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Accueil du site > Tribune Libre > Homo confort, à un clic de la sortie d’écran ?

Homo confort, à un clic de la sortie d’écran ?

Vivre avec moins de technologie permet-il de mieux vivre ? L’aspiration de notre espèce au confort se solde par une dévastatrice addiction technolâtre ainsi que, rappelle l’anthropologue Stefano Boni, par « l’appauvrissement de notre expérience sensible et l’altération de certaines de nos facultés ». S’il assure un programme politique consensuel suscitant une adhésion massive au « modèle social techno-productiviste », le maintien illusoire de notre confort et « pouvoir d’achat » tient à la surchauffe d’une machinerie hyperproductiviste aux capacités de destruction illimitées.

L’expansion voilà 70 000 ans de l’espèce présumée humaine sur la planète tiendrait, selon certains paléoanthropologues à son gros cerveau, à sa capacité à s’adapter à des environnements différents et à coopérer entre individus non apparentés ainsi qu’à sa phénoménale capacité d’invention. Ce comportement collectif adaptatif manifeste un mélange étrange de coopération et de prédation, aboutissant, de l’arme de jet à la révolution agricole et jusqu’aux dernières « innovations », à la formation d’une hiérachie sociale puis à l’hyperspécialisation de la société. Ainsi que, rappelle Stefano Bono, à « l’institutionnalisation de la coercition, de la perte de compétences et l’asservissement ».

L’anthropologue, enseignant à l’université de Modène, estime que ces étapes cruciales ont inauguré un « long processus de dégénérescence » jusqu’à l’actuel stade hypertechnologique, soutenu par « l’ensemble des pouvoirs institutionnels ». Si l’Homo sapiens a puisé son avantage dans sa fragilité physique l’obligeant à coopérer, communiquer et s’adapter en développant son intelligence, cette dernière semble régresser avec l’ « accélération radicale de l’externalisation progressive des compétences humaines utilisées depuis des milliers d’années  » par la dépossession hypertechnologique.

 

La technologisation de l’existence

Notre confort, souligne Stefano Boni, est le résultat d’une « soumission globale » de la nature « au moyen d’outils technologiques toujours plus perfectionnés ». Ces derniers nous auraient-ils d’ores et déjà soumis - et mené à la dilapidation de toutes les sagesses héritées de l’expérience de nos ancêtres ?

Jusqu’alors, « l’homme s’est spécialisé dans la transformation de tout ce qui l’entoure ». L’humanité s’est façonnée culturellement en prenant en main des objets naturels (pierres, bois, fibres végétales, peaux, os, terres, métaux) et en les travaillant jusqu’à ce que l’hypertechnologie endommage des « pans cruciaux de cette connaissance manuelle ».

Avant les révolutions industrielles, l’humanité a « su tirer profit de formes d’organisations sociales artisanales ou « hypotechnologiques », caractérisées par une « grande variabilité liée à des adaptations locales, voire individuelles ». Durant cette période, les « modèles techniques se diffusaient lentement et n’étaient jamais dissociées des contextes écologiques sociaux et idéologiques qui les déterminaient ».

Le paléoanthropologue André Leroi-Gourhan (1911-1986) notait que « l’humanité change un peu d’espèce chaque fois qu’elle change à la fois d’outils et d’institutions ». La séparation entre l’homme et le monde organique est consommée par les artefacts utilisés aujourd’hui, qui « offrent et garantissent la possibilité d’agir sur un milieu sans interagir avec lui  ».

La « rupture historique à l’époque contemporaine  » tient à la « conception et à la puissance de l’acte technique ». Depuis, la « rationalité mécanisée entraîne la disparition de la créativité et des interactions entre le matériau travaillé et le sujet, dont l’expérience est remplacée par des principes objectifs de fonctionnement : ce qui caractérise l’activité productive industrielle est l’effort permanent d’éradication du facteur humain, cette part imprévisible d’interprétation et d’interférence des sujets que vise à réduire sans cesse la mise en place de procédures de contrôle et de standardisation des pratiques  ».

