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Accueil du site > Tribune Libre > Ici Cuba, effondrement en cours…

Ici Cuba, effondrement en cours…

« Dans 10 ans, comme là bas, ici » Jacques Higelin (Paris New-York, New-York Paris)

L’intention première de ces quelques remarques n’est pas tant de désigner des responsables, mais plutôt de faire part d’observations sur les réactions d’une population et d’un état confrontés à un processus d’effondrement. Quelques similitudes peuvent être observées avec des comportements qui ne sont qu’embryonnaires dans nos sociétés dites développées…

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Un robinet qu’on tourne… et l’eau ne coule pas, un interrupteur qu’on actionne et la lumière ne vient pas, un autobus qu’on attend en vain… Ces situations font partie du quotidien depuis des années à Cuba.

Petit à petit, ces inconvénients se font plus nombreux, plus durables et gagnent de nouveaux secteurs, agriculture, santé, éducation…

Cette accumulation de problèmes amène à se poser la question : l’état est-il en train de faire défaut sur une grande partie des attributions qui sont les siennes ?

En d’autres termes, la situation actuelle de Cuba correspond-elle à la définition de l’effondrement donnée par Yves Cochet « le processus à l’issue duquel les besoins de base ne sont plus fournis à une majorité de la population par des services encadrés par la loi ».

Après s’être proclamé le laboratoire du socialisme, Cuba serait en train de devenir le laboratoire de l’effondrement ?

Depuis bientôt deux ans le tourisme, qui constituait la première source de devises du pays n’existe plus. La multiplication des pénuries rend chaque jour plus palpable cet état d’effondrement que prévoient les collapsologues pour l’humanité entière.

Quand sait-on qu’on est face à un effondrement ?

Des magasins qui n’ont plus rien à vendre, des heures de queue quand de l'huile ou du poulet sont annoncés, des maisons qui s’écroulent, ce sont des indices, mais ça ne suffit pas. Ce que l’on constate devant les étals vides est confirmé par les chiffres, la chute de la production agricole est spectaculaire : le sucre voit chaque année battre un nouveau record catastrophique : avec 1,3 million de tonnes, la récolte de 2020 n’atteint pas 15% de celle de 1970, soit un niveau inférieur à celui de 1905 !

Celle de l’aliment de base, le riz, est en chute libre : la production 2020 correspond à 50 % de celle de 1986. Le lait a quasiment disparu, la quantité de viande de porc produite dans les fermes d’état a diminué de 44 % entre 2020 et 2021…

Plus grave, l’indice qui avait mis Emmanuel Todd sur la piste de la fragilisation du système soviétique, la mortalité infantile, a progressé de 92 % entre 2018 et 2021 (source gouvernementale ici). C’est d’autant plus inquiétant que Fidel Castro avait fait de cet indice l’unique critère d’évaluation de la performance du système de santé, aussi bien à l’échelon local que national.

Bien sûr, le gouvernement a des explications pour chacun de ces déclins, le covid, l’embargo, la réforme monétaire, les pesanteurs bureaucratiques… Bien entendu, vu l’ampleur des dégâts, cela ne peut être causé que par l’action simultanée de nombreux facteurs négatifs.

Cette accumulation multi factorielle est justement une caractéristique de ce qui déclenche la bascule vers une situation d’effondrement. De plus chaque dégradation en entraîne une autre, moins d’énergie, c’est moins de production, donc moins de ressources, donc moins de moyens de financer la production d’énergie, donc, une spirale infernale difficile à arrêter.

Déjà, le système bancaire est incapable de fournir des devises étrangères au taux de change officiel, ce qui n’est pas anecdotique puisque une grande partie des produits de base, y compris alimentaires, est payable uniquement en devises.

Le change au marché noir est donc, avec les « remesas » (envoi d’argent de l’étranger), le seul moyen de se procurer les indispensables devises. Le gouvernement reconnaît pour 2021 un taux d’inflation de 70 %. Ce chiffre est bien en dessous de la réalité, puisque il se base sur la fiction d’un taux de change officiel presque quatre fois plus avantageux que celui pratiqué au quotidien.

 

Quand tout s’effondre… on se dit que ça ira mieux ailleurs… ou demain… ou même hier.

Affronter une catastrophe ponctuelle et massive, cyclone, tremblement de terre, est sûrement plus simple que de réagir à un délitement progressif et généralisé du cadre de vie.

La première solution à laquelle pensent les cubains est l’exil. A l’heure actuelle il y a des queues interminables devant les compagnies aériennes des pays qui acceptent les citoyens cubains, tel le Nicaragua, « pays frère » qui a l’avantage de n’être qu’à quelques frontières terrestres du « paradis » états unien. Le gouvernement encourage cet exode, y voyant à la fois le moyen de se débarrasser des citoyens les plus remuants et celui d’accroître le nombre d’exilés envoyant de l’argent à leur famille restée au pays.

