• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > Inondations varoises des 15 et 16 juin 2010

Inondations varoises des 15 et 16 juin 2010

Vers 4h. du matin, le 16 juin 2010, ma femme et moi avons été réveillés par les bruits consécutifs de deux poubelles remplies de bouteilles en verre (qui se sont renversées), bouteilles que je devais emmener à la déchetterie. Etonné par ce bruit insolite à une heure aussi tardive, j’ai ouvert les volets pour voir de quoi il s’agissait et j’ai découvert avec stupéfaction que notre maison était entourée par un lac…

La suite des événements a été relatée (partiellement) par la presse locale et nationale. J’écris partiellement, car un sentiment de désinformation, d’étouffement de certains faits troublants, prévaux chez tous les concitoyens avec lesquels j’ai eu l’occasion de m’entretenir.
 
J’ignore si ces événements dramatiques qui ont conduits à la mort, à la ruine et à la dépression nerveuse, des milliers de personnes et d’animaux sont uniquement imputables aux pluies exceptionnelles de la région de Draguignan, mais je me pose quelques questions et je ne suis pas le seul :
  • Comment se fait-il que, la veille des événements, les habitants de Ste Maxime ont été alertés par haut-parleurs (police municipale) sur des risques majeurs d’inondation et pourquoi les autres communes (Fréjus, Puget, Roquebrune, etc… ) n’ont pas mises en place des alertes similaires ?
     
  • Comment se fait-il que les sirènes d’alerte feu qui hurlent quelques minutes chaque premier mercredi ou jeudi du mois n’ont pas été utilisées dans la nuit du 15 au 16 juin pour réveiller et alerter les habitants dont certain se sont réveillés les fesses dans l’eau ?
     
  • Il est facile d’incriminer une urbanisation inadaptée de la région, attractive autant par son climat que par son dynamisme, mais il est curieux de constater que :
     
    • Les inondations de Fréjus en décembre 2006, n’ont pas vraiment incité à se focaliser sur des aménagements prioritaires de TOUS LES cours d’eau et autres garonnes" (Argens entre autre), projets bloqués par les défenseurs d’oiseaux, scarabées rares et autre hérissons (lesquels sont maintenant probablement tous noyés…). Je voudrais parler entre autre de Natura 2000 (www.natura2000.fr).

      Fervent partisan de la protection de l’environnement, je ne peux qu’approuver les initiatives propices à la cohabitation de tous les êtres vivants, mais cette douloureuse expérience nous a démontré que tous les êtres vivants n’ont manifestement pas été pris en compte dans certaines délibérations puisque 160 tonnes de carcasses d’animaux ont été récupérées et plus d’une centaine d’humains (et non pas 25 comme l’annoncent les médias…)
       
    • Depuis des années, laSNCF puis plus tard Réseau Ferré de France ont été priés de revoir les fondations de la voie ferrée en bordure de la RN7 (vers le garage Gemy Peugeot à Fréjus) car les fondations de cette ligne ferroviaire sont trop hautes pour permettre une évacuation correcte des eaux de ruissèlement (retenue d’un mètre environ).
       
  • Est-il exact qu’un lâcher d’eau (ou plusieurs) au barrage de Carcès ont été effectués pour soulager le barrage qui présentait un risque de fracture ?
     
  • Depuis le 15 au soir (19-20h environ) nous n’avions pas de courant électrique.
    Comment se fait-il que la station de transformation électrique de Trans-en-Provence, alimentant entre 100 et 200 000 abonnés (particuliers et commerces) ne soit pas construite sur un site hyper sécurisé (eau, feu, etc…) ? 
Dans le N° spécial hors série du groupe Nice-matin, du mois de juin 2010, on voit en 1e de couverture des voitures empilées dans une rue des Arcs sur Argens, fin d’après-midi du mardi 15 juin.
 
A ce stade de la catastrophe, PERSONNE ne pouvait-il prévoir que toute cette eau allait se retrouver dans l’ex-delta de l’Argens quelques heures plus tard ??? Des habitants de Puget-Fréjus se sont réveillés vers 2 heures du matin, alertés par un grondement, l’eau. Mon terrain a donc été inondé entre 2h. et 4h. du matin. Huit heures n’auront pas été suffisantes pour faire hurler les sirènes d’alarme ??? Ou est-ce que ses sirènes ne fonctionnent qu’avec de l’électricité fournie par EDF (panne de courant depuis 19-20h.) ??? Bizarre... en 1940 on faisait comment ???
 