L’Homo confort a délégué à la technologie « toutes sortes de tâches fatiguantes ou contraignantes qui conditionnaient jusqu’alors son rapport au monde » - ce qui lui a « fait perdre de multiples compétences et savoirs incarnés  ». Le confort produirait-il des « corps inaptes à manipuler des matériaux dans leur état naturel » et des esprits ( ?) tout aussi inaptes à se voir au fond de l’impasse ?

Stefano Boni note que l’actuelle « béatification du progrès technologique découle de l’incapacité de la société à porter un regard critique sur le dogme rassurant d’une croissance bienfaitrice et continue ». L’Homo confort, c’est-à-dire « cette forme d’humanité qui dispose de toutes sortes de moyens sophistiqués pour éviter de subir les contraintes et désagréments liés à la gestion laborieuse du monde organique » se trouve dépendant désormais d’un système techno-économique « dont la viabilité est problématique : de quels savoirs disposerons-nous si ce système vient un jour à s’effondrer et si nos outils, désormais en majorité numériques, cessent de fonctionner ?  »

De surcroît, l’hypertechnologie « crée en abondance des produits et des substances résiduels qui, outre leur nocivité, sont diffcilement décomposables dans le cadre des cycles organiques ». La « naturalité se trouve fortement compromise lorsqu’on procède à des manipulations génétiques pour créer des organismes dont la survie dépend d’éléments indisponibles dans le milieu naturel »... Et la « médecine mercantile conduisant à un raz-de-marée pharmaceutique a inhibié toute réflexion sur ses effets collatéraux »... La « hausse spectaculaire des tumeurs est à la mesure de l’augmentation exponentielle et de la toxicité des aliments, des médicaments, de l’eau et de l’atmosphère  »...

La course au profit dans la production alimentaire révèle « toute la gamme des manipulations hypertechnologiques, ce qui contribue à multiplier les risques sanitaires en augmentant la toxicité diffuse dans nos milieux ». Ainsi, « ce ne sont plus les machines qui sont pensées pour travailler les aliments, mais les aliments qui sont produits pour être compatibles avec des processus industriels ».

L’Homo confort émerge entre la fin des années 1950 et le début des années 1960 – une période caractérisée par la multiplicité des infrastructures (électricité, eau courante, tout à l’égout, réseau téléphonique, autoroutes, transport aérien), la diffusion du mode de vie hypertechnologique et le déploiement d’une mégamachine par l’intrication de l’économie, de la finance et de la technique.

Cet Homo confort verrait-il le monde uniquement à travers ses écrans et à distance comme une émission de téléréalité « augmentée » ? Ce n’est pas sans dommages collatéraux : les effets nocifs des smartphones impactent tant ses capacités cognitives que le fonctionenment physiologique et neuronal de son corps. Cela s’appellerait-il la techno-zombification ?

 

Un contrôle social de la technologie ?