Ceux qui décident de quitter le pays aujourd’hui ont longtemps résisté à l’appel de l’étranger, ils ont parfois tenté de démarrer de petites entreprises lors de la période de rapprochement initiée par Obama et Raul Castro, mais devant l’accélération de la dégradation et l’absence de perspectives, ils ont fini par se résoudre au départ.

Souvent, ils vendent leur maison pour financer leur voyage et le démarrage de leur nouvelle vie. Comme ils sont plus jeunes, plus actifs et plus diplômés que la moyenne, cela crée de nouveaux déficits et Cuba est en train de devenir le pays le plus âgé d’Amérique Latine.

Ce vieillissement de la population est intégré dans le discours triomphaliste du gouvernement qui y voit une preuve de plus de l’efficacité du système de santé national.

Il faut bien se mettre à la place des travailleurs de l’information sommés de trouver des titres positifs dans une période où tout va mal. Dans la même lignée, soir après soir, les informations continuent de montrer des assemblées studieuses de dirigeants, des ministres qui visitent des centres de travail qui connaissent d’excellents résultats, des contacts prometteurs avec de futurs investisseurs étrangers…

Si la télévision n’informe guère sur l’état du pays, elle permet de mesurer à quel point ceux qui le dirigent vivent dans un univers parallèle. Le journal télévisé répète à l’infini un mantra démenti par toute confrontation avec le monde réel : tout va bien, tout ira bien.

En plus d’un hypothétique futur radieux, on y invoque aussi un passé glorieux. Dans ce pays friand de commémorations et d’inaugurations, on ne compte plus les occasions de mettre en avant l’histoire et ses héros disparus, au premier rang desquels on trouve Fidel. 

Trois exemples très récents : un grand centre entièrement à la gloire du Comandante à la Havane

L’érection d’un bras en béton de 5 mètres de haut dans la ville de Cienfuegos

Et une oeuvre montrant Fidel en superman combattant les cyclones

Le mot d'ordre principal du parti au pouvoir est "Continuidad", on ne promet plus rien pour l'avenir, on se contente d'affirmer que la légitimité du pouvoir actuel provient d'une "continuité" avec les dirigeants passés. 

La réaction du gouvernement : surtout ne rien changer

De la même façon qu’un conducteur appuie sur l’accélérateur quand son véhicule s’enlise, le gouvernement cubain ne modifie en rien ses pratiques de toujours pour tenter de remettre le pays sur pied. Il multiplie les mesures et les structures, les réunions et les projets… et tout cela sans le moindre résultat.

Un exemple concret, le plan intitulé « 63 mesures pour dynamiser l’agriculture » en vigueur depuis avril 2021 n’a pas réussi à enrayer le recul de la production. Si vous comprenez l’espagnol, et que vous avez suivi l’option « teque » (langue de bois cubaine) voici un compte rendu assez éclairant sur la mise en oeuvre de ces mesures.

Cet extrait est relatif à la distribution de terres en usufruit à ceux qui en ont fait la demande afin de pouvoir mettre en production des parcelles non cultivées.

El ministro dijo que se han radicado 50 726 solicitudes, aunque persiste la dilación en el cumplimiento de los términos establecidos para el proceso y la resistencia de quienes administran y gestionan la tierra para su entrega en usufructo. 

Traduction : Le ministre a dit que 50 726 demandes ont été formulées, bien que persistent le retard à se conformer aux délais établis pour le processus et la résistance de ceux qui administrent et gèrent la terre pour sa distribution en usufruit.

Interprétation : Cela signifie qu’à la date du 20 décembre la distribution de terres applicable depuis avril n’a pas réellement démarré, les termes employés permettent de supposer que les blocages administratifs sont imputables à une bureaucratie qui malgré l’urgence alimentaire attend toujours des dessous de table pour faire avancer les dossiers.

Bien qu’il n’y ait pas de solution miracle, on ne sent aucune volonté de faire évoluer un appareil d’état momifié. Chacun à son niveau continue d’agir comme hier, en pleine conformité avec un carcan idéologique inamovible, seule clef d’une carrière sans remous. Cette sélection des responsables en fonction de leur aptitude à la soumission et à la conformité est un excellent moyen de transformer de simples échecs en catastrophes majeures.

Quand le navire tangue, on se cramponne à ce qui semble solide et ceux qui détiennent un peu de pouvoir, ici comme ailleurs, font de leur maintien aux postes de contrôle une priorité absolue, bien avant la défense de l’intérêt commun.

