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Accueil du site > Tribune Libre > Inégalités salariales : la vérité est ailleurs

Inégalités salariales : la vérité est ailleurs

Depuis des années différents organismes officiels avancent des chiffres pour tenter de quantifier l’importance et la persistance de cette situation dans le secteur privé. Quel est le bon chiffre : 40 %, 32 %, 25 %, 19 %, 7 %, ou moins ?

Choix

En Suisse d’où j’écris comme en France, il est difficile de s’y retrouver. Ce thème est une bouteille à encre. On y entend tout et n’importe quoi. Par exemple, il a fallu des années pour lire enfin ceci : beaucoup de femmes font des choix professionnels différents de ceux des hommes (durée du travail, type de métier, pénibilité). Cela explique déjà une grande part des différences salariales.

Ces différences ont conduit à des estimations de salaire brut horaire, différents selon qu’on est femme ou homme. Cependant ces estimations horaires ne donnent pas une image réaliste ou fidèle de la situation.

Les différences constatées révèlent d’abord une chose : la masse totale d’argent issu de revenus professionnels va aux hommes plus qu’aux femmes. C’est la conséquence de choix professionnels différents. Plus de femmes que d’hommes privilégient le travail à temps partiel. D’autre part les femmes choisissent majoritairement des métiers moins payés que d’autres : le social, les soins, par exemple.

Infiniment peu de femmes travaillent dans le bâtiment. Vu que rien ne les en empêche, on peut penser que c’est d’abord leur choix. La pénibilité sur les chantiers reste très majoritairement assumée par des hommes, qui semblent y être mieux préparés. Leur force musculaire, en moyenne plus importante que celle des femmes, les désigne en priorité pour les boulots durs.

On se souvient peut-être que la Norvège avait mis des fonds dans une campagne destinée à inciter les femmes à s’engager sur les chantiers. Ce fut un échec : même en Norvège les femmes en général ne veulent pas ce genre de travail pénible.

 

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Comparable

Les hommes prennent aussi à leur compte les boulots « de merde », salissants et peu valorisants. Et comme aucun mouvement politique ne réclame la parité dans ces boulots de merde, c’est un domaine d’activité où l’argent des salaires va massivement aux hommes, à défaut d’y voir des femmes. L’inégalité de représentation des genres dans les métiers est une cause majeure des différences salariales.

Ces deux premiers points expliquent déjà la majeure partie des inégalités salariales. Il ne s’agit pas d’une pratique cachée ou délibérée au préjudice des femmes, mais d’un choix de vie de leur part.

Ce qui permet à madame Simonetta Sommaruga, Conseillère fédérale suisse en charge du dossier, de dire qu’au final la différence non explicable n’est plus que de 7,4 %. Soit beaucoup moins que les 32 %, 23 %, 19 % auxquels ont était habitués.

La première chose à retenir est donc que la différences des salaires, si elle existe, est au plus de 7,4 %. Ce qui reste injuste si le travail exécuté est de même valeur comme le demande la loi suisse, mais ce qui n’a plus le caractère massif prétendu.

Les 23 %, ou plus, ne sont qu’une estimation globale moyenne, sans tenir compte d’aucune spécificité. C’est comme si l’on faisait la moyenne entre le prix des pâtes et celui du caviar pour estimer les dépenses moyennes quotidiennes d’un ménage.

La deuxième chose est que l’on ne peut comparer que ce qui est comparable. Comme le rappelle l’étude de l’Insee française, qui arrive pour sa part à 6,8 % de différences encore inexpliquées, il n’y a de discrimination salariale que si les statuts des employés sont rigoureusement identiques : niveau de formation, diplôme obtenu ou équivalent d’expérience professionnelle, spécialisations éventuelles, ancienneté sur le poste, niveau de responsabilité, pénibilité, entre autres.

 

 Calcul

En Suisse, en 2015 une employée de la chaîne de distribution Migros alléguait avoir été moins payée qu’un collègue qui occupait le même poste. Or ce collègue avait un cahier des charges en partie différent, avec davantage de pénibilité pour son poste que pour celui de la plaignante. Elle est allée au prud'hommes. Le Tribunal l’a déboutée (en page 10).

Pour que les statuts soient comparables il faut aussi considérer le lieu de formation des employés. Les mêmes instituts, écoles et universités ne dispensent pas la même qualité de formation selon le pays et la région. La première question dans une étude sur les différences salariales est : les statuts des employés sont-ils rigoureusement comparables ?

