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Accueil du site > Tribune Libre > Ils veulent tuer la littérature !

Ils veulent tuer la littérature !

Dans son ensemble et à quelques exceptions près, la littérature française mise en avant par les anciennes grandes maisons d’édition (anciennes grandes dans le sens : elles n’ont plus de grandes que le nom) est devenue grâce à sa seigneurie BHL (un piètre écrivain et une imposture philosophique) un repaire de bourgeois ego centrés sans imagination aucune, seulement capables tout en se gorgeant de mots prétentieux de parler d’eux, de leurs ex, de leurs racines, de leur tribu, quartier, région et états d’âmes. On s’en fout nénette que tu te sois fait violer par ton père, va voir un psy et tais-toi, ou contente toi de faire ton hystéro chez Ruquier !

Rien sur cette époque, rien sur ces gueux qu’ils méprisent, rien sur la France, rien qu’eux et eux seuls s écoutant écrire avec pompe et rêvant de faire la une et de passer pérorer avec des poses de duchesse à la téloche. Des prétentieux : voilà ce que c’est, et inintéressants au possible, pas étonnant que leurs pensums se vendent si mal et que les gens ne lisent plus.

Le pire c’est leur incapacité à inventer une histoire, je veux dire une vraie, pas une pâle copie de leurs pâles vies. Une intrigue qui entraine et traduise quelque chose, une vision, une émotion, quelque chose de ample qui fasse rêver ou qui fasse voyager. Avec eux c’est le réel chiant tout le temps, avec des phrases à n en plus finir qui ne traduisent que des états d’âme de nantis.

En 2004 Gallimard, oui, l’éditeur de Marcel Proust, se fit remarquer en sortant en grande pompe (c’est le cas de le dire …) Rose Bonbon, un infect et criminel opuscule écrit par un authentique malade : une incitation pure et simple à la pédophilie. Ce jour-là fut un symbole. Pauvre Marcel !

On avait Gide, Malraux, Mauriac, les deux Marguerite, Sartre et Camus, Maurois, Vercors, tant d’autres. On se retrouve avec Angot, Noelle Chatelet et Schmidt. A côté de ça pas la peine de taper sur Levy ou Nothomb, eux ne concourent pas au Goncourt et ne pavanent pas, ils produisent et sont lus, pas ma came mais pas de mépris. Ce sont les paons que je mets à la poubelle, ces citadins bobo de gauche et de droite, ces bourgeoises qui feuillètent BIBA et font leurs chochottes en nous parlant de littérature féminine. Mais relisez Jane Austen, Virginia Woolf, Edith Wharton, Duras ou George Sand ! Jamais vos petits opuscules écrits en police de caractère pour presbytes ne leur arriveront à la cheville ! C’est tout bonnement insignifiant comme vous, et tellement prétentieux.

Lisez Houellebecq (ce soi-disant misanthrope, authentique humaniste décrivant les cancers de notre monde finissant) ou Virginie Despentes (cette géniale autodidacte qui dans Vernon Subutex solde 30 ans d’échecs et d égoïsmes sociétaux) si vous voulez lire de la littérature non seulement engagée mais de la littérature tout court. Allez jeter un œil chez les auteurs de SF, chez les petits éditeurs, vers la poésie ou la BD, ici ce ne sont pas les médiocres qui sont mis en avant. BHL a achevé philo et lettres ou du moins a tenté le coup, résultat les gens lisent leurs écrans et les bouquins finissent par centaines au rebut.

Triste… Que d’immenses auteurs avons-nous eu ! Il en existe encore et tant, mais conservés inconnus pour la plupart, censurés via les comités de piston (qui font éditer n’importe quel scribouillard de la presse des milliardaires sans même le relire) par une clique de pédants sans talents autres que celui de l’autopromotion. Ils finiront tous là où ils n’auraient jamais dû partir : dans le fossé de l’insignifiance.


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9 réactions à cet article    


  • eddofr eddofr 20 octobre 16:56

    Bonjour,


    Bon c’est noté, t’as grave les boules.

    Ceci étant, je ne me rends pas bien compte.

    Ou plutôt si, je me rends compte ...

    Que je n’ai pas ouvert un livre écrit en Français depuis bientôt cinq ans.

    Donc, je suis un peu forcé de te croire sur parole.

    Ce qui est sur, c’est qu’il donnent pas envie leurs livres. Ou en tout cas, pas à moi.

    • JL JL 20 octobre 18:24

      @eddofr, bonjour
       
      ’’ils donnent pas envie leurs livres’’
       
      Vous savez que les livres, ça ne s’achète pas au rayon-frais ?


    • Franck Einstein Franck Einstein 20 octobre 23:09

      Décadence où « grand remplacement crétinique »
      Luchini lit Céline
      Sinon pour les progressistes il y a Garrido l’intellectuelle chez Ardisson qui parle des « sugar babies » (du français moderne)
      Houellebecq est bon sociologue mais pas un grand écrivain, mais « l’extension du domaine de la lutte » est très marrant pour qui a été informaticien.... De toute façon le QI est en chute libre on le sait même sur AgoraVox... et la culture française n’existe pas.


      • Franck Einstein Franck Einstein 20 octobre 23:19

        Et Houellebecq essaie de se placer dans ce qui fait le vrai roman, la description de classes (Empédocle, Cerbantès, Dostoievski, Balzac, Proust ...), ce qui donne à la littérature par le social métaphysique son sens artistique. Comme de nombreuses esthétiques l’ont décrit (la théorie du roman de Lukacs, les esthétiques de Hegel, Nietzsche etc.). Alors qu’un Zola restera dans le quasi descriptif pornographique et naturaliste, comme l’avait très bien vu Léon Blois.


      • Franck Einstein Franck Einstein 20 octobre 23:55

        Et comme en conclut Lukacs, le grand romancier ne peut exister que dans une grande époque, témoigner d’une grande conscience de classe... Quand l’important est d’acheter le dernier Iphone, la littérature n’a plus rien à dire.


      • ricoxy ricoxy 21 octobre 09:26

         
        Il semble en effet que la prégnance et la prédominance de l’image (vidéos, écrans de télé, d’ordi ou de tablettes, panneaux publicitaires, etc.) à notre époque aient d’une certaine façon tué non seulement l’écrit, mais aussi le plaisir ou le désir d’écrire.
         
        A côté de ça les arts plastiques – qui font donc appel au visuel – sont lamentables : faux artistes (peinture, sculpture), architectures délirantes...
         


        • Emin Bernar Emin Bernar 21 octobre 11:58

          « Que d’immenses auteurs avons-nous eu ! Il en existe encore »

          Angelo Rinaldi par exemple

          • Disjecta Disjecta 21 octobre 12:48

            @Emin Bernar
            J’ajouterais :
            -Vincent Eggericx, L’Art du contresens (Verdier)
            -Eric Chevillard, Choir (Minuit)
            -Eric Meunié, Confusion de peines (POL)
            -Hélène Cixous, Tours promises (Galilée)
            -Pierre Senges, Fragments de Lichtenberg (Verticales)
            -Novarina, le Discours aux animaux (POL)
            -François Bon, C’était toute une vie (Verdier)
            Ceci étant, pour ce qui est de Galligrasseuil, tout à fait d’accord avec l’auteur.


          • christophecroshouplon christophecroshouplon 21 octobre 13:07

            @Disjecta

            Merci pour votre liste, vos gouts sont tres surs.

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