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Accueil du site > Tribune Libre > Histoire de Lucie Coutaz, la cofondatrice d’Emmaüs

Histoire de Lucie Coutaz, la cofondatrice d’Emmaüs

Pendant 43 ans, elle a été le bras droit de l'abbé Pierre, prêtre des pauvres dans la France de l'après-guerre. Femme de gauche militante, catholique fervente, miracoleuse, assistante parlementaire, administratrice, admiratrice et protectrice aussi, parfois à l'excès, d'un homme dont elle a suivi les pas et parfois tracé les pas.

Ces dernières semaines, dans les salles françaises, un film très beau et touchant sur la vie de l’Abbé Pierre, figure de mythique religieux qui consacra toute sa vie aux plus pauvres des pauvres, fondant en 1949 la communauté d’Emmaüs, destinée à les abriter et à les écouter. Le film, réalisé par Frédéric Tellier, s’intitule "L’Abbé Pierre - Une vie de combats". Emmanuelle Bercot et Benjamin Lavernhe en sont les interprètes magistraux. Mais si la figure du fondateur d’Emmaüs est désormais une icône connue du grand public, celle de Lucie Coutaz, qui fut la cofondatrice d’Emmaüs, est encore peu connue, puisqu’elle est restée pendant quarante ans dans l’ombre de l’abbé. Elle l’est à tel point qu’Emmanuelle Bercot, l’actrice qui la joue avec une extraordinaire habileté, a déclaré dans une interview : « C’est fou que cette femme soit restée anonyme ».

L'abbé lui-même disait que sans elle, Emmaüs n'aurait jamais existé. Il disait aussi d'elle : « Faite pour commander, qui a su mieux qu'elle être servante chaque jour ».

Née en 1899 et décédée en 1982, Lucie Coutaz a rencontré Henri Grouès à Lyon pendant la Seconde Guerre mondiale. C'est elle qui l'a rebaptisé Abbé Pierre, nom sous lequel il est encore connu aujourd'hui. Le religieux recherchait de faux papiers pour permettre aux juifs venus frapper à la porte de son presbytère de Grénoble de passer de la France vers la Suisse au moment des rafles. En 1943, elle accepte de protéger Henry Grouès (alias Abbé Pierre) de la Gestapo, ce qui donne naissance à une relation (totalement chaste) qui durera plus de quarante ans. L'abbé se réfugie en Afrique du Nord, mais revient la chercher après la guerre. Il est maintenant aumônier à la Maison du Marin à Paris et lui demande de l'accompagner. Bien que réticente à quitter Grenoble, Lucie accepte. Les activités politiques de l'abbé l'occupent tellement qu'elle envisage même de partir. 

En 1945, Lucie reçoit la Croix de guerre avec étoile de bronze. Après la guerre, elle continue à travailler comme secrétaire de l'abbé Pierre, devenant connue sous le nom de "Mère Coutaz" par les personnes dans le besoin qui visitaient ses bureaux. La femme était également connue comme "Lucie la Terreur", "La Tour de Guet" et même "Le Dragon", en raison de la gestion administrative énergique de la communauté Emmaüs, qui nécessitait de grands efforts et un engagement constant. Elle le faisait avec une grande autorité et force physique. En réalité, Lucie Coutaz, en plus d’être dotée d’un esprit de leader et d’une grande épaisseur humaine, possédait aussi le sens de l’accueil et même d’une certaine timidité qui émerge de la douceur de son sourire qui émerge de nombreuses photos. Le dernier secrétaire de l'abbé, Laurent Desmard, a confié à l'actrice Emmanuelle Bercot que Coutaz avait été très blessée par l'interprétation de son personnage dans le film « Les Chiffonniers d'Emmaüs », sorti en 1955. Dans ce film, elle était représentée comme une femme rigide, grincheuse et autoritaire, alors que ses deux qualités de gestionnaire se doublaient d'une grande gentillesse à l'égard des autres.

Son livre « 40 ans avec l'abbé Pierre » a été publié en 1988. Elle est enterrée près de l'abbé (décédé en 2007) dans le village d'Esteville, son ancienne demeure.

Aujourd'hui à Grenoble, sa ville d'origine, lui est dédié un laboratoire de réinsertion qui emploie des femmes étrangères dans la collecte, le nettoyage et la revente de vêtements à des prix allant de 5 à 15 euros. A l'occasion de la sortie du film, plusieurs chaînes françaises lui ont consacré des documentaires.

 

Documentaires

 

www.causette.fr/culture/cinema/qui-etait-lucie-coutaz-la-bff-de-labbe-pierre

www.fondation-abbe-pierre.fr/actualites/lucie-coutaz-ma-agrandi-le-coeur

www.rtl.fr/actu/debats-societe/abbe-pierre-sa-rencontre-avec-lucie-coutaz-est-fondamentale-dit-le-scenariste-olivier-gorce-7900314034

www.parismatch.com/Lucie-Couttaz-revelations-sur-la-compagne-de-route-de-l-Abbe-Pierre

www.rtl.fr/actu/debats-societe/abbe-pierre-sa-rencontre-avec-lucie-coutaz-est-fondamentale-dit-le-scenariste-olivier-gorce-7900314034

www.telerama.fr/television/lucie-coutaz-la-demoiselle-d-emmaus_cri-7030464.php

www.tf1info.fr/culture/une-vie-de-combat-qui-est-lucie-coutaz-la-collaboratrice-de-l-abbe-pierre-et-co-fondatrice-d-emmaues-2275573.html


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10 réactions à cet article    


  • Brutus S. Lampion 6 janvier 10:11

    "Femme de gauche militante, catholique fervente, miracoleuse, ..."

    oups, « miracoleuse », c’est un mot que je ne connaissais pas, mais ça n’a pas l’ait joli joli !


    • Areole Areole 6 janvier 11:02

      @S. Lampion
      C’est vrai ! Mais mettre le « cul » à la place du « col » , est-ce bien catholique ?


    • Gégène Gégène 6 janvier 11:45

      @Areole

      Je vais t’en culer une . . .


    • Gégène Gégène 6 janvier 11:50

      @S. Lampion

      « miracoleuse » :
      Aucune trace trouvée dans le Lexis Larousse, ni dans le Petit Robert . . .
      pour les racoleuses, pas de demi-mesure  smiley


    • Areole Areole 6 janvier 12:37

      @Gégène
      Des promesses, toujours des promesses....


    • Seth 6 janvier 13:28

      @Areole

      Toute façon, une « demoiselle » à tu et à toi avec un curé « célibataire », ça sent le soufre. smiley


    • Areole Areole 6 janvier 10:59

      C’est vrai ! mais mettre le « cul » à la place du « col » , est-ce bien catholique ?


      • Areole Areole 6 janvier 11:07

        @Areole
        Merde ! vla-ti pas qu’ Ago me doublonne sur la gauche !
        On picole trop pendant les fêtes ?


      • Seth 6 janvier 13:30

        ... Emmaüs qui n’est pas en odeur de sainteté en ce moment : on y parle d’exploitation d’employés en détresse largement sous-payés pour faire de la thune. Des plaintes ont été déposées...


        • quijote 6 janvier 13:41

          Anecdote perso :

          Petite ville de province. Quasi trou du cul du monde. J’amène des vêtements. Que des noirs à tête dépressive. Et 3 vieilles femmes. Blanches. Qui dirigent les opérations et travaillent là.

          Je ne donne plus aux associations de « bienfaisance » ni aux restos du coeur. Fini.

          Elles sont complices plus ou moins volontaires de la conquête de l’occident par le tiers-monde musulman. Collabos.

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