On doit aussi tenir compte de la région où une entreprise est implantée : femme ou homme, on gagne en moyenne davantage en région parisienne que dans les Causses. La taille de l’entreprise, son chiffre d’affaire et son secteur d’activité font aussi varier les revenus, pour les hommes comme pour les femmes.

Le magazine Fémina souligne les trois manières de calculer l’écart salarial selon le genre. Le résultat va de 32,5 % de moyenne générale, tous postes et salaires confondus, à 7,4 %, chiffre final non encore expliqué. L’Union patronale suisse nuance toutefois :

« Nous contestons cette méthode de calcul, car elle ne prend en compte que l’ancienneté et ne considère pas l’expérience concrète, explique son porte-parole, Marco Taddei. De plus, il faudrait plutôt comparer les salaires au sein d’une même société, et non les confondre toutes. »

En résumé, pour calculer l’éventuel écart salarial délibéré selon le genre, il faut tenir compte du métier précis, de l’entreprise précise, du niveau et de la qualité de la formation, des diplômes ou équivalents obtenus, du temps de travail effectué, de l’ancienneté dans l’entreprise, de la pénibilité. Toutes ces variables objectives interdisent déjà de faire des moyennes pour un pays entier ou d’imaginer qu’il n’y aurait pas de différences de salaires entre les hommes, pour des raisons multiples, dont les performances personnelles sur le poste de travail.

 

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Maternité

À cela on doit ajouter la liberté de l’entreprise et de ses décideurs. Ils doivent pouvoir gratifier un employé ou une employée, par le salaire ou par des primes, selon ses résultats ou son apport individuel (s’il émarge à son cahier des charges). De même s’ils souhaitent particulièrement garder une personne dans leur staff.

Pour une entreprise de divertissement par exemple, un collaborateur ou une collaboratrice pourvu d’un carnet d’adresses professionnelles bien rempli (journalistes, politiciens, etc) est un atout. Il serait injuste qu’une personne ayant développé un réseau professionnel important n’en tire pas une gratification. Cette valorisation individuelle du salaire en contrepartie d’un apport particulier pour l’entreprise peut-elle expliquer les 6 % ou 7 % qualifiés pour le moment d’inexplicables ? C’est à étudier.

Si la notion d’égalité devant la loi est importante entre hommes et femmes, l’égalitarisme politique qui s’en inspire ne doit pas contredire la notion de liberté de l’employeur. Les choses ne sont pas si simples, et l’accusation de discrimination sexiste est brandie souvent trop rapidement.

Il y a un point important cependant, qui doit être pris en compte : la maternité désavantage fréquemment les femmes dans leur carrière et par suite dans leurs revenus. Il y a là quelque chose qui doit être valorisé : la maternité est une chance pour l’humanité, et non pas une misère pour les femmes.

Par ailleurs une proposition est faite en Suisse : contraindre les entreprises de plus de 50 salariés à analyser régulièrement leur grille de salaires. C’est intéressant pour faire le point. Toutefois elle se heurtera aux mêmes variables et nuances comme décrites ci-dessus. Mais que faire pour les cas qui, comme celui de l’employée de Migros, pensent être discriminés ?

Il y a les Tribunaux de prud’hommes. Pour y aller avec des chances de succès il faut avoir des munitions. Par exemple d’autres fiches de salaires de collègues mieux payés dans la même entreprise, pour autant que ces collègues disposent d’un statut rigoureusement identique.

 

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Sexiste

Je demande d’ailleurs depuis longtemps que des preuves concrètes soient apportées à ce débat : des fiches de paie en nombre dans une même entreprise, pour comparer les salaires des femmes et des hommes toutes choses égales par ailleurs. Alors on saura s’il y a réellement une discrimination, de quel ordre, et si elle est massive et délibérée.

En attendant il est pour le moins très malhonnête d’affirmer qu’à partir de l’automne les femmes travaillent pour rien, contrairement aux hommes. C’est une annonce spectaculaire et provocatrice mais c’est faux. Comme dans la série X-Files, la vérité est ailleurs.

Enfin, à Genève, une liste féminine est en lice pour l’élection des députés du 15 avril prochain. Une liste exclusivement féminine. Cette liste va faire campagne entre autres sur l’égalité salariale. Adieu la parité, bonjour le communautarisme.

