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Accueil du site > Tribune Libre > Homo homini lupus est
#41 des Tendances

Homo homini lupus est

J’ai, pour une fois, envie de me tenir aux côtés du pouvoir, lorsque celui-ci défend la liberté d'expression et la liberté de penser. Cela n'empêche cependant pas à souhaiter changer le régime (dit de type démocratie occidentale), l'améliorer, le rendre aux citoyens qui en sont privés par le truchement de l'absence d'égalité de chances et par la domination d'une élite, barricadée dans ses convictions... Mais ça, c'est une autre histoire et je vais y revenir dans un autre papier, plus tard.

Si j'ai commencé mon papier par la phrase qui précède, c'est que je me méfie du pouvoir, en général, et du pouvoir politique en particulier. Car, pour moi, pouvoir rime avec possibilité d’exploiter, d’imposer, de profiter, bref, de faire des choses pas très catholiques ou orthodoxes (?), je ne sais plus !

Homo homini lupus est…

De même, dans les relations internationales, le pays qui, par les hasards de l’histoire, possède un hard power, il l’impose d’une manière ou d’une autre.

Homo homini lupus est…

Un exemple très simple : La Turquie, dirigée par le frère musulman Erdogan. Ce dernier, nationaliste, illuminé et aspirant calife, pense détenir la vérité et il essai de l’imposer au monde entier.

Regardez ce qu’il fait, par l’intermédiaire de ses affidés Azéris, aux Arméniens : un génocide supplémentaire afin de réaliser le rêve de ses grands-parents, coupables d’avoir massacré de millions de personnes pour réaliser un rêve futile et impossible, une nation pure qui ne le sera jamais, une nation phare, qui ne le sera jamais, car cet objectif est impossible.

Homo homini lupus est…

L’Allemagne nazi a tenté d’effacer le judaïsme en assassinant méthodiquement les juifs ; elle a tenté de créer la race supérieure pure, en assassinant les homosexuels, les gens du voyage ; elle a tenté de créer un espace idéologiquement pure en assassinant les francs-maçons, les communistes, les…les…

Homo homini lupus est…

L’Allemagne d’aujourd’hui, forte économiquement, c’est-à-dire possédant un des hard power les plus efficaces, essaie d’imposer sa conception de la vie en société et dans les relations internationales. Regardez, comment elle a obligé l’Union européenne qu’elle domine économiquement, à conclure un accord exécrable et inhumain sur les réfugiés/migrants avec la Turquie autocratique, antidémocratique, islamiste et expansionniste… Les intérêts allemands passent avant tout et peu importe la méthode utilisée pour les préserver.

Solidarité européenne, nous dit-on ! Quelle solidarité européenne ? Homo homini lupus est…

Erdogan mène six guerres contre des pays plus faibles militairement ; l’Allemagne signe un accord – engageant ensuite l’ensemble de l’Union européenne – sur les migrants… Et l’Union européenne paie !

Syrie, Libye, Chypre, la Grèce, l’Irak et maintenant l’Arménie et l’Artsakh (Haut-Karabagh). Que dire de plus ? L’Union européenne, suivant la volonté de l’Allemagne, continue à payer le régime antidémocratique d’Ankara, continue à se prosterner aux pieds du Sultan aspirant calife, Erdogan, sans ciller, sans un brin de honte !

Il faut résoudre les problèmes pacifiquement, nous dit-on ! Chiche ! Que cessent les canons turcs leur déversement de la mort sur les Arméniens, les Libyens, les Syriens, les… les…

On va imposer des sanctions, nous dit-on contre la Turquie si elle continue à violer les droits des autres pays. Cela fait cinquante, cent, deux cents fois que l’on lance cet avertissement… Vous connaissez probablement le conte du berger menteur… Même ceux qui prononcent maintenant ces menaces contre la Turquie n’y croient plus…

Homo homini lupus est…

Et ce n’est pas près de s’arrêter… L’hypocrisie dans les relations internationales est la règle. Il n’y a qu’à regarder tous les textes internationaux, Conventions, Chartes, Accords, etc, tous, sans exception. Ils sont rédigés de manière à permettre plusieurs interprétations, et, in fine, favoriser les plus forts.

Même les Nations-Unies, organisation supposée représenter le summum dans les relations internationales, ménage cinq grandes puissances en leur accordant un droit de véto sur chacune des décisions de l’Organisation ; il s’agit bien évidemment des cinq membres permanents du Conseil de Sécurité.

Comme disait Orwell dans La ferme des animaux : « Tous les animaux sont égaux, mais il y a des animaux plus égaux que d’autres. »

Homo homini lupus est…


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10 réactions à cet article    


  • Arogavox Arogavox 17 octobre 12:21

    Homo homini lupus est…


     La logique est la science qui fonde les idées vraies, la psychologie la science qui explique les idées fausses. 
     Bertrand Russell


    • Septime Sévère 17 octobre 12:40

      Avez-vous peur d’écrire que le nazisme liquidait les Tziganes ? D’une part tous ne voyagent pas et d’autre part « gens du voyage » est une appellation administrative française. 

      .

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Gens_du_voyage


      • gouzier gouzier 17 octobre 19:53

        Homo homini lupus est…

        Il y a plus de 20 millions de musulmans en France... Le régime actuellement en place et les deux précédents ont laissé entrer tous ces renards dans le poulailler gaulois...


        • Xenozoid Xenozoid 17 octobre 20:02

          @gouzier

          Il y a plus de 20 millions de musulmans en France... 

          et c’est sans parler des autres,je suppose ?


        • titi 17 octobre 20:20

          L’Allemagne a le même problème avec la Turquie que la France avec l’Algérie.

          Elle s’aplatit pour éviter l’explosion des banlieues.

          Sa politique étrangère est otage de sa politique migratoire.


          • DACH 17 octobre 23:12

            La définition de la politique d’un état qui se veut cohérent est visible à Londres. « Le Royaume Uni n’a ni amitié ni inimitié éternelle, seuls ses intérêts sont immuables ». Sauf erreur de ma part, voir l’immeuble de la Royal Navy.... A partir de là bien des choses peuvent se deviner à l’avance.


            • DACH 17 octobre 23:15

              Les acteurs politiques allemands vivent avec une hantise sur leurs épaules. Ils craignent la guerre et veulent éviter tout risque de guerre ou de conflits avec n’importe qui, tout en se voulant protéger par le parapluie américain qui risque , désormais,de partir....


              • DACH 17 octobre 23:21

                De la même façon que l’antisémitisme est le lait culturel des arabo-musulmans, « l’anti arménisme » l’est dans la population turcophone ! Qu’il y ait des survivants du génocide de 1915 ne passe toujours pas. De plus, les arméniens de cette époque ont contribué à la défaite de l’empire selon leurs visions des choses. Donc, entre Les Turcs et les Azéris, un seul peuple pour 2 pays qui en sont empêché territorialement de se réunir parce que existe l’Arménie. Qu’elle soit chrétienne ajoute à la rancoeur et à la haine des infidèles, dans la bonne tradition musulmane. . Merci à l’auteur pour ses positions affirmées.


                • DACH 18 octobre 12:48

                  Une mise au point qui sera utile à l’auteur dont nous encourageons les interventions et son état d’esprit.

                  « « Depuis le début de la guerre du Haut-Karabakh, les médias internationaux ont très souvent utilisé une rhétorique pseudo-neutre qui brouille pourtant les cartes car elle ne dit pas exactement les choses telles qu’elles sont. Ce phénomène n’est pas nouveau et pose une fois de plus la responsabilité d’informer en vérifiant et en précisant les faits avant d’en rendre compte. 