 

Trafics et délinquance en plein essor

Dans un contexte de pénuries généralisées, la solidarité se limite à des cercles très restreints. On s’entraide toujours à Cuba, mais seulement à l’intérieur d’une famille, d’un groupe d’amis ou entre voisins… Les comportements antisociaux se multiplient, ainsi, dès qu’un produit apparaît dans les magasins, qu’il s’agisse de lait en poudre ou de machines à laver, des acheteurs se dépêchent d’acquérir tout le stock disponible qui se retrouve ensuite en vente sur internet à un tarif bien supérieur.

 

Dans ce pays qui se vantait d’être l’un des plus sûrs du monde, les vols se multiplient. Vols de téléphones ou de scooters électriques, mais on dérobe aussi les légumes dans les potagers ou le linge mis à sécher. Pour l’instant, c’est plus la ruse que la violence qui est utilisée.

Le gouvernement se concentre sur la communication et la répression

Quand on ne peut satisfaire les besoins de la population, on essaie de lui faire croire que ça ne va pas si mal et si la communication ne suffit pas, la répression étouffe toute tentative de protestation. 

La descente économique du pays va de pair avec une croissance de la répression judiciaire et policière, avec une spécialité locale qui refait surface, « los actos de repudio » : le harcèlement des « mauvais » citoyens par les « bons ». A savoir des rassemblements hostiles et bruyants devant les domiciles des dissidents trop actifs.

En France, on n'en est pas à organiser ce genre d'activités devant les domiciles des non vaccinés ou des wokistes islamo-gauchistes, mais le macronisme inaugure une nouvelle ère dans la gestion du pays par une communication qui s'apparente plus à de la propagande qu'à de l'information ainsi que par le franchissement de nouveaux paliers dans le domaine de la répression.

Quand va survenir la prochaine crise, économique, financière, monétaire, environnementale, énergétique... il est fort probable que nous assistions dans de nombreux pays aux mêmes dérives : l'abandon de toute apparence démocratique, l'exacerbation du chacun pour soi, une désagrégation sociale accrue, une désignation permanente d'ennemis intérieurs et extérieurs... Le bonheur est en marche !

 

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50 réactions à cet article    


  • armand 21 janvier 10:58

    Bien de ces aspects pourraient l’etre en Europe aussi.


    • CN46400 CN46400 21 janvier 11:34

      Depuis 1959, Cuba s’effondre, mais au fait, pourquoi les USA ont tenté de l’empêcher d’acheter des seringues pour vacciner sa population avec ses vaccins ?


      • ticotico ticotico 21 janvier 11:46

        @CN46400

        Peut-être qu’ils ont tenté, mais ça n’a pas marché.
        Les USA, c’est assez vaste, il n’y a pas que des monstres impérialistes dans ce pays, on y trouve aussi des gens qui ont envoyé des seringues à Cuba, 6 millions d’unités à fin juin 2021...

        https://es.euronews.com/2021/07/23/cuba-disturbios-eeuu-donacion


      • CN46400 CN46400 21 janvier 12:56

        @ticotico
        Ah bon, il y aurait aussi de braves types aux USA ? bien sûr, mais ce n’est pas eux qui commandent.....


      • Spartacus Lequidam Spartacus Lequidam 21 janvier 13:44

        @CN46400
        La tartufferie de l’épouvantail US permanent.
        Cuba n’a jamais manqué de partenaires autres que le gouvernement US.

        Par contre c’est la limitation des transferts des exilés et chassés de Floride au pays capitaliste qui faisait depuis des années survivait.

        La pseudo réussite du communisme, cachait l’apport pharaonique de 25% de la population chassée par le communisme qui soutenait encore sa famille restée sous la tyrannie.


      • voxa 21 janvier 15:42

        @Spartacus Lequidam

        Et, en français correct, que donne, de compréhensible, votre malveillance maladive ?


      • sylvain sylvain 21 janvier 16:55

        @voxa
        il y a une explication rationelle un peu plus bas .Spartacus a eu beaucoup de malheurs dans sa vie, sa femme est partie avec fidel, qui avait « un plus gros cigare » selon ses propres termes .Il n’a pas supporté et hante les réseaux sociaux a la recherche du dernier communiste .


      • Fanny 21 janvier 19:24

        @sylvain

        Mais non, c’est pas ça du tout, c’est la femme à Kouchner et à Duhamel qui était partie avec Fidel. C’est d’ailleurs grâce à ça que Kouchner est devenu MAE. Si elle était partie avec Mao ou Gandhi (grands amateurs de belles jeunes femmes, de préférence très jeunes), Kouchner serait devenu Président !