D’un côté tant mieux, je suis opposé à la parité systématique. La démocratie permet de présenter toutes sortes de listes : de genre, de parti, de corporation, par exemple. Une liste entièrement féminine est donc légale même si elle est excluante sur la base du critère de genre, c’est-à-dire de sexe.

C’est donc une liste clairement sexiste. Elle confirme ce que beaucoup disent : le féminisme n’est pas un humanisme, c’est un corporatisme et/ou un communautarisme de genre. Qu’aurait-on entendu si une liste exclusivement masculine avait été présentée !

Cela donnerait presque envie de ne voter que pour des hommes, en réaction à cette liste qui exclut le masculin de ses rangs. Mais je ne me résoudrai pas à un vote réactif. Il y a des femmes et des hommes intéressants sur les autres listes et je ne voudrais pas en rejeter pour une mauvaise raison.


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14 réactions à cet article    


  • Buzzcocks 7 mars 09:48

    Ma boite ouvrait plusieurs postes similaires, j’ai reçu quelques candidats pour la partie technique (je ne suis pas DRH et le décision finale n’est pas de mon sort).
    Un homme m’a demandé un salaire brute de 46 KE, la femme, même profil a demandé 42 KE.

    On a embauché les deux au salaire demandé. Si la nana avait demandé 46 KE, je pense qu’elle les aurait obtenus.

    J’ai donc du mal avec ces inégalités... si les femmes se brident toutes seules, on n’y peut rien.


    • JC_Lavau JC_Lavau 7 mars 10:04

      Le misandrisme victimaire est une école de malveillance et de déni d’autrui, une criminalité mafieuse en nom collectif qui s’acharne contre des boucs émissaires. Elle est subventionnée en tant qu’engin de guerre civile permanente pour paralyser et détruire de l’intérieur les peuples à dévorer (elles ont commencé par la mission de diviser le mouvement des droits civiques des noirs américains, sous financement Rockefeller et C.I.A.).


      Presse aux ordres, Slate a vanté qu’après le triomphe du misandrisme victimaire, vous devez oser le misandrisme triomphal. Osez ! Le risque est nul ! On vous couvre ! On détient déjà les ministères, les tribunaux et les vitrines dans la presse aux ordres !

      Plus rien ne m’étonne plus venant de Slate : ils aussi soutenu que « Le dioxyde de carbone étouffera la forêt »... 
       
       ___
       
      Né dans le sérail misandre victimaire, j’en connais les turpitudes.
      Les morts ne témoignent pas, mais moi si jusqu’à présent. Cela, les imposteurs et les tortionnaires ne me le pardonneront jamais ; les imposteuses tortionnaires notamment.

      • sweach 7 mars 10:25

        Vous voulez les conséquences de cette acharnement médiatique contre les hommes ?


        Aujourd’hui je touche moins que mes collègues féminine, je suis pourtant plus productif et moins sujet aux arrêts maladie et congé maternité.

        La différence de salaire homme femme, ne se trouve pas sur les bas salaires ou les salaires normaux, la différence se fait sur les hauts salaires ou une poigné d’hommes déséquilibre la balance des salaires hommes femmes.

        Vu que tout ces hauts salaire ne veulent pas changer et qu’on souhaite rééquilibrer les soit-disant écarts « moyen » homme/femme, il suffi juste de baisser le salaire des hommes en bas de l’échelle ou de faire mieux progresser les femmes.

        J’ai énormément d’exemple de femme qui connaissent une progression de carrière fulgurante soit disant pour rééquilibre les écarts hommes/femmes, la plupart des métiers où les femmes sont absente comme l’armé, mais aujourd’hui j’observe également une baisse des salaires des hommes là ou les femmes sont majoritaire, en gros les hommes du bas de l’échelle paye pour ceux qui sont en haut et toutes les femmes sont contente vu que la « moyenne » des salaires est à l’équilibre et les hommes minoritaire du bas de l’échelle n’ont rien à dire, vu que notre société admet ouvertement que les hommes gagnent plus que les femmes.

        Notre société devient Folle :
        Nous cultivons de plus en plus un éloignement homme/femme, les taux de divorces explosent et les taux de natalité sont en chute libre, les relations hommes/femmes deviennent un parcours du combattant ou même draguer une fille devient un crime.

        Donc on est de moins en moins heureux et on ne se reproduit plus, vous pensez sérieusement que ce genre de comportement peu franchir la sélection naturel ? 
        Les femmes se tire une balle dans le pied, on reparle de l’égalité homme/femme dans deux siècles et vous verrez ce qu’il en restera.