La nature est « entendue à la fois comme patrimoine génétique et comme ensemble de paysages et de processus  ». Elle devient artificielle lorsqu’elle est « modifiée en profondeur par des moyens hypertechnologiques ». Aujourd’hui, l’exaltation de la nature par le marketing tient lieu de « compensation schizophrénique qui révèle notre inquiétude latente vis-à-vis des catastrophes qu’engendre notre mode de vie hypertechnologique ». Sa « récupération » par une « préoccupation écologique abstraite » et marchande modifie peu « les comportements et l’être-au-monde d’Homo confort dont la sauvegarde du mode de vie empêche tout renoncement à la technologie » : pas question d’une « zone blanche » dans le désert ou en montagne – pourvu qu’on reste « connectés »... Mais à quoi, au juste ? Tant que « l’horizon des possibles » se restreint, pour Homo confort, à son « salut individuel » plutôt qu’à l’élaboration collective d’une alternative viable aux « conditions productives, économiques et sociales d’un bien-être généralisé  », il demeure à la merci des technologies - et de « ceux qui en supervisent la conception et la marchandisation » : « Après avoir été dépossédes de compétences sensorielles, savoirs locaux et pratiques autonomes grâce auxquels nous pouvons entretenir des relations fécondes avec le monde organique, nous ne jouons plus finalement que le rôle de consommateurs passifs et obéissants » voire de chair à machines... Les mouvements citoyens n’ont que rarement réussi à mobiliser contre les ravages de l’hypertechnologie alors qu’un mode de vie centré sur le confort n’est plus soutenable à terme. Les « crises » dites financières ne sont qu’une « expression marginale de l’épuisement d’un cycle hyperproductiviste, résultant du crescendo technologique » lié à la « centralisation progressive du pouvoir et à la captation des ressources par une élite entrepreneuriale et financière ». Cette « dynamique »-là dite de « crise » s’enraye : « Tels des monades vivant recluses dans leur cocons protecteurs, nous observons à distance la catastrophe qui se rapproche, en confiant sa gestion à des spécialistes qui placent tous leurs espoirs dans l’hypertechnologie. Cette délégation a un avantage apparent : elle nous autorise à nous désintéresser de tout en concentrant le pouvoir et la prise d’initiative entre les mains d’ingénieurs et de décideurs politiques ou économiques (...) Ainsi, nous précipitons encore plus la destruction de ce qui nous a toujours permis de subsister, au moins jusqu’au siècle dernier : la mise en oeuvre de savoirs pratiques et artisanaux pour exploiter décemment les ressources environnementales  ».

Force est de constater que la « capacité politique de la société à mener des actions émancipatrices a été affaiblie par un siècle de délégation du pouvoir à des partis et des syndicats, mais aussi par des décennies de résignation collective  » – à moins d’un « tissu communautaire fort » et au rétablissement de « rapports de confiance entre les individus  »...

L’effondrement de notre système techno-économique pourrait résulter d’une « implosion vraisemblable de l’ordre social, du complexe techno-industriel et du système économique » – la « spirale autodesctructrice de la mégamachine  » pourrait bien prendre de vitesse les populations...

Est-il temps encore pour la « réappropriation de savoir-faire soustraits au processus de production industrielle  » et du pouvoir technique par la société civile ? Cela supposerait le « refus de tout monopole industriel, technique et financier  » ainsi que du consumérisme et de la marchandisation de chaque pan de notre existence. Et le retour à des savoir-faire artisanaux dans le cadre d’une « relocalisation des dynamiques économiques ».

Jusqu’alors, » les pouvoirs se sont nourris à la fois de l’augmentation du confort pour générer des profits et obtenir un large consensus social fondé sur l’obéissance  ». Stefano Boni propose une « gestion horizontale des instruments, des compétences et décisions techniques actuellement déléguées à des institutions hierarchisées qui font prévaloir le profit sur le bien-être commun » : « Il est plus que jamais impératif de soumettre la technologie à un contrôle social  ».

Jusqu’alors, la société civile n’a été consultée à aucun moment pour « délibérer sur les options technologiques raisonnablement acceptables ou non » alors que chacun expérimente à son détriment les « conséquences néfastes de cette délégation irresponsable du pouvoir » quand l’accès au service et confort de base n’est plus assuré : « Le plus absurde dans cette phase historique c’est que ceux qui subissent les dégâts de ces choix technologiques continuent d’accepter à déléguer leur povoir décisionnel sans jamais chercher à exercer leur droit de regard  »... L’espèce présumée pensante n’aspirerait-elle plus à se simplifier la vie ?

Une société low tech librement consentie ne « marquera pas la fin du bien-être mais peut-être son véritable commencement » : ne plus vivre par l’entremise d’écrans, ne serait-ce pas... vivre tout simplement ? Homo confort se retrouve à un clic de sa sortie d’écran : saura-t-il saisir cette chance ultime ?