        Mais quelle famille que ces Pisier, deux sœurs et un frère. Une actrice admirable (Marie-France), une amante au sommet (Evelyne), un membre de l’Académie des Sciences en maths (Gilles : lycée Buffon, Louis Le Grand, Polytechnique, Académie des Sciences).

        Mon abonnement à Voici, c’est pas pour rien. Faut suivre.


      • voxa 21 janvier 11:39

        Aaucun organisme ne peut survivre dans un environnement totalement hostile.


        • CN46400 CN46400 21 janvier 11:47

          D’après les gazette un labo français serait susceptible de proposer à l’été un vaccin spray nasal anti-covid. Les chercheurs cubains qui étaient sur cette piste l’an passé, ont dû l’abandonner pour se concentrer contre la pandémie avec des vaccins plus traditionnels. Cela veut dire qu’on travaille aussi à Cuba....


          • Spartacus Lequidam Spartacus Lequidam 21 janvier 13:49

            @CN46400
            La grande tartufferie de la santé à Cuba.
            Non, les années de soi disant "espérance de vie cachaient une méthode de calcul qui ne déclarait pas les naissances des bébés morts avant 18 mois.

            Maintenant que les normes mondiales sont uniformisées, chacun a compris que l’espérance de vie vantée par les Cubains pendant des années n’étaient que supercherie que des coco-bobos bienheureux dans les pays occidentaux comme toi et utopistes du fantasme du bien être communiste se chargeaient de rapporter, même si c’était pas crédible comme cette farce de vaccin Cubain.


          • CN46400 CN46400 21 janvier 14:53

            @Spartacus Lequidam
            La preuve qu’on meurt à Cuba, c’est Fidel et bientôt Raoul, mais coté covid çà va plutôt bien, merci....


          • voxa 21 janvier 15:43

            @Spartacus Lequidam

            Je crois que j’ai compris...
            Votre femme est partie avec un coco ?


          • sylvain sylvain 21 janvier 16:46

            @voxa
            elle lui envoie des cartes postales de cuba de temps en temps .Comme quoi tous les cocos sont vicieux .


          • wagos wagos 21 janvier 11:56

            Grande est ma tristesse , snif...comment cette perle de l’Atlantique, paradis du prolétaire, havre de bonheur et de paix ...a pu sombrer dans la décrépitude ??? 

            Ces gens heureux et insouciants, un puros aux lèvres, nimbés de musique typique....Mambo et Chachacha.....vies de plaisir où tout était gratuit !! le bonheur rayonnait sous l’oeil bienveillant du grand Fidel Castro.....un Castrorama presque ! 

            Et ces odeurs merveilleuses dans les ruelles où les gens vivaient dans une félicité à rendre jaloux un touriste qui se demandait si par hasard il ne pourrait pas être demandeur d’asile....

            Ces voitures vintage, Studebaker et DeSoto des années 50 ....ces filles magnifiques aux courbes divines ....un Nirvana permanent.....

            Une police bienveillante et bon enfant....et ce soleil, ces plages de sable blanc....le Communisme , le vrai, ni riches ni pauvres, ce linge étendu au soleil comme en Italie , ses mioches morveux mais adorables qui couraient dans les décharges publiques ...

            Un paradis qu’on vous dit !!! 

            Même que Fabien Roussel chez nous, veut nous plonger dans cette sublime ambiance ! 

            Quand le vernis craque , la réalité apparait ....


            • sylvain sylvain 21 janvier 16:51

              @wagos
              en fait ça donne vraiment envie, surtout en hiver ...
              Et puis bon, les gamins qui courent dans les décharges, les pays capitalistes en ont plus que leur lot .Ce sont les pays de production évidemment, ou plutot les zones, puisque le concept de pays n’a plus grand sens dans l’empire, pas les pays de consommation.


            • Xenozoid Xenozoid 21 janvier 16:57

              @sylvain

              l’obscure communeauté internationale, qui bloque tout les amendement concernant la levée du blocus economique de cuba,on imagine la bretagne sous les algues vertes demandé de l’aide a l’amoco cadiz


            • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 21 janvier 18:06

              @wagos

              Et si une des grandes causes de la crise actuelle à Cuba était justement la réintégration dans Cuba, par les dirigeants actuels, d’une bonne dose de capitalisme.
              En fait, un capitalisme « à la cubaine » a été restauré.
              La vérité est que les travailleurs gagnent des salaires misérables de 15 dollars par mois, en étant exploités par les transnationales ou par le gouvernement par le biais de coentreprises avec le capital privé.
              Les dirigeants du parti communiste cubain, les militaires, les fonctionnaires du régime et la nouvelle bourgeoisie vivent avec un grand luxe et des privilèges, avec l’accès aux dollars et aux magasins de monnaie convertible libre (MLC), où ils achètent même des produits importés.
              Le vrai grand problème à Cuba est le réveil de la combativité des cubains qui ne veulent plus de ce régime qui cumulent tous les inconvénients. Le peuple cubain a à la fois le malheur de subir un retour au capitalisme et en même temps le malheur d’avoir une énorme bureaucratie parasitaire de privilégiés héritée de la période où Castro copinait avec le Kremlin. Dans ces conditions le régime ne peut se maintenir qu’en renforçant son aspect dictatorial. Les forces de répression déployées pour interdire la manifestation de novembre dépassent tout ce que les cubains ont jamais pu voir. De ce point de vue, ils ont pleinement conscience que le régime actuel est pire que celui de Batista. Mais, malgré cela de multiples signes montrent que les cubains cherchent la voie de la résistance. Il devient possible d’organiser la résistance malgré la répression.


            • Xenozoid Xenozoid 21 janvier 18:13

              @Jean Dugenêt
              A person making $15 an hour would make about $31,200 per year for working 40 hours. $15 an hour breaks down to : $120 per day ($15 x 8-hour workday) $600 per week ($15 x 40-hour week)


            • ticotico ticotico 21 janvier 18:41

              @Jean Dugenêt

              Bonjour, je vois qu’il y en a qui suivent... Un capitalisme militaire déguisé en démocratie populaire est l’une des définitions les plus exactes de ce qu’est devenu Cuba. 
              Sur les prochains développements, il est assez difficile de se prononcer. Les dirigeants (les vrais, les militaires et la famille Castro, pas les pantins du gouvernement) continuent de croire à un retour à la normale et poursuivent la construction d’hôtels de luxe dans un pays où tout s’écroule... 

              Le redémarrage du tourisme à Cuba se passe assez mal, les infrastructures inutilisées pendant 2 ans ont de sérieux problèmes de maintenance, les faibles ressources alimentaires compliquent aussi la situation. La crise financière à venir ainsi que lessivage en cours des classes moyennes partout dans le monde laisse planer de gros doutes sur une récupération des revenus de la filière.

              Sur la révolte populaire, il y a bien quelques signes épars de rébellion, des graffiti qui apparaissent ça et là, mais les techniques de répression sont assez efficaces. La plupart des dissidents qui arrivent à se faire connaître se trouvent assez vite confrontés à un choix compliqué : une lourde peine de prison ou l’exil.

              Donc, comme cela est souvent arrivé dans des régimes qui ont perdu de vue l’intérêt commun du pays, un clan « réformiste » (ou putschiste, ça dépend d’où on regarde) peut voir le jour dans les sphères dirigeantes. A Cuba, c’est arrivé dans les années 80, avec l’épisode Ochoa, un général qui avait organisé une faction dont le but était de prendre la place de Fidel, Ochoa et quelques autres ont été fusillés...


            • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 21 janvier 22:58

              @Xenozoid
              Je vous rassure : je parle couramment le français. Il n’est ps nécessaire de vous donner tant de mal.
              Par ailleurs, j’ai parlé de salaires de 15$ par mois et non pas de 15$ de l’heure


            • Xenozoid Xenozoid 22 janvier 16:38

              @Jean Dugenêt
              je sais que tu parle de mois, je mêttait juste en avant la lutte que les américains doivent faire pour vivre décement en capitalism usa.(avec 15 dollards par heures)...tu n’as d’ailleur vu que ce que tu voulais y voir merci pour ta lecture

              une blague que tu connais

              Un petit garçon demande à son père : « Papa, qu’est-ce que la politique ? »
              Papa dit :

              « Eh bien mon fils, laisse-moi essayer de l’expliquer de cette façon : je suis le soutien de la famille, alors appelle-moi Capitalisme. Ta mère, elle est l’administrateur de l’argent, alors nous l’appellerons le gouvernement. Nous sommes ici pour répondre à tes besoins, alors nous vous appellerons le Peuple. La nounou, nous la considérerons comme la classe ouvrière. Et ton petit frère, nous l’appellerons le futur. Maintenant, pense à ça et voit si cela a du sens. »

              Alors le petit garçon va se coucher en pensant à ce que le pere a dit. Plus tard dans la nuit, il entend son petit frère pleurer, alors il se lève pour le surveiller. Il constate que le bébé a gravement souillé sa couche. Le petit garçon se rend dans la chambre de ses parents et trouve sa mère profondément endormie. Ne voulant pas la réveiller, il se rend dans la chambre de la nounou. Trouvant la porte verrouillée, il jette un coup d’œil dans le trou de la serrure et voit son père se taper la nounou. Il abandonne et se recouche.