Le jeudi 17 ou le vendredi 18, alors que le réseau téléphonique filaire n’était pas rétabli pour la majorité des sinistrés (certaines entreprises n’avaient d’ailleurs toujours pas de téléphone le 1er juillet au Muy...), il devenait soudain impossible de passer un coup de téléphone par GSM (réseau indisponible). Est-il exact que les groupes électrogènes destiné à alimenter les relais GSM privé de courant électrique, sont tombés en panne sèche, car le contrat avec un sous-traitant responsable de la bonne marche de ces relais GSM, n’incluait pas le remplissage des réservoirs de carburant ?
 
En conclusion, cette aventure va couter plus d’un milliard d’Euros à la collectivité (les primes d’assurances, indemnités et autres subsides sont financés par tous) et que va-t-il se passer maintenant ?
 
Va-t-on se décider à mettre en place des procédures cohérentes en cas de catastrophes naturelles et industrielles pour soulager les prochaines victimes ou va-t-on continuer à invoquer la fatalité et le réchauffement de la planète (pour lequel on fait quoi déjà ?) ?

Documents joints à cet article

Inondations varoises des 15 et 16 juin 2010

Moyenne des avis sur cet article :  4.47/5   (15 votes)




Réagissez à l'article

7 réactions à cet article    


  • Internaute Internaute 8 juillet 2010 11:57

    Je comprends qu’un sinistré cherche toujours un responsable à ses malheurs mais de vos arguments je ne retiens que la non-utilisation des sirènes ou haut-parleurs si cela s’est fait dans une ville (Ste. Maxime). Effectivement c’est une opération simple qui aurait pu aider certaines personnes.

    Les barrages sont tous faits pour déborder. La montée du lac ne présente aucun risque sauf erreurs de construction comme ce fut le cas, extrêmement rare fort heureusement, du barrage de Malpasset prés de Fréjus. Par contre, il est clair que pendant que l’eau du barrage monte la crue amont ne passe pas vers l’aval mais que dès qu’il déborde, tout ce qui rentre en amont se déverse en aval. Archimède n’aurait pas dit mieux.

    En refusant les catastrophes naturelles on enferme la société dans une mentalité de principe de précaution et de risque zéro, difficile à vivre et fort couteuse. La liste des protections stupides, coûteuses et ennuyeuses n’est plus à faire. La dernière en date et celle d’un député qui veut se faire remarquer en rendant le port du casque obligatoire sur une bicyclette. Le prochain proposera sans doute le port du casque obligatoire pour tout bébé dans une poussette. Ce pays marche sur la tête. On va vers la privation totale de libertés.

    Une simple question. On sait qu’un jour la Seine va déborder à Paris. Que proposez-vous ? Y-a-t’il un député à la con qui proposera de raser Paris et de rendre inconstructibles les bords de Seine ? Commençons par Bercy.

    Ma position n’est pas du jemenfoutisme ni de l’égoïsme. J’ai moi-même perdu toutes mes affaires au cours de 2 inondations mais je n’attend pas du gouvernement qu’il pénalise des dizaines de millions de personnes pour éviter un malheur quand-même bien rare. La liberté vaut plus que cela.


    • John1912 John1912 10 juillet 2010 19:21

      J’avoue ne pas comprendre vos commentaires.

      • Je ne refuse pas les catastrophes naturelles. Comment le pourrais-je d’ailleurs ? Je demande simplement qu’un plan, qu’une procédure soit mise en place pour « limiter la casse ». 
        Je ne vois pas le rapport avec le port du casque en vélo. Au fait, avez-vous déjà vu une boîte crânienne ayant tapé un pare choc de voiture à 70km/h ?
         Une journée avec les services de secours routiers de votre région devrait combler cette lacune et vous faire comprendre pourquoi des lois « liberticides » comme casques et ceintures et non utilisation du portable au volant sont mises en place.
      • Que la Seine puisse déborder un jour, c’est une chose.
        Que les habitants qui habitent dans la région ne soient pas régulièrement informés des conséquences d’un débordement et des actes à accomplir en cas de catastrophe en est une autre.
        Je ne vois pas en quoi des informations et des procédures peuvent être pénalisantes pour 10 mio d’habitants.

      De chaque expérience, positive ou négative, on peut tirer des enseignements. Ces enseignements nous rendent plus fort et plus résistant à l’adversité.
      Préconisez-vous la politique de l’autruche ?

