit se libérer de l'image que lui impose une société dominée par les valeurs masculines. Elle doit surtout ne pas faire de l'homme le modèle de sa libération. C'est ainsi qu'elle va créer une société nouvelle ». Alan Watts (1915-1973), Amour et connaissance.

 

Les femmes doivent reprendre en main les affaires de l’humanité et faire les choix inverses, un changement à cent-quatre-vingt degrés.

Les femmes doivent ré-instaurer la solidarité entre les mères autour et pour les enfants. Ré-instaurer également, répétons-le, le sens des responsabilités inhérent à la mère et qui le plus souvent fait défaut au père. Entraide (solidarité) et responsabilité, sont les bases de la seule structure sociale valable. Le sentiment maternel est le seul sentiment susceptible d’être exempt d’hypocrisie, d’égoïsme, de calcul ou de duplicité, et donc capable de faire régner la justice.

Les banlieues sinistrées sont de véritables poudrières entretenues depuis de longues années par la démagogie des hommes politiques. Les seules qui y voient clair et sur qui tout repose, le travail, l’éducation de nombreux enfants, l’entretient de la maison, ce sont les femmes. Chaque jour à grand peine, elles tissent de précaires liens sociaux qui risquent pourtant se déchirer à tout instant par l’inconscience de jeunes mâles en rut, gonflés de frustrations, et à qui la religion a donné le pouvoir. Dans ces quartiers, les hommes vivent totalement en irresponsables ; seules les femmes, si elles étaient soutenues par les élus, la justice et la police arriveraient à changer les choses, mais elles ne sont pas écoutées. Toutes les femmes, qui en ont la possibilité et les moyens, devraient aller les aider à « tirer la manche des politiques ». C’est aux femmes des Cités que devraient aller l’argent des subventions au lieu d’être saupoudrées à des quantités d’associations prétendument socioculturelles, d’une incompétence et d’une inefficacité évidentes, souvent même, complices de trafics en tous genres.

Tout ce que les hommes ont inventé craque de partout parce que leur pouvoir n’est pas naturel. Ils n’ont jamais compris comment marchait une société. En tout temps ils n’ont fait qu’abuser du pouvoir qu’ils avaient volé, pour laisser libre cours au seul sentiment qui les anime : la volonté de puissance, en fait l’instinct premier du mâle, l’instinct de domination, dont la seule finalité est l’acte sexuel.

Enfin, cette frénésie des religions à inciter ses fidèles à se multiplier de façon illogique, est dangereuse pour la planète. Le développement de l’éducation et de la contraception est à l’évidence une chance de survie pour l’humanité, en plus bien sûr, de la possibilité pour la femme d’être réellement libre de choisir ou non d’avoir un enfant, de devenir enfin un "être" à part entière et non plus seulement "le ventre", l’instrument, du mâle.

 

« Il faut sauver les femmes pour que les femmes sauvent le monde »

Dr Hourieh Shamshiri Milani, Iranienne, gynécologue obstétricienne, responsable du Planning familial.

 

« Je suis femme.

Dieu ne m’aime pas.

Il préfère la plainte de l’homme

qui crie et ne le sait pas,

de l’homme fidèle au message céleste

de multiplier la vie et la mort.

Dieu n’aime pas que j’entende

le mâle qui tue

le mâle qui meurt

le mâle qui croit, coq dément,

en variant son cri

faire varier les aurores. »

 Maria Luisa Belleli (1909)


Moyenne des avis sur cet article :  1.38/5   (26 votes)




Réagissez à l'article

44 réactions à cet article    


  • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 22 janvier 15:17

    Eve et Adam, après une partie de jambes en l’air et une frugale tarte aux pommes, se sont rendu compte qu’ils étaient à poil, mazette ^^


    • Brutus S. Lampion 22 janvier 15:23

      « Dans aucune espèce vivante les mâles ne tuent les femelles… "

      Pr contre, il y en a plein dans lesquels les femelles tuent le mâmes et vont jusquà les bouffer, les arthropodes en particulier, dont la mante religieuse est la plus célèbre, mais aussi chez certains mollusques et crustacés.

      Qu’est-ce que ça prouve ?


      • Brutus S. Lampion 22 janvier 15:39

        @S. Lampion

        Tout ça parce que Sapiens est issu du chimpanzé et pas du bonobo

        finalement, ça ne tient qu’à l’habitat : forêt ou savane...


      • cevennevive cevennevive 22 janvier 16:36

        Louis Aragon et Jean Ferrat : « la femme est l’avenir de l’homme »

        « Avenir », c’est la réalité puisque c’est elle qui porte les futurs humains.

        Il suffirait d’un homme pour ensemencer une centaines de femmes.

        Mais jusqu’à quand ? On nous fait croire que le contraire est possible... (!)

        IA, utérus artificiels, etc.


        • Brutus S. Lampion 22 janvier 17:36

          @cevennevive

          « Il suffirait d’un homme pour ensemencer une centaines de femmes. »

          il faudrait quand même bien le sélectionner le gars !
          même un concours ne serait pas suffisant 
          un train peut toujours en cacher un autre


        • sylviadandrieux 22 janvier 19:20

          @cevennevive
          Cela ferait une flopée de frapadingues à force puisque tous frères et soeurs. Mais c’est déjà le cas puisque Adam et Eve sont nos lointains géniteurs premiers. 


        • alinea alinea 23 janvier 20:12

          @S. Lampion
          Pas en un jour, ah !!! faut tout leur dire smiley


        • saint louis 22 janvier 17:15

          Chez les humains, les mâles tuent les femelles ?

          Faut quand même pas généraliser, bien que certains dégénérés le fassent.

          Et comme nous sommes en phase de dégénérescence, cet état de fait na va pas se tarir.


          • Clocel Clocel 22 janvier 17:27

            Quelle indignité...

            Quand on a usé sa vie sur les corps déchaînés de ces délicieuses Vénus, si je sucre les fraises un jour, je saurai mettre un nom sur toutes les coupables, à moins que d’ici-là mon cerveau soit partie sur des coton-tiges.

            Chères amantes religieuses...


            • Brutus S. Lampion 22 janvier 17:42

              @Clocel

              Alors, aux soirs de lassitude
              Tout en peuplant sa solitude
              Des fantômes du souvenir
              On pleure les lèvres absentes
              De toutes ces belles passantes
              Que l’on n’a pas su retenir

              lien

              un autre


            • Clocel Clocel 22 janvier 17:56

              @S. Lampion

              Fiesta

              Et les verres étaient vides
              et la bouteille brisée
              Et le lit était grand ouvert
              et la porte fermée
              Et toutes les étoiles de verre
              du bonheur et de la beauté
              resplendissaient dans la poussière
              de la chambre mal balayée
              Et j’étais ivre mort
              et j’étais feu de joie
              et toi ivre vivante
              toute nue dans mes bras

              (Jacques Prévert)


            • Clocel Clocel 22 janvier 18:00

              @S. Lampion

              Elle est debout sur mes paupières
              Et ses cheveux sont dans les miens,
              Elle a la forme de mes mains,
              Elle a la couleur de mes yeux,
              Elle s’engloutit dans mon ombre
              Comme une pierre sur le ciel.

              Elle a toujours les yeux ouverts
              Et ne me laisse pas dormir.
              Ses rêves en pleine lumière
              Font s’évaporer les soleils,
              Me font rire, pleurer et rire,
              Parler sans avoir rien à dire
                                      Paul Eluard L’Amoureuse 1923 


            • Seth 22 janvier 21:02

              @Clocel

              Vouais... Ya aussi ça comme sonnet mais c’est du Rimbaud... smiley

              Comme d’un cercueil vert en fer blanc, une tête
              De femme à cheveux bruns fortement pommadés
              D’une vieille baignoire émerge, lente et bête,
              Avec des déficits assez mal ravaudés ;

              Puis le col gras et gris, les larges omoplates
              Qui saillent ; le dos court qui rentre et qui ressort ;
              Puis les rondeurs des reins semblent prendre l’essor ;
              La graisse sous la peau paraît en feuilles plates ;

              L’échine est un peu rouge, et le tout sent un goût
              Horrible étrangement ; on remarque surtout
              Des singularités qu’il faut voir à la loupe…

              Les reins portent deux mots gravés : Clara Venus ;
              – Et tout ce corps remue et tend sa large croupe
              Belle hideusement d’un ulcère à l’anus.


            • Clocel Clocel 22 janvier 21:12

              @Seth

              Rectum maudit !? smiley


            • Brutus S. Lampion 22 janvier 21:49

              @Clocel

              comme le gazon



            • Seth 23 janvier 16:32

              @Clocel

              Peu connu et pas facile à saisir. Mais du moins on a la preuve que contrairement à ce qui se dit, ce n’est pas Chirac qui a « inventé » abracadabrantesque. smiley


            • alinea alinea 23 janvier 20:29

              @Clocel
              et les poétesses, elles disent quoi ?
              j’aurai dit ça :
              Petit vocabulaire personnel : Homme - AgoraVox le média citoyen


            • V_Parlier V_Parlier 22 janvier 21:00

              Encore de la chouinaille victimaire hors sol. (Hors sol même dans les paragraphes où ça traite de problèmes réels).


              • Com une outre 23 janvier 07:27

                Aucun intérêt. Propagande féministe sans réalité historique ou sociologique, anthropologique, ...


                • placide21 24 janvier 10:43

                  @Com une outre
                  « Il faut sauver les femmes pour que les femmes sauvent le monde » très drôle  ,et puis encore : https://youtu.be/k1fzjAIac20 , car : https://youtu.be/4RIJxnqFJLc une génération fourvoyée .


                • placide21 25 janvier 08:50

                  @placide21
                  Les hommes peuvent encore servir : https://www.itemfix.com/v?t=fec4dl regardez l’attitude des femmes en 0.29  :

                  https://www.itemfix.com/v?t=s946p2 


                • xana 23 janvier 09:00

                  Propagande sans intérêt.


                  • xana 23 janvier 09:03

                    Propagande sans intérêt.


                    • Gollum Gollum 23 janvier 10:18

                      Le mâle humain dès qu’il comprend son rôle de géniteur, entrevoit dans ses fils sa propre continuation par-delà la mort. C’est à ce moment-là qu’il prend le pouvoir. Il s’est donc approprié la femme, pour assurer sa descendance personnelle. Il est devenu le Père. Il a usurpé le rôle dévolu à la femme, il a ôté le « Principe féminin » de sa vision du monde, et il a donc aussitôt abusé de son nouveau pouvoir. Il a d’abord fait de la femme sa servante afin qu’elle ne lui fasse plus d’ombre. Il s’est surtout approprié la sexualité de la femme, afin d’avoir l’assurance d’être bien le père de ses enfants.


                      Mouais je suis bien persuadé qu’il a toujours compris son rôle dans l’histoire...


                      Pour une bonne raison nombre d’espèces savent très bien à quoi s’en tenir là-dessus... Les lions jeunes défient le vieux chef, lui foutent une branlée, il se barre, la queue entre les jambes, le jeune prétendant s’impose, tue tous les jeunes lionceaux afin de rendre les femelles fécondes et soumises et d’assurer le futur de ses gènes à lui, et le cycle recommence... les femelles chassent pour lui, à sa place, font le bouleau et lui bouffe le premier.. Même chose chez les ours, le mâle tue les oursons qui ne sont pas de lui.


                      Chez les hyènes ce sont les femelles qui ont le pouvoir. Sauf qu’elles ont un taux de testostérone hors norme, c’est un matriarcat un peu transgenre.. smiley


                      Chez les éléphants c’est un matriarcat aussi. (mais non transgenre)


                      Chimpanzés et bonobos ne fonctionnent pas de la même façon non plus..