              Le lendemain matin, le petit garçon dit à son père :

              « Papa, je pense que je comprends maintenant le concept de politique. »

              Le père dit : « Bien, mon fils, dis-moi avec tes propres mots ce que tu penses de la politique. »

              Le petit garçon répond : « Eh bien, pendant que le capitalisme baise la classe ouvrière, le gouvernement est profondément endormi, le peuple est ignoré et l’avenir est dans la merde profonde. »


            • simir simir 24 janvier 10:17

              @Jean Dugenêt
              Toute la splendeur des trotskystes : hier alliés objectifs d’hitler (voir le livre Le vol de Piatakov aux éditions Delga ) aujourd’hui alliés objectifs de l’impérialisme.


            • sylvain sylvain 21 janvier 16:44

              Ouai .Chez nous les étals sont toujours pleins mais plus personne peut s’acheter ce qu’il y a dessus .Pendant ce temps là nos milliardaires naviguent sur leur vega yatch .La force de l’occident, c’est le fantasme.


              • sylvain sylvain 21 janvier 16:59

                Je ne sais pas si les infos de cet article sont exacts, mais si c’est le cas il est triste que ce petit pays qui a tant bien que mal résisté a plus de 40 ans d’embargo, en développant malgrès tout une agriculture et une médecine exemplaires, soit en train de craquer.

                Un état d’esprit de mobolisation générale, ou d’union sacré, me semble indispensable pour tenir dans ces conditions .C’est difficile a tenir sur le long terme


                • CN46400 CN46400 21 janvier 18:01

                  @sylvain
                  « ce petit pays qui a tant bien que mal résisté a plus de 40 ans d’embargo »
                  2022-1960= 62 ans !!!


                • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 21 janvier 18:14

                  @CN46400

                  Pour aider le peuple cubain actuellement, il faut se prononcer pour la libération de tous les prisonniers politiques, la garantie totale de la liberté d’expression, de réunion, d’organisation et de manifestation, la fin de tous les actes de dénonciation contre les opposants au régime.


                • ticotico ticotico 21 janvier 18:55

                  @sylvain

                  Oui, les infos sont exactes, mais la réalité peut être pire que celle décrite ici, en effet les chiffres que j’ai trouvé proviennent de sources gouvernementales, ce qui n’est pas un gage de fiabilité dans ce pays.
                  La médecine cubaine reste quasiment le seul atout majeur du pays, le système de formation a jusqu’ici résisté à la corruption, ce qui garantit le maintien du niveau de professionnalisme du secteur. Pendant l’épisode covid, le système a été débordé dans certaines provinces bien plus qu’ailleurs. J’ai eu des témoignages directs de gens ayant vu mourir bon nombre de leurs voisins suite au retard de la vaccination et à l’absence totale de médicaments (même plus de Doliprane ni d’aspirine).

                  D’ailleurs la notion de refus de la vaccination est totalement incompréhensible pour un cubain. Ils ont vu la différence entre les zones vaccinées et non vaccinées dans leur pays.

                  Sinon, pour l’agriculture « exemplaire », il s’agit d’une merveilleuse réussite dans le domaine de la propagande. Un bon tiers des terres agricoles est à l’abandon, envahi de plantes parasites, le pilotage de l’agriculture par une bureaucratie inepte est catastrophique. 


                • L'apostilleur L’apostilleur 21 janvier 20:42

                  @Jean Dugenêt
                  « ...il faut se prononcer pour la libération de tous les prisonniers politiques, la garantie totale de la liberté d’expression, de réunion, d’organisation et de manifestation... »

                  Vu d’ici on ne peut que penser comme vous.
                  Si vous séjournez à Cuba vous retrouverez l’ambiance bien décrite par wagos plus haut (avant covid) et alors on ne peut que se demander ce que ce supplément de démocratie apporterait à ce peuple à la joie de vivre débordante avec ses étudiants qui se retrouvent pour la bourse aux livres dans la citadelle El Morro à la Havane avant de retrouver les ruelles ennivrées de musique...
                  Si vous poursuivez l’arc des îles caraïbes non colonisées alors vous ne pouvez que vous questionner tant ces autres îles sont misèrables et dangereuses. 
                  Lorsque Cuba sera americanisée, IBM, FORD... ne viendront pas installer leurs usines. Les capitaux étrangers accapareront les sites, les hôtels... 
                  Ceux qui ont été chassés par la révolution du peuple de Castro et du Ché auront finalement gagné.
                  Cuba mérite qu’on y réfléchisse à deux fois avant de dire ce qui serait le mieux pour eux .


                • ticotico ticotico 22 janvier 00:33

                  @L’apostilleur

                  Lorsque Cuba sera americanisée, les capitaux étrangers accapareront les sites, les hôtels... 