      La vraie faute est celle qu’on ne corrige pas - Confucius


    • NOUVEL HERMES NOUVEL HERMES 8 juillet 2010 12:45

      Il est clair que rien n’a été fait pour prévenir la population.
       Le 15 juin j’évoquais sur mon blog et sur twitter, l’après-midi, des« innondations gigantesques » : rien sur internet et les médias !
      http://nouvelhermes.blogspot.com/2010/06/inondations-lorgues.html
      http://nouvelhermes.blogspot.com/2010/06/inondations-en-dracenie.html
      Je l’ai aussitôt dénoncé. Mais sans d’autre écho que votre texte.


      • Gilbert Spagnolo dit P@py Gilbert Spagnolo dit P@py 8 juillet 2010 13:18

        Salut John,salut voisin,



        Je demeure également dans le Var à Saint-Aygulf, le jour du drame j’étais depuis la fin mai dans le 04, ces terribles événements, je les ai suivis à la télé.

        Je suis de retour depuis début juillet, et j’ai mesuré l’ampleur de cette terrible la catastrophe. (Je place quelques photos à la fin de ma réponse. )


        Comme d’hab, devant une tragédie les autorités se sont montrées complètement incompétentes ( souvenons nous de Tchernobyl) d’ailleurs concernant cette tragédie,ta démonstration est éloquente sur ce sujet : sirènes, transfos et relais GSM mal placés etc etc.


        Maintenant, il n’y a pas de doute ,nous payons un aménagement du paysage qui a été fait au fil des années sans concertation pour savoir si cela pouvait avoir un impact négatif sur l’écoulement des eaux l’écoulement naturel des eaux de ruissellement ( routes, autoroute, voies d’ axcés aux nouveaux lotissements, voie ferré comme tu l’indiques , ronds-points, busage des rivières et autres ruisseaux dont les orifices sont en général protégés par des grilles .. qui se bouchent rapidement.

        Concernant l’écoulement de l’Argens près de son embouchure, en cas de débordement de celle-ci, la portion de la la D. 1098 entre le rond point du géant casino et le pont de la Galiotte à l’entrée de Saint-Aygulg forme une véritable digue...( utiliser la fonction agrandissement ). se qui empêche l’écoulement naturel des crues.. a l’avenir il faudra bien prévoir des « passages d’eau », et non des buses qui se bouchent.

        Deux photos qui montrent la hauteur atteinte par cette inondation:dans le secteur du camping « le Provençal » Chemin des étangs en face du camping le « Pont d’Argens ».


        http://nsa15.casimages.com/img/2010/07/08/100708125011559259.jpg


        http://nsa15.casimages.com/img/2010/07/08/100708125213702169.jpg


        @+ P@py


        • Cipango 8 juillet 2010 14:38

          Bonjour,
          Peut être serait il souhaitable de se questionner sur le nombre de morts déclarés. Je questionne à gauche et à droite, le compte n’y est pas. J’ai une petite idée du pourquoi, mais la prudence m’incite à attendre quelques confirmations. Pour le reste, j’ai vu des routes construites sur d’anciennes voies d’eaux romaines, faut pas s’étonner du résultat.


          • LE CHAT LE CHAT 8 juillet 2010 15:21

            C’était pas possible de prévoir que tous les orages allaient se concentrer uniquement là !
            les bouches du Rhône étaient aussi en alerte météo et finalement je n’ai relevé que 40 mm ,
            ces épisodes arrivent assez souvent à la fin de l’été mais au mois de juin , j’ai jamais vu ça !
            il n’y avait qu’une alerte orange , à comparer avec l’alerte rouge donnée en Charentes maritime et vendée qui n’ont pas empéché qu’il y ait de nombreux morts , les autorités n’ayant pas fait évacuer !


            • John1912 John1912 10 juillet 2010 19:50

              Le problème n’est pas de n’avoir pas pu prévoir un orage extrêmement violent et très localisé.

              Le problème est que les responsables de notre sécurité n’ont pas été capables de prévenir les habitants de la basse vallée de l’Argens, qu’une vague d’eau dévastatrice allait déferler sur eux dans les ... 8 à 12 heures après que cette eau ait dévasté Draguignan, sous-préfecture du Var.

              Ce genre de phénomène s’est déjà produit (en moins grave) et ce n’est pas la première fois que la basse vallée de l’Argens est inondée.

              Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire - Albert Einstein

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès