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Accueil du site > Tribune Libre > Hommage à Peter Fonda : Sur la route de l’Eternité

Hommage à Peter Fonda : Sur la route de l’Eternité

HOMMAGE A PETER FONDA

SUR LA ROUTE DE L’ETERNITE

Peter Fonda « Easy Rider »

Il est de ces coïncidences, particulièrement significatives sur le plan symbolique, qui ne trompent pas : Peter Fonda, principal acteur et coscénariste (avec Dennis Hopper) de ce film culte, véritable hymne à la liberté, qu’est « Easy Rider », sorti en 1969, vient de nous quitter à l’âge de 79 ans, emporté par un cancer du poumon ce 16 août 2019, au moment même où, singulièrement, l’on commémorait le 50ème anniversaire, jour pour jour, de cet autre événement de la contre-culture américaine, dans les jouissives sixties, que fut le mythique festival de Woodstock !

1969, ANNEE EROTIQUE

Je me souviens : je n’avais que douze ans seulement lorsque je découvris, en cette « année érotique » (pour reprendre ici le fameux refrain de cet autre couple de légende que constituèrent alors le sulfureux Serge Gainsbourg et la sensuelle Jane Birkin) que fut 1969, « Easy Rider » : « Born To Be Wild » (« Nés pour être Sauvages »), chantait alors, pendant que Peter Fonda et Dennis Hopper sillonnaient sur leur clinquante Harley Davidson les vastes espaces vides du désert californien, le groupe de rock américain Steppenwolf, originaire (comme Peter Fonda lui-même) de Los Angeles, la « Cité des Anges », mais dont le nom, surtout, était littéralement inspiré là d’un non moins célèbre roman de Hermann Hesse, « Le Loup des Steppes », manifeste poético-littéraire, lui aussi, de la pensée libertaire en sa plus noble expression. De ce fabuleux « Born To Be Wild », historique générique d’ « Easy Rider »,  voici le clip vidéo :

Un an avant cet érotique 1969, au temps du très révolutionnaire mai 68, scandait déjà de manière insolente, cheveux au vent, revêtue d’une courte jupe de cuir noir et chaussée de martiales mais aguichantes cuissardes, l’alors très provocante, pour les mœurs de l’époque, Brigitte Bardot, qui ne fut jamais aussi séduisante et sexy !

« MAKE LOVE, NOT WAR »

1969, une époque, effectivement, d’extraordinaire liberté, comme notre société ne l’avait encore jamais connue, pour cette magnifique génération de « hippies » alors en quête de seule paix au moment même où, paradoxalement (mais le paradoxe n’est là qu’apparent), les armes faisaient au contraire rage lors de la maudite Guerre du Vietnam : « Make Love, Not war » (« Faites l’Amour, pas la Guerre »), disait alors, à ce propos, un slogan, souvent assorti du « V » de la victoire, qui fit date dans les annales du pacifisme. Deux des plus grands apôtres de la paix, en ces années-là, payèrent d’ailleurs de leur vie pour s’être publiquement levés, la voix haute et claire mais le cœur aussi humble que généreux, contre cette horrible guerre du capitalisme naissant : le révérend Martin Luther King, prix Nobel de la paix en 1964, et le sénateur Robert Kennedy, devenu Ministre de la Justice après que son frère, John Fitzgerald Kennedy, fut lâchement assassiné, six ans auparavant (en 1963), lors d’un périlleux déplacement dans la ville de Dallas, au Texas.

« ON THE ROAD AGAIN  »

C’est, par-delà ces tragédies humaines, de cette époque parfois bénie des dieux, où le génial Jimi Hendrix faisait hurler de plaisir sa guitare électrique dans le ciel orageux de Woodstock avec son intrépide interprétation du « Star Spangled Banner », hymne officiel américain, que le regretté Peter Fonda, précisément, fut une des plus remarquables icônes.

Le scénario de son mythique « Easy Rider », le meilleur « road movie » de l’histoire du cinéma américain, il avait été le puiser, du reste, dans un autre livre de légende, publié douze ans auparavant, en 1957, mais qui passera bien vite, lui aussi, à la postérité littéraire et artistique : « On the Road » (« Sur la Route »), de Jack Kerouac, magnifique prince halluciné, aux côtés de ses complices William Burroughs et Allen Ginsberg, de la « Beat Generation ». Et, onze ans après, en ce révolutionnaire et très contestataire 1968 là encore, un autre important groupe de blues-rock américain, Canned Heat, originaire également de la « Cité des Anges », de lui répondre, comme en un écho divinement prolongé sur les ondes de nos radios occidentales comme sur les sillons de nos vinyles vintage, « On The Road Again » !   

De ce lancinant, obsessionnel et mélodique à la fois « On The Road Again », voici, là aussi, le clip-vidéo :

 

UN CHANT DE LIBERTE

Ah, ce cher Peter Fonda, comme il était charmant, sinon charismatique, avec sa belle et même rebelle gueule de star hollywoodienne, digne fils d’Henry Fonda et jeune frère de Jane Fonda, indéfiniment paré de son air romantique et nonchalant à la fois (« Keep Cool, Man  ! ») : un Lord Byron des temps modernes, chevauchant ainsi, à dos d’Harley Davidson, dans le bruit et la fureur de son métal luisant, les chemins d’une infinie et ô combien précieuse, inestimable liberté !

Ainsi, très cher Ami, comme je regrette aujourd’hui, en ce laid temps de fausse liberté, d’hypocrite bien-pensance et de dictature larvée, de fascisme qui ne dit pas son nom et où l’audacieuse mais saine réflexion critique se perd dans les obscures coulisses du conformisme ambiant, cette époque solaire, intelligemment transgressive par-delà son désir d’authenticité, où, alors que je sortais à peine des peurs de l’enfance pour entrer dans les rêves de l’adolescence, tu m’enseignas sans le savoir, aux côtés de Bob Dylan et de Joan Baez, de Janis Joplin et de Leonard Cohen, des Stones et des Doors de Jim Morrison avec leur psychédélique « Riders On The Storm » (https://www.youtube.com/watch?reload=9&v=lS-af9Q-zvQ), les courageux et pourtant bienveillants chemins de la vraie liberté, sans lesquels il n’est point, à court terme, de démocratie qui vaille, ni d’humanité, à long terme, qui ne survive !

HUMAIN, TROP HUMAIN !

Car, oui, ton « Easy Rider » fut aussi, pour ta glorieuse génération, un immense et superbe chant d’humanisme, fût-il parfois teinté, en effet, d’indicibles drames, individuels ou sociétaux : « Humain, trop humain », aurait dit, pour paraphraser ici l’intitulé de l’un de ses meilleurs ouvrages, le grand Nietzsche !

Mais, cher Peter, il est temps maintenant, après ce modeste mais sincère hommage, que je te laisse à présent repartir, sur ton idéale moto, vers les célestes et, je l’espère pour toi, paradisiaques routes de l’éternité : On the Road to Eternity, my dear friend  ! 

DANIEL SALVATORE SCHIFFER*

*Philosophe, auteur notamment de « Philosophie du dandysme – Une esthétique de l’âme et du corps » et « Le dandysme, dernier éclat d’héroïsme » (Presses Universitaires de France), « Le Dandysme – La création de soi » et « Manifeste Dandy » (François Bourin Editeur), « Oscar Wilde » et « Lord Byron » (Gallimard - Folio Biographies), « Traité de la mort sublime – L’art de mourir de Socrate à David Bowie » (Alma Editeur), « Divin Vinci – Léonard de Vinci, l’Ange incarné » (Editions Erick Bonnier). A paraître : « Raphaël, la Grâce de l’Art ».

