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Accueil du site > Tribune Libre > Hôpital : Urgences – Chantages et péripéties…

Hôpital : Urgences – Chantages et péripéties…

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Je ne sais pas qui sont les plus à plaindre  ? Les patients ou les soignants, car, les urgences que je viens de fréquenter ont plus du radeau de la méduse, que d’un lieu où on soulage. Ça tangue de tous côtés, ca geint, ça pleure, ça saigne, ça hurle, ça s’engueule dans un flot ininterrompu d’entrées, de brancards mis au rencard où des malades croupissent en un jour sans fin, sans eau ni aliment ; Ici, on perd du poids en usant sa patience, en essayant d’attraper au vol un personnel travaillant au pas de course, échevelé, proche de la crise nerveuse ; C’est électrique, c’est atomique – Allo Docteur !

ACTE 1 

Admis le 30 mai aux urgences d’un l’hôpital parisien, tout ça à cause de ma satanée hernie discale qui me torture depuis deux mois. Dès l’entrée, il a fallu rapidement me faire un nom, et si vous suivez mes conseils vous aurez toutes vos chances d’être vraiment écouté, soigner et non pas drogué jusqu’aux yeux : Il faut que le corps médical se souvienne de vous, vous remarque et en bien, vous devez sortir du lot ! Ma technique ? Un mélange de plaisanteries qui détendent, de savoirs sur mon état et de demandes qui tiennent la route. Un conseil, ne rien avaler avant de savoir ce que l’on vous envoi dans le gosier. Ici, c’est morphine en pilules et Tramadol par poignées : ça permet aux malades de supporter sa douleur, de roupiller et de la boucler. NE SURTOUT PAS ROUPILLER, car, entre les soignants qui ont comme consigne de vous renvoyer at home fissa et ainsi libérer du terrain et vous, qui voulez obtenir un lit dans le service de rhumato, le combat est ouvert… Je l’ai mené 27 heures durant cette bataille sans fermer l’œil ! Mon but ? D’abord que je passe un scanner, puis une IRM, puis me faire hospitaliser… Pour la première manche je n’ai pas attendu longtemps, mais concernant l’IRM, ce fut un suspense digne d’Hitchcock. – « Oui, vous le passerez cet après-midi  » - « Oui vous le passerez cette nuit  » - « Oui-oui demain matin  », pour finalement me faire savoir qu’il y avait tellement de monde en attente et que ce que j’avais n’était pas prioritaire, et avec une bonne ordonnance d’antidouleurs et autres antiinflammatoires, il fallait penser à faire mon bagage et libérer le brancard. SAUF, qu’ils ne connaissaient pas l’oiseau. Calmement bien dans les yeux je leur dis tranquillement et fermement « docteur, il faudra me porter dehors, et là je resterai couché sur le trottoir » L’est resté coi le carabin n’en croyant pas son stéthoscope. « Ah bon vous le prenez comme ça, du chantage ?, je vais appeler la sécurité » - « Faites, faites docteur ! » Et c’est ainsi, suite à cet échange que j’ai pu voir une certaine agitation au fond de la salle des urgences, puis un aéropage de cinq neurologues venir m’examiner, et tenter de me convaincre de partir. Je vous le dis, dans la vie ce qui paye c’est faire montre d’une détermination d’acier ! Je vous passe tous les conciliabules et autres billevesées pour que la voie vers l’IRM s’ouvre. Une attende d’une heure et MIRACLE, le service de rhumatologie m’accueille, dans une chambre particulière, claire et propre.

ACTE 2

Quatre jours passent, RIEN ! Sauf qu’on me bourre de morphine en gélules et que mon esprit pédale dans la purée. Je suis constipé pas possible et commence à être beaucoup moins souriant. Alors, ca repart pour le round 2.

Le cinquième matin je refuse toutes les drogues et demande à parler avec le chirurgien afin de savoir si je dois être réopéré ou non ? J’ai un mal de chien et refuse tout médicament et traitement. Une fois de plus la manière forte va payer. Le soir, j’ai l’onctueuse visite de l’artiste qui me dit qu’il ne m’opérera pas, qu’il faut me montrer raisonnable et blabla. C’est un long weekend et je le sens agacé de le mettre en retard pour aller s’entasser sur l’autoroute vers la Normandie et son voilier. 

Ne baissant pas la garde je demande des infiltrations dans le rachi lombaire afin de soulager mes douleurs. C’est encore non, car ayant reçu déjà ce traitement quinze jours avant. Sans me démonter je dis au docteur, « alors qu’allez-vous faire, car il est hors de question que je sorte d’ici avec seulement une ordonnance sparadraps sur une jambe de bois » s’en suit un dialogue assez long où le praticien sent de plus en plus ma détermination, et où bien sûr je sais lui rappeler sur le ton de la blague comment je suis arrivé dans son service. Ayant potassé sur internet je suggère de tenter une injection dans le hiatus lombaire ; Et le lendemain, bingo ! J’ai gain de cause. Vous dire que c’est plaisant qu’une longue aiguille s’enfonce proche du coccyx, serait vous mentir, mais bon… A la guerre comme à la guerre.

Deux jours plus tard, bancal et muni d’une ordonnance légère, je m’installe dans le TGV pour aller en Bretagne me reposer : kenavo !

CONCLUSION

Si je n’avais pas été si déterminé et user de procédés maître chanteur, en faisant planer des menaces, bien sûr sans énervement, calmement et posément, je serais aujourd’hui toujours au fond de mon lit à souffrir et à me bourrer de drogues. Qu’en penser ?

Que nous avons affaire à une médecine distributrice de médocs, que le stylo des médecins est tenu par Big Pharma, et du fait de la désorganisation des services médicaux, les personnels et à tous niveaux, écopent avec une cuiller à thé une barque où les flots entre à gros bouillons. Depuis bien longtemps les services d’urgences sont dans une spirale d’une mission impossible. J’ai vu durant un jour et demi, combien ces pauvres, ambulanciers, brancardiers, femmes de ménage, aides-soignants, infirmiers, radiologues, médecins, spécialistes se démenaient comme dans le film « On achève bien les chevaux » : Une sarabande d’une valse sans fin jusqu’à l’épuisement final, ou pardon, burn out ! Chaque jour on ne sait comment toute cette population droguée, déprimée, souffrante est drainée vers ces urgences bouée à la mer. J’y ai vu aussi un manque total d’humanité, où des agents disputent des vieilles femmes un peu folles, surtout une, à coté de mon brancard. Cette dame passait d’une conversation structurée, à des gémissements et des pleurs, alors, trois costauds de la psychiatrie sont venus et lui ont administré du Xanax… J’ai pourtant dit au médecin de ne pas faire ça, car cette pauvre dame était maltraitée dans sa maison de retraite et en se faisant envoyer aux urgences c’était pour elle une « sortie »…Je lui ai dit qu’elle pleurait car elle était simplement triste et malheureuse ; que nenni, le seule réflexion fut : « Arrêtez d’ennuyer tout le monde. » A 83 ans cette pauvre dame dérangeait donc le service… Je lui ai tenu la main pour qu’elle s’endorme. Autour, il y avait des hommes qui erraient sans savoir où ils étaient, parlant seul, le regard perdu, des mamies gémissantes et un ou deux bébés hurleurs. J’ai eu le sentiment pendant 27 heures d’être dans le livre de Nikolaï Gogol  : « Le journal d’un fou ».

Je me dis avec raison, que lorsqu’une personne veut consacrer sa vie à aider les autres, se retrouver dans ce maelstrom mois après mois, années après années, doit chaque soir au retour vers la famille être baigné de l’arme, de grandes frustrations, de colères impuissantes. Cette « élite » inhumaine en trente ans est arrivée à ses fins : détruire tout sens d’humanité au profit… Du profit !

Certains diront : et si tout le monde faisait comme moi, le forcing, je répondrais, et bien pourquoi pas ? Afin peut-être de faire bouger les lignes et ramener à ce qu’est d’abord la médecine : soigner. Il faut refuser d’être drogué au nom d’une efficacité fallacieuse. Il faut aussi que les patients arrêtent d’être si soumis, et d’avaler n’importe quoi, il faut qu’ils apprennent à connaitre les effets secondaires de toute cette pharmacopée, qui longue comme le bras tuera à petit feu, il faut que chaque patient installe un dialogue avec un praticien débordé…

Il faut accepter que rien ne soit parfait, alors, Mille mercis à vous corps médical de m’avoir entendu, écouté et soigné. J’avance presque sans béquille, sans cane, j’ai la vie devant moi car je marche. MERCI, je peux retrouver ma femme et ma vie !

Georges Zeter/Juin 2022


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18 réactions à cet article    


  • leypanou 10 juin 19:42

    un tdc moinsseur est passé moinsser l’article.

    Merci pour le témoignage.


    • Joséphine Joséphine 10 juin 22:47

      @leypanou

      Pas grave, on va tous plusser l’article, ce témoignage est énorme et si révélateur de notre pays en déliquescence ! 


    • Rinbeau Rinbeau 10 juin 20:39

      j’ai également une hernie discale qui tracasse mon nerf sciatique, mais comme je ne veux pas être soigné à l’hôpital, j’ai décidé de me guérir tout seul !

      je me suis fait prêter tous les exercices servant à reloger la hernie ! Puis jogging bien dosé ! Travail avec les cuisses et position du dos bien verticale ETC....

      Et ça marche sans médicaments !


      • George L. ZETER George L. ZETER 10 juin 20:48

        @Rinbeau
        bonsoir, malheureusement pour moi, cette hernie était tellement handicapante que j’ai dû me faire opérer en urgence ; depuis deux mois ca a été des douleurs incessante, c’est pour cela que j’ai fait ce passage en forme car on me renvoyait systématiquement chez moi avec une ordonnance et rien n’évoluait


      • Joséphine Joséphine 10 juin 22:32

        C’est en lisant ce genre de témoignages qu’on comprend que la France est en train de se tiermondiser. 


        • George L. ZETER George L. ZETER 10 juin 22:35

          @Joséphine
          on est malheureusement de plein pied en ce tiers monde, le quart monde est proche...


        • Joséphine Joséphine 10 juin 22:45

          @George L. ZETER

          Je n’ai jamais mis les pieds dans un hôpital , je touche du bois et tâche de faire attention à moi. Cette médecine de l’horreur est inhumaine, c’est la « bétaillisation » des patients en quelque sorte. La surpopulation n’arrange rien, les infrastructures ne suivent pas .

          Dans ma ville il y’a plein de vieux timbrés qui vont aux urgences dès qu’ils font un pet de travers ! Les urgences sont remplies de gens qui ne devraient pas être là. Le principal c’est que vous allez bien aujourd’hui...avec la femme de votre vie ! 


        • Rincevent Rincevent 14 juin 15:07

          @Joséphine

          ‘’ Les urgences sont remplies de gens qui ne devraient pas être là’’ C’est UNE des causes du problème, ce qu’il est convenu d’appeler la bobologie. Jadis, ça se réglait avec son généraliste (qu’on appelait alors médecin de famille). Mais maintenant il se déplace un minimum et ferme son cabinet vers 18/19h (plus tôt que votre épicier…) Ce sera donc SOS Médecin si ça existe chez vous ou sinon, ben, les urgences…


        • voxa 11 juin 07:13

          J’ai vécu la même chose avec une colique néphrétique...

          En gros c’est un peu comme un accouchement, mais 10 ou 15 fois par jour....

          En plus, c’est Miction Impossible...


          Aux urgences ? 

          Morphine et retour à la maison...

          Re aux urgences le lendemain...

          On enlève le calcul ?

          Bien sûr que non. Je me réveille avec une sonde interne (JJ) insupportable.

          Sonde provisoire que je vais garder 3 mois... parce que sans scandale on ne m’aurait pas repris en charge avant 5, 6 ou 8 mois. Cela reculait sans cesse...

          parce que non seulement on continue de fermer des lits, non seulement 25 000

          hospitaliers sont virés faute de « vaxin » et aussi, cela personne n’en parle, il y a des grèves depuis plus de 6 mois....


          Bref, si vous votez Macron, priez... Priez... priez encore...

          Priez de toute votre âme en espérant que dieu existe et ne soit pas aussi un Young leader atlantiste de merde.


          ...


          • voxa 11 juin 07:18

            @voxa

            J’oubliais...
            420 euros de dépassement d’honoraires non négociables et payés d’avance.
            Non remboursé.

            Humour : le calcul est fait en urologie.

            Macron c’est cela aussi.


          • voxa 11 juin 07:21

            @voxa

            Humour : le calcul est vite fait en urologie.


          • I.A. 11 juin 13:56

            @voxa

            Oui, voxa, c’est exactement vers ça que nous allons, c’est exactement ce que veulent faire nos autorités étasuniennes, et c’est exactement ce que souhaitent la grande majorité des médecins hospitaliers aujourd’hui...

            L’hôpital public continuera à porter son nom, mais conventionné secteur 2 : une très grosse arnaque est à l’œuvre, et depuis un moment déjà en réalité.

            Merci à l’auteur pour son témoignage.


          • JohnLucket JohnLucket 11 juin 13:13

            Merci pour cet excellemment bien rédigé témoignage !


            • zygzornifle zygzornifle 12 juin 10:05

              Vous avez réélus Macron alors ne vous inquiétez pas il va tout arranger .....


              • George L. ZETER George L. ZETER 12 juin 12:22

                @zygzornifle
                « vous avez réelu macron » MOI, ce petit trouduc ! JAMAIS !!!


              • zygzornifle zygzornifle 12 juin 10:07

                Villani notre boss des maths va résoudre le calcul ....


                • zygzornifle zygzornifle 12 juin 10:10

                  On rentre a l’hôpital comme au commissariat, on ne sait pas ce qui va nous arriver et combien de temps cela va durer et on risque de souffrir dans les 2 cas ....

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