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Indépendance d’Arkéa : le jeu de dupe de Jean-Pierre Denis et consort

 

L'appartenance d'Arkéa au groupe Crédit Mutuel menacerait nos emplois et notre développement, répète notre direction. Des affirmations qui ne résistent pas à l'examen des faits, nos résultats n'ayant jamais été aussi bons.

« Arkéa ! Arkéa outragée ! Arkéa brisée ! Arkéa martyrisée par le Crédit Mutuel ! Mais Arkéa libérée ! Libérée par elle-même » : voici, pour paraphraser le Général de Gaulle lors de la libération de la capitale française, le mantra préféré de Jean-Pierre Denis. Depuis plusieurs années maintenant, notre patron n'a de cesse de clamer que l'appartenance d'Arkéa à la Confédération nationale du Crédit Mutuel (CNCM) bride les résultats de notre entreprise et engendre une centralisation excessive, préjudiciable à l'ensemble de notre groupe.

 

Selon notre direction, ce sont ainsi pas moins de 4 500 emplois – sur 9 500 ! – qui seraient menacés si nous restions dans le giron de la CNCM. Pourquoi, dans ce cas, ces postes n'ont-ils pas été d'ores et déjà supprimés par ceux qui en ont le pouvoir ? Mystère. De même, la prétendue centralisation exercée par le Crédit Mutuel pénaliserait les investissements d'Arkéa dans les entreprises bretonnes. Soit ; mais de quelle manière et dans quelle proportion ? Ici encore, pas de réponse.

 

« Nous voulons réagir à une volonté de centralisation de la CNCM affichée depuis 2015 et qui menace les emplois et les valeurs mutualistes », a ainsi osé déclarer Anne-Katell Quendric, porte-parole d'un collectif de salariés soi-disant représentatif, tenu à bout de bras par nos dirigeants. Or c'est bien tout le contraire qui se profile en cas de scission : reniant ses valeurs mutualistes qui font justement la force de notre modèle, Arkéa deviendra une banque capitaliste comme les autres. Avec des risques avérés, comme on l'a vu lors de la crise financière de 2008.

 

« L'autonomie a toujours été le fil conducteur de notre histoire et est au cœur de notre projet stratégique », argumente dans Ouest France Jean-Pierre Denis, qui considère que cette autonomie « est directement menacée par les projets centralisateurs de la (CNCM) qui entrave notre développement ». « Les conditions de fonctionnement et de développement de notre groupe commencent à être gravement perturbées » par un « Crédit Mutuel centralisé et piloté depuis Paris », considère encore celui qui a pourtant son rond de serviette dans les salons et cénacles parisiens les plus huppés. Ou comment faire passer ses propres intérêts pour ceux de toute une région...

 

Les arguments de Jean-Pierre Denis et consort pourraient, à la limite, s'entendre, s'ils n'étaient contredits par les faits les plus incontestables. Contrairement à ce que nos dirigeants déclarent à qui veut l'entendre, Arkéa se porte bien sous la coupelle du Crédit Mutuel – très bien même. Année après année, nos résultats financiers le prouvent : de 154 millions d'euros de résultat net en 2009, nous sommes passés à 428 millions en 2017. Pas mal, pour une banque soi-disant corsetée et incapable de se développer.

 

Ces excellents résultats sont confirmés par l'exercice 2018, avec un bénéfice net de 437 millions d'euros. Soit, selon les propres mots de Jean-Pierre Denis, « un nouveau record » pour Arkéa. « Nous avons une croissance très régulière et très rentable », s'est encore félicité notre tout puissant patron à l'occasion de la présentation de nos derniers résultats. Pourquoi, dès lors, vouloir à tout prix briser ce cercle vertueux ? D'autant plus que si nous finissons par quitter la CNCM, Arkéa devra régler une ardoise des plus salées, le montant du préjudice estimé par le Crédit Mutuel s'élevant à 1,7 milliard d'euros – et encore s'agit-il là d'un « prix d'ami », l'indemnité entière atteignant 3,5 milliards d'euros.

 

En somme, le projet d'indépendance n'a aucune justification, ni du point de vue financier, ni sur le front de l'emploi, ni en termes de développement et de croissance. Arkéa va bien, et seuls l'aventurisme et l'individualisme de nos dirigeants menacent notre groupe, comme le leur rappellent avec constance l'ensemble des autorités de régulation et de contrôle de notre secteur.

 

Les faits auront-ils raison un jour de l'obstination de notre direction ?

 


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BretonEnColère


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