 


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39 réactions à cet article    


  • Clocel Clocel 19 août 17:58

    L’éternité... Faut quand même pas déconner...

    Façons, en Harley, on peut pas aller bien loin, c’est pas conçu pour...

    Ça fait du bruit, ça pue, ça défie toutes les lois de la mécanique et de la gravité, sans parler celles du bon sens, bref, le parfait symbole de l’Amérique, un truc bricolé à l’arrache, pas fait pour durer mais pour emmerder le monde...


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 19 août 18:18

      @Clocel

      Salut . A la ramasse devant les Indian jusqu’à la fin des 50 . Sinon connaissez vous les Crocker ? Fabuleuses machines mais faut être blindé de tunes pour en collectioner une .


    • Clocel Clocel 19 août 18:40

      @Aita Pea Pea

      Ouais, bon, les Indian, fallait s’appeler Burt Monroe et avoir une fonderie de pistons à domicile !? smiley
      Cela dit, j’ai une tendresse pour les Indian, totalement irrationnelle, mais bon, faut assumer ses malfaçons...
      Non, je ne connaissais pas les Crocker... Mais bon, apparemment, c’est la même merde, deux bielles sur le même maneton, donc à l’arrivée, un machin impossible à équilibrer, un couple ingérable.
      L’origine de ces moteurs est allemande, ils ont laissé tomber au début du vingtième siècle, les français se sont encore un peu énervés dessus et ont laissé tomber aussi.
      Tu voudrais me faire croire que les abrutis buveurs de Coca ont trouvé le Graal !? smiley


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 19 août 18:56

      @Clocel

      En culbuté et V longitudinal ...anglois (connards d’archers) ...Brough Superior et Vincent hrd . Pour les Vincent voir ce que l’atelier Godet (cocorico ) fabrique encore aujourd’hui sur du cadre Egli .


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 19 août 19:09

      @Clocel

      Monroe l’ était néo zélandais. La tête a l’envers...mais quel mécano .tain


    • Clocel Clocel 19 août 19:23

      @Aita Pea Pea

      Me souviens de la réplique qui tue :

      Le commissaire de course : Je ne peux vous laisser partir Mister Monroe, vous n’avez même pas de freins !

      Burt : Je ne suis pas venu pour freiner ! smiley

      Un type qui pisse sur un citronnier et qui se fait les ongles à l’ébarbeuse ne peut pas être foncièrement mauvais...


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 19 août 19:43

      @Clocel

      Me rappelle d’une anecdote de la fin des 90 . Des gars apprentis pilotes sont en stage sur un circuit anglois avec des 600 modernes. Ils tapent la bourre...et se font cramer par un papy sur un 500 Manx ...qui leur faisait l’extérieur...me rappelle plus du pilote.lol


    • jacques 19 août 18:24

      Le type américain, à la clint eastwood, bof bof, enfin il est mort voilà.


      • Kapimo Kapimo 20 août 01:38

        Ha, Peter Fonda, enfant du complexe militaro-industriel, une des figures de la pseudo contestation hippie ( http://centerforaninformedamerica.com/inside-the-lc-the-strange-but-mostly-true-story-of-laurel-canyon-and-the-birth-of-the-hippie-generation-part-i/ ) destinée à décrédibiliser parmi d’autres démarches les vrais mouvements contestataires (https://allthatsinteresting.com/cointelpro-fbi ).

        Au moins n’était-il pas comme son compère Dennis Hopper un pervers notoire ( https://www.independent.ie/entertainment/movies/movie-news/dennis-hopper-mad-bad-and-dangerous-to-know-30472107.html).

        Bref, de beaux publicistes de l’absence de toute forme de décence, mis en avant (déjà) par la presse mainstream de l’époque.


        • Ganesh 24 août 07:51

          @Kapimo

          C’est quoi un « pervers » ? Le bon sexe, c’est quoi ? Pour la morale judéo-chrétienne, ça n’existe pas. C’est le péché originel . Toléré dans le cadre du mariage, dans un but exclusif de procréation.