                  Si l’on reprend de nombreux commentaires médiatiques sur cette guerre, il ressort qu’elle met en jeu des “belligérants” qui “s’accusent chacun d’avoir déclenché les hostilités” avec d’un côté un ”État azerbaïdjanais qui veut récupérer ses territoires occupés” et de l’autre “des séparatistes soutenus par l’Arménie… Ces thèmes déployés à longueur de temps pour évoquer le conflit sont chargés de sens et procèdent d’un raisonnement volontairement incomplet ou, ce qui semble le plus fréquent, d’une ignorance malheureuse dans la mesure où elle participe sans le dire et, espérons-le, sans le réaliser, d’une désinformation fautive.

                  Les sciences sociales attirent l’attention sur la façon dont la réalité peut être construite avec le choix des mots employés pour la décrire. Ces derniers relèvent de “procédés interprétatifs” qui façonnent les représentations mais qu’il est nécessaire de décrypter, notamment quand ils alimentent une injustice historique et politique. Reprenons les quatre imputations sous-jacentes aux formulations citées ci-dessus.

                  Le sociologue William Thomas a posé il y a 100 ans l’idée que le comportement des individus s’expliquait plus par leur perception de la réalité que par la réalité elle-même.1/ “Les belligérants”. Ce terme qui désigne des adversaires engagés dans une guerre suppose deux camps opposés. S’il est juste car c’est bien ce qui se passe, il sous-entend néanmoins une responsabilité commune en passant sous silence que, dans le cas présent, une des deux parties –l’Azerbaïdjan soutenue par un pays ouvertement allié, la Turquie, et des mercenaires de Syrie payés par ce pays pour aller combattre au côté de l’armée Azérie– a initié l’attaque contre une population qualifiée d’ “ennemie”, tandis que l’autre –l’armée du Haut-Karabakh soutenue par celle de l’Arménie– ne fait que se défendre dans une guerre qui lui est imposée. Désigner les Arméniens comme un des “belligérants” les place ainsi implicitement dans le cadre sémantique d’une responsabilité et d’une volonté belliqueuse partagées ce qui ne correspond pas à la réalité des faits.2/ Deux parties qui “s’accusent mutuellement d’avoir déclenché les hostilités”. Quinze jours après le début des affrontements, cette idée qui fut régulièrement mentionnée dans les médias ne tient plus car il est désormais avéré que l’attaque a bien été préparée par l’Azerbaïdjan avec l’aide de la Turquie et son envoi de terroristes islamiques sur le front azéri avant le début des combats. Double injustice pour la petite partie arménienne, peuplée de seulement 3 millions d’habitants en Arménie et de 150.000 habitants dans le Haut-Karabakh, face aux Azéris et aux Turcs dont la supériorité numérique est notoire (10 millions d’habitants pour les premiers et 85 millions pour les seconds) et dont les investissements en matériels militaires sont très élevés, des Arméniens qui se défendent seuls tout en subissant les insinuations d’avoir peut-être initié les combats dont ils paient le prix fort en pertes humaines et à propos desquels ils demandent le cessez-le-feu et le retour aux négociations.3/ Un “Etat azerbaidjanais qui veut récupérer ses territoires occupés”. Cette autre formulation répétée en boucle dans de nombreux médias participe d’une propagande qui néglige insidieusement que ce territoire historique arménien a juste été donné par Staline à la République socialiste soviétique d’Azerbaïdjan en juillet 1921 dans le cadre d’accords visant à satisfaire les Turcs entourant la République d’Arménie. Or les églises arméniennes de la région datent de plus de mille ans et attestent d’une terre arménienne bien avant l’avènement de la République soviétique d’Azerbaïdjan puis de la République d’Azerbaïdjan en 1991. Le retour à “l’intégrité territoriale” à laquelle les dirigeants Azéris font allusion pour justifier cette guerre ne date que de cent ans alors que les Arméniens du Haut-Karabakh ont vécu chez eux sans discontinuer depuis de nombreux siècles et ont plusieurs fois été autonomes –autonomie même confirmée en 1923 (Oblast autonome du Haut-Karabakh). Ces simples faits invitent à faire prévaloir le “droit à l’autodétermination” sur une “intégrité territoriale” sans grands fondements historiques. Évoquer cette dernière comme légitime puisque l’ONU a reconnu le territoire total de la République soviétique d’Azerbaïdjan suite à son indépendance, c’est poser le curseur de l’Histoire dans une époque tardive et prolonger l’injustice qui commença avec la division de l’Arménie et l’intégration d’une de ses parties à l’Azerbaïdjan, ce qui affaiblit de facto la petite République d’Arménie dont les ancêtres avaient pourtant tant souffert.4/ “Des séparatistes soutenus par l’Arménie”. Au vu de ce qui précède, l’usage de cette expression à propos des Arméniens du Haut-Karabakh est clairement inappropriée car elle soutient une représentation tronquée de l’Histoire. D’autres formulations médiatiques du même registre –comme “Le Haut-Karabakhplacéen étau entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan” ou “Les deux pays convoitent ce territoire” –sont également coupables d’une incroyable simplification de la réalité en plaçant dans le même sac l’Arménie qui défend ses compatriotes au Haut-Karabakh et l’Azerbaïdjan qui voudrait “récupérer ses territoires”. Résidant sur leur terre ancestrale et déjà objets de nombreux massacres y compris de la part des Azéris, les Arméniens qui réclament la reconnaissance de leur petite “République Autonomie de l’Artsakh” (Haut-Karabakh en Arménien) ne sont pas des “séparatistes”, ni ne sont coincés entre deux forces antagonistes : soutenus par leurs compatriotes en Arménie, ils sont chez eux et veulent y rester et y vivre dans leurs termes culturels et religieux.