                      Bref, il ne semble pas y avoir de règles véritables et tous les scénarios sont possibles..


                      Le texte est un peu new-âge avec une dose de romantisme mais j’ai apprécié les critiques bienvenues, et nécessaires, du monothéisme abrahamique.


                      Le féminisme actuel est assez revanchard, trop idéologisé, et assez castrateur.. Néanmoins un rééquilibrage serait souhaitable sauf que les femmes actuelles cherchent plus à ressembler à l’homme qu’à être véritablement femmes.. C’est un peu comme si plus personne ne savait vraiment l’essence de la féminité..


                      • Gollum Gollum 23 janvier 10:19

                        font le bouleau —> font le boulot


                      • pemile pemile 23 janvier 10:41

                        @Gollum « sauf que les femmes actuelles cherchent plus à ressembler à l’homme qu’à être véritablement femmes. »

                        Tu te souviens de nos échanges à propos de ce livre de Françoise Gange il y a un an ?


                      • pemile pemile 23 janvier 10:43

                        PS pour @annaba philippe

                        Amusant et révélateur de la mentalité d’AVox de voir que l’article reçoit 7 votes, tous « mauvais » !


                      • alinea alinea 23 janvier 13:08

                        @Gollum
                        Il tue les lionceaux ayant pour père la mâle dominant avant lui ? Où tu as vu jouer ça ?


                      • Gollum Gollum 23 janvier 14:51

                        @alinea

                        Ben dis donc... je suis étonné de ton étonnement, je pensais que tu en connaissais un peu plus sur la vie animale.. Ce ne sont pas les documentaires qui manquent là-dessus, ils sont légion, tu aurais pu trouver toute seule. smiley

                        Sinon je t’envoie ça quand même : https://www.nationalgeographic.fr/animaux/2019/04/comment-les-lionnes-dasie-protegent-elles-leurs-petits-des-males-infanticides


                      • Xenozoid Xenozoid 23 janvier 15:16

                        @Gollum

                        d’ailleur personne ne connait la sexualité des cannards, les femelles on un vagin en tire bouchon car dans leur evolution elle se sont défendu contre le viol du premier qui passe une guerre des sexes, quoi, c’est un chercheur qui a un jour montre que les canards mort(crever contre des gratte ciel) se faisait défoncé l’anus par leur copain, ce cas de nécrophilie est maintenant enregistré comme faisant partie de la guerre des sex chez les cannards...lol


                      • alinea alinea 24 janvier 19:22

                        @Gollum
                        L’infanticide chez les mâles, oui, j’en sais... un peu, mais ce n’est pas le nouveau alpha qui tue les petits... enfin je sais bien que l’homme réduit tout à sa petite cervelle ! le nouveau mâle dominant qui arrive, ce n’est pas une rivalité d’ego, hein ! enfin il paraît que toutes les bêtes sont homosexuelles, alors tu penses que je me fous comme d’une guigne des élucubrations humanesques !smiley
                        avec vos théories, je me demande comment tous les sauvages n’auraient pas fini leur existence il y a longtemps dans la consanguinité !! sont si cons ces bêtes, pas comme nous !!


                      • Gollum Gollum 25 janvier 17:40

                        @alinea

                        Mouais.. T’es bien devenue conforme à l’idée que je me faisais de ton évolution...

                        En pleine idéologie romantique. (et connerie pure je rajouterais) On se demande ce que ces digressions sur l’ego viennent foutre ici. Comme tes idioties sur l’homosexualité animale..

                        Eh bien si le nouveau maître tue les petits et c’est dans Wiki, je cite :

                        Quand les jeunes mâles ont été chassés du groupe par leurs pères, ils deviennent nomades et forment ensemble une « coalition », parfois rejoints par d’autres jeunes mâles. Le lien entre les mâles est très fort. Les jeunes mâles parcourent ensemble des distances très importantes, ne respectent pas les frontières des territoires, mais ne fondent pas leur propre territoire. Puisque les mâles ont très peu de succès à la chasse, comparativement aux femelles, les jeunes nomades se nourrissent surtout de charognes[réf. nécessaire].