 

Stefano Boni, Homo confort – le prix à payer d’une vie sans efforts ni contraintes, l’échappée, 256 pages, 18 euros


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58 réactions à cet article    



    • lephénix lephénix 4 mai 09:59

      @Clocel
      merci pour le complément le choix de la machine n’est ni innocent ni « pour notre bien »...


    • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 4 mai 16:15

      @lephénix bonjour,
        J’ai été contributeur de ces concepts technologiques par le traitement de l’information bien avant les écrans et les communications mis à la disposition du public. C’était alors un métier qui recherchait le plus d’automatisme et donc sans interventions des humains.
        L’homme fait trop d’erreurs dans ses jugements dans une situation donnée.
        La machine ne les subit pas.
       « Des machines pour changer de vie » dans le paradigme du numérique.
        La seule chose à retenir : seuls ceux qui s’adaptent à tout, survivront"
        Désolé de vous l’apprendre  smiley  
        


    • 6russe2sioux LA MANDALE OU RIEN 4 mai 16:18

      @Réflexions du Miroir

      Dit y a grua qu’ as besoin de vote pour son article se moquant d’ agoravox et de ses commentateur/auteur tu veut pas le pousser un peut en moderation <MDR>


    • Xenozoid Xenozoid 4 mai 16:20

      @Réflexions du Miroir

      oui on peut même survivre dans les camps de la morts, cela est aussi vrai pour les gardiens qui survivent aussi, on peut aussi devenire psychopate pour survivre,il y a plein d’histoire,c’est ce que tu veux dire Guy ?


    • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 4 mai 16:42

      @Xenozoid
       Exact. Les humains n’ont pas besoin des machines pour cela.
       Il y a aussi le goulag pour Staline.
       Ce sont les croques mort qui auront toujours du travail pour suivre les corbillards.
       En temps de paix, du moins.
       En temps de guerre, une fosse commune suffit  


    • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 4 mai 16:46

      @LA MANDALE OU RIEN,
       Désolé. En 2007, j’avais pris le rôle de modérateur en étant reconnu pour cette tâche. C’est une tâche qui demande bien plus que de cliquer sur un bouton.
       Aujourd’hui, le fait d’avoir 4 articles publiés suffit pour devenir modérateur.
       Alors le jeu des amis de mes amis sont mes amis s’est installé.
        


    • 6russe2sioux LA MANDALE OU RIEN 4 mai 16:48

      @Réflexions du Miroir

      oui je sait bien , doyen , 
      c’ est bien pour ca que je te taquine ....


    • lephénix lephénix 4 mai 18:15

      @Réflexions du Miroir
      tout dépend de qui programme la machine, pour quoi, dans quelle intention, etc
      elles ne font pas de « darwinisme social » mais ceux qui font le choix de la machine, peut-être... s’adapter à tout jusqu’au point de rupture ?
      intéressant, votre site et le choix des livres...


    • ZXSpect ZXSpect 4 mai 19:24

      @Réflexions du Miroir
      .
      .
      « Réflexions du Miroir 4 mai 16:46
      En 2007, j’avais pris le rôle de modérateur en étant reconnu pour cette tâche. C’est une tâche qui demande bien plus que de cliquer sur un bouton. Aujourd’hui, le fait d’avoir 4 articles publiés suffit pour devenir modérateur.
      Alors le jeu des amis de mes amis sont mes amis s’est installé. »

      .
      « Aujourd’hui, le fait d’avoir 4 articles publiés suffit pour devenir modérateur »... en théorie...
      .
      Dans la réalité, les pseudo-modérateurs représentent rarement plus d’une dizaine de votes quel que soit l’article proposé. Certains auteurs « abonnés » sont validés quotidiennement quel que soit leur article, et souvent dès que leur article est proposé en modération. D’autres articles sont bloqués à +4 et ne sont jamais publiés. Les pseudo-modérateurs ont au plus un rôle consultatif et c’est l’équipe d’AgoraVox qui publie ou pas.