                  • DACH 18 octobre 12:49

                    Suite =

                    Mentionnons encore depuis quelques jours, à propos du cessez-le-feu non respecté, des récits médiatiques du type : “Les deux parties s’accusent mutuellement de violer la trêve”. Une formulation distanciée qui néglige le fait que les populations civiles du Haut-Karabakh ont fait l’objet de bombardements azéris quelques instants après la promesse du cessez-le-feu, des attaques – avec notamment des bombes à sous-munitions pourtant interdites– qui continuent à ce jour à être lancées de façon indiscriminée et font vivre les derniers résidents Arméniens de la région dans la terreur. La formulation omet par ailleurs que l’Arménie, où le nombre de réfugiés augmente jour après jour, ne cesse de réclamer la fin des hostilités et le retour à la table des négociations. La réalité est que si l’armée arménienne est toujours engagée dans le combat, c’est en réponse aux attaques continues de la part de l’Azerbaïdjan, moins intéressée par un compromis diplomatique que par l’idée de clore militairement la question de la présence arménienne dans le Haut-Karabakh.

                    Mis à l’épreuve des faits (qui par manque d’espace ne sont reportés que partiellement ici), il est évident que les récits médiatiques de ce type pour rendre compte de ce qui se passe actuellement dans le Caucase sont non seulement malheureux mais induisent en erreur le public qu’ils sont censés informer. Et l’on sait combien les incidences de représentations erronées peuvent être lourdes… Le sociologue William Thomas a posé il y a près de 100 ans l’idée que le comportement des individus s’expliquait plus par leur perception de la réalité que par la réalité elle-même. Or cette perception est façonnée par les mots. Ne pas tromper l’opinion publique en employant des mauvaises formulations relève de la responsabilité des journalistes dont certains manquent d’exigence intellectuelle lorsqu’ils évoquent cette guerre terrible et inégale. Une règle élémentaire, certes idéaliste, est pourtant de rester prudent, de se documenter et de contextualiser les faits avant d’offrir un propos explicatif sur ceux-ci. » » Christian Ghasarian Professeur d’ethnologie à l’Université de Neuchâtel, chercheur associé au LAIOS (CNRS), analyse les comportements sociaux et les médias Le HuffPost

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