                        De telles coalitions de jeunes mâles vont essayer de prendre la tête d’une troupe en évinçant les mâles résidents. Toutefois, cela n’est pas toujours une réussite. De telles luttes sont généralement sanglantes, et il n’est pas rare qu’elles s’achèvent mortellement. Si les vieux mâles du groupe perdent la lutte, ils sont chassés et mènent ensuite une vie de solitaires. Souvent, ils meurent des conséquences de leurs blessures. Si les nouveaux venus gagnent, ils en viennent fréquemment à l’infanticide, c’est-à-dire qu’ils tuent les petits de leurs prédécesseurs. Ce comportement permet aux femelles de retrouver rapidement un œstrus et donc d’être à nouveau aptes à la reproduction. Les mâles peuvent ainsi s’accoupler plus tôt et assurer leur propre descendance. Ce comportement est adaptatif : en effet, la compétition est rude entre les coalitions de mâles et de jeunes mâles viendront bientôt essayer de les détrôner pour prendre à leur tour la tête du groupe. Les mâles n’ont donc pas de temps à perdre et ils doivent tenir à la tête du groupe jusqu’à ce que les lionceaux soient assez grands pour être épargnés. Les mâles restent rarement plus de trois ou quatre ans à la tête du groupe, et n’ont donc pas le temps d’attendre que les portées des prédécesseurs soient devenues adultes pour se reproduire. Il arrive fréquemment que les femelles attaquent le mâle assassin.

                        M’enfin tu peux continuer à nier si ça te chante...

                        De toute façon le réel tu t’en fous. Tous tes posts le montrent.



                      • christophe nicolas christophe nicolas 23 janvier 10:33

                        Vous faites des généralités des « cassos » pour ne pas stigmatiser les minorités et la misère sociale qui n’intéresse pas nos élites parce qu’ils l’ont produite intentionnellement pour s’enrichir.

                        La télé annonce des meurtres sans les circonstancier socialement, humainement matériellement, sentimentalement, etc., donc c’est inutilement anxiogène.

                        A quant des annonces d’homicides de chattes où on ne pourra pas dire que la victime est une chatte pour ne pas stigmatiser la race des chats... :)


                        • Lynwec 23 janvier 11:04

                          Aaaah, le « planning familial », antichambre feutrée des salles d’avortement...

                          On comprend dès lors le positionnement général de l’article...

                          Résumons (sommairement) le déroulé de l’opération :

                          rapacité égoïste---> eugénisme---> réduction souhaitée de la population---> avortement pour toutes—> pas assez rapide—> stérilisations par divers moyens—> trop de réfractaires—> haro « universel » médiatique sur le mâle reproducteur, responsable de tout ce qui foire---> promotion « universelle » des « déviances » (le progrès...)—>objectif initial atteint (en bonne voie)

                          Note annexe : c’est, d’une manière tout à fait compréhensible, que dans l’objectif de « sauver les femmes » pour « sauver le monde », on leur a injecté par tromperie d’état des produits expérimentaux qui, non contents de ne rien soigner de ce qu’ils étaient censés faire, mais provoquant diverses maladies mortelles, attaquent également le système reproductif de celles-ci...

                          On voudrait éradiquer l’espèce humaine qu’on ne s’y prendrait pas très différemment, non ?


                          • alinea alinea 23 janvier 13:24

                            Mes oreilles n’en croient pas leurs yeux ! neuf vote, 1 !!!

                            En lisant j’étais en train de réfléchir : oui c’est vrai tout ça mais il y a une cause à tout, et cette histoire ancienne qui se passe dans la nuit des temps, sans témoins, ma foi, on peut l’embellir, la ternir ou l’ignorer.