        • alexis42 alexis42 20 août 06:53

          Cet auteur « philosophe » écrivaillon ne manque jamais de faire de la pub pour ses bouquins, première raison suffisante pour ne pas le lire.


          • Fergus Fergus 20 août 08:43

            Bonjour, l’auteur

            Vous parlez de « liberté ». Or, Easy Rider est exactement l’inverse de la liberté, ou plutôt la représentation fantasmée d’un liberté illusoire.

            Où est la liberté lorsque sa vie d’errances ne dépend que de la vente de drogues potentiellement destructrices et de l’hospitalité de gens de rencontre, plus ou moins marginaux ?


            • Agafia Agafia 20 août 12:02

              @Fergus

              C’est quoi la liberté ? Posséder une machine à laver ?


            • JC_Lavau JC_Lavau 20 août 12:08

              @Agafia. J’avoue ne pas cracher sur le lave-linge, ni sur la machine à coudre.
              Serai-je traité de « récupéré » ?


            • Agafia Agafia 20 août 12:20

              @JC_Lavau

              Moi aussi, je vous rassure ^^... Mais je suis curieuse de connaitre le pourquoi du dénigrement de Fergus...


            • pemile pemile 20 août 12:33

              @Agafia « C’est quoi la liberté ? Posséder une machine à laver ? »

              C’est comme ça que les fan de Harley appelle ma kawa ! smiley


            • pemile pemile 20 août 12:44

              les fans appellent, ah que jauny il va se moquer encore plus de moi smiley


            • perlseb 20 août 15:48

              @Agafia
              C’est quoi la liberté ? Posséder une machine à laver ?

              La question est intéressante, finalement beaucoup de personnes ne savent pas ce que c’est, et ils croit parfois se libérer alors même qu’ils se soumettent de plus en plus...

              La liberté c’est pouvoir choisir sans contrainte. Mais pour ne pas avoir de contrainte, il faut être autonome. Parfois, les gens se soumettent toute leur vie à « des choix » très coûteux. En fin de compte, la première règle pour être libre est de ne pas être capricieux, ou plus exactement d’avoir une maîtrise saine, celle qui ne vous rend pas triste de ne pas « avoir » ou « faire » quelque chose, mais celle qui vous assure que ce n’est pas cette chose qui va vous rendre « heureux ».
              En gros, moins on est matérialiste, moins on est animal (volonté de domination ou de reproduction) plus on est libre. Si certains philosophes, comme Diogène, prônaient justement le dénuement total pour accéder à la liberté, je pense que dépendre des autres (mendicité ou générosité dans Easy Rider) est une absence d’autonomie, donc de liberté. Il faut un juste milieu entre le dénuement total et la psychopathie des millionnaires qui sont esclaves de leurs désirs sans limites.

              Vendre de la drogue est en soi un acte de soumission à l’argent et donc au matérialisme. On se croit libre en enfreignant la loi mais on rend des consommateurs dépendant (donc moins autonomes) d’une chose au départ inutile qui peut pourtant les détruire. La pratique de sa liberté ne doit pas soumettre les autres, sinon c’est la liberté du maître qui possède des esclaves et qui conduit un jour ou l’autre à la guerre.
              Rouler en moto est bien moins libre que de rouler en vélo. Il faut mettre de l’essence dans une moto.
              Faire du bruit n’est pas respecter la liberté des autres de vivre dans le calme (nuisance, la liberté s’arrête là où commence celle des autres).
              Que savent-ils faire dans Easy Rider, pour montrer qu’ils sont autonomes ? Rien, comme d’ailleurs dans la plupart des films : il n’y a guère que les documentaires pour montrer des gens ayant une compétence, une activité...

              Bref, si la liberté c’est la déchéance, vivre sur le dos des autres sans scrupules (comme nos élites en tout genre), alors Easy Rider est un film qui parle de liberté.