    • Djam Djam 4 mai 23:23

      @Réflexions du Miroir

      Croire à la techno toute puissante est la pathologie de notre époque. 

      Concepteur n’est pas créateur et le fait même d’affirmer (sans rire) que : « L’homme fait trop d’erreurs dans ses jugements dans une situation donnée. La machine ne les subit pas. » confirme déjà que votre prédisposition à croire en la nouvelle religion technocratique est profondément ancrée.

      L’homme post moderne de la technocratie se prend pour Dieu... la chute sera douloureuse.


    • voxa 5 mai 05:42

      @ZXSpect

      « Les pseudo-modérateurs ont au plus un rôle consultatif et c’est l’équipe d’AgoraVox qui publie ou pas. »

      Les affaires sont les affaires.

      Et les boites de communication ont des budjets...

      Sinon il n’y aurait pas de propagandes gouvernementales...


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 4 mai 09:30

      Homo Confort n’a pas plus le choix que Neandertal sur la possibilité de sortir dela collectivité dans laquelle il vit. Soit c’st la collectivité qui change, ce qui suppose des bouleversement considérables qui ne touchent pas que le « confort » et qu’il faudrait accepter, soit les individus qui la composent se conforment aux injonctions du conditionnement. On ne peut pas sortir impunément du réseau qui a été tissé par l’araignée. Il faut tuer l’araignée.


      • lephénix lephénix 4 mai 10:01

        @Séraphin Lampion
        cette « toile’ n’est pas celle de l’araignée hélas qui est une merveille d’ »intelligence" naturelle, elle... là, c’est une toile d’une toute autre nature, tissée d’intentions malignes, dirait-on...


      • voxa 5 mai 05:45

        @lephénix

        Restera toujours le sabotage intelligent.
        Personne ne peut rien contre la mauvaise volonté.


      • lephénix lephénix 5 mai 14:30

        @voxa
        le serpent se mord la queue, la mégamachine en surchauffe court-circuite et vacille de tant d’inconséquence suicidaire, les cycles cosmiques font le reste...


      • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 4 mai 09:49

        Des robots de surveillance à Singapour 

         
        La rage contre la machine « La pente naturelle de la machine consiste à rendre impossible toute vie humaine authentique » (Orwell)


        • lephénix lephénix 4 mai 10:03

          @Francis, agnotologue
          exact, la rage à appareiller ainsi le vivant que l’on veut contraindre voire empêcher ou effacer suscite une rage en retour si l’instinct de survie se réveille à temps...


        • sirocco sirocco 4 mai 13:16

          @Francis, agnotologue

          Les Singapouriens ont de la chance : ces robots ne sont pas armés et ne vont pas abattre les contrevenants sur le champ. Pas encore...


        • voxa 5 mai 05:48

          @Francis, agnotologue

          Un petit coup de peinture sur les capteurs et c’est reglé.
          Rappelez vous les sacs poubelles sur les radars...


        • Parrhesia Parrhesia 4 mai 14:12

          Article à prendre en considération.

          Mais franchement, si l’on considère, par exemple, les océans de fiente de poule informatique qui ne sont stables que dans les contraintes qu’ils nous imposent (Cf. : la pub, le mépris absolu du client, l’exploitation financière et mentale de la clientèle, le mépris absolu de toute considération ergonomique logique, Etc.), il est permis de se demander où se trouve le niveau confort en ce domaine.

          Pour ne citer que celui-ci !!!


          • lephénix lephénix 4 mai 14:21

            @Parrhesia
            ce mépris absolu de toute considération ergonomique et mépris de l’humain est passé par la case « jeu » video pour amorcer cette posture de soumission du techno-zombie abîmé tête dans son écran le premier de ces jeux, « space invaders » inspiré du film « alien » a été le premier appât en 1978, le reste a suivi déjà, il s’agissait d’inventer un ennemi imaginaire et de jouer à le tuer...