                            Personnellement, je crois que la singularité de l’espèce humaine si longue à grandir, c’est que c’est le seul mammifère qui vole la mère de l’aîné en accouchant du puîné. Et que tout prend sa source ici.

                            Ensuite, la civilisation se fait fort d’extirper l’animal humain de ses racines, qu’on ne se plaigne pas alors que le pauvre homme ne fait que projeter ses turpitudes sur le monde entier.

                            En fait aujourd’hui point n’est besoin de vanter la femelle, elle fait ça très bien toute seule puisqu’elle ignore ses origines, ses racines et, au contraire, veut imiter l’homme ! C’est con hein !!

                            De plus on pourrait imaginer que tout se vit sous la loi du plus fort, ce qui n’est pas vrai dans la Nature où l’empathie, l’entraide sont les mamelles de la longévité du groupe.

                            La femme d’aujourd’hui ne montre aucune beauté, aucune force, aucune créativité, c’est une misère.

                            Il en reste, il en reste quelques unes oui oui... la preuve !!


                            • Christophe 23 janvier 15:07

                              La seule phrase qui m’a fait réfléchir c’est « Ainsi, l’économie domestique de type communiste était largement répandue dans les temps primitifs » dans tout ce charabia dont on a du mal à extraire les faits scientifiques des élucubrations féministes.

                              Pourquoi cette phrase ? Parce que je me rappelle la réaction de l’anthropologue Bronislaw Malinovski devant un parterre de chercheur britannique lorsqu’il exposait la vie des tribus du pacifique avec lesquelles il vivait depuis plus de 10 ans. La remarque était de même nature, les autochtone du pacifique étaient marxistes ... la belle affaire alors qu’ils ne savaient même pas qui est Karl Marx, n’avaient jamais entendu parler de la révolution russes, ... Malinovski avait lever le fait que lorsqu’on en arrive à juger autrui à l’aune de ces propres idées préconçues, nous perdons tout lien avec la réalité tangible et la diversité du monde.

                              Votre article est empreint de ce manque de réalisme et d’un minimum de respect de la diversité des femmes comme des hommes.


                              • yvesduc 24 janvier 06:10

                                Merci pour ce bel article (mais beaucoup, beaucoup trop long).


                                • chapoutier 24 janvier 07:51

                                  Quelques lignes de cet « article » ont suffit à comprendre le but de ce papier : tuer l’humanité en tant qu’espèce en tuant les mâles !


                                  L’oppression des femmes en tant que femmes dans les sociétés humaines basées sur l’exploitation de l’homme par l’homme est une réalité indéniable, mais l’auteur en profite pour biaisé la compréhension de cette oppression-exploitation pour en faire une guerre des sexes alors qu’elle est à l’origine une expression particulière de la guerre des classes.

                                  Mal nommer les choses, écrivait Camus, c’est ajouter au malheur du monde, et c’est exactement ce qu’il en est avec ce genre d’article où l’ennemi désigné à détruire est le « mâle », protégeant ainsi les vrais responsables, ceux qui détiennent le pouvoir, économique et politique, et cela probablement depuis que les humains se sont sédentariser.


                                  L’auteur ( en réalité un courant de pensée ) invente de toute pièce une guerre immémoriale entre les hommes et les femmes, le peu que j’ai lu de ce pataquès va totalement à l’encontre de tout ce que nous savons sur les premières sociétés humaines ( et animales).


                                  « Les hommes (les mâles), ont usurpé le pouvoir que la nature justement, avait donné aux femmes. Ils ont toujours peur qu’elles arrivent à le reconquérir. Parce qu’à l’origine, la société humaine comme la plupart des sociétés animales, était matrilinéaire. »

                                  tout faux ! Les cerfs, les étalons ect ect sont le parfait contre-exemple de ces affirmations débiles.



                                  elles continuèrent à s’accoupler avec différents mâles, afin que ceux-ci ne sachent jamais de quel enfant ils étaient le père.