        • Spartacus Spartacus 7 mars 11:15

          Derrière ce combat il y a la politique identitaire que nous subissons tous en bombardement médiatique et politique.


          Tel minorité, tel majorité, tel groupe social, tel caste, tel typologie de gens etc...
          Doivent être traités différemment...

          Si le problème ne concernait que les femmes...Mais maintenant absolument tout le monde est incité à s’identifier a un groupe social et incité a réclamer un traitement social différencié....

          Et vous trouvez toujours de bonne raisons ou une étude biaisée qui vous y incitera...

          • antiireac 7 mars 13:41

            Les femmes geignardes gagnent plus que les hommes.

            En effet elle réussissent plus que les hommes à roussir ses études.
            Donc un salaire inférieure en défaveurs des hommes.


            • MagicBuster 7 mars 16:01


              Avant le chômage n’existait pas
               les femmes ne travaillaient pas ,
               il n’y avait pas autant autant de muzz.

              Maintenant il y a du chômage.
               La France a beaucoup de chances.

              Alors ils sont contents les (+en+) pauvres d’habiter un pays (de+en+) riche  ??

              Le nouveau prolétariat c’est 50% Muzz - 50% FN

              Comme dirait Juvet - ou sont les femmes ?


              • V_Parlier V_Parlier 7 mars 17:18

                Un excellent article qui s’applique probablement aussi bien à la France qu’à la Suisse. La machine d’incitation à la haine inter-sexes est lancée à fond, encore plus à la radio qu’à la TV. Il faut absolument persuader les femmes qu’un complot est ourdi contre elles, au point que certain(e)s analystes descendent assez bas pour en venir à expliquer les agressions sexuelles par ce soi disant complot, au lieu d’aborder les vraies causes (qui seraient plutôt : laxisme judiciaire, culture du viol massive propagée par le show-business et dont on ne s’étonne que quand ils font ça entre eux, disparition de toute culture du respect, banalisation du sexe chez les pré-adolescents encouragée par l’état, bref...). Enfin, répétez toutes en choeur : vous gagnez moins que les hommes ! Lesquels, on ne sait pas exactement. Compté à l’heure travaillée ? On ne sait pas trop non plus, mais vous gagnez moins !


                • V_Parlier V_Parlier 7 mars 17:19

                  @V_Parlier
                  (certains pourront ajouter d’autres causes à ma parenthèse d’ailleurs, mais avec ce que j’ai cité ça définit déjà un cadre...)


                • antiireac 7 mars 17:42

                  Comme d’hab quand un article apparaît sur les féministes misandres

                  J’alerte le public sur le fascisme qui guette la France et le monde occidental en général.
                  Alors parlez en autour de vous, agissez contre ce fléau par des grands ou petite actions tout est bienvenue.

                  Bref soyez convaincu qu’il s’agit bien d’un danger à plus ou moins long terme qu’il S’AGIT DE COMBATTRE VIGOUREUSEMENT soyez en convaincu .

                  • zygzornifle zygzornifle 7 mars 18:36

                    Tous au seuil de pauvreté s’écria macron , comme cela plus de différence salariale ....


                    • V_Parlier V_Parlier 7 mars 18:46

                      @zygzornifle
                      A chaque gouvernement son type de nivellement par le bas. On a eu le niveau d’éducation, maintenant on aura le salaire smiley


                    • antiireac 7 mars 22:20

                      Les feminazis ne sont pas seulement raciste envers les hommes blancs.



                      • antiireac 7 mars 22:34

                        Il y a des féministes qui se révoltent :



                        • Raymond75 8 mars 07:59

                          Je n’ai pas connu une femme de cadre qui travaille à temps plein ...
                          Les femmes se plaignent de la mauvaise éducation des hommes et des dysfonctionnements de la société : pourtant les mères sont scotchées sur les enfants lorsqu’ils sont petits, l’éducation, la santé, la justice et les services sociaux sont ultra majoritairement féminins. Alors, à qui se plaignent elles ,
                          Une femme a été major de polytechnique en 1972, mais 50 ans après, les femmes se plaignent qu’il n’y a pas assez de femmes ingénieures : c’est la faute aux hommes ?
                          Tout cela consiste à enfermer les femmes dans leur image de victimes, alors qu’elles peuvent prendre leur place dans la société.

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