                  Si cette déplorable option devait se réaliser, ça ne changerait rien pour le cubain de base, tous les beaux hôtels installés dans des sites magnifiques leur sont inaccessibles aujourd’hui et les capitaux étrangers (espagnols en premier) sont très présents.


                • CN46400 CN46400 22 janvier 07:42

                  @ticotico
                  Par contre les palaces de la Côte d’Azur sont constamment envahis par les SDF et les prolos français....


                • L'apostilleur L’apostilleur 22 janvier 10:01

                  @ticotico
                  « cette déplorable option devait se réaliser, ça ne changerait rien pour le cubain de base... »
                  Tous les investisseurs ne sont pas prêts à partager la propriété de leurs hôtels avec le gouvernement cubain ni à accepter les conditions d’exploitation avec l’obligation d’employer des cubains.
                  Par ailleurs les scientifiques de Floride viennent à Cuba étudier les fonds marins préservés que les américains ont détruits.

                  Vous avez raison l’accès aux cayos leur est interdit, c’est déplorable. 


                • CN46400 CN46400 22 janvier 10:35

                  @ticotico
                  Par contre, en France, tout le monde sait qu’à Mulhouse, en 2020, il n’y a pas eu de « cluster »....


                • ticotico ticotico 22 janvier 14:51

                  @L’apostilleur

                  Cuba mérite qu’on y réfléchisse à deux fois avant de dire ce qui serait le mieux pour eux .

                  D’accord, mais on sait au moins qu’il y a deux voies qui sont à éviter.
                  Les USA ont amplement démontré qu’ils n’agissaient jamais pour le bien des peuples dans les pays où ils interviennent, et de son côté, le dinosaure post-castriste est dans l’incapacité absolue d’imaginer la moindre évolution positive.

                  Ceux qui contrôlent l’île aujourd’hui portent une lourde responsabilité. Leur acharnement à essayer de faire croire qu’un rêve tout rouillé est une réalité radieuse donne des arguments aux partisans d’un retour des USA.

                  Si au moins ils faisaient quelques efforts... mais non, l’immobilité absolue. 

                  A part ça, voici un bon instantané de l’ambiance actuelle à Cuba où le désir de faire la fête n’est jamais enfoui très profondément. Dans ce clip mis en ligne hier il y a jeunesse danse et musique, mais aussi quelques images d’un peuple masqué (c’est toujours obligatoire) et passablement hébété et déprimé.


                • QAmonBra QAmonBra 21 janvier 17:13

                  Vu l’époque surprenante que nous vivons, dans la course à l’effondrement entre Cuba, les U$A et nombre de pays, y compris le nôtre, je ne parierais pas sur la nation de la salsa, ni même qu’elle puisse monter sur le podium !

                  Bon je dis ça mais c’est comme si j’avais rien dis. . .


                  • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 21 janvier 18:12

                    @QAmonBra
                    L’avenir de Cuba est lié à l’avenir de toute l’Amérique Latine. Or, ne nombreux signes montrent que l’impérialisme US est actuellement mis à mal sur ce continent. Il n’arrive pas à exercer sa domination autant qu’il le voudrait. Au Chili son candidat a été battu aux élections. Des droits ont été arrachés notamment le droit à l’avortement pour les femmes dans plusieurs pays dont l’Argentine où les trotskystes sont maintenant la troisième force politique...


                  • Fanny 21 janvier 20:30

                    l’Argentine où les trotskystes sont maintenant la troisième force politique...


                    Pas évident que ce soit de bon augure pour le pays.

                    Nos trotscards à nous, ceux embauchés par Mitterrand, les Jospin, Mélenchon ... n’ont pas spécialement éclairé, renforcé ni enrichi notre pays.


                    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 21 janvier 22:51

                      @Fanny
                      Quand je parle des trotskystes d’Argentine, il n’y a aucune comparaison possible avec les Jospin, Mélenchon, Cambadélis... qui n’ont rien à voir avec le trotskisme même s’ils sont passés à l’école chez Lambert.


                    • Fanny 21 janvier 20:44

                      A un jet de pierre, il y a pire : Haïti.

                      Infiniment triste que ces îles au climat agréable et favorable sombrent dans une quasi misère.

                      Les difficultés de Cuba, on peut les mettre sur le compte d’une dictature militaro-bureaucratique enkystée. Mais Haïti et d’autres ?


                      • titi titi 21 janvier 22:54

                        @Fanny

                        Quand on pense qu’en 1763 la France a préféré abandonner le Canada aux anglais, pour conserver Haïti, la Guadeloupe, les Antilles, ça laisse songeur.


                      • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 22 janvier 14:42

                        @Fanny
                        Haïti

                        c’est le régne du capitalisme tel qu’il est promis à tous si nous ne faisons pas de révolution... Finalement, le peuple cubain avait ouvert la voie mais il s’est arrêté en cours de route.