          • Parrhesia Parrhesia 4 mai 14:23

            @lephénix
            Exact !
            Bonne journée !


          • lephénix lephénix 4 mai 14:31

            @Parrhesia
            merci, bonne journée à vous dans ce qui fait vraiment monde... on évitera « le meilleur des cybermondes »...


          • Taverne Taverne 4 mai 14:21

            Une « vie sans efforts ni contraintes » est une vie sans liberté. La liberté consiste à exercer le pouvoir sur soi-même. Elle implique donc des efforts et des contraintes choisis ou consentis.


            • Parrhesia Parrhesia 4 mai 14:28

              @Taverne
              Depuis quand la « liberté » exige-t-elle également des contraintes financières relevant de l’escroquerie et des contraintes mentales abusives, relevant de la manipulation de masse ???


            • lephénix lephénix 4 mai 14:29

              @Taverne
              alors, l’addiction technolâtre du techno-zombie pour ses gadgets de destruction massive lui a-t-il fait abdiquer toute vélléilté de liberté et renoncer à l’exercice de son présumé libre arbitre ? il ne semble « pas avoir de problème avec ça » selon une phrase clé qui fait fureur ces dernières années...


            • Taverne Taverne 4 mai 14:56

              @lephénix

              Les addictions sont par nature inconciliables avec la liberté. Il existe aussi les tropismes : ils peuvent être bons ou mauvais, c’est selon : 

              « Facebook a dû faire machine arrière devant les protestations des utilisateurs qui n’appréciaient pas cette intrusion dans leur vie privée – l’internaute a un fort tropisme libertaire –, mais ce n’est que partie remise. » (Bernard Poulet, La fin des journaux et l’avenir de l’information, Gallimard, 2009)

              Je trouve assez juste, ici, l’expression « faire machine arrière » face à la liberté. Ce qui tient trop de la machine nuit à la liberté. 

              N’oublions pas la mise en garde de Bernard Poulet : « mais ce n’est que partie remise » La machine revient plusieurs fois pour usiner la pensée et l’être humain.

              Contre la machine, la partie n’est jamais définitivement gagnée. 


            • lephénix lephénix 4 mai 15:23

              @Taverne
              c’était l’intuition d’Ellul et Charbonneau : quand la technique avance, la liberté recule...l’ère de la machine est celle de l’enfermement planétaire c’est « en marche »...seul espoir : les pénuries à venir énergétiques, de matières premières, de composants et semi-conducteurs, faute de pénurie en crétinerie mortifère et faute d’un virage éthique...


            • panpan 4 mai 16:02

              @Taverne
              Entièrement d’accord. J’ai toujours pensé que la liberté, c’est la responsabilité. MAis plus personne ne souhaite être responsable.


            • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 4 mai 16:31

              @Taverne
               Bonjour Paul,
                Aux temps anciens, il y avait le Traitement de l’Information par les machines.
                Il y avait un métier pour y travailler.
                Puis sont arrivés les Communications et on a appelé l’ensemble les TIC’s.
                De là, sont arrivés le Web (il y a à peine un peu plus de 20 ans), puis Facebook et tout s’est altéré.
                Comment gagner encore contre la machine ?
                Avec des réflexions et des idées qui ne sont pas encore intégrées dans les algorithmes.
                Sinon, je ne donne pas cher à nous pauvres mortels.
                Les machines possèdent dans le big data toutes les connaissances du monde.
                Elles peuvent les traiter à la vitesse de la lumière. 



            • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 4 mai 16:34

              @panpan
               Je plusois. smiley


            • pemile pemile 4 mai 16:50

              @lephénix « quand la technique avance, la liberté recule »

              Le silex taillé, la maîtrise du feu ou la roue ont fait reculer quelle liberté ?


            • 6russe2sioux LA MANDALE OU RIEN 4 mai 16:57

              @pemile

              Celle de ne pas se prendre une hache en silex sur le coin de la gueule ...
              celle de ne pas se faire bruler sur un bucher ....
              et celle de ne pas etre obliger de courrir pour aller au marcher avant que toute les place soit prise ...