            • Agafia Agafia 20 août 16:46

              @perlseb

              Merci pour votre commentaire intelligent, développé et éclairé... smiley 


            • Fergus Fergus 20 août 16:52

               Bonjour, Agafia

              La liberté, ce n’est pas de vivre en étant soumis à des contraintes subies au fil d’une errance sans but, mais de vivre en choisissant des contraintes acceptées !

              A cet égard, je connais de modestes paysans caussenards qui sont plus libres que les personnages de Fonda et Hopper.

              Nul n’échappe aux contraintes ! Tenter de faire croire le contraire, c’est manipuler les esprits.

              Kerouac lui-même n’est jamais sorti de sa prison de drogues et d’alccol !


            • Fergus Fergus 20 août 16:54

              Bonjour, perlseb

              « La liberté c’est pouvoir choisir sans contrainte »

              Non ! Comme je viens de l’écrire ci-dessus, la liberté, c’est de pouvoir choisir ses contraintes ! C’est très différent.


            • Agafia Agafia 20 août 17:15

              @Fergus

              Bonjour Fergus 

              Et merci d’avoir répondu... Pour les contraintes, je suis OK avec vous... La vie sans contraintes est illusoire, juste une belle utopie smiley


            • pemile pemile 20 août 17:16

              @Fergus, @perlseb

              Cavanna vous départage avec son « La liberté consiste à faire tout ce que permet la longueur de la chaine » ?


            • Clocel Clocel 20 août 17:38

              @Fergus

              Mauvais exemple, Kerouac a toujours été une sous-merde bien avant de toucher aux paradis artificiels, avec un talent de plume certain, mais rien à voir avec un Neil Cassidy, un Gary Snyder, un William Burroughs et tous les clochards célestes qui brulaient « le fantôme », qui ont fait la contre-culture et auxquels il n’est jamais parvenu à se joindre. Au moindre pet, il retournait chez maman refaire sa petite santé. Une fiotte qui ne s’est jamais assumée qui a fini par justifier la guerre du Vietnam et chier sur la mémoire de ses « potes ».

              Choisir ses contraintes, (Rousseau, obéir aux règles qu’on s’est prescrit) c’est de la merde, on arrive dans un système où les règles sont déjà posées au profit d’une caste et de ses larbins. L’Europe illustre bien, on a dit oui une fois à un vague projet et on s’est fait enfiler le reste à la hussarde.

              Il est où le contrat avec ma signature au bas de la page qui fait de moi un larbin, un complice des saloperies du meilleur des mondes ?


            • perlseb 20 août 18:07

              @Clocel
              Vous avez raison, la liberté ne peut pas venir d’un monde pyramidal où la tête impose son point de vue à la base, même si (dans une démocratie hypothétique) la contrainte choisie est la plus largement acceptée : démocratie ou système pyramidal impose une uniformité, rien à voir avec la liberté.
              C’est l’exemple du vélo en ville : c’est dangereux en ville à cause des voitures, donc les gens se rabattent ... sur la voiture et rendent le vélo encore plus dangereux. La seule solution : des lois géographiques. On interdit la voiture sur certaines zones (le vélo serait roi sans les dangers) et on laisse la voiture dominer dans d’autres zones (chacun étant libre de choisir sa zone).
              L’uniformisation par des lois universelles n’a jamais été la liberté, car nous ne sommes pas identiques et le grand principe de la liberté est de respecter les différences des autres, d’être tolérant. Mais la tolérance a toujours ses limites sur une zone géographique donnée, d’où la segmentation nécessaire.
              Quant aux contraintes, nous sommes des animaux, nous vivons sur Terre, les contraintes sont nombreuses mais inutile de rallonger la liste. Nous devrions avoir le choix de ne pas accepter l’argent, la propriété privée (de ne reconnaître que la valeur travail sans laquelle nous ne pouvons être que des cannibales), ... Il y a assez de place pour faire coexister des systèmes différents.