                      • titi titi 21 janvier 22:52

                        Le système cubain n’a jamais été viable.

                        Le château de cartes ne tenait que parce que l’URSS maintenait le pays à flot en achetant le sucre local a des prix qui n’avaient rien à voir avec la réalité.

                        En 2014, Poutine a encore une fois sauver les meubles en annulant une grande partie de la dette.

                        Mais le fruit est pourri.


                        • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 22 janvier 14:40

                          @titi
                          Il y a deux solutions à la suite d’une révolution : ou bien elle s’étend ou elle recule jusqu’à disparaître. Le rêve de Staline : « construire le socialisme dans un seul pays » ne se fera jamais. Une révolution ne peut pas stagner. Dans un monde dominé par le capitalisme les lois du marché interdisent l’existence d’un ilot de socialisme. Che Guevara a tenté d’étendre la révolution mais sa méthode ne pouvait pas fonctionner. Il avait contribué a diffusé une version mystifiée de la révolution cubaine. Il croyait à cette version mystifiée de la révolution et il a pensé qu’il pouvait ainsi la reproduire : il suffisait qu’un groupe de guérilleros décidés débarque dans un pays pour qu’une révolution enflamme ce pays.

                          Il était possible d’étendre la révolution en Amérique Latine et c’est encore possible mais il faut pour cela un parti mondial de la révolution avec une organisation latino-américaine telle que le SLATO qu’avait prévu Nahuel Moreno.


                        • titi titi 22 janvier 15:30

                          @Jean Dugenêt

                          La révolution c’est une chimère. C’est un avatar du culte du cargo.

                          Le capitalisme partage mal, mais sans capitalisme, il n’y a rien à partager.


                        • pipiou2 22 janvier 14:59

                          L’effondrement du Communisme ça fait des décennies que ça dure, ce n’est pas spécialement un « modèle ».

                          Ce qui est étonnant c’est qu’il y ait encore en France des communistes qui ne se sont toujours pas effondrés !


                          • phan 22 janvier 18:14
                            L’espérance de vie des Américains s’est réduite de près de deux ans en 2020 par rapport à 2019, pour s’établir à 77 ans.
                            A Cuba, il n’est pas rare de croiser un centenaire. Ils sont même plutôt nombreux sur l’île, qui affiche une espérance de vie de 79,5 ans. Une longévité digne d’un pays riche qui intrigue les experts, alors que le salaire public moyen n’y est que de 30 dollars par mois.
                            Pour le Covid-19 : Les Cas, les morts et la vaccination.

                            • ticotico ticotico 22 janvier 18:52

                              @phan

                              Une longévité digne d’un pays riche qui intrigue les experts

                              Pas très surprenant, ça vient avant tout de l’alimentation et du système de santé. Un cubain a peu de chances de manger des hamburgers plusieurs fois par semaine ou de se voir prescrire du fentanyl par un médecin sous influence des labos... 


                            • phan 22 janvier 23:16

                              @ticotico
                              Les Yankees n’ont qu’à s’auto-appliquer d’un embargo pour vivre pauvre plus longtemps et mourir riches comme les Cubains.


                            • I.A. 23 janvier 18:44

                              Ce texte d’une grande perspicacité est à lire et à relire par tous les « intégristes de la religion Covidienne » ; tous les dubitatifs qui répondent encore « Mheu-nan, c’est provisoire ! » après 2 ans de tyrannie sanitaire ; tous les « préservés et privilégiés d’aujourd’hui » .

                              Le temps passe, l’effondrement sera lent et insidieusement nocif — pour tous.

                              Dans ce contexte, la référence à Higelin est pertinente : « Dans 10 ans, comme là bas, ici ».


                              • ticotico ticotico 24 janvier 09:10

                                @I.A.

                                Merci pour ce commentaire, s’il était arrivé plus tôt, on aurait pu débattre sur le coeur du sujet et pas sur sa périphérie. 

                                Si l’effondrement à Cuba est causé par l’incompétence et l’absence de vision, on peut se demander si les orientations qui commencent à être visibles aujourd’hui en Europe ne sont pas motivées par cette perspective d’effondrement.

                                Lors de ses dernières semaines à Matignon, Edouard Philippe a fait référence à plusieurs reprises à « l’écroulement », il aimait également citer le livre « effondrement ».

                                Est-ce que cette approche « réaliste » a fait partie des raisons qui ont provoqué son départ anticipé ? En gros, les stratégies actuelles de dressage et de soumission sont-elles une préparation à un effondrement que les élites savent inévitable tout en refusant de rendre explicite cette conscience de la chute ?

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