              Soit gentils ferme ton claque-merde 


            • pemile pemile 4 mai 17:02

              @LA MANDALE OU RIEN « Soit gentils ferme ton claque-merde »

              Toto, c’est toi qui vient encore de dépasser les 100 posts/jour, calme toi ?


            • lephénix lephénix 4 mai 18:10

              @Réflexions du Miroir
              tous ne sombrent pas dans l’addiction et la zombification mais tous hélas sont impactés...


            • lephénix lephénix 4 mai 18:47

              @pemile
              vous oubliez les amish, le retour à la bougie, la flamme d’une chandelle, etc.
              les civilisations précolombiennes avaient aussi découvert la roue mais avaient renoncé à systématiser son usage car ils ne voulaient pas l’économie et la société qui allaient avec (cf « histoire politique de la roue » de raphaël meltz)


            • Taverne Taverne 4 mai 19:13

              @Réflexions du Miroir

              Salut Guy

              « Aux temps anciens », la main façonnait l’outil à son idée ; aujourd’hui la technologie façonne la conscience. 

              Il existe des informations dont le traitement peut être délégué aux algorithmes et il en est d’autres qui doivent rester sous l’entier contrôle de la conscience. 

              La liberté réside dans l’être humain ; jamais dans la machine. 


            • pemile pemile 4 mai 19:39

              @lephénix « les civilisations précolombiennes avaient aussi découvert la roue mais avaient renoncé à systématiser son usage »

              Donc ce n’est pas la technique qui fait reculer la liberté, mais l’abus ?


            • lephénix lephénix 4 mai 19:47

              @pemile
              on ne saurait mieux résumer la situation : fallait pas abuser...


            • pemile pemile 4 mai 19:48

              @lephénix

              Vous avez lu « Pourquoi j’ai mangé mon père » de Roy Lewis ?


            • Xenozoid Xenozoid 4 mai 19:51

              @pemile

              moi j’ai lu en anglais je ’l ’ai sous la mani


            • Xenozoid Xenozoid 4 mai 19:51

              @Xenozoid

              d’ailleur c’est mon avatar


            • lephénix lephénix 4 mai 19:56

              @pemile
              non... ce serait la tendance à venir ?


            • Xenozoid Xenozoid 4 mai 20:11

              @semille

               quand nous fumes remis des funérailles,

              ç avait été tres dur pour lui de découvrire l’hipparion n’avait pas disparu



            • voxa 5 mai 06:39

              @Taverne

              Facebook et autres réseaux associaux n’ont rien d’obligatoire.
              Pour l’instant.

              C’est la bêtise crasse qui pousse la multitude à publier sa beaufitude sur ses machins là.
              Il faut étaler et frimer en permanence en suivant les codes, les modes,de plus en plus stupides, parfois jusqu’au suicide.
              Curieusement, plus on a une vie merdique plus on l’étale.

              Pour vivre heureux, vivons caché.


            • voxa 6 mai 06:08

              @lephénix

              « quand la technique avance, la liberté »

              A mon sens, pas d’accord du tout.

              Le progrès ou les machines ne sont juste que des moyens, on en fait ce que l’on en veut. Tout dépend essentiellement des mains dans lesquelles la société accepte de les déposer.
              Si la société se rebelle réellement, si la société lutte, personne ne peut rien lui retirer, fût-ce même un petit macron sans scrupule ni empathie.

              Avant l’industrialisation, avant les machines, le sort de millions, voire de milliard d’individus n’était pas plus enviable que maintenant.

              La liberté sans la révolte n’existera que le jour ou l’on détectera les petits macrons ou sarkosi dès le berceau afin de soigner, à minima, leurs complexes, ou leurs traumatismes juvéniles.