                                  Quelles références historiques permettent d’écrire cela ? L’humanité pré homo-sapiens avait déjà compris la nécessité de mélanger les gènes, l’auteur en fait une guerre secrète entre hommes et femmes.



                                  Le mot de « père » n’existait pas.

                                  Comment le sait l’auteur ? C’est son petit doigt qui lui a dit ?

                                  Papa en chinois se prononce bàba , pai en portugais, па́па en russe, l’auteur invente en fonction de son intention, et les linguistes peuvent démontrer que mère, père, soleil ont une ressemblance dans toutes les langues humaines, bien avant la sédentarisation donc.




                                  Ainsi, l’économie domestique de type communiste était largement répandue dans les temps primitifs.

                                  Les seuls primitifs ici sont les auteurs qui utilisent tout et n’importe quoi pour faire avancer leurs délires. Quels besoins de ressortir ce concept incompris par l’auteur de communisme primitif dans ce papier fascisant ?


                                  La femme n’avait pas besoin d’un Dieu lorsqu’elle gérait l’espèce humaine.

                                  Sous prétexte de féminisme, l’auteur est en fait un génocidaire qui aimerait écogénocider la partie mâle de l’espèce humaine en faisant croire que la femme n’avait pas besoin de l’homme, réduit à l’état de reproducteur asservis.

                                  Il ne s’agit pas ici de libérer la femme de l’exploitation patriarcale mais de diviser l’humanité entre femmes déesses et mâles reproducteurs asservis afin de protéger les vrais exploiteurs oppresseurs. Écofascisme tout simplement !


                                  • alinea alinea 24 janvier 19:24

                                    @chapoutier
                                    peut-être, mais ces sociétés humaines ne datent pas de la nuit des temps, juste du temps des Lumières !! c’est pas si vieux si tu regardes l’âge de notre espèce !


                                  • GoldoBlack 19 février 08:25

                                    @chapoutier
                                    Facho, réac, sexiste... La vieillesse est un naufrage.
                                    Chaprout’ veut bien libérer les oppressés, mais pas tous. Surtout pas toutes.
                                    Il choisit les opprimé(e)s à défendre.
                                    Quel humanisme !


                                  • Jean Keim Jean Keim 27 janvier 14:24

                                    << Pourquoi depuis les temps lointains, toutes les religions n’ont-elles cessé de rabaisser les femmes et se sont-elles acharnées à leur ôter toute liberté ? Pourquoi les femmes ont-elles été cantonnées dans le seul rôle de la maternité ? Pour les hommes, la nature a fait des femmes, des ventres. >>

                                    La réponse est évidente, beaucoup d’hommes savent que dans le domaine spirituel, les femmes sont plus évoluées qu’eux, la dernière religion, celle du Coran, le démontre amplement ; quasiment seule la femme est capable de vivre spirituellement dans une religion.


                                    • alinea alinea 28 janvier 23:25

                                      Je relis et je note cela :

                                      "Pourquoi depuis les temps lointains, toutes les religions n’ont-elles cessé de rabaisser les femmes et se sont-elles acharnées à leur ôter toute liberté ? Pourquoi les femmes ont-elles été cantonnées dans le seul rôle de la maternité ? Pour les hommes, la nature a fait des femmes, des ventres."

                                      Cela est faux ; depuis la nuit des temps, avant les Lumières les femmes et les hommes partageaient le quotidien, les coltines et les responsabilités. Certes les femmes libres, les sorcières, étaient redoutées car elles pointaient du doigt l’aliénation des autres, hommes ou femmes, mais la maternité était, comme chez toutes les femelles de mammifères, une charge, un destin, un devoir, et une joie, si les conditions étaient bonnes.

                                      Le mépris de la femme est venu, pas partout, beaucoup plus tard. Et pas toujours.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

Auteur de l'article

annaba philippe

annaba philippe
Voir ses articles



Publicité




Palmarès



Publicité