            • Fergus Fergus 20 août 19:43

              Bonsoir, pemile

              Cavanna a évidemment raison.


            • Fergus Fergus 20 août 19:47

              Bonsoir, exol

              « La liberté est dans sa tête »

              Je suis bien d’accord avec vous. D’ailleurs, comme vous, « j’ai toujours hai l’autorité », ce qui m’a valu une dizaine de renvois dans ma scolarité chaotique et 45 jours de taule suivis de 17 jours de rab durant mon service militaire.

              Mais précisément, la liberté vu sous cet angle n’est pas plus dans un errance à moto que dans un parcours de vie plus routunier, ne croyez-vous pas ? 


            • Ganesh 23 août 10:32

              @Fergus On appelle ça l’aventure.


            • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 20 août 09:13

              Si « Easy Rider » a eu un mérite, c’est celui de démystifier le stéréotype de « la petite maison dans la prairie » à travers une critique au vitriol de l’hypocrisie, de l’insécurité et de l’hostilité xénophobe proclamée par la « grande nation ». C’est un parangon de « contre-culture » cassant les illusions de ceux qui croyaient encore que l’Amérique vivait et respirait au rythme du u livret de sa mission sacrée messianique.

              Mais ça n’a pas suffi. Le colosse a un talon d’Achille mais la révolte des années 60 n’est pas allée plus loin que celle de la génération précédente avec James Dean. Le géant met des sparadraps sur chacune de ses plaies.

              Il reste de ce film l’empreinte qu’il a imposée au genre « road movie » et c’est déjà beaucoup.


              • AlLusion AlLusion 20 août 09:59

                @Séraphin Lampion
                 Très bon commentaire. Peter Fonda, un rebelle.... Peut-être un documentaire (re)sortira bientôt
                 Hier soir, (re)sortait sur ARTE en plusieurs épisodes la guerre du Vietnam et la vie de Robert Redford, l’ange blond.en parallèle, une autre personnalité du même type que Peter Fonda.


              • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 20 août 10:14

                @AlLusion

                Le héros qui a la bravoure mais qui ignore la justice est un rebelle.

                Le héros qui a la bravoure mais qui ignore la justice est un brigand.

                Les personnages et les films de Redford, avant qu’il se mette en retrait de la production, n’étaient ni ceux d’un rebelle ni ceux d’un brigand : il situait la justice au-dessus de tout.

                Peter Fonda non. Il était moins naïf.


              • Clocel Clocel 20 août 10:33

                @Séraphin Lampion

                Mouais... Un film taillé pour être vu en bouffant du Popcorn dans les drive-in...

                Une fois encore le discours intello est venu à posteriori, pour tenter de justifier un succès commercial avec un message contre-culturel, donc, une surexploitation...
                Les ricains avaient très bien compris qu’en Europe, (et ailleurs) nous étions très friands de belles histoires dans des paysages grandioses.

                Que la génération précédente se soit laissée niquer, OK, ils avaient le nez dedans, mais aujourd’hui tout le monde peut se faire une idée assez précise des années Woodstock...

                Fallait garder le troupeau « groupir », qu’ils gueulent contre autant qu’ils voulaient, mais ensemble !


              • Clocel Clocel 20 août 10:33

                @Séraphin Lampion

                Ah... Milagro...


              • Djam Djam 20 août 10:14

                @ Daniel...

                Au moins, l’on aura compris, grâce à votre article dithyrambique sur un quasi insignifiant personnage (P. Fonda), que vous avez fait partie de la jeunesse assez naïve qui s’enthousiasma pour un mouvement le flower power, comme on l’appela à l’époque ! — fat de barbus (mais gentils !), de motos (bien bruyantes et polluantes), de lunettes « ray ban » (fallait bien se la jouer...) et de slogans assez creux.