            • lephénix lephénix 6 mai 11:42

              @voxa
              le choix de la machine à vapeur ou du métier à tisser en leur temps ne fut ni innocent ni viable économiquement, aux conditions d’alors et pourtant ie rubicon a été franchi, les manufactures ont remplacé les moulins à vent, etc il y a bien eu la révolte des luddites ou des canuts, réprimée comme vous le savez... alors la numérisation à marche forcée est tout sauf dans l’intérêt des populations et quand celles-ci disent « ne pas avoir de problème avec ça »...tout en prétendant manifester un « souci écologique »...
              qui a « intérêt » à imposer la machinerie contre « le bien » et la liberté des populations ?


            • zygzornifle zygzornifle 4 mai 16:29
              “Je crains le jour où la technologie dépassera les capacités humaines. Le monde risque alors de voir une génération de parfaits imbéciles.”
              ― Albert Einstein

              • Xenozoid Xenozoid 4 mai 16:35

                @zygzornifle

                il y a 2 façons de faire des imbéciles

                 dire qu’ils ont raisons,ou leur faire réciter une citation,à la fin l’idiot ne sera plus un imbécile,il saura mettre un uniforme 


              • otemporaomores 4 mai 19:12

                @zygzornifle Nous y sommes. Avec un peu de chance les parfaits imbéciles vont s’autodétruire entrainant les autres avec eux.


              • baliste 4 mai 20:41

                A la question si on est plus heureux sans tech : évidemment .

                Et on est aussi plus heureux sans argents (quant on sais comment vivre de façon simple ) . Ce ne sont que des illusions de plus qui nous bloque l’accès aux mondes .


                • Oncl’Sagamore 5 mai 06:42

                  L’addiction au smartphone est-elle due à la technologie ?

                  L’addiction au pinard est-elle due à la bouteille ?...

                  .

                  [ Sûr que l’addiction à la bêtise ou aux fakes n’est pas due à AGV.. ]


                  • I.A. 5 mai 19:08

                    Moi, j’aime bien mon petit confort… Et ceci d’autant plus que moi, je suis tout à fait capable de m’en passer et/ou de le fabriquer de mes propres mains.

                    Je pense qu’un authentique être humain est une personne capable de posséder et d’user de toutes les « conforts » sans jamais en abuser : Internet, télévision, moyen de transport motorisé, voyages à l’étranger, aliments et boissons, eau courante et électricité, armes blanches et à feu, et cetera.

                    S’il faut priver de confort les individus pour les voir recouvrer leurs savoir-faire et leurs savoir-vivre, alors ce ne sont déjà plus des êtres humains.

                    Ça me fait penser :

                    • Combien de personnes deviendraient obèses, si elles pouvaient manger tout ce qu’elles veulent dans les meilleurs restos, et tous les jour ?
                    • Combien deviendraient alcooliques, si elles avaient des moyens illimités ?
                    • ... Et fainéantes ?
                    • Combien cesseraient tout travail personnel, intellectuel comme physique ?
                    • Etc... ?

                    Donc : y at-il encore des êtres humains sur terre ?


                    • lephénix lephénix 5 mai 19:40

                      @I.A.
                      bonnes questions...
                      les hominidés prédateurs auraient-ils sauté une case vers l’humanisation ?
                      tous accèdent-ils à ce moment de vérité où la créature devient créateur ? ou se complaisent-ils dans l’assistanat ? vous avez votre idée de ces « assistés » ceux qui vampirisent les autres, s’acharnant à leur créer sans cesse de nouveaux problèmes au travers de bullshit jobs leur permettant de monter des usines à gaz et des prisons numériques (« il faut s’adapter »...) alors que la vie pourrait être si simple et la planète si habitable... alors, qu’est-ce qui la hante ?


                    • voxa 6 mai 06:22

                      @lephénix

                      Ventre affamé n’a point d’oreilles.

                      C’est l’assistanat qui tue la dignité et la rebellion.
                      Un minimum social, relooké en salaire minimum, cela parait plus digne, tuera toutes velléité de rebellion.

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