                L’on peut donc comprendre que vous souhaitiez « rendre hommage », non pas tant au gars Fonda dont la jeunesse d’aujourd’hui se contrefout, mais à une époque qui ouvrait déjà cet imbécile mouvement écolo qui se déploie aujourd’hui avec ses citadins pleins d’angoisse pour leur petite santé.

                « Easy rider » ou si l’on veut « gentil motard »... l’image achevée d’une Amérique qui n’en finissait déjà plus de se rêver en cavalier libre chevauchant à travers l’immensité d’un territoire... méthodiquement spolié aux amérindiens. Le « poor lonesome cow boy » qui, aujourd’hui, a accouché d’individus paumés qui défouraillent dans la foule au gré de leurs nouvelles angoisses, terreurs ou lubies psychiatriques.

                Bon, Daniel, je ne veux pas vous gâcher le plaisir de mater en hommage ce « Easy rider » truffé de symboles d’une Amérique aussi libre que les Gilets Jaunes français par la présence persistante de la bannière étoilée entachée du sang des milliers de victimes de ce pays de fous furieux qui croit toujours être l’étalon (!) de mesure d’une liberté en plastique jetable.

                Peter Fonda ou l’emblème en effet d’une Amérique parfaitement plongée dans son délire impérial pathétique. Peter, si tu nous entends, envoie un émissaire à la Maison Blanche... des fois qu’elle comprenne enfin que son temps est fini.


                • funky5 20 août 11:26

                  1968 à quelle belle année

                  ah bon !plutôt les racines du mal je dirais,à partir de là tout est parti de travers.

                  En réponse à Easy Rider,je mettrais TRAINSPOTTING,mais que c’est il passé ?!


                  • smilodon smilodon 20 août 14:27

                    @ J’ai adoré son père (Henry) dans « Il était une fois dans l’ouest » et dans « Mon nom est personne »..... Lui je le connaissais moins, sauf dans ce film (qui fait partie de ma cinémathèque perso)....... « Easy rider »..... J’aime moins..... Mais je suis vieux... Ne m’en veuillez pas ..... Paix à son âme........Adishatz.


                    • Pierre Pierre 20 août 15:40

                      Je ne suis pas un fan de la moto donc je n’avais pas vu ce film à sa sortie. Je l’ai vu des années plus tard en VHS et il m’avait plu, peut-être parce qu’il me rappelait toute une époque, en fait, ma jeunesse.

                      Dans la famille Fonda, ma préférence va à Jane. Au moins, c’était une authentique militante pacifiste qui était d’ailleurs en désaccord avec son père sur ce point.

                      Le meilleur road movie ?! Pour moi, c’est « Thelma et Louise » et la chanson de Marianne Faithfull : « The Ballad Of Lucy Jordan ».

                      https://www.youtube.com/watch?v=S7GoTAmvxw0

                      Le meilleur film de Ridley Scott avec « Alien ».

                      Merci quand-même pour l’article qui nous replonge avec nostalgie dans le passé.

                      En lisant la contextualisation, BB, Gainsbourg, guerre du Vietnam, Make Peace Not War (je préfère d’ailleurs le slogan en français : « Faites l’Amour, Pas la Guerre »), j’ai l’impression d’avoir vécu une autre vie il y a bien longtemps.


                      • Raymond75 21 août 00:15

                        @Pierre

                        Moi aussi ; les années 70 n’avaient rien à voir avec la triste époque actuelle ...


                      • Raymond75 21 août 00:14

                        Pendant que ces deux cons (et les insignifiants acteurs qui les représentaient) vendaient de la drogue pour se balader sur leurs ridicules motos, la jeunesse américaine manifestait et parfois se faisait tuer pour défendre les droits civiques, et s’opposer à la guerre du Vietnam.

                        Bob Dylan et Joan Baez chantaient et mobilisaient la jeunesse occidentale.

                        Et ces deux cons se croyaient libres sur leur moto avec le drapeau US peint sur leur réservoir et leur casque ...

                        Assez lamentable tout cela.

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